Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 13 Juin 2013, 01:48

En solidarité avec F., arrêté sur la ZAD le 15 avril, un rassemblement de soutien est prévu le jour de son procès, qui aura lieu le vendredi 14 juin. RDV à 12h devant le palais de justice de Tours, pour partager un pique-nique joyeux et convivial.

F. a été arrêté lors de la reprise du carrefour de la Saulce par les gendarmes le 15 avril, et est accusé de "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Il est également sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre sur la commune de Notre-Dame des Landes et obligation de pointer chaque semaine à la gendarmerie de sa commune de résidence, près de Tours.
Faux témoignages, insultes, coups multiples et crachats au visage : les gendarmes mobiles ont fait ce jour-là preuve de toute l'étendue de leurs délicatesses. Pourtant c'est bien un militant qui se voit accusé de "violences". Pourtant c'est bien lui et non les gendarmes qui s'est retrouvé avec plusieurs jours d'ITT (Incapacité Totale et Temporaire).
Face à la criminalisation continue des militants, face à la banalisation et la multiplication des arrestations dites musclées, face à l'impunité dans laquelle agissent les soi-disantes forces de l'ordre et en solidarité avec F., un rassemblement de soutien est prévu le jour de son procès, qui aura lieu le vendredi 14 juin. RDV à 12h devant le palais de justice de Tours, pour partager un pique-nique joyeux et convivial. Chansons, instruments de musique et déguisements bienvenus. Parce que la lutte se veut joyeuse, parce que cette justice n'est pas sérieuse.
Nico37
 
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 13 Juin 2013, 22:59

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : modèle environnemental ou farce écologique ? NOLWENN WEILER 13/06

Autoroutes zen, aérogares basse consommation, pistes cyclables, musée du bocage, déménagement des écosystèmes menacés… Vinci et ses prestataires n’ont pas lésiné sur les arguments « verts » pour vendre leur nouvel aéroport. Ses « espaces de respiration » en feraient presque une réserve naturelle ! Malgré tous leurs efforts, le projet de compensation de la biodiversité conçu par la multinationale a été invalidé. Décryptages.

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera exemplaire au niveau environnemental. Le bocage en sera même l’emblème. Parole de Vinci. D’ailleurs, « contrairement à ce que l’on entend, le nouvel aéroport ne va pas consommer beaucoup d’espace » assurait Nicolas Notabaert, président de Vinci Airports. 1200 hectares, seulement... La multinationale concède que la future infrastructure aura des effets « importants et inéluctables » sur la campagne. Mais ces dommages seront quasi-annulés, promet-on, par le projet paysager. Et ses concepteurs ne manquent pas d’imagination.

Bernard Lassus, architecte paysagiste du projet explique ainsi vouloir « pousser le bocage jusqu’au bord des pistes du futur aéroport » [1]. A croire que l’aéroport étendra le bocage ! « Sur les photo-montages de Vinci, c’est tellement vert que l’on se demande même où les avions vont atterrir » ironise Jacques Testard, militant d’Europe Écologie-les Verts et membre de l’Acipa, association historique des opposants à l’aéroport. La multinationale s’engage à planter des centaines de mètres de haies autour du tarmac. Les échangeurs et les abords de routes menant à l’aéroport ressembleront eux aussi à des parcs. Le tout formant « un espace de respiration » entre cet aéroport haute qualité environnementale (HQE) et l’agglomération nantaise.

Haies synthétiques et autoroutes zen

Cet « espace de respiration » sera truffé de « routes apaisées ». Ce concept « permet d’obtenir des vitesses de circulation limitées qui assurent de traverser le paysage en l’appréciant et en s’en imprégnant ». A cette ambiance zen, il manque encore des séances de lévitation sur les bandes d’arrêt d’urgence... Il y aura en plus des « liaisons douces » poursuit l’étude d’impact [2]. « Le barreau routier qui permettra la desserte de l’aérogare accueillera une piste cyclable sur toute sa longueur. Des accès cyclistes proviendront également de toutes les communes alentours », ajoute Vincent Bettinger, directeur projets et développement chez Vinci construction France.

Mieux : « Il y aura très peu de circulations d’avions. Ce qui permettra à nos clients compagnies aériennes de se rendre directement au décollage et de consommer très peu de kérosène ». Doit-on en déduire que l’aéroport n’est pas vraiment nécessaire ? Pour les riverains inquiets de respirer quotidiennement des métaux lourds, du dioxyde de souffre et du CO2 en masse, un dispositif de surveillance de la qualité de l’air sera mis en place. Rassuré ? Il y aura enfin, pour ceux et celles qui regretteraient la majesté des arbres centenaires qui ornent actuellement les sentiers qui parcourent la zone, un musée dédié au bocage et à son histoire.

Des aérogares basse consommation

Cette addiction de Vinci pour la verdure n’est pas sans poser quelques problèmes techniques. « Les oiseaux apprécient de nicher dans les haies mais sont nuisibles au trafic aérien. (…) », rappelle le paysagiste Bernard Lassus. La solution ? « Recourir partiellement à des haies artificielles pour faire aboutir le projet là où la sécurité aérienne est en jeu... » Autre technique pour éloigner les dangereux volatiles : l’introduction d’une réglementation locale pour éliminer les plantations – comme le blé – susceptibles de trop attirer les oiseaux. Le cabinet d’étude Biotope, qui a réalisé l’étude d’impact, propose de son côté de déplacer les troncs de vieux chênes abattus « sur un autre secteur favorable » où ils feraient l’objet d’une « gestion adéquate » pour protéger d’éventuels insectes rares nichant dans les dits troncs. Gardien de grume, un futur métier pour les zadistes ?

