Lliberté de circulation, sans papiers, boats people

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Messagede Pïérô » 30 Juil 2010, 10:43

campagne internationale liberté de circulation

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Une campagne internationale des organisations européennes du réseau Anarkismo. Cinq organisations communistes libertaires de différents pays d’Europe, réunies à Paris le 6 février dernier, ont décidé de lancer une campagne pour les droits des migrant-e-s et la liberté de circulation. Voici le texte de lancement de la campagne :


Une solution : la liberté de circulation pour les migrant-e-s

Ces dernières années, la xénophobie, le racisme et la peur des impacts économiques des migrations ont dominé le débat politique dans bien des pays européens.

L'immigration est un effet inévitable des politiques économiques et militaires conduites par les Etats européens. Les efforts concertés pour l'empêcher est le résultat du racisme et de la volonté de ne pas en affronter les conséquences dans son pays.

La réponse depuis l'essor de la mondialisation a été d'adopter en ensemble de mesures destinées à empêcher l'immigration. L'Europe a adopté des cadres communs de politique migratoire, a signé des traité régulant les droits des réfugiés, a durci les contrôles migratoires à la périphérie de l'Europe. L'objectif a toujours été de maintenir les migrants à l'extérieur des frontières. Tout en limitant l'immigration, les pays européens ont violé les conventions internationales sur les droits de l'homme.

Le besoin de main-d'oeuvre pour faire la basse besogne a conduit à augmenter le travail illégal dans des conditions bien en dessous de celles des autres travailleurs et travailleuses. L'immigration a aussi été utilisée pour baisser les salaires et les conditions de travail. Les capitalistes sont parvenus à utiliser les politiques sur les migrations pour obtenir de la main-d'oeuvre bon marché.

De plus, les Etats européens ont adopté des politiques restreignant sévèrement les droits des migrants. L'usage de la détention est largement étendu, avec les personnes dont le statut n'est pas encore décidée, ou dont les demandes ont été rejetées, et devant souffrir la détention pour de longues périodes. Le cadre légal autour de l'immigration criminalise foncièrement les migrants. Plus dramatiquement, la détention et la persécution des migrants en Europe cause une immense souffrance et favorise la croissance d'une sous-classe de non-citoyens.
L'Union Européenne elle-même est particulièrement impliquée dans la fermeture des frontières, à travers des programmes tels que celui de La Haye, et de l'agence spécialisée de l'UE Frontex, dont tout le travail est fondé sur l'idée que l'immigration et les migrants sont un problème. Cette agence est en charge de la police des frontières européennes qui accomplit des opérations répressives (comme des arrestations collectives et des déportations) sans aucun contrôle.

En tant que communistes libertaires, nous nous opposons à toute exploitation de classe et à l'Etat, il est important que nous développions une analyse approfondie de ce problème, et que nous trouvions les moyens effectifs de combattre le développement de la xénophobie, des politiques répressives d'Etat contre les migrants, et les traitement inhumains des réfugié-e-s. De plus, nous devons nous efforcer de relier ces luttes à la lutte de classe en général en Europe, et de revigorer le courant internationaliste dans les organisations de la classe laborieuse.

En tant qu'internationalistes nous nous opposons à tout type de frontières ou de barrières entre les peuples et nous nous opposons au renforcement des frontières aux portes de l'UE. Nous combattrons tout type de racisme et de xénophobie comme facteur de division à l'intérieur de la classe laborieuse et comme un problème majeur en soi-même. Nous combattrons toute discriminations à l'encontre des migrant-e-s et des personnes de couleur.

En tant qu'organisations communistes libertaires, nous soutenons :

• la liberté de circulation et des droits égaux pour tous, avec une attention particulière pour les femmes;

• le droit pour tous de vivre et de travailler dans le pays de leur choix, avec sa famille;

• l'arrêt des arrestations arbitraires;

• la fermeture des centres de rétention;

• l'arrêt des expulsions;

• la régularisation de tous les sans-papiers;

• l'abrogation de toutes les directives et accords européens.


Alternative libertaire (France), http://www.alternativelibertaire.org/
Workers Solidarity Movement (Irlande), http://www.wsm.ie/
Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie), http://www.fdca.it/
Motmakt (Norvège), http://www.motmakt.no/
Organisation Socialiste Libertaire (Suisse), http://www.rebellion.ch/



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Re: Lliberté de circulation, sans papiers, boats people

Messagede bipbip » 05 Oct 2013, 11:51

Tribune conjointe
Lampedusa : l’Europe assassine

Le nouveau naufrage dans lequel ont péri ou disparu, tout près de l’île de Lampedusa, au moins 300 personnes parmi les 500 passagers d’un bateau en provenance de Libye, n’est pas dû à la fatalité. En 2010, au même endroit, deux naufrages simultanés avaient provoqué près de 400 victimes. En 2009, 200 personnes se sont noyées au large de la Sicile. Pour les seuls six premiers mois de l’année 2011, le HCR estimait à 1 500 le nombre de boat people ayant trouvé la mort en tentant d’atteindre les rives de l’île de Malte ou de l’Italie. Depuis le milieu des années 90, la guerre menée par l’Europe contre les migrants a tué au moins 20 000 personnes en Méditerranée.

