Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

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Messagede bipbip » 27 Mar 2014, 20:25

Appel à rassemblement en soutien aux paysans de Notre Dame des Landes

Ce vendredi 28 mars, à 9h, Parlement de bretagne, Rennes

Les porteurs du projet d'aéroport ont toujours essayé de dévaloriser le patrimoine agricole de Notre Dame des Landes. AGO Vinci par des procédures judiciaires tente de faire valoir cette antienne.
Les bâtiments agricoles du Gaec des pommiers et de l'Earl des Rochettes avaient été évalués par la Chambre d'agriculture et les notaires, AGO Vinci conteste cette évaluation demandant une décote de 70% pour ces bâtiment utilisés tous les jours par les paysans.
Pour AGO Vinci il s'agit une nouvelle fois de s'attaquer aux agriculteurs s'opposant au bétonnage de terres agricoles qu'ils cultivent depuis plusieurs dizaines d'année.

Les 4 paysans concernés seront présents à la cour d'appel de Rennes ce vendredi pour défendre leur outil de travail.
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Messagede Nico37 » 28 Mar 2014, 13:44

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Messagede Nico37 » 29 Mar 2014, 15:43

.Laurence Garnier se présente en Notre-Dame de l'Ayraultport

Après les péripéties de l'investiture, le spectacle de la désunion de la droite à Nantes, et le revers du premier tour, Laurence Garnier se positionne maintenant en rassembleuse des pro-aéroport.

Le premier ministre s'est-il trouvé une alliée inattendue pour son projet d'aéroport ?

La vie est dure pour la gauche ces temps-ci, et pour la droite aussi à Nantes. C'était l'occasion ou jamais de prendre la ville du premier ministre mais le décollage de la liste Garnier n'a pas eu lieu.

Laurence Garnier court maintenant après les avions, madone des aéroports, évoquant tour à tour les nuisances de celui de Nantes, les emplois à créer sur le nouveau elle se dit l'unique candidate à « assumer » cette position.

« Quand on fait les calculs, 69 % des Nantais ont voté pour des candidats pro-aéroport ». « Il n'y a aucune raison que ce soient les 14 % d'Europe Ecologie qui imposent leur vision à toute la population. »
Laurence Garnier qui n'était pas pressée de donner les résultats du sondage concernant le choix des investitures se montre particulièrement agile quand il s'agit d'interpréter les chiffres.
Les électeurs de Nantes voteront-ils pour ou contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes dimanche ? Ce n'est pas leur seul critère de choix de candidat.

Laurence Garnier est dans la salle d'embarquement, elle a choisi UMP-lines en first, regrette-t-elle de ne pas avoir choisi « Pro- NDDL-air » en business class ? Il est trop tard, le personnel au sol lui a réservé un siège en classe touriste sur ce vol en direction de Nantes.
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Messagede Pïérô » 30 Mar 2014, 01:59

Vient de paraître

"Notre-Dame-des-Landes", d'Hervé Kempf

Image

Le Mot de l'éditeur : « La commune de Notre-Dame-des-Landes vit, depuis plusieurs siècles, de l’agriculture et de l’élevage. Un projet d’aéroport sur les terres de la commune, lancé au début des années 70 et concrétisé il y a quelque temps avec la mise en œuvre du projet d’aéroport du Grand-Ouest, a provoqué un soulèvement en pays nantais contre l’Etat et les principaux élus locaux (UMP et PS). Autour des agriculteurs directement concernés s’est formé un « mouvement citoyen », comprenant certains élus locaux, la Confédération paysanne, des associations de défense de l’environnement, mais aussi une nouvelle génération d’activistes qui occupent la ZAD (zone d’aménagement à défendre).
Tous contestent ce projet au nom de la protection des terres agricoles, de la lutte contre l’effet de serre et d’une vision nouvelle de la vie commune. Bref, impossible de voir dans le différend la traditionnelle opposition entre intérêt général et intérêts privés.

Pour en avoir le cœur net, Hervé Kempf s’est rendu à plusieurs reprises sur les lieux, et il s’est pris de passion pour ce qu’il y a vu : c’est qu’au-delà des formes que prend la résistance populaire au projet, le soulèvement de Notre-Dame-des-Landes esquisse les contours d’une nouvelle société politique.
Histoire et état des lieux, reportage, analyse politique : tels sont les trois moments de cette enquête, qui s’annonce comme une nouvelle façon de pratiquer le métier de journaliste – à l’abri des pressions politiques et des intérêts privés. »

Hervé Kempf est rédacteur en chef du site reporterre.net, « le quotidien de l’écologie »
et auteur de plusieurs essais.
Editions du Seuil, 160 pages, 10 euros.

http://utoplib.blogspot.fr/2014/03/vien ... re_14.html



Retour sur la manif anti-aeroport à Nantes du 22 fevrier 2014

décidément ça nous a fait tout drôle en entendant les infos à la télé, à la radio, dans la presse écrite... La net impression qu’on avait pas été à la même manifestation. Nous on y avait d’abord vu une mobilisation importante, joyeuse et déterminée qui réaffirmait une fois encore le rejet du projet de construction d’un aéroport à Notre dame des landes. Nous, ça nous a filé la pêche de voir une mobilisation populaire, pas populiste résolument contre la politique du gouvernement mais aussi dans une bonne proportion anticapitaliste. Ça changeait des fachos, des réacs, des moralistes, des racistes qui avaient tendance à croire que la rue leur appartenait. Entretient avec Jean-Mi de Natchav, émission anti-carcérale sur Alternantes, sur le traitement médiatique de la manif et son traitement judiciaire ; procès en comparution immédiate. Puis avec Jean-mouloud, manifestant anticapitaliste, nous poursuivrons sur l’ampleur de la mobilisation, les tentatives du pouvoir de diviser le mouvement

