Bulletin QUE FAIT LA POLICE ?

Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? Juin-juillet 2011

Messagede Pïérô » 16 Juin 2011, 01:53

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 51 – juin-juillet 2011


Editorial : C’était il y a soixante-dix ans

Dans notre France des droits de l’homme, on apprécie les dates anniversaires, mais certaines d’entre elles sont curieusement négligées. Alors, n’oublions pas que les 14 mai, 20 et 21 août 1941, il y a soixante-dix ans, la police parisienne procédait à l’arrestation de près de dix mille Juifs dans la capitale. Sans trop d’état d’âme il est vrai. Dès le 20 août de cette même année, policiers et gendarmes français veillaient également au bon fonctionnement du camp de Drancy où leurs proies récentes venaient d’être enfermées.
Il fallait bien protéger l’ordre nouveau.
C’était en un temps où l’Allemagne nazie triomphante occupait presque toute l’Europe continentale, a l’exception de l’Italie et de l’Espagne où des régimes fascistes étaient en place. Nos policiers arboraient fièrement la francisque de Pétain sur leur vareuse, et ne se posaient guère de questions sur le bien fondé de leur activité répressive, tout comme ils ne s’inquiétaient pas du devenir de leurs victimes. Au mieux, les défenseurs de 1′ordre public se contentaient d’obéir aux ordres scélérats. Au pire ils participaient tranqui1lement a une action d’épuration ethnique couverte par le pouvoir de Vichy, et le Commissariat aux questions juives. Il suffisait d’exécuter la consigne puisque c’était dans l’air du temps. La France avait perdu la guerre, et il fallait bien payer les pots cassés en marginalisant ceux qui étaient présentés comme les responsables de la défaite. Cela ne pouvait qu’aller de soi car les étrangers ont toujours été source de désordre. Nos policiers de cette époque en étaient bien convaincus.
Parmi les interrogations légitimes sur la capacité de nos policiers à réprimer sans vergogne, il y a cette quasi certitude qu’ils ont oublié les dérives de leurs anciens. Au-delà même de leur comportement criminel du 17 octobre 196l, avec des Algériens pour victimes, qui pourrait affirmer que nos policiers de 2011 refuseraient des opérations comparables à celles confiées par la Gestapo, de l’été 1940 à l’été 1944 ? Ceux qui, à cette époque noire de notre histoire se sont rendus coupables d’authentiques crimes contre l’humanité n’ont jamais été jugés globalement pour leur zèle à obéir aux ordres les ignominieux.
Bien évidemment, il ne peut être question de se livrer à quelque amalgame que ce soit car 2011 n’est pas 1942. Il faut pourtant bien constater que nos actuels policiers ou gendarmes ne rechignent jamais à arrêter des familles sans papiers, lesquelles se retrouvent dans l’un de ces centres de rétention administrative, anti chambre d’une expulsion rapide. A notre connaissance, il n’y a pas de démissions au sein des forces de l’ordre pour réprouver cette pratique. Par ailleurs les syndicats de policiers (y compris ceux qui se prétendent de gauche) n’ont jamais réagi contre les missions confiées à leurs adhérents. Il convient quand même de rappeler que, si nous étions sous la botte nazie, en 1941, nous sommes censés vivre en démocratie, en 2011. Par ailleurs il n’en reste pas moins que nos policiers de 2011 ne sont plus les rustres de 1941, tout justes titulaires du certificat d’études, alors que la plupart de nos gardiens actuels de l’ordre public sont bacheliers – ce qui ne les empêche nullement de ce comporter avec une certaine inhumanité. Alors, s’il n’est pas possible de comparer 1941 et 2011, comment ne pas s’interroger sur cette disposition répressive d’hommes (et de femmes) qui ne rechignent jamais à réprimer, n’hésitant jamais à ajouter la punition à la sanction -avec le regard mauvais qui s’impose.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? août-septembre 2011

Messagede Pïérô » 30 Aoû 2011, 10:24

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 52 – août-septembre 2011


Editorial : Révision générale des politiques publiques

Nos policiers ne cessent de pleurnicher sur les difficultés de leur métier. Ils verseraient même de grosses larmes pour tenter de nous convaincre qu’ils ne sont pas aimés comme ils devraient 1′être. Ils sont pourtant armés jusqu’aux dents et ne cessent de nous alerter sur la dangerosité de leur activité. En effet, ils seraient constamment en péril face à ces jeunes des banlieues qu’ils ne cessent de contrôler. Dur métier donc que celui de policier, mais s’agit-il bien d’une profession ? Réprimer est peut-être une activité qui s’apprend bien plus sur le tas qu’en école de police, avec des tours de main bien particuliers, mais peut-on dire qu’un long apprentissage est indispensable pour taper comme un sourd sur ses semblables ?
Les lamentations des syndicats de policiers (il y en a bien une dizaine) font peine à entendre. Il est vrai que, suite à la mise en place de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), les forces de l’ordre perdraient déjà une partie de leurs effectifs. Il n’empêche, lorsque l’on assiste au bourdonnement d’uniformes bleus derrière les portillons de certaines stations du métro parisien, un esprit raisonnable pourrait s’interroger sur la nécessité de cette lourde présence en un tel lieu. Le demeuré qui se pose une telle question n’a sans pas compris que les portillons du métro constituent un excellent piège à sans papiers, en un temps où la priorité est au remplissage des centres de rétention administrative. Avec en arrière-plan, les nombreuses expulsions planifiées en haut lieu. La réduction planifiée des effectifs des forces de l’ordre ne serait qu’apparente car, que peut bien signifier cette publicité permanente appelant, à pleines pages dans la presse, les jeunes à s’engager dans la gendarmerie ? Plus pernicieuse encore, cette affiche qu’il est possible de voir dans les commissariats de police : « Osez le civisme, devenez citoyen volontaires ! » A ce stade, faute d’effectifs, invitation est faite aux « bons » citoyens à devenir le flic de l’autre. Pour l’édification d’une société plus conviviale, bien entendu.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? octobre 2011

