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La Lutte en chantier, chorale militante, Tours a écrit: La lutte en chantier lit et chante des textes en soutien aux inculpés de Tarnac,
Samedi 13 Décembre 14H30
Rendez vous place Jean Jaures, SABOTONS LA MACHINE ANTITERRORISTE!
Venez avec votre matériel de groupuscule à vocation terroriste!
LIBERTÉ POUR TOUS LES INCULPES DE L'AFFAIRE DU 11 NOVEMBRE
FIN DE TOUTES LES POURSUITES JUDICIAIRES A L'ENCONTRE DES INCULPES
A samedi, La Lutte en Chantier
LIBERTE POUR JULIEN ET YLDUNE !
PARIS : RASSEMBLEMENT PLACE DE LA SORBONNE LUNDI 15 DECEMBRE A 14H
SABOTAGE A LA SNCF : DEUX ETUDIANTS EN PRISON
NOS CAMARADES NE SONT PAS DES TERRORISTES !
Vous l’avez vu à la télé le 11 novembre dernier : les soi-disant saboteurs de la SNCF auraient été arrêtés. On parle d’un groupe d’anarchistes installés dans une ferme à la campagne qu’on présente comme « un groupe terroriste autonome ». Cinq personnes sont emprisonnées. Le 2 décembre, trois d’entre elles sont finalement libérées, mais Julien (étudiant à l’EHESS) et Yldune (étudiante à la Sorbonne) restent en prison.
La police reconnaît elle-même n’avoir aucune preuve contre eux. Juste des soupçons. Seuls éléments matériels : des outils que tout le monde a chez soi. Alors, pour se justifier, la police explique que Julien et Yldune auraient garé leur voiture au bord d’une voie ferrée… comme le font tous les jours des millions de gens ! Qu’ils auraient même vu après leur passage des « étincelles » sur un caténaire ! Pas de sabotage, mais des étincelles ! Ca alors ! Donc désormais, sachez-le : pour chaque étincelle que fera le RER que vous prenez chaque matin, vous risquez vingt ans de prison !
Comme il n’y a aucun élément sérieux, le seul truc que la police trouve à dire c’est « Oui, on a aucune preuve contre eux, mais quand même ils ont écrit un livre qui appelle à l’insurrection ». On en vient donc à l’essentiel : ces camarades sont en prison pour un livre (« L’Insurrection qui vient », publié aux éditions La Fabrique, et en vente à la Fnac) « qu’ils auraient écrit ». Une information à prendre au conditionnel…
Donc vous avez bien compris : aujourd’hui deux étudiants de la Sorbonne et de l’EHESS sont en prison pour un livre « qu’ils auraient écrit ». La police avoue qu’en fait elle ne sait pas vraiment qui a écrit ce livre. Ben forcément : c’est un livre anonyme, personne ne sait qui l’a écrit.
En tous cas, ce qui est sûr, c’est que Julien et Yldune sont en prison pour leur engagement politique… « supposé »... Ils n’ont peut-être pas écrit ce livre mais la police prétend les avoir vus dans des manifestations. Et à partir de là en conclue que ce sont des anarchistes, et donc des terroristes. Concrètement ça veut dire qu’on a plus le droit de penser ce qu’on veut. Donc un petit rappel : nous revendiquons la liberté de pensée, et donc également le droit d’être anarchiste, et ça que l’on soit anarchiste ou pas.
Julien et Yldune ne sont pas des terroristes. Ce sont des étudiants : ce sont nos camarades et nous ne les laisseront pas en prison sous prétexte que leurs idées « supposées » ne plaisent pas à Nicolas Sarkozy.
Une attaque contre des étudiants est une attaque contre tous les étudiants. Par conséquent, nous exigeons la libération immédiate de Julien et Yldune. Nous exigeons leur libération immédiate et nous appelons tous les étudiants à se mobiliser pour leur libération.
Interfac Paris
Sabotages SNCF : "Ils ont été condamnés dès la perquisition"
Par Rue89 | 10/12/2008 | 18H44
Les parents d'Yldune, détenue dans le cadre des sabotages à la SNCF, ont répondu en tchat à vos questions sur Rue89.
Le tchat
► unpticon:
Avez vous-eu des signes de soutien d'associations et/ou des partis politiques et de leur représentants? Et pourriez-vous donner quelques recommandations de lecture à un pticon qui connait pas grand-chose dans les livres…
La Ligue des droits de l'homme a fait une déclaration prenant position sur l'affaire, demandant notamment le rejet de la qualification « terroriste » et dénonçant la « violation des garanties constitutionnelles des libertés ». Il y a aussi un communiqué des Verts, de Sud Education... Jeudi 11 à 11h30 à l'Assemblée nationale, il y aura une conférence de presse avec Noël Mamère, Patrick Braouzec, Martine Billard et Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze.
