de Winston » 26 Fév 2012, 22:22
Pour la question de la deviance :
les individus en se regroupant forment des normes, qui ont pour but de former un modus vivendi, normes qui parfois sont la raison du regroupement, ou tout du moins permettent l'objectif qu'ils se sont fixés dans les interactions avec les autres individus. Selon l'importance que le collectif donne a une/des normes, cela aura pour consequence que l'individu y adherant sera a priori integré dans le groupe ou si il n'y adhere pas, sera mis a l'ecart, exclus ou non-intégré, selon differentes modalités.
Il est clair pour moi qu'il faut entendre la deviance soit par rapport au contexte qui l'entoure, soit aux criteres auxquels adhere l'observateur ou tout du moins a ceux qu'il a decidé d'appliquer dans le cadre de son observation.
Il serait donc erroné de voir la notion de deviance comme une notion forcement negative, par exemple pour un observateur posant un critere non-raciste, observer les actions non-raciste d'un individu, dans un environnement raciste, peut lui amener a conclure que l'individu est deviant par rapport a la norme qui l'entoure, ou juger que l'environnement de l'individu observer est deviant par rapport aux normes qu'il applique.
Il faut comprendre que l'utilisation du mot deviant/deviance, est d'abord a analyser par rapport aux criteres normatifs que l'observateur a decider d'appliquer (ou auxquelles il adhere, les deux generalement se confondant, si l'observateur indique pas la "distorsion").
Il faut aussi prendre en compte le fait que l'anarchisme est dans le domaine de la politique, j'entends par la, une vision, de facon simplifiée : qui pense le collectif/le vivre ensemble/les modalites du regroupement etc...on est dans la recherche de ce qui lie l'individu et le collectif.
L'anarchisme est dans ce cadre une construction normative, elle cherche a avancer une autre approche de la norme, dans ce qu'elle doit/peut etre, dans ses modalité de "creation" et d'application.
L'anarchisme avance d'autres normes auxquelles les individus doiventt adherer ou respecter pour voir emerger l'objectif souhaité, ceux qui en dévient entrave l'emergence ou la stabilité de ce projet (ici il s'agit pas de dire quoi faire des deviants, mais juste de constater un fait).
De meme il faudrait aussi se mettre d'accord sur : si on croit qu'une societe parfaite est possible a terme?
Si c'est le cas il faut juste se contenter d'expliquer comment y arriver.... tache deja en soi ardue vu l'objectif fixé.
Si on admet qu'on est plutot dans la notion de mieux, que de bien, il faut admettre que comme toute les societes, la societe anarchiste produira forcement aussi des deviants, cad ceux qui veulent autre chose, ne sont pas satisfait de la situation pour de "bonnes ou mauvaises" raisons. Toute norme produit des deviants, a partir du moment ou les individus ont le choix de se determiner par eux-meme, or la norme est necessaire pour produire du collectif.
si on veut le moins de norme possible, il faut reduire a un maximum la possibilité de produire du collectif et l'importance du collectif dans la vie d'un individu, mais ca veut dire aussi faire accepter des renoncements tres consequent.
L'un des problemes c'est de présupposer que la nouvelle societe produira du gagnant-gagnant pour tous, car ca reste une notion tres subjective qui depend du jugement individuel de chacun, ca ne se decrete pas. Ce qui peut paraitre un bon compromis pour beaucoup ne l'est pas forcement pour tous, il ne faut pas non plus oublié que les conflits mettent en jeux parfois, ou meme souvent plusieurs strates de problematiques ou par exemple les problemes materiaux se confondent avec des problematiques affectives ou sont intrinsèquement lié.
Il est aussi pas question de nier les effets de la structure sociale, mais il ne faut pas non plus en exagerer les effets, un anarchiste "produit" pas forcement un anarchiste, ni un fasciste un fasciste. Les individus ne sont pas des robots que l'ont programme, et ont quand meme une marge pour se determiner autre que par les determinismes sociaux que l'on a décelé. Une "bonne" education ne mene pas forcement aux resultats que ceux qui l'ont determiné, attendaient.
