un quinquennat à gauche ???

Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 07 Oct 2013, 02:37

Illusionnistes
Le tour de passe-passe sur la baisse du chomage au mois d'aout ne passe pas.
Alors évidemment c'est très mou comme réaction, mais çà cause
"Bug" du mois d'août : lettre ouverte au DG de Pôle Emploi

Dans une lettre adressée le 1er octobre au directeur général de Pôle Emploi, Monsieur Bassères, le Mouvement National des Chômeurs et Précaires exprime sa colère et son incompréhension après la «disparition » par cessation d’inscription d’un nombre important de chômeurs au mois d’août 2013. L’organisation de chômeurs demande des explications claires et précises, mais également des engagements pour que de tels erreurs ne se reproduisent plus : respect des procédures réglementaires, dématérialisation…. Les chômeurs ne doivent pas pâtir des dysfonctionnements de Pôle Emploi.

Monsieur le directeur général,

La publication du nombre des demandeurs d’emplois inscrits à Pôle Emploi au mois d’août 2013 a suscité de nombreuses interrogations. L’incrédulité et la surprise ont vite laisssé place au doute : la réalité de terrain que nous vivons, nous, associations de chômeurs, semblait diamétralement opposée aux déclarations avalisant la « baisse du chômage » tant attendue. Nous nous tournons aujourd’hui vers vous afin que toutes les incertitudes soient levées, pour tous les demandeurs d’emploi sortis des statistiques, et que toutes les précautions soient prises pour qu’une telle erreur, qui peut avoir des conséquences catastrophiques pour des milliers de personnes et leurs familles, ne se reproduise plus.

L’augmentation brutale des cessations d’inscription pour « défaut d’actualisation » au mois d’août n’a, à l’heure actuelle, pas été éclaircie. Le « bug » de votre sous-traitant SFR ne concerne qu’environ 20 000 personnes, sur les 77 000 personnes supplémentaires qui ont disparu des listes en août. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette explication.En tant qu’organisation de chômeurs et précaires, nous exprimons notre vive inquiétude quant au sort de chacune des 77 000 personnes disparues des listes en août, mais aussi de celles qui chaque mois disparaissent des listes de Pôle Emploi sans que l’on n’en connaisse précisément la raison, ni qu’on en recherche les causes, de façon à améliorer qualitativement et quantitativement le service public rendu aux demandeurs d’emploi.

Ne pouvant imaginer que votre institution ne dispose pas de données plus précises, ni des moyens financiers et humains pour les traiter, nous demandons rapidement des éclaircissements :

- Sur les causes de cette augmentation brutale des cessations d’inscription qui ne peut s’expliquer uniquement par le non-envoi de plusieurs milliers de SMS

- Sur le respect de la procédure : les cessations d’inscription ont-elles bien toutes été précédées de l’envoi d’un courrier en RAR d’ « avertissement avant cessation d’inscription » et suivies d’un courrier de « décision de cessation d’inscription » ?

- Sur le versement des allocations aux personnes malencontreusement désinscrites. Ont-elles toutes été réinscrites immédiatement et sans condition conformément à votre engagement ? Si elles percevaient l’ARE, ont-elles pu recevoir leur versement ? Comment comptez-vous identifier les personnes désinscrites pour cause de non-envoi de sms des personnes désinscrites pour d’autres raisons ? Seront-elles toutes informées de la même manière ? Verront-elles toutes leurs droits rétablis ?

- Sur la situation des personnes désinscrites : combien d’entre elles ont retrouvé un emploi ? Combien d’entre elles sont encore au chômage mais en fin de droits ? Combien d’entre elles ont simplement et malheureusement été découragées par les dysfonctionnements de Pôle Emploi et n’ont pas souhaité poursuivre leur accompagnement ?

Nous demandons des engagements forts de votre part pour le service public de l’emploi : pouvez-vous nous garantir que la dématérialisation, dont ce dernier événement prouve une fois de plus les écueils, ne sera pas menée au détriment des demandeurs d’emplois, victimes des aléas de l’informatique ou de la téléphonie ?

Ne doutant pas de votre attachement à l’amélioration de la situation des demandeurs d’emplois, et dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le directeur général, l’expression de nos salutations distinguées.

Jacques-Henri Vandaele

Président du Mouvement National des Chômeurs et Précaires
http://mncp.fr/Accueil/Nos-communiques/ ... mploi.html

Voilà, ça explique en partie, mais ça "dysfonctionne" pas à Pôle Emploi, ça fait qu'obéir aux directives qui demandent du chiffre en terme de radiations expéditives et massives. Comme ça il y a illusion. Et monsieur Jacques-Henri Vandaele qui soulève le problème ne s'en prend là qu'à un maillon, et pas aux réels responsables.
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Nyark nyark » 21 Oct 2013, 13:29

09h15 le neuf-quinze
Léonarda, et elle seule
Pour la première fois depuis le début du quinquennat, Hollande devait trancher. Trancher vraiment. Pas de synthèse possible, dans l'affaire Leonarda (1), entre Valls et les lycéens. Oui ou non, blanc ou noir.Une fois établi que la loi a été respectée, mais que la police a manqué de "discernement" (lire ici (2)le rapport de l'inspection générale de l'administration), ce qui laissait au pouvoir les deux solutions ouvertes, il fallait trancher. La famille Dibrani rentre, avec ses frusques et ses reporters dans ses valises, ou bien elle ne rentre pas. On attendait avec curiosité.
Finalement, ce sera ces deux mots : Leonarda, et elle seule. Ni le père, ni la mère, ni les frères et soeurs. Tant qu'à faire, Hollande aurait pu imaginer d'autres trouvailles géniales : la famille rentre, mais seulement une semaine sur deux. Ou bien elle revient à mi-chemin, entre Mitrovica et le Doubs, quelque part en Italie, sans doute. Ç'auraient été d'autres solutions à la Hollande. Mais non : la gamine, et elle seule. On aurait pensé à tout, sauf à ça.

