La Plate-forme

Re: La Plate-forme

Messagede Harfang » 08 Oct 2008, 17:11

The Koala Avenger a écrit:Oui je comprends mieux ta position. Je sais pas si le terme est bien avant-gardisme mais ce côté là de la plate-forme peut être critiqué.

En tous cas, même s'il n'y a pas forcément besoin d'agir tous tous ensemble, il me semble important que si je ne suis pas d'accord je ne mette pas de bâtons dans les roues des autres.


Ô combien j'accrédite. Comme je l'avais dit ailleurs, il vaut mieux parfois accompagner d'autres sur une mauvaise tactique qui aura, au moins, valeur d'apprentissage.
Harfang
 

Re: La Plate-forme

Messagede joe dalton » 08 Oct 2008, 20:45

koala a écrit:Je suis assez étonné du peu de réaction que suscite ce texte.


Perso parler des vieux mouvement fossilisé de l'anarchisme ne m'a jamais emballer,parceque j'ai l'impression qu'on ne peut pas le faire sereinement! Alors que c'est naivement qu'on aimerais émettre une critique elle se heurte a des...
mais si tu veux des réactions,je trouve que cette plateforme, elle sent pas bon! et c'est un partisan des plus vastes unions possible qui le pense!
les modèles transitoire on connait ! ils "transits" jusqu'au calendes quand les organisateurs sont si bien dans leurs pantoufles.
vive l'unité ! mais l'unité decreté avant sa realisation dans les fait...
quant à l'efficacité, penser en ses termes, elle n' a engendrer que des dérives jusqu'ici. en bref elle sanctifie trop les stratèges et la realpolitique.
joe dalton
 

Re: La Plate-forme

Messagede Berckman » 08 Oct 2008, 22:00

croquemitaine a écrit:Moi c'est plutot ça qui me hérisse le poil (enfin ça et le comportement de certains qui se réclament de la plate-forme) :
Elle propose une grille d’analyse reposant sur le matérialisme et la lutte des classes comme moteur de l’histoire. Dans une situation révolutionnaire, l’organisation anarchiste doit proposer une orientation « dans tous les domaines de la révolution sociale


Tu remplaces orga anar par Part Communiste et ... Alors certes c'est pas du marxisme léniniste 'pur sang' mais l'inspiration y ressemble. Et puis ça fait une conception plus 'clanique' et politique de la révolution que sociale et démocratique. Après dans les temps chaud de la révolution je dis pas qu'une unité des libertaires autour de grands axes ne sera pas nécessaire mais bon on y est pas.

Je ne suis pas d'accord avec cette interprétation : il y a quand même une nette nuance entre le terme utilisé "proposer" et la pratique léniniste, qui consiste à considérer que c'est le parti, comme avant-garde, qui exerce la "dictature du prolétariat", c'est à dire le monopole de la force et de l'action politique en lieu et place du prolétariat.
Je ne suis pas du tout choqué par l'idée que les organisations spécifiques anarchistes soient des "forces de propositions" dans une situations révolutionnaires, je pense même que c'est indispensable, précisément si l'on veut éviter que les autoritaires voire la réaction prennent le dessus. Proposer, ça ne veut pas dire imposer, et en dernier ressort, c'est aux outils d'auto-organisations populaires (assemblées, conseils, comités de boite, etc...) de trancher...
Bakounine par ailleurs défendait une vision reposant sur le matérialisme et la lutte des classes (dans une interprétation différente du marxisme).