Quant aux livres, toute la famille aime bien comme auteurs, par exemple: B. Traven et Albert Cossery, Sépulveda...
► E-Fred:
Qu'est ce que le citoyen de base peut faire concrètement pour vous aider, vous et votre famille ?
Informer et que les gens se parlent entre eux. Plus il y aura de gens au courant de ce qui se passe, plus il y aura de chance que, d'abord, Yldune et Julien sortent de prison et surtout que soit abandonnée la qualification « terroriste ».
Nous préparons un site -fragmentsduvisible.org- pour le comité de soutien en Ile-de-France. Il y a des comités de soutien qui se créent partout, avec des informations, des événements, des groupes de discussions. Et tous les 11 de chaque mois, nous voulons faire quelque chose pour faire vivre ce soutien, en organisant des événements.
► Rue89 :
Plusieurs internautes se demandent aussi si vous avez été en contact avec le ministère de la Justice, le parquet général, depuis le début de cette affaire ?
Non, aucun contact.
► Lapin Bleu encore :
Faites-vous le rapprochement avec l'affaire AZF ? L'aviez-vous suivi ? Vous en souvenez-vous ? Qu'en aviez-vous pensé ?
On n'a pas eu le temps de réfléchir à cette question.
► Yves Roland, plus érudit :
Que dites vous de cette opinion de Guy Debord sur le Terrorisme ?
"Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L'histoire du terrorisme est écrite par l'État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique."
C'est une réflexion qui est de l'ordre du constat, cela ne permet pas de transformer les choses. Il faut donc sortir de cette mécanique d'interprétation.
► johanjohan :
Toute cette affaire jette une lumière crue sur le dispositif anti-terroriste français. En lisant des témoignages de certains interpelés d'une part et la vacuité du dossier de l'autre, je ne peux pas m'empêcher de penser à toutes les personnes qui ont été auparavant prise dans l'étau aveugle de l'anti-terrorisme, d'habitude lié à l'islamisme. Pensez-vous élargir la bataille qu'il vous faut aujourd'hui mener contre l'ensemble des lois anti-terroristes?
Il y a une volonté de criminaliser tout ce qui n'est pas dans la norme. Tout ce qui est de l'ordre de la désobéissance civile et active est amalgamé à des comportements criminels, alors que ce sont des attitudes qui ne mettent jamais en cause la vie des gens sous aucune forme.
Cette situation met en lumière une vraie dérive du droit. On leur a reproché de ne pas avoir de téléphones portables, de ne pas vouloir se soumettre à la biométrie, voire de vivre à la campagne, comme on a reproché à d'autres d'aller à la mosquée.
► Lohiel :
Est-il absurde d'imaginer que si Julien et Yldune ont été vus près des voies TGV quelques heures avant un incident, c'est parce qu'on leur y avait donné rendez-vous, afin que les policiers chargés de leur surveillance les y voient et puissent en témoigner ?
C'est une bonne idée. Cela nous a effleuré, car on est dans scénario où tout est possible.
► Rue89 :
Est-ce que vous vous sentez une paternité par rapport à ce qu'on a pu dire du bagage intellectuel et/ou idéologique de votre fille ? Le situationnisme, la pensée libertaire ? Pensez-vous que ce qu'on a pu en dire ou en lire a été déformé, grimé ?
On est des gens ayant un sens critique. Les questions nous importent. Quand on réfléchit à un problème, l'intéressant, c'est de trouver. On a voyagé très tôt avec elle, elle a un respect de l'autre, c'est très important d'être curieux, de lire des romans... après, il y a une culture politique et d'analyse sociale, mais qui est de l'ordre de la critique pour reconstruire. Quand on des idées, l'important c'est d'arriver à en réaliser quelques-unes. C'est ce qu'elle a fait.
► Bardamu, doutant de l'intérêt du tchat :
Que vont-ils nous dire de l'éducation d'Yldune... beaucoup de Dolto, sans doute?
Raté. Il y a d'abord l'école de Vitruve et sa philosophie « entreprendre pour apprendre », par des projets concrets. Et le conflit comme source de richesses et apprentissage de la vie. Ce n'est pas Dolto, mais Gérard Mendel, un socio-psychanalyste.
► Rue89 :
Votre fille partageait-elle cette défiance envers les médias?