En quoi cette affaire Leonarda nous transforme-t-elle ? En apprentis juges aux affaires familiales, d'abord. En membres d'un grand jury national de l'intégration, examinant paresseusement les pièces du dossier, de JT en JT. Le père, non. Qu'il a apprenne d'abord à se passer de sous-titres, on verra ensuite. Et puis franchement, ces mensonges sur sa nationalité, celle de ses enfants, sur son permis de conduire ! Pas de menteurs, dans la communauté nationale. La mère ? Opinion réservée. On l'entend peu. Pourriez-vous dire trois mots aux caméras, madame, qu'on se fasse une opinion ? Reste la gamine. Français correct. Sens de la répartie indéniable. Évidemment, beaucoup d'absentéisme. Avertissement, mais récupérable.

Mais ça va plus loin. Comment la peur nous transforme en monstres, voilà ce que révèle aussi l'affaire Léonarda. Ce Hollande, par exemple. Un tournant du quinquennat ? On verra bien. Mais un tournant dans notre rapport intime à l'élu du suffrage universel, certainement. Jusque là, un brave type. Rien à lui reprocher humainement. Incapable de trancher, c'est un fait. En matière fiscale, par exemple, ou de réforme bancaire, ou de réforme des retraites, c'est condamnable, mais compréhensible. On n'a pas découvert au lendemain de son élection que Hollande incarnait jusqu'à la moëlle le compromis social-démocrate. Et soudain, que se passe-t-il ? À force de ne pas savoir trancher, le voilà, tout tranquille, qui tranche dans la chair d'une famille. Et qui réussit cet exploit : faire passer Valls, le Valls droit dans les bottes de la loi, le Valls qui incarne sans complexe la lepénisation des esprits, faire passer Valls pour, au fond, plus humain que lui ! Ce "et elle seule" est un marqueur. Quiconque, en entendant ces mots, aura ressenti autre chose que de l'incrédulité et du dégoût, quiconque aura seulement imaginé d'analyser ce "et elle seule", comme une parole politique digne d'une analyse normale, nous restera étrangement étranger.

(1) http://www.arretsurimages.net/chronique ... nom-id6212

(2) http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Leonarda_Dibrani.pdf

Daniel Schneidermann
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 25 Oct 2013, 11:22

Immigration
Affaire Léonarda : « Manuel Valls est l’exécutant zélé des décisions de Sarkozy »

par Simon Gouin 24 octobre 2013

Richard Moyon enseignait dans un lycée professionnel, auprès de ceux que Nicolas Sarkozy appelait les « racailles », qui « pour beaucoup, sont des garçons et des filles formidables », précise-t-il. Au fil des ans, il s’est battu pour empêcher l’expulsion de lycéens sans-papiers. Jusqu’à créer le Réseau éducation sans frontières (RESF). Il livre à Basta ! son impression sur les événements récents, et dresse le bilan d’un an et demi de « hollandisme » en matière d’immigration. « Le cadre politique dans lequel le gouvernement inscrit sa politique migratoire reste le même que celui défini par Sarkozy », dénonce-t-il.


Basta ! : Comment réagissez-vous aux événements qui se sont succédé ces derniers jours ?

Richard Moyon : Heureusement que l’opinion ne reste pas indifférente aux conditions dans lesquelles ont lieu les expulsions récentes. Ces dérapages sont les conséquences inévitables des politiques en matière d’immigration qui fixent des objectifs élevés d’expulsions. Manuel Valls répète à chaque occasion qu’il fera aussi peu de régularisation et autant d’expulsions que son prédécesseur. Un discours qui ressemble à celui de Claude Guéant, et qui mène nécessairement à ces événements.

Est-ce que ce genre d’expulsions de lycéens se produit régulièrement ?

En octobre 2005, suite au scandale provoqué par les interventions de la police dans des établissements scolaires, Nicolas Sarkozy avait publié une circulaire afin d’empêcher la police d’intervenir à l’école ou dans sa périphérie, en matière d’immigration. Il y avait donc peu d’interventions. Mais depuis quelques mois, nous avons constaté au moins trois interventions. C’est arrivé à Nîmes, en fin d’année scolaire. Puis à Caen, en septembre, où des lycéens étaient sortis pour fumer, devant le lycée. Un contrôle de police a entraîné l’arrestation d’un jeune sans-papier, à qui l’on a imposé une obligation de quitter le territoire [1]. En dehors de l’école, cette fois, il y a eu le cas de Katchik Khachatryan, le premier lycéen parisien expulsé depuis 2006. Il est interpellé suite à un chapardage, dans un magasin. Puis renvoyé en Arménie le 12 octobre. Mais si on expulse un jeune qui est accusé d’avoir volé des vitamines pour la musculation, que fait-on de Jérôme Cahuzac ? Il faut savoir aussi que les mineurs ne sont pas officiellement expulsés. Ce sont les parents qu’on expulse... et les enfants suivent, pour préserver l’unité familiale !

Quand avez-vous été touché, pour la première fois, par l’expulsion du territoire d’un de vos élèves ?

C’était en 1995, dans mon lycée, à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Un élève est venu me voir et m’a dit : « Je vais être expulsé. » Son père était arrivé en France en 1972. Nous avons mobilisé le lycée, en accompagnant les jeunes manifester devant la préfecture. C’était une action éducative : on les formait à se mobiliser, à dépasser le chacun pour soi... et on leur montrait que c’était plus intelligent et plus efficace que de s’attaquer aux voitures de la police ! Les profs qui s’investissaient dans ces actions de soutien étaient ensuite très respectés.

Les menaces d’expulsions se sont renouvelées, chaque année. Nous avons cependant obtenu la régularisation des concernés. Mais en 2003, Nicolas Sarkozy fait passer une loi, qui durcit notamment les conditions du regroupement familial et la législation sur le séjour des étrangers. A partir de là, nous avons vu augmenter très sensiblement le nombre d’élèves sans-papiers. C’est pourquoi nous avons lancé l’appel « Jean Jaurès », du nom de mon lycée, à la régularisation des élèves sans papiers. En juin 2004, le Réseau Éducation sans frontières est créé lors d’une réunion à la Bourse du travail à Paris. Par la suite, près de 200 associations, dont la Ligue des droits de l’Homme, la Cimade, des syndicats d’enseignants, la FCPE, ont rejoint le réseau. Les partis de gauche, y compris le PS, le soutiennent alors officiellement.