La plateforme est avant tout une tentative de faire face à la situation du mouvement anarchiste après la prise de pouvoir bolchevik en russie : celle d'un mouvement affaiblit, en crise, qui enchainait les échecs. Il faut le prendre ainsi, ce qui n'empêche pas d'en soulever les failles, les limites, voire les errements.
A on sens la plateforme est beaucoup plus criticable sur 2 points :
_ Le principe d'un comité éxécutif.
_ le mythe de l'unité
Le premier est en rupture avec le fonctionnement fédéraliste libertaire et penche vers le centralisme démocratique. L'impulsion dans une orga fédéraliste doit venir des groupes et non d'un "centre".
Le second est à mon sens encore plus problématique : il repose sur le mythe de réunir en une seule et même organisation l'ensemble des anarchistes révolutionnaires et lutte de classe. Or cela n'est à mon sens ni possible, ni souhaitable.
L'unité ne se décrète pas, seule l'action peut ponctuellement la construire, autour d'enjeux concrets. Par ailleurs, il s'agit là du même travers que la synthèse : la prétention de réunir dans une seule organisation libertaire les anarchistes : pour la plateforme, sur des bases communistes libertaires (les individualistes étant considérés comme étrangers à l'anarchisme). Pour la synthèse sur la base de l'étiquette anarchiste (incluant les indiidualistes). Il n'y a ici qu'une différence de surface.
Or ni l'une ni l'autre prétention (de même que celle des "globalistes" anarchosyndicalistes et des "syndicalistes révolutionnaires") à l'unicité ne résiste au contrainte et aux réalités de la vie sociale. Il est à mon avis nettement plus intéressant de théoriser le pluralisme organisationnel, (et c'était l'une des excellentes critique de Malatesta faite à la plateforme), mais aussi la complémentarité possible de différent types d'organisations (politique, syndicale, ponctuelle -type collectif ou comité de grève- associatif, etc... C'est le principe du "dualisme organisationnel" de malatesta, qui ne présuppose pas la supériorité d'un type d'organisation sur l'autre, mais leur complémentarité.
Cela n'empêche pas de soulever l'importance d'organisationS forteS dans l'affrontement avec l'état et le patronat...
Il en est de même pour la stratégie : je pense que la complémentarité, la cohérence tactique (c'est à dire l'emploi de tactiques différentes mais non contradictoire) est un objectif important, en tout cas un point de mire permanent, issu de la discussion, de la recherche de consensus... Mais que "l'unité" sur ce point est aussi un mythe, parce que justement les réalités géographiques, militantes, sociologiques, locales, imposent un pluralisme tactique, même si la force collective qui se dégage d'une action collective est là pour montrer que le fédéralisme, comme coordination et non juxtaposition, renforce les luttes de chacun. La question effectivement c'est le point d'équilibre entre cette nécessaire souplesse tactique, et la nécessité de ne pas lancer des dynamiques contradictoires, qui ne font que s'annuler et frustrer tout le monde. Cela encore peut être en partie résolu par le pluralisme organisationnel.

Je vous renvois aux critiques de Malatesta qui sur ce point me paraissent les plus percutantes...
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Re: La Plate-forme

Messagede Pïérô » 08 Oct 2008, 22:50

je pense qu'il y a plusieurs choses dans l'approche.
D'une part une approche historique, en replaçant la plateforme et cette démarche dans le contexte historique, avec en gros deux questions importantes : l'anarchisme vaincu en Russie dans une période révolutionnaire, et la conception de l'organisation en débat à l'époque.
Et d'autre part une réflexion actuelle, sur les rapports de l'anarchisme avec le monde, dans tout ce que çà représente, sur comment s'organiser aujourd'hui, et à la lumière des echecs, comment, à partir de cette nécessité pour les anarchistes révolutionnaires et les communistes-libertaires de s'organiser spécifiquement, on peut imaginer une certaine forme d'unité de notre mouvement libertaire. Sur cette dernière question j'ai déjà exprimé un point de vue sur l'irréalisme d'envisager l'unité du mouvement libertaire dans une même et une seule organisation, et qu'il fallait penser "Mouvement Libertaire" fédérant diverses formes de structurations collectives, en respectant leur existence et leur autonomie.


j'ai retrouvé çà dans le mensuel d'AL, qui m'a semblé intéressant rapport à cette question que j'appellerais "à tiroirs"

