CGT

Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede altersocial » 29 Déc 2012, 17:44

Le Medef s’obstine à exiger plus de flexibilité
Votre intervention est indispensable !


A la demande du gouvernement, Syndicats et patronat ont engagé une négociation nationale interprofessionnelle. Les conclusions, attendues pour la fin Décembre 2012, sont susceptibles d’être retranscrites dans une loi et donc un débat parlementaire au début de l’année 2013. Mais les dernières propositions du Medef sont toujours une véritable provocation. Chacun d’entre vous peut mesurer qu’elles conduisent à une impasse économique et sociale, les salariés toujours plus considérés comme variable d’ajustement des choix patronaux.

Après avoir touché 20 milliards d’aides publiques, le Medef en veut plus : licencier plus vite, plus facilement, moins cher et sans contrôle.
Les positions du Medef sont à ce point inacceptables que, pour l’instant, tous les syndicats les ont rejetées. La partie n’est cependant pas terminée, les négociations reprennent les 10 et 11 janvier 2013.


La CGT ne laissera pas faire, c’est votre avis qui doit compter dans cette négociation.
Face à l’urgence sociale nous proposons à la fois des mesures immédiates et d’autres de nature à transformer durablement le quotidien des salariés.

C’est une révolution dans le Code du Travail qui se prépare. La CGT vous informe et vous alerte. Prenez connaissance de ce qui vous menace :

Le contrat de projet : nouveau contrat précaire

Il existe déjà une multitude de contrats de travail qui permettent une extrême souplesse pour les employeurs et qui provoque une extrême précarité pour les salariés. (Temps partiel, CDD, contrats de chantier, saisonnier, intérimaire, aidé, intermittent, d’alternance,… bientôt contrat de génération et contrat d’avenir.)
Le Medef innove encore avec le contrat de projet : Votre employeur pourrait vous employer demain en CDI de projet qui n’a de CDI que le nom puisque vous pourriez être licencié dès la fin de la tâche confiée. Cela pouvant se produire à tout moment et sans l’application des droits liés à un licenciement économique. Vous n’auriez aucune indication précise sur la fin de votre contrat. Comment construire votre avenir, obtenir un logement ou un crédit bancaire face à une telle incertitude ?

La mobilité… forcée

Votre employeur pourrait vous muter sur un autre site de travail situé à 50 km ou augmenter votre temps de trajet de 45 minutes avec comme conséquences une forte amplitude de votre journée et des frais de transport accrus. En cas de refus de votre part, direction la porte ! Le chantage à l’emploi, l’arme pour déréglementer
Déjà aujourd’hui, au nom de la compétitivité et sous prétexte de crise, la plupart des entreprises, quelle que soit leur situation financière, exercent le chantage à l’emploi (gel des salaires, augmentation des cadences et des amplitudes de travail, recours aux contrats précaires…) mais elles sont obligées de respecter les clauses de votre contrat de travail.

Demain, le Medef veut se débarrasser des clauses individuelles du contrat de travail : dès lors qu’un accord collectif serait passé dans l’entreprise pour soi disant « préserver l’emploi », tout salarié serait contraint d’accepter une baisse de son salaire, une modulation du temps de travail, un changement d’affectation de son lieu de travail, une détérioration des conditions de travail…

Alors qu’aujourd’hui votre entreprise ne peut agir ainsi sans votre accord, demain en cas de refus vous seriez licencié pour motif économique mais sans reclassement et avec des indemnités minorées. Vous seriez en plus privé de votre droit de recours devant un juge !

Droit du travail : la Jungle contre l’État de droit !

…Et si on pouvait faire travailler gratuitement !


Aujourd’hui, vous avez 5 ans pour réclamer les salaires payés ou contester tout manquement de votre employeur. Le patronat veut ramener ce délai de prescription à 18 mois.
CE, CHSCT : des moyens d’intervention réduits

Aux yeux du Medef le comité d’entreprise et le CHSCT constituent une entrave à la liberté de gestion des employeurs. Le Medef veut donc réduire leurs prérogatives.

Plus de chômeurs moins d’indemnités

Aujourd’hui, moins d’un salarié sur deux est indemnisé par l’allocation chômage, les femmes, les jeunes ayant peu travaillé sont les plus pénalisés. C’est l’état, avec l’argent public, qui vient de plus en plus en aide aux chômeurs par l’attribution de diverses allocations : les entreprises licencient, la collectivité paie ! Le patronat veut bien revoir le mécanisme d’indemnisation des chômeurs… mais à coût constant. Autrement dit, ceux qui sont indemnisés devront accepter une diminution de leurs droits pour que d’autres en bénéficient.
Pour le patronat, c’est aux salariés de se débrouiller des conséquences de la crise !

Pour la CGT : C’est NON  ! Face à l’urgence sociale, à la précarité galopante, à l’explosion du chômage ; il faut des garanties nouvelles pour les salariés, des emplois stables et bien rémunérés, des droits nouveaux d’interventions sur la stratégie des entreprises, un parcours professionnel attractif et sécurisé, une protection sociale de haut niveau.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede altersocial » 12 Jan 2013, 20:34

Discrimination
La Cgt manifeste pour l’égalité
vendredi 11 janvier 2013

La CGT intervient depuis longtemps sur les questions liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le projet de loi portant sur l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe est l’occasion de marquer notre engagement pour gagner l’égalité pour les Lesbiennes, Gays, Bi et Trans (LGBT). Gagner l’égalité et le mariage pour tous, c’est aussi obtenir des droits dans l’entreprise et pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi.

La participation de la CGT à la lutte contre les discriminations, pour l’égalité maintenant et plus particulièrement dans la période à propos du projet de loi sur le mariage pour tous et toutes, n’est ni un effet de mode ni un supplément d’âme à donner le change. D’ailleurs nous revendiquons au travers de nos repères revendicatifs « l’égalité d’accès aux droits et le droit effectif à la non discrimination.

Le mariage permettra l’égalité de droit pour les couples de même sexe, ainsi les salariés gays et lesbiennes pourront par le mariage obtenir la pension de réversion, les congés pour événement familiaux, etc.

Aujourd’hui le PACS et le mariage donnent des droits différents, en particulier en termes de succession et de filiation. Un PACS « amélioré » qui ne serait ouvert qu’aux couples de même sexe n’aurait pas de sens. De même que le PACS est ouvert à tous les couples, hétérosexuels et homosexuels, nous réclamons l’accès au mariage pour tous les couples, et non pas une loi spécifique pour les couples de même sexe. Tous les couples doivent avoir le choix de se pacser, de se marier ou de vivre en concubinage selon leur projet de vie.

Enfin, le mariage pour tous, n’ouvrira pas des droits en plus mais affirmera une égalité des droits pour tous les citoyens quel que soit leur orientation sexuelle.

Le combat pour l’égalité fait avancer les droits pour tou-te-s. C’est par l’engagement de chacune et chacun que nous le gagnerons.

La CGT dit Oui aux avancées de société qui font gagner des droits dans l’entreprise.

Elle appelle donc les salariés à participer aux manifestations qui se dérouleront partout en France, le 19 janvier dans de nombreuses villes de province et le 27 janvier à Paris.

Montreuil, le 11 janvier 2013
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nyark nyark » 06 Fév 2013, 23:20

dimanche 3 février 2013
Stratégie du chaos: quand les partisans de Collon sèment le brun dans la CGT
Le numéro de novembre-décembre 2012 du journal « la Fédération » (publication destinée aux syndiqués de la Fédération CGT des salariés des activités postales et de télécommunications) faisait la promotion, en « 4eme de couverture », du livre « La stratégie du chaos », de Michel Collon et Grégoire Lalieu, aux éditions Investig’action et Couleurs Livres.

Le propos de Michel Collon est classique, classique d'une certaine extrême-droite, qui s'est illustrée ces dernières années dans la défense des dictatures ou le soutien à la liberté d'expression des négationnistes, sous couvert de rébellion contre « la pensée unique » ou d' « anti-impérialisme ». Collon s'auto-proclame journaliste, mais a surtout joué ces derniers temps les supplétifs des propagandistes du régime d'Assad ou de Kadhafi. On l'a trouvé dans des manifs prétendûment anti-guerre, aux côtés de négationnistes notoires comme les membres de l'association Entre La Plume et l'Enclume.

