Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Nico37 » 30 Déc 2008, 14:35

L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Seize ouvriers chinois hospitalisés

Seth Andriamarohasina
23 Décembre 2008

L'hôtel cinq étoiles en construction d'Ivato pour accueillir le Sommet de l'Union africaine 2009 a été la proie du feu, hier. Seize ouvriers chinois ont été asphyxiés et hospitalisés. La tenue du Sommet de l'UA n'est pas compromise.


Le ciel était noir d'une fumée toxique à Mamory Ivato hier vers 9h30. Un incendie s'est déclenché à l'hôtel cinq étoiles en construction destiné à accueillir le Sommet de l'Union africaine de juillet 2009.

Le feu s'est propagé à partir du deuxième sous-sol. «Seize ouvriers chinois ont suffoqué par la fumée toxique, en essayant d'éteindre le feu», rapporte Randrianarisoa Clauvis, un manoeuvre qui travaillait au dernier étage à ce moment.

Ils ont été évacués à l'hôpital luthérien d'Ambohibao et à l'HJRA d'Ampefiloha. Quatre d'entre eux paraissaient très mal en point. Ils ont été transportés à bord des deux premières ambulances arrivées sur place vers 10 heures.

De source auprès des sapeurs-pompiers, un court-circuit au niveau de l'unité centrale électrique a visiblement provoqué le feu. Des éponges et des contreplaqués ont été réduits en cendre, d'où les fumées noires qui s'échappaient de la cage d'ascenseur faisant office de cheminée. Paniqués, près de 600 ouvriers qui travaillaient dans l'hôtel se sont bousculés dans l'escalier pour sauver leur peau.

Manque d'oxygène

Les pompiers de l'Asecna étaient les premiers à débarquer sur place, ils ont commencé par couper le courant alimentant l'enceinte de l'hôtel, en collaboration avec la Jirama. Une vingtaine d'éléments du corps des sapeurs-pompiers d'Antananarivo les ont renforcés.

L'air était irrespirable à l'intérieur. Les soldats du feu ont dû mettre des masques à gaz reliés à des bouteilles d'oxygène. «Nous avons réussi à maîtriser l'incendie au bout de 20 minutes, mais le dernier brasier n'a été éteint que deux heures après», indique un pompier de l'Asecna. Au total, une dizaine de véhicules pompiers et sept ambulances ont été dépêchés sur le lieu du drame. Les secours fusaient de partout.

Des médecins des centres de soins environnants, comme ceux d'Ambohidratrimo, d'Anosiala, de Mahitsy et même des CSB-II d'Ivato ont prodigué les premiers soins. «Les bouteilles d'oxygène servant à la réanimation des victimes faisaient défaut», affirme l'un des secouristes.

À côté, les équipes de médecins fraîchement formés par le ministère de la Santé en vue du Sommet ont eu l'occasion de mettre leurs connaissances à l'épreuve. Le Premier ministre et sa délégation se sont précipités sur le lieu du sinistre.

Les autorités s'accordent à dire que la situation a été maîtrisée à temps. Elles louent la réaction rapide et efficace des équipes de secours. Les secouristes évoquent qu'une barrière de langage a compliqué leur tâche. Les victimes ne parlaient ni le français ni l'anglais. À peine si elles comprenaient deux mots de malgache.


La tribune

Algérie: Bras de fer entre les travailleurs algériens et leurs responsables chinois

Nacer Haniche
23 Décembre 2008

Alors qu'on pensait que la situation des travailleurs algériens recrutés au niveau local par l'entreprise chinoise CITIC-CRCC, qui est chargée de la réalisation du tronçon autoroutier El Adjiba-Bordj Bou Arréridj, avait été réglée à la suite du conflit ayant opposé ces travailleurs à l'entreprise au cours du printemps dernier, une autre contestation a été enregistrée depuis le début de la semaine en cours au niveau de la base de vie de l'entreprise, située au carrefour d'Ahnif à 40 km à l'est de Bouira.


En effet, près d'une centaine de manifestants se sont rassemblés, dans la matinée de dimanche dernier, à quelques dizaines de mètres de la base de vie de la CITIC-CRCC pour exprimer leur désapprobation face à la dégradation des conditions de travail et l'absence de sécurité au niveau des chantiers et exprimer leur soutien à quatre employés qui ont fait l'objet de poursuites judiciaires suite à une plainte déposée par les

responsables de l'entreprise chinoise. Selon des sources de ladite localité, les manifestants ont exigé l'intervention du wali afin que les responsables de l'entreprise prennent en charge leurs revendications et tiennent les promesses faites par le passé par rapport à l'amélioration des conditions de travail et le paiement des primes.

