Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede georges » 25 Déc 2008, 01:00

Yldune Lévy ignorée par le juge

Elle reste incarcérée jusqu’en janvier, date de sa première audition.


G.C.

S’il est question de libération pour Julien Coupat, on en est loin du côté d’Yldune Lévy, sa compagne, âgée de 25 ans. Alors, que les sept autres inculpés ont tous été remis en liberté, la jeune femme reste incarcérée à Fleury-Mérogis (Essonne). Comme dans le cas de Julien Coupat, l’avocat d’Yldune Lévy, Me Steeve Montagne a déposé une demande de mise en liberté. Mais le juge de la liberté et de la détention (JLD) qui s’était prononcé en faveur d’une libération sous contrôle judiciaire de Coupat, a refusé la demande. Motif ? Au contraire de Julien Coupat, «elle n’a pas encore été entendue par le juge d’instruction», explique Me Montagne qui a pris connaissance de l’ordonnance, mardi.

«C’est scandaleux, s’insurge l’avocat. J’ai fait une demande pour qu’elle soit interrogée rapidement le 9 décembre.» Une audition est «bien prévue», mais pour le «8 janvier».«Je constate que Benjamin Rosoux [coïnculpé libéré le 2 décembre, ndlr], a été interrogé le 13 décembre alors qu’il n’est plus détenu. Je m’interroge. Ma cliente est victime de ce calendrier. Tout ça n’est pas neutre. Qu’est-ce qu’on veut lui faire payer ? D’être la petite amie de Julien Coupat ?» Son père, Michel Lévy, souligne qu’elle aura passé «deux mois en prison sans être interrogée». Une détention difficile. Sa fille dort très mal, «réveillée toutes les deux heures». «Comme il n’y a pas de respect de la présomption d’innocence, il n’y a pas de respect de la personne. Tout ça va dans le même sens. On essaie de déstabiliser les proches, les détenus.»

Elle aurait déjà mal vécu le départ de Manon et Gabrielle (libérées le 2 décembre), avec qui, étonnamment, il semble qu’elle pouvait communiquer. Pour Michel Lévy, Yldune resterait toutefois «lucide». «Elle fait un travail sur elle-même, se rattache à des trucs concrets», comme le sport ou des cours d’anglais.Par ailleurs la jeune femme aurait «envie de s’exprimer». «C’est logique.»

Me Montagne a prévu de faire appel de la décision du JLD aujourd’hui. «Elle a des garanties de représentation, plus que top : un domicile, ses études à la fac, un projet d’archéologie en cours. Il n’y a aucun risque qu’elle aille se balader dans la nature.»


http://www.liberation.fr/societe/0101307566-yldune-levy-ignoree-par-le-juge


georges
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 25 Déc 2008, 19:38

http://www.maitre-eolas.fr/2008/12/20/1 ... ire-coupat

Vendredi 26 décembre 2008 à 9h, Julien Coupat passe en appel pour sa demande de remise en liberté.
Soyons nombreux et nombreuses à le soutenir devant la chambre de l'instruction, esc A, au palais de justice de Paris (m°cité)

Mardi 23 décembre :
Communiqué du Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre

La mesquinerie du pouvoir n'est pas pour nous surprendre. Visiblement,en France quand un JLD ordonne une remise en liberté, cela ne suffit pas à sortir de prison. Cette affaire montre que quand l'anti-terrorisme frappe, il le fait comme il lui plait, en usant toujours de nouvelles procédures d'exceptions. Deux personnes restent encore en prison dans cette affaire et Julien passe vendredi en appel pour sa demande de remise en liberté.
L'opération politique en cours avait commencé bien avant et d'autres sont encore en détention sous le coup des lois anti-terroristes.
Notre mobilisation ne fait donc que commencer. Du 15 au 25 Janvier auront lieu de nombreux débats,manifestations, concerts, dans toute la France en solidarité avec ceux qui restent sous le coup des lois anti-terroristes et avec ceux qui aujourd'hui ne se laissent pas impressionner par ces mesures démonstratives, et luttent encore.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 26 Déc 2008, 17:46

La cour d'appel a décidé le maintien en détention de Coupat
NOUVELOBS.COM | 26.12.2008 | 16:41
Le jeune homme est incarcéré depuis plus d'un mois dans l'enquête sur les dégradations de lignes SNCF.

La cour d'appel de Paris a décidé vendredi 26 décembre le maintien en détention de Julien Coupat, incarcéré depuis la mi-novembre dans l'enquête sur des dégradations contre des lignes SNCF. Elle a validé un appel du parquet qui contestait sa remise en liberté ordonnée par un juge, a-t-on appris de source judiciaire.
Le parquet général avait pris des réquisitions réclamant ce maintien en détention.

Maintien en détention

La remise en liberté de Coupat avait été ordonnée le 19 décembre par un juge des libertés et de la détention (JLD) à la suite d'une demande déposée par son avocate, Me Irène Terrel, à l'issue d'un interrogatoire devant le juge d'instruction chargé de l'enquête, le 12 décembre.
Le parquet de Paris s'y était opposé en bloquant la sortie du mis en examen par une procédure d'urgence, "le référé-détention", qui a été jugée légitime mardi par une présidente de chambre de l'instruction.
Appelée à se prononcer sur la validité d'un référé-détention pris par le parquet de Paris pour bloquer la remise en liberté de Coupat ordonnée le 19 décembre par un juge des libertés et de la détention (JLD), la présidente avait jugé que cette procédure d'urgence pouvait se justifier dans le cadre de ce dossier.
Vendredi matin, la cour d'appel, réunie en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs), a examiné pendant une heure vingt l'appel du parquet de Paris en présence de Julien Coupat, extrait pour l'occasion de sa cellule de la maison d'arrêt de la Santé.

Un casier judiciaire vierge

"Je ne suis pas du tout pessimiste, Julien Coupat non plus. Il est très serein. Il s'expliquera tranquillement vendredi matin", avait déclaré mardi à la presse Me Irène Terrel.
Pour elle, l'arrêt rendu mardi était "prévisible, compte tenu de la proximité de l'audience de vendredi".
L'avocate fait valoir que Julien Coupat présente "des garanties de représentation et un casier judiciaire vierge".
Le contrôle judiciaire prévu par le juge des libertés et de la détention comprend l'interdiction pour le mis en examen de quitter l'Ile-de-France et d'entrer en contact avec les autres personnes impliquées dans le dossier ainsi que l'obligation de pointer à un commissariat, avait précisé l'avocate.

Le père de Julien Coupat peu optimiste

Moins optimiste, le père de Julien Coupat, Gérard Coupat, avait expliqué vendredi que son fils comme sa compagne "resteront en prison tant que le ministère de l'Intérieur ou les autres ministères décideront qu'il faut les garder".
Sur les neuf mis en examen dans ce dossier, Julien Coupat reste le seul avec sa compagne, Yldune Lévy, à être en détention, lui à la maison d'arrêt de la Santé, elle à Fleury Mérogis.
Me Steeve Montagne, avocat d'Yldune Lévy, poursuivie pour destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste, avait également déposé une demande de remise en liberté de sa cliente qui a été rejetée par un JLD au motif que la jeune femme n'a pas encore été interrogée par le juge d'instruction.
Le magistrat doit l'entendre le 8 janvier, a précisé l'avocat qui a également fait appel du rejet du JLD.

"Un simple dossier de dégradations"

"Si Coupat est remis en liberté, la détention de Yldune Lévy sera encore moins justifiable", estime le conseil qui compte déposer une nouvelle demande de remise en liberté pour sa cliente après son audition par le juge.
Soupçonnés d'appartenir à un groupe qualifié d'anarcho-autonome par les enquêteurs, Julien Coupat et Yldune Lévy sont poursuivis pour des dégradations de caténaires contre des lignes à grande vitesse fin octobre et début novembre.
Julien Coupat a formellement contesté devant le juge les faits qui lui sont reprochés, a expliqué à l'AFP son avocate en dénonçant le recours "à une procédure terroriste dans un simple dossier de dégradations où rien n'est établi".

"Leader charismatique"

Présenté par l'accusation comme le "le leader charismatique et idéologue" d'un groupe clandestin "anarcho-autonome", Julien Coupat a été mis en examen le 15 novembre pour direction d'une entreprise terroriste et destructions en réunion.
Il est soupçonné d'avoir commis des dégradations de caténaires contre des lignes à grande vitesse fin octobre et début novembre.
A ce jour, des neuf mis en examen du dossier, il reste le seul avec sa compagne Yldune Lévy à être en détention, lui à la maison d'arrêt de la Santé et elle à Fleury-Mérogis.
(Avec AFP)
Nico37
 
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede georges » 26 Déc 2008, 17:47

Julien Coupat maintenu en détention

La cour d’appel de Paris a décidé vendredi le maintien en détention de
Julien Coupat, incarcéré depuis la mi-novembre dans l’enquête sur des
dégradations contre des lignes SNCF, en validant un appel du parquet qui
contestait sa remise en liberté ordonnée par un juge.

Le parquet général avait pris des réquisitions réclamant ce maintien en
détention.