Evidemment nous avons été quelques-uns à tomber des nues et à chercher pendant plusieurs semaines comment la promotion d'un auteur tel que Collon avait pu se retrouver dans un journal syndical diffusé à des dizaines de milliers d'exemplaires.

La réponse est venue dans un compte-rendu de la dernière Commission exécutive de la Fédé en question, où l'on trouve l'intervention suivante de Christian Mathorel, responsable CGT à France Telecom, intervention qui n'a manifestement donné lieu à aucune réaction.
« Sur la guerre au Mali, je partage ce qui a été dit et je pense que l’on a besoin d’un éclairage pour nous et pour les salariés sur la réalité de la situation.
Il y a par exemple un livre que l’on a proposé dans le journal fédéral du mois dernier qu’il faut absolument que vous lisiez et qui peut aider à comprendre ce qui se passe. C’est « la stratégie du chaos » de Michel Collon (qui anime également un site internet très instructif « investig action ») et qui explique toute l’histoire et l’actualité de l’impérialisme, sa stratégie et sa logique au moyen Orient et en Afrique, le renforcement des tensions et des enjeux avec l’arrivée dans le jeu des acteurs (USA, France, Grande Bretagne) de La Chine….. Je pense qu’il faut lire ce livre qui commence d’ailleurs par : « Ce n’est pas à la télé que vous aurez les vrais informations qui vous permettrons de vous faire votre propre idée sur ce qui se passe réellement au Moyen Orient et en Afrique ».

Si la promotion du livre de Collon dans le journal de la Fédération est sans doute l’initiative donnant le plus large écho à un « homme passerelle » entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite, la CGT en a connu d’autres. Pierre Cassen, fondateur de Riposte Laïque était ainsi syndiqué de la Filpac, la Fédération du livre, jusqu’à son exclusion en juin 2011, soit plusieurs années après la dérive fasciste de Riposte Laïque, et même plus d'un an après sa participation officielle à l'Apéro Saucisson Pinard avec des organisations violentes d'extrême-droite comme le Bloc Identitaire.

La réaction de la direction de la CGT à l'époque aura été si lente que Pierre Cassen, aura pu, en janvier 2011, en mettant en avant son propre statut de militant de la CGT, donner la parole à Fabien Engelmann, secrétaire d'un syndicat d'employés de la fonction publique territoriale, candidat du FN et finalement exclu par sa fédération syndicale.

Faudra-t-il attendre que les militants diffusant la propagande de Collon au sein de leur syndicat s'affilient nommément à un parti fasciste pour que la CGT réagisse ? Faire la promotion d'un auteur qui défend Dieudonné, qui a participé avec des fascistes notoires comme Meyssan à l'Axis for Peace, qui a co-signé un livre (Israël , parlons-en) avec le biographe hagiographe de Faurisson , Paul-Eric Blanrue ne suffit-il pas ?

En tout cas, Christian Mathoret, figure médiatisée de la CGT du secteur Telecoms et candidat à la commission exécutive confédérale au prochain congrès de Toulouse, n'est pas le premier à mettre Michel Collon en avant.

On trouve des liens vers le blog de Michel Collon sur le site de l’Union syndicale de l’intérim, celui de l’UL de Tourcoing. Plusieurs UL du Pas de Calais invitaient fin 2011 à une conférence de Michel Collon à Isbergues, on trouve des reprises de texte de Michel Collon sur le site du syndicat CGT de l’Hôpital de Vienne ou de la CGT Randstad…

On trouve des militants CGT partageant ouvertement les positions de Michel Collon, c’est par exemple le cas de Jacques Lacaze, secrétaire de l’UL de Liévin, ex PCF et PRCF (http://jacques.tourtaux.over-blog.com.o ... 10190.html)

Comment est-il possible que dans une confédération comme la CGT le journal officiel d’une fédération ou le site internet d’une union locale fasse la pub de ce type d’ouvrages ?
Poser cette question revient à s’interroger sur les pratiques syndicales et les analyses qui les sous-tendent. Nul doute que des salariés, et parmi eux de nombreux syndiqués, trouveront matière à travailler aux réponses de manière plus précise et concrète.
Cela dit, nous pouvons risquer quelques pistes, sans nier la complexité des racines d’un tel phénomène ou l’existence de plusieurs niveaux ou réseaux d’explications.

Il y a d'abord la manière dont fonctionne la CGT et nombre de ses structures.
Les décisions et informations restent très centralisées, en particulier dans les structures fédérales. Comme cette centralisation alourdit la charge de travail des dirigeants syndicaux, il y a une tendance à faire confiance sur certaines questions et tâches, souvent jugées moins importantes, à des militants sans forcément en savoir très long sur leurs convictions réelles, leurs pratiques, leurs engagements. Idem sur les candidatures à de hautes responsabilités : les délégués votent dans la majeure partie des cas pour des camarades dont ils ne connaissent rien ou pas grand-chose. On peut donc tomber sur le meilleur comme sur le pire.
Les sites d’une union locale ou d’un syndicat ou sa page facebook d’ailleurs sont souvent animés par une seule personne, et personne d’autre n’a le temps ou ne voit l’importance d’une réflexion collective sur le contenu…

Bref, quelques militants bien formés et organisés en réseau n'auront guère de difficultés à imposer leurs thématiques et à faire la promotion d'une tendance politique ou d'une autre, surtout lorsqu'il s'agit du champ para-syndical, des questions sociétales ou internationales, que le salarié investi à fond sur les luttes de classe n'aura pas le temps de creuser. Et aujourd'hui, avec la montée en puissance d'une mouvance politique rouge-brune, il n'est au fond pas étonnant qu'une offensive de leur part touche la CGT.

Pourquoi ce discours rouge-brun passe ? On peut trouver des éléments de réponse dans la manière dont le fascisme est appréhendé par la CGT. Il est indéniable que la volonté existe de combattre l’extrême-droite, le racisme, les discriminations…
Mais les impulsions données sont souvent très vagues, peu concrètes. Et autant la lutte contre le racisme, le sexisme et l’homophobie existe, du moins pour l’affichage de façade confédéral, autant la CGT est relativement muette sur l’antisémitisme, et peut publier dans son bimensuel un article sur Auschwitz sans écrire une seule fois les mots « Juifs » ou « antisémitisme »…
Sur l’histoire et la mémoire, du travail est fait, en particulier dans les instituts d’histoire sociale, mais les périodes peu glorieuses de la CGT ont tendance à ne pas être creusées. On met en avant la partie de la direction confédérale qui a résisté sous le régime de Vichy et l’Occupation, mais on se pose nettement moins la question de savoir comment un dirigeant CGT de premier plan est devenu Ministre du Travail de Pétain . On informe sur le 17 octobre 1961 ces dernières années (ce qui est une bonne chose), mais en passant plus que vite sur la faiblesse des réactions syndicales au lendemain de l’évènement.
On trouve des responsables syndicaux démunis face à des militants faisant part d’opinions racistes, nationalistes, xénophobes ou antisémites… Ce n’est pas une généralité, ça dépend vraiment « sur qui on tombe », et de nombreux militants combattent au quotidien les manifestations du phénomène, mais souvent individuellement, sans vision d’ensemble ou sans pouvoir en débattre collectivement dans leurs structures.

La formation politique, autrefois bien souvent assurée, avec tous les défauts qu’on peut y trouver, par le PCF, est largement insuffisante aujourd’hui, pour ne pas dire parfois inexistante (manque de temps ou de moyens d’un côté, volonté de contrôle des bureaucraties à qui ça convient…). En conséquence, nombre d’infos et de débats n’atteignent pas l’ensemble des syndiqués ni mêmes des syndicats ou sections syndicales.
Par ailleurs, la réflexion confédérale de la CGT (et la plupart des syndicats ne sont pas allés plus loin non plus) n’a porté que sur le FN, au moment de l’affaire Engelmann ou au moment d’élections politiques.
L’exclusion du leader de Riposte Laique est restée confidentielle et n’a été rendue publique par son syndicat qu’un an après, parce que Cassen se vantait (comme un syndicaliste de FO également militant de Riposte Laïque) d’avoir claqué la porte de lui-même.
Et sur l’affaire Engelmann, l’analyse courante, c’est de voir ça comme un « noyautage » par le FN, donc comme la stratégie d’éléments extérieurs au syndicalisme, quant il s’agit au contraire du glissement de syndicalistes vers l’extrême-droite, glissement facilité par le nationalisme économique que portent une partie des dirigeants CGT (et de l’extrême-gauche en général) et par des visions et pratiques syndicales fréquemment en décalage avec les réalités sociales et économiques des dernières décennies.