D'un autre côté, les protestataires, qui crient à l'injustice du fait d'être soumis à une situation d'esclavage de la part de ladite entreprise, persistent à exiger l'annulation des poursuites judiciaires retenues à l'encontre de leurs collègues de travail. Ainsi, durant toute la matinée de dimanche dernier, les manifestants ont érigé des barricades sur la RN 5 pour attirer l'attention des autorités, ce qui a engendré plusieurs kilomètres de bouchons sur l'axe M'chedallah-Bouira pendant plus de quatre heures.
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Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Antigone » 02 Nov 2009, 21:18

Il y a un siècle, les nations impérialistes menaient des guerres de conquêtes pour se bâtir des empires coloniaux. Aujourd'hui, les terres vierges de drapeau n'existant plus, on les achète à l'étranger. Ainsi un néocolonialisme de comptoirs (en réalité de vastes espaces) se met en place, dont les pays en pointe sont la Chine, les "petits dragons" asiatiques, les pays du Golfe, du Proche-Orient et d'une manière générale tous les pays dits"émergeants" aux coffres forts bien remplis, mais qui vivent à l'étroit sur des terres trop arides.

Courrier international - 29 oct. 2009

Razzia des pays riches sur les terres arables

En Afrique et en Asie, plus de 30 millions d’hectares sont désormais contrôlés et cultivés par des intérêts étrangers. Une catastrophe pour les paysans locaux.

Entrés dans une ère d’insécurité, les pays riches et leurs entreprises jouent actuellement des coudes pour acheter et louer des terres dans les régions fertiles des pays en développement et tout particulièrement en Afrique. Selon Olivier de Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, quelque 30 millions d’hectares de terres (soit l’équivalent de la superficie des Philippines) ont ainsi fait l’objet de négociations intensives au cours des trois dernières années.

La Chine, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite apparaissent comme les fers de lance de ce mouvement, convoitant des terres notamment en république démocratique du Congo, au Soudan et en Tanzanie, mais aussi dans des pays asiatiques comme le Cambodge et les Philippines. “Le mouvement s’accélère rapidement car tous les pays semblent réaliser subitement qu’à l’avenir les marchés internationaux seront moins fiables et moins stables. Ils cherchent donc à se prémunir soit en achetant des terres à l’étranger, soit en encourageant leurs investisseurs à le faire”, explique Olivier de Schutter. Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), voit dans ce phénomène un “pacte néocolonial”, et Duncan Green, porte-parole de l’ONG Oxfam, “une version privatisée de la course à l’Afrique”.

Pour les pays riches dont l’agriculture est peu développée, l’idée est tout simplement de sous-traiter la production et de la rapatrier chez eux. Le phénomène concerne surtout le riz, le maïs, le soja, la canne à sucre et les lentilles.

L’ampleur de certains accords a de quoi faire s’étrangler même les plus ardents colonialistes. Selon les données recueillies par l’International Food Policy Research Institute, une organisation américaine, l’Arabie Saoudite a déjà conclu toute une série de contrats. Et, en avril dernier, elle a approché la Tanzanie dans l’espoir de lui louer 500 000 hectares pour y cultiver du riz et du blé. Quant à la république du Congo, elle a proposé 10 millions d’hectares de terres agricoles aux agriculteurs sud-africains. Des sociétés agricoles indiennes, soutenues par leur gouvernement, prospectent dans une demi-douzaine de pays d’Afrique ; des sociétés d’investissement britanniques et américaines opèrent des tractations en Angola, au Mali, au Malawi, au Nigeria et au Soudan ; des entreprises chinoises négocient en république démocratique du Congo, en Tanzanie et en Zambie, tandis que la Corée du Sud a accaparé 690 000 hectares au Soudan. Ce pays est d’ailleurs une cible de choix : l’Egypte, la Jordanie, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Qatar y sont tous en pourparlers.

Il faut impérativement protéger les droits des petits paysans

Au Kenya, un investissement qatarien est très décrié par les militants des droits fonciers. Mais c’est de Madagascar que sont venus les premiers avertissements, qui indiquent que ces accords ne sont probablement pas bénéfiques pour tout le monde. Le projet du conglomérat sud-coréen Daewoo de cultiver du maïs sur 1,3 million d’hectares a rencontré une hostilité si grande qu’il a contribué au renversement du président Ravalomanana [en mars dernier]. Son successeur, Andry Rajoelina, s’est empressé de dénoncer l’accord.