A partir de 2005, le nombre d’expulsions de sans-papiers s’accroît...

On en dénombrait 12 000 par an sous le gouvernement Jospin (1997-2002). Elles sont trois fois plus nombreuses en 2012. Depuis, Valls a délibérément modifié la comptabilité des expulsions pour empêcher la comparaison des chiffres, tout en continuant d’affirmer à chaque occasion qu’il expulse autant que Guéant. Que ce soit vrai ou non n’est pas le problème (sauf, naturellement, pour ceux qui sont expulsés). Mais c’est l’affirmation d’une politique. Et c’est bien ce qui est dramatique.

A noter d’ailleurs, que certains, les Roumains par exemple, peuvent être expulsés plusieurs fois, en un an, puisqu’ils reviennent plusieurs jours ou semaines après. Quant à la durée de la rétention, période pendant laquelle la personne sans-papiers est emprisonnée dans une Centre de rétention administrative (CRA) en attendant son expulsion, elle a été augmentée. Auparavant, elle était de 12 jours. Si au bout de 12 jours, on n’était pas expulsé, on pouvait rentrer chez soi. Maintenant, elle est de 45 jours.

Face à cette situation, RESF s’est investi pour faire bouger les lignes. Notamment auprès des politiques.

En 2007, François Hollande, alors premier secrétaire du PS, a reçu le RESF. On l’a interpellé à propos des enfants sans-papiers. Il nous a répondu : « Puisque l’opinion a évolué, on va peut-être pouvoir suivre. » Ce qui m’a indigné : le rôle d’un dirigeant politique n’est pas de suivre l’opinion ! Autrement, l’IVG serait toujours interdite et la peine de mort appliquée ! Ce n’est que quand Martine Aubry est devenue première secrétaire que le PS a rejoint RESF.

Comment a évolué la situation depuis l’élection de François Hollande ?

Malgré quelques inflexions, le cadre politique dans lequel le gouvernement inscrit sa politique migratoire reste le même que celui définit par Sarkozy. Au nombre des rares changements, le discours sur l’immigration n’est plus celui, à la limite de la xénophobie, d’Hortefeux, Besson ou Guéant. Sauf sur les Roms où les mots et les actes de Manuel Valls n’ont rien à envier au discours de Grenoble ! Dans les faits aussi, on note quelques modifications, mais à la marge. Le nombre d’expulsions a peut-être diminué, sans que cela ne prenne une signification politique puisque le gouvernement s’en défend.

Dans les centres de rétention, suite à une circulaire signée par Manuel Valls en juillet 2012, le nombre d’enfants enfermés a baissé, passant de presque 400 enfants retenus à une vingtaine depuis l’élection de Hollande. Mais, là encore, ce gouvernement ne trouve pas le courage d’aller jusqu’au bout : le refus d’emprisonner des enfants doit être un principe. Cela doit être interdit. Point. Or, la circulaire de Manuel Valls comporte tant de circonlocutions et de conditions, qu’en définitive, seuls les enfants dont les parents sont volontaires pour être expulsés sont assurés de ne pas aller en rétention. Si Robert Badinter avait aboli la peine de mort de cette façon, la guillotine fonctionnerait toujours actuellement !

Quelles sont les conséquences politiques de ces discours ?

Manuel Valls répète à longueur de temps qu’il applique les lois, les textes, les procédures… Tout le problème est que ces lois et ces procédures sont celles mises en place par dix ans de Sarkozysme ! En définitive, Manuel Valls est l’exécutant zélé des décisions de Sarkozy ! Politiquement, c’est une façon de valider ce qui a été fait avant. Cela ancre dans l’opinion l’idée que même si les discours changent – et, de fait le discours du gouvernement actuel sur l’immigration n’est plus celui de ses prédécesseurs – dans les faits, la politique, les lois et les objectifs restent les mêmes. Autrement dit, cela renforce l’idée qu’il n’y a qu’une seule politique possible en matière d’immigration : celle mise en place par Nicolas Sarkozy, qui est la même que celle de François Hollande.

C’est enfin une façon d’injurier l’avenir et de cautionner par avance les pires mesures de la « droite pain au chocolat » quand elle reviendra au pouvoir. Pendant des années, la droite a utilisé, en la tronquant, la phrase de Michel Rocard sur la France qui ne peut pas accueillir toute la misère du monde. A l’avenir, on n’a pas fini d’entendre : « Comme le disait justement Manuel Valls, le regroupement familial n’est pas un tabou » ou encore « Comme le disait très justement Manuel Valls, la population Rom refuse l’intégration. »

Les mobilisations actuelles vous donnent-elles espoir ?

Oui, c’est profondément encourageant de voir ces milliers de lycéens dans la rue. Les jeunes sont choqués qu’un élève de leur âge subisse cela. Heureusement que de telles situations soulèvent l’émotion. Actuellement, des mobilisations de parents, d’enseignants, d’élèves, s’opposent aux expulsions ! Pour ne prendre qu’un exemple, à Albertville (Savoie), une famille géorgienne avec deux fillettes de 11 et 5 ans, qui devait être expulsée, est hébergée et protégée de la police française par trois familles. Tika, l’aînée, est chez une copine de classe, Ana et sa mère chez un ancien instituteur retraité qui faisait les campagnes électorales de Claude Bartolone (actuel président de l’Assemblée nationale, ndlr) en région parisienne, le père dans une troisième famille.

Ces gestes de solidarité, des centaines, peut-être des milliers chaque année, dans tout le pays, disent qu’en dépit des campagnes démagogiques, des sondages biaisés, la population de ce pays est capable d’altruisme et de générosité dès lors qu’on lui montre ce qu’est réellement l’immigration http://www.ritimo.org/article4641.html. Bien plus en tout cas que les politiciens à la petite semaine ou à la vue basse qui s’imaginent bâtir leur carrière sur la démagogie et le flirt appuyé avec les thèses racistes de l’extrême-droite.

