Macédoine

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Messagede Pïérô » 14 Fév 2015, 13:20

Occupations et manifestations étudiantes.

Macédoine : occupations et manifestations étudiantes.

Ce mercredi (11 février), plus d’un millier d’étudiant-e-s ont commencé l’occupation des départements d’économie, de Droit, de philologie et de philosophie à l’Université de Skopje. Ils-elles ont déclaré les facultés occupées comme des territoires autonomes étudiants. Les occupant-e-s demandent l’annulation de la nouvelle loi sur l’éducation supérieure qui décrète que désormais il sera obligatoire de passer des tests d’aptitude externes. Le tout à travers une commission d’État qui prévaudra sur l’évaluation du corps professoral. Pour le gouvernement, il s’agit d’un moyen de lutter contre la corruption des enseignant-e-s. Selon ce dernier, les professeur-e-s acceptent des enveloppes brunes pour assouplir leurs critères de passage. Ne niant pas cette pratique, les opposant-e-s à cette Loi veulent eux/elles aussi éradiquer ce fléau, mais à l’aide d’une autre solution, de manière plus réfléchie. Selon les étudiant-e-s, la réforme proposée par le gouvernement macédonien est une tentative d’affaiblir une nouvelle fois l’autonomie des universités.

Après les manifestations de novembre et décembre dernier, qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes [1], le mouvement ne s’essouffle pas. « Nous allons rester ici (dans les Facultés) jusqu’à ce que nos demandes soient acceptées. Nous allons dormir et manger ici. Nous appelons tous les étudiant-e-s à se joindre à nous dans les territoires autonomes étudiants puisqu’ensemble nous sommes plus fort-e-s. » Les étudiant-e-s prévoient organiser des lectures alternatives, des concerts et autres événements. Depuis le début du mouvement contre la réforme, le gouvernement de Nikola Gruevsky a ignoré les manifestations et les demandes estudiantines. Toutefois, vendredi dernier, il a invité les étudiant-e-s à une éventuelle rencontre où il se dit prêt à suspendre la nouvelle loi pour un an. Très sceptiques, les étudiant-e-s ont décidé de continuer la contestation au lieu de croire un gouvernement qui les taxe d’être manipulés ou pro-SDSM (le parti d’opposition). Des enseignant-e-s ont formé un groupe qui soutient les étudiant-e-s dans leur lutte contre la réforme. Le mouvement prend de l’ampleur et commence à se radicaliser.


[1]. Entre 10 000 et 12 000 personnes sont descendues dans les rues pour la manifestation de décembre. Du jamais vu dans ce pays depuis l’indépendance de la Macédoine en 1991.

+ photos http://ucl-saguenay.blogspot.fr/2015/02 ... tions.html


Macédoine : les étudiants de Skopje proclament l’Université « zone autonome »

Après la trêve hivernale et les sessions d’examens, les étudiants de l’université Saints-Cyrille-et-Méthode de Skopje ont repris leur mouvement de protestation contre la réforme de l’enseignement supérieur. Cette fois, ils ont déclaré « zone autonome » les locaux qu’ils occupent. Le ministère de l’Éducation se dit prêt à dialoguer, mais les étudiants sont sceptiques.

Par Jaklina Naumovski

Depuis mercredi 11 février, les étudiants en grève qui occupent les Facultés de philologie et de philosophie de l’université Saints-Cyrille-et-Méthode ont déclaré les locaux de l’établissement « zone autonome ». Ce jeudi, les étudiants des Facultés de technologie ont rejoint le mouvement par solidarité.

Après avoir refusé le dialogue pendant quatre mois, le ministère de l’Éducation a enfin décidé de rencontrer les représentants du plenum des étudiants. Une série de réunions entre le ministère et les représentants des universités a été prévue afin d’améliorer les propositions de réformes de la loi sur l’enseignement supérieur. La première rencontre aura lieu lundi prochain.