La remise en liberté de Coupat avait été ordonnée le 19 décembre par un
juge des libertés et de la détention (JLD) à la suite d’une demande
déposée par son avocate, Me Irène Terrel, à l’issue d’un interrogatoire
devant le juge d’instruction chargé de l’enquête, le 12 décembre. Le
parquet de Paris s’y était opposé en bloquant la sortie du mis en examen
par une procédure d’urgence, «le référé-détention», qui a été jugée
légitime mardi par une présidente de chambre de l’instruction.
Dégradations de caténaires

«Le parquet a instrumentalisé une fois de plus cette procédure en faisant
un référé-détention, ce qui est anormal, et en précipitant l’audiencement
entre les fêtes devant une chambre de vacation et devant des juges qui ne
connaissent pas le dossier», a dénoncé Me Terrel. «Et avec un poids
médiatique et politique énorme, la justice est instrumentalisée. Cette
décision n’est pas conforme aux exigences légales du droit français en
premier lieu desquelles figurent le respect de la présomption d’innocence
et son corollaire, la liberté qui doit être la règle et la détention
provisoire l’exception», a-t-elle ajouté.

Présenté par l’accusation comme le «le leader charismatique et idéologue»
d’un groupe clandestin «anarcho-autonome», Julien Coupat a été mis en
examen le 15 novembre pour direction d’une entreprise terroriste et
destructions en réunion. Il est soupçonné d’avoir commis des dégradations
de caténaires contre des lignes à grande vitesse fin octobre et début
novembre.

A ce jour, des neuf mis en examen du dossier, il reste le seul avec sa
compagne Yldune Lévy à être en détention, lui à la maison d’arrêt de la
Santé et elle à Fleury-Mérogis.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/politiques/0101307931-julien-coupat-maintenu-en-detention

georges
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede georges » 27 Déc 2008, 02:16

extrait de l'émission # 16 Basse Intensité du 24 décembre 2008
http://basseintensite.internetdown.org/IMG/mp3/bi16-05_CELLULE_INVISIBLE.mp3

http://basseintensite.internetdown.org/spip.php?rubrique250


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georges
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 31 Déc 2008, 11:36



"Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien"


Gérard Coupat estime, dans une interview à nouvelobs.com, que le maintien en détention provisoire de son fils, Julien Coupat, soupçonné d'avoir participé aux sabotages des lignes de TGV, procède d'une volonté politique visant à tuer dans l'oeuf toute révolte de la jeunesse contre le "totalitarisme mou qui tente de s’installer en France".

Vendredi, la cour d'appel de Paris a infirmé la demande d’un juge des libertés et de la détention de libération de Julien Coupat, en décidant son maintien en détention, dans le cadre de l’enquête sur les sabotages de plusieurs lignes de TGV commis en novembre. Avez-vous pu voir votre fils après l'audience ?

- Ma femme avait pris un parloir au cas où Julien ne serait pas libéré. Elle l'a vu pendant une demi-heure. Il était effondré après ce qu'il venait de vivre. Effondré d'avoir subi cinq fouilles à nu entre la prison de la Santé et le Palais de justice, en moins de deux heures. Quand il a voulu aller uriner avant l'audience, les policiers ont de nouveau procédé à des vérifications, il a dû enlever ses lacets, et y est allé sous leur étroite surveillance. Ce n'est qu’une fois mis dans cet état d'humiliation que l’audience a commencé. Il y a de quoi se demander si la détention préventive n'a pas pour but unique de casser les personnes. Ensuite, il s'est retrouvé face à trois magistrats en vacation qui ne connaissaient pas bien l'affaire, sachant que le dossier de Julien compte 5 tomes et qu'ils avaient 17 ou 18 affaires à traiter en moins de 8 heures. D'emblée, les magistrats se sont montrés agressifs, l'accusant de mal se tenir et le traitant d'"Essec égaré". Julien les a sentis hostiles. Il sentait que ces magistrats n'avaient pas envie de contrecarrer la volonté du parquet et du ministère de l’Intérieur.

Comment expliquez-vous son maintien en détention ?

- A partir du moment où le parquet, qui est le représentant du pouvoir politique, a utilisé une procédure exceptionnelle – le référé rétention
infirmant ce que le juge des libertés, indépendant du pouvoir politique, avait décidé, à savoir la remise en liberté immédiate –, on se doutait que
personne, surtout pendant les vacances où les décisions sont prises par des juges vacataires, n'allait aller à l’encontre de l'avis du parquet.
Résultat, comme l'avocat de Julien va probablement déposer une nouvelle demande de remise en liberté mi-janvier, il faudra encore 15 jours pour
qu'elle soit étudiée, cela signifie que Julien en reprend pour un mois minimum, alors que rien ne justifie sa détention. Depuis le début de cette
affaire, on se trouve face à une justice manipulée directement par le ministère de l’Intérieur ou indirectement par le parquet; ce qui revient
au même.

Pouvez-vous le voir souvent ? Parvenez-vous à échanger tous les deux ?

- On a le droit à une visite de 40 minutes environ trois fois par semaine, sachant qu’on est sous stricte surveillance pendant les entretiens, vu que
Julien est considéré comme "un terroriste dangereux". Les conditions de détention sont difficiles. Le père d'Yldune (la compagne de Julien,
également gardée en détention, ndlr), raconte qu'elle est réveillée toutes les deux heures, soi-disant pour qu'elle ne se suicide pas. Quand je vois
Julien au parloir, je passe mon temps à lui dire qu'il faut qu'il tienne bon, qu'il prenne de la distance. Même s'il a des gros coups de barre,
comme vendredi, il reste solide face aux pratiques policières visant à l’humilier.

Vous êtes persuadé de son innocence. Pourquoi ?

- Je suis convaincu que Julien n'a rien à voir avec le terrorisme. Il est en désaccord, comme beaucoup de gens, avec une politique qui instaure une
surveillance et une répression accrues des individus au nom du "tout sécuritaire", qui est le nouveau credo de notre ministre de l’Intérieur.
Les jeunes de Tarnac considèrent que le capitalisme financier et l'hyper consumérisme actuels détruisent la planète et la solidarité entre les
hommes et entre les peuples. Mais surtout, ce qu'on leur reproche, c'est d'être des jeunes plutôt instruits, appartenant à la classe moyenne, et
ayant décidé de vivre réellement selon leurs idées. Non seulement ils contestent notre mode de vie et notre organisation sociale, mais en plus
ils osent mettre les leurs en application : c’est cela qui fait peur à la police. A Tarnac, sur le plateau des Millevaches, ils essaient avec des
amis de mettre en pratique une nouvelle façon de vivre fondée sur une vision collective de la société et sur une certaine frugalité. C'est une
expérimentation sociale. Et c'est pour cela que leur collectif a choisi le plateau des Millevaches, un milieu âpre, pauvre, froid et symbole de
résistance, pour ainsi développer ces liens sociaux tellement enrichissants.

Que pensez-vous des pièces à charge du dossier ?

- Dès le premier jour, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a clamé qu'elle avait beaucoup de preuves à charge. Et puis, en quelques
jours, ces preuves sont devenues un faisceau de présomptions, c’est à dire pas grand chose. Aujourd'hui, son dossier ne tient tellement pas la route
qu'elle est obligée d’extirper des bibliothèques un livre aux auteurs anonymes. C’est vraiment n’importe quoi. Entre temps, heureusement, trois
jeunes de Tarnac ont été libérés… Il ne reste que Julien et Yldune.
La police a donné aux journalistes un certain nombre d'éléments à charge pour laisser penser qu'elle avait attrapé un gros poisson. Ces éléments
étaient censés prouver qu'il s'agissait de terroristes. Selon cette version, Julien serait un "grand terroriste" parce qu'il n'utilise pas de téléphone portable, parce qu'il est soi-disant caché à Tarnac, parce qu'il a passé clandestinement la frontière entre le Canada et les Etats-Unis…
C’est grotesque. Mais ce que le ministère de l'Intérieur ne comprend pas, c'est que tous ces indices ridicules ne sont que des éléments du mode de
vie que les jeunes de Tarnac ont choisi. Julien, pour ne prendre que la dernière accusation, ne se déplace qu'en stop, afin de prendre le temps de
rencontrer et de comprendre les gens. Quant à se "cacher" à Tarnac, c’est tout le contraire : le collectif est très intégré au village, c'est grâce
aux enfants du collectif que l'école se perpétue, ils tiennent l'épicerie, le bar-restaurant, le ciné-club... Je suis allé à Tarnac, et ce que j’ai
vu, c'est beaucoup de travail et beaucoup de discussions. La notion de chef n'existe pas, le collectif refusant toute structure hiérarchique.
Julien ne peut donc pas être "chef de bande", comme le dit Mme Alliot-Marie.
On est totalement dans la logique du marketing de la peur et de la manipulation policière. L'idée géniale mise en avant par le procureur
général, c'est qu'il faut prendre le terrorisme à la base. Il a fait le parallèle avec la Bande à Baader, mettant en avant le fait que cette fois, les "terroristes" avaient été pris avant qu’ils ne soient véritablement des terroristes ! Mais, hélas pour lui, dans le collectif de Julien, il n’ont pas trouvé l’ombre d’une arme. Et pendant les six mois de filature et en dépit des dizaines de policiers à leurs trousses, ceux-ci n’ont rien trouvé de très répréhensible. Quel gâchis d’argent et d’énergie, dépensés pour rien, ou uniquement pour le cirque médiatico-policier mis en scène par le ministère de l’Intérieur !