(...)
Dépassement et persistance du débat

En 1931, le débat sur la Plate-forme semble donc enterré. Définitivement ? Pas exactement. Car la controverse ne s’est pas réduite pas aux passes d’armes entre Makhno, Archinov et Voline. Pour en saisir les ressorts profonds, il faut considérer le théâtre principal de l’affrontement : l’UAC et son hebdomadaire, Le Libertaire. Le contexte des années 1925 à 1930, qui est celui d’une forte régression des luttes et du mouvement ouvrier, était propice aux déchirements internes. Toutes les militantes et les militants les plus en vue de l’UAC se sont jetés dans la bataille. Les articles vengeurs ont succédé aux réponses cinglantes. La polémique a largement dépassé l’exégèse de la Plate-forme : elle a révélé un clivage bien plus profond, qui touchait à la nature même de l’anarchisme.

Il faut comprendre que la controverse de l’époque – qui aujourd’hui encore, dans certains pays, n’est pas épuisée – était due moins au contenu du texte lui-même, qu’à une question cyclique qui se pose à l’anarchisme : savoir s’il doit être un mouvement politique ou un milieu culturel. Ce litige était bien antérieur à la Plate-forme, mais celle-ci lui a donné son aspect définitif.

C’est sans doute la raison pour laquelle elle va connaître une longue postérité. Cette Plate-forme, qu’en 1931 tout le monde pensait enterrée, sera régulièrement exhumée par la suite. Et à chaque fois, ce sera moins pour son contenu que pour se démarquer du magma communautaire et marginaliste où l’anarchisme s’est parfois enlisé. Les jeunes communistes libertaires des FA française et italienne la redécouvriront avec ferveur en 1949-1950. Les fondateurs de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) en 1965-67. Ceux et celles de l’ORA britannique attendront 1973 pour la lire [8]. Elle sera de nouveau brandie par les jeunes organisations libertaires qui se créeront dans les deux Amériques au cours des années 1990. « Nous sommes plate-formistes ! » annonçait ainsi fièrement Rupture, le périodique francophone de la Nefac canadienne en octobre 2001.

En France le débat ne s’est apaisé que dans les années 1990. René Berthier ou Gaetano Manfredonia ont proposé des approches dépassionnées de la question [9]. La très synthésiste Fédération anarchiste (FA) s’est en réalité éloignée du catéchisme de Sébastien Faure. L’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), constituée en 1976, avait pour sa part rapidement évoluée vers un dépassement de la Plate-forme dont elle retenait davantage l’esprit que la lettre – Alternative libertaire se situe dans cette continuité.

[Guillaume Davranche (AL Paris-Sud)], dans « Alternative libertaire », décembre 2007


notes :

[8] « Anarchist communism in Britain, 1870-1991 », in Organise ! n°42 (printemps 1996).

[9] René Berthier, « À propos des 80 ans de la Révolution russe », Le Monde libertaire, 18 décembre 1997.



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PS :
et, comme je suis un peu fatigué et lent, je n'avais pas vu le post de berkman, dans lequel je partage le point de vue général.
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Re: La Plate-forme

Messagede Alayn » 09 Oct 2008, 02:40

Bonsoir ! Tout çà c'est bien beau mais AL ou d'autres orgas reste plate-formiste (les communistes-libertaires en général ; rejetant de plus les individualistes-libertaires les considérant comme des moins-que-rien...) et crachant allègrement sur la Synthèse...

On en a encore un petit exemple juste au-dessus: "le catéchisme de Sébastien Faure..." ou bien encore "la très synthésiste FA..." (mépris à peine voilé...) avec un texte très orienté ALiéniste...pro-Plate-formiste bien évidemment ! (arf !)

Le seul fait curieux, c'est qu'Errico Malatesta ne subit (pour l'instant...) aucune foudre... (encore heureux, oserais-je dire...) de personne. Pourtant, il était 1 des meilleurs critiques de cette fameuse Plate-forme. Mais c'est vrai que s'attaquer à Errico Malatesta, faut avoir quelques billes...

Je présenterai ici quand j'aurais un peu plus temps un texte de Maria Isidine qui est également assez percutant contre cette Plate-Forme. Et même la réponse d'Archinov (pro-Plate-formiste) à Maria Isidine s'il le faut (histoire de ne pas être traiter une fois de plus de sectaire...)

