Occupations à Wall Street

Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 02 Jan 2012, 21:24

Ah, ce ne sont plus des "indignés" mais des "militants anticapitalistes" .
Pour le reste, le mouvement qui "s'essouffle" est une blague. La partie visible est au chaud pour l'hiver.
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 12 Jan 2012, 11:26

La rentrée médiatique 2012 du mouvement d’occupation aura lieu mardi prochain, 17 janvier, avec Occupy Congress à Washington DC.

"Le moment est venu pour le peuple américain d’envoyer un message au Congrès. Les citoyens ordinaires ne sont pas représentés par leurs dirigeants élus. Le 17 janvier 2012, des milliers d’américains arriveront à Washington DC et Occuperont le Congrès. Nous ne sommes affiliés à aucun Parti Politique, Syndicat ou Organisation Politique. Nous sommes des individus auto organisés pour envoyer un messages fort à nos dirigeants politiques …”Nous en avons assez de votre incapacité à gouverner et nous venons nous confronter à vous, en personne!” Pacifiquement
Nous venons à cause de la corruption.
Nous venons à cause des abus de pouvoir.
Nous venons pour rappeler au Congrès qu’il travaille pour le peuple.
La plus grande Occupation jamais vue!"
http://www.occupyyourcongress.info/

Celle d’Oakland est prévue pour le 28 janvier avec l’occupation d’un bâtiment qui servira de centre communautaire et un festival de 2 jours pour fêter l’évènement.
Le 20 février, journée d’action nationale en soutien aux prisonniers. Y est associée une demande d’abolition de la peine de mort et de la peine de prison à vie.

A noter aussi une évolution intéressante à Oakland, où la répression quotidienne continue. Une action autonome contre la police a été décidée.
"Les actions autonomes ont une histoire au sein de Occupy Oakland, et ont été encouragées afin que les membres ont la possibilité d’organiser des actions qui correspondent à leurs opinions plus spécifiques et à leurs tactiques préférées, sans que celles-ci ne représentent le large éventail des point de vues partagées par Occupy Oakland"

Une marche "Fuck the Police" a été organisée vendredi dernier , avec plusieurs centaines de manifestantEs, qui s’est terminée par des tirs de balle en caoutchouc dans la foule. 6 personnes ont été arrêtées, dont l’une avec une caution astronomique de 595 000 dollars.
En réponse une autre marche "Fuck the Police" a été appelée pour samedi.
Le printemps va être précoce aux Etats-Unis.

Deux opinions de groupes anarchistes sur le mouvement :

"DE L'OCCUPATION À L'EXPROPRIATION! Construire le potentiel anarchiste et révolutionnaire du mouvement Occupy Wall Street"
Publié sur Anarkismo http://www.anarkismo.net/article/20858
Original :
The Utopian: A Journal of Anarchist and Libertarian Socialism
http://www.utopianmag.com/
First of May Anarchist Alliance: [url]m1aa.org[/url]

Des places publiques, jusqu’aux pâtés de maison, jusqu’aux lieux de travail : Propageons les occupations au milieu du tourbillon de la crise
http://www.anarkismo.net/article/20743
Original :
Miami Autonomy & Solidarity http://miamiautonomyandsolidarity.wordpress.com/2011/10...isis/
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 22 Jan 2012, 10:09

Image

Une nouvelle branche du mouvement d’occupation est née le 16 janvier à l’occasion de la journée en mémoire de Martin Luther King. : Occupy The Dream.

Je sais que c’est désagréable pour des oreilles anarchistes, mais le clergé, et en premier lieu le clergé afro-américain, a un poids encore considérable aux Etats-Unis. Il existe pratiquement autant de variétés d’églises que de variétés d’anarchistes, :hehe: des plus conservatrices jusqu’à une église "progressiste" qui a toujours joué un rôle dans les mouvements sociaux, notamment lors du mouvement pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam (les églises servaient souvent de "sanctuaires " pour les déserteurs et insoumis)

C’est donc un allié de poids qui vient renforcer le mouvement et qui va gêner aux entournures l’action répressive du gouvernement Obama. Pas facile de gazer une manifestation avec 200 pasteurs noirs au premier rang, ni de les traiter d’anarchistes et de gauchistes.

Occupy The Dream va apporter des troupes fraiches de régions où le mouvement était peu implanté, le sud notamment, et le renforcer considérablement dans des villes comme Atlanta ou Washington DC.
Occupy The Dream a déclaré rejoindre le mouvement d’occupation et en reprend les modes d’actions avec quelques axes annoncés : appel au retrait des banques privées pour des banques mutualisées (crédit unions) , appel au gel immédiat de saisies des maisons hypothéquées , appel pour le déblocage immédiat de 100 milliards de dollars pour l’emploi (formation, reconstruction des infrastructures du pays, aide à la création d’entreprises.)

Une semaine nationale de mobilisation est prévue à Washington DC, du 4 au 7 avril prochain (Le 4 avril est la date anniversaire de l’assassinat de M.L King)

http://www.occupythedream.org/
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 22 Jan 2012, 10:44

Terminal EGT. Suite
EGT a bénéficié d’énormes réductions d’impôt pour construire un silo à grain d’une valeur de 200 millions de $ à Longview (Etat de Washington, côte Ouest) contre la promesse d’embauches locales. Au lieu de cela, la société a embauché des personnes extérieures plutôt que des dockers (syndiqués) du coin.
Un premier bateau céréalier va arriver dasn la semaine prochaine et sera accueilli par Occupy Oakland, Portland, Seattle,Olympia, et Longview ainsi que par le syndicat ILWU (dockers de la région de la baie de San Fransisco)
Les forces de police locales savent (par expérience) qu’elles seront débordées et ont fait appel à des bateaux et hélicoptères des gardes-côtes pour escorter le navire.
C’est la première fois depuis 40 ans, depuis Nixon, que l’armée intervient dans un conflit syndicale aux Etats-Unis .
A suivre sur http://occupytheegt.org/
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 28 Jan 2012, 08:42

Aujourd’hui, Occupy Oakland revient au devant de la scène avec le Oakland Rise-up Festival. Ou le Festival du Soulèvement d’Oakland.