L’enquête de police dit tout de même que Julien et Yldune ont été vus près de l'une des lignes de TGV qui a été sabotée, le 7 novembre…

- Comme ils étaient suivis depuis six mois, les policiers savaient déjà tout sur eux. Nous étions tous surveillés, les enfants et les parents.
Pourquoi alors, s'ils disent savoir que Julien était avec Yldune près de cette voie ferrée, ne sont-ils pas intervenus aussitôt ? Ils disent qu'ils
ont perdu leur trace dans le noir pendant 20 minutes avant de les retrouver. Or, il est impossible de saboter une caténaire, à deux, pendant
un laps de temps aussi court. Les professionnels sont formels. Et comment se fait-il qu’en retrouvant leur filature, les policiers n’aient pas
fouillé leur voiture pour trouver des pièces à conviction ? Bizarre…
De plus, ce que la police nomme des actes terroristes sont en réalité des actes vandalisme. La seule chose sur laquelle ils fondent la procédure
terroriste est le lien qu'ils établissent entre les sabotages sur les lignes TGV et le livre "L'Insurrection qui vient", dont ils affirment sans
aucune preuve que Julien est l'auteur principal. Dans ce livre, il est notamment écrit que la révolte peut passer par le blocage des voies de
communication. Or, couper les voies de communication, n'est-ce pas ce que font régulièrement les cheminots en grève, les pêcheurs ou les camionneurs ?
Cela fait un demi-siècle que les mouvements de contestation emploient cette technique. Et soudain, le ministère de l’Intérieur décide que ces
actes seront dorénavant des actes terroristes. On marche sur la tête…
Depuis le début, une autre histoire est connue des policiers mais n’a pas été prise en compte. Dès le 9 novembre, soit deux jours avant l’attaque
policière sur Tarnac, les sabotages ont été revendiqués par des écologistes allemands militant contre le transport des déchets nucléaires.
Ils écrivaient dans leur communiqué qu'ils avaient mis des fers à béton sur les lignes des TGV allemandes et françaises pour marquer un grand
coup. Or, de ce que je sais, pas un policier n'est allé enquêter de ce côté là.

Mais pourquoi alors, selon vous, cet acharnement sur Julien ?

- Déjà parce que la ministre de l'Intérieur ne veut pas perdre la face en libérant une personne qu'elle s’est empressées d’accuser à la légère de
terroriste. En outre, les idées des jeunes de Tarnac dérangent notre ministre, qui sait qu'il y a un ras-le-bol chez les jeunes de la classe moyenne qui pourrait s'embraser, comme en Grèce. Je pense que Michèle Alliot-Marie cherche à faire un exemple à travers Julien et à tester la capacité des Français à réagir à cette nouvelle agression liberticide. Ce qu'elle fait ainsi savoir c'est : regardez, si vous osez contester, voilà ce qu’il vous arrivera. En prenant pour boucs émissaires des jeunes ayant un casier judiciaire vierge, plutôt instruits, de la classe moyenne, elle réussit bien son coup en distillant la peur à grande échelle et en prenant le rôle de la grande déesse protectrice de tous les malheureux… Espérons que les Français ne se feront pas prendre à cette mise en scène.

Vous êtes ultra présent dans les médias. Dans quel but ?

- A l'inverse de la ministre de l'Intérieur, dont les équipes n'ont pas respecté le secret de l'instruction en accusant d'emblée le collectif, nous, les parents des inculpés, nous avions décidé d'attendre la fin des 96 heures de garde à vue avant de parler à la presse. Nous voulions respecter la loi républicaine. Mais après toutes ces déclarations qui faisaient de nos enfants des coupables – car d'emblée le ministère de l’Intérieur a considéré qu'ils étaient coupables –, imaginez le travail qu'on a dû faire pour réparer cette image mensongère, qui, de plus, ne respecte pas la présomption d'innocence ! Imaginez comme c'est difficile de faire en sorte que les gens changent de point de vue quand, dès les premiers jours, Mme Alliot-Marie s’est efforcée de convaincre les Français qu'elle les a sauvés d'actes terroristes, dans un contexte de peur généralisée ! Par notre travail, les journalistes, en allant à Tarnac, se sont rendus compte ensuite par eux-mêmes qu'ils avaient été manipulés, voire bernés.

Vous mêlez, au combat du père qui veut sauver son fils, celui du citoyen qui s'insurge contre les pratiques politiques actuelles… Pourquoi ce deuxième engagement ?

- Mon premier objectif, c'est, en tant que père, qu'Yldune et Julien sortent de prison le plus vite possible. Car le but de la prison préventive, je le répète, dans ce cas, c'est de les casser. Plus courte sera cette période de détention, mieux ce sera pour nos enfants, qui risquent d'en sortir détruits. Nous sommes plutôt pessimistes, car nous voyons bien que Michèle Alliot-Marie et sa police politique mettront le paquet pour s’opposer à leur libération. Il faut savoir que lorsque les magistrats vont ordonner une enquête, c'est cette même police qui va s'en charger. On va donc se retrouver immanquablement confronté au ministère de l’Intérieur, et cela peut durer des années. Je pense qu'ils vont tout faire pour que cela prenne du temps. La justice est instrumentalisée par les policiers, c’en est le parfait exemple. Mais je me battrai tant que Julien ne sera pas blanchi de cette infamie et que les pratiques policières et du ministère de l’Intérieur ne seront pas remises en question.
Mon deuxième but, c'est de montrer à tous ce que je viens de découvrir : que ces lois, qui sont des lois d'exception faites pour al-Qaida et consorts, sont utilisées pour des personnes qui ne font que contester une politique, un mode de société. J'ai découvert la scandaleuse complicité entre la justice et le ministère de l'Intérieur, une complicité plus proche d'une république bananière que d'une démocratie en bonne et due forme. Ce que je veux dire c'est, d'une part, qu'il doit y avoir respect de la constitution française, donc présomption d'innocence et non présomption de culpabilité, et, d'autre part, qu'il doit y avoir respect des droits de l'Homme, donc que la prison doit demeurer un fait extrêmement exceptionnel.
Moi qui n'avais pas de forte démarche politique dans ma vie, qui votait tantôt à droite, tantôt à gauche, en fonction des personnalités politiques, qui avais été myope, un peu lâche, je sais désormais ce que je vais faire du reste de ma vie. Je vais m'engager contre ces lois liberticides : ce sont nous, les hommes et les femmes de 40 à 60 ans, qui avons laissé les gens au pouvoir mettre en place ces lois scélérates ; c’est à nous, avec l’aide des jeunes, de les faire sauter car elles sont contraires à l’esprit de la démocratie française.
Et puis, je vais mettre toute mon énergie pour que Tarnac continue à vivre, car c’est pour moi un symbole merveilleux de résistance au totalitarisme mou qui tente de s’installer en France. Merci au peuple de Tarnac de nous avoir réveillés.

Interview de Gérard Coupat par Sarah Halifa-Legrand (Mardi 30 décembre 2008)


La mascarade continue Liberté pour Julien et Yldune incarcérés sans aucune preuve

"Ce qui me choque aujourd’hui, c’est de voir comment le pouvoir politique, et en particulier le parquet, manipulent et instrumentalisent la justice, et ça, je ne veux pas parler du tout en tant que père de Julien, mais uniquement en citoyen, réagit Gérard Coupat au rejet de la demande de liberté pour son fils par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Les trois magistrats qui devaient juger Julien avaient également une vingtaine de dossiers à traiter en même temps, vous vous rendez compte ? Moins d’une demi heure par dossier. Et pire que ça... Parce qu’on est en période de vacances judiciaires, les trois magistrats étaient des novices. C’est-à-dire, si on travaillait dans le privé, on appellerait ça des intérimaires. Ces gens ne connaissaient pas le dossier."

Vous qui avez passé Noël parmi vos proches et vous apprêtez à fêter le nouvel an, ayez une pensée pour ces deux victimes de l’acharnement d’État, qui s’applique à fabriquer l’épouvantail de "l’ultra-gauche anarcho-autonome". "C’est clair, on veut casser mon fils ainsi que sa compagne Ylunde, il y a une volonté de les humilier", accuse Gérard Coupat, qui "a exprimé tout à la fois sa "consternation", sa "colère" et "sa grande peine" devant les "humiliations infligées" à son fils, notamment lors des fouilles à corps, "nu devant des policiers hilares", résume L’Obs.com. Au chapitre du traitement inommable infligé aux deux mis en examen, appelons à la barre Le Canard enchaîné, qui expose les conditions de détention d’Yldune Levy à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis : la nuit, toutes les deux heures, la lumière s’allume dans sa cellule pour officiellement « la protéger d’elle-même » mais il s’agit selon l’hebdomadaire, qui cite les juges, d’« attendrir la viande » de cette « dangereuse terroriste ». Il s’agit du mode de surveillance des « détenus particulièrement surveillés », reporte Wikipédia.

