Krach économique en vue ?

Re: Krach économique en vue ?

Messagede willio » 13 Oct 2008, 12:10

Mouais... 1500, 2000 à tout péter.... Je pensais que c'était un peu plus quand même... Bon faut espérer que les orgas représentent une goute d'eau dans l'océan des anars. :D :confus: Non ? :gratte: :|
willio
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Pïérô » 13 Oct 2008, 12:22

moins pour la FA et plus pour AL, ces deux orgas ne sont pas loins d'avoir le même nombre d'adhérents maintenant.
à la louche kuhing n'est pas loin sur le millier adhérent à des orgas...
par contre il y a beaucoup d'inorganisés qui oeuvrent justement aussi dans les mouvement sociaux et les syndicats ( et une grande majorité des militants anars à la CNT ne sont pas, contrairement à ce que dit kuhing, organisés ailleurs), c'est ce qu'on appelle les "libertaires des mouvements sociaux".
et pour kuhing, il y a donc heureusement d'avantage de militants sur le terrain que ce qu'il annonce . :wink:
et donc heureusement que le mouvement ne se réduit pas au forum, on serait proche du suicide ou de l'estinction de l'espèce au niveau de l'anarchisme révolutionnaire... :lol:
et heureusement qu'il y a des organisations, dont certaines à la hauteurs des évenements et du travail à faire, rapporté à nos capacités militantes justement.
et évidemment si l'on arrive, grace à cet outil que peut être ce forum, à contribuer aussi à renforcer cette présence et à construire ensemble...çà serait bien...
bon, diff de tract pour la mobilisation contre edvige, je file...
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 13 Oct 2008, 14:34

qierrot a écrit:
bon, diff de tract pour la mobilisation contre edvige, je file...


c'est ça, il faut se bouger comme le fait qierrot, aller au devant des gens, les aborder sur des trucs immédiats mais très vite embrayer sur ce que les anarchistes et libertaires proposent comme réponse globale.
toutes les initiatives sont les bienvenues . pour exemple un mail que je reçois à l'instant d'Olympe du CAam , elle propose cette façon pour regrouper , pourquoi pas ? tout est bon !

Mes chers camarades, salut!
Comme je vous l'avais proposé au cours de la dernière réunion, voici un petit questionnaire que j'ai rédigé et qu'on pourrait faire circuler pour essayer de contacter des gens. C'est très simple, peut-être trop, je ne sais pas. En tout cas, je pense que cela permettrait à tout un chacun de dire l'essentiel de sa pensée en quelques phrases. Ensuite, si nous avions suffisamment de réponses, cela pourrait faire l'objet d'une réunion publique, ou au moins d'un premier café libertaire.
A vos réflexions!
Anarchie et fraternité!
Olympe

QUESTIONNAIRE


1° Tranche d’âge ; sexe ; métier ou activité principale ; prénom ou pseudonyme au choix.


2° Comment jugez-vous la situation actuelle (sociale, économique, etc) ?


3° Quel est selon vous le problème majeur qui se pose à notre époque ?


4° Quel est selon vous la cause principale de ce problème ?


5° Si vous le pouviez, quelle est la première mesure que vous mettriez en œuvre ?


6° Seriez-vous prêt-e) à passer à l’action ? Et dans quel domaine ?

Contact :

www.caam.over-blog.com

ou 06 ......
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 13 Oct 2008, 17:01

Mettre de l'argent pour recapitaliser les banques à partir de caisses de l'état déclarées vides il n'y a pas si longtemps c'est fort.
Faire croire que le capital injecté va pouvoir régler le problème de fond de système et réaliser des nouveaux bénéfices c'est trés fort.
mais qui peut croire maintenant aux beaux discours aux belles promesses ?
C'est mensonge d'un coté , mensonge de l'autre ou au mieux "fuite en avant"

Parce que, économiquement, les contribuables vont-ils pouvoir payer ? Politiquement, vont-ils le vouloir ?
Qui est encore dupe ?