Ce samedi, le mouvement s’installera dans un bâtiment vide, qu’il réquisitionnera et transformera en centre social, avec lieu de couchage, de vie, une cuisine, un centre de premiers soins, un lieu pour les assemblées générales …

"Etablissons notre nouveau lieu de vie, défendons-le et adaptons-le aux besoins d’Oakland.
Nous avons ce que nous pouvons prendre"

Une marche partira à 13H de Oscar Grant Plaza, premier lieu d’occupation dont le mouvement fut expulsé en novembre dernier, pour se rendre jusqu’au bâtiment "libéré", tenu secret jusqu’au dernier moment.
Pendant tout le week-end, groupes de travail, musique, débats, ….

Pour celles et ceux qui auraient encore quelques doutes sur la nature et les orientations du mouvement, il suffit de jeter un coup d’oeil sur le programme et les intervenants. Un débat autour de la Commune de Paris, l’histoire radicale de Oakland avec Elaine Brown, ancienne dirigeante des Black Panthers, état du mouvement ouvrier et organisation radicale, ….

Un mouvement révolutionnaire libertaire est né aux Etats-Unis, et une tête de pont est établi à Oakland.

La première zone contaminée s’étend sur toute la côte Ouest et le ciment en est la lutte des dockers à Longview, état de Washington, contre la société EGT, avec Occupy Oakland, Occupy Portland, Occupy Longview et Occupy Seattle, dont la coordination s’oppose au chargement d’un navire céréalier tant qu’un accord reconnaisse les droits syndicaux de l’ILWU et l’embauche de dockers locaux syndiqués.
Devant la menace, le gouverneur de l’état de Washington a réuni patronat et syndicat autour d’une table et les deux parties ont annoncé un "accord provisoire". Celui-ci a été salué par le mouvement d’occupation, mais il a annoncé qu’il continuerait à préparer l’action de blocage tant que la base ne se serait pas prononcée elle-même, et déclarée que toutes ses revendications avaient été satisfaites au sein d’un accord permanent.

Un mouvement social populaire a été capable de faire d’une lutte ignorée il y a quelques mois un symbole pour le mouvement syndicale américain et de s’interposer entre patronat et hiérarchie syndicale pour imposer la volonté de la base.

Les leçons à en tirer sont nombreuses. Quelques idées reçues devront être revues, comme l’aspect inévitable de l’établissement d’un consensus "mou" dans une organisation horizontale hétérogène ou la critique d’un pseudo "spontanéisme" que j’ai lu ici ou là. Et les libertaires doivent d’en réjouir puisque les évènements autour d’Oakland valident bon nombre de leurs théories et espoirs, même si ils soulèvent quelques questions quant à leur approche et leur organisation.

La leçon principale à ce jour est peut-être que l’action, autour de principes de base libertaires, est capable de gommer des différences d’approches idéologiques, artificiellement grossies par des débats théoriques sans fin, qu’elle recentre les énergies sur l’essentiel et qu’elle est capable d’entraîner un grand nombre d’individus, jugés a priori peu ‘politisés" au côté d’organisateurs plus expérimentés.

Une autre leçon est qu’une lutte menée à grande échelle, par des groupes autonome , sans aucune centralisation, est possible, autour de deux ou trois "points d’unité" . C’est la méthode et la stratégie qui déterminent de facto l’orientation du mouvement. Si le mouvement est fondé sur la prise de décision horizontale et l’action directe, alors ce mouvement, même si il n’en a pas conscience lui-même, même si il ne se revendique pas comme tel, oeuvre dans le sens d’une organisation libertaire de la société.

Il y aurait encore beaucoup à dire en "désossant" un peu plus le mouvement américain mais il y a le temps. Il ne fait que commencer.

L’anarchie est belle quand elle s’invente au jour le jour ! :)
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 29 Jan 2012, 11:09

La tentative de Occupy Oakland de s’installer dans le Henry J. Kaiser Convention Center s’est soldée par une nouvelle intervention policière brutale et une nouvelle étape dans l’escalade entre le mouvement d’occupation et la municipalité.

Le Palais des Congrès Henry J. Kaiser est un lieu symbolique pour les milieux radicaux d’Oakland
Il comprend une salle de théâtre de 1 900 place et un espace multi-usage de plus de 4 500 places . Construit en 1914, il a été fermé en 2006 officiellement pour un déficit d’exploitation, raison qui cache mal une opération immobilière. Entre temps le Palais des Congrès, lieu qui employait une vingtaine d’employés syndiqués avec des salaires décents, était utilisé pour leurs congrès par des syndicats ou des organisations comme les Black Panthers, ou encore pour des concerts (le Grateful Dead, par exemple)

La police avait bloqué l’accès des lieux et la manifestation s’en est retournée vers le centre ville, après quelques affrontement autour du Palais des Congrès, et d’autres heurts violents ont eu lieu avec usage de lacrymogènes et balles en caoutchouc.Un drapeau a été descendu devant l’hôtel de ville et brûlé. Plusieurs centaines de manifestantEs ont tenu tête à la police toute la nuit.
Environ 200 manifestantEs ont été arrêtéEs.

Occupy Oakland maintient son festival, qui aura lieu sur Oscar Grant Plaza aujourd’hui, et qui sera vraisemblablement source de nouveaux affrontements.

C’est un moment charnière pour Oakland et vraisemblablement pour tout le mouvement américain. Après le harcèlement continuel et la répression policière, Occupy Oakland a accepté la diversité des tactiques, avec la manifestation Fuck The Police. Les manifestantEs "classiques" du mouvement ont été averti que ces manifestations qui ont lieu le samedi sont des manifestations "militantes" accueillant des courants révolutionnaires et radicaux avec qui une ligne de conduite a été élaborée : Pas de recherche de confrontation avec la police, mais les actions défensives sont acceptées et encouragées. Pas d’attaques contre les propriétés individuelles, mais les cibles comme les grosses sociétés et banques sont acceptées, ainsi que les véhicules des médias institutionnels et de la police.

Voir : Violence and Arrests at Anti-Repression/ Fuck the Police March
http://occupyoakland.org/2012/01/violence-and-arrests-at-anti-repression-fuck-the-police-march/

Cette radicalisation ne sera certainement pas bien vue par tout le mouvement. Occupy Wall Street a d’ores et déjà appelé à des manifestations de soutien à Occupy Oakland aujourd’hui. Les centaines de petits groupes à travers le pays, et les "sous-groupes", pourraient être tentés de se désolidariser, ou du moins, de ne pas montrer une grande solidarité. La bese du mouvement n’est certainement pas prête à s’engager dans des formes d’actions plus radicales.