Le leader présumé de la fantômatique "Cellule invisible" et sa compagne sont accusés d’avoir saboté des caténaires, hypothèse farfelue selon son père, comme il l’explique dans une interview accordée à l'Humanité : "C’est grâce à des syndicalistes que j’ai panneau sncfpu rencontrer des techniciens qui m’ont expliqué combien il est farfelu d’imaginer que Julien et Yldune puissent arriver à arrimer des fers à béton sur une caténaire. C’est une manipulation qui ne peut être faite que par des gens très bien entraînés et en aucun cas à deux personnes. Sans parler des problèmes d’électricité résiduelle dans des câbles où circule du 25 000 volts. D’où l’hypothèse que la police n’a jamais retenue - parce qu’elle contrecarre ses plans : celle, connue depuis le début, des écologistes allemands qui utilisent cette technique depuis vingt ans. (Une revendication venant d’Allemagne existe en effet, Nda) Autre hypothèse : tout cela n’est qu’une barbouzerie de plus. Cela ne me surprendrait guère car je ne vois pas d’où peuvent sortir les gilets pare-balles qui ont été retrouvés à la ferme de Tarnac. Une ferme qui, soit dit en passant, doit être la seule de Corrèze où il n’y a jamais eu d’armes à feu ! Heureusement que la personne à qui on a voulu faire signer les scellés a refusé de le faire."

Et quand bien même Julien et Yldune seraient coupables, la qualification d’entreprise terroriste est scandaleuse pour ce qui n’est qu’un acte de malveillance n’ayant jamais mis en danger la vie de quiconque. Alors comment interpréter l’attitude de la ministre de l’Intérieur et du procureur ? Là encore, Gérard Coupat parle d’or : "Depuis le 11 septembre 2001, on a affaire au marketing de la peur, analyse-t-il, toujours dans l’Humanité. C’est un mode de gestion politique. Et si, autour de la jeunesse de banlieue, a été dressé une sorte de « cordon sanitaire », là, à travers les jeunes de Tarnac, le pouvoir vise émeutes Grèceessentiellement les jeunes politisés issus de la classe moyenne, celle qui est en train de s’en prendre plein la gueule en ce moment. La classe politique sait qu’en janvier et en février, ça va péter. Parce qu’on ne peut pas accepter 150 000 chômeurs en plus et, dans le même temps, des milliards pour sauver les banques, ni des suppressions de postes dans l’éducation nationale alors que cela fait deux générations que l’école est en panne. Il va donc y avoir des manifestations dans lesquelles on trouve cette jeunesse issue des classes moyennes, qui commence à remuer parce que, ayant fait quelques études, elle sait qu’on est en train de l’envoyer dans le mur, qu’on est en train de mettre en place une société inacceptable pour elle. Comme le pouvoir ne veut surtout pas que cette jeunesse puisse être l’élément déclencheur d’une révolte, il la met en taule."

Qu’en dit pour sa part la Ligue des droits de l’Homme ? Elle regarde « avec inquiétude l’extension de l’accusation de terrorisme à toute forme de contestation sociale et politique alors même que, dans le cas présent et de l’aveu même de la ministre de l’Intérieur, aucune vie n’a jamais été mise en danger, ni même susceptible de l’être. Le terrorisme est une menace trop sérieuse pour que l’on cède en la matière à des instrumentalisations et à des gesticulations sécuritaires », juge la LDH, dénonçant « une procédure qui ne s’embarrasse pas du respect des libertés individuelles et se déroule sous l’oeil de médias alimentés d’informations uniquement à la charge des personnes mises en cause ».

Solidarité envers Julien et Yldune !

Voir aussi le site de leur comité de soutien.

PS : Brève histoire d'un épouvantail (Éditions de Paris) est un ouvrage signé de la caricaturiste Françoise Pilchard, sans aucun lien avec notre affaire.


Télécharger les Echos de la Taïga en pdf + mode d'emploi pour l'impression
Nico37
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Olé » 31 Déc 2008, 15:53

Belle intervention du père. Souhaitons que ça se mobilise vrt chez tous les anarchistes et libertaires.
Olé
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 31 Déc 2008, 16:28

Léo a écrit:Belle intervention du père. Souhaitons que ça se mobilise vrt chez tous les anarchistes et libertaires.


Bah à Tours c'est pas gagné :!: Les orgas n'ont pris aucune initiative et veulent absolument être signataire du collectif local... Donc quelques individus font signer la pétition sur les marchés en attendant mieux...

Soutien graphique
Appel à contributions graphiques


Dans ce contexte, nous appelons tous les illustrateurs, graphistes, caricaturistes et amateurs à réagir avec leurs mots, leurs images et leur coup de crayon de deux manières :

Immédiatement :
En créant dans les plus brefs délais une affiche qui pourra devenir celle du comité de soutien et pourra servir à l'annonce de toutes sorte d'évenements (concerts, réunions, manifestations...)


A partir de maintenant et tout au long de la lutte :
En produisant un maximum de visuels sur tout ce que cette affaire leur inspire. (Analyses, coups de gueule sous forme de caricatures, affiches, etc) qui pourront être repris sur différents supports pour être distribués ou vendus selon les besoins du comité de soutien).

Une sélection des créations graphiques apportées au comité de soutien seront mises en ligne sur le site du comité de soutien, afin que qui le veut les télécharge et imprime par ses propres moyens.

Ce projet est basé sur la libre participation, la libre reproduction et la libre diffusion des créations proposées. En terme de propriété intellectuelle, en envoyant leurs créations, les participants acceptent de les mettre sous licence Copyleft (Licence Art Libre) ou Creative Commons, au choix. Les créations sous Copyright, vu ses caractères restrictifs, ne seront pas acceptées.

- Pour en savoir sur la licence Copyleft/Art libre, voir ici: http://artlibre.org/licence/lal
- Pour en savoir sur les licences licence Creatives Commons, voir ici: http://fr.creativecommons.org/description.htm


Envoi des affiches

Vous pouvez envoyer vos travaux par mail à l'adresse soutiengraphique.tarnac@gmail.com

# une version imprimable/en haute résolution (format jpg, svg ou pdf, (300 dpi minimum). Ce fichier servira pour la reproduction de l'affiche (en photocopie, en sérigraphie et en offset) et sera téléchargeable via le site www.soutien11novembre.org

# une version en basse résolution (format png ou jpg) couleur ou n&b (72 dpi - largeur max 600 pixels). Cette image sera directement visible à l'écran sur le site.

Affiche générique des comités de soutien : Fiche technique

Nous avons établi un cahier des charges pour cette affiche afin qu’elle soit réalisée le plus rapidement possible et qu’elle corresponde aux objectifs du comité de soutien. Nous vous proposons de le suivre, mais nous admettons bien sûr que ces contraintes soient contournées.

Contenu :

Outre le visuel et un message qui vous sera inspiré par l’affaire, nous aimerions voir figurer un texte explicatif dont nous vous donnons ci-dessous une version, a titre d'exemple et de trame pour ce qu'il y aurait à dire:

Lois anti-terroristes : Un régime d’exception

Apres une enquete eclair suite à des sabotages sans gravité sur les lignes TGV, et une enquête beaucoup plus longues sur leur mode d'existence, 10 personnes sont arrêtées à Tarnac, Rouen et Paris.
Le ministère assène, tous les médias relaient.
Les lois antiterroristes donnent dans cette affaire toute lattitude à la police. Des opinions deviennent des preuves, les gardes à vue de 96 heures tournent à la torture psychologique, prendre part à une mouvance est en soi un délit.
9 personnes sont mises en examen. 5 sont en prison.

Nous refusons la mise en place d'un Etat d’exception et exigeons:
Le retrait des chef d'inculpation pour terrorisme.
La libération des personnes incarcérées.

Que de partout et de mille manières, des voix s'élèvent pour les soutenir. »

Enfin nous souhaitons que figurent les contacts du comité de soutien :

www.soutien11novembre.org
11novembre-soutien(at)gmx.com
Soutien aux inculpés de Tarnac
Le Bourg
19170 Tarnac

Format :

L’affiche sera imprimée au maximum en 40x60. Travailler de préférence dans cette taille.

Technique d’impression :

Sérigraphie maximum 2 couleurs (formant éventuellement une troisième par superposition).
Pour ceux qui ne connaissent pas : Cette technique impose de travailler en aplats et contours. Elle n’admet pas facilement les crayonnés et dégradés (qui sont traités en trame) – à éviter.

L’affiche pourra aussi être imprimée en photocopie, couleur ou noir et blanc, voire en offset.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Olé » 31 Déc 2008, 16:50

Nico37 a écrit:
Léo a écrit:Belle intervention du père. Souhaitons que ça se mobilise vrt chez tous les anarchistes et libertaires.


Bah à Tours c'est pas gagné :!: Les orgas n'ont pris aucune initiative et veulent absolument être signataire du collectif local... Donc quelques individus font signer la pétition sur les marchés en attendant mieux...