Alors,
Quelle autre alternative réaliste à part celle de socialiser les moyens de productions et matières premières ?
Quelle autre moyen que l'autogestion généralisée contrôlée et coordonnée directement à la base, sans un état de bureaucrates ?

Ne faut-il pas prendre maintenant les usines et les faire tourner pour les travailleurs et la collectivité ?

Travailleurs de chez Renault, vous faites bien de bloquer les portes de l'usine Sandouville comme vous le faites ce matin, mais ne faudrait-il pas faire tourner les chaines et vous partager le produit de ce que vous fabriquerez ?


Dans le Journal Libération aujourd'hui :




Un Président pondéré pour apaiser les banques. C'est un Nicolas Sarkozy d'un nouveau genre qui a présenté le plan français anti-crise financière. Calme, posé. En cette période de grosses turbulences économiques, l'homme d'Etat responsable a succédé à la bête politique agitée. Voilà pour la forme. Pour le fond, il y a un chiffre à retenir, rondelet: 360 milliards d'euros. L'Etat apporte une garantie «payante» des prêts interbancaires jusqu'à 320 milliards d'euros et consacre jusqu'à 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques qui seraient en difficulté.

Constatant que «rien ne doit être épargné pour éviter que la crise s'aggrave encore» et que «l'argent ne circule plus», le chef de l'Etat a annoncé ces deux mesures exceptionnelles, qui constituent la mise en oeuvre française du plan adopté dimanche par les 15 pays de l'Eurogroupe.

Cette garantie des prêts interbancaires «s'appliquera aux emprunts contractés avant le 31 décembre 2009 et pour une durée pouvant aller jusqu'à cinq ans, a annoncé Nicolas Sarkozy. Les créances garanties seront prioritaires par rapport à toutes les autres créances en cas de défaillance de l'établissement emprunteur».

Dans ce but, «une société sera créée», a annoncé le Président, sans en préciser les contours précis, et «les emprunts émis par cette société pour son financement seront garantis par l'Etat». Mais cela ne se fera pas «sans contreparties», a-t-il prévenu. «La garantie sera donc payante à un prix normal du marché. Elle aura pour contrepartie la signature d'une convention fixant les obligations des établissements bénéficiaires.»

Ces «obligations porteront d'abord sur l'éthique, notamment sur la question des rémunérations», pour ne pas reproduire «les dérives scandaleuses constatées ces dernières années». Une allusion aux parachutes dorés accordés aux dirigeants de grandes entreprises après leur départ.

Les obligations concerneront également «le financement des particuliers, des entreprises, des PME et des collectivités territoriales». La garantie de l'Etat doit servir à «réamorcer la pompe du crédit et non à alimenter une thésaurisation par précaution», a prévenu Nicolas Sarkozy.

Ce dispositif «ne sera accessible qu'aux établissements de crédit qui auront des fonds propres suffisants», a précisé le chef de l'Etat. Le chiffre de 320 milliards est un «maximum». «Sans doute ne sera-t-il jamais atteint», a précisé le Président. Et de préciser à l'adresse de monsieur tout le monde: il ne «s'agira pas d'un coût pour le contribuable». En l'absence de «défaillance» d'un établissement, «le contribuable sera gagnant du montant des commissions encaissées sur les garanties souscrites».


Dans ce même Libération , une interview d"un économiste :


Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Saint-Cyr et animateur du site econoclaste.org, explique que le plan de sauvetage bancaire européen va creuser la dette publique, déjà très élevée.

Recueillis par FRANÇOIS VIGNAL

Le plan de sauvetage bancaire européen est-il en mesure de freiner la crise, alors que la baisse concertée des taux d’intérêt des banques centrales la semaine dernière n’a pas eu l’effet espéré ?