Si l'on admet qu'une societe n'est jamais parfaite, ni que les individus peuvent le devenir (parfait), il faut aussi admettre d'envisager les reponses possibles face aux consequences que cela pourrait engendrer, d'autant plus si les consequences sont collectives.
En ce qui concerne la nature humaine :
Je considere qu'il y'en a une, et qu'elle reside en un melange ou se confonde, libre arbitre et determinisme sociale, et dans ce cadre, il me parait pas etonnant que face a des normes certains se situent contre et les combattent, c'est pour moi au coeur de la notion de norme qui fait appelle a la part de la structure sociale, mais qui fait appelle aussi a la notion de libre arbitre, l'individu a la^possibilité du "dissensus".
Ce dissensus et ses consequences peuvent etre qualifié de "mauvais" selon le point de vu ou on se place, il est evident que dans le texte l'auteur/les auteurs analysent le deviant par rapport a leurs normes anarchistes, de la meme facon qu'un groupe anarchiste exclus un individu aux propos/comportements nazis, cet individu transgresse une norme etablie par le collectif, le rendant "non-elligible" a l'integration dans le groupe.
Quand l'auteur dit : la deviance est humaine, ca me choque pas, ca etabli juste les consequences d'un fait au niveau macro, le lbre arbitre de l'individu, la possibilité de facon reflechi ou non de faire qu'un individu agisse contre le consensus accepté par la plupart.
Ce qui me derange dans la notion de nature humaine se confond avec des jugements de valeurs comme "bon ou mauvais", mais si on me dit que c'est dans la nature humaine de ressentir des emotions, d'avoir la possibilité de penser différemment d'un autre, je vois pas le probleme.
Et pour finir, un point sur le vocabulaire.
Ce n'est pas parce que certains veulent imposer le sens qui les arrange, que la notion a perdu de son utilité, sinon tu peux supprimer liberté egalité solidarité etc... de ton vocabulaire, ainsi qu'anarchisme. Il y'a dans ces mots des acceptions utiles et necessaire, il s'agit pas d'insulte ou plus generalement de mot du domaine du qualitatif, ou il existe des alternatives, ou les mots sont facilement interchangeable.
Si je prends la notion de justice, ca designe a la fois l' appareil organique instrument d'un etat, que la notion d'egalité de traitement d'un point de vu normatif voir economique.
Si je prends la notion de droit :
ca peut etre la possibilité reconnu ou que devrait reconnaitre, une societe/collectif qu' a un individu de penser d'agir ou pas dans un sens.
C'est aussi grosso modo comme cela qu'on appelle la construction normative d'une societe/collectif.
Les problemes que posent l'aspect organique de la justice police droit, c'est lie au rapport avec la construction normative d'une societe et son effectivité.
On peut supposer que la societe que l'on se projette sera parfaite, et qu'elle "produira" des individus parfaits, a ce moment la, inutile de se poser de questions tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Si on admets que toute construction normative a sa part "d'artificiel", qu'on admet le libre arbitre de chacun > malgres tout les determinismes "favorables", l'individu peut s'ecarter de l'equilibre faisant consensus.
La possibilité du dissensus amene a reflechir sur comment s'en premunir de facon a ce que cela menace pas la construction sociale désirée. Et cette question se pose pour toute societe/collectif, et il s'agit de garantir l'effectivité de la construction, que cela ne reste pas que des declarations d'intentions, l'anarchisme dans sa conception sur certains points ne peut cohabiter avec des choix comme ceux de l'ED par exemple, autrement dit il y'a des normes anarchistes qui ne peuvent pas cohabité avec d'autres normes.
L'une des interrogations que l'on pourrait avoir si on reflechi sur ce probleme, c'est comment faire pour qu'un individu ou un groupe d'individu ne puisse pas brutalement ou progressivement imposer leurs choix aux autres.
Par exemple :
Un individu balance des batteries polluante dans une riviere a chaque fois qu'elles sont uséees. A force ca pollue la riviere et ceux qui boivent l'eau ont des problemes de santé les forcant a faire des km pour s'approvisionner en eau ailleurs.
