Erythrée

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Messagede Pïérô » 28 Jan 2013, 01:44

« L’Erythrée est un immense camp de travail forcé »

Environ 200 militaires de l’armée érythréenne ont pris d’assaut, lundi 21 janvier, le ministère de l’information et le siège de la télévision nationale à Asmara, la capitale. Mais selon Awate.com, un site d'opposition en exil, la tentative de coup d’État a tourné court. Les militaires auraient cessé leur mouvement dès le lendemain.

«L'Érythrée est l'un des pays les plus pauvres et les plus répressifs du monde » où le gouvernement commet des « actes de torture et d'autres exactions graves », écrit l'ONG Human Rights Watch (HRW), dans un rapport publié le 15 janvier. Situé dans la Corne de l'Afrique, l’Érythrée serait devenu au cours de la dernière décennie l'une des pires dictatures au monde. Par tous les moyens, ses habitants tentent de fuir. En décembre 2012, les joueurs de l'équipe nationale de football ont ainsi profité d'un déplacement en Ouganda pour demander l'asile politique. Quelques semaines plus tard, c'était au tour d'Ali Abdou, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, de s'échapper de ce pays où « chaque parcelle est verrouillée, la police omniprésente et les prisons pleines. »

Obtenir des informations sur ce pays, aux frontières quasiment hermétiques – où aucun journaliste étranger ne peut se rendre - est très difficile. Dans son livre «Les Érythréens» (Editions Rivages), Léonard Vincent, journaliste, auteur d'un blog spécialisé et ancien responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF), a recueilli des témoignages d’Érythréens qui sont parvenus à fuir cette dictature. Il livre un récit émouvant, bien documenté, dans lequel il libère la parole d'un peuple retenu en otage.

... http://carnetsdafrique.blog.lemonde.fr/ ... ail-force/
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Messagede Pïérô » 09 Oct 2013, 03:36

Erythrée
Pourquoi ils quittent l’Erythrée ?

En mai dernier, le vingtième anniversaire de l’Erythrée est passé pratiquement inaperçu. Qui s’est souvenu du fait qu’après vingt années de guerre, ce pays de la Corne de l’Afrique, à la fois frère et ennemi de l’Ethiopie, avait été l’un des derniers du continent à accéder à l’indépendance en 1993, incarnant à son tour les espérances que suscitent les luttes de libération ? L’Erythrée, que plus de 3000 jeunes quittent chaque mois au péril de leur vie et qui est quelquefois comparée à la Corée du Nord, l’un des pays les plus opaques qui soient, avait conquis son indépendance seule contre tous, en remettant en cause l’un des dogmes de l’Union africaine, l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Colonisée par l’Italie, qui a modelé sa capitale Asmara, l’Erythrée, après la deuxième guerre mondiale, est rattachée à l’Ethiopie, incarnée à l’époque par l’empereur Hailé Sélassié, soutenu par les Alliés. Même si les classes dirigeantes des deux pays, issues des hauts plateaux et de religion chrétienne, se ressemblent, les Erythréens, marqués par une colonisation qui a développé l’enseignement et formé de nombreux techniciens, refusent ce rattachement imposé. Très rapidement deux mouvements de libération entrent en action, le Front pour la libération de l’Erythrée, composé essentiellement de musulmans issus des basses terres proches du Soudan, et le Front populaire pour la libération de l’Erythrée, dirigé par des intellectuels chrétiens. Ces derniers se proclament marxistes, s’inspirent des techniques maoïstes et supplantent rapidement leurs rivaux du FLE. La guerre de libération s’étendra sur deux décennies, elle s’opposera d’abord à l’empereur Hailé Sélassié, puis au dictateur Mengistu Hailé Mariam, soutenu à l’époque par Cuba et l’Union soviétique. Pour contrer Mengistu, les Erythréens encouragent la création du Front populaire pour la libération du Tigré, un mouvement d’inspiration marxiste lui aussi, dirigé Meles Zenawi qui, jusqu’à sa mort à Bruxelles l’an dernier, sera Premier Ministre de l’Ethiopie.