Occupy Oakland :
http://occupyoakland.org/2012/01/march-to-civic-auditorium-met-by-police-regrouping-at-oscar-grant-plaza/

Reuters :
http://www.reuters.com/article/2012/01/29/us-oakland-protests-idUSTRE80S00520120129
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 29 Jan 2012, 12:06

Il y a un compteur des arrestations sur
http://www.freakencesixties.yi.org/occupy/repression.html
6 319 au 28 janvier.
Le détail sur
http://occupyarrests.moonfruit.com/
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 04 Fév 2012, 08:02

Un bon article dans le Monde Libertaire
Occupy !
http://www.monde-libertaire.fr/international/15257-occupy
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 05 Fév 2012, 12:38

Dans la nuit, un des derniers campements du mouvement, McPherson Square à Washington DC, a été évacué par la police. Toutes les tentes ont été démontées et jetées à la poubelle, en jetant en même temps à la rue ses occupants, sous la pluie . Un hôpital proche du parc en a hébergé une vingtaine. Une foule importante s’est réunie autour du parc. Une dizaine d’arrestations
@Sara Jeans: "Ca ne tuera pas #occupydc.Nous ne serons peut-être pas là ce soir mais nous nous préparons et reviendrons plus forts "
Occupy DC got Raided http://occupydc.org/occupy-dc-got-raided/
http://occupywallst.org/article/occupy-dc-being-evicted-now-watch-live/
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 07 Fév 2012, 10:12

Le ménage continue. Un arrêté d’expulsion a été reçu par Occupy Pittsburgh (Pennsylvanie) pour hier à midi
Le campement est installé dans un parc appartenant à la Banque de New York Mellon.depuis le 15 octobre
Pas d'action en cours, 14h après l'ultimatum.
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 11 Fév 2012, 17:32

Les affrontements avec la police à Oakland le 28 janvier font des vagues aux Etats-Unis. Rien d’étonnant à cela vu la diversité du mouvement et de ses "supporters". Le débat a lieu à l’intérieur et à l’extérieur du mouvement. A l’intérieur, il est moins médiatisé mais tout aussi animé. Il repose plus sur des choix tactiques que des jugements de valeur la plupart du temps.. A l’extérieur, il concerne en premier lieu le mouvement anarchiste, en faisant ressortir toute les idées reçues et les clichés. Les lignes de fractures aussi, comme j’ai pu le constater moi même dans un groupe de discussions avec une forte présence d’anciens radicaux des années 60. (Peut-être n’aurais-je pas du terminer mon post par "Bakunin Bless America !") :mrgreen:

Un journaliste "progressiste" Chris Hedges dans un article intitulé The Cancer in Occupy , le cancer en question étant les Black Blocs en particulier, les anarchistes en général.
http://www.truthdig.com/report/item/the_cancer_of_occupy_20120206/
David Graeber lui répond dans An Open Letter to Chris Hedges. Graeber est anarchiste, un des initiateurs du mouvement d’occupation à N.Y et un ancien des BB. Il sait donc de quoi il parle et il en parle intelligemment.
http://nplusonemag.com/concerning-the-violent-peace-police
Le froid m’offre deux jours supplémentaires jusqu’à mercredi . J’essaie de vous traduire cela, tout ou partie.
En attendant pour celles/deux qui le peuvent lisez en V.O
Occupy Oakland s’est expliqué sur les faits également
http://occupyoakland.org/2012/02/a-statement-from-occupy-oaklands-move-in-assembly/

J’ai parcouru rapidement le FAR est j’ai trouvé deux topic, un, un peu court, sur les Black Blocs
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=12&t=4467
et un, intéressant, mais sur sur sujet connexe des "autonomes", qui ne peuvent pas être apparentés aux BB, mais qui pose des questions parallèles
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=12&t=34
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 12 Fév 2012, 13:06

Lettre Ouverte à Chris Hedges
David Graeber
http://nplusonemag.com/concerning-the-violent-peace-police

Image

Image: Black Bloc à Occupy Oakland, 2 Novembre 2011.

J’écris cela en supposant que vous êtes une personne bien intentionnée qui souhaite le succès de Occupy Wall Street. J’écris aussi comme quelqu’un qui a été étroitement impliqué dans les premiers moments de la préparation de Occupy in New York.

Je suis également un anarchiste qui a participé à de nombreux Black Blocs. Même si je n’ai jamais participé personnellement à des actes de destructions de biens privés, j’ai pris part plus d’une fois à des Blocs où de telles destructions ont eu lieu. (J’ai participé à davantage de Blocs où de telles tactiques n’étaient pas employées. C’est une erreur courante que de penser que les Black Blocs se limitent à cela. Ce n’est pas le cas)
J’étais loin d’être le seul vétéran des Black Blocs qui a pris part à l’élaboration initiale de la stratégie de Occupy Wall Street. En fait, des anarchistes comme moi-même constituaient le vraie noyau dur qui ont eu l’idée d’occuper Zuccotti Park, celle du slogan des “99%”, du processus d’Assemblée Générale, et, en réalité, qui ont décidé collectivement que nous adopterions une stratégie de non-violence et éviterions les dommages de propriétés privées. La plupart d’entre nous avions participé aux Black Blocs. Seulement, nous avons pensé que cela n’était pas une tactique appropriée dans la situation où nous nous trouvions .

C’est pourquoi je me sens obligé de répondre à votre article “The Cancer in Occupy.” Il n’est pas seulement inexact si l’on s’en tient aux faits, il est littéralement très dangereux . C’est le genre de désinformation qui peut faire que des gens soient tués . En fait, selon moi, cette éventualité est beaucoup plus probable que celle entrainée par n’importe quel adolescent vêtu de noir qui jette des pierres.
Laissez-moi seulement exposer quelques faits de base :

1. Le Black Bloc est une tactique, pas un groupe. C’est une tactique lorsque des militants portent des masques et des vêtements noirs (à l’origine, des blousons de cuirs en Allemagne, plus tard des sweats à capuches en Amérique), comme signe d’anonymat, de solidarité et pour indiquer aux autres qu’ils sont préparés, si la situation le demande, à l’action militante. La nature même de la tactique contredit l’accusation selon laquelle ils essaient de récupérer un mouvement et mettent les autres en danger. L’une des idées de disposer d’un Black Bloc est que quiconque participant à une manifestation doit savoir où sont les personnes susceptibles de s’engager dans une action militante, et par conséquent, de pouvoir s’en éloigner facilement si elles le souhaitent.