Qui ne la partage pas aujourd'hui ? On ne peut pas dire « les médias ». Nous distinguons les journalistes qui font leur travail d'enquête et d'autres pas. La question, c'est qui fait quoi ? Qui travaille ? Qui ne travaille pas ? Nous refusons de figurer pour l'émotion et de voir notre parole manipulée. Vous n'imaginez pas la violence que cela représente, la machine à fantasmes que certaines images peuvent produire : inculpés cachés, cagoules, photos de rail dans le brouillard... tout cela veut dire « terrorisme ».
► karlM ("merci, courage et soutien")
Pensez-vous que votre fille porte plainte pour peut-être, « diffamation » contre Alliot-Marie ou contre des journalistes ?
C'est une perspective qu'on se réserve. Quand on voit le traitement de Mediapart, c'est un cas d'école. Le fait de laisser les noms en toute lettre avec les dates de naissance dans le rapport de police, cela veut dire que tu participes du lynchage et cela n'a plus rien à voir avec l'information. C'est de l'abus et c'est irresponsable.
Concernant Alliot-Marie, c'est juste navrant et une incompétence pour un ministre de l'Intérieur. Mardi, elle fait une déclaration en disant qu'il n'y a plus qu'un seul incarcéré. C'est un mensonge. Plus vite elle sera partie, mieux ce sera.
► Elvince :
Compte-tenu des articles, des reportages parus ou diffusés un peu partout, de la méconnaissance manifeste de la part d'une large partie des journalistes quant à la philosophie post ou anti-industriel (alors que la littérature à ce sujet est disponible en librairie - être un lecteur de livres parus à l'Encyclopédie des Nuisances ne fait de personne un terroriste…), pourquoi avoir accepté la proposition de Rue89 ? La forme que prend votre intervention n'est pas de répondre à des journalistes, mais à des internautes. Est-ce la raison pour laquelle vous avez accepté ce rendez-vous avec Rue89 ?
Jusqu'à maintenant, on a accepté de travailler uniquement avec des gens de la presse écrite, devant le déferlement et l'excès d'abus, parce qu'il est possible d'engager un travail de réflexion, de questionnement sur ce qui arrive aux uns et aux autres. Il faut que les gens parlent et prennent la parole. Il faut que les gens arrêtent d'avoir peur. On lâche des chiens dans les écoles, on fabrique de la peur. Est-ce qu'on se pose la question de ce que cela fait aux enfants ? On est là pour essayer de faire qu'il y ait une prise de conscience collective, que ça peut arriver à n'importe qui, n'importe où et n'importe quand, avec les lois telles qu'elles sont appliquées aujourd'hui.
► E-Fred :
La présomption d'innocence a-t-elle été respectée ?
La réponse est dans la question. C'est ce qui nous a le plus choqué au départ : ils ont été accusés et condamnés, alors que la perquisition n'était pas terminée, ni les interrogatoires effectués. Au moment de la perquisition, les policiers ne lui ont posé aucune question. Ils ont fouillé systématiquement tout notre appartement.
La présomption n'a été respectée par personne, mais en plus on a tout de suite utilisé des mots pour faire peur comme « autonomes », « ultra-gauche », « anarchistes ».
► Lapin Bleu encore :
Avez-vous eu des infos du parquet ou des enquêteurs concernant le moindre début de preuve matérielle (alors que les avocats n'ont pas accès au dossier pénal sauf erreur) ?
On a parlé d'empreintes, de traces ADN... tout cela a disparu aujourd'hui. Nous ne savons rien de plus que ce que tout le monde sait. Ce qui apparaît aussi dans le rapport de police publié par Mediapart -dont on ne sait s'il est authentique- c'est que tout cela ressemble à une machination. Nous n'avons pas vu l'avocat depuis qu'il a obtenu le dossier, mardi matin.
► Rue89 :
Vous avez été surpris d'une éventuelle évolution idéologique chez votre fille ? On a parlé de radicalisation... Pourtant vous n'aviez jamais rompu le contact ?
Elle a 25 ans et il n'y a jamais eu de rupture de parole ou quoi que ce soit à la maison. Il ne nous est pas apparu que les autres jeunes étaient en rupture par rapport à leur famille. On a affaire à quelqu'un qui se pose des questions, depuis qu'elle est petite. Elle s'est engagée auprès des mal-logés, à la création du DAL, lorsqu'elle était à l'école Vitruve, avec des enfants qu'elle cotoyait. Elle a toujours été dans la conscience du monde. Elle n'était pas seule dans ce cas, il y a des milliers de jeunes comme elle, avec des questions qui correspondent à notre époque.