Propos recueillis par Simon Gouin


P.-S.
A lire « Répondre aux préjugés sur les migrations : Guide de survie », par Ritimo : http://www.ritimo.org/article4641.html

http://www.bastamag.net/article3447.html
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Marche pour la gauche libérale

Messagede altersocial » 13 Nov 2013, 13:18

Qui va marcher pour soutenir la gauche libérale et ses apprentis sorciers sécuritaires-xénophobes? Hein? :mrgreen:

:arrow: La Marche des républicains, c’est de gauche, de droite ou les deux ?

:roll:
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede DjurDjura » 21 Nov 2013, 14:23

40 000 suppressions d’emplois en 2014 : ce plan social invisible qui frappe le secteur associatif

par Nadia Djabali 18 novembre 2013




Les associations ont souffert sous la présidence Sarkozy. Vont-elles expirer avec Hollande ? 30 000 à 40 000 emplois devraient être supprimés en 2014, dans un secteur associatif qui en compte 1,8 million. Les raisons de cette gigantesque vague de licenciements : la baisse des budgets des collectivités locales, qui n’ont plus les moyens de soutenir les associations. Et la politique de l’État qui oriente ses subventions et ses appels d’offre vers les plus grosses structures, transformées en prestataires de services. Une politique jugée « aveugle et suicidaire » par nombre de représentants du secteur. Enquête.


Le 1er janvier 2014, il n’y aura plus aucun éducateur dans les rues d’Orléans, de Montargis ou de Pithiviers pour aller à la rencontre des collégiens et des ados. Le département du Loiret a annoncé cet été qu’il ne financerait plus la prévention spécialisée, jugée inefficace par ses services. L’enveloppe départementale représente 80% du budget des deux associations en charge de cette prévention : 50 éducateurs, dont 40 équivalents temps plein viendront donc gonfler les effectifs de Pôle emploi.

En Seine-Maritime, même processus. Le nombre d’éducateurs de rue est divisé par deux suite à la décision du conseil général de réduire les subventions de 6,8 millions d’euros à 3,5 millions d’euros. Cette coupe budgétaire a un impact immédiat sur les associations de prévention, financées à 90% par le département : 74 emplois supprimés sur les 140 que compte le secteur. Une rallonge de 500 000 euros du conseil général servira à solder les licenciements.

La prévention spécialisée n’est pas la seule touchée. En Isère, le Planning familial est dans une situation très difficile depuis l’annonce par le conseil général d’une diminution des subventions de 98 000 euros. Plus de la moitié des centres sont concernés, avec à la clé la fermeture du centre d’Eybens, près de Grenoble.

Un plan social invisible

On ne compte plus les associations dont les comptes virent au rouge, plombés par les mesures d’austérité. Décidées au niveau national, ces coupes dégringolent en cascade jusqu’aux finances locales. Au bout de la chaîne, des associations mettent la clé sous la porte ou se séparent de leurs permanents. « Entre 2010 et 2012, le secteur associatif a perdu 11 000 emplois alors qu’il représente aujourd’hui un emploi sur dix du secteur privé », confirme Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative.

Ce n’est que le début. L’année 2014 s’annonce très rude. « Compte tenu des 14 milliards d’économie annoncée par le gouvernement, dont 1,5 milliard de baisse de la dotation des collectivités locales, le monde associatif subira un plan social invisible de 30 000 à 40 000 emplois l’année prochaine », s’alarme Didier Minot [1], du collectif des associations citoyennes (CAC). La lutte contre le déficit public oblige les collectivités à se recentrer sur leurs compétences obligatoires au détriment des actions en faveur de la vie associative en général, de l’environnement, de l’éducation populaire, de la défense des droits, de la culture et du sport. Une restructuration économique qui demeurera invisible. Les petites associations étant majoritairement concernées, il n’y aura pas de plan social massif mais une multitude de licenciements épars, dans un secteur qui emploie 1,8 million de salariés à temps plein ou partiel, en plus des 16 millions de bénévoles actifs.

Ministre contre ministre

Créé en 2010, le CAC multiplie les actions, les rendez-vous, et recense les associations en difficulté. Un appel à mobilisation a été lancé (voir ici). Il a recueilli 7 500 signatures dont une centaine de réseaux nationaux, 200 associations régionales et départementales, et plus de 700 associations locales. Nouvelle preuve que le secteur est sinistré, les signatures continuent d’affluer.

« Il y a deux langages au sein de l’État, constate Didier Minot. Un discours de dialogue porté par Valérie Fourneyron. Et un autre discours, porté par le ministère des Finances ou par Matignon, qui tend à accroître la complexité des procédures, à considérer toujours plus les associations comme des entreprises. Et surtout à diminuer les financements associatifs. Quand on regarde sur plusieurs années, cela s’apparente à une strangulation. »

Politique « aveugle et suicidaire »

À Saumur (Maine-et-Loire), la Maison des jeunes et de la culture (MJC) s’est vue refuser une subvention de l’État de 7 000 euros. Du coup la Ville, qui subordonnait son financement à celui de l’État, refuse de mettre la main au portefeuille. Les 7 000 euros en font 15 000 de moins. Cette situation met en déséquilibre le poste de directeur qui va être supprimé. « Pour 7 000 euros, on va envoyer au chômage une personne qui coûtera bien plus cher aux comptes sociaux. Et on met en péril le fonctionnement d’une MJC », s’indigne Didier Minot. Nous sommes dans des mécanismes complètement incompréhensibles. Creuser le déficit public, alors qu’on prétend le combler, est une position aveugle et suicidaire ! »

D’où vient cette restructuration ? En juin 2008, le rapport « Pour un partenariat renouvelé entre l’État et les associations » est remis à Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. « Ce dernier propose de rompre avec la culture de la subvention et suggère que la distribution des subventions laisse désormais la place à un système de commande publique », expliquent Viviane Tchernonog et Jean-Pierre Vercamer, auteurs d’une étude sur le sujet [2]. En janvier 2010, la circulaire Fillon enfonce le clou : elle affirme que la grande majorité des activités exercées par les associations peuvent être considérées comme des « activités économiques » et entrent donc dans le champ concurrentiel. En clair, une association devient une banale entreprise, prestataire de services.

