Alternative Libertaire Alsace : http://alsace.alternativelibertaire.org/spip.php?article363
Le changement, c’est pour quand ?
Quel triomphe pour le peuple : Sarkozy expulsé au Maroc… mais pour quelques semaines seulement ! Après un président gesticulateur, le sieur Hollande a promis de gérer « normalement » le système capitaliste. Nous sommes sauvés ! Après une droite dite « décomplexée », qui s’acharnait à effacer toutes les conquêtes sociales, voici une gauche ultra complexée, qui s’évertue à ménager la chèvre syndicale et le chou patronal. Depuis 31 ans qu’elle a fait l’expérience du pouvoir, cette « gauche » est passée maître dans l’art de tordre le vocabulaire : c’est en 1982 que les socialistes inventaient déjà le terme de « rigueur » pour remplacer « l’austérité » de la droite !
Une longue tradition de la trahison
Si l’on peut légitimement se satisfaire de l’échec de Sarkozy, il n’y a en revanche aucune raison sérieuse d’espérer la moindre amélioration pour ceux et celles qui sont quotidiennement exploités, raflés et discriminés. Déjà entre 1997 et 2002, le gouvernement de « gauche plurielle » (PS, avec un certain « Mélenchon » + PCF + Verts + Chevènement) avait privatisé plus que tous les gouvernements de droite. Cette vieille habitude n’est pas perdue : alors que le PS s’était « insurgé » contre la casse des retraites du gouvernement Sarkozy-Fillon lorsque des millions de personnes étaient dans la rue à l’automne 2010, moins d’un mois après son élection, le père Hollande se contente d’aménager cette réforme pour les quelques milliers de personnes qui ont travaillé sans interruption de 16 à 60 ans ! Pour les millions d’autres, on entérine donc cette « réforme » qui nous vole au moins 2 ans de notre vie ! Habitué à ces revirements, le PS n’a même pas attendu le second tour des élections présidentielles pour modérer sa promesse de droit de vote pour les étrangers aux élections locales, qui date de… 1981 ! Il semblerait que, accoutumé à se coucher devant les injonctions des institutions financières et patronales, les socialistes reculent maintenant devant les discours démagogiques et racistes du Front national, repris par l’UMP. L’un des héritages du quinquennat Sarkozy est la légitimation des thèses racistes du FN, reprises aujourd’hui à droite comme à gauche : l’immigration est toujours considérée comme un problème, l’insécurité toujours liée à l’immigration… tant de contre-vérité qui se sont imposées dans la sphère politico-médiatique.
Épidémie de peste brune sur l’Europe ?
Encore une fois, dans une période de « crise » (pas pour tout le monde), il est plus facile pour tous ceux et celles qui détiennent un pouvoir de montrer du doigt des coupables tout désignés, en position de faiblesse (chômeurs et chômeuses, étrangers…), plutôt que d’assumer leurs responsabilités. Cette offensive démagogique semble être devenue un sport de haut niveau pour politiciens, journalistes et autres experts médiatiques de toute l’Europe. Pour asseoir leur pouvoir, les élites divisent ceux et celles qui sont contraints de vendre leur force de travail pour vivre. L’extrême droite prolifère dans ce climat de tension : entrée des néo-nazis au parlement grec, participation au gouvernement (Suisse, Pays Bas, Hongrie…), recrudescence des agressions racistes et homophobes,… Pourtant, loin d’être une alternative, l’extrême droite a toujours été la roue de secours du capitalisme en crise. Dans ce contexte, nous avons plus à gagner dans des luttes pour défendre nos intérêts et imposer ainsi dans le débat les vraies questions : répartition des richesses, égalité, liberté de circulation et d’installation,… Abandonnés par tous les gouvernements qui ont prétendu abroger les lois racistes, les Sans papiers continuent à défendre leurs droits : la marche européenne des Sans papiers aboutira à Strasbourg le 3 juillet prochain.
Que faire ?
Après des décennies de promesses non tenues, il serait bien naïf d’attendre un changement réel d’une élection : ce gouvernement rose-vert, comme les autres, ne sera sensible qu’à la pression de la rue. Alors qu’on nous répète sur toutes les ondes que le temps est à l’austérité et qu’il faudra bien se serrer la ceinture, les salariés de la société Deca France (qui nettoient les hôtels Campanile, Kyriad, Première Classe et Golden Tulip) ont obtenu une augmentation de 100€ mensuel et la suppression d’une clause de mobilité. Pour cela, ils ont du mener une grève de 28 jours ! Les autres salariés de ces hôtels ont également bénéficié de cette victoire puisque leur direction a du revoir leur grille de salaire. Ce n’est qu’ainsi, en reprenant en main collectivement nos affaires, plutôt que d’attendre le changement par le haut, que l’on peut obtenir des améliorations immédiates. Seule la lutte paie ! Face aux pouvoirs responsables de cette « crise » et au danger que représente l’extrême droite, le rapport de force seul permet d’imposer les solutions profitables aux travailleurs et travailleuses, c’est-à-dire une véritable révolution. Si nous ne voulons plus être les jouets entre les mains de politiciens et de politiciennes démagogiques, c’est à nous de construire une autre société, réellement démocratique, sans classes ni frontières.