Après les bretelles d’autoroutes zen et le bocage de synthèse, voici les aérogares économes en énergie. La toiture sera végétale, et plissée, de façon à profiter au maximum des rayons du soleil pour limiter les dépenses en chauffage et en éclairage. « Nous irons probablement au-delà des demandes exprimées à travers la norme BBC [3] pour tout ce qui touchera la consommation énergétique et l’isolation des bâtiments », s’enthousiasme même Tanguy Bertolus, directeur technique de Vinci Airports. Les constructions auront recours à « une grande part de bois pour assurer l’intégration du bâtiment dans son environnement naturel » . Vinci prélèvera-t-il ce bois sur la ZAD dans un souci d’attention aux circuits courts ? L’origine du bois n’est pas mentionnée. On ne sait pas non plus quelles épaisseurs de matériaux d’isolation, ni quel mode de chauffage permettront d’atteindre des consommations écologiquement ultra compétitives. Mais les objectifs sont là : « Diviser par trois le bilan carbone par passager du futur aéroport du grand ouest par rapport à Nantes Atlantique aujourd’hui. » [4]

Détruire et compenser la biodiversité

Autre pilier du « verdissement », la compensation. Ce principe, confirmé par les lois du Grenelle de l’environnement, consiste à compenser plus loin la biodiversité que l’on détruit ici. A Notre-Dame-des-Landes, Vinci promet de refaire des mares, de prendre soin de zones humides situées hors des terres promises au béton, ou encore de passer des contrats avec des agriculteurs qui auraient des pratiques respectueuses de l’environnement.

Problème : pour compenser, encore faut-il dresser l’inventaire exact de ce qui va être détruit. La direction de Vinci évoque sa « démarche exemplaire pour dresser un inventaire complet du site sur la faune et la flore. » Une auto-congratulation que ne partage pas un collectif de naturalistes créé pour l’occasion, les « naturalistes en lutte ».« De nombreuses insuffisances ont abouti à un état des lieux tronqué de l’intérêt écologique de la zone d’aménagement différée (ZAD) » dénoncent-ils. « Les fonctionnalités des zones humides ont été systématiquement sous-évaluées, et leur nombre sous-estimé ». Exit par exemple leur rôle dans le cycle du CO2, qu’elles peuvent stocker en grande quantité. L’inventaire, réalisé par les experts du cabinet Biotope, aurait oublié des espèces, notamment la loutre d’Europe, une espèce protégée.

Déménager des écosystèmes

La perte des écosystèmes ne sera pas non plus intégralement compensée. Vinci applique un coefficient qui peut aller de 1 à 8. Huit hectares considérées comme de « faible valeur » pourront ainsi être compensés par la bonne gestion environnementale d’un seul hectare « à forte valeur ». Les naturalistes protestent contre ces calculs, dénués selon eux de « base scientifique sérieuse ». Vinci devra cependant dégoter 640 hectares pour installer mares, flore, tritons ou loutres, à la place des 1140 hectares dégradés.

Enfin, ces nouveaux écosystèmes, si tant est qu’ils survivent au déménagement, ne seront pas forcément protégés sur le long terme. Rien n’empêche d’y réaliser de nouveaux aménagements. D’autant que l’avenir foncier de la zone, une fois dotée d’un aéroport, est très incertain. Et aucune sanction n’est prévue au cas où le promoteur du projet ne tiendraient pas ses promesses de compensation.

Greenwashing invalidé

La méthode de compensation proposée par Vinci a de toute façon été invalidée, le 9 avril par le comité d’experts scientifiques que Jean-Marc Ayrault avait nommé en novembre 2012. En cause : la complexité des calculs, l’insuffisance de l’état des lieux initial de la biodiversité, l’incertitude sur la mise en œuvre des mesures de compensation promises et l’absence d’obligation de résultat.

Dès le lendemain, le conseil national de protection de la nature (CNPN) faisait « siennes les réserves présentées dans le rapport », demandant que celles-ci « soient effectivement prises en compte par le maître d’ouvrage ». La poursuite du projet est désormais conditionnée à la levée de ces réserves.

« Le projet d’aéroport du Grand-Ouest (...) fera toute sa part au défi écologique, sans l’opposer au développement économique, seul à même d’assurer la cohésion sociale et la qualité de la vie », ont réagi quatre jeunes élus socialistes « pour l’aéroport » dans une tribune publiée par le quotidien Ouest-France le 9 mai dernier [5]. Si le défi écologique se résume à déménager mares et tritons et à instaurer des « espaces de respiration » le long des bretelles d’autoroutes... C’est pas gagné !

Notes

[1] Toutes les citations de Nicolas Notabaert, président de Vinci Airports, de Bernard Lassus, architecte paysagiste, de Vincent Bettinger, directeur projets et développement chez Vinci construction France et de Tanguy Bertolus, directeur technique de Vinci Airports, sont tirées du dossier consacré au futur aéroport par Le Nouvel Ouest, mensuel nantais, en novembre 2011.
[2] Étude d’impact précédant la déclaration d’utilité publique de l’aéroport, en février 2008.
[3] BBC= bâtiment basse consommation. Pour les constructions résidentielles neuves, l’objectif de consommation maximale en énergie primaire fixé à 50 kWh/m².an, soit trois fois moins que ce que consomme les logements en France, en moyenne.
[4] Eric Delobel, directeur de projet de la société AGO (aéroport du grand ouest). Voir la vidéo sur le site d’AGO.
[5] Nathalie Appéré, première adjointe au maire de Rennes ; Frédéric Béatse, maire d’Angers ; Christophe Clergeau, premier vice-président des Pays de la Loire ; Johanna Rolland, première ajointe au maire de Nantes.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 14 Juin 2013, 18:43

Une 20aine de personnes de Tours, Loches, Blois en soutien à F jugé à 14h à St Nazaire...