Avec ce plan, on voit que l’origine du problème est identifiée. Le problème de fond, c’est qu’on a deux crises : une crise de liquidité (les banques ne peuvent pas se refinancer parce que le marché monétaire est bloqué) et une crise de solvabilité pour les banques. Sur la liquidité, on peut la traiter par une baisse des taux. Or la vraie nature de la crise c’est le problème de solvabilité. Si les marchés du crédit sont paralysés, c’est parce qu’il existe une grosse incertitude sur tous les actifs fondés sur les crédits hypothécaires. Beaucoup de ces actifs vont générer des pertes que les banques vont devoir absorber. C’est pour cela que la baisse des taux ne suffit pas, s’il n’y a pas une recapitalisation des banques en même temps. C’était d’ailleurs le problème du plan Paulson, dans sa version initiale. Maintenant, on a le soutien aux banques. Mais il reste un point d’incertitude : est-ce que les gouvernements auront les munitions pour recapitaliser les banques ?



Cet économiste qui connait bien son domaine nous explique donc que l'origine de la crise est un problème de solvabilité des banques.
Mais la question de fond est-elle l' insolvabilité des banques ou l'origine de l'insolvabilité des banques ?
Le problème de la gangrène est-il que les tissus sont infectés et entrainent une nécrose ou concerne-t-il les bactéries à l'origine de cette infection ?
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede Pïérô » 13 Oct 2008, 19:52

un autre article,
ai trouvé çà intéressant...
--------------------
Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l'université de Yale, ex-président de l'Association internationale de sociologie

"Le capitalisme touche à sa fin"

LE MONDE | 11.10.08 | 20h18 • Mis à jour le 12.10.08 | 08h03

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.
Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l'information. Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde" créée par l'Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l'accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945. En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?

Il y en a eu beaucoup dans l'histoire de l'humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d'un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l'environnement, pour les sociétés - qu'il a engendrées. Le seul bien, c'est celui qui permet d'obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.
Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d'aujourd'hui est l'effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s'effondrer l'emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C'est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s'étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.


Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?

La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d'un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l'on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d'influencer l'avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un système d'exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.
En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 14 Oct 2008, 09:05

qierrot a écrit:,


Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.
En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...


L'article est en effet intéressant.
Mais je ne crois pas que l'issue à court ou moyen terme se situe dans le déplacement d'un impérialisme hégémonique comme par exemple vers la Chine ou l'Inde.
Si la Chine arrive à vendre ses produits c'est parce que l'Europe et les états unis peuvent encore payer des articles et même des services réalisés et proposés à bas prix.
Mais qu'en sera-t-il quand les classes moyennes européennes et américaines ne pourront même plus se payer du "made in China" et, les plus aisés se satisferont-ils de produits de qualité inférieure ?
Rappelons que les nouveaux capitalistes chinois n'y vont pas avec le dos de la cuillère pour faire du profit : Un peu de colle dans le lait ça tue des nourrissons mais ça fait un lait plus blanc...
Cela pose aussi le problème d'une explosion du chômage dans les anciens pays capitalistes dominants, à cause d'un cout du travail très inférieur dans les pays dits "émergents", donc le problème politique et social qui s'en suit.
Alors l'issue positive est bien une socialisation des moyens de production associée à une autogestion à la base.
Mais l'issue négative, en absence d'un force consciente pour défendre cet objectif, peut être aussi la montée du fascisme et le retour au même scénario qu'en 1933 en Allemagne.
Hier soir j'écoutais ce qui se passe en Italie et qui donne à réfléchir : une remontée décomplexée et assez inquiétante tout de même du culte du Duce Mussolini qui se banalise même dans les kiosques à journaux.
Alors aujourd'hui suite à l'annonce de la ré injection de capitaux par les états européens pour sauver les banques et le système, la bourse remonte mais ne nous y trompons pas , ces capitaux ne peuvent en aucun cas régler le problème de fond du système dont les rouages sont bloqués .
Quand on a "serré" son moteur ce n'est pas en rajoutant de l'essence qu'il repartira.
Surtout quand l'essence est virtuelle ...
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 14 Oct 2008, 16:04

ça ne remonte pas partout. En Islande , alors que la bourse avait fermé 4 jours.
Je n'ai jamais entendu un tel pourcentage de chute de ma vie .
Dans le journal Libération aujourd'hui :

Reykjavik chute de 76% à l’ouverture !
La Bourse d'Islande, fermée depuis jeudi, a rouvert aujourd’hui ses portes sur une plongée abyssale. Cette perte correspondrait au retrait de l'indice des trois grandes banques du pays, qui ont été nationalisées. Quoiqu'il en soit, cet effondrement des cours traduit l’état catastrophique de l’économie de l’île.