Il existe donc des syndiqués de base tout comme des dirigeants qui adhèrent à des thèses d’extrême-droite. On le dit peu mais il n’y a pas que la section syndicale de Fabien Engelmann qui penchait ou penche toujours pour le FN.

De plus, il ne suffit pas d'afficher son opposition au FN ou aux fascistes en général, encore faut-il aussi combattre les idées de cette extrême-droite MEME quand elles n'émanent pas de ce qui est déjà étiqueté extrême-droite officielle.
Car des militants comme Collon savent bien utiliser les failles du corpus idéologique de la gauche et de l'extrême-gauche.
Malheureusement, il suffit souvent de mettre en avant quelques concepts bien vus et jamais questionnés pour faire passer la pire propagande fasciste.

Ainsi, il suffit d'en appeler à l' « anti-impérialisme » et à la lutte « contre les guerres occidentales », pour faire passer un appel à une manifestation où seront présents les soutiens des dictatures et des négationnistes. Or l'anti-impérialisme en France, depuis des années n'est le plus souvent que l'autre nom du soutien aux pires régimes autoritaires.
Ainsi, il suffit de taper sur Israel et de se déclarer « antisioniste » pour avoir un succès fou chez les lecteurs de gauche avec un bouquin où l'on a va entre autres donner de la place à un Paul Eric Blanrue, hagiographe du négationniste Faurisson et par ailleurs lié à l'extrême-droite depuis sa prime jeunesse.Or l' « antisionisme » en France depuis des années n'est que l'autre nom de l'antisémitisme, utilisé par des tendances politiques qui n'ont jamais aucun problème avec les autres nationalismes, bien au contraire


Ainsi il n'est pas très compliqué de faire passer les pires discours nationalistes et chauvins sous couvert de la défense de « nos » emplois et de « nos » entreprises face à la vilaine mondialisation.
Ainsi, le corporatisme, au sens d’identité des intérêts du patronat et des salariés, se fraye un chemin au travers du discours sur les petites entreprises, où le patron « travaillerait » autant que ses employés et serait lui aussi victime des grosses entreprises.

L’égalité est une valeur progressiste de base, on le voit a contrario à la vigueur des mobilisations réactionnaires ou fascistes contre le mariage pour tous ou le droit de vote des étrangers. Mais l'égalité et la solidarité de classe sont une bataille exigeante au quotidien, et elle n’est pas toujours menée : des syndicats refusent l’adhésion de sous-traitants ou ignorent les précaires présents en nombre conséquent, depuis des années et de manière permanente dans l’entreprise. Les "blagues" ou lieux communs à fond raciste, antisémite, sexiste ou homophobe sont loin d’être relevés systématiquement.

Trop souvent, l'activité syndicale se résume à deux champs complètement séparés : d'un côté la défense des droits au quotidien, et l'activité de lutte de classe qui absorbe évidemment le temps et l'énergie de beaucoup de militants. De l'autre côté, l'activité d' « élargissement » sur des questions de fond plus globales, qui se résume bien souvent au vote de motions de « soutien » à telle ou telle position politique sur tel ou tel sujet d'actualité, à l'investissement dans une publication syndicale ou dans telle association dépendant de l’organisation syndicale.

Bien souvent, ces activités là sont squattées par des militants politiques dont l'investissement dans la CGT est avant tout conçu comme un moyen d'influencer le syndicat dans le sens des positions spécifiques de leurs organisations. Ils utilisent tous les outils possibles à cet effet (sites internet, journaux, listes mails), puisqu'ils ont le temps de le faire, ces militants étant rarement investis en même temps sur le champ des luttes dans sa boite ou son quartier.

Les militants du PRCF et de toutes les autres petites boutiques par ailleurs liées aux fascistes comme Collon ou Jean Bricmont sont bien dans cette logique mûrie et réfléchie depuis de longues années. Ils savent au mieux profiter des moyens de la CGT.

Mais leur exclusion, nécessaire si l'on a un minimum de cohérence politique, ne suffira pas à régler le problème.

A un moment donné, c'est à chaque syndicaliste, à chaque structure de base de comprendre que des luttes comme l'antifascisme ou la solidarité internationale, sont des points d’appui très forts pour aller vers cette « transformation sociale » que revendique officiellement la CGT.

Mais l’antifascisme et la solidarité internationale ne se font pas, dans le syndicat, par des déclarations de principe, mais par des actions concrètes et des discours clairs qui permettent à chacun de se saisir des enjeux et qui n’offrent pas de prise aux idées fascistes.

Ainsi sur le Mali, rien n'interdit aux syndicats qui se sentent concernés d'agir concrètement notamment en soutenant la lutte des travailleurs sans papiers présents ici, en relayant les mouvements sociaux importants de ces derniers mois, notamment dans l'enseignement, ou en lançant des campagnes de pressions sur nos gouvernements pour obtenir que des fonds soient enfin débloqués pour faire barrage à la famine qui ravage le Sahel aussi gravement que les groupes intégristes.

Une dernière chose : nous savons d'emblée que des camarades nous reprocheront à la fois d'avoir mis ce débat sur la place publique et de rester anonymes.

Sur le premier point, les affaires Cassen et Engelmann et la manière dont elles ont été traitées nous a suffisamment instruits : nous savons bien qu'en vertu d'une certaine culture du consensus, jointe à la peur de « créer du conflit et d'affaiblir nos structures alors qu'il y a des priorités », la passivité reste malheureusement de rigueur tant qu'il n'y a pas le feu au lac, c'est à dire tant que les débats ne sortent pas du niveau interne.

Sur le second point, malheureusement, nous sommes aussi très réalistes sur le rapport de forces entre nous et la tendance rouge-brune au sein de la CGT : nous savons que nous nous attaquons à des militants organisés, avec des moyens de nuisance nombreux et bien installés dans la structure syndicale. Nous savons aussi que ces militants se moquent éperdument de la lutte des classes, du quotidien syndical et seront prêts à tout mettre en œuvre pour écraser les salariés syndiqués qui se mettent en face d'eux, sans évidemment tenir aucun compte de l'importance de leur activité de lutte quotidienne. Or nous ne sommes « que » cela, des militants syndicaux ayant fait le choix de rester des salariés comme les autres.

La CGT n’hésite pas à revendiquer les responsabilités particulières que lui confère sa place de 1ère organisation syndicale. Nous verrons comment elle les assume face à la montée de l’extrême-droite et à la contamination et la propagande en son sein d'idéologies fascistes.

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Kzimir » 07 Fév 2013, 13:31

A voire, une magnifique émission de C dans l'air sur la CGT, en présence d'une dame visiblement mal préparée (à la fois, inviter quelqu'un de la fédération santé pour parler de PSA ...). On sent bien le côté revendicatif d'une direction confédérale qui ne lâche rien, et qui ose pousser les interlocuteurs patronaux et droitiers dans leurs retranchements. J'ai particulièrement aimé quand ils expliquent que la tâche du futur secrétaire sera de faire à la CGT ce qu'Edmond Maire et Nicole Notat ("une grande syndicaliste") avait fait à la CFDT. Alors certes, il bénéficie d'un soutien un peu ténu de la part d'une base pas trop raisonnable (on le voit bien avec l'affaire Aulnay), mais est ce réellement un mal ? A la fin un économiste quelconque se permet de justifier l'existence de la CGT : Heureusement qu'elle est là pour canaliser, sinon les gens en colère seraient vraiment pas raisonnables. Ouf, je suis rassuré ...

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pti'Mat » 11 Fév 2013, 11:29

Contribution des CSR au 50ème congrès CGT

Les comités syndicalistes révolutionnaires se définissent comme une tendance syndicale dont le but n’est pas de se substituer aux syndicats mais de contribuer à alimenter le débat nécessaire dans toutes nos structures syndicales. Notre projet est cohérent parce qu’il est basé sur la nécessaire reconquête d’outils syndicaux permettant au syndicalisme confédéré de passer à l’offensive contre le capital : syndicalisme interprofessionnel (renforcement et développement des UL), syndicalisme d’industrie (création et renforcement de syndicats de branche locaux pour faire vraiment vivre les statuts : pas de syndiqué sans syndicat), sociabilité prolétarienne (sports, loisirs, culture, consommation anticapitaliste, logement, etc.) par l’animation d’associations, de mutuelle et de coopératives agissant sur tous ces terrains mais liées au mouvement syndical. Une stratégie qui veut donc renouer avec les racines de la CGT, avec ses fondements politiques.