12ème rendez-vous mensuel : samedi 29 juin à 15h, place Royale à Nantes. Contre l'aéroport, la métropole et son monde.

Contre le projet d'aéroport, la métropole et son monde - Manif gâteaux en main

Voilà un an, au lendemain de l'élection présidentielle, commencent les manifestations mensuelles contre l'aéroport et la métropole. Petit à petit ces manifestations ont pris de l'ampleur et sont devenues un vrai moment de convergence entre les nantaisEs qui luttent contre l'aéroport mais surtout contre le monde qui va avec !

Parce que les problématiques que soulèvent cet aéroport sont loin d'être, juste écologiques, à l'automne, ce sont des centaines d'expulséEs et mal
logéEs qui nous ont rejoins dans la rue alors qu'ilLEs occupaient le Lieu Unique. Au même moment, l'Etat a tenté d'expulser la ZAD mais la résistance sur le terrain, les actes de solidarité et la rue (8 000 personnes à Nantes lors de la manif de novembre) ont eu raison de son entêtement. Quelques semaines plus tard, ce sont les slogans anticapitalistes qui retentissaient pour soutenir les ouvrierèREs, notamment d'Arcelor Mital, qui risquaient d'être virés pour des intérêts économiques. Puis le printemps fleurissant (tardivement), ce sont des critiques de Nantes Capitale Verte, des prochains titres de transport
RFID de la Tan ou les récits des anti-homophobes, que l'on pouvait entendre lors des manifs.

Aujourd'hui, la lutte contre la réalisation de l'aéroport est en passe d'être gagnée mais celle contre cette métropole toujours plus grande, plus propre et plus contrôlée doit s'intensifier. Cette lutte, à son tour, est en train de prendre de l'ampleur nationalement.
De plus en plus de contestations s'élèvent contre la réforme territoriale (dans le cadre du 3ème volet de la décentralisation) qui voudrait avantager encore plus les métropoles au détriment des zones rurales afin de « développer leurs attractivités » dans le seul but économique. Cette décentralisation est programmée pour ôter tout pouvoir aux municipalités qui se verront dès lors obligées d'accepter tout les projets imposés par les instances départementales, puis régionales : décharges chimiques, fermeture des administrations locales etc...

Mettons la pression pour porter un coup d'arrêt décisif !

HabitantEs du pays nantais, nous vous invitons à venir fêter cette année riche en combats et à s'organiser pour ceux de l'année à venir.
Nous profiterons également de cet anniversaire pour fêter la sortie du Nantes Nécropole n°2, le journal écrit par le CNCA, dans lequel se trouve un gros dossier « Nantes Capitale Verte », un article sur la vitesse ainsi qu'un autre, questionnant la démocratie participative.

Alors rdv pour une grosse manif gâteaux en main le samedi 29 juin à 15h place Royale.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 15 Juin 2013, 22:24

Les chiffres d'emplois gonflés du rapport remis à Ayrault 11/06

Certaines perspectives d'emploi liées au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont très nettement exagérées. Mais personne ne reconnaît être à l'origine de l'erreur.

400 à 500 emplois supplémentaires créés, dont 200 rien que pour la compagnie Regional, en cas de création du très contesté aéroport de Notre-Dame-des-Landes : ce sont les chiffres avancés par la " commission de dialogue " dans son rapport remis au Premier ministre le 9 avril dernier. Problème, ces chiffres sont faux.

Et la directrice de la compagnie, filiale d'Air France, l'a rappelé au sous-préfet en des termes très clairs, selon la lettre que s'est procurée Rue89. " Vous inscrivez dans ce rapport d'une part, l'installation future d'une base de notre compagnie sur Notre-Dame-des-Landes, outre le transfert de nos équipes en charge de l'exploitation, et, d'autre part, des données chiffrées sur les perspectives d'emploi chez Regional liées à cette installation. J'attire votre attention sur le caractère erroné de ces informations et je souhaite, donc, que soit apporté un correctif en supprimant la référence aux perspectives d'installation et de développement de notre entreprise " , écrit Martine Selezneff.

Des chiffres gonflés d'autant plus mal venus, explique une responsable de la communication de Regional au site d'info, que celle-ci est " en plein plan de départs volontaires. Il n’est pas question de développer l’emploi et nous n’avons aucune idée d’où sortent ces chiffres. "

La question est posée à un des auteurs du rapport, qui affirme qu'ils viennent " directement d'un e-mail adressé par le directeur du projet chez Vinci, M. Delobel " , qui se trouve donc être le principal promoteur du projet.
Et qui dément en être l'origine.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 16 Juin 2013, 20:44

490 000 euros en communication pour l'aéroport 11/06

Le syndicat mixte aéroportuaire, qui suit le dossier de Notre-Dame-des-Landes, a encore besoin d'argent pour sa politique d'information et de communication sur le projet.

Au début de l'année, il a dépensé 340 860 euros. Il prévoit encore d'engager 140 202 euros pour des actions à venir d'ici à la fin 2013. Soit un total de 490 062 euros en 2013.

Il vient donc de demander une rallonge de 240 000 euros aux collectivités. Au final, la Région Pays de la Loire doit donc verser une contribution complémentaire de 84 000 euros. La Région Bretagne, 60 000 euros.