Emission à écouter sur Sons En Luttes : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article716
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Messagede PN Poitiers » 31 Mar 2014, 16:48

http://www.monde-libertaire.fr/france/1 ... r-a-nantes

Les autorités sont prévenues : retour sur la manif du 22 février à Nantes

Récapitulons
Dans les années 1960, le projet d’un nouvel aéroport près de Nantes sort de terre, avec des projections économiques radieuses à la mode capitalisme trente glorieuses. Projet vite mis en cartons à la suite du choc pétrolier et des contestations (déjà !), mais les terres sont soigneusement protégées du remembrement alors en cours. Le fumeux projet ressort des poubelles administratives de l’État avec la gauche-garcimore en 2000, par un tour de passe-passe en force de Jospin (PS), Gayssot (PCF) et Voynet (Verts). L’aménagement est prévu sur une ZAD (zone d’aménagement différé) de près de 2000 ha, zone humide bocagère d’élevage et de petites cultures sise entre trois bourg ruraux. Sont aussi prévues une voie rapide routière, reliant les axes Nantes-Vannes et Nantes-Rennes, ainsi qu’une desserte ferroviaire. Hôtels et supermarchés viendraient compléter ce tableau d’un désert métropolitain digne de ce nom.
Mais la contestation reprend de plus belle : les réunions publiques sont perturbées et des manifestations diverses s’organisent. En 2007, un premier squat voit le jour dans une maison laissée à l’abandon. En 2009, le Camp Action Climat choisit le site de Notre-Dame-des-Landes pour débattre sur la question environnementale. Trois semaines de débats et d’actions ont lieu, un appel à venir habiter la zone est lancé, c’est le début de la plus grande zone de squat rural d’Europe. À peine les maisons sont-elles rachetées par Vinci qu’elles sont réinvesties. Les habitants « historiques » voient débarquer à leurs côtés, avec une curiosité parfois mêlée d’incompréhension, des gens souvent jeunes et politisés, qui s’installent ici pour un tas de raisons différentes : l’opposition à ce projet cristallise un grand nombre de thématiques de lutte, en lien les unes avec les autres, contre les logiques absurdes du capitalisme, de l’État, de la consommation, de la dévastation écologique… Au début, la cohabitation n’est pas simple ; valeurs et modes de vie divergent, à l’image des catégories qui nous divisent. Mais rapidement, le fait de vivre ensemble sur un même territoire l’emporte, et composer ensemble dans la vie quotidienne et dans la lutte n’est plus seulement une nécessité, mais un désir. Là où le rouleau compresseur devait détruire des terres, des liens, la vie, là où l’individualisme et les rapports marchands devaient encore remporter une victoire, naît une communauté de liens. Là où l’État est repoussé, naît une créativité incroyable, rendant caduques toutes les catégorisations habituelles des pouvoirs faisant de nous des « populations » sous contrôle (sus à l’Insee !)

Pourquoi le 22 février ?
En réponse aux déclarations et aux signes de nouvelles tentatives d’expulsion à venir, les différentes composantes de la lutte contre le projet d’aéroport se sont une fois de plus entendues sur une manifestation, à un moment crucial contre les porteurs de projets (élus et Vinci) : l’échéance du mois de mai pour le « transfert » des espèces animales protégées (procédure obligatoire) contraint les autorités à l’offensive, sous peine de repousser ledit transfert à l’automne. Néanmoins, à un mois des municipales, la marge de manœuvre des « socialistes » est réduite. C’était donc le moment de manifester à nouveau de tous nos sabots contre la machine productiviste.
Les différentes composantes de la lutte (paysans, habitants historiques et zadistes, Acipa, naturalistes, etc., désolé pour les catégories) arrivent donc de cette campagne que l’on veut détruire et soumettre, débarquant dans la ville-métropole de Nantes, espace artificialisé par excellence au cœur des pouvoirs locaux.
La veille de la manif, le préfet annonce que tout l’hypercentre de Nantes sera déclaré « zone rouge », y compris le Cours des 50 otages, lieu de passage traditionnel des manifestations nantaises – ce qui a irrité plus d’un démocrate (j’en ai vu, il en reste !). Voici donc le parcours initialement prévu réduit de près de ses deux tiers ; les organisateurs, pris de court, décident d’allonger le parcours au sud.
La veille et le matin même, les Nantais découvrent leur ville littéralement assiégée par la police et la gendarmerie : de nombreuses rues sont bloquées, des fourgons de force anti-émeutes sont garés en masse. On croirait presque le comité d’accueil d’un contre-sommet !

