CGT

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede mimosa rouge » 10 Déc 2013, 00:13

leo 23 Juil 2009, 15:34 a écrit:Difficile d’aborder cela car les problématiques sont nombreuses et s’entrecroisent souvent.

Quelques remarques générales.

Sur le syndicalisme en général

Je crois que la tendance générale du syndicalisme à s’intégrer au capitalisme se poursuit.
En France il prend la forme d’un émiettement considérable des organisations de type confédéral (nationale) en même temps que se réduit considérablement le nombre de syndiqués et encore plus de militants syndicaux. Huit ( ! ) confédérations nationales pour moins de 8% de syndiqués !
Dans le cadre de ce processus d’intégration, la tendance est à l’affaiblissement progressif des capacités et volontés de lutte des organisations syndicales au profit de la recherche de compromis, de maintenir ou développer une structure reconnue, financée (par les aides publiques ou les dons et autres rémunérations du privé), et que la concurrence des bureaucraties entre elles ne peut qu’aviver et accélérer.

La présence du syndicalisme.
1) Là où les salariés sont les plus nombreux (les PME), le syndicalisme est globalement absent, surtout dans les petites qui sont les plus nombreuses.

2) Dans les grandes entreprises, la force et la présence des syndicats s’amenuise à mesure que se réduit le nombre et la dimension des sites de production, de travail.

3) Le dernier bastion du syndicalisme est celui du secteur d’Etat au sens large (fonctions publiques diverses – nationale, territoriale, hospitalière -, entreprises d’origine publiques en cours de privatisations.
Or ce secteur est lui-même en cours de réduction accéléré des effectifs.

Bref, pour des raisons objectives de réorganisation du salariat, le syndicalisme est en cours d’affaiblissement.

Et, n’étant pas trotskiste, je ne crois pas que cela soit une question de “direction” réformiste qu’il faudrait remplacer par une autre, plus “révolutionnaire”.

Sur la CGT

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour deviner ce qui va se passer.
Cela s’appelle recentrage, c'est-à-dire se retrouver au « centre » du jeu syndical, de cette inter-syndicale nationale que nous connaissons depuis près d’un an. Le « centre » signifiant le point d’articulation, de jonction, de compromis entre tout ce petit monde des directions syndicales. Cela suppose donc un rapprochement avec l’autre grand syndicat qui compte dans ce pays ; la CFDT. L’axe essentiel est donc CGT-CFDT. Les 6 autres confédérations suivent. Fondamentalement parce qu’elles sont d’accord et sans doute aussi car sans peu de moyens et/ou de volonté de tracer une autre voie.

Sans doute ce recentrage de la CGT provoque et va provoquer des résistances ici ou là. Je n’aime pas faire des pronostics (et j’aime bien les surprises) mais je ne vois pas de courants importants pouvant infléchir cette tendance. D’autant que, parmi les “opposants” internes dans la CGT (genre UD-Paris), on peut avoir de sérieux doute sur le fait d’y voir une opposition porteuse de transformation libertaire, de modes de luttes auto-organisés et donc de l’intérêt d’en faire des alliés !
Mais principalement, pour les raisons évoquées plus haut d’affaiblissement du syndicalisme et de sa tendance à l’intégration. Car les courants militants, ce qu’ils font, ce qu’ils sont prêts à faire (c’est aussi une question d’“imaginaire”) sont aussi le produit d’une situation, d’un contexte. Et le contexte présent n’est pas à la radicalisation. En interne, le conformisme et le patriotisme d’organisation sont déjà de puissants facteurs de normalisation. Plus globalement, le discours de la “crise” fait peur. C’est sa fonction principale. Et la peur, et la menace qu’elle contient, ont toujours mieux discipliné les populations que n’importe qu’elle autre message.

Et là, il ne faut pas se tromper d’analyse ni de période. Il n’y a pas aujourd’hui d’un côté des directions syndicales « molles » et de l’autre une base « radicale », prête à tout, à déborder, à en découdre, etc. Ici ou là, il y a bien des énervements (séquestrations, menaces de sabotages…), mais globalement les travailleurs sont sur la défensive. Car cela fait plus de 30 ans qu’ils sont sur la défensive ! Cela fait, depuis la fin des « 30 glorieuses » (vers 1977-79) que le nouveau schéma de l’expansion capitaliste (des richesses et des profits) s’est fait sous le régime d’une crise/restructuration permanente du côté des salariés (intérimaires, externalisation/sous-traitance, robotisation, management par objectifs, délocalisations, temps partiels, etc…). Par ailleurs, les grandes bagarres générales sur le salariat (les retraites) ont été perdues et aujourd’hui plus personne ne conteste l’allongement continu des années de travail et de cotisation.
Comme disait Antigone dans un autre topic les travailleurs se font virer « en chialant » après des années et des années de boîte. Sauf que certains ont 25 ans, d’autres 45, 50 ans et plus. Et qu’aujourd’hui, les “accompagnements sociaux” aux licenciements (qui étaient des “amortisseurs” dans le langage convenu) sont beaucoup moindres que dans les années 80-90, et que l’âge de la retraite s’est allongé (plus de plan sociaux avec pré-retraites à 53 ans !).

Avoir un œil sur la CGT ?
Oui, sans doute, comme sur le reste.
Et en ce qui me concerne, avec un niveau d’espérance assez faible.


ah !pour une fois ça change, c'est plutôt d'assez bonne qualité comme analyse (même si c'est du résumé) comme ça par exemple :
Mais principalement, pour les raisons évoquées plus haut d’affaiblissement du syndicalisme et de sa tendance à l’intégration. Car les courants militants, ce qu’ils font, ce qu’ils sont prêts à faire (c’est aussi une question d’“imaginaire”) sont aussi le produit d’une situation, d’un contexte.

Par contre j'en partage pas les conclusions.Ainsi je trouve que leo va pas au fond du problème tout de même et ne dit explicitement ce qu'il laisse pourtant penser : la CGT suit l'état de mobilisation et d'organisation des travailleurs (ainsi si la cgt n'est pas présente dans le salariat des petites boites, on ne peut pas dire non plus que ces travailleurs s'organisent autrement !) ... et cela parce que j'ai quoté au dessus, ne s'applique pas qu'aux militants en fait .