Messagede Pïérô » 09 Oct 2011, 01:26

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 53 – octobre 2011

Editorial : Réprimer plus pour ne pas gagner davantage !

Nos policiers républicains ne cessent de se lamenter sur le peu de considération porté à leur égard par le pouvoir. Particulièrement en ce qui concerne leur salaire – qu’ils jugent dérisoire. De plus, ces excellents citoyens sont tout spécialement déçus de la minceur des primes de « productivité » promises par Nicolas Sarkozy, au temps où celui-ci était ministre de l’Intérieur. Bien entendu, si les revendications des syndicats de policiers, concernant leur rémunération, ou l’amélioration de leur armement sont parfois déçues, il n’a jamais été question, chez ces humanistes, de se montrer solidaires des manifestations des autres fonctionnaires, en lutte pour de meilleurs salaires.
On grogne, dans les rangs de la police, mais on ne rechigne jamais à la tâche assignée. La chasse aux sans-papiers paraît naturelle aux petites casquettes, tout comme le saccage des campements de Roms. Cela sans oublier les travaux pratiques habituels, avec pour cibles les « sauvageons » des banlieues qui n’acceptent pas d’être constamment contrôlés et humiliés. Au nom de l’ardente obligation de pourchasser cette « racaille », tellement montrée du doigt par le président de la République, nos policiers étaient certainement persuadés de se voir récompensés pour leur zèle à réprimer. Même si leur action pourrait porter atteinte à la déontologie policière.
Depuis l’arrivée de Claude Guéant à la tête du ministère de l’Intérieur, et les énormes clins d’œil lancés par cet ancien « grand flic » au Front national, les plus basses missions ont conduit les policiers de ce pays à se déshonorer plus encore. De plus, de leur propre initiative, les défenseurs de l’ordre public n’hésitent jamais à ajouter la punition à la sanction. La campagne électorale qui s’ouvre va sans doute se dérouler sous le signe de la xénophobie et du racisme. Domaines où les plus énervés de nos policiers pourront nous montrer toutes les facettes de leur talent. Sans que cela puisse améliorer leur situation économique.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? novembre 2011

Messagede Pïérô » 05 Nov 2011, 02:15

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 54 – novembre 2011


Editorial : Tous policiers ? Tous indics ?

Nous vivons dans un monde sous haute surveillance. Nous sommes enfermés dans une société où l’on voudrait plonger les citoyens dans une angoisse sécuritaire permettant de leur faire oublier les problèmes du quotidien. La volonté de ceux qui nous gouvernent relève d’une intention bien précise : nous transformer en auxiliaires d’une police dont les effectifs se réduisent pour des impératifs budgétaires. Déjà, en 2002, puis au cours de la campagne pour les élections présidentielles de 2007, on nous avait servi un discours malodorant consistant à laisser entendre que la patrie serait en danger. Il ne fallait pas chercher l’ennemi parmi les spéculateurs mais au sein d’une population menacée par la précarité. D’où cette mobilisation permanente des forces de l’ordre, laissant pourtant le champ libre aux authentiques malfrats. La chasse aux sans papiers, qui mettraient en péril l’économie du pays est à l’ordre du jour dans une France, jadis pays de la liberté, où tout sentiment de fraternité serait désormais exclu.
Il paraît y avoir une contradiction évidente entre cette marginalisation forcenée des plus faibles, et la tendance à réduire le nombre d’uniformes bleus dans les rues de nos villes. Ce n’est pas qu’une apparence. L’ambition est de faire en sorte que chaque citoyen devienne le flic d’un autre bon français. Tout est mis en œuvre à cette fin. Dès le lycée, et même depuis le collège, on sensibilise les écoliers à l’idée de devenir « Cadet de la République ». Plus tard, on persuadera les moins diplômés à rejoindre le corps des polices municipales ou, pour les derniers de la classe, les agents des polices privées. Au-delà, il y à toujours de la place dans les rangs des services de sécurité des transports en commun. En descendant vers le niveau zéro, un boulevard est ouvert aux sociétés privées de sécurité qui emploient tous ceux que leur mauvais cursus scolaire a marginalisés, leur laissant le choix de devenir les soutiers d’une population plongée dans l’inquiétude. A la tête de ces laissés pour compte de la société, ces maîtres-chiens qui paradent dans les lieux décrits comme « sensibles ». Il ne faut surtout pas ignorer le fait que ces officines salarient très souvent une variété de sous citoyens très utiles à cette société sécuritaire qui, en dernier recours, tente de susciter un réseau de « voisins vigilants ». Lesquels ne peuvent qu’ouvrir la voie à des mécanismes de délations, par ailleurs fortement encouragés.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? décembre 2011