Et c’est parti !
Le départ s’effectue devant la préfecture : sur la voie publique, les gens s’entassent de tous côtés avec les plus hétéroclites déguisements et façons de s’exprimer. Une cabane se monte dans un platane au-dessus de nos têtes pour bien symboliser le « échangeons les rôles » qui préfigure cette journée. D’énormes tritons marbrés habillent des tracteurs, qui déambulent sur le bitume chauffé par des dizaines de milliers de joyeux lurons.
Rue de Strasbourg, une enseigne de Vinci Immobilier protégée par quelques planches est brisée, la déco intérieure change de style — les plantes qui s’y trouvaient sont sauvées par de charitables âmes. Plus loin une foreuse Vinci, en plein burn-out, décide de s’immoler par le feu.
Arrivés à la station de tram Commerce, où le premier parcours devait filer pour remonter le Cours des 50 otages, une vingtaine de tracteurs sont contraints à l’arrêt, devant un canon à eau de la police et des grilles anti-émeutes, sur lesquelles des dizaines de manifestants tapent en guise de sommation aux forces de l’ordre qui bloquent le parcours décidé collectivement. Mais les casqués ne l’entendent pas de cette oreille. Dès les premiers œufs de peinture, entachant le bel uniforme bleu foncé du sympathique corps de la gendarmerie mobile, les premières grenades lacrymogènes sont tirées.
Pendant ce temps, les premières supputations tombent sur le nombre exact de participants à la manif… mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! Si l’on devait s’en tenir aux dires de trucmuche et de machinchouette, voilà bien longtemps que les travaux seraient déjà en cours. Ce n’est pas d’apprendre par les médias le nombre exact d’opposants qui se trouvaient en face d’eux qui a fait reculer les gendarmes mobiles dans leur tentative d’expulsion de la zone en octobre 2012, mais bien la solidarité et la détermination de tous les gens qui ne se sont pas contentés de rester assis en travers de la route ou d’attendre quelque bon geste de la froide mécanique d’État. En attendant, la place bondée de monde est enfumée par les agents chimiques lacrymogènes, et les tracteurs déguerpissent face à l’attaque policière menaçant leur outil de travail. Le canon à eau commence son arrosage, histoire de mettre les sauveurs de zones humides dans leur élément. S’ensuivent quelques minutes plus tard le peinturlurage et la tentative de mise à sac du commissariat de police, situé à l’arrière. Sur la place, les encapuchados (comme on les appelle en Amérique latine), arrivés après les premières salves de lacrymo, s’affairent à relancer les palets incandescents et à distribuer des mélanges eau-maalox aux manifestants aveuglés.

Nos chers médias
On ne le dira jamais assez, merci à tous les médias de masse d’avoir suivi l’événement. Alors que les manifestants de Kiev tirant à balles réelles sur la police sont présentés comme des héros par les journalistes, que l’Union européenne décerne en grande pompe le label Révolution à l’Ukraine, Nantes aurait, ce 22 février, fait face à la « terreur » ! Alors que les engins de Vinci transforment des paysages en champs de ruines et que l’État déverse des milliards d’argent public dans une foule de grands chantiers public-privé aussi inutiles que nuisibles, des tags bariolant des murs et des pubs, quelques pavés descellés et neuf vitrines fêlées ou brisées à Nantes (Vinci, banques, agences immobilières et touristiques…) seraient un « saccage » et une « dévastation » ! Pour pasticher Magritte, cela n’est pas de la violence, c’est l’image de la violence.
Merci d’émanciper celles et ceux que l’on aime de leurs dernières croyances en « l’objectivité journalistique ». Merci de démontrer que des années de débats pipés et unilatéraux n’auront pas suffi à convaincre de l’utilité d’un nouvel aéroport, mais que seule la construction d’un rapport de force véritable a permis et permet toujours de faire reculer le projet. Merci de démontrer, moult images d’affrontements à l’appui, l’inanité de la seule contestation que vous tolérez, uniquement symbolique, qui ne se préoccupe que de « l’opinion publique » (un fantôme que les journalistes affectent de connaître aussi bien qu’ils ignorent superbement nos vies réelles).

Ensemble, on a déjà gagné
Ce jour-là, plus encore qu’à l’habitude, les étiquettes et catégories imposées ont volé en éclats. Tout le long de la manifestation, on pouvait ressentir un côté festif très fort, et beaucoup de joie. Même au « cœur » des affrontements, quand un mouvement de foule spontané se créait, pétards, feux d’artifice et joie d’avancer laissaient un large sourire à plein de gens, malgré les lacrymos. Des personnes de tous âges et toutes situations étaient là, ensemble. Certains tenaient des banderoles bigarrées, d’autres chantaient, d’autres faisaient du théâtre improvisé, d’autres lançaient des projectiles, d’autres en préparaient, d’autres s’occupaient des nombreux blessés atteints par les tirs de la police, d’autres aussi, les plus nombreux, parfois faute d’organisation, étaient juste là, ce qui était déjà beaucoup ; ils participaient pleinement à la lutte par leur présence, leur solidarité et leurs sourires. Quelques personnes, de temps en temps, s’enquéraient du pourquoi du comment, d’autres gens choisissaient de faire face à la police, initiant ainsi de nouvelles conversations. Bref, dans la multiplicité des idées et des moyens, une joie commune de la lutte ! Bien loin, donc, des indignations et condamnations de certains pontes politiques stigmatisant et dissociant les « casseurs ». Laissons-leur ce triste souci de préserver une image de respectabilité dérisoire, auprès des véritables casseurs au gouvernement, qui brisent nos vies au quotidien, et ont blessé (et mutilé) de nombreux manifestants ce jour encore.
Cinq cent vingt tracteurs, 50 000 manifestants environ. Tout le monde s’accorde à dire que cette manif était la preuve d’une montée en puissance du mouvement de lutte contre ce projet. Les autorités, si elles s’avisaient de marcher sur les plates-bandes de la ZAD, sont une fois de plus prévenues.