Dans les grandes entreprises, la force et la présence des syndicats s’amenuise à mesure que se réduit le nombre et la dimension des sites de production, de travail.
c'est bien pour ça qu'il faut pas que le niveau d'organisation politique de base se soit "l'entreprise" ! et c'est en s'organisant par entreprise que le syndicalisme en france à été intégré, institutionnalisé (contrairement a ce que peuvent raconter les mouvement gauchistes)

En interne, le conformisme et le patriotisme d’organisation sont déjà de puissants facteurs de normalisation. Plus globalement, le discours de la “crise” fait peur.

et bah ... pas du tout en fait ! il n'y a pas de normalisation, ou alors disons plutôt que la norme se serait alors une déconfédéralisation forte et toujours continue des militants et une disparition quasi complète de fonctionnement par syndicat . c'est a dire que les militants ne se représente plus comme des mandaté d’organisations de base (base au sens de base politique, les syndicats comme base politique de la confédération), mais ne se sentent plus non plus comme des militants soudé les uns aux autres (fédéralismes) par une culture de classe . repli corporatiste, localistes, affinitaires, désaffiliation .... entre les militants démoralisés, ceux qui sont aigris, ceux qui sont cyniques et ceux qui sont partis ... le mouvement syndicale est effectivement en crise (et plus qu'en "cours d'affaiblissement" a mon avis). Les militants optimistes sont devenus minoritaires. Par contre il reste encore beaucoup de militants actifs et intéressants pour redevellopper des perspectives de classe et reconstruire le mouvement ouvrier.

voilà, il me semblait interressant de compléter un peu cette analyse interressante sur la crise lente et continue du mouvement ouvrier, du mouvement syndicale de classe . (j'ai pas tout quoté mais ce dont je ne parle pas, et à ce que j'en comprend, je le partage).
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Journée de luttes du 6 février

Messagede altersocial » 13 Jan 2014, 19:05

PLUS BELLES LES LUTTES 2014

Nous engageons une nouvelle année, avec devant nous des enjeux considérables. Certes le président de la république a souhaité une bonne année à tout le monde, mais seul le patronat a eu droit aux cadeaux. Cela va tellement bien pour le MEDEF que Mr GATTAZ ne sait plus s’il doit être de droite ou socialo démocrate libéral.

Pour les prochaines échéances électorales politiques, le patronat va avoir un vrai dilemme de bulletin de vote tant le président actuel et son gouvernement lui donnent du grain à manger en lui tendant en permanence la main droite.
Pour nous, les salariés et les syndicalistes, la question ne relève pas de l’interrogation, notre avenir passe par la mobilisation.
Dans les heures qui viennent en reprenant le boulot, avec les collègues, nous mangerons encore quelques chocolats et nous nous présenterons les voeux de bonheur et de santé mais de suite nous avons à discuter préparation de la journée de luttes du 6 février. Le patronat se plaint du recul de la marge des entreprises (elle ne passe que de 32 % à 28 %) mais nous, salariés, nous n’avons plus de marge sur le pouvoir d’achat et le niveau des salaires.

Ce n’est pas l’augmentation du SMIC début 2014, des minimas sociaux et des propositions patronales lors des premières NAO qui inversent cet état de fait. D’autant que l’inflation galope et l’augmentation de la TVA va encore accentuer les difficultés. Sans attendre, relevons les défis du salaire, de l’emploi et des conditions de travail par la lutte. Sans perdre de temps, réunissons nous entre syndiqués et en AG avec les salariés pour structurer le rapport de forces dans la durée.

Ensemble pour de nouvelles conquêtes
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Infiltration frontiste la CGT

Messagede altersocial » 05 Fév 2014, 16:00

après ça :
Quenelle à Air France : la CGT condamne et va «prendre des dispositions»

on a ça :

Municipales : un militant CGT sur une liste FN à Elbeuf

«Un sondage Harris Interactive publié par «Le Monde» en avril 2013 démontre que le vote ouvrier s’oriente massivement vers le Front national. Les ouvriers se trompent-ils ? Non.» Voilà l'argument avancé par un militant CGT pour expliquer son ralliement à une liste Front national, à Elbeuf (Seine-Maritime).


Selon l'hebdomadaire local «Le Journal d'Elbeuf», Nicolas Goury, «encarté depuis de nombreuses années à l’union locale CGT», figurera sur la liste du candidat FN, Nicolas Bay lors des municipales de mars prochain. Ce dernier est une figure du parti de Marine Le Pen. Il est notamment le directeur de campagne du Front national pour ces municipales 2014.

Le militant CGT assume, expliquant auprès de l'hebdomadaire local que lorsque les ouvriers «votent pour le FN, au même titre que pour la CGT au sein de leur entreprise, c'est avant tout pour défendre leurs intérêts collectifs et sociaux».

«Totalement incompatible», juge la CGT

«Cet engagement est cohérent dans ma volonté de défendre les Elbeuviens contre la politique du PS qui ne cesse de multiplier les injustices sociales et ceci, malgré ses alliances avec les partis prétendument socialistes», justifie-t-il encore.

Pas de quoi convaincre l'Union locale CGT d’Elbeuf qui juge ce ralliement «totalement incompatible» avec un engagement syndical. «Anti-syndicat, anti-grève, le FN se trouve en opposition avec les valeurs défendues par la CGT. S’il devait un jour l’emporter au niveau national, le droit du travail serait remis en cause», dénonce le syndicat local qui envisage d'exclure son militant.

Ce cas n'est pas une première. En février 2011, le responsable du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle) avait été suspendu pour avoir accepté d'être candidat du FN aux élections cantonales.

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 31 Oct 2014, 03:24

Le gourbi de Lepaon de la CGT et la réaction de Pierre Lellouche
http://alencontre.org/europe/france/fra ... ouche.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 02 Nov 2014, 15:14

Dérive financière aristocratique à la CGT pour Thierry Lepaon logé à Vincennes

Gros scandale ces jours-ci avec la révélation du Canard Enchaîné, puis la publication intégrale du devis par les Echos (voir ICI http://www.lesechos.fr/politique-societ ... 058456.php) de la location d’un appartement de fonction de 120m2 à Vincennes pour Thierry Lepaon, 2000€ de loyer mensuel, plus 130 000 € de frais de remise en état.