La guerre ? Comment nommer autrement la mise en place délibérée de dispositifs de contrôles frontaliers destinés, au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, à repousser celles et ceux que chassent de chez eux la misère et les persécutions ? Ces dispositifs ont pour nom Frontex, l’agence européenne des frontières, qui déploie depuis 2005 ses navires, ses hélicoptères, ses avions, ses radars, ses caméras thermiques et bientôt ses drones depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux îles grecques pour protéger l’Europe des « indésirables ». Ou encore Eurosur, un système coordonné de surveillance qui, depuis 2011, fait appel aux technologies de pointe pour militariser les frontières extérieures de l’Union européenne afin de limiter le nombre d’immigrants irréguliers qui y pénètrent. Comment nommer autrement la collaboration imposée par l’Europe aux pays de transit des migrants – Libye, Algérie, Tunisie, Maroc – afin qu’ils jouent le rôle de garde-chiourmes et les dissuadent de prendre la route du nord, au prix de rafles, arrestations, mauvais traitements, séquestrations ?

Plus spectaculaire que d’habitude par son ampleur, le nouveau naufrage de Lampedusa n’a pas manqué de susciter les larmes de crocodile rituellement versées par ceux-là même qui en sont responsables. A la journée de deuil national décrétée par l’Italie – pays dont les gouvernants, de droite comme de gauche, n’ont jamais renoncé à passer des accords migratoires avec leurs voisins proches – y compris lorsqu’il s’agissait des dictatures de Kadhafi et de Ben Ali – pour pouvoir y renvoyer les exilés, font écho les déclarations de la commissaire européenne aux affaires intérieures, qui appelle à accélérer la mise en place d’Eurosur, destiné selon elle à mieux surveiller en mer les bateaux de réfugiés. Où s’arrêtera l’hypocrisie ? Peu d’espaces maritimes sont, autant que la Méditerranée, dotés d’un maillage d’observation et de surveillance aussi étroit. Si le sauvetage était une priorité – comme le droit de la mer l’exige – déplorerait-on autant de naufrages entre la Libye et Lampedusa ?

Déjà sont désignés comme principaux responsables les passeurs, mafias et trafiquants d’êtres humains, comme si le sinistre négoce de ceux qui tirent profit du besoin impérieux qu’ont certains migrants de franchir à tout prix les frontières n’était pas rendu possible et encouragé par les politiques qui organisent leur verrouillage. Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe ?

On parle de pêcheurs qui, ayant vu le navire en perdition, auraient continué leur route sans porter secours à ses passagers, et des voix s’élèvent pour exiger qu’ils soient poursuivis et punis pour non assistance à personne en danger. A-t-on oublié qu’en 2007, sept pêcheurs tunisiens accusés d’avoir « favorisé l’entrée irrégulière d’étrangers sur le sol italien »ont été poursuivis par la justice italienne, mis en prison et ont vu leur bateau placé sous séquestre parce qu’ils avaient porté secours à des migrants dont l’embarcation étaient en train de sombrer, les avaient pris à leur bord et convoyés jusqu’à Lampedusa ?

Non, le drame de Lampedusa n’est pas le fruit de la fatalité. Il n’est dû ni aux passeurs voraces, ni aux pêcheurs indifférents. Les morts de Lampedusa, comme ceux d’hier et de demain, sont les victimes d’une Europe enfermée jusqu’à l’aveuglement dans une logique sécuritaire, qui a renoncé aux valeurs qu’elle prétend défendre. Une Europe assassine.

Premiers signataires : Olivier Clochard, président de Migreurop, Stéphane Maugendre, président du Groupe d’information et de soutien des immigrés ; Abderrhamane Hedhili, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux ; Filippo Miraglia, responsable immigration, droit d’asile et lutte contre le racisme, Italie ; Mehdi Alioua, président du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants, Maroc, et Karim Lahidji, président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme - membres de la coalition Boats4People ; Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme.

http://www.migreurop.org/article2283.html
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Re: Lliberté de circulation, sans papiers, boats people

Messagede red baby » 07 Oct 2013, 08:57

les responsables de ces tragédies humaines sont nos dirigeants capitalistes,qui maintiennent les pays néocolonisés sous leur domination économique et politique,frappent d embargo cuba et bombardent la libye et la somalie.il faut 'détruire la dictature de la bourgeoisie en europe occidentale et aux etats unis pour que les pays du tiers monde puissent gagner leur souveraineté-cf.venezuela-,contrairement aux preceptes "maoistes" d étranglement des villes par les campagnes.ce serait aussi couper l herbe sous les pieds des "boko haram" "al shabab" et autres "mujao",car les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis....
Modifié en dernier par red baby le 07 Oct 2013, 22:14, modifié 1 fois.
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Re: Lliberté de circulation, sans papiers, boats people