Ce sont ces outils, coordonné au sein de la confédération, qui prépareront demain l’offensive nécessaire pour se débarrasser du capitalisme et qui permettront au prolétariat de construire, enfin, le Socialisme : le syndicat comme organe de pouvoir et de gestion d’une société sans exploitation et sans discrimination.

En 2009, pour la préparation du 49ème congrès confédéral, notre courant s’était exprimé avec un réel optimisme. Le document de congrès exprimait une certaine prise de conscience de la crise que traversait notre confédération. Des résolutions proposaient des solutions concrètes pour répondre à cette crise. Malheureusement, la majorité des militants, des syndicats et des responsables de fédérations et d’UD ne se sont pas emparés de ces résolutions. C’est une toute autre politique qui a été suivie, la politique de l’autruche !

Une prise de conscience superficielle

Le 48ème congrès avait tiré un bilan de la fragilisation de nos Unions Locales. Le 49ème congrès faisait le même constat pour la majorité des syndicats CGT. Cette prise de conscience était d’autant plus importante que notre organisation était sur le point, comme chacun le savait, d’engager une bataille fondamentale, celle des retraites. Ainsi les deux derniers congrès confédéraux avaient marqué une véritable avancée dans le constat.

On pouvait donc s’attendre à ce que nos structures se réorganisent rapidement pour se préparer à la bataille. L’urgence était donc à programmer les assemblées générales ou les congrès de syndicats (résolution 4 du dernier congrès). C’était l’occasion d’unifier cette multitude de petits syndicats désorganisés et isolés dans des syndicats professionnels locaux bien plus forts. C’était l’occasion de les impliquer dans leur Union Locale et donc préparer la future mobilisation dans les territoires. C’était l’occasion de reformer des équipes militantes soudées, fonctionnant réellement sur une base collective. C’était surtout l’occasion de se rappeler que la CGT n’a jamais eu vocation à s’enfermer dans le syndicalisme d’entreprise. Bref c’était l’occasion de regrouper ses forces, de les réorganiser en vue d’une bataille de classe fondamentale. Rien de tout cela ne fut fait ! La défaite était donc programmée. La grève est ainsi restée isolée, là où il existait des syndicats réellement implantés. Ailleurs, la grève fut un mythe, les manifestations rassemblant des travailleurs en RTT, en heures de délégations, en congés ainsi que des étudiants et des retraités. Les cortèges étaient imposants mais ne regroupaient que des individus non organisés car non confédérés. Or une grève générale c’est tout l’inverse d’une masse de protestataires désorganisés.

La CGT sous-traite sa stratégie aux politiciens

Malgré l’évidence de nos carences pour gagner une bataille revendicative essentielle, la CGT continua alors de fonctionner comme avant. Chacun se replia sur la petite routine de son mandat syndical et de ses institutions représentatives du personnel. Aucun bilan ne fut donc tiré de la défaite des retraites. Ce qui aurait permis un débat sur la stratégie des luttes : comment faire pour gagner la prochaine fois ? Quels outils syndicaux nous font défaut ? Et maintenant nous sommes face à une nouvelle vague de licenciements, de désespérance, et d’austérité et nous n’avons fait aucun pas en avant ! Les résolutions du 49ème congrès furent vite oubliées et la nouvelle actualité fut imposée par les échéances politiciennes. La précipitation à soutenir des candidats à l’élection présidentielle fut d’autant plus importante que chaque syndicat était dans l’incapacité de produire lui-même une réflexion politique. Quand l’organisation syndicale ne réfléchit plus, elle est automatiquement attirée par les démagogues. On assista donc à un grand moment de bouffonnerie. Des syndicalistes qui font campagne pour des gens qui sont sensés représenter le monde du travail, en l’occurrence des candidats qui ont du travailler 6 mois dans leur vie !

Comment est-on tombé aussi bas ? Tout simplement parce que nous avons abandonné cette culture du travail qui était le ciment idéologique de la Confédération Générale du Travail depuis ses origines. La CGT représentait le monde du travail face aux parasites. Elle collectivisait les connaissances des producteurs. Ces connaissances devaient permettre de transformer les rapports de production, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de gérer les usines et les services. Aujourd’hui cette dignité ouvrière est abandonnée. On préfère soutenir la campagne électorale d’un énarque ou bien celle d’un vieux sénateur social-démocrate pris d’une subite hystérie gauchiste. Les militants de la CGT ne croient plus en eux-mêmes, ne croient plus en leur classe. Ils en sont réduits à aller demander à des notables de changer la société à leur place.

Après les élections bourgeoises, les élections confédérales !

Certains responsables eurent le courage d’exprimer des doutes sur la « gouvernance » confédérale. Des responsables d’Unions Départementales et de Fédérations soulignèrent que les modalités de décisions respectaient de moins en moins le fédéralisme. Que le Bureau confédéral était sous la pression permanente de « conseillers » et « d’experts » qui n’avaient pas été élus par les structures légitimes.

Cette petite caste menacée fit alors tout son possible pour imposer la désignation comme prochain(e) successeur de Bernard Thibault d’une personnalité docile. La majorité des Unions Départementales et des Fédérations refusa ce passage en force. On aurait pu penser que ce conflit allait redonner une culture du débat et de l’autocritique dans nos rangs. Ceci n’est malheureusement pas le cas. Quelques promesses ont été faites discrètement sur les pratiques démocratiques de la future « direction » confédérale. Ces promesses ont servi à rassurer bien des UD et des Fédérations et à présenter une unité de façade lors d’un dernier CCN décisionnaire sur la succession. Ce ralliement fut certainement trop précipité car des responsables nationaux, jugés pas assez dociles, ont été entre temps évincés.

Nous nous inquiétons du poids grandissant des opportunistes qui ne pensent qu’à se placer en échange d’une extrême docilité. Ce ne sont pas les seuls à avoir gravi les échelons confédéraux en s’appuyant plus sur leur soumission que sur leur expérience syndicale. Mais l’augmentation de ce type de responsables a pour conséquence de désorganiser la maison confédérale, de rendre des structures totalement inefficaces car gérées par des incompétents notoires. Nous nous inquiétons également de la stratégie de repli de nombreuses UD et Fédérations sur le champ territorial ou professionnel. Les forces centrifuges deviennent très fortes et la démoralisation et le repli sur soi créent une atmosphère de tensions internes et de conflits entre de nombreuses structures. L’urgence est de relancer le débat stratégique dans la confédération. Non pas par la polémique et par l’insulte, mais en renouant avec le débat fraternel à tous les niveaux de l’organisation.

Retrouver nos repères et nos outils syndicaux

Le 50ème congrès doit être tout sauf une commémoration ou un congrès de façade ne servant qu’à introniser un nouveau secrétaire général. L’état de santé de la confédération nous apparaît tellement préoccupant qu’il n’est pas possible de persévérer dans la politique de l’autruche. Or les documents de congrès vont bel et bien dans ce sens. Les textes se satisfont de « l’évolution » de la CGT et se limitent à proposer d’intensifier les efforts. Nous pensons au contraire que la CGT doit réaliser sa révolution interne en sortant de sa routine. La CGT continue de se retrancher sur ses bastions traditionnels avec pour seuls outils de défense les statuts et l’Etat providence. Malgré les beaux textes votés en congrès, la majorité des militants se refuse à voir la réalité du salariat du XXIème siècle. Les salariés des grandes entreprises et des services publics sont désormais très minoritaires. La défense du statut est perçue comme un mot d’ordre dépassé, lié aux « Trente Glorieuses » (1945-1975). Cela ne correspond pas au vécu des jeunes travailleurs. Ce statut (celui de la fonction publique comme celui des grandes entreprises ou des services publics qui ont été nationalisés) ne peut plus être défendu comme il l’a été jusqu’aujourd’hui : ni avec les mêmes arguments ni avec les mêmes perspectives.