Alors bien sûr on a tout vu pour profiter de l’occasion de salir notre syndicat. Les journalistes qui « oublient » soigneusement de dire qu’il s’agit d’un logement de fonction puisque le Secrétaire général habite Caen. Ou que les salaires à la confédé sont plafonnés à 2300 €. Tout a été bon pour tenter d’assimiler cette location aux turpitudes des grands patrons du CAC 40 ou aux magouilles politiciennes, style Cahuzac ou Balkany.
Du coup, on a eu droit au communiqué officiel confédéral (voir http://ahp.li/48528f7a6607a5206a58.pdf), dans la plus belle langue de bois, pour resserrer les rangs, tous unis pour défendre le secrétaire de la CGT.

Voilà pour le cinéma médiatique, de part et d’autre…
Rares ont été les petites voix qui ont fait entendre une autre musique pour parler syndicalisme de classe, à l’instar de ce plutôt bon commentaire trouvé sur Bellaciao (ICI http://bellaciao.org/fr/spip.php?articl ... orum522102)

Alors, résumons les (vraies) questions qui fâchent :

• Un appartement de fonction (ce que nous ne contestons pas), c’est en plus de la résidence habituelle. C’est « fonctionnel », modeste, utilitaire, quoique personnalisé, parce que vivre toute la semaine à l’hôtel ou au dernier étage du siège de Montreuil ça devient insupportable, ça on peut le comprendre. Donc, si la Conf" demande, nous on trouve à Thierry Lepaon un trois pièces agréable à Montreuil, pas très loin (jogging pour venir à pied) pour en gros 1200 €. Le scandale c’est les 120m2 à Vincennes, face au bois, commune hyper bourgeoise – et oui, c’est pas Aubervilliers ou Clichy. De ce point de vue, 2000 € de loyer + 130 000 € de travaux, vu là où c’est situé, c’est même pas cher !!! Le problème, ce n’est pas le prix, c’est le choix d’habiter là-bas. Et c’est une question de classe, c’est clair, Lepaon va habiter chez nos exploiteurs. Comme le rappelle le commentateur ci-dessus par un lien, les non-cadres gagnent 1541 € en moyenne…

• Thierry Lepaon est un aristocrate ouvrier (voir « Mais d’où sort toute cette bureaucratie ? » http://ouvalacgt.over-blog.com/article- ... 65007.html), ouvrier homme qualifié dans des usines de femmes OS (Moulinex), où il n’a pas brillé par sa combattivité et sa radicalité. C’est un aristocrate ouvrier, qui a appris à fricoter avec les patrons, qui a été désigné au Conseil Economique et Social, qui a copiné avec Raymond Soubie, le conseiller de Sarkozy, et qui a singé ses maîtres pour « en croquer ». Et oui, quand on a perdu tous ses repères de classe, on se compromet avec les bourgeois et les politiciens, on prend goût au luxe de la bourgeoisie… L’appartement chicos à Vincennes, c’est ça. Et c’est ça que nous devons critiquer. L’aristocrate ouvrier, c’est le lieutenant ouvrier du capital, il singe ses maîtres, prend ses goûts, perd ses repères de classe, sans-dents et illettrés…

• Un appartement à Vincennes de 120m2 face au bois, c’est peut-être 4000 € de loyer. Ca veut donc dire que pour « rentabiliser » les travaux, il va falloir rester 65 mois (130 000 / (4000 – 2000)). C’est donc bien que le bougre a l’intention de faire un deuxième mandat ?

• L’affaire est sortie par le Canard Enchaîné qui a reçu le document, comme d’autres (Les Echos par exemple, qui eux sont « prudemment » restés silencieux, finalement aux Echos on aime bien la CGT réformiste…). Ce document a été diffusé par une source interne, ce qui a motivé une plainte de la Confédé… Et ben, elle est belle la CGT ! Nous voilà avec les mêmes embrouilles, les mêmes coups fourrés qu’au PS ou à l’UMP, avec des factions, des clans qui se donnent des coups de couteau dans le dos, de moins en moins de désaccords idéologiques et politiques et donc de plus en plus l’envie d’être calife à la place du calife.

• Voilà des mois que nous disons qu’en ce moment, les contradictions internes à la CGT ne reflètent pas des contradictions de classe comme le rêvent certains, mais des querelles de factions pour avoir les postes et pour en croquer (« Conférence sociale : la CGT ne doit (évidemment) pas participer ! » http://ouvalacgt.over-blog.com/2014/07/ ... ciper.html ) . Car le système politique et social français est basé sur la multiplication jusqu’à l’écœurement des institutions dites paritaires (mutuelles, formation professionnelle, conseils économiques et sociaux…) qui en plus se démultiplient avec les lois de décentralisation ! Et là, débats courtois, fauteuils confortables, défraiements copieux, bien loin de la lutte des classes on copine avec l’ennemi. C’est cela qui se développe en ce moment dans la CGT, et ce n’est que l’aboutissement de l’abandon, depuis bien longtemps, des références de classe de notre confédération. On est passé au syndicalisme « d’accompagnement conflictuel » (il faut bien se différencier de la CFDT, quelque part…), au rituel de la rodomontade qui ne fait qu’accompagner l’impuissance et le laisser faire.

• Cette dérive d’accompagnement, ces turpitudes, provoquent la colère dans nos rangs. Pourtant, la confédération sait très bien s’y prendre pour neutraliser l’opposition, en maniant la menace et le bâton. Le bâton, ce sont les exclusions, les désaffiliations, les licenciements (comme au Conseil Général du Nord, ou dans le Commerce, voir « La lutte dans la Fédération Commerce et Services » http://ouvalacgt.over-blog.com/pages/Le ... l#commerce ou ailleurs). La menace, qui marche très bien, c’est la défense de la CGT en tant que tel, « le seul instrument qui reste aux travailleurs » en ces temps difficiles. Donc on resserre les rangs, on fait front et on tait nos problèmes internes même en grinçant des dents, quitte à y revenir plus tard, c’est un peu la position de l’UD des Bouches du Rhône (voir http://ahp.li/dfcf93ddfcddb5929393.pdf). On ne peut qu’être sidéré de l’absence de prise de positions des structures dites oppositionnelles !