2. Les Black Blocs ne représentent aucun courant idéologique précis, ou d’ailleurs, anti-idéologique . Les Black Blocs, par le passé, étaient plutôt composés à la base d’anarchistes mais la plupart comprennent des participants dont les idées politiques vont du Maoïsme à la Sociale Démocratie. Ils ne sont pas unis par l’idéologie, ou par l’absence d’idéologie, mais simplement par le sentiment que créer un bloc de personnes, aux vues révolutionnaires explicites et prêtes à se confronter aux forces de l’ordre à travers des tactiques plus militantes si besoin, est utile dans une situation précise . On ne peut donc plus parler de “Black Bloc Anarchiste,” comme groupe avec une idéologie identifiable , pas plus que de "Porteurs de symboles Anarchistes" ou de “Mic-Checking Anarchistes.”

3. A supposer que vous tenez absolument à sélectionner une petite minorité ultra-radicale à l’intérieur du Black Bloc et prétendre que leurs vues sont représentatives de quiconque porte un sweat à capuche, vous devriez au moins mettre à jour vos connaissances . Il faut remonter en 1999 pour trouver des personnes se revendiquant comme le “Black Bloc”, partisans du primitiviste nihiliste John Zerzan et opposés à toute forme d’organisation. Aujourd’hui, l’approche préférée est de prétendre que “le Black Bloc” est composé de partisans de l’insurrection nihiliste du Comité Invisible opposés à toute forme d’organisation. Les deux sont des calomnies absurdes. La votre est également dépassée depuis 12 ans.

4. Votre commentaire concernant la haine des membres du Black Block envers les Zapatistas est le plus bizarre que j’ai jamais vu. Évidemment, si vous cherchez bien, vous trouverez quelqu’un pour aller dans votre sens/ Mais à mon avis, et malgré la diversité idéologique, si vous faites un sondage parmi les membres du Black Bloc et si vous leur demander quel mouvement politique les inspire le plus dans le monde, l’AZLN obtiendrait environ 80% des votes. En fait, je serais prêt à parier que au moins un tiers des participants d’un Black Bloc porte au moins un élément de l’attirail Zapatiste . (Avez-vous jamais vraiment parlé avec quelqu’un qui a participé à un Black Bloc? Ou seulement avec des gens qui ne les aiment pas?)

5. “La Diversité des Tactiques ” n’est pas une idée du “Black Bloc”.La première Assemblée Générale dans Tompkins Square Park qui a préparé l’occupation, si je me souviens, a adopté le principe de diversité des tactiques ( ou du moins cela fut discutée de manière très favorable), en même temps que nous nous mettions d’accord sur l’approche Gandhienne comme meilleur moyen de procéder. Ce n’est pas une contradiction:  “la diversité de tactiques” signifie laisser ces questions à la conscience de chacun plutôt que d’imposer un code de conduite à tous En partie parce que imposer un tel code a invariablement l’effet inverse. En pratique, cela entraine que des groupes se désolidarisent par indignation et font des choses encore plus radicales qu’ils ne l’auraient fait autrement, sans se coordonner avec quiconque — comme cela est arrivé à Seattle, par exemple. Les résultats sont habituellement désastreux Après le fiasco de Seattle, en voyant des militants livrer eux-mêmes d’autres militants à la police—nous avons décidé rapidement que nous devions empêcher cela de se reproduire un jour. Nous avons pensé que si nous déclarions “nous serons tous solidaires les uns avec les autres. Nous ne livrerons pas nos camarades manifestants à la police. Nous vous traiterons comme des frères et sœurs. Mais nous attendons la même chose de votre part”—alors, ceux qui pourraient être prêts pour des actions plus militantes agiraient solidairement aussi, soit en n’entreprenant aucune action radicale par crainte de mettre les autres en danger (comme cela fut le cas dans beaucoup d’Actions contre la Mondialisation où les Black Blocs ne firent que protéger la sécurité ou à Zuccotti Park, où il n’y a pas eu de Bloc du tout) soit en le faisant de telle façon que cela entraine le moins de risques possibles pour leurs camarades manifestants.

Tout cela est secondaire. J’écris principalement pour en appeler aux consciences. Votre conscience, puisque vous êtes manifestement une personne sincère et bien intentionnée qui souhaite le succès de ce mouvement. Je vous le demande : Examinez s’il vous plait, ce que je dis. N’oubliez pas que en disant cela, je ne suis pas un nihiliste extravagant mais une personne raisonnable qui est l’un (seulement l’un) des auteurs à l’initiative de la stratégie gandhienne qu’a adoptée OWS — ainsi que quelqu’un qui étudie les mouvements sociaux , qui a passé à la fois beaucoup d’années à y participer et à essayer de comprendre leur histoire et leur dynamique.

Je fais appel à vous parce que je crois réellement que le genre de déclaration que vous avez faite est profondément dangereuse .
La raison pour laquelle je prétends cela est que, quelle que soit vos intentions, il est très difficile de lire votre article autrement que comme un appel à la violence. En effet, que dites vous dans l’ensemble au sujet des “Black Bloc anarchistes”?

1) Ils ne sont pas des nôtres
2) ils sont intentionnellement malveillants dans leurs intentions
3) ils sont violents
4) ils ne peuvent pas être raisonnés
5) ils sont tous pareil
6) ils veulent nous détruire
7) c’est un cancer qu’il faut extirper

Vous reconnaitrez sûrement que, exposé ainsi, c’est précisément le genre de discours et d’arguments qui, historiquement, a été invoqué par ceux qui encourageaient un groupe de personnes à en attaquer physiquement, à nettoyer ethniquement ou à exterminer un autre—en fait, un genre de langage et d’argument qui n’est pour ainsi dire jamais invoqué dans d’autres circonstances. Après tout, si un groupe est composé exclusivement de fanatiques violents qui ne peuvent pas être raisonnés et qui veulent notre destruction, que pouvons-nous faire d’autre réellement.? C’est le langage de la violence dans sa forme la plus pure. Bien plus que “fuck the police.” Voir ce genre de langage utilisé par quelqu’un qui prétend parler au nom de la non-violence est vraiment extraordinaire. Je reconnais que vous avez réussi à trouver quelques éléments marginaux extrêmes de l’anarchisme, disant des choses vraiment extrémistes, ce qui n’est pas difficile, notamment parce que de telles personnes sont plus faciles à trouver sur internet que dans la vraie vie, mais il aurait été difficile de venir dans un quelconque ‘Black Bloc anarchiste” avec une déclaration aussi extrémiste que celle-ci.