Cette déconnexion d’avec la réalité inquiète les responsables CGT et les empêche d’aller à la syndicalisation de la jeunesse. La campagne pour les TPE en a été la démonstration. Dans les grandes UD, aucun effort réel n’a été entrepris dans ce sens, malgré les beaux discours sur la jeunesse, le salariat féminin, la précarité, etc.

Cette incapacité à s’adresser au « nouveau » prolétariat vient d’un problème d’organisation. Pendant les « Trente Glorieuses », la CGT s’est réorganisée sur la base du syndicat d’entreprise. Elle s’est donc focalisée sur le salariat à statut en laissant de côté le reste du salariat. Elle a donc marginalisé les conventions collectives au profit des statuts et des NAO. Mais depuis les années 1970 la bourgeoisie a changé de mode de gestion de la main d’oeuvre. Selon le modèle toyotiste, elle a explosé les équipes de travail en développant la filialisation, l’externalisation, la sous-traitance, l’intérim, le salariat détaché et les contrats précaires.

Dans la CGT, les syndicats d’entreprise ont été créés avec l’illusion que la majorité des travailleurs allait intégrer les services publics ou une grande entreprise. C’est tout l’inverse qui s’est produit ! Les syndicats d’entreprise ne sont donc pas en capacité d’intégrer les jeunes travailleurs à la CGT. La CGT est une véritable passoire où ce salariat adhère et s’en va sans pouvoir s’impliquer dans la vie de l’organisation. Et les cas ne sont pas rares où ce salariat n’arrive même pas à se syndiquer à la CGT ! Le rapport d’activité (page 12) n’hésite pas à détailler cette réalité. Sur les 2 778 adhésions individuelles réalisées sur le site confédéral, seuls 400 de ces nouveaux adhérents ont pu trouver un syndicat d’accueil ! Comment expliquer une telle situation alors que le 49ème congrès avait décidé que chaque syndicat devait tenir un congrès ou une assemblée générale afin de définir son champ de syndicalisation (resté limité à une entreprise ou élargir les adhésions au-delà de l’entreprise) avant décembre 2011 ! Très peu de syndicats ont appliqué les décisions de congrès. La raison est évidente : la grande majorité des 24 000 syndicats de la CGT (pages 13 : « 50% des bases ont moins de 10 syndiqués ») n’ont même plus les forces ou le savoir-faire pour convoquer une assemblée générale. La plupart n’ont plus aucune activité collective et se limitent à envoyer des élus aux réunions DP et CE, sans les mandats du peu d’adhérents qui restent.

Tout le monde le sait, mais c’est encore la même politique de l’autruche. Car les UD et les Fédérations avaient également la responsabilité d’aider à l’organisation de ces congrès et assemblées générales. Quelles sont celles qui ont réellement appliqué le mandat ? Les constats faits aux 48ème et 49ème congrès confédéraux étaient primordiaux. Quand donc les points d’étape ont été sérieusement faits et débattus par les deux organismes directeurs principaux de la CGT que sont la direction confédérale (la CE) et le CCN ? Quand donc la sonnette d’alarme a été tirée et l’implication de tous ces dirigeants exigée pour l’application des importantes résolutions sur les syndicats votées au 49ème congrès ? Voilà le principal bilan de la direction confédérale sortante ainsi que celui de nombreuses directions de fédérations et d’UD. Pourtant, dans les Fédérations du Commerce-Services et de la Construction-Bois-Ameublement, les expériences de syndicats professionnels et de site ont été couronnées de succès.

Ailleurs, on se retrouve donc dans la situation de 2009 avec une CGT passoire, avec 80 000 adhérents de la CGT qui n’ont pas de syndicats, c’est à dire ne sont pas syndiqués ! On nage en plein délire et cela ne choque personne au quotidien et on continue de nous parler de syndicalisation, de qualité de vie syndicale, de la perspective du million de syndiqués, etc. On marche sur la tête. Et c’est cette mascarade que nous propose le document d’orientation.

Le 50ème congrès : reconstruire la CGT par le bas

Alors oui on pourrait se limiter à dénoncer l’orientation politique de la CGT ou attaquer violemment la « bureaucratie ». On pourrait se faire plaisir comme malheureusement beaucoup de camarades « oppositionnels » le font. Mais la situation nous apparaît trop grave pour perdre notre temps. Car tous ces discours radicaux n’ont aucun sens tant que la CGT ne retrouvera pas un fonctionnement démocratique et fédéraliste, c’est à dire si ces débats sont réellement portés par les syndiqués et non pas par une poignée de dirigeants. Cette « qualité de vie syndicale » n’est possible que si elle repose sur des syndicats qui fonctionnent. C’est à dire des syndicats qui ont assez de militants formés pour animer de vrais bureaux, de vraies commissions exécutives, de s’investir dans leur UL-UD et dans l’activité de leur fédération, mais aussi de débattre de stratégie et donc de définir un projet de société.

Nous le disons clairement : 6 délégués et 4 adhérents dans une entreprise, ça ne s’appelle pas un syndicat mais une amicale ! De quelles forces dispose-t-on dans cette situation ? La politique se limite à parler des problèmes de la boite et de temps à autre, de citer Che Guevara, Melenchon ou Besancenot pour se faire plaisir. Mais personne n’est dupe, on se limite en fait à résister à son patron sans vraiment remettre en cause la gestion patronale, ni dans l’entreprise, ni au niveau de la société capitaliste. Cette capacité à combattre le capitalisme, à définir une stratégie à partir d’un projet de société, on ne l’obtient qu’avec un puissant syndicat réellement intégré à ses UL-UD et à sa fédération. C’est-à-dire un syndicat en situation de mener véritablement une politique offensive. Cette contradiction est flagrante dans le travail réalisé par des syndicats, des UL, des UD et des fédérations sur la question industrielle. Ce travail riche et important a mis en lumière le manque de coordination entre toutes ces structures, la réelle difficulté à y impliquer les syndiqués. Or les propositions avancées ne passeront pas le cap du papier si elles ne rencontrent pas les outils syndicaux adaptés pour passer à l’offensive comme nous y invitent ces mêmes propositions. Elles ne pourront pas modifier le réel. C’est l’outil qui manque à l’esprit de la démarche engagée contre la désindustrialisation.

Depuis les années 1920 nous sommes pollués par l’idéalisme, c’est-à-dire par la croyance que la politique se mène principalement au niveau des idées : c’est à celui qui saura le mieux manier les mots, les concepts, les brillantes analyses, etc. Comme les fondateurs de la CGT, nous pensons tout l’inverse. Nous sommes des matérialistes et nous estimons donc que les idées sont le produit des conditions matérielles. Une organisation qui dysfonctionne ne peut produire que des réflexions qui manquent d’impact social réel, c’est-à-dire qui ne modifient pas réellement le rapport des forces. Quand des idées justes s’emparent des travailleurs, que ceux-ci se les approprient alors ces idées deviennent des forces matérielles, des forces réelles qui changent la société et donc les conditions de vie des travailleurs.

Le problème fondamental de la CGT ne réside pas dans ses idées (ses revendications, ses arguments, etc.). Il réside dans le fait que la désorganisation, la faiblesse des structures syndicales et leur décalage face à la réalité du prolétariat (constats faits lors du 49ème congrès) font que ces idées ne peuvent se transformer en force matérielle agissante sur la réalité sociale vécue par les travailleurs. Nous n’avons pas, nous n’avons plus, l’outil suffisamment efficace pour cela. C’est ce qui explique la pauvreté des débats dans notre confédération. Cela devrait tracer la feuille de route de toute direction syndicale dans la CGT : du syndicat, de l’UL, de l’UD, de la fédération, de la confédération.

Ceci est vrai pour la stratégie, la réflexion, l’organisation et la vie démocratique de la confédération. La maison confédérale ne repose pas sur la personnalité de quelques grands dirigeants, comme les médias bourgeois tentent de nous le faire croire. La maison confédérale repose sur ses fondations : les syndicats confédérés. Si les syndicats sont fragiles et instables, comme c’est actuellement le cas, les fondations s’affaissent. Elles emportent avec elles les piliers (les UL, UD et fédérations) et la maison confédérale. C’est cette situation matérielle que nous constatons dans notre action quotidienne. Très peu de structures fonctionnent convenablement, à tous les niveaux.