Fini le collectif, place au Social Business

Après la « modernisation » de l’État, qui s’inspire des modèles de gestion pratiqués au sein des grandes entreprises privées (et dont la révision générale des politiques publiques – RGPP – a marqué le commencement), c’est au tour des associations de devoir se convertir au modèle de gestion anglo-saxon, au « lean management » et à la performance chiffrable. « C’est l’idée selon laquelle les associations sont certes sympathiques, mais souffrent d’amateurisme, analyse le chercheur Jean-Louis Laville. Elles doivent donc moderniser leur fonctionnement en empruntant les formes de management des grandes entreprises privées. Pour être modernes, les associations doivent se convertir en ce que Mohamed Yunus a désigné comme “Social business”, c’est-à-dire des entreprises à but social fonctionnant comme des entreprises, adossées à de grands groupes privés qui vont leur permettre de gagner en performance. »

Le modèle concurrentiel introduit par les appels d’offre fait déjà de gros dégâts. Car ce sont les associations les plus grosses et les plus institutionnalisées qui raflent les marchés. La fédération Leo Lagrange, issue de l’éducation populaire, est forte de 8 000 salariés dont 3 000 équivalents temps plein. 150 millions d’euros de chiffres d’affaires, 13% de croissance en 2012, avec de plus en plus de demande de services sur la petite enfance ! « On est en train de devenir le premier opérateur de berceaux, on commence à gérer de plus en plus de crèches », déclarait fièrement Bruno Le Roux, président de Léo Lagrange, lors d’une visite de Michel Sapin, ministre du Travail, au siège de la fédération. Léo Lagrange s’est engagée à embaucher 150 emplois d’avenir sur les trois prochaines années. Bruno Le Roux est par ailleurs député PS et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale...

Économie « sociale » : les gros écrasent les petits

Avant, les dirigeants venaient du métier ou de l’association elle-même. Aujourd’hui, une partie des structures sont administrées par des gestionnaires professionnels. Elles sont munies de services très performants qui épluchent les appels d’offre publics. Leur taille leur permet de réaliser des économies d’échelle dans un contexte où la commande publique se contente souvent du moins-disant. Résultat, les petites associations locales ne font plus le poids et mettent la clé sous la porte. « Je connais une fédération de la Ligue de l’enseignement en région parisienne qui fait du marketing auprès de toutes les communes pour gagner des parts de marché sur les autres organisations d’éducation populaire. Ils ont maintenant un quasi monopole sur toute la vie scolaire », illustre Didier Minot.

Le centre social Accueil Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, en sait quelque chose. En 2012, il a perdu le suivi socioprofessionnel d’une centaine d’allocataires du RSA, qu’il assurait depuis 1996. Les critères de sélection des financeurs donnaient la part belle aux structures intervenant sur plusieurs territoires. « Ces critères ne sont pas adaptés à une petite association comme la nôtre, dont l’efficacité vient de sa proximité au quartier et de sa connaissance proche de ses habitants », déplore Christine Ledésert, directrice du centre social.

67 millions pour les associations... du ministère des Finances !

L’État préfère les grosses structures associatives. En 2011, il a consacré 1,2 milliard d’euros aux associations, par des subventions directes. Deux tiers de ces aides sont allées à seulement 342 structures (sur les 21 119 subventions répertoriées). Et 3,5% des associations subventionnées reçoivent les trois quarts de l’appui public. « De très grosses associations sont très fortement financées et une poussière de petites associations reçoivent une poussière de petites aides, qui sont néanmoins vitales pour elles », commente un observateur. D’autre part, 42% de ces financements sont destinées à des organisations para-publiques : centres de formation, établissements d’enseignement supérieur, fondations politiques, musées, grandes institutions culturelles, de la Croix-Rouge aux instituts techniques agricoles, en passant par les orchestres nationaux.

Un comble : les structures associatives les plus subventionnées en France se trouvent... au ministère des Finances ! À quelques étages sous le bureau du ministre de l’Economie Pierre Moscovici ! La cantine de Bercy est une association. Le comité des œuvres sociales du ministère est une association. Et le total des aides qui leur sont versées atteint 67 millions d’euros ! Si l’on retire le demi-milliard d’euros ainsi consacré à des organismes para-publics ou de cogestion, il reste 700 millions pour les associations, orientés en priorité vers les plus grosses, les mieux à même de répondre à un appel d’offre.

Destruction du projet associatif

De nombreux responsables d’associations sont convaincus que le système des appels d’offre détruit les projets associatifs. Avec les appels d’offre, les besoins ne sont pas définis par rapport à une situation réelle rencontrée localement, mais à partir d’un cahier des charges élaboré par le financeur, souvent en décalage avec les réalités du terrain. Exemple au nord de Paris, à la Porte Montmartre, où s’est installé un marché informel « légalisé », le Carré des biffins.

Des personnes très démunies et vivant dans une précarité extrême y vendent objets de récupération et vêtements le plus souvent récoltés dans les poubelles. La mairie de Paris a lancé en octobre 2009 un appel d’offre afin de répondre aux besoins d’insertion et d’accès aux droits de ces personnes. Mais le cahier des charges comporte une bizarrerie relevée par Pascal Nicolle, président de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme : « Ce sont les travailleurs sociaux qui font à la fois le travail de placiers, pour placer les pauvres derrière leur stand, et le travail d’accompagnement social. Certains matins, cela tourne vite à la bagarre entre les inscrits, les non inscrits et les biffins qui se remplacent. Et c’est aux éducateurs d’appeler la police. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que les biffins aient confiance en leurs travailleurs sociaux ? »

Objectifs quantitatifs contre travail de proximité

À partir du moment où il n’y a plus que des relations commerciales avec les financeurs, la relation de confiance n’existe plus. Et qu’en est-il de la relation entre les usagers et les travailleurs sociaux ? « Le suivi du travail d’insertion ne se fonde plus que sur des critères quantitatifs, regrette Bernard Masséra, membre du CAC et vice-président de l’association Accueil Goutte d’Or. Les financeurs demandent : “Vous avez envoyé combien de convocations pour que votre bénéficiaire vienne ? Ah, il n’est pas venu deux fois : vous devez le rayer. » Exit le travail de proximité et l’accompagnement social véritablement personnalisé.