Le Département de Loire-Atlantique, 48 000 euros. Nantes Métropole, 37 200 euros. La Carene (Saint-Nazaire), 6 000 euros. Cap Atlantique (La Baule Guérande), 4 800 euros.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 17 Juin 2013, 18:48

Exposition " Art et Notre-Dame des Landes "

Samedi 29 et dimanche 30 juin au Sel de Bretagne des artistes s'expriment sur Notre-Dame des Landes .

Le projet d'un éventuel aéroport au nord de Nantes, à Notre Dame Des Landes, est sujet à débat et l'opposition à ce projet se manifeste largement dans le domaine culturel par des chansons, des dessins, des affiches...

L'association " A.M.E " qui est en charge du Musée Eugène Aulnette au Sel de Bretagne, accueillera une exposition artistique sur ce thème, contribution originale d'un collectif d'artistes divers: "Art et Notre Dame Des Landes".
Sculpteurs, peintres, photographes, graveurs, sérigraphistes, graffeur ou poètes... s'expriment ici contre l'aéroport , avec humour, gravité, tristesse, colère ou poésie, mais toujours de façon très personnelle.

A voir Salle bleue au Sel de Bretagne, en face du Musée, les samedi et dimanche 29 et 30 juin 2013, de 14h30 à 18h30.

Entrée libre et gratuite.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 18 Juin 2013, 15:19

Un jeu pour apprendre et comprendre Alain Astarita 17/06

L'équipe NDDL News Game s'est imposée ce week-end à la MédiaLabSession de Nantes avec un jeu qui permet de se glisser dans la peau d'un pro ou d'un anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

S'informer en jouant

"Plutôt qu'ils s'écharpent dans la réalité, l'idée est de proposer un jeu basé sur les argumentaires des pros comme des antis" s'amuse Bastien Kerspern, le designer du groupe NDDL News Game. "Un News Game, c'est un jeu qui traite d'une question d'actualité, en l'occurence Notre-Dame-des-Landes, mais d'une manière ludique, sérieuse et documentée".

Chaque joueur se glisse ainsi dans la peau d'un défenseur ou d'un opposant au projet: l'affrontement se fait à coups d'arguments puisés dans une base de données validée journalistiquement, le vainqueur est celui qui a le dernier mot. Et comme dans beaucoup de jeux, il y a même des jokers: les pro-aéroport utiliseront les CRS, les anti-aéroport actionneront les barricades !

Ce jeu, à l'état de projet, peut se décliner à de nombreux sujets et pourrait donc intéresser des médias soucieux de capter de nouveaux publics, sous une nouvelle forme, sans céder à la qualité de l'information en dépit du cadre ludique. Forte de sa première place à la MédiaLabSession, l'équipe va maintenant tenter de faire vivre cette idée et trouver des partenaires pour l'accompagner.

Image

Un monde qui bouge

Créer en 48 heures un nouveau média, cohérent éditorialement et viable économiquement: c'était le défi lancé par les organisateurs de la MédiaLabSession à Nantes, comme ils l'avaient fait précédemment à Paris et à Bruxelles.

De fait, la mondialisation des échanges et l’évolution incessante des technologies plongent les utilisateurs, pour ne pas dire les consommateurs, dans un foisonnement d’offre d’information et de services. Tout cela se traduit par de nouveaux usages dans le mode de consultation et une transformation des supports de diffusion. Un exemple, celui de la télévision: désormais un téléspectateur sur deux “consomme” des contenus sur des outils de mobilité comme les smartphones ou les tablettes. La télévision suit le mouvement et ses programmes sont désormais disponibles en dehors de sa “boîte”, c’est notamment le cas à France Télévisions où le développement numérique a été décrété “priorité stratégique” et on comprend pourquoi !

Le contenant mais aussi... le contenu !

Nouvelles attentes, nouveaux outils mais aussi... nouvelles écritures. Tous ces bouleversements ne sont pas sans conséquences, heureuses ou parfois moins, sur la qualité de l’offre éditoriale. Pour les professionnels de l’information, producteurs et éditeurs de contenus, cette révolution sonne l’heure d’une remise en question ainsi que la nécessité d’affirmer les valeurs d’une information de qualité, digne et conforme à celles défendues par une immense majorité de journalistes.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 19 Juin 2013, 20:29

Notre-Dame-des-Landes : A quoi joue-t-on dans la presse pros-aéroport ? That is the question ! CASNDDL 11/06

Le même jour où Marie-Monique Robin recevait la Légion d'Honneur à Notre-Dame-des-Landes les deux quotidiens, Ouest-France et Presse Océan, plaçaient dans leur colonne un article pros-aéroport. Coïncidence ou volonté manifeste, nous vous laisserons juge de votre propre opinion.

A l'Ouest, la presse locale n'est pas à son premier article pros-aéroport. Alors que les recommandations formulées par les commissions de dialogue, agricole et scientifique du 9 avril dernier n'ont pas été encore finalisé sur le terrain, le quotidien Presse Océan dédie l'enquête du samedi 8 juin aux porteurs du projet persuadé de la pertinence de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes tandis que Ouest-France alimente la polémique sur les "mauvais zadistes de la D281".