Même si vous n’aviez pas l’intention de faire de cet article un appel à la violence, ce qui je pense est le cas, comment pouvez-vous croire honnêtement qu’il ne serait pas interprété ainsi par beaucoup ?
D’après mon expérience, quand je parle de ce genre de chose, la première réaction que j'obtiens venant de pacifistes est du genre “de quoi parlez-vous? Bien sûr que je ne suis pas partisan d’attaquer quiconque! Je suis non-violent! Je suis entièrement pour s’opposer de fa_on non-violente à de tels éléments et à les exclure du groupe!” Le problème, c’est que, en pratique, cela ne se passe jamais ainsi. A chaque fois, ce qui arrive en réalité est soit a) livrer les camarades manifestants à la police, les remettre à des gens armés qui vont les agresser physiquement, les menotter et les emprisonner, ou b) une attaque physique d’un militant par un autre militant en personne. On a vu se passer de telles choses. Il y a eu des attaques physiques de militants par d’autres militants et, à ma connaissance, jamais perpétués par quiconque appartenant au Black Bloc, mais invariablement par de prétendus pacifistes, contre ceux qui osaient porter une capuche sur la tête ou un bandana sur le visage, ou, simplement contre des anarchistes qui adoptent des tactiques que certains considèrent aller trop. (Je ne parle pas seulement de tactiques potentiellement violentes. Pendant 15-minutes à Occupy Austin, j’ai été menacé d’arrestation, puis d’agression par des membres du campements parce que je manifestais verbalement ma solidarité, puis ensuite me tenais en résistance passive aux côtés d’un petit groupe d’anarchistes qui installaient ce qui était considéré comme une tente illégale.)

La situation engendre souvent des moments d’ironie extraordinaires. A Seattle, les seuls incidents réels d’agressions physiques par des manifestants sur d’autres personnes ne furent pas des attaques contre la police, puisqu’il n’y en eut aucune, mais des attaques par des “pacifistes” contre des membres des Black Blocs engagés dans des actions d’attaques de propriétés privées. Puisque les membres des Black Blocs s’étaient mis d’accord collectivement sur une politique stricte de non-violence (ce qu’ils avaient défini comme ne ne jamais faire quoi que ce soit qui puisse causer du tort à une personne physique), ils ont refusé uniformément de répondre à l’attaque. Lors de nombreuses occupations récentes, des “Services d’Ordre” autoproclamés ont molesté des militants qui s’étaient rendus à des manifestations vêtus de noir et de sweats à capuches, leur ont arraché leur masque, les ont poussé à terre et frappé: et toujours sans que les victimes n’aient entrepris aucun acte de violence et toujours avec les victimes refusant, sur des bases morales, de répondre à l’agression. 

Le genre de discours que vous tenez, si il est largement diffusé, rendra ce genre de violence beaucoup beaucoup plus sévère. 

Peut-être ne me croyez vous pas, ou ne pensez pas que ces genres de situations soient particulièrement significatives. Si il en est ainsi, permettez moi de situer la question dans un contexte historique plus large.
Si je comprends vos arguments, ils semblent se résumer ainsi:

1. OWS a connu le succès parce qu’il a suivi une stratégie gandhienne en démontrant comment, même devant une contestation strictement non-violente, l’état répond avec une violence illégale
2. Les éléments du Black Bloc qui n’agissent pas selon les principe de la non-violence gandhienne détruisent le mouvement parce qu’ils fournissent une justification a posteriori de la répression de l’état, notamment aux yeux des médias
3. Par conséquent, les éléments du  Black Bloc doivent être expulsés d’une manière ou d’une autre .

Comme l’un des initiateurs de la stratégie gandhienne initiale, je me souviens de combien nous étions conscients, quand nous avons élaboré cette stratégie, du risque énorme que nous prenions. Les stratégies gandhiennes n’ont jamais fonctionné historiquement aux États-Unis ; en fait elles n’ont pas été réellement employées sur une large échelle depuis le mouvement pour les droits civiques. Cela parce que les médias américains sont intrinsèquement incapables de rendre compte des actes de répression policière comme “violence.” (Une des raisons pour laquelle le mouvement pour les droits civiques fut une exception est que de très nombreux américains à l’époque ne votaient pas le Sud Profond comme faisant partie du même pays) Beaucoup de jeunes hommes et femmes qui constituaient le célèbre Black Bloc à Seattle étaient en fait des eco-activiste qui avaient participé à des occupations d’arbres et des opérations de défense des forêts et qui opéraient selon des principes purement gandhiens — tout cela pour découvrir que dans les États-Unis des années 1990, des manifestants non-violent pouvaient être brutalisés, torturés (en ayant du gaz projeté directement dans les yeux), ou même tués, sans objections sérieuses des médias nationaux. Alors ils se sont tournés vers d’autres tactiques. Nous savions tous cela . Nous avons décidé que cela valait le coup de prendre le risque.

Nous étions aussi conscients, cependant, que, lorsque la répression commencerait, certains rompraient les rangs et répondraient avec des actions plus radicales. Même si cela n’arrivait pas de façon systématique et organisée, il y aurait des actes violents  Vous écrivez que des membres du Black Bloc ont dévasté un “ petit coffee shop”; J’en ai douté lorsque j’ai lu cela parce que la plupart des Black Blocs sont d’accord sur une stricte politique de ne pas s’attaquer aux petits commerces artisanaux et je découvre maintenant à travers la réponse de Susie Cagle à votre article qu’il s’agissait en faut d’un magasin faisant partie d’une chaine de coffee shops, et que sa destruction a été réalisée par quelqu’un qui n’était pas vêtu de noir.. Mais quoi qu’il en soit, vous avez raison: de tels incidents se produiront inévitablement.

La question est de savoir comment on y répond.