Le FMI est déjà au chevet du malade. Une mission d’évaluation est actuellement sur place pour déterminer la gravité de la situation. L’Islande n’a pas encore fait de demande d’assistance financière auprès de l’organisme international.

Le pays a été très gravement touché par la crise qui a ébranlé tout le système financier et bancaire. L’Islande est passée en quelques jours du statut de nation à la réussite économique insolente, à celui d’Etat au bord de la faillite.

Si le FMI lui accorde un prêt, ce sera la première fois depuis 1976 que l’organisme finance un pays de l’ouest. Les manifestations de la population à Reykjavik forcent l’Etat à revoir ses positions concernant les offres d’aide, notamment en provenance des pays de l’Union Européenne, à laquelle l’Islande refuse toujours d’adhérer.
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede gyhelle » 15 Oct 2008, 12:38

kuhing a écrit:en gros :
FA entre 350 et 400
AL entre 200 et 250
OCL moins de 50
OSL moins de 50
CGA environ une 100 aine
No PAS : environ une 100 aine ( c'est là que je suis le moins sur)
groupes non affiliés : difficile à dire, je dirais une 100 aine
CNT ait : entre 50 et 100

CNT-f un peu + de 1000 mais on ne peut pas ajouter ça vu qu'il n'y a pas que des anars là dedans et que les anars organisés y ont une double appartenance



Quand on lit les livres d'histoire sur le mouvement ouvrier en france, en italie ou en espagne ou, avant la guerre, le mouvement anar était puissant, ça déprime. Et ça devrait faire se poser quelques questions à toutes ces orgas.
gyhelle
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 15 Oct 2008, 12:48

gyhelle a écrit:
kuhing a écrit:en gros :
FA entre 350 et 400
AL entre 200 et 250
OCL moins de 50
OSL moins de 50
CGA environ une 100 aine
No PAS : environ une 100 aine ( c'est là que je suis le moins sur)
groupes non affiliés : difficile à dire, je dirais une 100 aine
CNT ait : entre 50 et 100

CNT-f un peu + de 1000 mais on ne peut pas ajouter ça vu qu'il n'y a pas que des anars là dedans et que les anars organisés y ont une double appartenance



Quand on lit les livres d'histoire sur le mouvement ouvrier en france, en italie ou en espagne ou, avant la guerre, le mouvement anar était puissant, ça déprime. Et ça devrait faire se poser quelques questions à toutes ces orgas.


Je crois que c'est le léninisme et stalinisme qui sont responsables de ce déclin. D'abord directement avec les assassinats des opposants, et des milliers d'anarchistes mais aussi trotskystes y sont passés. Puis indirectement avec l'image + que négative qu'ils ont donné au mouvement ouvrier dans son ensemble par l'échec économique et humain consécutif de l'ex URSS , Chine et satellites.
Tout est à reconstruire.
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede gyhelle » 15 Oct 2008, 14:25

kuhing a écrit:Je crois que c'est le léninisme et stalinisme qui sont responsables de ce déclin. D'abord directement avec les assassinats des opposants, et des milliers d'anarchistes mais aussi trotskystes y sont passés. Puis indirectement avec l'image + que négative qu'ils ont donné au mouvement ouvrier dans son ensemble par l'échec économique et humain consécutif de l'ex URSS , Chine et satellites.
Tout est à reconstruire.


amha, si le "communisme" au pouvoir a joué contre l'anarchisme, c'est plus au niveau du fait qu'il a apporté une perspective concrète et relativement proche (temporellement parlant) au mouvement ouvrier [1] que par les assassinats qui en ce qui concerne les anars n'ont pas été nombreux au point de casser le mouvement.


Mais si tout ces arguments ont bien un rôle dans la chute de l'anarchisme, je pense que l'on passe à coté des explications principales, qui sont elles de la responsabilité des anars.