« L'enquête du samedi sur Presse Océan »

La neutralité de Presse Océan n'est plus à défendre. Le quotidien consacre deux pleines pages aux défenseurs du projet d'aéroport Grand Ouest nantais, un curieux pied de nez à la remise de la Légion d'Honneur, le même jour, de Marie-Monique Robin à La Vache Rit. L'article, composé de plusieurs rubriques nous apprend que les travaux pourraient recommencer dès la Toussaint pour une mise en service à la fin 2017 alors que selon une source de l'Acipa ceux-ci ont été gelé jusqu'à la fin de l'année tandis que des sources officiels parlent d'une mise en service de l’aéroport pour 2018.
Le journal remplit parfaitement son rôle de soldat au service de la bande à Auxiette, une communication qui ressemble plutôt à une farce, en réalité, sous une façade rempli de certitudes ce cache de grands doutes au point de se demander si les pros-aéroport cherchent à rassurer ou se rassurer eux-même. Nous vous laissons juge de penser selon votre propre interprétation. :)

« Comment faire revenir les gardes mobile ? »

Comment faire revenir les gardes mobiles dans la zone du projet d'aéroport? Demandez à Ouest-France, ils ont la réponse. D'ailleurs, coïncidence ou pas, eux-aussi ont choisi le 8 juin pour raconter leur petite histoire. La D281 devrait être fermée et la route coupée sur ces deux extrémités afin de protéger les "gentils" habitants résidents à proximité des "méchants" zadistes qui n'aiment pas voir de voiture s'aventurer sur "LEUR" route. Ironie d'un article surréaliste de la manière dont les habitants de la ZAD sont décriés.

Pire, le journaliste qui a écrit l'article, le structure autour d'une personne qui représente quelques cas isolés d'habitants excédés par la présence des zadistes. Cette mise en lumière est le meilleur moyen de préparer le retour des gardes mobiles sur la ZAD. L'excuse officielle sera "La mise en sécurité de la D281". Officieusement, la meilleure opportunité pour couper un axe de circulation hors de contrôle sur la zone, une manœuvre destinée à supprimer une voie d'accès correcte par la route (en faisant abstraction des chicanes sur la route) pour se rendre, par exemple, sur la châtaignerai.
Comme pour Presse Océan, Ouest France produit de la désinformation et conforte les autorités sur le jugement que doivent avoir les citoyens sur ce que sont les habitants de la zone du futur probable aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Nous, défenseur contre le projet savons que c'est de la pure bêtise, la société citoyenne présente à la ZAD n'est pas mieux ou pire qu'un village quelconque de France avec, toutefois, une motion spéciale pour la solidarité.
"N.-D.-des-Landes : après une agression sur la D281, la route pourrait être désaffectée" titrait Ouest-France sur son site internet le 07 juin. Le journal explique : "Sur la zone réservée pour l’Aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes, l’accalmie consécutive au départ des gendarmes omniprésents d’octobre à avril, est contrariée par des incidents sur une route départementale annexée par les opposants les plus radicaux. Une automobiliste a été agressée sur la Route départementale 281, entre le carrefour des Ardillères et le village de la Pâquelais. Cette route est logiquement fermée, mais la signalisation prévenant de cette fermeture disparaît sitôt être posée. Sur plusieurs centaines de mètres, les zadistes (opposants les plus radicaux), ont construit des cabanes, creusé des tranchées, installé des chicanes, monté un mirador. « Les flics, on les a virés d’ici », confient ceux d’entre eux qui acceptent de parler. Pour éviter d’autres incidents, l’Association des opposants historiques (Acipa), rappelle que la route voisine, la D81, est libérée, et recommande une vitesse réduite sur la traversée. Des riverains qui dénoncent une nouvelle fois une « zone de non droit », veulent créer un collectif de défense. Du côté des autorités, l’idée de désaffecter tout simplement cette route devenue impraticable (la D 281), est étudiée."

Le 8 juin dans le journal version papier

« " Zone de « non droit » à Notre-Dame-des-Landes " ou comment orienter l'opinion »

L'actualité de ce début juin est riche en petite trouvaille, ici, un article porter à notre connaissance démontre une fois de plus comment la propagande des pros-aéroport fonctionne. Pour cela, prenez une presse complaisante, alimentez-la avec un fait divers dont l'origine peut être discuté (la police via la DCRI ne manque pas d'imagination) et vous obtenez un papier qui démontre que les habitants de la ZAD sont de mauvaises personnes et que pour l'intérêt public il serait temps de les isoler de la civilisation.

A la lecture de l'article vous aurez compris que les zadistes sont des voleurs, des personnes peu recommandables, ils sont insociables et créent des nuisances qu'un aéroport ne "leur" causera pas. "Leur" : nous parlons de ceux qui sont prêts à créer un collectif pour dénoncer l'absence de mesure contre leurs voisins de la Zad et donc, permettre la construction de l'aéroport. Ces riverains sont payés par qui pour dire cela, Vinci, le Conseil Général du 44, Auxiette ? Non parce qu'à vouloir créer la zizanie, nous pouvons le faire aussi. Non ?
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 20 Juin 2013, 23:56

Des élus rompent avec la préfecture 13/06

Les élus du Collectif Cedpa, opposés au projet de Notre-Dame-des-Landes, ont décidé de suspendre leur participation aux travaux menés avec la préfecture des Pays-de-la-Loire. Motif, le sentiment, en substance, d'être manipulés et de servir de caution à des conclusions auxquelles ils s'opposent par avance.

" Nous étions déjà assez inquiets après nos premières réunions car nous avions senti que nous n'avions pas la même lecture des rapports et notamment du rapport scientifique " , écrivent les coprésidents du Cedpa, " collectifs d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport " rassemblant plus de 500 élus locaux, communautaires, départementaux et régionaux, ainsi que deux sénateurs et un député.