► Lapin Bleu :
Pensez-vous qu'il est possible que votre fille soit coupable des faits reprochés ? (Ou a contrario pensez-vous que ce dossier peut être monté de toutes pièces ?)
Qu'on accuse notre fille de terrorisme nous semble incroyable, car qui dit « terrorisme » dit atteinte aux personnes. Et ça, c'est impossible.
► Tigerbill :
Savez vous comment ont fait votre fille et ses copains pour ne laisser AUCUNE trace, ni empreinte digitale, ni ADN, rien, sur les fameux fers à béton ????
Que voulez-vous répondre à ça...
► caro :
J'ai entendu que le mandat de perquisition datait du mois de juin, alors que l'arrestation a été effectuée au mois de novembre. C'est un délai vraiment un peu long s'il s'agissait vraiment de terroristes ! Est-ce que la police a donné une explication plausible sur ce délai ? Un mandat de perquisition suppose déjà des soupçons, mais de quoi ? Etaient-ils déjà considérés comme « terroristes » en juin ?
En fait, dans les deux papiers présentés au moment de la perquisition, le premier -qui ouvre l'enquête pour les services de police français- est daté du 16 avril. C'est le « kit nord-américain ». Une enquête a été ouverte à partir de cette date. L'autre document daté du 6 juin, il ouvre la possibilité de faire des perquisitions dans le cadre de cette enquête. Le dernier document, celui de l'exécution de la perquisition, est daté de la veille ou du jour même. Tout cela, nous le découvrons le 11 novembre à 6 heures du matin.
► Rue89 :
Les termes employés par les médias, la justice et le gouvernement dans cette affaire vous semblent avoir biaisé le traitement du dossier ?
C'est plus que biaisé. La perquisition a duré cinq heures. Cinq minutes après la fin de la perquisition, la télévision était à notre porte. Les policiers n'étaient pas contents. Ils ont remis leur cagoule et ont caché le visage d'Yldune pour sortir. La volonté, c'était d'avoir ces images là pour les diffuser.
Quand Michèle Alliot-Marie a parlé, pendant la perquisition, les présentant comme les coupables, les terroristes, les images étaient déjà prêtes.
► elvince :
Ne sachant pas exactement où en est l'enquête, je me demande pour quel motif votre fille est maintenue en détention alors que (presque) tous les autres suspect-e-s arrêté-e-s ont depuis été remis en liberté.
J'aimerai bien le savoir précisément. L'avocat vient tout juste d'avoir le dossier. Au début, les policiers de la SDAT m'ont dit « c'est pour une enquête, on veut l'interroger ». J'ai répondu que s'ils l'avaient convoquée, elle y serait allée.
Cette histoire de figure du terrorisme vient un jour des Canadiens, un autre jour du FBI, donc elle a bien été fabriquée outre-atlantique. C'est ce que raconte la presse.
► Rue89 :
Avez-vous pu voir Yldune depuis son arrestation ?
La réponse est non. Par contre, on a des nouvelles récentes d'hier et d'aujourd'hui, puisque le juge a déclaré à son avocat qu'il avait signé une autorisation de visite. Depuis mardi, on a téléphoné au greffe de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis où il n'avait rien reçu. Aujourd'hui, nous avons recommencé à téléphoner au greffe, où il n'y avait toujours rien. L'avocat nous a dit que ce n'était pas normal.
On nous a conseillé de rappeler la pénitentiaire, la parole du juge ne pouvant être mise en doute. Et là, on a fini par avoir le secrétariat de la prison nous indiquant que cela passait par le greffe de la maison d'arrêt des hommes. Là aussi, il n'y a rien. A l'âge d'internet, c'est quand même étrange.
Avant le tchat
Si les RG utilisent le terme "anarcho-autonomes" depuis plus de vingt ans, ce n'est pas le cas du gouvernement, qui a attendu la mi-novembre et Michèle Alliot-Marie pour l'endosser à propos des auteurs présumés des sabotages contre la SNCF.
Depuis, les principaux suspects ont été arrêtés, mais la plupart ont été relachés le 2 décembre. L'un d'entre eux, Benjamin Rosoux, s'exprimait largement dans les médias ce mardi matin, sur Europe 1 comme dans les colonnes de Libération.