Théoriquement, ces arrangements pourraient être gagnant-gagnant. Après tout, le nouveau propriétaire pourrait apporter capitaux et savoir-faire au pays en développement ; des emplois pourraient être créés dans des régions laissées pour compte ; les paysans pourraient avoir accès aux technologies modernes et améliorer leurs rendements. Mais les experts soulignent que ces contrats sont souvent opaques, rarement rendus publics et guère avantageux pour le pays vendeur. “Les rares accords que nous avons pu consulter sont préoccupants : longs de trois ou quatre pages au maximum, ils comportent très peu de précisions sur les obligations des investisseurs étrangers, déplore Olivier de Schutter. Les investissements dans les infrastructures, la gestion durable des ressources naturelles, toutes ces questions sont laissées au bon vouloir de l’investisseur. C’est très inquiétant.”

Cette foire d’empoigne représente une grave menace pour des régions du monde en difficulté chronique. Les paysans locaux risquent d’être expulsés si leur gouvernement se laisse tenter par l’argent facile procuré par la vente ou la location de terres. Priver les habitants de leur accès à des terres fertiles pourrait aggraver encore le problème de la faim. Et la compétition s’intensifiera autour de la plus rare des ressources : l’eau.

Olivier de Schutter propose un ensemble de principes et de mesures qui, s’il était respecté, pourrait rendre plus acceptable ce que l’on appelle parfois “l’accaparement des terres” ou “l’agriculture délocalisée”. Il faudrait notamment respecter les droits des agriculteurs à l’alimentation et au développement durable. Les accords devraient être négociés au niveau local et pas seulement national. Les contrats d’investissement devraient privilégier les besoins en développement des habitants, et une partie des récoltes devrait être vendue sur place.

Cependant, estiment certains, ces garde-fous ne suffiront pas : la boîte de Pandore est ouverte. Pour Lester Brown, le président de l’Earth Policy Institute, même si l’investisseur débarque armé d’impressionnantes technologies dernier cri, cela n’apportera pas grand-chose au petit paysan. “Il s’agira pour l’essentiel de technologies destinées à l’exploitation agricole commerciale à grande échelle, très peu adaptées aux petites parcelles familiales qui existent dans la plupart des pays concernés, souligne-t-il. Je ne crois pas que ce modèle puisse vraiment déboucher sur un transfert de technologie. Chaque fois qu’un arpent est acquis dans un pays par des intérêts étrangers, c’est autant de terre en moins pour nourrir les habitants.”
Antigone
 

Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Antigone » 03 Nov 2009, 18:58

S'il y a des chinois en Afrique, il y a aussi des africains en Chine.
Les chinois ont besoin de cadres africains sur le terrain... pour exploiter les terres, mettre en oeuvre les technologies, mais aussi pour encadrer et faire bosser les autres africains. Ils les forment donc en Chine, à Pekin ou à Shanghai, pendant quelques années, après quoi, leur diplome en poche, les africains retournent au pays travailler pour les intérêts chinois.

Pour un africain, bénéficier d'une bourse pour aller étudier en Chine, c'est une chance inestimable. Depuis l'an 2000, Ils sont plus de 20 000 à avoir fait le grand saut. La Chine est perçue comme un nouvel El Dorado... La réalité est un peu différente.
Les journaux chinois, qui ne cessent de vanter la réussite de la coopération sino-africaine, rendent compte de temps à autre du quotidien de ces immigrés, leur consacrant des reportages. S'ils se gardent bien de s'etendre sur la discrimination raciale, les vexations quotidiennes dont les africains sont victimes, les articles, se font pourtant les interprêtes de leur déracinement et d'un certain désenchantement.

En voici un, extrait du Quotidien du Peuple, consacré à un étudiant camerounais à Pekin:

LA COMMUNAUTE AFRICAINE A BESOIN DE PLUS D'ATTENTION

Patrick a commencé à écrire des histoires sur sa vie dans son téléphone portable. Lorsque nous nous sommes rencontrés dans un bar près de Sanlitun il y a plusieurs semaines, il m'en a laissé lire quelques-unes. Les histoires parlaient de la vie des Africains en Chine, et souvent elle n'est pas facile.

Depuis que j'ai déménagé à Beijing de Shanghai il y a quelques mois, je me suis fait des amis parmi les membres de la communauté africaine locale. Ils vivent dans les immeubles anciens autour de Sanlitun.
Ils dorment dans la rue. Le soir, ils traînent dans les cafés le long de la rue, en fumant des cigarettes et en buvant de la bière chinoise. Je les rejoins parfois pour écouter leurs histoires - des histoires qui doivent être racontées.