Messagede Pïérô » 02 Déc 2011, 14:01

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 55 – décembre 2011


Editorial : A propos de coups de bâtons…

Les bons Esprits ne cessent de nous expliquer que les citoyens ont la police qu’ils méritent. Bien entendu, il convient de modifier cette sentence. Les peuples subissent les sbires dont on affirme que leur présence est indispensable au bon ordonnancement de la société. En fait, nous devrions nous exercer à marcher sur trois jambes : les deux que la nature nous a données, la troisième étant constituée par la trique du policier qui veille sur notre sécurité. Il est vrai que, selon les périodes, le bâton blanc du protecteur de la veuve et de l’orphelin peut se transformer en ce long morceau de bois, bien connu sous l’appellation de « bidule », le 17 octobre 1961 et le 8 février 1962 – à la station de métro Charonne – tout comme lors de la répression sauvage du mouvement de mai et juin 1968. Depuis, au fil des années, il semble que le matériel a évolué car nos gardiens de la paix évitent le combat rapproché, sauf si, sur le terrain, ils se trouvent 3 trois contre un. Comment ne pas rappeler ce commissaire de police, qui demandait à ses hommes, à la veille d’une manifestation, de laisser tremper leur bidule, toute la nuit dans un seau d’eau, pour qu’il devienne plus rigide et ne se casse pas sur la tête des fauteurs de l’ordre public -mieux valait fracasser les crânes…
Pourquoi s’acharner à rappeler que le modernisme répressif s’est intéressé à la corporation connue sous l’appellation de forces de l’ordre ? Tout simplement pour ne pas oublier que le flash-ball et le taser, qualifiés d’armes non-létales ou peu létales peuvent tuer légalement. Le sang coule moins, et il est plus difficile de désigner celui qui a gravement blessé le quidam qui s’est trouvé au mauvais moment au mauvais endroit. L’interrogation, « On peut cogner chef ? », n’est plus de saison car nos archers du Roy connaissent bien leur devoir et n’hésitent jamais à dégainer lorsque cela leur paraît nécessaire. Sans négliger cette possibilité offerte d’inonder de gaz lacrymogène, à bout portant, les insolents qui s’obstinent à descendre dans la rue pour exprimer leur colère.
Ne désespérons pas. Nous avons appris, récemment, qu’il est désormais interdit aux policiers tunisiens de bastonner ceux qu’ils contrôlent, et pas davantage de les gifler comme cela se faisait couramment au temps où le clan Ben Ali régnait sans partage sur la Tunisie. La révolution arabe est passée par là et les anciens porte-flingues du régime déchu ont rapidement compris qu’il leur fallait se calmer pour être de nouveau acceptés dans un pays où la violence aux ordres du pouvoir n’a plus sa place. En ce sens, nos policiers républicains feraient bien de réfléchir au regard qui pourrait être porté sur leurs dérives lorsqu’ils se déchaînent en bandes organisées Que ceux qui malmènent les « racailles » des cités, ou s’acharnent sur les familles Roms chassées de leur campement, n’oublient pas qu’il y a cinquante ans, leurs anciens assassinaient tranquillement les Algériens qui manifestaient paisiblement dans Paris. Ces mêmes anciens n’avaient jamais refusé d’obéir à l’ordre de traquer les Juifs étrangers et leurs enfants. Ce sinistre héritage nous est commun.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? janvier 2012

Messagede bipbip » 30 Déc 2011, 01:51

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 56– janvier 2012.


éditorial : Bonne année, bonne sécurité !


2012 sera-t-elle une bonne année ? Cela ne dépendra pas forcément de la qualité de la campagne des élections présidentielles qui bat désormais son plein. Une certitude la démagogie ambiante concernant l’insécurité ne pouvait être absente du débat. Ce n’est pas nouveau. Déjà en 2002, comme en 2007, les bons apôtres du tout sécuritaire agitaient le chiffon rouge d’une dérive risquant de plonger le pays dans l’anarchie. Rappelons-nous l’affaire Papy Voise, à Orléans, en avril 2002, qui devait permettre au Front national d’être présent au deuxième tour de la présidentielle, provoquant la réélection de Jacques Chirac et, par contre coup, l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. Nous connaissons la suite !
Tout au long de la campagne des présidentielles de 2007, c’était à qui promettait d’être le plus répressif. A ce jeu, Nicolas Sarkozy et ses plus chauds partisans ne pouvaient que remporter la partie. En cette année 2012 qui commence, au moins pensions-nous que la leçon avait été retenue. Il fallait espérer que la gauche convenable, qui aspire à gouverner le pays de la liberté, allait enfin changer de cap et placer les problèmes sociaux et économiques au premier plan de ses préoccupations. Las. Une fois de plus, les socialistes veulent nous convaincre que la sécurité est une « valeur de gauche », comme tentait de nous l’expliquer Lionel Jospin en 2002. Est-ce que dans les prochaines semaines ses successeurs finiront par comprendre que c’est bien plus la lutte contre le chômage qui peut participer efficacement contre l’insécurité, tout comme la fin de la guérilla conduite contre les jeunes des cités poussés vers les mauvaises filières d’éducation.
Dans l’attente des élections présidentielles, la valse des affaires ripounesques se poursuit. On ne compte plus les hauts fonctionnaires de la police mis en examen – sans que certains d’entre eux quittent le service. Un comble ! Pourtant, cela ne crée pas trop de vagues car tout a été fait pour nous expliquer qu’il n’y a pas plus de ripoux dans la police nationale que d’individus malfaisants dans la moyenne de la population. Ce constat, une fois admis, nous devrions être bien conscients du fait que notre police n’est pas pire qu’une autre. On voudrait même nous convaincre que les « grands flics » qui veillent sur notre sécurité, manquent parfois de jugement au point qu’ils ne se rendent même pas compte qu’il leur arrive de franchir la ligne jaune séparant les hommes d’ordre des voyous. Au delà, ces braves défenseurs de l’ordre public connaissent parfaitement leur devoir. C’est ainsi que, plus ils montent en grade, plus ils savent ce qui peut différencier la gauche de la droite. D’où cette sollicitude des princes qui nous gouvernent pour la tribu bleue marine de haut vol.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? février 2012