Raoul Mapoule et Sim Camille
PN Poitiers
 
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Messagede Nico37 » 31 Mar 2014, 21:49

Des arrestations en cours en Loire-Atlantique Christophe Turgis 31/03

Le compte twitter de la Police nantaise annonce des interpellations en cours dans le département à la suite des violences commises à Nantes le 22 février dernier.

Selon nos informations, 9 interpellations sur 9 personnes identifiées ont eu lieu ce matin à Nantes, à Pontchâteau et en Ille-et-Vilaine. Leurs auditions viennent de commencer. Le procureur de la République devrait communiquer a'après-midi. Il s'agit d'une première vague d'interpellations.
Une cellule spéciale constituée d'une trentaine d'enquêteur avait été mise en place dès le 24 février pour identifier les casseurs.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 01 Avr 2014, 23:55

De 2 mois de sursis à un an ferme contre 4 manifestants 01/04

Le procureur avait requis entre six mois de prison avec sursis et six mois ferme, à l'audience des comparutions immédiates du tribunal correctionnel de Nantes ce mardi après-midi.

Les décisions viennent de tomber : des peines de 2 mois de sursis à un an ferme ont été prononcées à l'encontre des quatre prévenus jugés pour dégradations et violences sur les forces de l'ordre lors de la manifestation anti-aéroport qui avait dégénéré violemment le 22 février dernier.

Salle évacuée

La peine d'un an ferme a été prononcée à l'encontre d'un des prévenus qui avait fabriqué des fumigènes, objets incendiaires destinés à être lancés sur les forces de l'ordre. Il avait déjà un casier judiciaire.

De nombreux Militant anti-aéroport étaient venus soutenir les prévenus. Ils ont manifesté bruyamment leur désapprobation lors de l'énoncé des peines.

La salle a été évacuée.
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Messagede Nico37 » 04 Avr 2014, 06:13

Condamnation après la manif anti-aéroport : rassemblement de soutien 02/04

Une soixantaine de personnes se sont rassemblées, hier soir, devant le palais de justice de Nantes, après l'audience de comparutions immédiates du tribunal correctionnel. Quatre prévenus étaient jugés pour dégradations et violences sur les policiers lors de la manif anti-aéroport du 22 février (lire page 8). « On trouve les peines excessivement fortes, expliquent les manifestants. Le procureur avait demandé six mois ferme à l'encontre d'un des prévenus. Le juge a mis le double. » Le prévenu, qui avait déjà un casier judiciaire, avait fabriqué des fumigènes, destinés à être lancés sur les forces de l'ordre.

« C'est délirant, estime un manifestant. Le contexte social n'est même pas pris en compte. On a l'impression qu'ils ont pris des gens au hasard et ont décidé d'en faire des exemples. » Après l'annonce du verdict, le jeune homme de 22 ans, qui a pris un an ferme, a demandé à voir sa femme et son enfant, qui étaient dans la salle d'audience. « Ça ne lui a pas été autorisé. C'est inhumain », dénonce une jeune femme.

Les manifestants dénoncent aussi le cas d'un militant associatif, sans casier judiciaire, qui a pris quatre mois avec sursis et est interdit de manifestation : « C'est disproportionné. On est là pour défendre une terre, un bocage. Et face à nous, il y a une répression extrêmement forte. » Ce collectif de soutien demande une enquête « car il y a eu aussi des blessés graves parmi les manifestants. Et ça, c'est occulté. »

Le cortège s'est ensuite dirigé dans le centre-ville. « On n'oublie pas nos camarades jugés aujourd'hui et on continuera à les soutenir, disent-ils. On ne lâchera pas non plus notre combat contre l'aéroport. »
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Messagede Nico37 » 05 Avr 2014, 01:21

Communiqué du comité de soutien à Enguerrand

22 février, 50 000 personnes et 500 tracteurs se sont donné-e-s rendez-vous contre l'aéroport. Les médias ont beaucoup parlé des « dévastations » et du « saccage » de Nantes. Ce qu'ils oublient de dire, c'est que la violence est d'abord venue d'un dispositif policier qui a cherché à s'opposer puis à casser la manifestation.

Ce jour-là, la police a blessé plus de 200 personnes, dont au moins 3 ont perdu l'usage d'un œil suite à des tirs de flashball. Les 1800 policiers mobilisés ont généreusement distribué grenades de désencerclement, grenades lacrymogènes, coups de flashball ou de canon à eau, etc.

Cette violence d'Etat n'a fait l'objet d'aucune enquête.

Suite au battage médiatique de notre regretté ministre de l'intérieur, aujourd'hui premier ministre, 30 policiers ont été mobilisés pour identifier « les blacks-blocks de l'ultra gauche (peut-être bien venus de l'étranger) ». Après un mois d'enquête et au lendemain d'élection municipales où certains avaient négocié un « moratoire », la police a raflé neuf suspect-e-s le lundi 31 mars. Ces suspect-e-s étaient tellement bien profilé-e-s que deux ont été relâchés, dont un n'était même pas à Nantes lors de la manifestation. Trois suspect-e-s, dont deux mineur-e-s, comparaitront ultérieurement pour leurs procès ; quatre sont passés en comparution immédiate le mardi 1 avril.
Les dossiers sont vides. La procureure a bien du mal à camoufler l'absence d'enquête sérieuse. La volonté de faire des exemples est évidente.