La Chine est le seul pays qui continue à renforcer ses relations avec l'Afrique. Plus les entreprises chinoises font des affaires sur le continent, plus les Chinois s'y rendent pour travailler. "Ces dernières années, Beijing considère le continent africain comme une zone de grand intérêt économique et stratégique", a indiqué un rapport de la Fondation du Patrimoine (The Heritage Foundation).

La Chine se déplace vers l'Afrique, et l'Afrique commence à se déplacer vers la Chine aussi. Les Africains disent qu'ils viennent dans ce pays parce qu'on leur a raconté dans leurs pays d'origine qu'ils peuvent gagner de l'argent ici, trouver un emploi, et avoir une vie couronnée de succès. Pour certains, cela se passe ainsi. Mais pour beaucoup, cela n'arrive jamais.

Patrick est Camerounais, et il se considère chanceux. Il est étudiant et a un visa en cours de validité. Pour l'instant il n'a pas besoin d'un emploi. Il est dans une bonne situation.
Il y en a d'autres qui sont originaires des pays, comme le Nigeria ou le Botswana, qui vivent dans de petits appartements qu'ils ne quittent jamais, parce qu'ils disent qu'ils ont peur.

Ces personnes ont dépensé toutes leurs économies pour venir ici. Et quand ils sont arrivés ici, ils n'ont pas réussi à trouver du travail. Leurs visas sont arrivés à expiration. Et ils n'ont pas d'argent pour payer un billet de retour.
Pour gagner leur vie, certains achètent de la contrefaçon : des téléphones portables, des vêtements, et les font acheminer en contrebande pour écouler dans leurs pays.

Cela ne fait aucun doute : les immigrés et les migrants de nombreux pays africains sont confrontés à la discrimination et tout autre traitement injuste au quotidien.
Et on sait très bien également que les étrangers doivent respecter et obéir aux lois de l'immigration établies par le gouvernement du pays d'accueil. Les rêves que les Africains avaient avant leur arrivée en Chine se sont estompés vite pour certains. La vie est différente ici.

La concurrence sur le marché de l'emploi est énorme. Mais même malgré cela, certains Africains considèrent qu'il y a plus d'opportunités ici que dans leurs pays d'origine. Ils restent donc et tentent de trouver des moyens pour améliorer leur vie. Peu importe combien c'est difficile, la Chine restera toujours leur terre d'espoir.
Antigone
 

Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Nico37 » 03 Nov 2009, 20:52

http://www.diploweb.com/La-Chine-en-Afrique-une-realite-a.html
chinafrique.com le nom du site parle de lui même ! : http://www.chinafrique.com
Un article de backchich sur la ChinAfrique : http://www.bakchich.info/article3165.html
afrique-chine.com ! : http://www.afrique-chine.com

Et la meilleure pour la fin, la page facebook de la ChinAfrique : http://www.facebook.com/pages/Club-dAmi ... 8488791384
Nico37
 
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Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Antigone » 04 Nov 2009, 18:08

(oups)
Modifié en dernier par Antigone le 11 Nov 2009, 16:01, modifié 1 fois.
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Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Nico37 » 08 Nov 2009, 13:55

Agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle) - 08 nov 2009

Les huit mesures chinoises pour renforcer le partenariat Chine-Afrique

Voici les huit mesures annoncées en novembre 2006 par le président chinois Hu Jintao, lors du Forum sur la coopération Chine-Afrique (Focac) pour forger un nouveau type de partenariat entre les deux parties :
- Doubler de 2006 à 2009 son assistanceà l'Afrique;
- Fournir d'ici trois ans cinq milliards de dollars de crédits préférentielsà l'Afrique;
- Etablir un fonds de développement de cinq milliards de dollars pour encourager des compagnies chinoises à investir en Afrique;
- Construire un centre de conférence pour l'Union africaine afin de soutenir les efforts d'unité africaine et le processus d'intégration sur le continent;
- Annuler toutes les dettes gouvernementales dues à la Chine par les pays africains lourdement endettés, moins développés et qui ont des relations diplomatiques avec la Chine;
- Ouvrir totalement le marché chinois aux produits des pays africains moins développés par la suppression des droits de douane sur 440 catégories de produits;
- Créer trois à cinq zones de libre-échange et de coopération économique en Afrique d'ici trois ans;
- Aiderà former au moins 15.000 professionnels africains, doubler d'ici 2009 le nombre de bourses d'études gouvernementales de 2.000 à 4.000 chaque année, construire desécoles rurales, envoyer des agronomes et ouvrir des centres agronomiques en Afrique, aiderà construire des infrastructures de santé publique en Afrique et fournir des médicaments pour soutenir la lutte des Africains contre le paludisme.