Salutations Anarchistes et Très Synthésistes !
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Re: La Plate-forme

Messagede arvn d » 09 Oct 2008, 12:36

Ca me fait penser que depuis, il y a une réflexion qui "viendrait" d'amérique latine et qui s'appelerait "especifismo". J'ai pas tout compris alors si quelqu'un a plus d'éléments ça pourrait enrichir le débat.

Merci
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Re: La Plate-forme

Messagede RickRoll » 09 Oct 2008, 12:44

@ Alayn ou les autres : je ne défends pas la plate-forme

Le but était de présenter cet ouvrage et d'en discuter les intérêts, les failles, les analyses. Parce que je suis de l'avis de Berckman et Qierrot, sur le fait qu'il traduit une division profonde du mouvement anarchiste.
C'est un vieil ouvrage à resituer dans son contexte historique pour le comprendre, tout comme d'autres ouvrages d'ailleurs. globalement je partage les critiques de Berckman et Qierrot.
RickRoll
 

Re: La Plate-forme

Messagede Berckman » 09 Oct 2008, 14:33

Par ailleurs, si Malatesta a effectué une sévère critique de la plateforme, il n'en est pas pour autant "synthésiste", au sens où il n'a pas la prétention d'élaborer une "synthèse" des différents courants qui se réclament de l'anarchisme, contrairement à Faure ou Voline. Il défend le pluralisme organisationnel, mais aussi le dualisme organisationnel (organisation spécifique/syndicat). Sa pensée organisationnelle est d'ailleurs, tout comme toute perspective, digne de considération comme de critique....
Le courant "especifiste" en amérique latine se place d'ailleurs dans la lignée de la pensée organisationnelle de Malatesta.
On peut aussi parler de la vision Bakouniniste de l'organisation, bien plus contraignante par certains aspects que la pensée plateformiste.

Allez, par exemple, en me remémorant le débat sur le vote, je ne peux résister de citer cet extrait de l'excellent texte de malatesta, majorité et minorité....

Ainsi, par exemple, partant du principe que la majorité n'a pas le droit d'imposer sa volonté à la minorité, ils en concluaient qu'on ne devait jamais rien faire qui ne soit approuvé à l'unanimité des présents. Confondant le vote politique qui sert à se donner des patrons et le vote qui est un moyen commode et rapide d'exprimer sa propre opinion, ils considéraient comme anti-anarchiste toute espèce de vote. Ou encore : on convoquait une réunion pour dénoncer une violence de la part du gouvernement ou des patrons, ou pour montrer la sympathie populaire pour tel ou tel événement ; les gens venaient, écoutaient les discours des organisateurs, écoutaient ceux des contradicteurs et puis repartaient sans exprimer leur propre opinion parce que le seul moyen de l'exprimer était le vote sur les différentes motions... et que voter n'était pas anarchiste.

Un cercle voulait faire une affiche : différentes rédactions étaient proposées et les avis des membres du cercle étaient partagés à ce sujet ; on discutait à n'en plus finir, mais on n'arrivait jamais à savoir quelle était l'opinion prédominante parce qu'il était interdit de voter ; et donc : ou l'affiche n'était pas tirée, ou certains tiraient de leur côté celle qu'ils préféraient ; le cercle se dissolvait alors qu'en fait il n'y avait aucune dissension réelle et qu'il s'agissait seulement d'une question de style. La conséquence de cette façon d'agir, qu'ils disaient être une garantie de liberté, c'était que seuls quelques-uns, les mieux dotés de qualités oratoires, faisaient et défaisaient alors que ceux qui ne savaient pas, ou n'osaient pas parler en public, et qui sont toujours la grande majorité, ne comptaient pas du tout. Et puis l'autre conséquence, plus grave et vraiment mortelle pour le mouvement anarchiste, c'était que les anarchistes ne se croyaient pas liés par la solidarité ouvrière et qu'ils allaient travailler en pleine grève, parce que la grève avait été votée à la majorité alors qu'ils s'y opposaient. Et ils allaient même jusqu'à ne pas oser traiter de crapules de soi-disant anarchistes qui demandaient de l'argent aux patrons, et en recevaient, pour combattre une grève au nom de l'anarchie -je pourrais citer des noms, s'il le faut.