La priorité est à l’application des décisions prises au 48ème congrès (renforcer les UL) et surtout du 49ème congrès (concernant les syndicats). Nous devons stabiliser et renforcer nos fondations. C’est cela « reconstruire la CGT par le bas ». C’est cela qui lui garantira de garder son caractère de classe. La richesse et la tradition militantes dans la CGT sont des atouts d’une grande valeur pour y arriver. Nous appelons tous les militants de la CGT à se poser, à réfléchir sans faux fuyant à l’état réel du prolétariat, à l’état réel des outils syndicaux où ils militent, à débattre collectivement maintenant, sans tarder, à cela. Car là résident selon nous les coordonnées principales de l’issue de la lutte des classes. Si ce travail collectif de réflexion et d’action pour « reconstruire notre CGT par le bas » est vraiment engagé, alors oui, la peur va changer de camp !

Nous appelons donc tous les militants de la CGT à faire respecter les décisions de congrès, c’est-à-dire à convoquer des assemblées générales ou des congrès de réorganisation de leur syndicat. L’urgence est à sortir du syndicalisme d’entreprise, de s’ouvrir sur le reste de la classe, c’est-à-dire à reconfédérer son syndicat dans la CGT. Que ce 50ème congrès soit le moment de dire « stop ! Maintenant sortons de l’impasse ».

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede altersocial » 13 Fév 2013, 12:09

Projet de loi « Sécurisation de l’emploi »

Bouleversement du Code du travail !


Le gouvernement retranscrit fidèlement l’accord national dans ses aspects les plus nocifs pour les salariés. Ainsi, il reprend à son compte les dispositions les plus régressives de l’accord national minoritaire signé le 11 janvier :
- « Les accords de maintien dans l’emploi » qui permettraient de licencier les salariés refusant de voir leur salaire baisser,
- les accords de « mobilité interne » qui autoriseraient l’employeur à licencier le salarié pour motif personnel, si celui-ci refuse d’aller travailler à l’autre bout de la France,
- le licenciement qui deviendrait une simple formalité.

De façon générale, l’information et l’intervention des représentants des salariés seraient enfermées dans des délais tellement courts que leur efficacité est menacée : ainsi, dans certains cas, l’expert n’aurait qu’une dizaine de jours pour rendre son rapport. Un des objectifs de ce texte serait-il de faire taire les salariés confrontés à des suppressions d’emploi ?
En outre, le projet de loi réduit encore plus que l’accord national la réparation des préjudices subis par les salariés. Les juges du travail devraient maintenant inciter les salariés à accepter une transaction injuste et inéquitable.

Concernant la création de « nouveaux droits » pour les salariés, les incertitudes déjà présentes dans l’accord subsistent. Ainsi, les salariés les plus pauvres n’auraient toujours pas accès à la complémentaire santé. De même, rien n’est réglé sur le financement des droits rechargeables à l’assurance chômage, le gouvernement se contentant de renvoyer son financement à de futures négociations, sans garantie aucune.

Le MEDEF peut donc être satisfait puisque toutes les mesures de reculs pour les salariés sont présentes dans le projet de loi. Nul doute que ce texte est le fruit de tractations entre le ministère du travail et les signataires de cet accord. Ainsi, il y a trois jours le MEDEF critiquait ce projet de loi, pour s’en féliciter aujourd’hui. Quant à la CGT, nous n’avons eu connaissance du texte qu’en fin de matinée !

Il semble bien que le gouvernement soit prêt à aller très loin pour satisfaire les signataires, quitte à violer les textes internationaux, alors que des voix venant d’horizons divers l’ont alerté sur ce problème. Cela renforce la responsabilité des parlementaires dans la période à venir.

Pour combattre ce texte gouvernemental, la CGT invite les salariés à répondre massivement à l’appel à la mobilisation lancée par la CGT et Force Ouvrière le 5 mars.

Montreuil, le 11 février 2013
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede bipbip » 17 Mar 2013, 02:32

C'est pas nouveau, mais au moins çà fait un titre.
Et puis la CFDT se barre tellement dans les compromissions et la collaboration de classes, que çà laisse comme un vide...à prendre ?

La CGT veut s'imposer en étant moins radicale

LE MONDE | 16.03.2013 à 09h51 • Mis à jour le 16.03.2013 à 10h00 Michel Noblecourt

Du lundi 18 au vendredi 22 mars, lors du 50e congrès de la CGT à Toulouse, 1 000 délégués, représentant 24 154 "bases" syndicales – dont la moitié ont moins de 10 syndiqués – vont débattre de son orientation pour les trois ans à venir. Pour 83 % des délégués, ce sera leur premier congrès. Et pour Thierry Lepaon, qui présentera le rapport d'orientation avant d'être élu secrétaire général, le 21 mars, par le comité confédéral national (CCN), ce sera un baptême du feu.

Pour cet ancien soudeur de 53 ans, qui n'était pas le dauphin de Bernard Thibault, la partie s'annonce délicate. M. Lepaon se veut "pragmatique", et le congrès va se tenir sur un fond de radicalisation. La CGT a marqué fortement sa déception vis-à-vis de François Hollande, pour lequel elle avait appelé à voter. Le futur patron de la centrale est allé jusqu'à accuser le président de s'inscrire "dans la suite de Sarkozy". Loin de se démarquer de cette ligne qui aurait pu apparaître comme un cadeau empoisonné résultant de la crise de succession, M. Lepaon s'y est engouffré, s'affichant même avec les "durs" de Goodyear – et de la fédération de la chimie, opposée à M. Thibault – ou de PSA-Aulnay.

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IMPRIMER SA MARQUE

"Nous sommes en guerre, au sens propre et au sens plus figuré du mot", a martelé M. Lepaon devant le CCN du 5 février, en faisant allusion au Mali et aux "situations conflictuelles sur le front des rapports sociaux dans notre pays et en Europe ". La radicalisation de la CGT est encore montée d'un cran avec l'accord du 11 janvier sur l'emploi, signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Pour M. Lepaon, qui veut empêcher sa transposition dans une loi, il s'agit d'un accord "scélérat", "minoritaire", et qui "bafoue la démocratie sociale ".

Le congrès va se faire l'écho de cette radicalisation et prendre pour cibles le Medef, la CFDT et le gouvernement. Pour autant, nombre de signes montrent que M. Lepaon cherche une voie de sortie pour imprimer sa marque mais aussi pour ramener la CGT dans l'espace contractuel. Peut-être est-il attentif au sondage de l'institut Harris Interactive pour Le Peuple, organe officiel de la CGT, en novembre 2012, qui indiquait que 48 % des salariés attendent qu'elle soit "plus réaliste dans les négociations" et 43 % qu'elle soit "plus à l'écoute des travailleurs".

"MINIFRACTURE" AVEC LA CFDT

Dans L'Humanité Dimanche du 14 mars, M. Lepaon insiste sur la nécessité d'"une mobilisation consciente pour changer la place du travail dans notre société, pour qu'il ne soit plus considéré comme un coût mais comme une richesse". "Nous voulons, ajoute-t-il, être utiles aux salariés, accessibles et solidaires, en disant franchement aux salariés que leur irruption sur les questions sociales, sur le choix de leur vie au travail, est nécessaire." Dans Les Echos du 13 mars, M. Lepaon va plus loin : "Un syndicat n'est pas une machine à perdre, nous avons un esprit de conquête !"

"Je ne veux pas d'une CGT qui se contente de dire non", assène-t-il encore : "La CGT n'est pas opposée aux changements, elle le prouve au quotidien en signant des accords dans les entreprises." Dans le même entretien, il prend ses distances avec Jean-Luc Mélenchon, qui sera présent lundi au congrès, en affirmant : "La CGT n'est pas et ne sera pas le bras armé du Front de gauche." Un état d'esprit que l'on retrouve dans le projet de document d'orientation, élaboré avant l'accord du 11 janvier, où la CGT refuse d'être enfermée dans un "syndicalisme de réaction". Une stratégie de "conquête sociale" qui suit la priorité donnée par M. Thibault à l'implantation dans les "déserts syndicaux".

La question se pose aussi de savoir comment la CGT renouera les liens avec la CFDT après la "mini-fracture" du 11 janvier. "Nous ne leur ferons pas le plaisir, a lancé M. Lepaon devant le CCN le 6 février, d'une guerre des organisations syndicales représentatives de salariés qui ne laisserait qu'un champ de ruines sur lequel danserait le patronat sous le regard médusé des salariés."