RFI - 8 nov 2009

La Chine et l'Afrique s'apprêtent à renforcer leur coopération

Le 4e forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC) s'ouvre ce dimanche à Charm el-Cheikh sur les bords de la mer Rouge, en Egypte. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao et les délégations d'une cinquantaine de pays du continent africain seront présents. Les échanges entre Pékin et le continent ont explosé au cours des dix dernières années, et de nouveaux partenariats devraient encore être annoncés.

La progression fulgurante des investissements et des échanges ne s'est pas démentie depuis dix ans. Pratiquement inexistants en 2000, ces échanges ont atteint plus de 100 milliards de dollars en 2008. Même chose concernant les investissements chinois en Afrique, qui ont été multipliés par dix.

Un appétit chinois pour le continent africain qui provoque interrogations et critiques. En route pour l'Egypte, le Premier ministre Wen Jiabao a pris soin de réaffirmer que la présence chinoise en Afrique n'était pas guidée par la soif de matière première, mais destinée à renforcer la capacité de développement du continent. Un engagement qui devrait se traduire par la signature d'un document sur l'augmentation de l'aide à l'Afrique, la réduction de la dette et l'ouverture du marché chinois aux produits africains.

En attendant, même si Pékin se défend de toute implication politique ou de pillage des réserves minières, on constate tout de même que les échanges sont constitués principalement par des produits pétroliers et miniers, en provenance d'un nombre limité de pays. En retour, la Chine arrose les pays africains de produits à bon marché, et multiplie les prêts pour le financement d'infrastructures.

Une présence qui n'est pas non plus totalement neutre sur le plan politique. En particulier au Soudan et au Zimbabwe, deux pays dont la survie politique des dirigeants doit beaucoup au soutien de Pékin.


Challenges, AP - 8 nov 2009

La Chine promet 10 milliards de dollars de prêts à l'Afrique

La Chine va débloquer 10 milliards de dollars sous forme de nouveaux prêts aux pays africains au cours des trois prochaines années, a annoncé dimanche le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Le chef du gouvernement chinois, qui s'exprimait au premier jour d'un sommet Chine-Afrique de deux jours à Charm el-Cheikh, en Egypte, a également promis d'annuler la dette de certains des pays les plus pauvres du continent.

Par ailleurs, la Chine, qui depuis quelques années renforce sa présence sur le continent africain, va réaliser 100 nouveaux projets d'énergie propre pour l'Afrique sur trois ans avec l'objectif d'aider le continent à faire face aux questions environnementales.
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Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Antigone » 22 Mar 2010, 14:49

IPS - 20 mar 2010

Afrique: Les Chinois appréciés et craints

GOMA (RD Congo) — Les Chinois sont aujourd'hui plus d'un demi-million en Afrique, cinq fois plus qu'en 2001; le commerce Chine-Afrique a été multiplié par dix en dix ans, et a dépassé en 2008 les 100 milliards de dollars.

Les Chinois sont présents dans tous les pays d'Afrique. Ils sont les plus nombreux là où les matières premières sont les plus abondantes.

Dans la région des Grands Lacs, s'ils commencent tout juste à arriver au Burundi, ils sont déjà largement présents en République démocratique du Congo (RDC). L'abondance des richesses du sous-sol congolais est un puissant aimant pour la Chine et ses entreprises, qui ont besoin de toujours plus de minerais pour faire tourner leur économie.

Mais, si l'Empire du milieu achète beaucoup, via des accords avec les gouvernements qui prennent souvent des allures de trocs - minerais contre construction d'infrastructures - il vend aussi beaucoup. L'Afrique est un vaste marché pour les produits manufacturés chinois, d'autant que les normes y sont beaucoup moins strictes que celles des pays occidentaux.

Les produits chinois, qui ont envahi tous les marchés, en chassant souvent les produits locaux comme les textiles, sont conçus spécifiquement pour des consommateurs aux faibles ressources. Vendus peu chers, ces produits sont cependant souvent peu fiables, voire dangereux.

Les Chinois sont présents dans de nombreux secteurs en Afrique. On les trouve sur les chantiers, où ils ne sont parfois que de simples ouvriers; dans le commerce de la petite boutique de quartier au supermarché; dans le secteur de la santé, médecins dans les nombreux hôpitaux qu'ils ont construits ou simples vendeurs de médicaments.

Tous ces Chinois d'Afrique ne sont pas des expatriés aux gros moyens. Beaucoup viennent de régions pauvres de Chine pour subvenir aux besoins de leur famille, souvent restée au pays. Ils vivent en groupes, se mêlant très peu aux populations locales dont ils parlent pourtant souvent la langue.