Le problème, c’est qu’en s’imaginant préserver la CGT telle qu’elle est, on permet sa décomposition interne dans la collaboration de classe. La seule possibilité, nous le répétons depuis l’origine, c’est de « mettre le caca sur la table », de nettoyer les écuries, et cela commence, non pas par des querelles de personnes ou de structures (Thierry Lepaon n’est qu’un symbole même pas terrible), mais par la redéfinition d’un syndicalisme de classe, par la rupture, franche, claire et nette avec le capitalisme, l’exploitation, un mode de production destructeur de l’homme et de la nature, par la reprise d’un projet révolutionnaire anticapitaliste !

SOURCE / OU VA LA CGT

http://danactu-resistance.over-blog.com ... ennes.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 29 Nov 2014, 18:10

On peut comprendre pourquoi la CGT semble plutôt muette et particulièrement en dessous de tout face aux annonces en provocations du MEDEF et du gouvernement depuis l'été, en plus de l'appartement, c'est le bureau du secrétaire général qui prend du temps, et de l'argent :
Visite : http://www.europe1.fr/economie/exclu-de ... on-2301263

Alors faut-il demander la démission du PDG de la CGT, alors que la sensibilité "lutte de classes" a du mal à construire une expression collective, et que la sensibilité droitiste et proche du PS voudraient faire de la CGT un véritable godillot comme l'est devenue la CFDT ? Et bien je pense que oui ! Parce que cette affaire est tout un symbole, et doit permettre de faire réémerger les questions sur les tenants et aboutissants du syndicalisme, et pas du paritarisme et de la collaboration de classe en "partenariat social".
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 09 Déc 2014, 01:25

Pendant que Le Paon joue à Louis XIV

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 18 Déc 2014, 03:03

A propos de la crise confédérale à la CGT

La situation de crise que connaît la CGT actuellement révèle plusieurs lignes de fractures au sein de l'organisation : fractures idéologiques, éthiques, stratégiques et de conception organisationnelles.

Les révélations successives concernant les dépenses confédérales effectuées autour de Thierry le Paon ont suscité, à juste titre, de très fortes réactions dans les syndicats CGT, au sein des équipes militantes qui mènent au quotidien l'action syndicale dans des conditions difficiles.

Comment comprendre et accepter de telles dépenses, alors que des organisations CGT peinent à assumer financièrement l'activité syndicale quotidienne, que des militantEs sont confrontéEs à la répression patronale, que l'engagement sur le terrain de beaucoup de militantEs CGT peut se faire parfois jusqu'au détriment de leur santé, que les militantEs de terrain prennent sur leurs sous personnels pour se déplacer aux instances syndicales, pour aller diffuser des tracts aux heures d'embauches, qu'ils et elles sont la cibles de sanctions financières, de procédures ciblées de licenciements ?

Les dépenses confédérales révèlent un train de vie de cadre, de patron, bien éloigné de celui de l'immense majorité des salariéEs. Les réponses apportées aux questionnements relèvent d'un mépris de classe évident, et d'une insulte à l'intelligence des militantEs et des syndiquéEs. De qui se moque t'on, quand on prétend que « de province, on ne voit guère la différence entre Vincenne, Aubervilliers et Clichy » ?

Au delà de la question financière, c'est tout le glissement du bureau confédéral vers un mépris ouvert des mandats donnés dans les instances, qui légitimement suscite la colère des militantes et des militants. Quand un Le Paon va expliquer dans un journal bourgeois qu'il n'y a pas d'opposition entre capital et travail, quand des positions publique sont tenues en contradiction avec les orientations de congrès...

La CGT à la croisée des chemins

Aujourd'hui, de plus en plus de syndiquéEs, militantEs et organisations CGT exigent la démission du secrétaire général ou sa révocation.

Cette dynamique montre un sain réveil démocratique, qui réaffirme un des mécanisme fondateur du fédéralisme et du confédéralisme syndical : le contrôle des mandats, et ce qu'il comporte de refus de la hiérarchisation du syndicalisme.

Plus globalement, ce sont deux conceptions qui s'affrontent, d'un point de vue organisationnel :

L'une, qui emprunte à la tradition syndicaliste révolutionnaire et la tradition syndicaliste libertaire, qui insiste sur le caractère collectif des organisations, sur le fait que les exécutifs ne sont pas des « directions » des syndicats mais des exécutants des orientations et stratégies définies en congrès. C'est la tradition fédéraliste, celle de la CGT des origines qui fait du syndicat et des syndiquéEs la base du fonctionnement syndical, le lieu d'impulsion de la vie syndicale, et qui lui donne un caractère d'organisation de masse et de classe.

L'autre, qui emprunte au fonctionnement hiérarchique des partis politiques, des organisations patronales, de l'organisation capitaliste de la société, la séparation dirigeants/exécutants, et qui ne voit dans les syndiquéEs qu'une « masse à maneouvrer » et à diriger. C'est la conception centraliste.

C'est cette dernière qui est à la source d'une dérive bureaucratique dans laquelle certains et certaines voient le syndicats un faire valoir pour leurs intérêts personnels (ou de ceux de leur clique, de leeur clientèle, de leur parti), plutôt qu'un outil collectif au service de la classe laborieuse. Pour cela, ils et elles utilisent les moyens syndicaux, qui devraient servir à aider à coordonner, renforcer, faire converger les luttes dans chaque industrie et sur le plan interprofessionnel, pour manoeuvrer, intriguer, et préserver leurs postes. Ils n'hésitent pas à piétiner les mandats collectifs pour servir leurs intérêts, ce qui accroît l'infléchissement de la confédération vers une ligne réformiste, de collaboration de classe.