:roll:
Bon j'vais passer pour le vilain indiv' inorga' envoyé de Satan, mais j'pense que niveau attitude vu les circonstances, c'est limite qd même... ça fait un peu volonté de leadeurship sur le sujet, et ça la fout mal... espérons que ça évolue dans le bon sens.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pïérô » 31 Déc 2008, 17:18

sauf qu'à Tours se sont des organisés qui ont pris l'initiative, AL, ce que ne dit pas Nico, et qu'il y en a qui nous ont fait tourner en rond pendant deux réunions pour dire qu'il ne fallait pas d'organisations, de syndicats...parce qu'à être toto et anti-organisationnels (je ne vise pas Nico forcément là, mais la mouvance locale) et qu'on est prêt à se passer du soutien des orgas et syndicats...on peut bien râler ensuite après les orgas...
En tout cas on a perdu un mois pour le moment...et il faudrait tout recommencer, date et lieu de réunion...on ne sera jamais au point pour participer à la dynamique nationale prévue entre le 15 et le 31 janvier. Bravo donc à nos inconsistants locaux, qui non content d'avoir fait qu'il n'y a rien au bout de deux réunions, vont maintenant se plaindre des orgas qui ne feraient rien, fortiche !
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede FRED » 31 Déc 2008, 21:47

C'est sur que les organismes n'ont pas pour fonctions de réagir quant il ne sont pas sollicités, de plus ils risquait de tombé dans le piège du pouvoir qui voulait opéré une distinction entre l'ultra gauche (CNT, AL, FA, CGA,) et les gauches dite"démocratique" type LCR LO PCF.

Même le PS c'est prononcé et trouvent maintenant que cette affaire n'a rien a voir avec la justice.

Paciencia, ont ai pas obligé de foncé tète baissé a 5 ou 6 pour finir aussi derrière des barreaux, maintenant que l'opinion commence a être favorable au inculpés, en avancent la thèse politico médiatique discréditent cette affaire en défaveur des enquêteur, ont a rien a se reproché, individuellement ou collectivement, joué pas la partition de l'état en accusent telle ou telle bouc émissaire.

qierrot a écrit:on ne sera jamais au point pour participer à la dynamique nationale prévue entre le 15 et le 31 janvier. Bravo donc à nos inconsistants locaux, qui non content d'avoir fait qu'il n'y a rien au bout de deux réunions, vont maintenant se plaindre des orgas qui ne feraient rien, fortiche !


AAAA! C'est difficile un?
* « Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Sigurian » 02 Jan 2009, 19:21

Étant de Tours et n'ayant pas suivis particulièrement la dynamique, (d'ailleurs Quierrot tu parle d'orga-motrice, mais desquelles exactement ? AL ? la FA ?),j'aimerai me joindre a la dynamique en question donc je prend mes renseignements ;)


Sig
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede sebiseb » 02 Jan 2009, 20:28

Le mieux n'est-il pas que l'on soutienne le comité du 11 novembre, constitué au lendemain des arrestations, sur place, et plus à même de coordonner les actions !?
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 05 Jan 2009, 17:53

Tous Coupat, tous coupables !


L’Insurrection qui vient, publié en 2007 par le « comité invisible », inlassablement présenté par la police et les médias comme le bréviaire des « jeunes de Tarnac » est un texte gorgé de lectures bien orientées ; certaines sentences définitives semblent directement empruntées à Minima Moralia, d’autres démarquent Debord, Badiou et plus d’un autre de nos bons auteurs [1].

Mais, envers et contre ce qui s’est trouvé ressassé de manière lancinante après les arrestations de novembre dernier, cet essai collectif n’est pas un pur et simple exercice de radicalité en chambre, un de plus, à propos de l’état des choses sociales, de l’histoire et la politique, l’énoncé désenchanté d’un diagnostic sur le présent [2]. Il est assurément cela et s’inscrit directement, à ce titre, dans le prolongement de l’éphémère revue Tiqqun dont plus d’un texte a fait date aussitôt – « Théorie du Bloom », « Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille », etc. [3]

Mais il suffit de le lire vraiment pour se convaincre de ce qu’il est aussi, en son cœur même et non point accessoirement, tout autre chose : non pas certes un précis de guerre civile ou un manuel d’insurrection comme se sont empressés de l’affirmer les stratèges approximatifs qui entourent Mme Alliot-Marie ; mais assurément un livre qui tranche sur les habituelles vaticinations à propos de la fin de la politique, la montée de la barbarie (à moins qu’il ne s’agisse de la guerre civile qui fait rage et de l’imminence avérée d’un nouveau 1789) - en ceci : cet écrit est tout entier porté par une sorte d’appétit praxique, c’est un livre qui, constamment, s’efforce d’enchaîner, à des analyses, des perspectives d’action. Ce n’est pas un essai qui, comme tant d’autres, se contente d’exceller dans le pessimisme radical, dans la lucidité désenchantée (« Dieu, quel désastre ! ») ; c’est, à l’inverse, un texte qui, tout bonnement, s’efforce de reprendre sur de nouveaux frais la question politique par le bout de l’action – que faire, que faire aujourd’hui, dans cette situation même ?

Et qui tranche : oui, aujourd’hui, des actions sont possibles, des actions qui aient une capacité d’interruption de la temporalité de la domination infinie « que rien ne se passe ! », des actions qui fassent revenir sous la forme la plus vive la figure du conflit irréductible au cœur des espaces publics, des actions « autonomes » dans lesquelles se redonnent consistance les figures déniées de la politique moderne – la commune, l’émeute, l’insurrection. C’est un livre qui, loin d’éluder la question de la violence, dit tout le bien qu’il pense des émeutes de l’automne 2005, en tant, précisément, qu’elles présentent la violence des choses [4] ; c’est un livre qui, entre autres, parle du feu, de l’incendie comme moyens politiques – un livre écrit, pourtant, avant que le centre de rétention de Vincennes soit livré aux flammes par la colère des retenus eux-mêmes. C’est un livre qui se pose crânement la question de formes de résistance possibles à l’installation, dans les plis de la police démocratique, d’un état d’exception furtif et permanent dont le fichage, la biométrie, la télésurveillance, la rétention sur mesure, les lois sécuritaires sont les truchements variés ; un livre qui ne craint pas d’énoncer que ces nouveaux dispositifs du gouvernement des vivants ne doivent pas être seulement dénoncés, mais activement combattus, fût-ce au prix de quelques illégalismes. C’est un livre qui statue sans ambiguïté : il s’agit bien, aujourd’hui, non pas de dénoncer des abus, des infractions à l’état de droit, mais de faire face à un intolérable, lequel, sans appeler de longue démonstration, s’éprouve tout simplement de manière irrécusable ; un intolérable convoquant nécessairement des formes de résistance qui s’efforcent de se tenir à sa hauteur ; des actions susceptibles de présenter, dans une société comme la nôtre, une forte capacité d’interruption. Un diagnostic sur le présent qui conduit donc à tenter de résoudre la quadrature du cercle : comment produire, dans un pays comme le nôtre, les effets de paralysie attendus d’une grève générale – en l’absence d’un peuple gréviste ? D’où les quasi-citations de la bien connue brochure d’Emile Pouget qui y figurent en bonne place [5].
Bref, c’est un livre qui dit, littéralement : « Il n’y a plus à attendre (…) Attendre encore est une folie (…) C’est là qu’il faut prendre parti » [6], ce qui n’est jamais que la transposition en français contemporain de la bonne vieille formule marxienne – Hic Rhodus, hic salta ! Un livre qui a le courage d’énoncer que l’appel de l’action a, dans la situation présente, quelque chose d’inconditionnel, quelle que soit la solitude de ceux qui se savent sommés par l’intolérable – « Il y a toutes sortes de communes qui n’attendent ni le nombre, ni les moyens, encore moins le ‘bon moment’ qui ne vient jamais, pour s’organiser » [7] ; un livre dont la force est de se rappeler que l’élément du pari est partie intégrante de l’action radicale et de la résistance active ; qui, à la tiédeur du probable oppose l’inconditionnalité du nécessaire (lui-même fondé sur l’infinité des possibles) : « Rien ne paraît moins probable qu’une insurrection, mais rien n’est plus nécessaire » [8].

Il est infiniment regrettable que l’enchaînement des circonstances conduisant de l’arrestation à grand bruit des « jeunes de Tarnac », expéditivement accusés de menées « terroristes » par une ministre de l’Intérieur en manque de « résultats », à la formation d’un large front voué à la récusation de ces incriminations hyperboliques ait rendu provisoirement impossible toute espèce de discussion autour de ce livre ; et, plus précisément, à propos du moment politique qui s’ agence dans ses prolongements – l’apparition d’une commune, au moins, distinctement inspirée par ses prémisses, et, plus généralement, le bouillonnement de formes d’activisme politique inspirée par le motif de l’autonomie. La dimension stratégique de ce livre trouve son écho dans toutes sortes d’initiatives et d’actions incontestables comme la participation à la manifestation de protestation contre la réunion des 27 ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, appelés par Hortefeux à plancher sur les problèmes de l’immigration à Vichy, début novembre 2008 [9]. Tout ceci est, malheureusement, devenue l’inarticulable même, le hors champ de la campagne « démocratique » de défense des inculpés. Selon les logiques implacables d’une telle mobilisation, ce livre, délié de toute relation avec des projets pratiques, des actions envisagées, des hétérotopies inventées et pourtant bien réelles, était voué à être recadré comme pur et simple exercice de spéculation intellectuelle juvénile, fantaisie imaginative appelée par les providentielles arrestations de Tarnac, à retrouver les têtes de gondoles – ce dont n’a pas manqué, d’ailleurs, de se réjouir publiquement son éditeur.