Congolais, Rwandais, Burundais, tous sont surpris par leurs modes de vie, leur acharnement au travail et leur organisation. Ils apprécient la disponibilité des nombreux produits qu'ils vendent et devenus indispensables à beaucoup. Mais au travail, ils les craignent.

L'aide de la Chine, le plus souvent constituée de prêts à faible taux, rapide à décaisser et sans contrepartie comme celle des Occidentaux - qui exigent des conditions de bonne gouvernance et de saine gestion -, est recherchée par les gouvernements africains en manque de liquidités pour mener à bien leurs politiques. C'est le cas notamment en RDC où les Chinois, qui font travailler leurs propres entreprises, se sont lancés dans de vastes chantiers routiers et de construction d'infrastructures.
Marie-Agnès Leplaideur


IPS et Info Sud - 20 mar 2010

RD Congo: Les Chinois, durs patrons, durs à la tâche

BUKAVU - Les comportements des Chinois, gros employeurs en République démocratique du Congo (RDC), notamment sur les chantiers routiers, ne sont pas toujours bien vus par leurs salariés, bien qu'ils ne différent guère de ceux des patrons congolais. Seule différence de taille: les Chinois sont infatigables au travail.

Il n’est pas encore huit heures à Bukavu (Sud-Kivu), où la journée commence habituellement plus tard, que, pelle à la main, Julien Mahenga transpire déjà sous sa salopette bleue. Comme tous les ouvriers employés sur le chantier de la route menant de Bukavu à l'aéroport de Kavumu au Sud-Kivu (est de la RDC), dirigé par la CREC, une entreprise chinoise qui fait de nombreuses routes dans le pays.

"Les Chinois font peur quand ils travaillent, susurre Mahenga. Pas une minute de causerie, il faut rester concentré". La conscience professionnelle des Chinois force l'admiration.

"Ils prêchent par l’exemple. Ils sont sur leurs engins, mesurent, prospectent, exhortent les autres à faire comme eux. Ces infatigables, très disciplinés, n’ont même pas de dimanche", s’émerveille Jules Wilonja, un autre ouvrier. "Vous ne savez pas qui est chef. Tout le monde retrousse les manches". Contrairement aux chefs congolais qui ne se mêlent pas à leurs employés et se contentent de les évaluer à distance, à partir de leur bureau.

Toutefois, les ouvriers trouvent rudes les conditions d'embauche. "Pas de sécurité, pas de jour de repos, faible prise en charge médicale des employés, non-respect du taux de change dans les calculs de paie des salaires des ouvriers, pas de contrat...", se rappelle, amer, un ancien chauffeur de benne qui approvisionnait le chantier routier menant à l’aéroport de Kavumu.

De la part d'expatriés, les Congolais s’attendaient à un meilleur traitement et acceptent mal d'eux ce qu'ils acceptent bien souvent des entreprises congolaises.

Salaire à la mesure de travail fourni

D’autres griefs portent sur la médiocre rémunération des ouvriers. "Nous étions convenus d'un salaire de 2,5 dollars par jour, mais à la fin du mois, je touche 50 dollars alors que je travaille chaque jour, même le dimanche", dénonce un maçon sur le chantier à Mudaka.

Un Chinois explique ces bas salaires : "Le Congolais se présente une demi-journée par jour et réclame un salaire pour la totalité de la journée. Je combats cette paresse, sinon notre entreprise ne pourra pas atteindre ses objectifs".

Dans certaines entreprises congolaises, les horaires sont strictement respectés, comme à la Bralima et à la Pharmakina où une sirène annonce le début et la fin de la journée et les temps de pause. Mais ceux qui ont longtemps exercé dans les administrations ou dans des activités libérales, ou travaillé dans des entreprises peu rigoureuses sur les horaires, supportent mal le rythme des Chinois.

Leurs rémunérations ne respectent pas le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui est de trois dollars par jour, pas plus d'ailleurs que ne le font la plupart des employeurs congolais. Le salaire est en plus grignoté par les démarcheurs congolais, qui ont facilité l’embauche de l’ouvrier.

A ce niveau, "s’il y a des ponctions sur le salaire, ce n'est plus la faute des Chinois, même si tout ce qui se fait dans leurs entreprises relève de leur responsabilité", nuance Raphaël Wakenge, de l’Initiative congolaise pour la justice et la paix (ICJP), une association de défense des droits de l’Homme œuvrant au Sud-Kivu.