Ils et elles profitent du fait que les militantEs qui font vivre la CGT au quotidien dans les services et les entreprises, n'ont pas de temps suffisant pour faire face à ces intrigues, peinent déjà à faire face au rouleau compresseur patronal.

Pourtant, un sursaut des syndiquéEs et militantEs syndicalistes honnêtes, attachés au caractère de classe et au caractère confédéral de la CGT est nécessaire. Car la CGT est à la croisée des chemins.

Dans cette période de crise capitaliste et de progression du fascisme, le maintien de Le Paon et de ces soutiens fédéraux et confédéraux représenterait une victoire définitive de la tendance centraliste, et l'évolution vers un centralisme réformiste de type cédétiste. Avec pour conséquence d'ouvrir plus encore un boulevard aux fascistes dans leur stratégie de conquète du pouvoir.

A l'inverse, la révocation de le Paon et ses soutiens confédéraux, si elle ne règlerait pas la totalité des problèmes de structure, de fonctionnement ou d'orientation, enverrait un signal clair de reconquète de l'organisation syndicale par les syndiquéEs.

Elle permettrait d'ouvrir un réel débat sur les structures, sur la démocratie, le fédéralisme et le confédéralisme syndical. Sur la réaffirmation du primat du mandat avec ses comptes à rendre au collectif, ou l'exécutif est au service du collectif syndical, en opposition à l'élection de type politicienne ou l'élu se comporte en souverain sur les syndicats et les syndiquéEs.

Un primat qui passe notamment par le refus des « filtres » imposés, notamment l'obligation de validation des mandatés syndicaux aux congrès confédéraux par les unions départementales, procédure utilisées pour organiser des majorités de complaisance en écartant des militantEs trop revendicatifs pourtant mandatés par les syndicats.

Un primat qui passe par la lutte pour la vie démocratique des syndicats, et le refus des pratiques visant à contourner les règles démocratiques de fonctionnement des syndicats (non prise en compte de vote)

Dans ce débat, c'est la vigueur du contrôle collectif,la rupture avec une attitude d'attentisme délégataire, qui permettra de remettre la pratique de classe au cœur de l'activité syndicale.

C'est également le renforcement des espaces interpro, notamment les UL, par les militantEs de base, qui donnera l'impulsion à un renforcement du caractère de classe de la CGT.

C'est ce qui permettra de donner une orientation concrète à des orientation de classe, qui ne se résumera pas à changer un discours réformiste par un discours de classe, mais y ajoutera un changement de la pratique et de la stratégie syndicale collective qui donnera du contenu concret à ce discours de classe.

Des syndicalistes libertaires CGT

http://tribune-syndicaliste-libertaire. ... a-cgt.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 19 Déc 2014, 10:43

Sur la crise de la CGT

Une contribution communiste-libertaire au débat

Parce que la CGT est au cœur de l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire de notre confédération ne peut se comprendre en dehors de l’histoire des confrontations idéologiques qui ont traversé la classe ouvrière. Tour à tour les conceptions libertaires, réformistes ou communistes-staliniennes en vue de l’émancipation des travailleurs y furent majoritaires. A partir de 1947 l’idéologie communiste-stalinienne a dominé quasiment sans partage. En mettant de côté la question de la FEN pour les enseignants et hormis quelques bases FO animées par une pincée de trotskystes ou d’anarchistes qui avaient rejoints la scission organisée par les socialistes, la CGT a représenté l’essentiel du syndicalisme de combat des années 47 jusqu’au milieu des années 60. Un syndicalisme de classe, c’est-à-dire un syndicalisme intransigeant et porteur d’un projet de société socialiste. Sur les méthodes de fonctionnement, les militants PCF transposaient dans la CGT un soi-disant centralisme démocratique qui ne tolérait aucun pluralisme d’opinion et pratiquait une sélection impitoyable de cadres sur la base de leur supposée discipline.

Mai 68 sera un tournant. Car si la CGT s’est renforcée pendant et après le mouvement, l’auto-limitation de la grève générale aux seules revendications immédiates et la confrontation violente avec la jeunesse révoltée creusa une fracture qui ne se refermera pas. Cabrés sur la lutte contre les « gauchistes » qui contestaient les orientations et les méthodes des communistes-staliniens*, le PCF et la CGT se coupèrent durablement d’une frange importante de militants révolutionnaires : exclusions, refus d’adhésions, interdictions d’accès aux responsabilités, violences physiques… tout est fait pour pousser ces jeunes libertaires, trotskystes, maoïstes hors de la CGT. Certains s’accrochèrent néanmoins. Mais beaucoup finiront par grossir les rangs de FO ou de la CFDT pour y construire des espaces de radicalité en compétition directe avec la CGT. Les féministes se heurtèrent au même mur aboutissant à la fermeture du mensuel Antoinette.

Les années 70 seront alors celles du soutien inconditionnel au Programme commun renforçant l’illusion réformiste parmi les travailleurs et les militants en une solution électorale à la question de l’émancipation de la classe ouvrière ; et nourrissant l’attentisme social. Cela débouchera au début des années 80 sur le soutien inconditionnel au gouvernement PS/PCF de 1981 à 1984 avec le pied sur le frein des luttes pour ne pas perturber le gouvernement d’Union de la Gauche et ne pas gêner le travail des « camarades ministres ». Dans la même décennie le soutien officiel sans faille affiché au camp soviétique malgré les informations de plus en plus claires sur les « socialisme réel » entretiendra un malaise idéologique certain qui culminera dans les débats autour du surgissement en Pologne de Solidarnosc.

La génération des militants PCF qui ont construit et dirigé la CGT sur 40 ans est alors une génération issue de la Résistance. Elle portait un espoir de révolution basée sur le renforcement et l’expansion du bloc soviétique. De ce point de vue l’histoire a tranché… Mais dans sa grande majorité cette génération était politiquement honnête. Ni Séguy ni Krasucki n’ont été salis dans leur vie personnelle. Et quand les militants PCF détournaient dans la CGT ou dans les CE des moyens syndicaux (hommes, influences et deals, argent…) ce n’était pas pour leur bien être personnel mais pour leur parti et leur vision de l’émancipation. Que cette vision fut erronée est une autre histoire. Pour bien des militants devenir permanent était un honneur qui souvent coutait une baisse de salaire et des journées de travail sans fin.