Après une parodie de procès dont les étapes sont écrites à l'avance, les peines s'abattent froidement sur les prévenus comme sur le public. Insupportables.

Une figure associative nantaise de 53 ans écope de 4 mois de prison avec sursis. Gratuitement. P. n'a pourtant aucun antécédent, à part celui de lutter pour le droit des sans abri. La peine est purement arbitraire : le prévenu est soupçonné d'avoir renvoyé vers les flics un seul des milliers de palets de lacrymogènes propulsés sur la foule à coups de lance-grenades.
Puni pour avoir, à son échelle dérisoire, renvoyé la violence à l'envoyeur.
Deux jeunes manifestants, J. et G., soupçonnés d'avoir également résisté à la violence policière et pour l'un d'avoir récupéré un T-Shirt dans le local de la TAN, écopent tous deux de prison ferme : 4 et 5 mois de taule. Des peines d'abattage. Il n'y a pas de mandat de dépôt pour eux.
Le coup de marteau le plus violent concerne le dernier prévenu, Enguerrand, 23 ans. Militant déjà ciblé de nombreuses fois par le passé par les policiers, il est accusé d'avoir fabriqué un fumigène. Alors que la procureure requiert la lourde peine de 6 mois de taule, le Juge aux ordres décide carrément de multiplier par deux ces réquisitions déjà iniques. Il prononce 1 an de prison ferme pour Enguerrand. Avec mandat de dépôt.
Les flics, évidemment présents en nombre, arborent un sourire satisfait.
La foule se met à crier de colère, à insulter les juges, la Justice. La salle est évacuée par des policiers nerveux alors que la copine et le bébé d'Enguerrand sont empêché-e-s de lui glisser un dernier mot, une dernière caresse, avant qu'il ne soit transféré.

Jeudi 3 avril 2014, un comité de soutien à Enguerrand est né, créé par sa famille, ses ami-e-s et ses camarades. Nous voulons apporter notre soutien moral et matériel à Enguerrand et à ses proches, particulièrement à sa compagne et à sa fille âgée d'un an, ainsi qu'à tous ceux et toutes celles qui sont et seront inquiété-e-s pour avoir manifesté leur détermination contre l'aéroport et son monde le 22 février 2014.

Pour toutes les personnes qui souhaitent apporter leur soutien à Enguerrand, vous pouvez écrire au :
Comité de soutien aux inculpés (Pour Enguerrand) Le Gué 44220 Couëron et soutien.enguerrand@riseup.net

Nous créerons très prochainement un compte bancaire, pour ceux et celles qui veulent et peuvent apporter un soutien financier à Enguerrand et sa famille.
Des initiatives vous seront bientôt annoncées.
Nous vous invitons à partager un maximum ce texte.

Pas de justice, pas de paix ! solidarité avec les inculpé-e-s !
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Messagede Nico37 » 05 Avr 2014, 12:50

Le directeur de cabinet du préfet quitte Nantes pour Grenoble 30/03

Sa connaissance du dossier Notre-Dame-des-Landes, notamment, et sa capacité à mouiller la chemise en allant sur le terrain en dépit des tensions expliquent sans doute la durée de sa mission à Nantes.

Le décret de sa nomination est paru samedi au journal officiel. Patrick Lapouze était sous-préfet et directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique depuis février 2009, après avoir été sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de l'Allier.

Celui qui avait commencé en qualité de technicien à la DCN quittera Nantes avant la fin du mois pour prendre le poste de secrétaire général de l'Isère.

Il sera remplacé par Laurent Buchaillat, qui occupait jusqu'ici les fonctions d'adjoint au sous-directeur de l'administration territoriale, au ministère de l'Intérieur.
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Messagede Nico37 » 07 Avr 2014, 02:49

Valls aurait promis "à demi-mots" aux Verts "la fin de NDDL" avec AFP 05/04

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les verts (EELV), Emmanuelle Cosse, a assuré samedi que son parti "reviendra(it )un jour au gouvernement" car "la France a besoin d'écologie", devant le conseil fédéral du parti réuni à Paris.
La patronne des écologistes a estimé que la décision de partir du gouvernement avait été "difficile" mais "courageuse", soulignant que la responsabilité en incombait au chef de l'Etat : "Nous appelions de nos voeux depuis longtemps un changement de cap. L'intervention du président de la République lundi dernier a montré qu'il n'avait pas eu lieu".
Selon elle, EELV a aussi décidé de sortir "malgré des propositions solides qui nous ont été faites" par le nouveau Premier ministre.
Manuel Valls "nous a fait une proposition simple : diriger un ministère de l'écologie, avec la tutelle sur l'énergie, afin de faire la loi sur la transition énergétique. Une loi qui acte la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique. Pas de construction d'EPR, la fermeture de réacteurs. Pas de changement de ligne sur les OGM, ni sur les gaz de schiste. Une réforme de la décentralisation pour aboutir à 10 régions, la mise en oeuvre de la proportionnelle et enfin, à demi-mots, la fin de NDDL", le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 07 Avr 2014, 15:53



Quand l'inutilité d'un tir de Flash-ball conduit à la perte d'un oeil Yves Monteil 03/04

Mais qu'est-il bien arrivé à Quentin Torselli ce 22 février 2014, place de la Petite Hollande aux alentours de 18h25 pour ainsi perdre l'usage d'un oeil ? Et que dire de la manière douteuse dont les CRS ont apprécié son évacuation par des manifestants ? Pourquoi harceler un groupe qui protège un homme au sol, gravement blessé ? La vidéo et le texte ci-dessous reviennent sur le contexte qui entoure ce tir inutile aux conséquences graves.