C'est contre ces aberrations et d'autres semblables que s'élevait l'article que j'ai envoyé à Chicago.

Je soutenais qu'il n'y aurait pas de vie en société possible si vraiment on ne devait jamais rien faire ensemble qui n'ait reçu l'accord unanime de tous. Que les idées, les opinions sont en perpétuelle évolution et se différencient insensiblement par degrés, alors que les réalisations pratiques changent brusquement par sauts ; et que si jamais un jour tout le monde était parfaitement d'accord sur les avantages de telle ou telle chose, cela signifierait que, pour cette chose-là, il n'y aurait plus de progrès possible. Ainsi, par exemple, s'il s'agissait de faire un chemin de fer: il y aurait certainement mille opinions différentes sur le tracé de la voie, sur le matériel, sur le type de locomotive et de wagons, l'emplacement des gares, etc., et ces opinions changeraient de jour en jour, mais si on veut faire ce chemin de fer, il faut bien choisir entre les différentes opinions existantes, et on ne pourrait pas tous les jours modifier le tracé, changer les gares de place, prendre un autre type de locomotive. Et tant qu'à choisir, il vaut mieux contenter le plus grand nombre ; à condition, bien sûr, de donner à la minorité toute la liberté et tous les moyens possibles de faire de la propagande pour ses idées, les expérimenter et chercher à devenir la majorité.

Il est donc raisonnable, juste et nécessaire que la minorité cède devant la majorité, pour tout ce qui n'admet pas plusieurs solutions dans le même temps ; ou lorsque les différences d'opinion ne sont pas d'une importance telle qu'il vaille la peine de se diviser et que chaque fraction agisse à sa manière ; ou quand le devoir de solidarité impose l'union.

Mais le fait de céder, pour la minorité, doit être l'effet de la libre volonté, déterminée par la conscience de la nécessité : ce ne doit pas être un principe, une loi, qui s'applique par conséquent dans tous les cas, même lorsque la nécessité ne s'en fait pas réellement sentir. C'est en cela que consiste la différence entre l'anarchie et toute forme de gouvernement. Toute la vie sociale est pleine de ces nécessités où on doit oublier ses propres préférences pour ne pas heurter les droits des autres. J'entre dans un café, je vois que la place que je préfère est occupée et je vais tranquillement m'asseoir ailleurs où, peut-être, il y a un courant d'air qui ne me fait pas du bien. Je vois des personnes qui parlent de façon à ce qu'on comprenne qu'elles ne veulent pas être écoutées et je m'écarte, ce qui peut-être me dérange, pour ne pas les déranger, elles. Mais cela, je le fais parce que cela m'est imposé par mon instinct d'homme social, parce que je suis habitué à vivre parmi les hommes, et par mon intérêt à ne pas me faire mal traiter ; si j'agissais autrement, ceux que je dérangerais me feraient vite comprendre, d'une façon ou d'une autre, les ennuis qu'entraîne le fait d'être un rustre. Je ne veux pas que des législateurs viennent me dire de quelle façon je doit me comporter dans un café, et je ne les crois pas capables de m'apprendre l'éducation que je n'aurais pas su apprendre de la société dans laquelle je vis.
Berckman
 

Re: La Plate-forme

Messagede Harfang » 09 Oct 2008, 20:07

"Il est donc raisonnable, juste et nécessaire que la minorité cède devant la majorité, pour tout ce qui n'admet pas plusieurs solutions dans le même temps ; ou lorsque les différences d'opinion ne sont pas d'une importance telle qu'il vaille la peine de se diviser et que chaque fraction agisse à sa manière ; ou quand le devoir de solidarité impose l'union.
Mais le fait de céder, pour la minorité, doit être l'effet de la libre volonté, déterminée par la conscience de la nécessité : ce ne doit pas être un principe, une loi, qui s'applique par conséquent dans tous les cas, même lorsque la nécessité ne s'en fait pas réellement sentir."