Prenons un exemple : une des raisons qui ont fait que le PCF soit devenu le parti majoritaire après guerre a été son role durant la résistance en tant que parti. En regard, la réponse du mouvement anarchiste français était réduite au choix personnels des individus. Il n'a pas réagi en tant que mouvement et a donc, sinon "disparu", du moins fortement diminué sa présence en tant qu'alternative puisque qu'une alternative à un système ou une organisation ne peut qu'être qu'un autre système ou organisation et pas un ensemble de choix individuels.

Pire cela à fait qu'il a été incapable d'organiser les camarades espagnols exilés en France qui étaient à la fois nombreux et combattifs. Ils se sont donc retrouvés chez les gaullistes ou les communistes, ou tous seuls.


[1] au sens ou c'est plus facile de militer pour quelque chose qui existe et qui fonctionne (ou plutot que l'on pense fonctionner) qu'à une idée qui reste somme toute abstraite.
gyhelle
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Berckman » 15 Oct 2008, 15:17

Tutafait d'accord avec Gyhelle, et je rajoutterais qu'aujourd'hui si le mouvement est si faible, c'est que, pour paraphraser nos camarades argentins de la FARJ, il a perdu son "vecteur social", qui étaient le mouvement ouvrier et le mouvement syndical...
La question, c'est "comment le retrouver" ? :)
Je crois qu'on a quelques pistes de réflexions du côté de nos camarades latino-américains...
Berckman
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 15 Oct 2008, 16:04

gyhelle a écrit:amha, si le "communisme" au pouvoir a joué contre l'anarchisme, c'est plus au niveau du fait qu'il a apporté une perspective concrète et relativement proche (temporellement parlant) au mouvement ouvrier [1] que par les assassinats qui en ce qui concerne les anars n'ont pas été nombreux au point de casser le mouvement.


On peut sans doute faire son méa culpa sur le rôle des anarchistes ou de ce qu'il en restait et dans quel état ils étaient après la seconde guerre mondiale et en tirer une leçon pour ne pas renouveler les erreurs.
Tu ne peux pas non plus sous-estimer les crimes des bolchéviks contre les anarchistes dés 21 en URSS et dont les plus connus sont ceux de Kronstadt, mais combien d'anarchistes morts aussi en Ukraine sous les balles des blancs mais aussi des rouges ?
Il y a eu le mitraillage du QG des anarchistes de Moscou par les bolcheviks, tout ceci isole , affaiblit , marginalise.
Il y a aussi ceux qui se sont fait descendre en Espagne aussi bien par les franquistes que par toujours les mêmes staliniens. Combien sont morts de la colonne Durutti ?
Ces assassinats staliniens ont été partie prenante de l'affaiblissement notable du mouvement anarchiste. être anarchiste à cette époque était encore bien moins confortable que de l'être aujourd'hui.

Image

Théatre de l'Olympia le 27 juillet 1937, Iglesias, Liarte, Frederica Montseny et Cortès (CNT FAI) dénoncent les crimes staliniens.
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede bajotierra » 15 Oct 2008, 16:34

être anarchiste à cette époque était encore bien moins confortable que de l'être aujourd'hui.


Tout a fait , et j'ajouterai qu'actuellement un boulevard s'offre pour les idées libertaires .

Quand au nombre de militants susceptibles de les porter cela importe assez peu , d'abord parecequ'ils n'en sont pas les dépositaires , et heureusement vu leur faiblesse non seulement quantitative mais aussi qualitive , et surtout parceque les idées libertaires sont les idées naturelles qui jaillissent du peuple en lutte .
bajotierra
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede kuhing » 15 Oct 2008, 16:39

bajotierra a écrit:
être anarchiste à cette époque était encore bien moins confortable que de l'être aujourd'hui.


Tout a fait , et j'ajouterai qu'actuellement un boulevard s'offre pour les idées libertaires .

Quand au nombre de militants susceptibles de les porter cela importe assez peu , d'abord parecequ'ils n'en sont pas les dépositaires , et heureusement vu leur faiblesse non seulement quantitative mais aussi qualitive , et surtout parceque les idées libertaires sont les idées naturelles qui jaillissent du peuple en lutte .