Mauvais traitements

Les responsables chinois sont aux côtés des ouvriers : "Toujours présents sur le chantier, ils surveillent et donnent une impulsion au travail qu’ils conduisent. Paradoxalement, un fossé profond existe entre eux et leurs ouvriers congolais. Ils commandent par des gestes et à la moindre incompréhension, lancent des injures", fustige Moreau Tubibu, animateur du Groupe Jérémie, une association de défense des droits humains.

La rumeur circule ici que les Chinois sont tous karatekas et que, s'ils se fâchent, ils peuvent taper sur leurs employés, ce qui leur aurait déjà fait perdre de bons ouvriers. Cela expliquerait en partie qu'on rencontre à présent des Chinois casseurs de pierres, maçons et aide-maçons, des emplois auparavant dévolus aux Congolais.

Le ministère de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, a reconnu avoir été informé de la manière dont les employés et ouvriers de la CREC sont traités. Il a promis de faire appel à l’Inspection du travail pour trouver une solution à ces problèmes qui se posent, selon lui, dans plusieurs autres entreprises du pays gérées par des Congolais ou des expatriés.

Des plaintes de travailleurs de la CREC ont été enregistrées et leurs griefs sont confirmés dans une enquête de l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), conduite du 17 au 21 novembre 2009.

L’ASADHO y demande au gouvernement de protéger la main-d’œuvre et à l’inspection du ministère du Travail de contrôler régulièrement les activités de la CREC et d’exiger la signature de contrats entre cette société et tous ses employés. Une exigence largement respectée à ce jour dans les entreprises congolaises, "pour diminuer les interpellations par la justice, à l'instigation des ouvriers qui sont renvoyés sans avoir signé de contrat", explique un inspecteur de la division du travail.
Thaddée Hyawe-Hinyi (journaliste à Syfia)


Des entreprises chinoises sont en train de construire et réhabiliter un vaste réseau routier et ferré pour relier les sites miniers du Kivu (à l'Est) et du Katanga (au Sud) jusqu'à Port Elizabeth en Afrique du Sud, plaque tournante du marché chinois, à partir d'où le minerais est acheminé par cargo vers la Chine..

Syfia Grands Lacs - 11 mar 2010

RD Congo : Chinois : les affaires, pas les femmes

Bien qu’attachés aux langues locales qu’ils apprennent vite pour la bonne marche de leurs affaires, les Chinois qui travaillent en Rd Congo évitent d’avoir des aventures amoureuses avec les Congolaises. Le respect de la loi de leur pays, qui interdit d’avoir plus d’un enfant reste de stricte rigueur…

A l’entrée de la ville de Matadi, des ouvriers chinois s’affairent depuis quelques mois à jeter un nouveau pont à Mpozo. Sur ce chantier, l’ambiance avec les travailleurs congolais est à la bonne humeur. Mais "quand nous leur proposons des filles, ils disent non", raconte, l’air amusé, un jeune… Depuis que d’importants contrats ont été passés entre la Rd Congo et la Chine en 2007, les Chinois arrivent en grand nombre dans cette province du Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa. Ils sont employés à grands travaux d’infrastructures : routes, ponts, hôpitaux... D’autres exercent le commerce de produits divers, et se sont installés même dans des coins les plus reculés de la province.

Très vite, ils apprennent les langues locales, le kikongo principalement et aussi le lingala, parlé dans tout le pays. Une vendeuse chinoise des Ets Chine mode, à Matadi (chef-lieu de la province), s’y habitue déjà. "Buela mbongo" (ajoute un peu d’argent), dit-elle à un client venu se procurer des tongs dans son magasin. "C’est curieux que ces gens parlent aussi vite nos langues", s’étonne une femme. Sur la route Kisantu-Kimvula que réhabilite l’entreprise chinoise Crec, les relations sont bon enfant avec la population riveraine. Lors des contacts, les Chinois se font aider par un des leurs qui a une meilleure connaissance de la langue locale, et qui fait l’interprète. "Nous nous comprenons toujours", rassure un travailleur.