L’effondrement définitif de cette vision de l’émancipation dans les années 90, le changement de génération, l’effondrement du PCF ont laissé la CGT sans boussole politique aucune. La défaite du stalinisme laissera alors des milliers de militants orphelins, épuisés, cyniques. Et la marginalisation des révolutionnaires non-PCF depuis 68 privera la CGT des ressorts militants et politiques qui auraient permis une déstalinisation réussie ; une réorientation qui aurait sauvegardé les principes d’un syndicalisme de classe. Sur le champ de ruine idéologique et humain abandonné par le stalinisme se mettra en place la progression des idées réformistes dans la CGT et la corruption qui nous atteint. Malgré leur tout petit nombre de militants dans la CGT, les adhérents du PS et leurs alliés « huïstes » vont se retrouver sur-représentés dans l’appareil confédéral. Trop souvent les heures syndicales servent à la vie personnelle, les permanents ne viennent plus aux manifestations du samedi, l’argent des CE nourrit les restaurateurs et les vendeurs de matériels informatiques… Aux postes de grandes responsabilités des arrivistes sans talent ni principes se mènent des guerres lamentables qui ne portent même pas sur des divergences de fond mais sur le partage du magot ! Quelles sont les divergences, quels sont les enjeux des déchirements actuels au sein de la direction confédérale ? Nul ne saurait le dire tant nos dirigeants sont creux et interchangeables.

Les idéaux et les racines libertaires de la CGT sont aujourd’hui quasiment oubliés. Et pourtant dans les débats qui montent, dans les résolutions que publient nombre de syndicats, d’UD et même de fédérations, ce sont les exigences de respect du fédéralisme et de la démocratie, de contrôle et de rotation des mandats, de probité militante, de conditions matérielles des permanents, de radicalité revendicative, de projet émancipateur renouvelé qui sont mises en avant. Il devient évident qu’un retour aux sources de la CGT des premières années nourrirait utilement les débats. L’année 2015, celle des 120 ans tombe à pic !

S’il est indispensable de faire le ménage « en haut » et que le CCN de janvier prenne des dispositions transitoires et radicales pour une direction provisoire et un congrès extraordinaire rapproché, il faut aussi que les travailleurs et les syndiqués se réapproprient leurs structures, remettent sous contrôle l’activité des leurs élus, de leurs permanents, de leurs directions syndicales. La révolution culturelle indispensable à notre confédération se fera par le bas ou ne sera qu’un pauvre replâtrage qui ne tiendra que le temps d’un sursis.

Les militants de sensibilité communistes-libertaires sont aujourd’hui minoritaires dans la CGT. Ils ne cherchent pas à construire une tendance politique car ce n’est pas leur philosophie et d’ailleurs nombre d’entre eux ne sont adhérents d’aucun groupe politique. Leur seul combat est de contribuer au redressement de la CGT sur des bases de classe et de démocratie directe pour que le syndicalisme redevienne l’école des travailleurs pour une société communiste autogérée. Le pluralisme des philosophies politiques porteuses d’un projet d’émancipation anti-capitaliste figure toujours dans les statuts de la confédération. Il n’y aura pas de sursaut sans une volonté partagée des militants anti-capitalistes de toutes écoles, y compris des camarades du PCF qui n’en peuvent plus de 20 ans de dérive de la confédération, de travailler tous ensemble au redressement de notre vieille maison.

Jean-Yves Lesage, responsable du Collectif Routage Ile de France, membre de la CE du Syndicat Général du Livre et de la Communication Ecrite (SGLCE-CGT). 16 décembre 2014.

*Ceux que le PCF et la presse bourgeoise appelaient alors l’extrême-gauche formaient une frange large et très variée dont les réponses pouvaient être fort différentes et bien entendu pas toujours adaptées.

http://communisteslibertairescgt.over-b ... 33251.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede abel chemoul » 02 Jan 2015, 21:03

prise de position d'ICO (Initiative communiste-ouvrière, une forme de conseillisme orientalisant)

"L’affaire Le Paon" et la bureaucratie

Camille Boudjak

14 décembre 2014

Sortie dans la presse, ce que l’on peut appeler l’affaire Le Paon touche non seulement les militantes et militants CGT, mais au-delà bien des travailleuses et des travailleurs. Plus de 100.000 euros pour rénover un appartement de fonction à Vincennes, 62.000 euros pour refaire son bureau au siège de la CGT à Montreuil et une indemnité de 30.000 euros lors de son départ de l’Union Régionale CGT de Basse-Normandie pour devenir secrétaire confédéral, ces sommes ont de quoi choquer bien des ouvriers, des chômeurs et des employés, syndiqués CGT ou non.

Bien sûr, ces sommes ne sont pas excessives par rapport à ce que se mettent dans la poche les grands patrons et politiciens. Mais qu’importe ! La direction confédérale rappelle aussi qu’avec un salaire maximum de 2.300 euros, les dirigeants permanents de la CGT ont un train de vie bien moindre que ceux des autres confédération où les salaires tournent autour de 4.000 à 5.000 euros... mais là aussi que ce soit pire ailleurs ne saurait justifier les dérives au sein de la CGT !

A propos de l’appartement, plus que les sommes engagées, ce qui est révoltant c’est aussi les justifications comme celle d’Eric Lafont, ex trésorier confédéral, qui affirme : « On n’a pas osé le loger à Aubervilliers ou à Clichy. » De tels propos, tout comme des discours depuis la direction confédérale qui expliquent qu’il serait normal qu’un secrétaire général de la confédération ait un certain standing, ont de quoi écœurer bien des militantes et des militants CGT. Combien de militants, de délégués et de syndiqués CGT vivent justement à Clichy ou à Aubervilliers ? Pour les communistes, quelqu’un qui se prétend représentant des travailleurs n’a pas à avoir un niveau de vie supérieur à celui de la moyenne des travailleurs. Le principe mis en place par la Commune de Paris pour les élus, celui d’une indemnité égale au salaire ouvrier moyen, se doit d’autant plus d’être appliqué à la tête d’une centrale ouvrière.Tous les discours sur l’importance d’un certain standing pour l’appartement ou le bureau d’un dirigeant syndical au nom d’une tâche de représentation ne devraient pas avoir cours dans le mouvement ouvrier !