Messagede Pïérô » 01 Fév 2012, 00:14

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 57 – février 2012


Editorial : Sommes nous tous des délinquants étrangers ?

A l’approche des élections présidentielles, les porte-drapeaux du pouvoir sarkozyste ne cessent de mettre en œuvre les vieilles recettes xénophobes. L’insécurité n’est la priorité des citoyens de ce pays que bien après le chômage. Les difficultés économiques du plus grand nombre sont surtout à l’ordre du jour, bien plus que le danger qui serait représenté par des étrangers à la peau colorée. Il n’empêche, le tocsin sonne pour annoncer aux électeurs que, la patrie étant en danger, il convient de faire confiance à ceux qui tiennent fermement la barre. Tout comme à la police, censée garantir nos libertés fondamentales. Parallèlement, nous sommes de plus en plus sous haute surveillance idéologique car, en aucun cas, il ne saurait être question d’abandonner les Français à leur seule réflexion. En fond de décor, il y a cette volonté de faire comprendre qu’un pays ne peut fonctionner que s’il est doté de cette colonne vertébrale indispensable représentée par les forces de l’ordre. Sage précaution, susceptible d’assurer la pérennité de nos institutions.
Il faut prendre conscience que l’institution policière a toujours eu la tentation de faire 1a révérence au pouvoir en place -surtout lorsqu’il est répressif. D’où cette capacité à améliorer la punition. Le peuple « d’en bas » n’a pas à se poser de questions. D’où cette indispensable peur du gendarme devant présider dans l’imaginaire de ceux qui auraient la tentation de se révolter. C’est ainsi que, pour réveiller les vieux instincts des Gribouilles qui se jettent à l’eau pour ne pas se mouiller, Claude Guéant ne dédaigne jamais de s’emparer de l’idéologie du Front National, espérant rallier les « nationaux ». Ce qui ne peut que conforter une armée policière, bien plus acquise à la manière forte qu’au maintien de pratiques authentiquement démocratiques.
Depuis plusieurs mois, déjà, les étudiants étrangers ayant terminé leur cursus universitaire, sont priés de quitter le territoire français dès lors qu’ils demandent le statut de salarié. En clair, ceux-là ne doivent en aucun cas se risquer à manger le pain des Francais. Il y a des limites à l’amitié et, surtout, ne pas voir là une quelconque volonté- de rejet de l’étranger. Il y a bien d’autres mauvaises manières de signifier que si l’on aime bien ceux qui sont venus de loin, il n’y a aucune raison de les supporter s’ils s’installent chez nous en trop grande nombre. Le 22 décembre 2011, au cours du journal du soir, sur France 2, le ministre de l’Intérieur s’est laissé aller à dévoiler l’un des aspects de la campagne électorale qui s’ouvre : la volonté de faire adopter une loi prévoyant l’expulsion des délinquants étrangers. Matois, Claude Guéant se plaisait à rassurer les humanistes en expliquant que seuls seraient concernés les étrangers auteurs de graves délits, et que la loi ne serait pas impitoyable pour ceux ayant de fortes attaches familiales dans le pays.
On connaît la chanson, une loi peut toujours être « améliorée », au fil du temps. Ainsi, la loi de 1999, instituant le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques), ne concernait, à l’origine que des délinquants sexuels et des pédophiles. Rapidement, d’autres délits étaient ajoutés au texte initial et, dix ans plus tard, le moindre délit permet aux Policiers et aux gendarmes de prélever 1′ADN d’un « délinquant » : auteur de fauchage d’OGM, manifestant jugé violent, sur la seule mauvaise foi d’un policier, ou même adolescent interpellé pour avoir tagué un mur.
Pour le ministre de l’Intérieur : « La délinquance étrangère est supérieure à la moyenne enregistrée dans notre pays ! » Nous sommes avertis. Qui nous dit que, dans un avenir proche, ne seront pas concernés par cette loi les étrangers coupables de manifester sur la voie publique avec leurs camarades Français ou, pire encore, de se mettre en grève pour des revendications communes ? Au-delà, pourquoi ne pas envisager des reconduites à la frontière pour ceux qui auront l’audace de ne pas s’exprimer convenablement dans la langue de Molière ? Nous connaissons déjà les difficultés éprouvées par certains étrangers – à la peau colorée – aux guichets des administrations. Certains fonctionnaires, s’estimant détenteurs d’un pouvoir autoritaire, n’hésitant pas à faire appel à la police lorsque le ton monte. Ce qui est alors considéré comme un trouble à, l’ordre public risquant de conduire le « trublion » à l’expulsion.
Avec un doux sourire, le bon docteur Guéant explique au peuple le plus démocratique de la terre qu’il détient le remède absolu de ses difficultés : montrer du doigt l’Etranger, responsable de tous ses maux. En coulisse se trouvent ces parlementaires ayant voté cette loi liberticide et, sur le terrain, une armée de policiers déterminés à mettre un terme à « l’occupation » de notre vieux pays Gaulois par ces étrangers qui n’ont rien à y faire. Comme le soulignait Libération, le 23 décembre 2011, « l’ombre de la double peine se profile à nouveau ».