Malheureusement pas tout à fait d'accord avec ça parce que si il y a un mouvement naturel à l'auto organisation il y a aussi un mouvement réactif pour le casser (sinon ça fait longtemps qu'on aurait réglé le problème)
Le nombre de personnes qui défendent le projet libertaire est donc important.
kuhing
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede gyhelle » 15 Oct 2008, 16:44

Mon exemple était juste un exemple, il faudrait une vraie réflexion sur les raisons de l'effondrement de l'anarchisme. Chose que je suis incapable de faire.

Tu ne peux pas non plus sous-estimer les crimes des bolchéviks


Je ne sous-estime pas les crimes des bolcheviques, mais trois des pays où l'anarchisme était le plus actif étaient la france, l'italie et l'espagne, et là les crimes bolsheviques ont été limités. De même avant l'existence de l'URSS, les anars étaient pourchassés et persécutés, il en était de même pour les marxistes. Ça ne les a pas empêché de survivre et de se développer à l'époque (les 2 mouvements).


Encore une fois, je ne tiens pas à minimiser les causes "extérieures", mais il est primordial de rechercher et d'analyser les causes interne. Ne serait-ce que parce ce sont elles sur lesquelles il est possible d'agir.


Je vais prendre un autre exemple que je trouve symptomatique de la situation, même s'il n'explique rien quant aux causes. À la libération, l'anarchisme est encore vif : voilà un extrait du travail de thèse sur le journal "le libertaire" (l'ancêtre du ML) :

Le numéro 25, du 19 avril 1946, inaugure la nouvelle formule du journal. Il est tiré, comme le numéro suivant, à 100 000 exemplaires pour une vente de 55 000 exemplaires ! L’année suivante, le journal connaît un tel succès que l’administration se reprend à rêver d’une nouvelle parution quotidienne :

Notre Libertaire, malgré vents et marées est le deuxième hebdomadaire de France (...) il pourra devenir quotidien si chacun veut faire un effort pour le diffuser par la vente à la criée et en faisant un maximum d’abonnements. [2]


Même si ce communiqué fait preuve d’un optimisme exagéré, il n’en demeure pas moins vrai que le journal trône quelques temps en tête des hebdomadaires français. Le tirage se stabilise autour de 35 000 exemplaires et la vente oscille entre 15 000 et 20 000 pour un peu moins de 2 000 abonnés. Cela reste largement au dessus du niveau de 1939. Preuve du dynamisme du périodique, en 1947, à l’occasion de la grève de l’usine Renault de Boulogne Billancourt, une édition spéciale imprimée à 100 000 exemplaires sera vendue intégralement.

[...]

Cela ne dure malheureusement pas :

De juillet à novembre 1950, le rythme de publication devient bimensuel. Le tirage tombe à 20 000 exemplaires dont environ la moitié est effectivement vendue, ce qui le place à peu près au même niveau qu’en 1939. On pourrait croire que le journal a retrouvé son équilibre après la courte période d’euphorie qui a suivi la Libération. En réalité, Le Libertaire et la Fédération anarchiste sont en perte de vitesse, à la veille d’une crise qui aboutira en 1956 à l’interruption définitive de la publication.


http://libertaire.org/


Et de nos jours ? Combien de ML vendu ? Difficile d'en accuser la répression stalinienne.

être anarchiste à cette époque était encore bien moins confortable que de l'être aujourd'hui.


C'est exactement ce que je dit mine de rien. A l'époque c'était pas rose et au 19ème non plus. Pourtant l'anarchisme était un mouvement politique assez puissant dans certains pays. Et maintenant que tout compte fait la lutte politique est plus facile (depuis au moins 30 ans et même plutot depuis la libération (au moins en France)), qu'est-ce qu'il se passe ? le mouvement anar devient marginal.

C'est à mon avis les marque d'un problème dont les fondements se trouvent au coeur même du mouvement anarchiste et que des cause extérieures ne peuvent expliquer.
gyhelle
 

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