Dès son arrivée au pouvoir, Meles Zenawi récompense son voisin érythréen pour son soutien. Très proche d’Isaias Afeworki, il accorde l’indépendance à l’Erythrée, privant ainsi l’Ethiopie de tout accès à la mer, le ports de Massawa et le terminal pétrolier d’Assab, d’une importance stratégique, devenant territoire érythréen. Mais la paix entre « cousins » ne dure guère et, entre 1998 et 2000, les deux pays, se disputant sur le tracé des frontières, se lancent dans une guerre insensée, comparée aux batailles de 14-18, où plus de 100.000 soldats seront sacrifiés pour quelques rochers du côté de Badme et de Zalambessa.

Alors que Meles Zenawi, tout aussi marxiste et nationaliste qu’Afeworki, fait preuve de pragmatisme et imprime à son pays un réel développement, son voisin érythréen, endurci par les années de maquis et de guerre, prône l’autosuffisance et ferme son pays aux influences étrangères. En 1996 cependant, étant à l’époque en très bons termes avec le FPR à Kigali, l’Erythrée participera, dans une modeste mesure, à la “première guerre du Congo ” et enverra camions et chauffeurs dans les rangs de l’AFDL.

Par la suite, malgré son réel charisme et le respect que lui vaut sa lutte pour l’indépendance, Afeworki s’enferme de plus en plus dans une sorte d’arrogante paranoïa, qui le mène à jeter en prison ses plus anciens compagnons de lutte car ils ont osé plaider en faveur de la libéralisation du régime ou dénoncé la guerre fratricide qui a saigné le pays.

En septembre 2001, Afeworki fait basculer l’Erythrée dans la dictature pure et simple: les quelques journaux indépendants paraissant à Asmara sont fermés, les journalistes rejoignent les réformateurs du parti unique, politiques et militaires, dans les conteneurs métalliques et les geôles souterraines qui servent de prison. Plus de 10.000 prisonniers subissent un système pénitenciaire qu’Amnesty international décrit comme « d’une cruauté inimaginable », des groupes religieux d’origine américaine sont interdits.

Même si l’Erythrée pratique l’isolationnisme, elle joue cependant un rôle sur la scène régionale, avant tout guidée par son hostilité à l’encontre de l’Ethiopie : c’est ainsi que le régime, bien qu’essentiellement dirigé par des chrétiens, joue la carte musulmane. Soutenu par le Qatar, il intervient à Djibouti et surtout en Somalie, où il est accusé d’appuyer les shebabs, envoyant ses colonels former des brigades islamistes.
Mais si les Erythréens quittent en masse les arides montagnes de leur pays (où des mines d’or ont cependant été découvertes par des sociétés canadiennes…) ce n’est pas à cause de sa diplomatie : c’est parce que l’économie, asphyxiée par des sanctions internationales décidées en 2009 est exsangue, parce que les pénuries, d’essence, d’électricité, se multiplient, parce que l’atmosphère politique est irrespirable, hantée par la crainte des complots et par la répression. Les jeunes partent aussi, au péril de leur vie, parce que dans ce pays-garnison vivant en perpétuel état d’urgence, le service militaire est obligatoire pour les hommes comme pour les femmes et que des kalachnikov ont été distribuées à des milices de quartiers…
Cette dictature pesante a fini par susciter des remous dans l’armée : le 21 janvier dernier, quelques 200 soldats auraient envahi le ministère de l’Information et lu un communiqué demandant la libération des prisonniers politiques.

Si les jeunes quittent un pays quelquefois appelé le bagne de l’Afrique, c’est aussi dans l’espoir de rejoindre une diaspora importante, dont les envois de fonds aident la population à survivre et qui représentent la principale source de revenus du pays. Et si les candidats à l’exil prennent le risque de mourir de soif dans les déserts soudanais ou de se noyer en mer, c’est enfin parce que l’autorisation de quitter le pays par des voies légales n’est pratiquement jamais accordée…

Pour en savoir plus : Léonard Vincent, les Erythréens, éditions Rivages, 2012
http://blog.lesoir.be/colette-braeckman ... lerythree/
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Erythrée et néocolonialisme italien

Messagede red baby » 09 Oct 2013, 07:29

l érythrée est elle dans la sphète d influence italienne?je sais qu on y parle encore la langue de garibaldi.
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Re: Erythrée