Alternative Libertaire Tours : http://alternativelibertaire.org/spip.php?article4861
Cette société nous réserve-t-elle un avenir ?
Le capitalisme nous propose la précarité
Étudiantes et lycéennes, nous savons que c’est la précarité qui nous attend sur le « marché du travail ». Le système capitaliste nous met en concurrence les unes avec les autres pour des petits boulots ou pour de l’intérim qui ne nous permettent pas de voir au delà du jour présent. Comment louer un logement, devenir indépendante lorsque l’on peut perdre son travail à tout moment ? Quand elles n’ont plus besoin de nos services, ce n’est pas le souci des entreprises de savoir si on peut manger ou se loger correctement.
Le capitalisme nous propose le chômage
Les 15-24 ans, c’est en moyenne 25% de chômeurs. 3 fois plus que le reste de la population ! Et c’est encore pire si on regarde la jeunesse des quartiers populaires (45% de chômage en moyenne). Avec l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, les délocalisations, les plans de licenciement, les lois qui favorisent les heures supplémentaires plutôt que l’embauche, c’est clair que ça ne s’arrange pas.
Le capitalisme nous propose l’injustice sociale
Depuis 1998, les inégalités se creusent. Les 10% les plus riches gagnent 11 500€ de plus par an, tandis que les 10% les plus pauvres gagnent 970€ de plus par an ! Et pourtant, qui bénéficie de cadeaux fiscaux ? Les riches. A qui on demande de se serrer la ceinture pour payer la dette de la France ? Les classes moyennes et les pauvres.
Les capitalistes sont les vrais parasites
Celles et ceux qui touchent de l’argent sans jamais rien apporter à la société ne sont pas ceux que les médias et le gouvernement montrent du doigt. Celles et ceuxlà ne sont qu’une cible facile destinée à nous détourner des vrais profiteurs.
Les traders, les grandes familles industrielles, les fonds de pension, les banques n’ont jamais rien apporté à la société. Ils n’inventent rien, ne créent rien, ne produisent rien. Ils se contentent de posséder des entreprises, d’acheter et de revendre des marchandises et des actions, de gérer des flux financiers. Ils ne prêtent qu’aux riches et n’hésitent pas à couler des entreprises voire l’économie de pays entiers pour leur intérêt personnel. Et ceux là ce ne sont pas 430€ par mois de RSA qu’ils touchent, ce sont des centaines de milliers d’euros.
L’argent n’a jamais travaillé, c’est nous qui travaillons pour produire la richesse !
Précarité, chômage, injustice, exploitation : c’est ça la réalité du capitalisme pour la majorité de la population.
Les profiteurs sont à la tête des grosses entreprises, dans les bourses, les beaux appartements et bien souvent dans les instances dirigeantes de l’Etat français. Et ils n’oublient pas de bien se serrer les coudes pour conserver leurs privilèges !
Nous voulons un autre avenir
Nous ne voulons pas être domestiquées et dressées à travailler pour enrichir les riches. Nous voulons une vie juste et digne qui ne se réduirait pas à la richesse pour quelques uns et la pauvreté pour tous les autres.
Nous pouvons agir pour changer les choses : il faut lutter et s’organiser.
Nous devons nous aussi nous organiser c’est à dire prendre notre destin en main, et nous unir autour de revendications efficaces pour contrer les capitalistes et ne pas décevoir nos rêves.
1 – Un salaire socialisé afin que tout le monde ait les moyens de vivre décemment, chômeurs, travailleurs en formation, étudiants, lycéens, ou malades.
2 – Réquisition de tous les logements vides : marre que des gens soient à la rue alors qu’il y a par exemple 2000 logements non habités à Tours.
3 – Expropriation des entreprises qui délocalisent : elles partent ailleurs, mais les machines restent ici pour que les travailleurs reprennent la production à leur compte.
Ne laissons pas les marchés, les traders, les patrons et les politiques nous dicter notre avenir !