« Certains allocataires du RSA que nous suivions dorment dans des voitures. On ne se contentait pas de leur envoyer une circulaire pour leur dire de venir. Quand quelqu’un ne venait pas, on se mobilisait, on prévenait les gens qui connaissaient cette personne. On se demandait aussi pourquoi cette personne n’était pas venue. Ce travail-là n’est pas possible avec une grosse structure de 1 000 salariés et un DRH qui gère ça depuis là-haut. » Dans les associations aussi, le travail réel et ses contraintes devient invisible aux yeux des managers.

Des associations dans le secteur concurrentiel

« Nous demandons au Premier ministre d’infléchir le plan de rigueur pour permettre aux collectivités de continuer à financer l’action associative » , explique Didier Minot. Le CAC estime qu’il faut sortir du champ concurrentiel un certain nombre d’activités associatives, qui ne rendent pas le même service que les entreprises privées, à l’exemple des crèches parentales, différentes d’une garde privée d’enfants. « Il faudrait en France une loi qui protège ces structures du champ de la concurrence, comme l’a fait l’Allemagne », poursuit Didier Minot. L’inverse de ce qui se passe actuellement en France.

La loi de 1901 définit l’association comme une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, de façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Cela n’implique pas l’absence d’échanges monétaires, mais interdit toute lucrativité. On trouve ainsi dans le champ associatif des compagnies de théâtre, des structures qui assurent des formations professionnelles, qui gèrent des maisons de retraite, proposent des aides à domicile ou œuvrent dans le secteur médico-social.

Intelligence collective

Autant de secteurs où elles se retrouvent désormais en concurrence avec des entreprises privées, depuis que celles-ci ont investi ces nouveaux « marchés », traditionnellement couverts par les associations, comme ceux des services à la personne. Une concurrence jugée déloyale par le privé. Les associations, y compris celles qui sont devenues des quasi entreprises, bénéficient du régime fiscal dérogatoire des organismes non lucratifs, comme la non soumission aux impôts commerciaux. Et ce, quel que soit le montant de son budget ou de leur chiffre d’affaires.

Quelle différence alors entre une association et un prestataire privé ? Entre une régie associative de quartier qui entretient des espaces verts et une entreprise de nettoyage ? « Une association va le faire avec des travailleurs en insertion, à qui elle propose des actions de formation et d’accompagnement social, précise Didier Minot. Sa finalité n’est pas le profit, sa finalité se situe dans des missions d’intérêt général reconnues, au service de la collectivité. » Fabriquer de l’intelligence collective sans forcément vendre un business plan sera-t-il encore possible dans un monde privé de ses associations ?

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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 20 Jan 2014, 02:02

Le pacte d’impunité pour le capital

Avec « le pacte de responsabilité », François Hollande poursuit la politique libérale pro-patronale dont il a toujours été porteur, comme ses prédécesseurs.

Une fois de plus, il sert les intérêts du MEDEF.

Depuis le début du quinquennat, c’est une suite de mesures économiquement inefficaces et socialement injustes : exemption pour le patronat du paiement des cotisations sociales de la branche famille (35 milliards d’euros), fausse remise à plat fiscale… Celles annoncées ce jour sont aussi dans le droit fil d’une conception libérale de la politique de l’offre, du « coût » du travail, et du partage toujours plus inégal des richesses.

Le patronat paiera moins de cotisations sociales et les salarié-es règleront la facture au travers de la baisse des dépenses publiques, donc de la dégradation de la redistribution sociale (dont la sécurité sociale) et des services publics. La réorganisation des collectivités locales aura des conséquences sociales, même si leur portée ne peut être mesurée à l’aune des annonces très floues qui sont faites.

Parler de contreparties à ces largesses (en termes d’emplois ou de salaires) est une plaisanterie. Voilà des décennies que les gouvernements successifs multiplient les exonérations de cotisations sociales pour le patronat et que le chômage ne cesse d’augmenter.

La logique financière des entreprises au détriment de l’activité économique et de l’investissement socialement et écologiquement utiles, est inhérente au système capitaliste et c’est la raison première du désastre humain, social et économique que subissent les salarié-es des grandes groupes comme des petites entreprises, les chômeurs-euses, les jeunes en formation, les retraité-es.

Le MEDEF et l’AFEP (officine des entreprises du CAC 40), n’en n’ont jamais assez. Leur objectif est de détruire tout ce qui reste de garanties et de protection sociales, de continuer à diminuer la part des richesses produites en faveur des salaires, de pouvoir licencier sans entrave comme le permet la loi mal nommée de « Sécurisation de l’emploi », de voir baisser la fiscalité des entreprises.

Le chantage du président du MEDEF, Gattaz, sur la supposée création d’un million d’emplois en contrepartie d’une baisse des cotisations sociales de 30 milliards d’euros, est une provocation.

François Hollande et son gouvernement nous plongent dans une politique récessive, refusent de s’attaquer à la question essentielle du coût du capital (dividendes, optimisation, évasion et fraude fiscales, spéculation financière, système bancaire, etc.) et s’opposent à une politique de transformation économique, sociale, écologique, en rupture avec le libéralisme. L’annonce du renforcement franco-allemand sur cette orientation va accentuer la politique libérale de l’Union européenne.

Le Président annonce qu’il engagera la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale dans les mois à venir. Nous appelons à la construction de mouvements sociaux d’ampleur pour exprimer plus fortement, dans les entreprises, les services et les localités, le refus de cette politique antisociale du gouvernement. Les organisations syndicales qui refusent d’accompagner la politique pro-patronale du gouvernement doivent s’unir au plan national pour construire la riposte populaire !

http://www.solidaires.org/article46966.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 03 Fév 2014, 15:05

Annonces présidentielles : Hollande propose un pacte d’amour au Medef

Lors de sa conférence de presse, le Président a proposé aux patrons un « pacte de responsabilité ». Fillon et Borloo applaudissent. Gattaz demande des précisions. Et les travailleurs vont encore payer !