Messagede red baby » 09 Oct 2013, 14:07

l erythrée est sous embargo u.s sous le pretexte de soutien aux insurgés somaliens;big brother risque de balkaniser l erythrée,en dressant l une contre l autre les communautés orthodoxe et musulmane de ce petit pays qui s oppose au nouvel ordre mondial.en meme temps,les anglosaxons parient sur une indépendance du somaliland-l ex somalie britannique-voir du puntland plus à l est ,pour que le pillage de l or noir au moyen orient ne soit bloqué par al-shabab en cas de prise du pouvoir à mogadiscio,suite au retrait ethiopien et kenyan.
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Re: Erythrée

Messagede Blackwater » 10 Oct 2013, 17:04

red baby a écrit:ce petit pays qui s oppose au nouvel ordre mondial


Bon ben là au moins on comprend mieux où tu veux en venir. Quand à ce que tu comprennes qu'anarchisme révolutionnaire et conspirationnisme sont totalement incompatibles, y aura sûrement du chemin...
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Re: Erythrée

Messagede red baby » 10 Oct 2013, 18:29

c est pas du conspirationnisme,mais de l antiimpérialisme
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Re: Erythrée

Messagede Pïérô » 10 Oct 2013, 18:33

C'est un anti-impérialisme orienté, c'est ce qui se nomme du campisme. Le confusionisme conspi n'est pas loin. Ce sont même des trucs qui se nourrissent entres eux.
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RE: Erythrée

Messagede Pïérô » 11 Juin 2015, 03:53

L’ONU suspecte l’Erythrée de crime contre l’humanité

Après une année d’enquête, trois experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU décrivent dans un rapport publié lundi 8 juin un système répressif où les citoyens sont régulièrement arrêtés, détenus, torturés ou portés disparus et tués.

Les violations « systématiques et à grande échelle » des droits de l’homme par le gouvernement du pays poussent quelque 5 000 Erythréens à fuir leur pays chaque mois, selon cette enquête.

Les experts ont recueilli des récits d’exécutions extrajudiciaires, de tortures systématiques, d’esclavage sexuel et de travaux forcés. « La commission conclut que des atteintes systématiques, répandues et flagrantes aux droits de l’homme ont été et sont menées en Erythrée sous l’autorité du gouvernement », peut-on lire dans ce rapport de près de 500 pages.

... contre-l-humanite_4649688_3212.html#D04DK6ldoymlOAmi.99
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Re: Erythrée

Messagede bipbip » 09 Avr 2016, 19:00

Erythrée : des jeunes conscrits abattus par l'armée dans la capitale

Trois jours après les faits, l’information commence seulement à être connue. En Erythrée, des soldats ont ouvert le feu dimanche 3 avril sur des jeunes recrues du service militaire qui tentaient de s'enfuir alors que leur convoi traversait la capitale. Selon la radio érythréenne en exil Radio Erena, le bilan est de plusieurs morts parmi les conscrits et la situation dans la capitale de ce pays très fermé reste tendue.

C'est un drame inédit et d'une rare violence qui s'est déroulé dimanche dans les rues d'Asmara, la capitale de l'Erythrée. Au moins six personnes ont été abattues par des soldats, alors que des recrues du très redouté service national tentaient de s'échapper des camions qui les transportaient.

Selon nos confrères de Radio Erena, qui ont révélé l'information, tout s'est joué quand le convoi qui conduisait les jeunes recrues de leur caserne disciplinaire, dans l'ouest du pays, vers un chantier près du port d'Assab, a traversé Mai Temenai, un quartier fréquenté du centre-ville. Profitant d'un ralentissement autour du marché, plusieurs conscrits ont sauté des camions. Les soldats ont alors ouvert le feu.

Au moins quatre jeunes ont été abattus, un autre a été écrasé par un camion et un enfant qui allait chercher de l'eau a été tué par une balle perdue. Les habitants du quartier se sont alors révoltés pour aider les fugitifs, jetant des pierres sur les soldats.

... http://www.rfi.fr/afrique/20160406-eryt ... mee-asmara
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