" Depuis, plusieurs faits ont renforcé notre méfiance " . Et de citer l'absence de réponse de la " commission du dialogue " aux questions posées, notamment en ce qui concerne la surévaluation du nombre d'emplois créés, un calendrier prévisionnel trop resserré "ce qui ne nous laisse pas espérer un vrai travail contradictoire" ou encore le dépôt, d'ores et déjà, d'une demande de permis de construire pour l'aérogare.

" Nous ne voulons pas être caution d'études complémentaires dont nous avons le sentiment qu'elles sont destinées à nous faire admettre une conclusion déjà faite " , concluent les élus, qui disent leurs " regrets " d'une telle démarche.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 21 Juin 2013, 18:58

Muret. Ils inaugurent une impasse Notre-Dame des Landes 14/06

Comment marquer son opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. En faisant comprendre qu’il s’agit d’une impasse.

Le groupe local EELV sud-ouest 31 a mené une action symbolique : une nouvelle plaque a été apposée rue Notre Dame qui est devenue Impasse Notre Dame des Landes sur le mur jouxtant le cimetière. «Quoi de mieux pour demander l’enterrement de ce projet !» déclare Christian Valade, secrétaire du groupe.

«Ce projet d’aéroport est d’une autre époque puisqu’il était prévu à l’origine en 1974 pour le Concorde. Cette action a aussi pour but de marquer notre solidarité avec tous ceux qui luttent pacifiquement sur place en Loire Atlantique. C’est pour cela que nous serons présents les 3 et 4 août lors du grand rendez-vous de cet été !» assure Catherine Renaux, porte parole d’EELV Midi Pyrénées.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede digger » 23 Juin 2013, 06:45

Le département veut rester ferme. Il a annoncé ce jeudi que ses services ont fermé définitivement à la circulation la RD 281, la route qui traverse la zone du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
D’après le conseil général, cette voie est depuis l’automne "l'objet d’exactions de la part d’opposants" au projet de futur aéroport : installation et construction de chicanes et obstacles, barrages sauvages, manifestations.
"Un arrêté du président du conseil général y interdit la circulation depuis le 5 novembre 2012, mais les dégradations et vols des panneaux de signalisation réglementaire rendent impossible son application", explique le département dans un communiqué. "De ce fait, les automobilistes continuent à emprunter la route, encourant des risques et subissant menaces et agressions, ayant donné lieu à des dépôts de plaintes et pour certains à des interruptions temporaires de travail."
"Il n'est pas acceptable que la sécurité ne soit plus assurée"
Philippe Grosvalet, président du conseil général, explique : "Je constate à regret que le retrait des forces de l’ordre n’a pas conduit les opposants à lever leurs obstacles. Au contraire même, des
faits plus violents se sont produits récemment. Il n’est pas acceptable que la sécurité ne soit plus
assurée sur cette route. Ma responsabilité en tant que gestionnaire de la voirie est de mettre à
l’abri les automobilistes de ces risques."
Jeudi matin, des équipes techniques ont ainsi bloqué la route en deux endroits, aux lieux-dits Le Bois-Rignoux, sur la commune de Vigneux-de-Bretagne, et Bel-Air, sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, au moyen de blocs rocheux disposés en travers de la voie.


http://www.metronews.fr/nantes/notre-dame-des-landes-les-autorites-ferment-la-route-qui-traverse-le-site/mmft!SFI0tfR1XNVc/

Réponse :

Ce samedi 22 juin au soir, la D281 [qui avait été fermée par les autorités
jeudi] a été réouverte par des opposant-e-s au projet d'aéroport.

Cette route doit rester circulante pour les raisons suivantes :

- les agriculteurs doivent accéder à leurs parcelles ;

- nous refusons que la ZAD soit enfermée et isolée par les autorités ;

- des automobilistes utilisent quotidiennement cette route.

L'aéroport ne se fera pas, il n'y donc pas de raison de condamner la
route, ni aujourd'hui, ni demain.

Des occupant-e-s, habitant-e-s, paysan-ne-s de la ZAD et des alentours.
digger
 
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 24 Juin 2013, 21:34

Attaque à la meuleuse contre un pylone haute tension : vous n'en avez pas fini avec nous !

A propos d'un sabotage contre un pylône haute-tension déplacé dans le cadre du projet d'aéroport et de sa desserte routière.
Dans la nuit du vendredi 21 au Samedi 22 juin, deux pieds d'un pylône haute-tension situé sur l'emplacement du « futur » échangeur à l'extrémité Est du barreau routier ont été sérieusement endommagés à la meuleuse. Ce pylône flambant neuf a été déplacé il y a quelques mois dans le cadre des travaux préliminaires au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La première étape de ce projet sera la construction du barreau routier, une quatre voies reliant l'axe Nantes-Rennes à l'axe Nantes-Saint Nazaire. 

Depuis des mois, la préfecture affirme dans la presse que le projet avance et que les travaux progressent. Pourtant les travaux préliminaires ont, depuis le début de l'année, été sans cesse perturbés. A part les fouilles archéologiques, tout ce qui est envisagé reste au point mort (élargissement des routes différé, dernier forage au lieu-dit Culnoues reporté suite à une action de blocage) et tout ce qui a été fait doit être recommencé (sabotage à la masse, à deux reprises, des poteaux en béton destinés aux déviations de lignes, arrachage des piquets de géomètres, sabotage de tous les piézomètres posés lors des derniers forages). Avec ce sabotage de pylone, la seule chose concrète que vous aviez réussi à finir ces derniers mois est également à refaire, et le sera sans cesse, encore et encore, jusqu'à ce que vous renonciez. 