François Hollande a annoncé lors de sa conférence de presse du 14 janvier un « pacte de responsabilité » : suppression des cotisations familiales contre promesses d’embauches. Les patrons se félicitent de l’annonce mais posent leurs conditions. Les 35 milliards d’allègements sont-ils bien en plus des 20 milliards prévus par le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) ? Quant aux emplois promis (jusqu’à un million !), il va sans dire qu’il ne peut pas s’agir d’engagements mais seulement d’objectifs…

De leur côté CFDT, CGT, FSU et Unsa dans une déclaration commune publiée la veille de la conférence, réclamaient « la conditionnalité des aides et exonérations fiscales aux entreprises à la mise en œuvre d’objectifs d’investissements économiques et d’investissements sociaux : création d’emplois, qualification des salariés, politiques salariales dynamiques ». Elles se préparent donc à accompagner la proposition d’Observatoire des contreparties, formulée par Hollande. Mais pas à combattre le principe même des cadeaux faits aux patrons ! Enfin, s’il n’est pas clairement établi comment seront financées ces nouvelles exonérations, le principe en est fixé : les dépenses de l’État, des collectivités territoriales, des assurances sociales et des services publics seront réduites.

Du salaire socialisé à la charité d’État

La disparition des cotisations sociales pour financer les allocations familiales accélère la destruction du pacte social issu de la Libération. Les cotisations patronales sont du salaire socialisé. Elles permettaient un complément de revenu solidaire aux familles nombreuses. À l’origine, la gestion de ces sommes se faisait paritairement entre syndicats et patrons. La fiscalisation renvoie le soutien aux familles nombreuses vers la charité d’État. Certes, Rocard avait déjà entamé le boulot puisque la CSG et divers taxes financent déjà un tiers des allocations familiales. Mais la manœuvre de Hollande enterre un principe, réduit le salaire indirect et ouvre la voix à une hausse ultérieure de la TVA ou de la CSG pour compenser le manque à gagner.

À gauche, l’hostilité est affichée, jusqu’à certains leaders de la gauche du PS. Plusieurs confédérations syndicales ont fait des déclarations condamnant ce projet. La CGT va inclure le sujet dans sa journée de mobilisation prévue pour le 6 février sur les salaires et l’emploi. Mais cette journée elle-même n’est pas sans poser problème. Malgré l’interpellation par Solidaires au plan national, la direction de la CGT ne cherche visiblement pas à élargir la mobilisation sur des bases radicales. Au contraire, elle met en avant l’unité affichée par la déclaration du 14 janvier, préparant la journée d’action de la Confédération européenne des syndicats (CES) du 4 avril. Pourtant, localement, des équipes CGT cherchent à faire du 6 février une vraie journée de combat et tendent la main aux syndicats disponibles. Les débats internes à la CGT, dévoilés sur l’enjeu de la signature de l’accord sur la formation professionnelle que la direction confédérale souhaitait signer, seront riches de rebondissements entre les tenants d’un syndicalisme de lutte et ceux qui cherchent la « modernité » du côté de l’accompagnement social.

Jean-Yves (AL 93)

http://alternativelibertaire.org/?Annon ... s-Hollande
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 05 Mar 2014, 02:31

Edito du mensuel Alternative Libertaire de mars

PS-Medef, le running gag

Dans une période où certains comiques ne font plus rire grand monde, il est bon de se retourner vers des valeurs sûres, comme nous l’a démontré cette année le président.

En lançant au mois de janvier son gag des « contreparties » du patronat en échange de son cadeau de 35 milliards, François Hollande était sûr de son coup. Mais après avoir réussi à faire rire toute la France, qui aurait pu croire que la buzz toucherait les États-Unis ? Et cela grâce au patron des patrons, Pierre Gattaz, qui entamait le 10 février une partie de ping-pong transatlantique avec Jean-Marc Ayrault (que le président Hollande avait abandonné à Paris, tandis qu’il se pavanait aux States) : «  pas de contreparties », « bien sûr que si, des contreparties », etc. Admirons au passage le haut niveau du débat politique !

Sans vouloir réduire le mérite de notre président, il est à noter que le gag des contreparties n’est pas nouveau. Il y aurait même comme un air de plagiat… à en croire Pierre Gattaz qui aurait soufflé l’idée au président. Effectivement, en 1986, c’est Gattaz père (Yvon), déjà patron des patrons, qui avait promis de créer 471.000 emplois précisément en échange de l’abrogation par le gouvernement Chirac de l’autorisation administrative de licenciement.

L’argument est admirable : « Laissez nous licencier facilement, ça va créer plein d’emplois » ! En ce temps là déjà, dans un pays qui ne comptait officiellement « que » 2,2 millions de chômeurs et de chômeuses, le coup des 471.000 emplois avait fait tordre de rire toute la France. Mais qui osera dire au gouvernement que les blagues les plus courtes sont les meilleures ?

Alternative libertaire, le 1er mars 2014

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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 29 Mar 2014, 15:05

La loi Florange vidée de sa substance, nouveau cadeau au patronat
Communiqué Solidaires Industrie
Déjà insuffisante à l’origine pour lutter efficacement contre les plans de licenciement (« PSE ») qui frappent l’industrie française et accroissent le chômage, la « loi Florange » a été totalement vidée de sa substance par le Conseil constitutionnel en date du 27 mars. Plaçant « la liberté d’entreprendre et le droit de propriété » au-dessus de l’utilité publique, le Conseil a décidé de censurer toutes les obligations liées à la reprise d’un établissement, mais aussi toutes les sanctions et indemnisations prévues en cas de non respect de cette loi. Il encourage ainsi le patronat et le monde financier à persister dans leurs stratégies néfastes, cela à un moment où le chômage repart de plus belle et où les travailleur-euse-s auraient besoin de protection. Les organisations patronales jubilent encore une fois, après toutes les concessions accordées : Loi de sécurisation de l’emploi, pacte de responsabilité...

L’Union Syndicale Solidaires Industrie dénonce vivement cette décision et appelle les travailleur-euse-s à construire la mobilisation pour contrer cette politique de profit et de casse sociale, mais aussi obtenir de nouveaux droits comme le droit de veto des comités d’entreprises contre les licenciements, revendication qu’elle porte depuis des années ou bien encore le statut du salarié.