Un peu de bon sens quoi... Si on est d'accord sur l'objectif, d'accord sur la stratégie, on peut céder sur les tactiques si notre avis n'apparait pas le plus pertinent.
Harfang
 

Re: La Plate-forme

Messagede Alayn » 09 Oct 2008, 23:17

Bonsoir ! Non parce que la majorité n'a pas forcément toujours raison ! La dictature des majorités, y'en a un peu ras le bol !

L'argument est toujours retourné illico par les défenseurs du vote majoritaire bien évidemment: "voui...mais la "dictature" des minorités (ou la possibilité de blocage par celle-ci) peut-être aussi dictatoriale...

Certes, certes, mais pas avec la "soupape" de l'autonomie individuelle ou des groupes ou le principe d'abstention amicale (Zafx l'appellerait certainement "vote blanc"...)

Errico Malatesta a raison dans un contexte de positionnement individualiste mais je suis moins sûr que sa démonstration soit aussi pertinente dans un contexte de décision collective...

(mais Alayn, tu n'as juste qu'à la fermer, étant minoritaire...)
Alayn
 

Re: La Plate-forme

Messagede RickRoll » 10 Oct 2008, 13:39

Arrête moi si je me trompe, mais le but de l'orga est d'être coordonnés, plus nombreux donc plus puissants. Finalement si chacun fait ce qu'il veut dans son coin sous prétexte d'autonomie, à quoi bon s'organiser ? A quoi bon discuter et débattre ?
RickRoll
 

Re: La Plate-forme

Messagede Alayn » 10 Oct 2008, 23:17

Bonsoir ! Il n'y a pas que la Plate-forme comme méthode d'organisation, il y a aussi la Synthèse...

La Synthèse est plus plurariste que la Plate-forme puisque la Plate-forme rejette les individualistes-libertaires. La Plate-forme, c'est juste bien, en gros, qu'entre communistes...

La Plate-forme, c'est synonyme de planification...
La ".............", c'est l'entente entre des gens de même opinion avec des règles coercitives.
La ".............", c'est un amoindrissement de l'idée libertaire car ayant intégrée des idées marxisantes dans son idéologie.

Et puis à signaler une critique dans le Monde écrite par la compagne d'un dirigeant d'AL, journaliste responsable de la rubrique "Extrème-Gauche" (CM) à propos du dernier livre de Michel Ragon: "Dictionnaire de l'anarchie".
Cet article se plaint que Michel Ragon ne parle pas assez de la Plate-forme et encense plutôt la FA (arf !)


Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: La Plate-forme

Messagede Vilaine bureaucrate » 11 Oct 2008, 09:30

pas de façon dispersée ni contradictoire. 3) La « responsabilité collective » est un appel à l’autodiscipline et à une rupture avec le consumérisme militant.

la plate forme exclu donc les autonomes.

Les autonomes ne sont pas un courant anarchiste, comme l'anarchosyndicalisme, individualisme, communiste libertaire..?
Ils "servent" a quoi par rapport a l'idée de complémentarité?
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Re: La Plate-forme

Messagede Alayn » 11 Oct 2008, 18:48

Bonsoir ! A moins qu'ils ne se plient aux règles de la Plate-forme, idem pour les individualistes qui sont diabolisés par la Plate-forme.

Il faut bien comprendre que le Plateformisme est un programme organisationnel avant une éventuelle révolution.

De plus, là, elle n'est pas retranscrite en entier: il y a plein d'autres règles ! Ah pou là là !

Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: La Plate-forme

Messagede Vilaine bureaucrate » 11 Oct 2008, 20:15

Ah pou là là !
Ah pou là là !
Ah pou là là !
J'avais compris pour les individualistes. Ma question reste sans reponse.
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