Il faut trouver d'ou vient le probleme, et puis apres qui est le responsable, ca demande du temps qu'on aurait pu consacrer a autre chose.
Les individus concernés peuvent tenter la mediation pour qu'il cesse, lui parler a lui ou a la communauté qui l'abrite pour qu'il arrete et l'amener a tenter de reparer les dommages qu'il a fait.
Si il nie en bloc ou refuse de discuter.
C'est a la charge des individus ayant eu le probleme, de l'amener par leurs propre moyen a l'arreter et de decider des types de mesures a prendre contre cet imbecile pour qu'au moins il cesse ses conneries ?
Et si la disproportion des forces sont aleurs desavantages ?
Faire appelle aux autres membres ? oui mais qui la communauté doit croire sur quelle base ?
Le temoignage de l'un ou les denegation de l'autre qui est peut etre juste le bouc emissaire d'un probleme dont on recherche desesperement un coupable...?
Si on connait avec certitude le responsable ?
C'est quoi la mesure appropriée pour un gars qui s'entete a refuser tout dialogue ?
Et si par hasard les mesures prises par les concernés sont particulierement violentes, faut comprendre que les gars ont perdus un de leur proche empoisonné par les conneries de l'imbecile, et plusieurs des leurs sont malades.
La disproportion de la reaction peut amener les proches de l'imbecile a se sentir eux meme touché, voir a chercher a obtenir des reparations et produire un cercle vicieux.
De simple probleme non resolu peuvent a terme faire que ca devient un probleme qui met en danger l'equilibre collectif, ou chacun va prendre un parti, avec impossibilité de demeler le vrai du faux, parce que tout ceux qui apporteront des elements contraires a la position choisie, seront soupconné de rouler pour ceux d'en face.... chacun pensant que la mauvaise foi des autres ne peut plus permettre de les traiter vraiment sur un pied d'egalite amenant des incidents ponctuels qui vont encore plus clivé.
L'atout qu'a une constitution organique de la justice, c'est la neutralité qu'elle peut representer davant les partis au conflit, on lui accorde le credit d'etre impartial, et ce qu'elle aura etabli permet de comprendre le conflit en lui meme, au milieu de la mauvaise foi que les partis pourraient adopter pour se defendre, et de le trancher.
Le fait de decider a l'avance des consequences par exemple d'une atteinte a une personne et les modalités de son applications, c'est d'eviter que certains avec "la main trop lourde", loin de regler le probleme ne fait que l'aggraver et amener un cercle vicieux d'inimitié.
Si c'est aux individus de trancher les conflits eux meme, ca peut tres vite derapé, il y'a aussi la difficulté d'etablir les faits, si le systeme se base uniquement sur l'opinion de la communauté, sans s'assurer qu'un enqueteur neutre etablisse les faits, la question va surtout se reporter sur la credibilité des personnes, et le risque de voir la communauté reagir contre le moins "populaire", sans compter les risques de manipulations que les mieux en vu pourraient se permettre, tous ayant conscience qu'en cas de probleme, c'est lui qu'on ecoutera et implicitement les gens eviteront d'avoir des problemes avec lui, hesiteront a s'opposer a lui, entrainant sournoisement le retour d'une hierarchie sociale.
La question de la justice ne se limite pas qu'a ce que le systeme actuel en a fait, et c'est pas pour rien que dans la plupart des cultures des rituels de justice des modalites de justice ont ete etabli.
Les raisons de s'opposer, d'etre en conflit, pour moi il y'en aura toujours, le systeme anarchiste permettra d'en faire disparaitre, mais d'autres persisteront, et peut etre meme apparaitront, aucun systeme est parfait, chaque probleme amene des difficultés propre a lui, chaque systeme produit ses deviants, certains certes moins que d'autre.
Bon j'arrete la, j'ai deja fait trop long.
Cela dit pour moi ces textes sont interessants, et ont le merite d'esquisser autre chose qu'une abstraction qu'on a du mal a se figurer.
Et ca me parait important d'essayer de figurer les choses de maniere precise ou presque, de toute facon ce sont des propositions et dans ce cadre ca laisse matiere a debat, ce qui me parait etre l'essentiel.