Le 6 février, suite à une première rencontre entre le Sénat de l’Université, le Premier ministre Gruevski, le ministre de l’Éducation Abdulakim Ademi et son adjoint Spiro Ristovski, un premier assouplissement de la loi a été annoncé. La mise en place des examens d’État a été différée d’un an et l’obligation pour les professeurs de publier un certain nombre de travaux et d’articles scientifiques dans les revues spécialisées de deux ans.

Mais pour les étudiants, ça ne suffit pas. Ils réclament le retrait pur et simple de la loi actuelle, afin d’en établir une nouvelle définie par les diverses parties prenantes, ministère, représentants académiques et étudiants, avec la garantie du gouvernement que leurs revendications seront prises en compte.

Les représentants du plenum étudiants doutent également de la bonne volonté du gouvernement. « Nous avons de bonnes raisons de croire que cette complaisance ne signifie pas que le Premier ministre a réalisé l’absurdité de sa propre loi. Ces quatre derniers mois, chacune de nos actions de résistance a été ignorée. Aussi, accordez-nous le droit d’être sceptiques en apprenant ces concessions soudaines. Nous ne sommes pas convaincus par cet assouplissement de la rhétorique, car finalement rien ne nous garantit que lorsque tout se sera calmé, les promesses faites ne seront pas oubliées. C’est pourquoi nous réclamons l’adoption d’une loi sur l’enseignement supérieur complètement nouvelle », ont-il déclaré.

Le plenum des étudiants continue de recevoir des messages de soutien de l’étranger : après les étudiants de Serbie, ceux de Bulgarie leur ont adressé une lettre pour les encourager à poursuivre leur mouvement.

http://balkans.courriers.info/article26615.html
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 05 Mar 2015, 17:52

Lutte étudiante en Macédoine
Balkan Beat

Depuis plus de quatre mois les étudiants de Skopje luttent contre ce qui n’était au départ qu’un projet de loi relatif à l’enseignement supérieur, prévoyant la mise en place de « tests externes » - de nouveaux examens évaluant les étudiants à la fin de la deuxième et de la dernière année d’étude. Leurs résultats sont jugés par une commission de l’État qui décide de la poursuite des études et de l’obtention du diplôme. L’objectif est de pallier au manque de partialité de certains professeurs, connus pour accepter des dessous-de-table. Il n’est apparemment pas exceptionnel en Macédoine d’être diplômé d’une université où l’on n’a jamais mis les pieds. Les étudiants reconnaissent le problème, mais refusent cette solution qui entrave l’autonomie de l’Université.

En novembre, une première manifestation regroupe plus de 3000 personnes. En décembre, une deuxième en réunit au moins 10 000. De nombreux passants se joignent spontanément aux marches, tandis que des habitants expriment leur soutien depuis leurs fenêtres. Ces chiffres font de ce mouvement une mobilisation historique, la plus importante depuis l’indépendance du pays en 1991. C’est aussi la première fois que ce gouvernement, inchangé depuis 9 ans, connaît une réelle opposition.

Pourtant, à ce moment, les autorités n’ont pas jugé bon de réagir. Le chef du gouvernement, Nikola Gruevsky, s’est simplement contenté d’un petit commentaire taxant les étudiants de « militant pro-SDSM », parti de l’opposition qui boycotte le parlement depuis les élections législatives très controversées d’avril dernier. Déclaration qui a eu pour effet de renforcer la cohésion des étudiants, qui ont déclaré n’avoir pour seule carte de parti : leur « indeks », livret d’étudiant équivalant aux cartes d’étudiant françaises. Ce livret rouge est devenu le symbole du mouvement.

Le Parlement étudiant, l’association étudiante officielle, est lui aussi resté muet face à ces événements. Et pour cause : son dirigeant est un proche du gouvernement. L’inutilité notoire de ce parlement a donné naissance au Plenum étudiant, dont la présence représente pour beaucoup un soulagement. Il est considéré comme la première organisation à ne pas craindre le gouvernement. Une autre a vu le jour depuis lors : le Plenum des professeurs, qui soutient les étudiants dans leur lutte.