Maurice Rajsfus


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Re: Bulletin QUE FAIT LA POLICE ?

Messagede Pïérô » 03 Mar 2012, 13:38

"Je n’aime pas la police de mon pays"
Collection : À boulets rouges
Illustrations : Siné, Faujour, Tignous
160 pages – 8 euros
http://editionslibertalia.com/Je-n-aime ... e-mon.html

L’aventure du bulletin Que fait la police ? (1994-2012)

« Dans un pays où la police parle bien plus de ses droits que de ses devoirs, quel espace de liberté peut bien subsister pour les citoyens ? Ces droits revendiqués par les policiers ne peuvent que signifier, parallèlement, le renoncement à la critique quant à la qualité de leurs activités. Lorsque la parole du policier ne peut être réfutée, c’est toute la liberté d’expression qui se trouve mise en cause […]. Il est nécessaire que des témoins ou des observateurs se fassent entendre. C’est le rôle qu’a tenté de jouer, depuis le printemps 1994, l’Observatoire des libertés publiques et son bulletin mensuel Que fait la Police ? Avons-nous réussi à décrire les aspects malfaisants de la police et à sensibiliser les esprits ? Peut-être pour une minorité. Sans doute pas pour le plus grand nombre. Est-ce une raison pour renoncer ? Sans doute pas ! »

Inlassable contempteur de l’ordre sécuritaire, l’historien et essayiste Maurice Rajsfus, né en 1928, rescapé du Vel d’Hiv, ancien président de Ras’l’Front (1991-1999), revient dans ce court texte sur l’aventure du bulletin Que fait la police ? En guise d’invite à poursuivre.
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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mars/avril 2012

Messagede Pïérô » 20 Mar 2012, 15:59

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 58/59– mars/avril 2012


Editorial : Et si l’on créait un fichier des personnes non fichées ?

Il y a, dans ce pays, qualifié de patrie de la liberté et des droits de l’homme, une catégorie de citoyens hautement suspects auxquels nos autorités policières ne se sont jamais intéressées. Ceux qui ne sont pas fichés. Il s’agit, en fait, de ces « individus » dont le comportement sort de l’ordinaire. Nous trouvons parmi ces êtres bizarres ceux qui ne disposent pas d’un téléphone portable, et ne peuvent être suivis à la trace, donc évidemment suspects. Par ailleurs, l’affaire de Tarnac étant encore dans les mémoires, la police ferait bien de s’intéresser de très près a tous ces hurluberlus dont la bibliothèque contient des ouvrages pouvant être considérés comme subversifs, même si l’édition et la vente de ces « brulots » ne peut en aucun cas constituer un délit. Enfin, n’oublions pas ces hommes et ces femmes sans histoire qui sont peut-être d’habiles dissimulateurs, ennemis de l’ordre public. Ces quelques réflexions démontrent, s’il en était nécessaire, l’urgence de créer un fichier de ceux de la France d’en bas qui ne sont pas encore fichés. Il ne reste que quelques semaines au pouvoir encore en place pour y remédier. Comment se fait-il que nos cerbères de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) n’ont pas encore mis en œuvre cet instrument indispensable qui permettrait d’assurer la tranquillité de ceux qui nous gouvernent ? Tous connus, tous fichés, et les bons esprits seront rassurés. Un peu à 1′image de Simon de Montfort qui, à l’époque de la Guerre des Albigeois, s’écriait : « Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens ! », Claude Guéant, au cours de ses nuits agitées, doit rêver d’un pays sous contrôle dont tous les habitants seraient fichés. On ferait le tri ensuite. Cela nous renvoie à Joseph Fouché, qui suggérait déjà au Premier consul Bonaparte de ficher tous les Français. Dure tâche car il aurait été nécessaire de rédiger 25 millions de fiches à la plume d’oie, et d’employer une armée de policiers pour les recherches indispensables pour la réalisation d’un tel monument. De nos jours, le travail serait simplifié car, en un clic, i1 y aurait possibilité de savoir qui fait quoi, quand, comment, pourquoi ? Une dernière suggestion : et si le droit de vote était interdit à celles et ceux dont le contenu de la fiche serait susceptible de laisser croire qu’ils pourraient constituer un trouble à l’ordre public ?

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mai 2012

Messagede Pïérô » 30 Avr 2012, 00:05

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 60 - mai 2012


Editorial : Dégage !