Aux premières heures des arrestations de Tarnac, la presse n’a pas été longue à suivre sa pente ordinaire, en emboîtant le pas sans barguigner au Ministère de l’Intérieur, elle n’a pas été longue à avaliser la version policière du complot d’ « ultra-gauche » déjoué à temps. « L’ultra-gauche déraille » titrait en une Libération le 12 novembre, tandis que Laurent Joffrin accréditait, dans un éditorial, l’incrimination de « terrorisme » ; Le Monde n’était guère en reste – pour ne rien dire du Figaro et du Journal du Dimanche dans les colonnes desquels se déversaient à gros bouillons les « analyses » et les communiqués de victoire en provenance de la place Beauvau… Mais n’ayons garde de faire porter le chapeau de cette forfaiture aux seuls journaux : à la tribune de l’Assemblée, Mme Alliot-Marie, commentant les arrestations, se faisait applaudir par plus d’un député socialiste dont son prédécesseur au ministère de l’Intérieur Daniel Vaillant et le bras droit de Ségolène Royal Manuel Valls [10] ; suivant son premier mouvement, le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, déclarait que « les méthodes de sabotage n’ont jamais été, ne seront pas et ne seront jamais » celles de la Ligue communiste révolutionnaire », propos relayés par un dirigeant de SUD-Rail, Christian Mahieux, proclamant hautement : « Notre combat syndical n’a rien à voir avec ce type d’actions » [11].

Et puis, réflexion faite, les uns et les autres ont repris leurs esprits, le caractère fantaisiste des incriminations, à commencer par celles de « terrorisme » et « association de malfaiteurs » est apparu évident, de même que le peu de résultat des investigations policières, pourtant menées tambour battant : pas d’armes, pas de faux-papiers, pas de matériel distinctement voué au sabotage, pas de flagrant délit, et, pour tout potage, des constructions fumeuses autour de l’allergie de nos jeunes gens au téléphone portable, de leur installation en zone rurale, de leur participation à des manifestations ou de leur refus du fichage biométrique. La construction policière s’est dégonflée en peu de jours et la presse, comme un seul homme ou presque, a retourné sa veste, donnant longuement la parole aux familles des inculpés, à leurs voisins, à leurs amis, publiant différentes pétitions en leur faveur et tournant en dérision la fable désormais discréditée de l’hydre « anarcho-autonome », avec le même allant qu’elle donnait voix à ses sources policières les premiers jours.

Dans la brèche ainsi ouverte, s’est engouffré tout un mouvement de défense et de protestation, à Paris comme en province, dans les universités mais pas seulement, mouvement dont l’oriflamme est l’appel gracieusement publié par Le Monde dans la page réservée aux tribunes et libres opinions – un traitement de faveur rarement accordé à une pétition par ce journal [12] ; un texte intitulé « Non à l’ordre nouveau » et signé par des intellectuels de renom – philosophes en tête - Giorgio Agamben, Alain Badiou, Daniel Bensaïd, Jacques Rancière, Jean-Luc Nancy, Slavoj Zizek -, mais aussi des éditeurs, des professeurs de droit… Distinctement, et d’une façon tant soit peu surprenante si l’on se réfère aux positions principielles et théoriques bien connues de la plupart des signataires de ce texte, l’horizon de ce texte est celui d’une protestation tout entière référée aux normes de l’État démocratique, à État de droit, contre la construction policière ayant conduit à l’arrestation et à l’inculpation des neuf personnes accusées d’entreprise terroriste. En se posant la question de savoir si « les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont compatibles à long terme avec la démocratie », ce texte avalise pleinement le référent passe-partout « démocratie », celui de la « démocratie réelle » – au sens où l’on parlait naguère de « socialisme réel » ; il appelle à en défendre l’intégrité supposée contre les dispositifs d’exception. Au reste, intitulé « Non à l’ordre nouveau », ce texte réactive la posture de l’antifascisme classique – celui dont la stratégie se fonde sur le rassemblement de toutes les énergies et bonnes volontés « progressistes » en défense de l’État démocratique contre la montée de l’exception et de la brutalité.

La démolition, nécessaire, de la construction policière fraie ici la voie à cet étrange agencement en vertu duquel ceux qui, parmi les philosophes contemporains ont travaillé de la manière la plus constante et la plus convaincante à la déconstruction du mythe utile de la « démocratie réelle » - épinglée comme oligarchie effective (Rancière), artefact pseudo-majoritaire (Badiou), faux-nez du néo-libéralisme triomphant (Bensaïd), otage du principe marchand de l’équivalence générale (Nancy), faux-semblant de l’Etat d’exception permanent (Agamben) , fétiche du nihilisme contemporain (Zizek) – vont être conduits, sous l’effet d’une sorte d’état d’urgence subi, à remettre en selle cette idole qu’ils ont eux-même renversée – la démocratie, fondée sur l’heureuse coÏncidence de l’Idée, de l’État et de la police générale des choses. A cette mobilisation du référent démocratique tout court contre les débordements de l’exception, on opposera la formule claire qui, dans L’Insurrection qui vient, présente la constitutive intrication de l’une et de l’autre : « La démocratie est de notoriété générale soluble dans les plus pures législations d’exception » [13].

Avec ce texte attrape-tout, le mouvement sur le point de se former en défense des inculpés avait trouvé son manifeste. Un mouvement assurément suscité par la grossièreté des élucubrations politico-policières sur lesquelles se fonde cette rafle, mais dont le pli n’en demeure pas moins problématique : à force de démontrer l’ « innocence » des inculpés (dont la presse n’a cessé, au reste, de relater la « bonne » provenance sociale, les « brillantes » études, les « excellentes » relations avec le voisinage à Tarnac, l’inocuité des intentions et le caractère irréprochable des conduites en leur refuge rural…) , on en vient aussi subrepticement qu’inexorablement à rétablir une image de normalité, d’honorabilité, de conformité avec les polices générales de la vie ; une image dont l’emprise se fonde sur la négation même et le reniement de tout ce qui tentait de prendre corps aussi bien dans L’insurrection qui vient, pris au sérieux comme une sorte de manifeste, que dans la fondation de la commune de Tarnac.

Une image dont le propre est de travestir ce livre en fantaisie culturelle, en inoffensif exercice de Kulturkritik, et la formation de communes en sympathique expérimentation de nouveaux mode de vie, tendance écolo radicale ; une image dont le propre est de volatiliser la dimension politique de ce qui est ici en jeu – au profit d’une énième opération de rassemblement vertueux contre les empiètements du pouvoir autoritaire.
On peut parfaitement comprendre que les familles des inculpés, désireuses avant tout de les sortir de ce mauvais pas, s’activent à présenter les inculpés sous le jour le plus inoffensif « A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives » [14] , mais l’on ne peut s’empêcher de relever le vif conflit de ce genre de formule avec ce qui s’énonce, dans L’insurrection… à propos de l’idéologie écologiste et du discours environnementaliste moyens – les habits neufs du Capital, ni plus ni moins [15].
Ce qui est ici en question n’est évidemment pas la nécessité impérieuse que s’organise une solidarité sans faille avec les inculpés, et que celle-ci soit aussi puissante et déterminée que possible. La question est plutôt que cette solidarité s’est déployée sur une ligne de pente dont le propre est qu’elle ensevelit sous l’épaisse couche de cendres d’une police sentimentale et « démocratique » tout ce qui pouvait constituer le venin, le ferment de radicalité de ce livre de combat, avec son appel à se mettre « en route ». Le rassemblement informe et sans bords qui s’est constitué en faveur des inculpés (et dont, répétons-le, la volte-face des journaux a donné le signal et en quelque sorte défini les conditions) n’est pas sans rappeler le consensus informe brocardé par des auteurs comme Rancière et Badiou ; il s’étend maintenant jusqu’aux dirigeants du PS voire du Modem et, inclut bien sûr, le télégénique Besancenot, utilement recadré par ses mentors ; mais c’est un rassemblement qui se tient aux antipodes de ce que s’efforçaient de présenter ce texte et la décision d’y faire jouer en acte le motif de la communauté.

Ce texte, cette décision se fondent en effet sur une certitude : devenir, aujourd’hui, ingouvernable, être en quête d’effets politiques, d’effets de déplacement ou de choc qui ne soient pas reconductibles aux conditions générales du gouvernement des vivants ou de la police pastorale - cela suppose nécessairement de vifs mouvement d’excentrement, des exils consentis, une forme de solitude organisée, et la recherche assidue de limites, de confins, de points de rupture – non pas, certes, « sortir du système » en créant des isolats, mais bien susciter toutes sortes de blocages, d’effets d’entrave, exhiber les points de faiblesse du perpetuum mobile, sortir des logiques purement défenses, exposer de nouveaux possibles en s’exposant soi-même, etc. Ceux et celles qui sont habités par ce discours stratégique savent que la politique vive, aujourd’hui, ne peut être en ce sens qu’une politique non pas des marges au sens social mais bien des bords au sens politique, et qui, à ce titre, s’associe nécessairement, pour les gouvernants, à la dangerosité. Ceux qui, à l’heure où l’extrême gauche normalisée donne toujours davantage de gages de respectabilité et tend, nolens volens,à trouver sa place dans le dispositif parlementaire, recherchent les voies de ce que Foucault appellent l’inservitude volontaire et mettent en scène des insurrections de conduite - ceux-là sont dangereux et savent que leur politique fait d’eux, au regard de toutes les polices associées, des coupables plutôt que des innocents [16]. La dénonciation de la grossièreté des construction policières hâtives ne devrait pas nous faire oublier cette condition propre à toute politique radicale aujourd’hui, celle qui énonce : nous ne voulons pas être gouvernés ainsi, nous ne voulons pas être gouvernés par ces gens-là, ce gouvernement est l’intolérable même et nous nous déclarons en conflit ouvert et perpétuel avec lui.