Après les manifestations, les jeunes macédoniens se sont essayés à d’autres types d’actions. Nombre d’entre eux sont allés, par équipe, accrocher des banderoles en haut des bâtiments, sur des centres commerciaux, sur des ponts, exprimant leur opposition face à la loi et appelant à la solidarité et à la mobilisation. De nouveaux tags se sont multipliés.

C’est dans ce contexte que la loi a été adoptée mi-janvier. Les étudiants, dépassés, ont donc décidé, début février, de reprendre le contrôle de leurs universités en les déclarant « zones autonomes », et ce jusqu’à l’abrogation complète de la loi et la prise en considération de toutes leurs demandes. Une vie collective surprenante a rapidement vu le jour, de nombreux ateliers se sont organisés - dessin, musique, « lectures alternatives ». Il y a eu quelques concerts et des cours de philosophie et de droit tenus par les étudiants. Les habitants ont montré une fois de plus leur soutien en apportant aux occupants de quoi tenir leur siège : de la nourriture, des plats, des couvertures, etc.

Après deux semaines de blocage complet de plusieurs universités à Skopje et à Bitoli, le gouvernement a cédé. Les « tests externes » ou « examens d’État » ont été supprimés et une nouvelle loi va voir le jour, introduisant les demandes des étudiants. Du jamais vu, les jeunes macédoniens auraient-ils eu raison du gouvernement ? La situation très problématique dans laquelle se trouve ce dernier depuis que l’opposition a apporté les preuves révélant la corruption du premier ministre Nikola Gruevsky et de son parti (écoutes téléphoniques, contrôle de l’appareil judiciaire et des médias) y est-elle pour quelque chose ? Les étudiants ont néanmoins décidé d’arrêter les occupations, provisoirement ; ils se disent néanmoins prêts à reprendre l’offensive à la moindre occasion. Peut-être que les récentes révélations constitueront ladite occasion dans les mois à venir.

Le mouvement étudiant aura donc tenu plusieurs mois. Il a pris de l’ampleur et bouleversé la vie d’un pays fatigué par la corruption de ses dirigeants. Dans une Macédoine où le clivage ethnique entre Macédoniens et Albanais (représentant 20 % de la population) est constamment mis en avant par le gouvernement pour diviser la population, cette lutte aura permis l’organisation de tous les étudiants au-delà de cette séparation.

Depuis l’automne dernier un mouvement similaire anime la vie de Belgrade. En décembre, ce sont les travailleurs bosniaques de Tuzla qui, un an après les révoltes populaires, n’ayant toujours pas obtenu ce qui leur avait été promis, ont organisé une marche jusqu’en Croatie afin d’y demander l’asile. 2015 sera-t-elle l’année d’un réveil dans les Balkans, une sorte de printemps balkanique qui dépasserait enfin les questions identitaires et nationalistes ?

https://lundi.am/Macedoine
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 07 Mai 2015, 14:25

Macédoine : Affrontements à Skopje



La police a recouru au gaz lacrymogène et aux canons à eau pour disperser le millier de manifestants qui s’étaient rassemblés en face du siège du gouvernement à Skopje. La manifestation avait été organisée après qu’un dirigeant de l’opposition eut accusé le cabinet du Premier ministre conservateur d’avoir couvert en 2011 le meurtre d’un homme de 22 ans frappé par la police pendant les célébrations qui avaient suivi les élections. Aux cris de "Meurtriers ! Meurtriers !" et réclamant la démission du gouvernement, des manifestants ont lancé des objets en direction du siège du gouvernement, brisé des vitres du bâtiment, fracassé des voitures garées à proximité et mis le feu à des poubelles. Quinze policiers figurent parmi les blessés.