L’affaire ou plutôt les affaires Le Paon montrent bien ce qu’est la bureaucratie syndicale. Une couche de permanents qui fait carrière au syndicat comme d’autres dans l’entreprise et qui à force de côtoyer plus souvent les ministres et patrons que les ouvriers et employés, finissent par adopter leurs mœurs et à vouloir singer leur train de vie. Cette bureaucratie (et cela n’est pas nouveau) finit par avoir un intérêt dans le maintien du système capitaliste, intègre ses valeurs, et en échange de quelques miettes joue un rôle de conciliation dans les luttes entre les travailleurs et le capital. Lorsqu’en février 2013, Thierry Le Paon déclarait « il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat », déclaration qui va à l’inverse de ce que pensent bien des militantes et militants, il expliquait bien cette position conciliatrice de la bureaucratie.

Mais les affaires Le Paon ne doivent en aucun cas remettre en cause la nécessité, pour les travailleurs, de s’organiser collectivement. Et surtout, ces affaires ne sauraient éclabousser la grande masse des militants et adhérents CGT. La CGT est aujourd’hui la principale organisation syndicale en France et surtout la principale organisation ouvrière et celle qui regroupe le plus grand nombre de travailleurs combatifs. Partout en France, dans les usines et les services, dans leurs boîtes et leurs localités, les militants CGT mènent quotidiennement des luttes face à la toute-puissance patronale. On ne compte pas le nombre de militantes et de militants CGT licenciés pour leur activité syndicale, harcelés pour les pousser à la démission, mis au placard dans leurs entreprises,... quant il ne sont pas déférés devant les tribunaux comme à Roanne, à Caen, au Havre, à Amiens ou ailleurs pour avoir défendu les intérêts collectifs de la classe ouvrière. Rappelons aussi qu’une étude publiée en 2010 démontre que les élus CGT touchent en moyenne 20% de salaires en moins que les non-syndiqués. Et ce sont ces militantes et ces militants qui font vivre la CGT, par leurs cotisations mais aussi et surtout par l’énergie et le temps qu’ils passent à défendre les intérêts de la classe ouvrière.

Pour ces militants ouvriers, pour tous celles et tous ceux qui payent le prix fort de leur engagement syndical, les affaires Le Paon sont vécues comme coup de poignard dans le dos. Dans le contexte actuel, il n’y a que le patronat qui sortirait renforcé si ces affaires Le Paon amenaient à démoraliser et à décourager ces militants ouvriers qui sont aujourd’hui un rempart à la toute-puissance patronale.

De nombreux syndicats, UL et même la principale fédération CGT, ont d’ores et déjà demandé la démission de Le Paon. C’est la moindre des choses. Oui, Le Paon doit démissionner. Mais cela sans aucune illusion sur ce que sera la prochaine direction confédérale. Une fois que Le Paon aura quitté la direction confédérale, les problèmes de fond, ceux de la bureaucratie syndicale, seront loin d’être réglés.

http://communisme-ouvrier.info/?L-affaire-Le-Paon-et-la
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede SchwàrzLucks » 03 Jan 2015, 01:16

Il y a une source pour l'histoire du 2300 euros max de salaire ? Ca me semble être plus une légende urbaine qu'autre chose...
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede mimosa rouge » 13 Jan 2015, 19:55

Les Echos- La direction proposée par Lepaon rejetée par le parlement de la CGT

http://www.lesechos.fr/economie-france/ ... tor=CS1-33

une précision tout de même la "direction" en langage cégétiste c'est pas le bureau, c'est la commission exécutive
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pti'Mat » 26 Jan 2015, 12:21

Crise de la CGT : les syndicats doivent se réapproprier leur Confédération.

COMMUNIQUÉ DES COMITÉS SYNDICALISTES RÉVOLUTIONNAIRES (CSR)

Depuis les premières révélations dans la presse en octobre sur la CGT, les Comités Syndicalistes Révolutionnaires ne s’étaient pas encore exprimés publiquement. Plusieurs militants syndicalistes ou politiques nous l’ont fait savoir, s’interrogeant même sur la nature de ce silence.

Nos militantes et militants ont décidé d’appliquer la méthode syndicaliste de base : par les Assemblées Générales, intervenir dans leurs propres syndicats, unions locales, unions départementales, etc. en premier lieu pour y faire ainsi appliquer la démocratie syndicale interne.

La bataille interne qui est menée a pour enjeu la réappropriation de la Confédération par ses syndicats. La priorité n’est donc pas à l’expression d’individus ou de tendances. L’action déterminante consiste à réunir les instances statutaires de chaque syndicat : assemblée générale, CE ou au minimum bureau. En pratique, le respect des statuts de la Confédération Générale du Travail, ainsi que ceux de ses syndicats, doit permettre à la confédération de se sortir de la crise.

C’est ainsi, et seulement ainsi, que les adhérents de la CGT, dont beaucoup d’entre nous sont membres, se réapproprieront leur propre Confédération. L’autonomie d’expression et d’organisation de chaque structure de la CGT est garantie par ses statuts. Cette indépendance, fondatrice de la CGT, désignée sous le terme de fédéralisme, reste l’un des piliers qui assure théoriquement le contrôle de la base sur ses représentants. Le respect de la démocratie syndicale est un autre des piliers qui a permis de faire perdurer la CGT pendant ces 120 ans, même si cela s’est fait avec des hauts et des bas. Et c’est justement cela qu’il faut redresser : l’expression d’un syndicat, l’action de ses militantes et militants doivent de nouveau se baser sur la règle du mandatement. Il est nécessaire que les syndiqués, à tous les niveaux, se réapproprient leur outil de classe en contrôlant leurs camarades mandatés pour les représenter à tous les échelons : entreprise, fédération, confédération, UL, UD, comité régional, etc. Rendant compte de leurs réunions, les mandatés éclaireront la base sur leurs mandats. Cette information suscitera des débats fraternels qui permettront de définir des positions collectives claires, en plus de préparer d’autres syndiqués à occuper les mandats.