Cette injonction, de plus en plus souvent entendue dans les banlieues, ou inscrite sur les murs, s’adresse surtout au maître d’œuvre du système policier mis en place depuis le printemps 2007 : Claude Guéant ! Ces cinq dernières années, à tous les niveaux de notre société, la, présence policière s’est faite de plus en plus prégnante. A chaque instant de notre quotidien, la, chaude sollicitude des forces de l’ordre a pour objet de contrôler la moindre protestation, considérée comme contestataire. Le plus petit tag est considéré comme un trouble à l’ordre publique, susceptible d’un prélèvement ADN du »délinquant ». C’est ainsi qu’une véritable contre-société s’est instituée dans une France jadis patrie des libertés et du droit d’asile. De plus, au-delà du non droit, il y a le mépris du citoyen, généralement désigné comme « individu ». S’ajoute cette certitude des policiers et des gendarmes d’être les véritables maîtres du pays, qu’il ne faut surtout pas se risquer a contredire, sauf à subir les foudres d’une loi évoluant selon des critères définis par les porteurs d’uniforme.

Nous sommes sous la coupe d’une armée de l’ordre qui prétend nous tenir sous son joug. Laquelle devra bien accepter d’en rabattre dans un avenir proche. La rage au cœur, les plus énergiques de nos défenseurs de l’ordre public devront pourtant se résoudre a redevenir des « gardiens de la paix ». C’est un rêve, une illusion insensée, et il faut se pincer pour tenter d’y croire. Certes, tous les policiers de la république, mais même les plus pacifiques d’entre-eux se gardent bien de montrer du doigt leurs collègues auteurs de graves dérapage, bien qu’il y soient incités par leur Code de déontologie (article 10, deuxième alinéa) – esprit de corps oblige. Tous ceux-là pourront s’entendre dire : dégage ! change de nature ou choisi une autre activité ! Quant à Claude Guéant, son avenir paraît être assuré, puisqu’il se voit déjà député de Boulogne Billancourt…

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? juin-juillet 2012

Messagede Pïérô » 29 Mai 2012, 09:13

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 61 - juin-juillet 2012


Editorial : De la sinistre réalité au rêve

Tout un pan de l’Etat policier, qui se mettait en place depuis le printemps 2002, est en passe de s’effondrer. La France était entre les mains d’une droite ultra-sécuritaire, avec à sa tête Nicolas Sarkozy, menaçait gravement les libertés fondamentales du pays des droits de l’homme. Bientôt, nous serons peut être débarrassés des hommes de main de l’ex-président : les Guéant, Hortefeux, Ciotti. Ces excellents citoyens, qui étaient décidés à mettre le pays en coupe réglée, vont sans doute gagner leur droit à une retraite anticipée mal gagnée. Il y avait volonté de transformer chaque Français en flic d’un autre. La tentative perverse de l’instauration de l’institution des »voisins vigilants » en est la meilleure preuve. Il n’en reste pas moins que chaque instant de notre vie est déjà sous haute surveillance, avec les dizaines de fichiers policiers en place (voire l’information ci-dessous), tandis que des dizaines de milliers de caméras de vidéo surveillance ont pour vocation de capter tous les instants de notre vie.
C’en serait terminé de ces déplacements présidentiels, avec des centaines de policiers en protection, et des badauds refoulés loin de la vue du « chef ». Terminé les « casse-toi pov’con ! », la racaille la mise au ban du pays et le Karcher brandi contre quiconque oserait manifester sa volonté d’en finir avec ce système conçu par des nantis pour des nantis. Terminée la présence de ces nombreux fourgons de CRS, à la moindre délégation syndicale devant un ministère. Terminées cette arrogance policière, en toute occasion, face aux citoyens, en espérant que ces hommes d’ordre (de désordre à l’occasion) cessent de se considérer comme la colonne vertébrale du pays. Terminé cet œil suspicieux du policier, triant le bon grain de l’ivraie, c’est à dire s’apprêtant à opérer des contrôles d’identité, sans motif, sur des passants colorés plutôt que sur des bons blancs. Bien sûr, le policier lambda n’est pas plus xénophobe que raciste mais il ne faut pas oublier les habitudes malsaines, tenaces, dont il lui est difficile de débarrasser.
Risquons néanmoins quelques gros bémols. Sans cacher notre satisfaction possible, n’oublions pas que le parti socialiste a déjà été en capacité de propulser au ministère de l’Intérieur un « sauvageon » comme Jean-Pierre Chevènement, qu’il y a toujours en son sein quelques hommes d’ordre à la nuque raide…

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? août-septembre 2012

Messagede Pïérô » 30 Aoû 2012, 00:24

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
– Nouvelle série – numéro 62 - août-septembre 2012


Editorial : La police a-t-elle perdu de son arrogance ?