Les tensions politiques sont vives en Macédoine depuis que le gouvernement a accusé en janvier le chef de l’opposition de gauche Zoran Zaev et quatre autres personnes d’avoir espionné et commis des violences à l’encontre de responsables du gouvernement. Zoran Zaev rejette ces accusations et affirme que c’est le gouvernement conservateur qui a mis illégalement sur écoute 20.000 personnes. Il a également accusé le Premier ministre d’avoir touché 20 millions d’euros de pots-de-vin d’une société chinoise dans l’octroi de contrats pour la construction de deux tronçons d’autoroute.

http://www.secoursrouge.org/Macedoine-A ... s-a-Skopje
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 21 Mai 2015, 02:56

Vent de révolte contre le pouvoir en Macédoine

REPORTAGE A Skopje, les manifestants réclament la démission du Premier ministre, le conservateur Nikola Gruevski, accusé de corruption et de dérive autocratique.

... http://www.liberation.fr/monde/2015/05/ ... ne_1311802
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 17 Avr 2016, 17:32

Révolte en Macédoine – des grèves, manifestations et affrontements à Skopje

Depuis le 13 avril, des manifestations massives anti-gouvernementales frappent la Macédoine. Sous un mot d’ordre demandant la démission du président Gjeorge Ivanov, il s’agit surtout d’un rejet de la coalition des partis ultra-nationalistes macédoniens et albanais et leur politique ultralibérale et réactionnaire qui a donné lieu à plusieurs attaques anti-ouvrières, contre les droits des femmes et des minorités, et une série de mesures sécuritaires et répressives.

... https://communismeouvrier.wordpress.com ... -a-skopje/
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 21 Avr 2016, 16:17

« Smrt na fašizmot, sloboda na narodot ! » – Solidarité avec la révolte en Macédoine !

Depuis une semaine, des dizaines de milliers de personnes, des travailleuses et travailleurs, des privé-es d’emploi, des retraité-es et étudiant-es manifestent à travers la Macédoine contre le régime du VMRO, le parti ultra-nationaliste, pour la liberté et pour une vie meilleure.

D’abord, c’est un acte présidentiel controversé permettant l’amnistie inconditionnelle de 56 personnes, en majorité des membres du régime et des anciens ministres, mises en examen pour fraude électorale et corruption qui a provoqué la première manifestation spontanée des habitantes et habitants de Skopje. Dès le lendemain ; ce sont près de cent organisations non-gouvernementales, soutenue par l’opposition, qui ont appelé à un mouvement social contre le président Gjeorge Ivanov, le VMRO et son régime. Durant le week-end le mouvement a dépassé la capitale et a gagné toutes les villes de Macédoine.

Au-delà de la démission d’Ivanov, c’est un ras-le-bol général qui s’exprime dans les rues de Macédoine, contre les idéologies identitaires, contre le nationalisme, contre l’exploitation… Les bureaux du parti ainsi que le bâtiment présidentiel ont été partiellement détruits, les manifestant-es se sont également attaqué-es à d’autres symboles du pouvoir et du nationalisme macédonien les couvrant des messages clairs : « pas de justice, pas de paix », « mort au fascisme, liberté au peuple », « l’égalité, la justice sociale, la liberté » etc.

... https://communismeouvrier.wordpress.com ... macedoine/
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Re: Macédoine

Messagede bipbip » 08 Juin 2016, 08:31

[Interview] La lutte pour une Macédoine libérée de la dictature et de la répression !

Interview de Sonja Stojadinovic, militante et membre du « mouvement de gauche – Solidarnost » de Macédoine, réalisé par Aleksa Gvozden, Initiative communiste-ouvrière

Depuis plus de deux mois, les manifestations massives ont lieu à travers la Macédoine. La jeunesse, les travailleuses et travailleurs de tout âge, les précaires, les retraité-es … se mobilisent quotidiennement.

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