Une telle organisation structurelle permet aussi au syndicalisme de renouer avec sa finalité : se substituer au capitalisme, et où les travailleurs, regroupés dans leur syndicat, organisés par branche et au niveau interprofessionnel, présent au niveau local comme au niveau national et international, gèrent la production et la distribution des richesses collectivement et démocratiquement.

Cohérents avec ce projet, défini par la Charte d’Amiens, adoptée lors du Congrès CGT de 1906, les Comités Syndicalistes Révolutionnaires ne peuvent concevoir un syndicalisme où les syndiqués eux-mêmes ne contrôlent pas et ne s’emparent pas pleinement de leur outil de lutte quotidienne et de libération.

Militantes et militants de la CGT, organisés dans les Comités Syndicalistes Révolutionnaires, nous appelons nos camarades à ne pas s’arrêter à la démission du secrétaire général. Des échéances sont devant nous pour imposer des règles de transparence, de moralité du mouvement ouvrier, de respect du fédéralisme et de la démocratie syndicale : sur la situation interne de la CGT, les syndicats et les unions locales doivent continuer à s’informer, à s’exprimer et à décider. C’est ainsi, par le mouvement de fond de ses propres adhérents, que la CGT regagnera la confiance qu’elle a perdu ces derniers mois, qu’elle enverra un signal fort à toutes celles et tous ceux qui subissent l’exploitation pour la rejoindre, la renforcer, l’implanter sur tous les lieux de travail et tous les quartiers, afin de préparer l’offensive pour construire une autre société.

Paris, le 22 janvier 2015.

http://syndicaliste.phpnet.org/spip.php?article546
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede bipbip » 15 Fév 2015, 04:17

CCN : 5 thèmes pour le 51° congrès

Dans son rapport au CCN de février, le nouveau secrétaire général propose 5 thèmes à retravailler dans la préparation du 51° Congrès au printemps 2016 :

"Ces 5 thèmes sont :
- Notre démarche syndicale, notre rapport aux salariés dans la construction des
revendications avec le choix que nous avons fait de rentrer par la porte du travail,
- Le processus de construction des luttes,
- Le rapport de la CGT avec les autres organisations syndicales, le politique et le
monde associatif.
- Notre place dans le syndicalisme mondial et européen,
- Notre démocratie interne : mieux articuler le rôle et le travail entre les instances
qui constituent la direction de la CGT : le CCN, la CEC et le Bureau confédéral.
Ces thèmes retenus ne sont pas le fruit du hasard mais la résultante d’un débat entre nous,
ce qui est normal.
Etre de classe et de masse, ça ne se décrète pas, ça se construit. Nous avons l’ambition de
construire un syndicalisme aux contours du salariat d’aujourd’hui ; un syndicalisme qui
articule démocratie syndicale et démocratie sociale, contestation et propositions."

Au moins le débat est-il ouvert tous azimuts. Nous avons un an pour le faire mûrir afin de redonner à la CGT un projet global de combat face à l'austérité gouvernementale et face à la rigueur patronale, combats qui n'auraient pas de sens sans l'affirmation d'une issue en rupture avec la société capitaliste. Cette rupture passe par la socialisation des moyens de production et l'auto-gestion des lieux de travail comme des lieux de vie. En quelque sorte le programme historique de la CGT !

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede bipbip » 06 Mar 2015, 12:59

2000 débats : Echos du SGLCE

Mardi 3 mars se tenait un des premiers débats promis par la direction confédérale (pas de congrès extraordinaire mais une préparation extraordinaire du 51° congrès...). Colette DUYNSLAEGER, nouvelle administratrice de la confédération et encore secrétaire de la fédération des activités postales venait donc à la rencontre d'une quarantaine de militants du Syndicat Général du Livre et de la Communication Ecrite - Le Livre en région parisienne soit 2 000 adhérents convoqués en urgence.

Après une brève introduction assez terne, la camarade Colette a écouté la litanie des reproches de syndicalistes rassemblés... par un même mécontentement !

Objectifs revendicatifs au rabais, absence d'impulsion du mouvement de 2010 pour les retraites, absence de travail pour fédérer les luttes, absence de réponse de la confédération durant le long conflit Presstalis, soumission aux calendriers de négociation du Medef, attentisme derrière la CFDT... Ou encore comme le dit un un camarade : on devait rentrer à la CES pour gauchir le syndicalisme européen et c'est la CES qui a droitisé le syndicalisme CGT.

Sur le rapport au politique, des camarades ont défendu l'inscription de la CGT dans des structures unitaires avec associations et partis pour favoriser les mobilisations quand d'autres, sans être hostiles, étaient inquiets que ces rapprochements n'aboutissent à une nouvelle forme de soumission syndicale aux échéances électorales comme on l'a déjà vécu dans les années 1970 et 1980. Mais tous étaient d'accord pour demander que la CGT soit porteuse non seulement de la défense des intérêts immédiats des salariés mais aussi porteuse d'une vision, d'un projet de transformation de la société qui rompe avec le capitalisme, un projet d'émancipation que chacun appellera à sa façon : socialisme, communisme, anarchisme, autogestion... dans le respect de la pluralité des approches.

Un camarade dit qu'il craignait un tournant à gauche qui resterait purement verbal. Et précisait : Quand Martinez évoque les 32h, il doit évoquer en même temps le mois de grève générale qui sera nécessaire pour arracher une telle revendication sinon on trompe les travailleurs.

Deux heures plus tard la camarade Colette s'éclipsait rapidement sans participer au pot fraternel mais en promettant qu'il y aurait un retour des 2 000 débats. Pour être franc, si les camarades étaient satisfaits d'avoir pu "vider leur sac", ils étaient néanmoins très dubitatifs sur la prise en compte de leur opinion.

http://communisteslibertairescgt.over-b ... sglce.html
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