Dans un vaste interview très volubile, il lie à plusieurs reprises son interpellation à sa présence aux côtés de Julien Coupat à Vichy, où se tenait début novembre le contre-sommet en marge du rendez-vous européen sur l'Intégration. Avec celui que médias et parquet ont vite présenté comme le leader d'une mystérieuse "cellule invisible" à l'origine du sabotage des caténaires, il partage aussi l'aventure de Tarnac.
Pourtant, Benjamin Rosoux a été libéré, même s'il reste sous contrôle judiciaire et est accusé d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Seuls Julien Coupat et son amie, Yldune, restent donc à ce jour en prison. Notamment parce que c'est d'eux qu'est partie l'enquête de la cellule antiterroriste, dès la mi-avril.
A l'époque, le parquet français a été alerté par le FBI, qui a interpellé trois mois plus tôt le couple sur le territoire américain après une manif antimilitaire. Mais aussi parce qu'au ministère de l'Intérieur, on affirme qu'ils ont été aperçus non loin des voies de chemin de fer.
Depuis, vous avez été nombreux à vous poser pas mal de questions. Sur cette "mouvance autonome" aux contours poreux, soudain sous les projecteurs des médias. Mais aussi sur l'enquête en elle-même.
Certains riverains de Rue89 parient ainsi sur un complot, déclinaison corrézienne des "Irlandais de Vincennes". D'autres lancent des invitations pour la fête qui devrait, dit-on, suivre la libération de l'ensemble du "groupe".
Mais d'autres s'interrogent encore sur le parcours de ce couple qui demeure au coeur de l'affaire, commentant une tendance à la "radicalisation" ou un mode de vie "en rupture".
Pas du tout en rupture de ban famillial, Julien et Yldune sont chacun restés en contact étroit avec leurs proches: son père à lui a acheté plusieurs bâtiments pour permettre notamment à son fils d'héberger une imprimerie; ses parents à elle ont assisté à l'interpellation de leur fille de 25 ans qui tremblait tant qu'il a fallu faire venir SOS Médecins le matin de l'arrestation.
Chloé Leprince
L’affaire des "terroristes de l’ultra gauche de Tarnac", A QUAND LA SUPRA GAUCHE ?
Ou la méga gauche ? Voire la giga gauche ...
Le déferlement médiatico-judiciaire qui a précédé et suivi l’affaire des "terroristes de l’ultra gauche de Tarnac" nous paraît pour le moins étrange et surtout inquiétant pour l’état de notre démocratie.
Les journaux télévisés, le week-end précédent l’arrestation des suspects, ont diffusé des reportages sur les actes de vandalisme commis contre des voies ferrées. Le réseau ferré de France est tous les jours victime de tels actes, ce n’est pas un fait exceptionnel qui justifie en soi un reportage aux JT les plus regardés de France. Aussi, quand, deux jours plus tard la gendarmerie, dans des conditions qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire, procède à un assaut des positions ennemies dans ce qui ressemble à une opération militaire, ce devant les caméras et les appareils photos, on est en droit de se demander quel est le rôle des médias dans cette affaire.
Tout comme celui de la justice et des forces de l’ordre qui ont participé à l’opération. Les doutes, les lacunes et les approximations qui, dans un état démocratique, devraient servir les accusés sont à l’inverse les éléments fondateurs de leur détention. Les lois anti-terroristes d’exception applicables en l’espèce sont contraires aux règles les plus élémentaires de la démocratie.
Enfin, l’Etat, en jetant de l’huile sur le feu et en qualifiant ces individus de « terroristes de l’ultra-gauche » ajoute un peu plus de trouble dans cette affaire. Ces méthodes policières musclées que le ministère de l’intérieur cautionne et encourage, comme celles utilisées à l’Ecole des Mètiers de Marciac, dans le Gers, ou à l’Ecole du Jardin de Ville de Grenoble, ne sont pas dignes d’un état respectueux de ses habitants.
Pour ces raisons, les Verts en Limousin condamnent les jugements hâtifs proférés par certains médias, condamnent les méthodes judiciaires honteuses, condamnent les actes de violence contre les personnes, mais aussi contre les biens, et demandent la requalification des faits retenus contre les mis en examen. Les Verts en Limousin rappellent qu’en attente de leur jugement, les neuf personnes interpelées sont présumées innocentes. A ce titre, elles devraient bénéficier des mêmes droits que tout citoyen.
Il faut dans cette affaire rester lucide et serein. Que chacun fasse son travail : médias, justice, politiques. Dans le respect de nos idéaux de non-violence, nous appellons à vous joindre à toute manifestation destinée dans ce dossier à défendre la vérité, la justice et la démocratie.
http://www.limousin.lesverts.fr/article ... rticle=608