Décideurs, sachez-le, tout ce que vous construirez sera détruit ! Vous n'êtes même pas en mesure d'avancer dans les travaux préliminaires, et on vous laisse imaginer la force destructrice de notre opposition lorsque vous entamerez réellement le chantier de l'aéroport et de sa desserte routière. 

Nous ne sommes pas en lutte contre un projet d'infrastructure mais contre les infrastructures de la métropole en tant que telles (lignes électriques, antennes relais, autoroutes, etc.). Les luttes qui se déploient contre vos projets mortifères ne s'arrêteront pas, même si vous parvenez à construire par la force ces infrastructures de la dépossession. 

Nous affirmons notre solidarité avec nos ami-e-s en lutte contre la ligne Très Haute tension Contentin-Maine. En dépit du fait que RTE ait finalement construit cette ligne, la lutte ne fait que commencer. C'est par le sabotage acharné, diffus, et systématique des lignes existantes que se prolongera ce qui s'est esquissé au Chefresne. 

Nul besoin de menaces gratuites pour vous effrayer, il nous suffit d'évoquer des souvenirs pas si lointains : 

« En 1971, le gouvernement japonais envisageait de dégorger une partie du trafic aérien encombrant l’aéroport côtier d’Haneda en construisant un nouvel aéroport à 60 km de la capitale, près de la ville de Narita. Immédiatement, de nombreux paysans refusent de vendre leurs terres aux promoteurs, s’organisent et résistent pas à pas à la police, aidés par de très nombreuses personnes. Au fur et à mesure que les travaux avancent, les affrontements se font plus sévères. Des tours de béton et d'acier sont construites sur la future piste par les manifestants, et chaque fois, la police doit livrer de véritables assauts pour démolir les édifices. 

Samedi dernier, cinq jours avant l’inauguration officielle de l’aéroport, une nouvelle tour a été érigée par une cinquantaine de paysans et d'activistes qui repoussèrent la police avec des pierres et des flèches en acier lancées grâce à des fusils sous-marins.

Les cocktails Molotov volent, se brisent sur les bulldozers et les voitures de police chargent des deux côtés. Profitant du combat, six individus escaladent la tour de contrôle par l’extérieur pendant que ses servants s’enfuient et se réfugient sur le toit. Un hélicoptère viendra les délivrer, mais la tour y passe. Les vitres volent en éclat, les installations et le reste. » 
Narita, 28 mars 1978 (Libération) 

Le passé nous permet d'imaginer ce que l'avenir vous réserve ! 

Quelques étincelles dans la nuit noire de la métropole...
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 27 Juin 2013, 00:37

Gérer une situation de crise : comment traiter avec un public en colère ? Michel Ghazal 23/06

Qu’il s’agisse de la controverse liée au projet de construction de l’aéroport du Grand-Ouest (NDDL), de la crise sanitaire engendrée par la tromperie autour de l’étiquetage de la viande de boeuf ou des violences suscitées par la réforme du "Mariage pour tous", ces derniers mois, on a vu exploser des situations de crise avec pour dénominateur commun : des mouvements de masse de publics en colère.

C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de vous présenter le livre de Lawrence Susskind et de Patrick Field "Dealing With An Angry Public" ou "comment traiter avec un public en colère", qui m'a servi de cadre de référence pour les trois articles que j'ai cités plus haut.

Quelles sont les approches traditionnelles face à ces mouvements et en quoi sont-elles inappropriées ?

Les tactiques préconisées par certains spécialistes des relations publiques consistent souvent :

- À privilégier l’obstruction et le non-partage des informations,

- À lancer des contre-feux sous la forme "d’écrans de fumées" et de tentatives de "blanchiment" de ses actes,

- En faux prétextes et transfert de responsabilités,

- En contre-attaques virulentes contre les opposants.

À ces tactiques se rajoute une perception totalement erronée des médias et de leur rôle dans la couverture des événements.

Comment traite-t-on habituellement avec les médias ?

Dans une situation de crise, il y a un pan entier qui concerne les médias qui, s’il est négligé, va aggraver le problème et nuire considérablement aux leaders ou aux organisations concernées.

Il y a ici beaucoup d’idées reçues et d’erreurs que pointent les auteurs :

1) Les médias sont perçus comme des adversaires : donc on cherche à réduire leur pouvoir,

2) Les médias sont perçus comme un outil pour faire sa propagande,

3) La croyance que nous pouvons et devons les contrôler en cherchant à les forcer à oublier les points qui nous dérangent en les menaçant de boycott ou d’actions en justice.

Ces tactiques déplorables et cette perception biaisée, vont avoir pour conséquences de mettre de l’huile sur le feu plutôt que de contribuer à l’éteindre, d’accroître les tensions plutôt que de les apaiser, de compliquer le problème à résoudre et le terrain plutôt que de le déminer, provoquant en fin de compte une intensification de l’opposition et de la colère.

Une meilleure approche : les principes de la "stratégie des gains mutuels"

Les auteurs proposent de considérer ces situations comme une sorte de négociation multiparties et multiobjets nécessitant d’y appliquer les principes d’une négociation efficace. Pour cette raison, ils recommandent de substituer à ces tactiques, d’autres principes qui s’appuient sur la "stratégie des gains mutuels" que j'ai lancé il y a plus de 30 ans en France et qui est diffusée par le Centre Européen de la Négociation.

Ceci suppose, dans une première étape, de déterminer à quel type de crise nous faisons face :

- S’agit-il d’un conflit de valeurs ("Mariage pour tous"…) ?