Nous sommes débarrassés de Nicolas Sarkozy depuis le 6 mai 20I2. En principe, nous devrions respirer un air plus pur, et même afficher notre satisfaction. Nous étions sous la menace, de plus en plus évidente, d’un authentique Etat policier. I1 ne restait, en effet, qu’à perdre les dernières libertés fondamentales dont il était encore possible de disposer. Pourtant, il semble que l’idéologie sécuritaire a toujours droit de cité au pays des Droits de l’homme. Certes, il y a eu, dès l’entrée en fonction de François Hollande, quelques avancées positives comme l’abrogation partielle de la circulaire de Claude Guéant du 11 mai 2011, pénalisant les étudiants étrangers en leur indiquant la direction de la frontière, tout comme la remise en cause de la décision de faire juger les mineurs récidivistes par des tribunaux correctionnels – à la grande colère des syndicats de policiers. I1 est vrai que nos policiers aimeraient également rendre la justice.
I1 n’en reste pas moins, qu’à part l’éviction de quelques hauts fonctionnaires de la police de l’ère Sarkozy/Guéant, le « ménage » n’a pas été effectué dans les services de la police nationale. Pas plus que cette soi-disant « chasse aux sorcières », évoquée par une droite déçue d’avoir perdu le pouvoir, tout en conservant des nostalgiques du tout répressif dans les rangs de l’administration tape dur. Nous attendons toujours quelques textes forts, signifiant aux policiers de tous grades qu’il leur faut respecter leur Code de déontologie, et changer de manière vis à vis des citoyens, toujours considérés comme des « individus ». Par ailleurs, la hiérarchie n’a pas été incitée fermement à rappeler à la base policière que la population de ce pays n’est pas composée que de supposés suspects. I1 manque de nombreux signaux pour nous persuader que nous en avons terminé avec un système ne connaissant que des justiciers triomphants, et des victimes bénéficiant de la compassion policière

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? octobre 2012

Messagede Pïérô » 01 Oct 2012, 23:03

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
– Nouvelle série – numéro 63 - octobre 2012


Editorial : Les mauvaises habitudes perdurent !

Cinq mois après la victoire de la gauche, sommes-nous toujours sous pression de cette tentation autoritaire qui n’a cessé de tenir lieu de politique sociale tout au long des dix dernières années écoulées ? Même si un air plus léger paraît flotter dans le domaine de la Justice, il n’en va pas de même en ce qui concerne la politique sécuritaire. Dès le mois de juillet, avec le retour des évacuations de campements de Roms, la reprise en mains n’a pas tardé. Au prétexte de la nécessité de mettre en place une quinzaine de zones dites de « sécurité prioritaire » (promesse de campagne du candidat Hollande), c’est surtout du pouvoir qui est redonné à cette police, inquiète de son devenir depuis la chute de la maison Sarkozy. Pour marquer son territoire, le nouveau pouvoir a bien fait tomber quelques têtes trop visibles : Michel Gaudin (préfet de police de Paris), Frédéric Péchenard (directeur général de la police nationale), ont été écartés de ces postes sensibles ; tandis que Bernard Squarcini (ancien patron de la DCRI) serait passé à d’autres activités plus discrètes. Ce coup de torchon passé, il ne semble pas que les mauvaises habitudes de notre police soient tellement remises en cause. Dans les quinze zones, dîtes de « sécurité prioritaire » comment ne pas s’attendre aux débordements de CRS, détachés pour faire régner cet ordre qui ne saurait déplaire aux partisans d’un Etat fort. Dans ce sens, il faut s’attendre à bien des dérapage. Par ailleurs, les services de Manuel Valls annoncent déjà la création d’une cinquantaine de ces nouvelles « zones », d’ici un an. Bien sûr, il n’y a pas que des enfants de chœur dans certains quartiers dits « sensibles », mais dans la ligne de mire des autorités, on ne trouve que rarement les gredins en col blanc qui font leur miel sur 1a misère régnant dans les banlieues. Comme à l’ordinaire, le redéploiement des forces de l’ordre ne contribuera nullement à résoudre la crise économique qui nourrit le chômage, tout comme l’économie parallèle et le travail au noir. Dans un tel contexte, il semble que Manuel Valls soit le digne successeur de ministres de l’Intérieur « de gauche » comme Jean-Pierre Chevènement ou Daniel Vaillant, ce boute-feu qui, en juillet 2002, se plaignait que Nicolas Sarkozy ait copié son programme. Ce qui nous est démontré, une fois de plus, c’est cette volonté de la gauche au pouvoir de faire aussi bien que la droite en matière de maintien de l’ordre…

Maurice Rajsfus

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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? novembre 2012

Messagede Pïérô » 31 Oct 2012, 07:53

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
– numéro 64 – novembre 2012