Rappelons que les affrontements les plus violents ont eu lieu plus tôt dans la journée à l'entrée du Cour des 50 otages et qu'à notre connaissance aucune utilisation de Flash-ball n'a été faite à ce moment-là.

En mars 2012, la dispersion de la manifestation anti-aéroport avait été courte. Les unités mobiles avaient facilement écumé les derniers récalcitrants du Cour des 50 otages qui était resté ouvert.

Contrairement à ce 22 février où les forces de l'ordre s'invitent tôt dans une manifestation avortée à cause d'un effet d'embouteillage dû à la taille trop courte du parcours, imposé par la Préfecture.

Une dispersion interminable

Cela fait des heures que depuis le boulevard Phillippot, devant le CHU, des CRS accompagnés d'unités mobiles avancent face à des manifestants majoritairement pacifistes et des "jeteurs" hétéroclites qui, sporadiquement, les harcèlent.

Par vaguelettes successives, les CRS et les unités mobiles, paradoxalement fixes ce jour-là, n'en finissent pas de repousser les manifestants jusqu'à la Place de la Petite Hollande. Après 18 heures on ne retrouve plus ou peu d'"autonomes" mais majoritairement des lanceurs de pierres d'un jour ou des "jeteurs" extérieurs à la manifestation. A leur niveau ou en retrait, des manifestants dont Quentin Torselli fait partie, qui observent et petit à petit quittent la place. Et aussi des badauds.

Une éclatante disproportion

Au moment où Quentin est touché, le container-poubelle du début de la place de la Petite Hollande est en feu. Sur la grande largeur qui va du quai de la fosse à l'allée de l'île Gloriette, les rangs sont assez clairsemés du côté manifestants. Ici et là des invectives, des doigts d'honneur, quelques jets de pierre.
Comme on le voit sur la vidéo qui accompagne ce texte, Quentin est isolé au moment du tir. Il ne représente aucun danger dans ce temps qui semble suspendu. Alors pourquoi le viser et si mal ? Car ce tir touche bien la zone interdite qu'est le visage. Quand on sait que le Lanceur de Balles de Défense (LBD) est censé être précis grâce à un système de visée efficace (Eotech), on s'interroge sur les intentions du tireur ?

Quelle est donc cette fâcheuse et sale habitude qu'ont des fonctionnaires de police de tirer alors que rien ou presque ne se passe ? Pierre Douillard, derrière les grilles du rectorat de Nantes en 2007, ne représentait pas non plus de danger. Pas plus que moi-même avec ce tir reçu au thorax le même jour que Quentin - voir mon récit ici - ou que de nombreux autres cas à travers la France.

Il semblerait que quelques policiers se prennent pour des cow-boys des temps modernes. Ces " écumeurs de manifs " issus de toutes les strates de la police ont-ils été frustrés de ne pas pouvoir trop sortir des rangs ce jour-là pour avoir la détente aussi facile, à distance ? Comment expliquer autrement ces tirs inutiles qui transforment une arme défensive en une arme offensive et mutilante ?

Une " responsabilité sans faute "

Nombreux sont ceux qui dénoncent l'usage du Lanceur De Balles (LBD) et du Flash-ball, qui n'a de " Super Pro " que le nom car il n'est pas précis, pour maintenir l'ordre. Ces armes sont en effet un réel danger quand elles tombent dans les mains de fonctionnaires zélés qui outrepassent leurs droits.

Le Défenseur des droits a beau s'agiter depuis des années, les ministres de l'intérieur successifs font l'impasse sur le sujet. Suite à des plaintes, la police, acoquinée avec la justice, s'en est jusqu'ici toujours tirée au pénal. Mais pour la première fois, fin 2013, la "responsabilité sans faute" (!) de l'Etat a été reconnue par le tribunal administratif de Paris suite à une plainte déposée par Clément Alexandre.

Trop nombreux sont les yeux qui s'éteignent par la faute de l'instinct militaire qui animent quelques-uns. Armés, ils jouissent de viser le manifestant désarmé et de l'atteindre avec la bénédiction de la hiérarchie. La hiérachie, la belle affaire.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 11 Avr 2014, 22:37

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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 12 Avr 2014, 16:35

Le tribunal nantais assomme les manifestants anti-aéroport et laisse courir la police NICOLAS DE LA CASINIÈRE 10/04

Le tribunal de Nantes a condamné très lourdement quelques personnes ayant participé à la manifestation du 22 février contre l’aéroport de Notre Dame des Landes. Jugées d’avoir été violentes, mais avec des preuves très ténues. Quant aux policiers qui ont gravement blessé des manifestants avec des flash balls, ils courent toujours.

Le 22 février dernier s’est déroulée à Nantes une grande manifestation contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Près de 40 000 personnes y avaient participé, ainsi que 520 tracteurs, mais une confrontation avec la police s’était produite. Le lendemain, la police avait annoncé la mise en place d’une cellule spéciale d’enquête d’une trentaine de fonctionnaires pour attraper ceux que les autorités désignaient comme "casseurs".