- Est-elle l’expression de la peur par rapport à un risque qui peut l’affecter (étiquetage viande de cheval, Aéroport NDDL…) ?

- Fait-elle suite à un dommage subi (Bophal, l’Ericka, Le Mediator, les prothèses mammaires PIP…) ?

Dans une deuxième étape, il convient de bien analyser l’origine du ressentiment qui déclenche la méfiance, la frustration ou la colère du public et de comprendre les raisons qui l’ont amplifié. Le public en colère se sent-il abusé ? Manipulé ? Victime d’une désinformation ? D’un mensonge et tromperie ? Ou bien qu’on n’a pas respecté une promesse qui lui a été faite ? Sa santé est-elle en jeu, heurte-t-on des valeurs auxquelles il tient, etc. ?

Dans une troisième étape et face aux 3 types de crises – des dommages ont été provoqués, une peur de subir un risque de dommages, un conflit de valeurs – Susskind et Field proposent d’appliquer 6 principes de la Stratégie des gains mutuels :

1) Voir les choses du point de vue de l’autre et montrer de la compréhension envers ses préoccupations,

2) Être ouvert à une recherche en commun des faits afin de générer des informations crédibles pour les deux (ou toutes) les parties,

3) S’engager à dédommager l’impact de ses actes si le risque survient et promettre de compenser des impacts non intentionnels quand ils sont avérés,

4) Accepter la possibilité de commettre une erreur,

5) Être fiable de manière à éloigner les suspicions et susciter la confiance,

6) Bâtir une bonne relation de travail avec ses interlocuteurs et le public concerné.

Pour une négociation constructive et une communication respectueuse

Qu’il s’agisse d’un accident qui survient, d’un conflit de valeurs ou d’une crise suscitée par la peur de subir un risque, il convient de respecter les préconisations suivantes :

- Avoir toujours à l’esprit que notre crédibilité et notre réputation sont en jeu.

- Établir des canaux de communication directs avec les parties concernées sans occulter l’environnement plus large.

- Partager la prise de décision et donc le pouvoir avec ses interlocuteurs.

- Créer un ou des forums de résolution de problèmes.

Tout ceci suppose de ne pas hésiter :

- À être transparent en partageant des informations qu’elles soient favorables ou non,

- À se montrer ouvert à coopérer en évitant toute tentative de cacher des informations, car découvertes, elles se retournent contre l’organisation et détruisent sa crédibilité,

- À privilégier la clarté et éviter d’être évasif,

- À "dire ce que l’on pense et penser ce que l’on dit".

En enjoignant les leaders à encourager et faciliter la "Résolution en commun" du problème et à se fixer pour but d’éviter d’avoir des gagnants et des perdants, ils évitent les polarisations destructrices et aident à trouver des terrains d’entente face aux crises.

Bien que sorti il y a quelques années déjà, le livre de Larry Susskind, "Dealing With An Angry Public" ("Dealing with an Angry Public: The Mutual Gains Approach to Resolving Disputes", par Lawrence Susskind et Patrick Field, New York: The Free Press, 1996), demeure d’une grande actualité. Un seul défaut cependant, il n’est pas traduit en français. Puisse-t-il inspirer nos leaders.

À lire sans modération.

PS C'est à la lumière de la grille proposée par les auteurs de cet ouvrage que j'ai analysé des situations de crise bien françaises que je mentionne au début de cet article. Concernant l’aéroport NDDL, après un rappel rapide des faits, j'ai montré pourquoi ne pas avoir d’emblée considéré cette crise comme une vraie situation de négociation a conduit à une gestion de crise plutôt catastrophique.

En ce qui concerne la tromperie sur l’étiquetage de la viande de bœuf, j'ai mis au jour les causes des échecs en termes de communication de crise qui ont été constatés et le lien entre stratégie de négociation et stratégie de communication. Enfin, la réforme appelée "Mariage pour tous" m'a fourni l’occasion d’aborder le traitement très complexe des crises liées à un conflit de valeurs.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 27 Juin 2013, 17:10

Extraits du discours d’Ayrault au Bourget

Chacun le comprend, l’avion a été un acteur clé de l’histoire du XXe siècle, c’est vrai d’abord au service d’une petite partie de la population, mais la donne a profondément changé », a souligné le Premier ministre. Avant d’ajouter : « L’avion est le mode de transport qui augmente le plus rapidement : 262 millions de passagers en 1989 et plus d’un milliard aujourd’hui. Eh bien, j’en suis convaincu, il sera au cœur du monde dans lequel nous sommes maintenant entrés et celui de demain. Et quand je dis « l’avion », je ne devrais pas le dire de façon si générale. La question, en effet, c’est : à quoi ressemblera le transport aérien de demain ? C’est dans des occasions comme celle-ci, comme ce 50esalon international du Bourget, que cet avenir est en train de s’inventer.

Je le disais, le monde aura besoin de plus d’avions. Mais je crois qu’une fois que l’on a dit cela, c’est sur ce type d’avions nouveaux qu’il faut maintenant travailler –et j’ai vu là quelques exemples tout à fait concrets, convaincants. Des avions qui soient plus économes en énergie, des avions qui soient plus légers, qui soient toujours plus sûrs. Sur des infrastructures au sol plus intelligentes, qui soient mieux pensées, plus respectueuses, elles aussi, de l’environnement qui les entoure.

C’est avec ces idées que l’on réussira à faire voler plus d’avions, à les faire mieux voler, à faire en sorte que leur empreinte demeure raisonnable aussi bien en l’air qu’au sol. Voilà donc pour l’avenir du secteur aérien…
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