Si la police décide d’attaquer un groupe de manifestants, elle prétendra avoir été provoquée, et les médias répèteront tout ce qu’elle dit, même si cela est peu plausible, comme étant les faits avérés de ce qui s’est passé. Cela arrivera , que quelqu’un agisse ou non au sein de la manifestation d’une manière qui peut s’assimiler même de loin à de la violence. De nombreuses déclarations de la police seront de toute évidence ridicules – comme lors de la récente marche à Oakland où la police a accusé des participants d’avoir jeté des "explosifs artisanaux"—mais peu importante la fréquence des mensonges policiers, les médias les reprendront comme étant vrais et il reviendra aux manifestants de prouver le contraire. Parfois, avec l’aide des médias sociaux, nous pouvons démontrer qu’une attaque de la police était totalement injustifiée, comme lors du célèbre incident de l’aspersion de gaz de Tony Bologna. Mais nous ne pouvons pas par définition prouver que toutes les attaques policières sont injustifiées, même sur une manifestation précise; il est matériellement impossible de filmer tout le temps tous les angles possibles lorsque quelque chose arrive. Ainsi, nous pouvons nous attendre à ce que, quoi que nous fassions, les médias mentionneront servilement “des manifestants déclenchent des heurts avec la police” plutôt que “la police a attaqué des manifestants non-violents.” Qui plus est, quand quelqu’un retourne une grenade lacrymogène à l’envoyeur, ou jette une bouteille, ou même bombe quelque chose à la peinture, on peut être sûr que ces actes serviront de justifications a posteriori pour toutes les violences policières qui ont eu lieu avant même que ces actes ne se déroulent.

Tout cela est vrai que les Black Blocs soient présents ou non.

Si la question morale est “est-il défendable de menacer quelqu’un qui ne menace pas directement les autres,” on pourrait dire que la question pragmatique, tactique est , “même si il était possible de créer d’un manière ou d’une autre un Service d’Ordre capable de prévenir tout acte pouvant être interprété comme ‘violent’ par les médias institutionnels , ou par quiconque se trouvant près de ou dans la manifestation, et quelle que soit la provocation, est ce que cela aurait un effet significatif ?” Autrement dit, est-ce que cela créerait une situation où la police jugerait qu’elle n’a pas à utiliser la force arbitraire contre des manifestants pacifiques ? L’exemple de Zuccotti Park, où nous avons mis en place une non-violence constante laisse penser que cela est tout à fait improbable. Et peut-être le plus important de tout, même si il était possible de créer d’une manière ou d’une autre un genre de Service d’Ordre pour empêcher quiconque victime d’une attaque au gaz de jeter ne serait-ce qu’une bouteille, afin de pouvoir justifier que personne n’avait fait quoi que ce soit méritant le genre d’attaque dont la police est coutumière, la couverture un peu meilleure que nous obtiendrions ainsi de la part des médias compenserait-elle vraiment le coût en liberté et démocratie que nous paierions inévitablement en créant une telle police interne ?

Ce ne sont pas des questions en l’air. Chaque grand mouvement de désobéissance civile non violente de masse doit se les poser d’une manière ou d’une autre. Jusqu’à quel point accueillez-vous ceux qui ont des idée différentes sur les tactiques appropriées ? Que faites-vous face à ceux qui vont plus loin que ce que la majorité considère comme les limites acceptables ? Que faites-vous lorsque les autorités et ses alliés médiatiques brandissent leurs actions comme justification—même a posteriori — de leurs actions répressives et violentes ?

Des mouvements efficaces ont compris qu’il était absolument essentiel de ne pas tomber dans le piège tendu par les autorités et de gaspiller son temps à condamner et à essayer de contrôler d’autres militants. On définit des principes clairs . On exprime la solidarité que l’on peut avec ceux qui partagent la même lutte, et si on ne peut pas, on fait de son mieux pour les éviter et les ignorer, mais surtout, on reste concentré sur la source réelle de la violence, sans faire ou dire quoi que ce soit qui pourrait sembler justifier cette violence, du fait de désaccords tactiques que vous pourriez avoir avec des camarades militants.
Je me souviens de ma surprise et de mon amusement, la première fois que j’ai rencontré des militants du Mouvement égyptiens de la Jeunesse du 6 Avril, lorsque la question de la non-violence a été abordée. “Bien sûr que nous étions non-violents,” a dit un des organisateurs du mouvement, un jeune homme de tendance libérale qui travaillait dans une banque. “Personne n’a utilisé d’armes à feu ou rien de tel. Nous n’avons jamais rien fait de plus radical que de jeter des pierres!”  

Voilà un homme qui avait compris ce qu’il faut pour gagner une révolution non-violente! Il savait que si la police commençait à tirer des grenades lacrymogènes à la tête des gens, à les matraquer à les arrêter et à les torturer, et que si vous avez là des milliers de manifestants, alors certains d’entre eux répondront. Il n’y a aucun moyen pour empêcher cela. La réponse appropriée est de rappeler à tous la violence des autorités étatiques et jamais, en aucun cas de commencer à écrire de longues dénonciations de camardes militants, en proclamant qu’ils font partie d’une cabale fanatique et diabolique. (même si je suis sûr que si un hypothétique militant égyptien avait voulu faire valoir que, disons des salafistes violents ou même des Trotskistes, essayaient de subvertir la révolution, et avait adopté pour cela des critères de preuves aussi évasifs que les vôtres, cherchant des déclarations inflammatoires là où il pouvait les trouver et prétendant que cela était caractéristique de quiconque jetait une pierre, il aurait pu facilement le faire) C’est pourquoi la plupart d’entre nous savons que le régime de Moubarak a attaqué des manifestations non-violents, et que nous ne savons pas que beaucoup ont répliqué en jetant des pierres.