Cinq semaines plus tard, passée l’échéance politique sensible des municipales, les enquêteurs ont trouvé. À défaut des fameux « blacks blocs qui voulaient casser du policier et s’en prendre aux mobiliers urbains » stigmatisés par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, on a pris deux militants connus et deux lampistes. Si la préfecture avait annoncé le jour même huit policiers blessés, le chiffre montant à 129 « contusionnés » le lendemain, tous ont disparu des audiences de la justice.

L’urgence, cinq semaines après

Neuf arrestations ont eu lieu au petit matin du 31 mars, le lendemain même du deuxième tour des élections municipales. Mais deux personnes étaient de suite relâchées - l’une n’était pas à Nantes le jour de la manif, les preuves manquant contre le deuxième. Les gardes à vue ont été renouvelées jusqu’au transfert devant le tribunal correctionnel.

La procédure de comparution immédiate est habituellement utilisée en urgence après des flagrants délits. Là, alors que les faits remontent à plus d’un mois, elle a permis de tenir l’audience le 1er avril, dans la continuité des arrestations.

Charges retenues contre les quatre prévenus : des présumées « violences sur personne détentrice de l’autorité publique ». Mais aucun policier n’est venu témoigner avoir été atteint par un des quatre prévenus. Le reste des charges : fabrication d’un engin incendiaire (un fumigène), participation avec arme par destination (un pavé pour l’un, des cailloux ramassés pour les deux autres), dégradation (pour avoir pénétré dans une boutique de la société publique de transport en commun et pris un T-shirt, après avoir été trempé par les canons à eau de la police). Cette récupération d’un T-shirt sec a été qualifiée de « graves exactions » par le juge à l’audience.

Pastilles et bagdes

Philippe, 53 ans, intermittent du spectacle, casier judiciaire vierge, militant de longue date à la CGT et au DAL (Droit au logement), un des quatre dans le box, a bien reconnu avoir fait « retour à l’envoyeur » des « pastilles lacrymogènes ». Mais il souligne : « Il n ’y a aucun lien entre tous les quatre. Alors pourquoi faire un lot, plus d’un mois après ? »

On l’accuse avec trois clichés, captures d’écran d’un film pris au cœur des nuages lacrymogènes par la télévision locale TV Rennes. Sur une capture d’écran, on le reconnaît debout au milieu de gens masqués qui dépavent des rails du tramway. Un autre cliché présente une personne de dos. Une autre image montre une personne non identifiable mais de gabarit similaire. Des badges sur un blouson sombre. Éléments clef de la perquisition, ces « trois badges que tout le monde peut avoir et que les policiers ont reposé en groupe sur un blouson saisi dans la perquisition » pour recouper avec l’image dans la manif.

Fumigène ou engin incendiaire

« La justice était apparemment plutôt contente d’avoir quelques militants investis, plus idéologiquement conformes, qu’on retrouve régulièrement dans des manifs, que les pékins moyens arrêtés le jour même et traduits aussi en comparution immédiate », explique Me Stéphane Vallée, avocat d’Enguerrand, le militant de 22 ans, sans emploi, qui a été condamné à un an ferme. Il a reconnu « quelques pierres et trois fumigènes dans une période de dix minutes, mais contre le mur anti-émeute, pas sur des personnes » explique sa compagne.

Des traces de son ADN sont retrouvés sur un fumigène trouvé par delà des hautes grilles anti-émeutes barrant la rue fixées au devant des camions de police. S’il a admis en garde à vue avoir fabriqué ce fumigène, quoi de répréhensible pour un produit d’artifice en vente libre, utilisé dans toutes les manifestations syndicales ?

« La justice fait une interprétation pour considérer que, comme on y met le feu pour l’allumer, ça entre dans la catégorie des engins incendiaires ou explosifs », dit Me Vallée à Reporterre, une semaine après l’audience. Son client a aussi été condamné pour violences : « Il reconnaît avoir lancé un pavé en direction des policiers, mais où sont les violences s’il n’y a pas de victimes ? Personne n’a été atteint par ce projectile dans les rangs des forces de l’ordre, on n’a aucun nom de fonctionnaire se disant victime, rien... »

Coupe de cheveux non conforme

Dans la procédure, la police reconnaît que le 22 février, dès 13 h 30, elle « sait qui va créer des troubles et peut aisément les surveiller ». Mais jamais la police ne dit savoir que les quatre traduits devant la justice appartiennent à ce groupe sous haute surveillance. D’ailleurs les quatre prévenus sont dans la manif à visage découvert. Et si la police connaît si bien les fauteurs de troubles, qu’ont fait les autorités pour les en empêcher ?, a interrogé Me Vallée à l’audience.

Le juge a ignoré les photos de son client, datées de la semaine précédant la manif, photos qui montrait l’incohérence avec le cliché de police pris dans la manif. Ou dans une autre manif... Car rien ne prouve que cette photo produite par les enquêteurs ait été prise ce jour-là.

« Photo, surtout, sur laquelle ni moi ni Enguerrand ne l’avons reconnu, dit sa compagne. Cette photo représente quelqu’un avec les cheveux longs, contrairement à Engué ! Par ailleurs, les policiers eux-mêmes, puisqu’ils détenaient mon appareil photo, auraient pu très simplement vérifier cette histoire de coupe de cheveux... si l’enquête n’avait pas été menée complètement à charge ».