L’évidence qui s’énonce ici est, bien entendu, assez dure à avaler : elle est tout simplement qu’une politique (une stratégie politique et les actions qui en découlent) distinctement agencée autour de cette notion de l’intolérable ne peut être qu’une politique dangereuse et coupable, une politique qui expose ceux qui s’y vouent aux représailles de l’État et aux attaques de toutes les polices assemblées (presse, directions syndicales, intellectuels enrégimentés…). Il faut le dire ouvertement : l’état présent de dégradation des libertés publiques, de prolifération du régime de l’exception rampante fait que toute politique fondée sur le refus d’être « gouverné ainsi » et « gouverné par ces gens-là » voue ceux (celles) qui s’y essaient à être placés dans l’illégalité et réprimés en conséquence. C’est bien là la première des leçons de l’affaire de Tarnac qui n’est pas une « bavure », un abus, mais bien la manifestation de l’effectivité de cette nouvelle règle.

Or, toute la campagne qui s’est développée en faveur des inculpés est portée par un si vif et si constant désir d’innocence, de si persistantes références à la légalité, à l’inoffensive innocence des inculpés qu’il apparaît très distinctement que, pour l’essentiel, le référent démocratique indistinct continue à obscurcir la perception du présent politique de ceux qui s’y trouvent mobilisés. Pour être dans l’esprit du temps, la victimisation des inculpés, innocents par position et définition, va dans le sens de cet effacement hâtif et compulsif de tout ce que l’expérience qu’ils avaient entreprise comportait d’inéluctablement insupportable aux yeux des gouvernants. Insistons : nul ne saurait aujourd’hui entreprendre une politique radicale s’il n’entre pas dans la peau du coupable et de l’individu dangereux (ce qui ne signifie en faut, faut-il le préciser, se plier aux conditions d’une incrimination fondée sur une construction discursive hallucinatoire). C’est cela que fait disparaître la campagne de tonalité si morale, si vertueusement indignée, en faveur des inculpés et dont le présupposé implicite et aveugle est donc nécessairement que nous vivons, aujourd’hui comme hier, sous le régime d’un état de droit auquel ferait exception de manière si scandaleuse le traitement réservé à nos amis de Tarnac.

Étrangement, le sens commun du sujet de l’État démocratique (« nous sommes en démocratie, tout de même ! »), rudement mis à l’épreuve ces derniers temps, trouve matière à se raffermir sur ses bases à l’occasion de cette affaire : les incriminations volent en éclat, une partie des inculpés est remise en liberté, le procès s’annonce plutôt mal pour les instigateurs de l’affaire et, plus que jamais, Mme Alliot-Marie est sur un siège éjectable – rêverait-on plus belle leçon de démocratie en acte ? Le malheur est que, à l’examen, c’est tout le contraire qui est se discerne ici, au delà des effets de surface tranquillisants – l’implacable efficace des polices de tous ordres. Le si louable désir de vie coupable (au sens que Foucault donne à cette expression) qui animait nos jeunes gens se trouve dérobé sous le drapé de leurs bonnes origines et de leurs parcours d’excellence ; le corporatisme des « élites » fait le reste et, la messe ayant été dite par tant d’esprits éminents et penseurs de renom mondial, le pouvoir intellectuel administre une correction bien méritée au pouvoir policier. Bref, les choses rentrent dans l’ordre, l’erreur des agités sécuritaires qui conseillent le ministre de l’intérieur ayant été de sous-estimer ces pesanteurs bien françaises (le juge « antiterroriste » Gilbert Thiel rappelait, à l’occasion de l’affaire, qu’un précédent au moins s’était présenté récemment dans l’usage indiscriminé de l’imputation de « terrorisme » - lorsqu’un jeune postier un peu exalté avait fait sauter quelques radars routiers, se blessant gravement au passage [17] ; nul, alors, ne s’était soucié de pétitionner pour dénoncer l’extravagance de l’incrimination, ce n’était qu’un postier qui n’avait jamais frayé avec la philosophie ni entamé des études supérieures).

Une telle involution du processus engagé par la publication de L’Insurrection… et la création de la commune de Tarnac, détourné au profit d’une démonstration en faveur de la validité quand même, en dépit de tout, de la normativité démocratique - sinistre « leçon » - était-elle inévitable, dès lors que la machination policière avait pris forme ? On se permettra d’en douter. Il y eut, dans un passé plus ou moins récent, des exemples inoubliables de rassemblements pétitionnaires autour d’acteurs politiques, de militants, d’activistes de différentes causes radicales, et dont le propre était non pas d’ensevelir leur combat sous les gravats de l’idéologie moyenne de l’État démocratique allié au discours moral de la présomption d’innocence, mais bien de se solidariser avec leur combat, dans les formes et dans les termes que celui-ci proposait. Ce fut le cas avec l’appel des 121, pendant la guerre d’Algérie, qui, se solidarisant avec les insoumis et les déserteurs de l’armée française, faisait de ses signataires non pas des grands témoins de moralité inspirés par la charte de l’État de droit, mais bien des coupables par association. Ce fut aussi le cas des femmes de renom qui, en solidarité avec d’autres, anonymes, inculpées pour avoir avorté, proclamaient non pas leur indignation face à cette incrimination, mais déclaraient en avoir fait tout autant et réclamer leur propre mise en cause. On aurait aimé, dans le même esprit, voire les signataires de l’appel susmentionné non pas rappeler l’État démocratique à ses sacro-saints principes et l’exhorter à renoncer à l’usage de l’exception, mais bien plutôt se déclarer coupables des mêmes torts hétéroclites que ceux reprochés, aux accusés de Tarnac : détester les téléphones portables, être dissidents quoique issus de familles très convenables, refuser les prélèvements d’ADN, posséder une maison à la campagne , participer à des manifestations qui, parfois, tournent mal, citer Auguste Blanqui dans leurs écrits, avoir lu Pouget et Sorel, approcher, parfois, d’une voie ferrée, ne pas respecter la légalité en toutes circonstances et dans le moindre de ses détails, considérer l’insurrection comme un possible historique toujours actuel, etc., etc.
Assurément, un appel de cette tournure - tous Coupat, tous coupables ! - aurait produit un tout autre effet que celui qui a si fortement contribué à installer la défense des inculpés dans cette espèce de marécage antipolitique, peuplé de sage indignation, de dénis obstinés et de tant de bons sentiments.

D’une façon générale, autant que l’incapacité, ici manifeste, pour nos philosophes d’établir un geste politique sur leurs propres fondements théoriques, apparaît l’extraordinaire difficulté pour un infracteur ou supposé tel, de faire entendre dans une telle configuration, sa propre parole et ses propres raisons, à propos des actions ou des conduites qui lui sont reprochées. Au nom de la nécessité d’une défense efficace et réaliste, la parole de nos « communards » a été rigoureusement éteinte - et pas seulement parce que, pour certains d’entre eux, ils étaient enfermés - , de même que L’Insurrection a été déminé et pieusement rebaptisé « un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives » [18]…
Le « Comité invisible » est devenu inaudible, lui qui avait su trouver les mots les plus justes pour exposer ses analyses et ses motifs, au moment où sa parole était le plus nécessaire – celui où se déversaient sur lui les accusations les plus biaisées et où prenait corps le travestissement de tout ce qu’il avait entrepris. Les derniers à travailler à une telle disparition, une telle dépossession n’ont pas été ceux pour qui cette affaire a été l’occasion de réintensifier la classique opposition entre peuple et plèbe, gens du monde et hommes infâmes ; les uns pour opposer le peuple travailleur qui aime son labeur et soigne son outil de travail (par opposition à ceux qui se disent allergiques à l’emploi et sabotent le bien public), les autres pour réintégrer de force dans le camp des gens convenables et innocents par origine et statut ceux qui, volontairement, avaient oranisé des lignes de fuite hors de ce qui, socialement, les « destinait ».

Dans les deux cas, il s’agit de faire en sorte que plus rien, ou le moins possible, ne demeure et s’exprime au grand jour de l’expérience propre de cette plèbe singulière et, surtout, que plus rien n’y fasse sens – seul étant appelé à persister le souvenir du rassemblement vertueux qui mit en échec (on peut, du moins, l’espérer à heure où l’on écrit) le montage policier – un concours de foule qui aura été, à l’échelle de Tarnac, l’équivalent de celui qui donna lieu, en mai 2002, au plébiscite « antifasciste » dont l’effet le plus manifeste a été d’ouvrir un voie royale à Sarkozy.