Messagede red baby » 07 Oct 2013, 14:05

pour détruire le capitalisme,il faut que la gauche radicale s unisse contre l extreme droite,le dernier recours du système,pour combattre le fascisme,à la manière de la lutte commune dans les années 60 contre l O.A.S.le chemin sera long,de marine lepen en france,corneliu vadim tudor en roumanie ou "aube dorée" en grèce.
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Re: Lliberté de circulation, sans papiers, boats people

Messagede Nyark nyark » 09 Oct 2013, 19:59

Frontex : surveiller ou sauver des vies ?
mercredi, 09 octobre 2013 11:35

Six jours après le “drame de Lampedusa”, alors que le nombre de victimes ne cesse d’augmenter et que les recherches en mer continuent, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, transmet un message hypocrite et mensonger : la solution pour prévenir les morts en mer serait d’accélérer la mise en place d’Eurosur pour mieux surveiller les bateaux de réfugiés, et d’investir des ressources supplémentaires afin de lancer une grande opération de sauvetage en Méditerranée sous l’égide de l’agence Frontex.

Mais à quoi sert Frontex ? Pourquoi aucun secours n’a-t-il été porté au bateau qui a fait naufrage le 3 octobre à à peine un kilomètre de Lampedusa ? Comment, avec neuf patrouilles de la Guardia Costiera, plusieurs patrouilles de la Guardia di Finanza, des bateaux militaires et des avions de surveillance, aucune information n’est-elle arrivée à temps sur l’île ? Jusqu’au 1er octobre 2013, un navire de la Guardia Civil espagnole mouillait à Lampedusa. Faisait-il partie de l’opération Hermes coordonnée par l’agence Frontex, le matin du drame ? Et si oui, que faisait-il pendant que des centaines de réfugiés se noyaient ?

Au lieu de poser ces questions, l’Italie et les institutions européennes indiquent qu’il est temps de “réévaluer” le rôle de l’agence Frontex et de lui donner plus de moyens. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! L’agence Frontex a pour mandat la lutte contre l’immigration dite “clandestine” et non le sauvetage en mer. Augmenter ses opérations dans le canal de Sicile ne réduira pas le nombre de morts en mer : 3300 personnes auraient déjà trouvé la mort aux abords de l’île de Lampedusa1 depuis 2002, alors que l’agence est en fonction depuis 2005 et que ses moyens sont passés de 19 millions d’euros en 2006 à environ 85 millions d’euros en 2013.

Même si les opérations d’interception en mer de Frontex sont souvent couplées à des opérations de sauvetage, le manque de transparence sur les activités de l’agence ne permet pas de savoir si ses patrouilles ont déjà véritablement sauvé des vies, ou si elles se sont contentées de signaler aux autorités les plus proches des embarcations en détresse. Au-delà, le partage des tâches entre l’Union européenne et les États membres est sciemment laissé dans l’opacité. Qui doit prendre en charge les migrants interceptés ou sauvés ? Qui, des États membres, de l’UE ou de Frontex, est garant du respect du droit d’asile et du principe international de non refoulement ? Ces incertitudes, et l’absence de procédures clairement définies, fragilisent gravement les opérations de sauvetage en laissant dans l’ombre la question des responsabilités.

La proposition de renforcer la présence de Frontex en Méditerranée, couplée à celle d’un renforcement de la coopération avec la Libye, révèle la volonté d’augmenter les patrouilles de l’agence européenne au large des côtes de Tripoli tout en externalisant la gestion des frontières. Cette politique entraînera un refoulement indirect des réfugiés vers la Libye où les droits humains des personnes migrantes sont notoirement bafoués2. Une façon de reléguer loin des yeux offusqués de l’opinion européenne les futurs “drames de l’immigration”.

À l’heure où, une fois de plus, les responsables politiques des États membres et de l’Union européenne considèrent que la leçon à retenir du naufrage survenu à Lampedusa le 3 octobre est la nécessité de renforcer la surveillance des frontières, il est temps de s’élever contre cette fuite en avant et d’affirmer haut et fort : ‘surveiller’ n’est pas ‘veiller sur’. On ne peut à la fois ‘surveiller’ les migrants en tant que flux à stopper et ‘veiller sur’ les migrants en tant qu’humains ayant besoin de protection. Dès lors, jamais une politique de lutte contre l’immigration dite “clandestine” ne pourra être une politique respectueuse des droits des personnes.

1 : Source : United Against Racism et Fortress Europe

2 : "Libye, en finir avec la traque des migrants", Migreurop, FIDH, JSFM, juin 2012 ; "Scapegoat of fear : Rights of refugees, asylum seekers and migrants abused in Libya", Amnesty International, 20 juin 2013


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© Migreurop (2012) Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires, Paris, Armand Collin, 144 p.

http://www.frontexit.org/fr/actus/item/174
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