Les militants égyptiens, autrement dit, ont compris ce que signifie réellement faire le jeu de la police
Après tout, pourquoi se limiter à l’Égypte? Puisque nous parlons ici de tactiques gandhiennes, pourquoi ne pas examiner l’exemple de Gandhi lui-même ? Il a du faire face à quoi dire à des gens qui allaient beaucoup plus loin que le lancer de pierres (bien que les égyptiens lanceurs de pierres contre la police sont allés déjà beaucoup plus loin que n’importe quel Black Bloc US ). Gandhi faisait partie d’un très large mouvement anti-colonial qui comprenait des éléments qui utilisaient des armes à feu, engagés en fait dans le terrorisme pur. Il a commencé par élaborer sa propre stratégie de résistance non violente de masse en réponse au débat concernant l’acte d’un indien nationaliste qui était entré dans le bureau d’un fonctionnaire britannique et qui lui avait tiré à cinq reprises dans le visage, le tuant sur le coup. Gandhi a exprimé clairement que si il était opposé au meurtre en toute circonstance, il refusait également de dénoncer le meurtrier. C’était un homme qui avait essayé de faire la chose juste , d’agir contre une injustice historique mais il l’avait fait de manière incorrecte parce qu’il "était enivré d’une idée folle"

Durant les quarante années suivantes, Gandhi et son mouvement furent régulièrement dénoncés dans les médias , tout comme les anarchistes non-violents le sont toujours, (et je dois faire remarquer que sans être lui-même anarchiste, Gandhi a été fortement influencé par des anarchistes comme Kropotkine et Tolstoï), comme une simple façade cachant des éléments plus violents , terroristes, avec qui on prétendait qu’il collaborait. Il devait régulièrement prouver ses certificats de non-violence en aidant les autorités à supprimer de tels éléments .Gandhi est resté intraitable. Il est toujours moralement préférable, insistait-il, de combattre l’injustice par des moyens non-violents plutôt que par des moyens violents Néanmoins, s’opposer à l’injustice par des moyens violents est encore moralement préférable que de ne rien faire du tout pour s’y opposer. 

Et Gandhi parlait de gens qui faisaient sauter de trains ou assassinaient des représentants du gouvernement. Pas de casser des vitres ou de bomber à la peinture des trucs impolis envers la police.
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 13 Fév 2012, 10:28

Une Déclaration de l’Assemblée Move-In de Occupy Oakland
http://occupyoakland.org/2012/02/a-statement-from-occupy-oaklands-move-in-assembly/

A la famille Occupy Oakland et à tous ses soutiens

Nous vous écrivons au sujet des idées fausses que vous pourriez vous faire concernant la journée du Move-In samedi dernier (28/1) pour réclamer le Henry J. Kaiser Convention Center. Nous avons du affronter une violente campagne lancée par la municipalité et les médias institutionnels pour nous discréditer et, malheureusement, quelques-uns au sein de nos rangs ont pris ces idées fausses pour argent comptant. Nous espérons que cette déclaration aidera à clarifier les choses.

Nous nous souvenons combien nous étions magnifiques dans notre marche, une foule variée de milliers de personnes réunies pour transformer un bâtiment abandonné en un centre social et un nouveau lieu pour Occupy Oakland. Nous avions une brigade d’enfants à l’arrière, un groupe de protection devant et une foule festive de camarades entre les deux. Nous devrions être encouragés par le fait que autant d’entre nous ici veuillent participer à ce genre d’action et comme pour la Grève Générale et la Fermeture des Ports, voir cela comme un symbole de ce que nous sommes capables lorsque nous sommes unis par l’objectif et la solidarité .
Oui, nous avons rencontré la main lourde de la police d’état lorsque la police de Oakland a choisi de transformer notre marche pacifique en zone de guerre. Mais un fait qui ne doit pas passer inaperçu est le courage et la résilience dont nous avons fait preuve dans la rue ce jour là. Que ce soit en avançant derrière nos groupes de protections à travers les policiers, en renversant les barrières pour échapper au piège de la police, tout en étant aspergés de gaz, en s’échappant par l’Auberge de Jeunesse pour éviter les arrestations (merci à qui que ce soit pour nous avoir laissé entrer!),en utilisant un extincteur comme écran de fumée pour aider la fuite de ceux qui étaient à l’intérieur de City Hall, ou en essayant de libérer nos camarades qui étaient transférer au centre de détention de Glen Dyer, les habitantEs de Oakland ont montré de quoi ils étaient capables et ce que nous pouvions devenir. Par dessus tout, nous avons démontré à la municipalité et à sa police voyou que nous ne serons pas intimidés ou effrayés par leurs tactiques lorsque nous savons que nous nous pouvons compter les uns sur les autres.

Soyons clairs: nous ne sommes pas des victimes mais des survivants de la brutalité policière. Il n’y a pas de doute sur le fait que nous avons opposé une résistance militante face à la police samedi . C’est tout simplement naturel lorsque nos intentions de créer un nouveau monde rencontrent une telle hostilité. Cette fois, le chant “Quand Oakland est attaqué, que faites-vous? Levez-vous! Défendez-vous!” était d’actualité. En même temps, il faut être clair sur le fait que il n’y a rien qui empêche ceux qui veulent d’organiser des actions directes non-violentes de façon autonome avec des lignes directrices claires. C’est ce que nous entendons par diversité des tactiques.

Nous reconnaissons que des communautés ont été affectées dans les quartiers où ont eu lieu les affrontements avec la police. Nous avons réalisé un travail de proximité dans tout Oakland avant l’action et nous continuerons à offrir notre soutien et notre solidarité à ceux qui ont pu être touchés négativement ou traumatisés par les actions inexcusables de la police de Oakland. Ce que nous avons vu dans les rues de Oakland le 28 a été un soutien massif, que ce soit à travers des passants nous apportant de l’eau pour nous débarrasser des gaz lacrymogènes, nous faisant des signes de la main ou nous encourageant, en klaxonnant ou en sortant de leurs appartements pour nous rejoindre. Nous avons vécu la solidarité grandeur nature et non à travers les pourcentages d’un sondage.