"SYNDICALISME RASSEMBLÉ"

Le 5 mars, lors d'une manifestation, des militants de la CGT ont brûlé à Lille un drapeau de la CFDT. "Un fait grave et indigne du mouvement syndical", selon la centrale de Laurent Berger. Le 15 mars, la direction de la CGT a souligné que "les divergences syndicales ne sauraient pour autant justifier des actes qui ne respectent pas le pluralisme des idées et des organisations ".

La veille, M. Lepaon a téléphoné à M. Berger. Ce dernier ne se rendra pas à Toulouse où la CFDT sera représentée par un simple permanent confédéral. Mais M. Lepaon, qui juge "vital" de chercher l'unité d'action, au nom du "syndicalisme rassemblé", devra envoyer des signaux. Après Toulouse...
http://www.lemonde.fr/politique/article ... 23448.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nyark nyark » 28 Mar 2013, 19:51

Pour le progrès social : ensemble dans l’action le 9 avril
Article CGT
mardi 26 mars 2013


L’annonce de chiffres record du chômage et l’hémorragie des emplois industriels vont continuer de plonger des millions de salariés dans la précarité et l’incertitude, mettant en première ligne les jeunes, les femmes et les séniors.

Alors que la période de crise appelle des mesures de protection des droits des salariés et une réorientation de la stratégie des entreprises en faveur de l’emploi et des salaires, les dispositions contenues dans l’ANI du 11 janvier 2013 vont aggraver la situation déjà créée, en offrant encore plus de flexibilité aux employeurs.

Pour la CGT, le changement de cap en matière de politique d’emploi et de garanties sociales pour les salariés est d’une absolue nécessité.

C’est pourquoi, après la forte mobilisation du 5 mars qui a réuni 200 000 manifestants dans 175 cortèges et rassemblements, la CGT appelle l’ensemble des salariés du privé comme du secteur public, des retraités et des privés d’emploi, à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le mardi 9 avril 2013 pour empêcher la transposition dans la loi du contenu de l’ANI du 11 janvier. La parole de la CGT, portée dans l’opinion publique et auprès des parlementaires, perturbe déjà la stratégie du MEDEF.

La CGT invite ses organisations à tout mettre en œuvre pour continuer d’informer, et débattre le plus largement possible d’ici le 9 avril avec tous les salariés du contenu de l’accord et des propositions alternatives de la CGT en faveur d’une sécurité sociale professionnelle. La CGT et ses militants vont poursuivre les rencontres avec les parlementaires dans les tous prochains jours afin de leur démontrer la nocivité de l’accord pour les salariés et son inefficacité en matière économique.

La CGT invite toutes ses organisations à créer les conditions du rassemblement le plus large.

Montreuil, le 26 mars 2013


La forte mobilisation du 5 mars qui a réuni 200 000 manifestants ???
sm 25
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Kzimir » 29 Mar 2013, 01:54

Bah, 200.000 manifestants dans toute la France. C'est pas top, mais on se remonte le moral comme on peut ... Si le 9 avril il y a pas une mobilisation plus forte qui permette d'embrayer sur la future réforme des retraites, ça risque d'être un peu un chant du cygne par contre.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nyark nyark » 29 Mar 2013, 13:46

Le problème c'est la préparation de ce type de journées, toujours conçues dès le départ comme isolées. Là où je bosse, nous l'avons apprise par le site intranet du taff, les camaradEs, militant-e-s de base de la CGT n'étaient même pas au courant. Sans parler de partir de la base pour prendre des décisions (je conçois que ce ne soit pas simple pour une grosse centrale comme la CGT), un minimum d'info serait, me semble-t-il, souhaitable. Comment veux-tu que les militants soient en capacité de préparer la journée, de motiver leurs collègues, en un mot, de faire leur travail de militant ?

Et parler d'un "succès" pour une journée telle que celle du 5 mars n'arrangera rien : je pense qu'il vaut mieux tirer les leçons des échecs plutôt que de se voiler indéfiniment la face.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Kzimir » 29 Mar 2013, 15:39

De toute manière avec les résultats en représentativité qui viennent de tomber et qui donnent les signataires de l'ANI majoritaires (avec une CFTC toujours représentative), on est mal partis pour un réveil de la mobilisation ... Surtout à partir du moment ou ce qui était prévu c'était de blinder sur le thème "avec les nouvelles règles, l'ANI aurait pas pu être signé".
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede berneri » 16 Juin 2013, 17:18

http://communisteslibertairescgt.over-blog.net/article-mobilisation-antifasciste-unitaire-la-direction-confederale-choisit-de-ne-pas-s-y-joindre-118505964.html


23 juin, Mobilisation antifasciste unitaire : la direction confédérale choisit de ne pas s'y joindre !

ObNfuubF7YsFPirkAj6qO9PoRhqizFRwFjFfqPXeiJsSuite à l'agression mortelle du militant antifacsiste et libertaire Clément Méric, à l'émotion et à la colère légitimes suscitées par ce nouvel accès de violence des groupsucules d'extrême droite, de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives ont décidé d'appeler le dimanche 23 juin à une vaste mobilisation antifasciste. Le contenu de l'appel unitaire (voir ci dessous et Le Lien ici) met en cause à la fois les discours trompeurs et nationalistes des extrêmes droites françaises comme les responsabilités des gouvernements actuel et précédent dans l'application de politiques libérales, sécritaires et xénophobes qui alimentent justement les idéologies de haine et de violence raciste que le large spectre de la classe politique a condamné récemment.

Mais quel est notre étonnement que de constater que notre Confédération n'a pas daigné signer un tel appel et la mobilisation qui en découle? A part quelques syndicats Cgt (qui se comptent sur les doigts d'une main), nous n'y figurons pas. Alors que les militants et militantes Cgt se heurtent quotidiennement aux discours fascisants et racistes qui gangrènent les esprits de bon nombre de travailleurs et de chômeurs. Que les camarades de toutes sensibilités font montre d'une incroyable inventivité sur le terrain pour damer le pion aux sirènes nationalistes et xénophobes, en tentant de tout faire pour enclencher des dynamiques de luttes sociales.

Eh bien la Confédération dans une information aux organisations de la Cgt, provenant du secrétariat confédéral, justifie sa non signature par le fait que l'appel unitaire antifasciste ne contient pas "l'expression des valeurs auxquelles nous sommes attachés". S'ensuit un rappel de l'engagement de notre confédération à combattre le racisme et à dénoncer les thèses du FN depuis quelques années. Mais quelles valeurs dans cet appel seraient incompatibles avec celles de la Cgt?!!! Au contraire, c'est la décision de ne pas rejoindre cette mobilisation et l'appel qui est incompatible avec les valeurs de classe, antiracistes et antifascistes de la Cgt !

Cette position est incompréhensible. Elle n'est pas tenable! Nous souhaitons vivement que notre confédération revienne sur cette décision qui ne fait que semer le trouble dans nos rangs militants et jeter la suspicion sur la direction confédérale.

Nous appelons à ce que l'appel unitaire antifasciste soit débattu et rejoint par un maximum de syndicats Cgt et que ces derniers interpellent la direction confédérale afin qu'elle revienne sur sa décision, qu'elle prenne toutes les mesures adéquates pour mobiliser largement sur des bases sociales le dimanche 23 juin prochain à Paris et le samedi 22 juin dans les villes où sont prévues des rassemblements et manifestations. Notre combat syndical pour le progrès social est indissociable de notre combat contre les idées d'extrême droite qui gangrènent et entravent notre action auprès de tous les travailleurs et travailleuses.



Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le !

Le 5 juin, des militants d’extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s’inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d’arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s’unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de l'extrême droite, les groupes fascistes refont surface. Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l'occasion pour eux d'être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.



L'exclusion, le rejet de l'autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, conduisent au pire. L’Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms. Au contraire, il est nécessaire d’agir avec détermination contre les commandos fascistes.

Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l'immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l'Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l’extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

Ce n’est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l’avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d’entreprises... Face à l’explosion des inégalités et aux politiques d’austérité, il faut reconstruire l’espoir collectif en une société plus juste. La question de la répartition des richesses que nous produisons est fondamentale. L’extrême-droite est à l’opposé de ces valeurs.