Le juge lui reproche aussi d’avoir téléchargé sur l’ordinateur de sa compagne le Guide du manifestant arrêté pourtant édité par le Syndicat de la magistrature, sans non s’intéresser à la date à laquelle ce document public a été téléchargé.

Canette de bière et T-shirt

A côté de ces deux militants dont on l’impression qu’ils payent pour l’ensemble de leur engagement, les deux autres accusés sont là par hasard. « J’étais saoul, j’ai vu passer la manif avec un copain. Pour rigoler ; on a jeté des trucs aux flics » reconnaît l’un, qui s’est filmé sur son portable tout en concédant qu’il ne sait rien de ce « problème d’aéroport ». L’autre a ramassé, il est vrai dans une boutique dévastée, un T-shirt dont personne ne dit qu’il a été volé.

Mais où sont passés les Black blocks stigmatisés par les autorités ?

Disproportion avec la réalité des dégâts

Dans son réquisitoire, la substitut du procureur a reconnu que « la manifestation a été organisée pacifiquement mais a dégénéré », ce qui contredit la version du préfet qui a imputé aux organisateurs la responsabilité des incidents et de la casse d’une dizaine de boutiques.

La représentante du parquet a aussi mis en cause les demandes de la seule partie civile, la société de transports en commun de l’agglomération, qui a estimé son préjudice entre 300 et 500 000 euros, selon elle en « totale disproportion avec la réalité des dégâts ».

Cependant, quant aux qualifications de violences contre représentant de l’autorité, « peu importe le but » et qu’il n’y ait pas de victime déclarée, car selon elle, il y a « violences parce qu’il y a une grande émotion, une crainte des personnes visées ». Un artifice juridique pour maintenir la qualification de violences, en l’absence de blessure, d’arrêt de travail ou même du moindre contact physique.

Le jugement est tombé, provoquant la stupéfaction devant la lourdeur des peines. Un an ferme pour Engerrand avec mandat de dépôt immédiat et refus de s’entretenir quelques instants avec sa compagne. Quatre et cinq mois ferme pour les cailloux lancés sans atteindre quelqu’un et le T-shirt. Quatre mois avec sursis pour le militant du DAL.

Tous écopent d’un an d’interdiction de manifester à Nantes et à Notre-Dame-des-Landes. Une mesure généralement destinée aux maris violents interdits de séjour dans le département de leur victime ou pour le banditisme et le proxénétisme. La peine s’assortit d’un an d’interdiction de port d’arme. Histoire de faire croire qu’on a eu affaire à des gens dangereux.

Armes de mutilation

Ce volet judiciaire répressif occulte un autre aspect de la manifestation aujourd’hui couvert par une certaine impunité : les graves blessures infligées aux manifestants. Ils sont désormais trois blessés à l’œil par des tirs de « lanceurs de balle de défense » (LBD), un super flash ball précis à plus longue distance que le flash ball première génération.

Les pronostics médicaux sont similaires aux autres blessés au visage par ces tirs policiers dans les années passées ; la perte de la vision de l’œil atteint. Des citoyens réclament une enquête parlementaire sur l’action de la police ce jour-là, et l’interdiction de ces armes anti-émeutes, annoncées comme non létales mais qui mutilent des manifestants.

Plaintes contre la police

Quatre plaintes contre X pour « violences volontaires avec arme » ont été déposées visant les forces de l’ordre, dont une portée par un journaliste reporter d’image touché aux jambes et une autre par un photographe atteint en pleine poitrine par un tir de LBD. Ces plaintes doivent être examinée par l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale. Des vidéos attestent de ces tirs ciblant précisément ces journalistes.

Une conférence de presse se tiendra mardi 15 avril présentant ces trois cas recensés lors de la manif du 22 février. Un film apparu récemment montre les secours spontanés au chevet d’un de ces blessés à l’œil, chargés, aspergés de lacrymogène et de jet d’eau sous pression, malgré leurs reculs en prévenant qu’il portent assistance à un blessé.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 13 Avr 2014, 09:08

Le campagnol amphibie crée la surprise 12/03

Le conseil national de protection de la nature a donné un avis défavorable à la demande de dérogation en matière de destruction des espèces protégées.

À Nantes, le préfet de Région doit prendre un arrêté autorisant la destruction de spécimens d'une espèce protégée, le campagnol amphibie, sur le site de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il lui fallait l'avis du conseil national de protection de la nature (CNPN).

La haute instance consultative du ministère de l'Environnement n'a pas suivi le préfet. La demande du représentant de l'État n'a pas recueilli une seule voix favorable. C'est une surprise.

« Cela ne change rien aux échéances », dit-on à la préfecture. L'avis du CNPN est seulement consultatif. Le préfet a bien l'intention de publier l'arrêté relatif au campagnol amphibie.

Il sera aussitôt attaqué devant le tribunal administratif par les opposants au projet d'aéroport .

"Cet avis négatif du CNPN renforce le point de vue des naturalistes, renvoie à la faiblesse du dossier sur le plan environnemental, et fragilise la position de l'État et de Vinci », estime François de Beaulieu, membre du collectif des naturalistes qui ont bâti l'argumentaire contre la demande du préfet.
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