La police et la municipalité proclament que nous venons de l’extérieur et que nous ne sommes pas de Oakland (alors que 93% des policiers vivent en dehors de la ville). Ces mensonges sont transparents pour quiconque vient à nos marches et assemblées et voient leurs amis et voisins autour d’eux. Et ceux qui sont venus par solidarité samedi dernier, de toute la région de la Baie, de Dallas à Los Angeles, ils sont nous et nous sommes eux. Ce sont nos camarades et aucun communiqué de presse de la municipalité ne peut nous séparer. Nos cœurs battent avec eux et toutes les occupations (26 au dernier décompte) qui ont organisé des manifestations de solidarité dans les 24 heures qui ont suivi les arrestations de masse du 28. Nous vous aimons au sens le plus profond du terme. Depuis ses débuts, le but de Occupy Oakland a été l’organisation d’actions directes, notre autodéfense et la mise en valeur de nos aptitudes les meilleures. Il s’est toujours agit de solidarité entre les gens, de travail pour construire des alternatives radicales au système capitaliste patriarcal , et c’est dans cet esprit que nous avançons ensemble. Personne ne vient d’un quelconque "extérieur" pour mettre le bazar dans notre Oakland, sauf la police anti-émeute qui vient des banlieues. Nous sommes d’ici et de partout et, dans notre mouvement, ceux qui nous rejoignent sont tous d’ici, en menant campagne ensemble pour un Oakland et un monde meilleurs

Évidemment,beaucoup d’entre nous sont frustrés par les erreurs tactiques faites durant la journée et nous devons en tirer les leçons en même temps que nous avançons. De nombreuses questions et critiques nous viennent de notre communauté élargie et nous accueillons chaleureusement votre aide pour aider à transformer cela en des stratégies meilleures en vue de futures actions . Nous devons apprendre à occuper des bâtiments de manière efficace et intelligente. Nous devons apprendre à nous déplacer de manière unie dans les rues, à prendre des initiatives offensives et défensives, à améliorer la communication dans des situations très tendues. Les critiques sont importantes mais nous voulons que tout le monde comprenne la difficulté d’entreprendre une telle action face à une réponse policière aussi ferme. Les autorités craignent que la prise réussie d’un bâtiment en amène d’autres. Elles font des cauchemars sur des blocs entiers de bâtiments vides utilisés comme centres sociaux et nœuds de résistance et inspirant d’autres villes à faire de même. Malgré la merde dans laquelle la police de Oakland se trouve actuellement,quand il s’agit de la remise en cause des relations à la propriété, ont remet les compteurs à zéro et les laisses sont coupées.
Nous sommes stupéfaits en entendant ceux qui nous accusent de vouloir seulement créer un spectacle, une confrontation avec la police, ou de ne pas être sincères quant à nos objectifs déclarés. Nous sommes les mêmes personnes qui, pendant un mois, avons préparé un festival de deux jours pour l’inauguration de notre nouveau local, collecté et transporté un équipement important pour en faire un lieu sûr et confortable, rédigé des lignes directrices bien conçues pour le comportement et les exclusions dans le bâtiment pour faire face à la violence entre sexes que nous avons connu lors du camp et élaboré des stratégies de défense contre les raids de la police. Était-ce un pari? Oui bien sûr, tout comme installer notre camp sur Oscar Grant Plaza le 10 Octobre, ou appeler à une grève générale avec un préavis d’une semaine, ou de fermer les ports. Presque toutes les actions préparés comportent des risques et des facteurs inconnus. Accusez-nous de naïveté si vous voulez (et ensuite rejoignez-nous pour construire de meilleures actions), mais ne nous accusez pas de faux-semblants ou d’avoir des motivations cachées.

Tout en continuant à réfléchir sur les actions de samedi dernier, nous devons aussi garder à l’esprit que beaucoup dans notre communauté souffrent et sont traumatisés et que nous avons besoin du soutien et de l’attention de tous. Plus de 400 d’entre nous on été emprisonné le week end dernier. Certains ont déjà été relâchés et sont l’objet d’accusations fabriquées de toute pièce ou de mesures inconstitutionnelles d’éloignement. Les mauvais traitements dont nous sommes victimes derrière les barreaux doivent être dits et répétés , parce qu’ils ne montrent pas seulement un autre aspect de la répression de la contestation mais aussi la brutalité quotidienne du complexe industriel carcéral envers tous les prisonniers. Nous n’avons pas assez souligné la solidarité que nous avons rencontré dans les cellules et derrière les murs conçus pour nous séparer et nous isoler. Quand nous sommes sortis de Santa Rita, nous ne voulions pas rentrer à la maison mais rejoindre les douzaines de camarades dehors qui attendaient les derniers d’entre nous, ovationnant chaque libération, fournissant nourriture et chaleur humaine.

Mais plus important encore, le temps passé à l’intérieur des murs nous a rappelé précisément ce que nous combattions et pourquoi . A travers le monde, des millions de prisonniers dépérissent en prison; en Californie seulement, ils sont près de 200 000, gens de couleur dans une écrasante majorité, résultat du racisme institutionnalisé du système juridique. A Santa Rita nous avons rencontré quelques-uns d’entre eux qui nous ont offerts des paroles de soutien et d’encouragement. Lorsque nous convergerons vers San Quentin le 20 février à l’occasion de l’action Occupy the Prisons,ces prisonniers seront présents dans nos cœurs .
La grande communauté de Occupy Oakland doit savoir que nous ne sommes pas finis et que nous continuons à préparer l’occupation de nouveaux bâtiments et autres actions. Nous sommes conscients qu’il nous reste beaucoup à faire et que nous devons continuer notre travail de proximité, , construire (et réparer) des ponts et étendre notre mouvement, qui, après tout, est toujours un beau travail en cours. Nous attendons vos réactions et critiques constructives parce que nous apprenons de nos erreurs et avançons ensemble. Venez et joignez-vous à nous!

Avec amour, vigilance et solidarité.

Assemblée Move-in de Occupy Oakland
5 février 2012

* L’ Assemblée Move-in a été créée le 24 décembre à la suite d'une proposition votée par l’Assemblée Générale de Occupy Oakland. Elle a tenu des assemblées ouvertes réunissant environ 80 personnes deux fois par mois depuis le 28 décembre
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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 13 Fév 2012, 10:39

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Re: Occupations à Wall Street

Messagede digger » 14 Fév 2012, 16:40

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AT&T annonçait hier la suppression de 740 employés dans la région du sud-est dont 95 en Géorgie. Occupy Atlanta, accompagnés de membres des Communication Workers of America et de Jobs With Justice étaient présents lors de cette annonce. Ils ont aussitôt organisés un sit-in et occupent les locaux.
En même temps, à l’extérieur, une occupation de tentes s’est mise en place avec la collaboration du syndicat des Teamsters.
Ils ont annoncé que l’occupation ne se terminerait pas avant l’annonce de AT&T de revenir sur sa décision
AT&T a annoncé des bénéfices records pour 2001 et son PDG a touché 27 000 000 $ comme récompense.
A.G prévue aujourd’hui sur les lieux de l’occupation avec une probable forte mobilisation locale autour de la question de l’emploi.
http://occupyatlanta.org/
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