Utiliser la mort de Clément serait méprisable. A contrario, c’est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

Unité contre le fascisme et l’extrême-droite !

Manifestation à Paris, dimanche 23 juin à 15h

Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d’autres villes.

Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l’organisation de collectifs locaux. Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l’intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l’exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l’extrême-droite !

Le fascisme et l’extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose. Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l’asservissement des peuples.

Premiers signataires (au 13 juin) :

AC !, Act Up Paris, Action antifasciste Paris Banlieue, Alternative Libertaire, APEIS, ATTAC France, CADAC, CEDETIM/IPAM, CGT Educ’action Versailles, CGT Educ’action Créteil, CNDF, CNT, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Collectif CIVG Tenon, CONEX (Coordination nationale contre l’extrême droite), Collectif de Saint Denis contre le FN et l’extrême droite, Confédération paysanne, Convergence et Alternative, DAL, DIDF, EELV, FA, FASE, FASTI , Fédération Anarchiste, FIDL, FSU, Fondation Copernic, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, GISTI, Jeudi Noir, Justice et Libertés, L’appel et la pioche, La Horde, La LMDE, Les Alternatifs, Lesbian and Gay Pride Lyon, Les Debunkers, Marche Mondiale des femmes, Marches européennes contre le chômage, MRAP, Mémorial 98, MJCF, MNCP, M’PEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Pink Bloc Paris, Ras l’Front Marne-la-Vallée, Ras l’Front 38, République et Socialisme, Réseau pour un avenir sans fascisme, SGEN-CFDT Académie de Versailles, SLU (Sauvons l’université), SNESUP-FSU, Solidaires Etudiant-Es, SOS Racisme, Sortir du colonialisme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UNEF, Union syndicale Solidaires, UNSP, VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)…







La réponse de la Cgt en interne:

Information aux organisations

Secrétariat de la Direction confédérale

14 juin 2013



L’agression mortelle de Clément Méric a immédiatement fait réagir la CGT dans un communiqué confédéral le 6 juin dernier. Ce sont aussi de nombreuses organisations de la CGT qui se sont déclarées choquées par cette violence mortelle. Dans ce cadre, nombreuses manifestations à l’appel de plusieurs organisations, associations et partis politiques ont exprimé leur indignation et leur condamnation des thèses racistes et xénophobes.

Notre confédération a, en avril 2011, édité une brochure « Le front national ou l’imposture sociale ». Cet argumentaire reste la base de notre analyse et doit, plus que jamais, nourrir nos interventions, autant avec les autres acteurs du mouvement social, qu’avec les salariés.

La CGT a été contactée par Solidaires pour signer un appel à la manifestation du 2 juin 2013 « Le fascisme tue, combattons-le ».

La CGT a décidé de ne pas signer l’appel, dans lequel nous ne retrouvons pas l’expression des valeurs auxquelles nous sommes attachés.

Pour autant, nous considérons que le syndicalisme a une responsabilité pour mobiliser les énergies et les intelligences en direction du monde du travail, de la jeunesse, des privés d’emploi et des retraités.

Aussi, nous devons amplifier avec les organisations syndicales de salariés et de jeunesse, un travail collaboratif pour une série d’initiatives qui relient le combat contre les thèses d’extrême droite et les exigences sociales exprimées par les revendications.

Nous souhaitons le faire avec l’ensemble des organisations syndicales de salariés et de jeunesse qui le décideront. La FSU a d’ores et déjà invité les organisations syndicales qui le souhaitent réfléchir à des modules de journée d’étude, de formation.

Nous le savons le terreau des idées de l’extrême droite, du racisme, de la xénophobie trouvent ses racines dans la peur de l’avenir, le chômage de masse, l’explosion de la précarité, des inégalités générées par des politiques patronales et gouvernementales qui tournent le dos depuis trop longtemps à la satisfaction des besoins du monde du travail, des jeunes, des privés d’emploi, des retraités et ce dont a besoin le pays pour se développer : une autre répartition de la richesse créée par le travail pour le progrès social.

C’est le sens de l’engagement de la CGT avec les salariés au quotidien. C’est le sens de l’engagement de la CGT partout où les intérêts des salariés sont en jeu, à l’exemple de la Conférence sociale les 20 et 21 juin prochains.



La Permanence confédérale

Béatrice CAUSSADE

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 29 Aoû 2013, 00:25

Le "syndicalisme modernisé", la CGT à la page ?
La CGT recrute un directeur de la communication par petite annonce

"La CGT recherche un(e) directeur(trice) de la communication". Cette petite annonce a été publiée dans l'Humanité daté du mardi 30 juillet, et elle passe d'autant moins inaperçue qu'elle est la seule à côté d'une autre annonce classée du Syndicat d'action foncière du Val-de-Marne... Le texte définit d'emblée le profil du poste – une création – et fait aussi l'objet d'un appel à candidatures en interne qui a été lancé lundi 29 juillet : "Sous l'autorité politique du membre du bureau confédéral chargé de la communication et de l'information de la CGT [en l'occurrence Agnès Naton, directrice de la Nouvelle vie ouvrière], vous aurez pour mission de participer à la définition de la stratégie de communication globale de la Confédération et de piloter sa mise en œuvre, afin de promouvoir l'image de la CGT."

Les compétences requises ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles que pourrait rechercher une grande entreprise pour un poste équivalent : "Poste accessible avec un diplôme d'école spécialisée en communication et en relations publiques (CELSA, Ircom, EFAP, ISCOM, ISERP...), de formation supérieure de type IEP ou écoles de commerce avec une spécialisation en communication ou d'un diplôme universitaire bac+5 et plus (master professionnel, master spécialisé...) en communication ou dans les relations publiques." Bref, la CGT recrute à très haut niveau.

"Mettre un peu d'ordre"

Pour Mohamed Oussedik, qui assure, en cette fin juillet, la permanence du bureau confédéral, il s'agit de "mettre un peu de cohérence, un peu d'ordre" dans la communication en dotant la confédération d'un directeur ou d'une directrice. Le responsable pilotera l'ensemble du département communication, composé de trois pôles : les relations avec la presse (actuellement assurées par Jacques Delallée, sans qu'on sache si l'intéressé conservera cette fonction), le numérique et la presse confédérale. Chaque pôle continuera à avoir son propre responsable.

"On cherche un vrai professionnel de la communication pour piloter le département, précise Mohamed Oussedik. Après, il y a un pilotage politique qu'on assure au niveau du bureau confédéral." L'annonce insiste en conclusion sur le fait que le poste "s'adresse à des profils confirmés justifiant d'expérience significative en communication interne et externe ainsi qu'en management". Management, vous avez dit management ? Les candidatures sont à adresser directement au siège de la CGT à Montreuil.


http://social.blog.lemonde.fr/2013/07/3 ... e-annonce/

Bon, en même temps, à force de ne plus ressembler à un syndicat de lutte et de transformation sociale, autant soigner la communication... :mrgreen:
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 30 Aoû 2013, 00:21

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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede altersocial » 29 Sep 2013, 17:27

Et si on parlait coût du capital ?

Une émission d’Expression directe réalisée par Jean-Michel Fouque avec la participation de Nasser Mansouri-Guilani, économiste.

:arrow: vidéo

Ce n’est pas le travail qui coûte cher mais la rémunération du capital

Contrairement à ce que prône le patronat, ce ne sont ni le coût du travail ni la rigidité du marché du travail qui plombent la compétitivité des entreprises.
Ce sont les salariés par leur travail qui créent les richesses. L’enjeu porte donc sur la répartition des richesses entre le capital et le travail :
- Ce qui va aux salariés : le salaire, y compris les cotisations sociales (part salarié et employeur)
- Le reste étant réparti entre les impôts des entreprises, les investissements et les dividendes aux actionnaires.
Part des salaires dans la Valeur ajoutée Part des dividendes dans la valeur ajoutée
1983->1989 : -10% 1985->2011 : de 5% à 25%

Aujourd’hui, la part des salaires dans les richesses créées est plus faible qu’à la sortie de la guerre.
Alors que la rentabilité financière des entreprises est en hausse, le chômage explose et le pouvoir d’achat baisse freinant ainsi la relance économique.
Diviser par deux les dividendes libérerait 120 milliards d’euros pour les investissements productifs, créerait de l’emploi, permettrait de financer la protection sociale et de diminuer le déficit de l’état.
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