Les nombreuses années passées dans les prisons italiennes par Paolo Persichetti, après son extradition expéditive et félonne par les autorités françaises, la réincarcération de Jean-Marc Rouillan montrent que ceux qui se refusent jusqu’au bout à plier devant les injonctions à admettre, la tête basse, que seule la violence de l’État est légitime, à entrer dans le jeu abject des rites de repentance, de reniement et de soumission sont voués à subir une peine infinie. La dignité, en politique, de ce point de vue, se trouve, au moment où le tout venant des « élites » change de camp et de discours comme il change de voiture, repoussée au point le plus excentré – là où, envers et contre tout, ces militants se rendent insupportables à l’État et aux journaux en ne cédant rien, quoi qu’il doive leur en coûter, sur leurs convictions, sur leur passé. En ce temps où les palinodies, les reniements et la mise en œuvre de la règle « efface tes traces ! » font l’essentiel du bagage « éthique » de nos hommes politiques, il est remarquable que ceux des inculpés qui demeurent emprisonnés maintiennent, dans leur silence même, envers et contre tous les certificats de bonne conduite qui leurs sont décernés par leurs soutiens bien intentionnés, ce cap de l’intraitable.

C’est évidemment aujourd’hui le rêve ardent du Bunker sécuritaire, d’Alain Bauer à Sarkozy, en passant par tous les tâcherons de l’anti-terrorisme, de mettre la main sur des groupes activistes dont ils pourraient dire : voilà, les héritiers de la Bande à Baader et d’Action directe sont là, ils sont armés, prêts à tuer et en voici les preuves !
C’est leur rêve, car Dieu sait quelle providence politique, électorale représenterait, à défaut de tout autre, une telle chance d’exhiber la preuve tangible des risques et menaces innombrables qui nous assaillent !
Mais comme une telle manne n’existe pas, il a bien valu l’inventer en travestissant des discours et des conduites, inséparables de formes nouvelles de résistance ou de riposte en « terrorisme ». L’affaire de Tarnac aura eu au moins le mérite de dégonfler cette baudruche du « terrorisme » à géométrie variable – mais sans que la critique de ce vocable corrompu aille jusqu’à sa complète récusation : nombreuses sont les bonnes âmes qui pensent que l’accusation de terrorisme lancée contre ces jeunes gens était abusive et scandaleuse, mais qu’au demeurant la lutte contre le vrai terrorisme justifie bien, dans des circonstances données, quelques atteintes aux libertés publiques.
Or, la validation du vocabulaire et des schèmes discursifs de nos gouvernants n’est jamais que le début du consentement à ce qui nous réduit aux conditions du gouvernement qui établit comme sa règle légitime ce dont se nourrit l’état d’exception proliférant. Et ce n’est pas parce que les inculpés de Tarnac ne sont rien de ce qu’en a dit Mme Alliot-Marie relayée par quelques magistrats « antiterroristes » (encore le vocabulaire corrompu de l’ennemi) que L’Insurrection qui vient est une prophétie vide et une rodomontade sans conséquence ; n’est-il pas pour le moins singulier que les émeutes juvéniles qui ont éclaté en Grèce en décembre 2008, suite à l’assassinat d’un jeune par un policier à Athènes, aient sur le champ été entendues aussi bien par la presse que par les gouvernants de ce pays, Sarkozy en tête, comme un avertissement, voire le signe avant-coureur de ce à quoi il conviendrait de se préparer ? Du côté de l’État, des « experts » de toutes sortes, le syndrome de l’explosion sociale se développe, en conséquence de quoi sont mis en place toutes sortes de dispositifs destinés à faire face au « coup dur », à la situation d’urgence. On pourrait même dire qu’une telle commotion constitue pour eux l’un des scénarios non seulement du possible mais du souhaitable – tant ils sont en quête de dérivatifs face aux effets durables du tsunami financier de l’année 2008.

« Nous n’avons rien fait de mal, nous sommes irréprochables – l’Etat de droit, la Ligue des Droits de l’Homme et Daniel Cohn-Bendit avec nous ! » demeurent, dans cette conjoncture, des réponses un peu courtes et surtout mal dirigées. Sans succomber au charme facile des prédictions apocalyptiques qui annoncent sans frais l’imminence de la chute de notre « Ancien régime », nous gagnerions plutôt à dire : en de telles circonstances, il n’est pas exclu, en effet, que nous puissions devenir dangereux, que nous nous destinions à le devenir, tant ce qui nous gouverne est devenu abject, menaçant et insupportable !
Après tout, ce ne sont pas les exemples qui manquent, dans le présent, de pôles et de manifestations de radicalité qui, activement, organisent la résistance à cet insupportable – sans papiers, lycéens, enseignants, ouvriers grévistes, psychiatres même, que rien ne destine à se conduire en subversifs, révoltés par le décret présidentiel leur enjoignant de traiter désormais les malades mentaux en criminels…

Il est intéressant que, dans ce contexte où les lignes de tension et d’affrontement se multiplient, l’accent se trouve porté, en l’absence de toute capacité des appareils politiques traditionnels à se tenir à la hauteur de l’exaspération qui monte, sur les conduites davantage que sur les projets. Une nouvelle subjectivité de résistance et de défection émerge, qui trouve son expression dans la multiplication des proclamations et manifestations de désobéissance. Il ne s’agit pas tant de renouer avec le grand mythe de l’illégalité, du soulèvement violent et massif que de dire, simplement : dans ces conditions, nous n’obéirons plus, nos conduites deviendront ingouvernables, cesseront d’être programmables. Nous cesserons d’être les agents de ce que tentent de produire et reconduire ceux qui nous gouvernent, nous ne serons plus dans ces rôles, nous ne serons plus, si possible, là où nous sommes prévus et attendus.

C’est, pour l’essentiel, ce à quoi exhorte L’insurrection qui vient, et cela va un peu plus loin que « planter des carottes ». Mais ce ne serait pas la première fois que des parents découvriraient après-coup ce qu’ils ont toujours préféré ignorer - les talents cachés de leur progéniture.


[1] Comité invisible : L’Insurrection qui vient, La fabrique, 2007

[2] « Une critique du capitalisme cognitif comme on en trouve des dizaines sur les étals des librairies », statue Christian Salmon dans Le Monde du 5 décembre 2008

[3] Tiqqun, revue fondée en 1999.Deux numéros sortis. Théorie du Bloom a été réédition aux Edition La fabrique, Premiers matériaux pour une théorie de la Jeune-Fille aux Editions Mille et une nuits

[4] Il n’est pas le seul – voir à ce propos l’excellent numéro de la revue franco-italienne La Rose de personne, 3/2008, « Pouvoir destituant – les révoltes métropolitaines »

[5] Publiée en 1910, la brochure de Pouget, intitulée Le sabotage, a été rééditée en 1969, sans indication d’éditeur, puis en 2004 chez Mille et une nuits

[6] Op. cit. p. 83

[7] Ibid. p. 93

[8] Ibid. P. 84

[9] Un rapport de la sous-direction antiterroriste centrale de la police judiciaire, publié par Mediapart , fait état dans le détail de la participation de certains des inculpés à cette manifestation – comme si, dans ce pays, se mobiliser contre l’organisation de la politique sécuritaire anti-immigrés devait tout naturellement être considéré comme une action crypto-terroriste !

[10] Le Figaro du 13/11/2008

[11] Le Parisien du 12/11/2008

[12] Le Monde du 28/11/2008

[13] L’Insurrection… p. 70. Il est assez étrange de trouver sous la plume de Giorgio Agamben dans le texte qu’il écrit en défense des inculpés (Libération du 19/11/2008) la phrase suivante : « Il s’agit [les actes imputés aux inculpés] de délits mineurs, même si personne n’entend les cautionner ». Il n’est pas sûr que le parti pris de respectabilité bourgeoise qu’adopte ici l’auteur de l’État d’exception soit destiné à servir ceux qu’il entend défendre ; il est plus probable qu’il achèvera de convaincre plus d’un observateur de l’embarras fréquent qu’éprouvent les philosophes à mettre leurs gestes politiques épisodiques en accord avec les analyses et principes qui s’énoncent dans leurs écrits

[14] Lettre ouverte des parents des inculpés, en date du 23/11/2008

[15] « L’écologie n’est pas seulement la logique de l’économie totale, c’est aussi la nouvelle morale du Capital », L’Insurrection, p. 63

[16] Voir à ce propos Michel Foucault : Sécurité, territoire, population, Cours au Collège de France, 1977-78, leçon du 1/03/1978

[17] Libération du 26/11/2008

[18] Lettre ouverte des familles, texte cité supra
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede georges » 06 Jan 2009, 19:11

Yldune Lévy reste en prison


La cour d'appel de Paris a refusé mardi sa remise en liberté. Mise en examen dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes TGV, elle est incarcérée à Fleury-Mérogis depuis mi-novembre.



La cour d'appel de Paris a refusé aujourd'hui la remise en liberté d'Yldune Lévy, compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel a suivi les réquisitions du parquet général qui demandait qu'une décision d'un juge des libertés et de la détention (JLD) s'opposant à la remise en liberté de la jeune femme soit confirmée.

Le JLD avait justifié sa décision par le fait qu'Yldune Levy n'avait pas encore été interrogée par le juge d'instruction chargé de l'enquête, Thierry Fragnoli. Sa première audition par le magistrat depuis sa mise en examen est prévue jeudi après-midi, selon son avocat, Me Steeve Montagne.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/societe/0101309869-sabotages-sncf-yldune-levy-reste-en-prison
georges
 

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