Loin des agitations médiatiques, la question du chômage et des licenciements ne peut qu’être résolue en partageant le travail et les richesses : Soit ces revendications sont contraires à la constitution et il faut la changer, soit le conseil constitutionnel doit être démis de ses fonctions car il n’assure plus sa mission de protection des intérêts du peuple.

Paris, le 28 mars 2014

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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 31 Mar 2014, 17:24

Sarkozy en rêvait, Hollande l’a fait
Bilan de la deuxième droite à mi-parcours (1)
http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3312
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 01 Avr 2014, 14:29

La "gauche" encore en deuil. :mrgreen:

Pas de changement de cap...
. http://www.lemonde.fr/politique/article ... 23448.html

vidéo
Représentante de l'aile gauche du Parti socialiste, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann explique ne pas comprendre la décision prise par François Hollande de nommer Manuel Valls à la tête du gouvernement, lundi 31 mars. « On prend l'homme le plus à droite, celui qui a fait 5 % aux primaires, qui est contre les 35 heures et pour la TVA sociale pour répondre au peuple de gauche, qui lui-même n'est pas au rendez-vous des municipales parce qu'il est en désaccord avec tout une série de choix qui sont faits », a-t-elle déclaré.



Au moins les choses sont claires, et plus personne n'a de toute manière d'illusion vis à vis du P"S".
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 10 Avr 2014, 12:56

Manuel Valls, nouveau capitaine de l’austérité
http://www.politis.fr/Manuel-Valls-nouv ... 26501.html

Communiqué Solidaires
Valls, la vérité si je mens !

Au-delà des appels grandiloquents à la confiance, à la justice sociale, à la vitalité de la jeunesse, à la grandeur de la France, la déclaration de politique générale du Premier ministre Manuel Valls confirme la brutalité des orientations libérales de ce gouvernement.

L’essentiel se résume en un transfert du financement des baisses de cotisations patronales et de la fiscalité des entreprises sur les salarié-es, les chômeurs-euses, les retraité-es, sans aucune obligation sociale contraignante pour celles-ci ni pour les détenteurs de capitaux. Ce n’est pas la baisse des cotisations salariales des salarié-es au SMIC qui va compenser l’immense injustice sociale de la politique gouvernementale.

Ce gouvernement, comme le précédent, ne cherche pas à aller à la source même du déficit, à savoir les pertes fiscales monstrueuses résultant de la sous imposition des plus riches particuliers et des plus grosses entreprises, des cadeaux fiscaux, des exonérations sans contreparties, des facilités données à la fraude de haut vol.

Les 50 milliards d’économies sur trois ans répartis entre l ‘état, l’assurance maladie, et les collectivités territoriales, c’est moins de politiques publiques pour les plus modestes, moins de services publics, et moins de protection sociale. Ces mesures vont alimenter au final la récession économique et fragiliser encore plus les couches populaires.

Pour se faire entendre de ce gouvernement, seul le rapport de forces et la construction de mobilisations d’ampleur peuvent changer la donne. L’union syndicale Solidaires appelle à participer aux manifestations du 12 avril et du 1er mai.

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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 20 Avr 2014, 15:03

Communiqué d'Alternative Libertaire

Après les cadeaux au patronat, Valls nous fait payer la facture

A la sortie du conseil des ministres, ce mercredi 16 avril, Manuel Valls a un peu plus détaillé ce qui allait (encore !) nous tomber dessus.

L’objectif de ces nouvelles mesures d’austérité ? Financer les énormes cadeaux faits aux capitalistes à savoir :
• 20 milliards d’euros de crédit d’impôt dans le cadre du « pacte de compétitivité »
• 10 milliards d’euros dans le cadre du « pacte de responsabilité »
• 4,5 milliards d’euros correspondant à la suppression des cotisations sociales sur les bas salaires
• quelques dizaines de milliards supplémentaires pour « tenir les engagements de réduction des déficits publics », c’est-à-dire financer les spéculateurs...

Pour réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros, Manuel Valls a annoncé la couleur :
- nouvelles suppressions de postes dans la fonction publique, ce qui va encore détériorer des services publics
- « économies » sur l’assurance maladie
- gel des prestations sociales (retraite, logement, famille, invalidité)
- gel prolongé jusqu’en 2017 du point d’indice des fonctionnaires

Sans compter qu’en plus de cette austérité à visage découvert, il y a l’austérité rampante qui continue de toucher de nombreux secteurs dans lesquels les emplois pérennes sont peu à peu remplacés par des emplois précaires et où les salaires sont sans cesse tirés vers le bas. Une austérité plus discrète mais qui a des conséquences directes pour des millions de travailleurs et de travailleuses.

Le programme est clair : continuer d’étrangler le peuple pour financer l’enrichissement les patrons. Car, bizarrement, il ne viendrait pas à l’idée du gouvernement de toucher aux niches fiscales qui devraient s’élever à 80 milliards d’euros en 2014... Le gouvernement parle d’"efforts justes et équitablement répartis" mais dans quel monde peut-on considérer que des dizaines de milliards d’euros pris dans la poche des travailleur-ses, des précaires pour les redonner aux riches, constitue un effort « équitablement réparti » ?

Et pendant que le gouvernement continue de réaliser les rêves du Medef, l’extrême droite se frotte les mains et encaisse les bénéfices électoraux de la politique antisociale du Parti socialiste...

Parce que nous refusons à la fois l’appauvrissement généralisé auquel nous prépare le gouvernement et les illusions nationalistes dont veut nous bercer l’extrême droite, il est plus que jamais temps de se révolter, de s’organiser et s’unir pour engager la riposte !

Alternative libertaire, le 18 avril 2014

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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 21 Avr 2014, 02:08

Le social-libéralisme :
un oxymore mystificateur Bilan à mi-parcours de la deuxième droite (2)
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 24 Mai 2014, 17:56

Valls "rassure", le plan d'économies de 50 milliards d'euros ne touchera pas l'armée et le budget de la "défense".
http://www.lemonde.fr/international/art ... _3210.html

... çà ne touchera que la santé, le social, l'éducation, les services utiles au public
C'est ça un gouvernement de gauche. :mrgreen:
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