Editorial : Un nouvel homme à poigne

Abemus Manuelam, pourrait-on proclamer, comme le font les cardinaux après l’élection du nouveau pape, se réjouissant aux cris de Abemus Papam ! Il s’avère que l’hôte de la place Beauvau est devenu le ministre le plus populaire du gouvernement de gauche en place depuis le mois de mai dernier. Ce qui tendrait à démontrer, une fois de plus, que les Français, épris de liberté, n’en apprécient pas moins la trique du croquemitaine, car il faut bien que l’ordre règne. Paradoxalement, les mêmes ne cessent d’applaudir lorsque Guignol assène de vigoureux coups de bâton sur la tête du gendarme. Il y a pourtant une certaine logique dans ce comportement. En effet, si Guignol s’en prend joyeusement aux forces de l’ordre, à la grande satisfaction des enfants, ce personnage représente une sorte de régulateur des sociétés autoritaires. Plus tristement, le policier, ou le gendarme, aux ordres de Manuel Valls, pourchassent vigoureusement les Roms et tous les va-nu-pieds qui encombrent le territoire national. D’où sans doute cette vague d’encouragement à l’encontre de ce fils d’immigrés espagnols, tout comme l’était, au même poste, un autre rejeton d’immigrés, Nicolas Sarkozy. Tous deux, devenus Français à l’excès, estiment nécessaire de se distinguer. Il est bien connu que les convertis sont bien plus rigoureux que leurs coreligionnaires, et la religion de l’ordre en est le meilleur exemple. Frappant ses pectoraux de ses petits bras musclés, Manuel Valls reçoit sans rougir les félicitations des pires réactionnaires du pays de la liberté. Lesquels se réjouissent de le voir à la manœuvre, avec l’expulsion de plus de 7 000 Roms ces derniers mois. Les mêmes avaient félicité Brice Hortefeux, puis Claude Guéant, de reconduire annuellement 30 000 sans papiers vers leur pays d’origine. Cela sous les applaudissements des syndicats de policiers. En fait, il est plus facile de pourchasser des êtres sans défense que de s’attaquer aux gredins de haut vol, comme aux organisateurs des trafics de drogues diverses. Il est vrai que nos policiers et gendarmes mobiles sont trop occupés derrière les portillons du métro parisien pour traquer quelques fraudeurs parmi lesquels il serait possible de trouver des sans papiers. En septembre dernier, lors de l’Université d’été du parti socialiste, à La Rochelle, Manuel Valls était très applaudi pour son discours sur l’ordre républicain et, sans doute, la sécurité de gauche. Le ministre de l’Intérieur venait de marteler son propos de phrases fortes comme : « Je ne crois pas à la démarche : oui à la sécurité mais d’abord l’emploi ! » ou même « Oui à la sécurité mais d’abord la prévention … » On croit rêver à l’écoute de cet homme qui se dit de gauche, tout en éructant des mots copiés/collés ressemblant à du Sarkozy pur jus. Comment ses camarades socialistes ont-ils pu féliciter si bruyamment ce ministre de l’ordre public, à la nuque de plus en plus raide ? En fait, d’une génération à l’autre de ministres de l’Intérieur rien n’a véritablement changé. On s’intéresse bien plus aux effets qu’aux causes d’une situation, qu’il est plus facile de gérer a l’aide de la trique plutôt que d’user de pédagogie et de mesures sociales. Notre ministre de l’Intérieur connait ses classiques sur le bout des doigts, et il feint ignorer que lorsque l’on donne trop d’importance aux forces de l’ordre, à leur consentir des droits plutôt que leur imposer des devoirs, la société est condamnée, à terme, à devenir de plus en plus répressive. Lors des élections présidentielles, puis des législatives qui ont suivi, la volonté était forte de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de ses séides. Les coups de menton de Manuel Valls ne font que réduire l’espoir d’un retour d’une authentique démocratie pour tous !

Maurice Rajsfus

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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? décembre 2012

Messagede Pïérô » 02 Déc 2012, 00:14

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
– numéro 65 – décembre 2012


Editorial La police n’est pas la solution C’est seulement le problème !

De juin 1994 à ce mois de décembre 2012, nous avons publié, mois après mois, avec une ponctualité d’horloge, 187 numéros de Que fait la Police ? En version papier jusqu’en juin 2006, puis sur Internet, notre volonté ne s’est jamais démentie : présenter la police pour ce qu’elle est, une force d’intervention ayant toujours ignoré la prévention, préférant la brutalité opérationnelle. Durant les dix-huit années écoulées, quelque 7 000 informations ont été regroupées dans ce bulletin unique en son genre. Mis à part l’éditorial mensuel, nous avions fait le choix délibéré de nous limiter à fournir une information brute, collectée dans la presse, en évitant de trop la commenter. Pour faire connaître les exploits d’une police qui se voudrait tutrice d’une société suspecte à ses yeux, nous nous sommes simplement contentés de réaliser un travail d’agence de presse.
En rassemblant ces « faits divers », dus à une police, plus souvent hors-la-loi que réellement républicaine, nous avions estimé nécessaire de bien montrer le danger représenté pour nos libertés d’une police qui prétend disposer de droits sans accepter les devoirs qui lui incombent. A de nombreuses reprises, nous avons tenté d’alerter l’opinion publique sur la violence des forces de l’ordre, particulièrement au travers d’une pétition demandant la dissolution des BAC, qui devait recueillir plusieurs milliers de signatures. Au fil des mois et des années, notre travail a semblé porter ses fruits puisqu’à l’heure où nous modifions le contenu de ce bulletin, notre site Internet reçoit près d’un millier de visites par jour. Certes, si nous sommes persuadés avoir fait œuvre de salubrité publique, il n’en reste pas moins que nous n’avons peut-être pas fait évoluer une société de plus en plus policière – il faut être lucide. Pourtant, la certitude est forte que notre intervention n’a pas été inutile. S’il y a un souhait à exprimer, c’est que d’autres – plus jeunes – prennent la suite du chercheur fatigué…
A partir du 1er janvier 2013, nous changeons de formule. Tous les quinze jours, sous ce même titre de Que fait la Police ?, nous tenterons d’analyser, de façon informelle, la nature du monde policier opérant sous un pouvoir plus ou moins socialiste…

Maurice Rajsfus

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