Suite à un débat qui tourne court comme souvent sur ce sujet quand il y a désaccord sur la question du féminisme , j'ouvre ce fil sur " lutte des sexes ou luttes de classes ' .
Doit-on considérer la lutte des femmes comme une lutte spécifique qui dépasse les frontières de classes et qui placerait donc une Christine Lagarde dans le même camp que l' ouvrière de chez Moulinex que l'on vient de licencier ?
La violence qui opprime serait-elle exclusivement sexuée ou engendrée avant tout par les rapports sociaux de domination du capitalisme ?
Quelle réponse doit on y apporter ?
Doit-on se baser sur un pourcentage de personnes concernées par une oppression pour établir une ligne de riposte ou sur l'origine de l'oppression elle-même ? Le patriarcat est-il encore indépendant des rapports de dominations engendrés par le capitalisme ?
On l'aura compris, comme pour celle de tous les opprimés, je ne conçois pas la lutte pour l'émancipation des femmes en dehors de celle pour la révolution sociale.
Plus encore, j' estime que la dissocier de la lutte des classes amène inévitablement à desservir la cause des opprimés des deux sexes.
On parle de violence subie au travail par les femmes : elle existe bien évidemment et est à combattre dans tous les cas et au cas par cas.
Mais le pourcentage de suicides à cause des conditions de travail ne touche pas moins les hommes, loin de là.
On parle de violence conjugale faite aux femmes : elle existe bien évidemment et est à combattre dans tous les cas et au cas par cas.
Mais cette violence qui n'est pas étrangère aux rapports sociaux de domination se passe aussi dans le sens inverse même si elle est moins courante. (cf cet article par exemple)
Et, ceci me porte à penser que la question doit être abordée différemment de la façon dont le féminisme obsolète issu de la mouvance soixante-huitarde et récupéré par le réformisme et la bourgeoisie le fait encore aujourd'hui.
Le débat est ouvert, il est sensible et épineux.
On le sait...