Des hommes réservés

Mais les comportements de ces hommes sont jugés trop réservés aux yeux de la population. S’ils prennent les mêmes taxis que tout le monde en ville, il est cependant rare de les rencontrer dans les milieux où il y a de l'ambiance tels que les supermarchés, restaurants, boites de nuit… Et ils n’entretiennent guère de relations amoureuses avec les Congolaises. "Nous sommes respectueux de nos engagements", explique Kyu. Exhibant un bracelet enroulé sur son avant-bras, symbole des fiançailles, il est "tenu selon la culture à être fidèle."
Ceux qui sont dans le commerce vivent souvent avec leurs femmes. Partie faire ses courses au marché de Matadi, une Chinoise qui portait une grossesse n’a pas manqué d’attirer les regards des passants. "C’est la première fois que je voyais une Chinoise enceinte", s’était exclamé Jean Mfumu. Dans les années 80, il se souvient avoir appris qu'ils n'avaient pas le droit d'en avoir plus d'un. Les habitants sont aussi étonnés de les voir vivre sans enfants. "Nous préférons qu’ils grandissent dans la culture de notre pays", explique Kyu, qui rappelle que la loi leur enjoint de n’avoir qu’un seul enfant.

Plus respectueux des lois

De temps en temps, les gens leur lancent quelques quolibets pas trop méchants. Certains Congolais les appellent d’ailleurs "Cinq chantiers" (du nom du programme quinquennal de la République dans lequel ils sont fortement impliqués), d’autres "Hi Hon" (bonjour en chinois). Que ce soit dans le commerce ou les différents chantiers, quelques Chinois s’en prennent parfois brutalement à des Congolais pour régler un différend. Mais les hommes de droit disent se sentir plutôt plus à l’aise avec eux. Vis-à-vis des travailleurs congolais, "ils sont plus respectueux des lois" que d’autres Asiatiques, pense un avocat.

Chinois friands des légumes

Dans le Sud-Kivu (Est), alors qu’elles négligent les légumes qui poussent sur leurs terres, les populations sont étonnées de voir les Chinois en raffoler. Choux, aubergine, soja…
Dans l’enclos où ils gardent leurs engins à Bwindi, dans la commune excentrée de Bagira à Bukavu, une petite salle dans un container sert de réfectoire au contingent de la compagnie des ponts et chaussées. Après une journée de dur labeur sur le chantier, ils aiment manger du porc sauté aux cacahuètes. Mais comme le constate un des Congolais commis à la garde du matériel, souvent "ils écrasent la gousse d’ail qu’ils mélangent à la ciboule hachée. Il y a surtout le chou cuit à la sauce de soja, que la population locale considère comme un repas de pauvre."

Etudiant en nutrition à l’Institut supérieur des techniques médicales de Bukavu, Crispin Matabaro apprécie ces habitudes alimentaires chinoises. "Ils ont appris à connaître la valeur diététique de chaque denrée. Ce qui leur permet de se nourrir avec tous les produits du cru", dit-il. Un enseignant de cette école explique que le soja notamment, a été utilisé pendant des millénaires comme "la vache de l’Orient", avant que la science ne constate la valeur protéinique exceptionnelle de cette légumineuse très appréciée des Chinois. Outre les légumes et l’inévitable riz, une panoplie de fruits vendus très bon marché s’ajoute à leur régime alimentaire : banane, prune, maracuja, ananas, avocat… Enfin, les fameux sambaza, ces fretins du lac Kivu ne manquent pas dans leurs mets et les bitongondo, la viande de porc bouillie, une spécialité locale vendue les places publiques de Bukavu, que les Chinois consomment sans se cacher.
Baudry Aluma

Rwanda: les Chinois vivent à part

Les Chinois sont à Kibungo, à l'Est du Rwanda, depuis plus de 20 ans. Ce sont surtout des médecins spécialistes qui travaillent dans l’hôpital qu'ils ont construit. Cependant, ils s’intègrent difficilement. D’après un habitant, ils vivent toujours comme s’ils étaient en Chine : "Ils consomment les produits en provenance de la Chine. Ils ne préparent que la cuisine chinoise. Les seuls produits qu’ils achètent au marché, c’est la viande et les fruits", confie un de leurs voisins. Ils ont d'ailleurs des habitudes alimentaires totalement différentes ce qui rend les échanges difficiles. Uwimana Mutoni révèle que "eux, par exemple, mangent le chien. S’il arrive que je sois invité chez eux pour manger je n’irais pas car chez nous on ne mange pas de chien". Ils n’écoutent aussi que leur musique. "Je suis souvent invité à leur fête comme collègue de travail mais ils n’écoutent et ne dansent que la musique chinoise", témoigne Eric. Aucun mariage mixte n'a non plus été célébré et on ne connaît pas même un enfant qui serait issu d'une liaison passagère.
Pour rompre la barrière linguistique qui est un des gros obstacles à la communication, le ministère rwandais de l’Education a initié un programme d’apprentissage du chinois pour ceux qui voyagent en Chine et qui voudront travailler dans les quelques trente sociétés chinoises œuvrant au Rwanda.
Solange Ayanone
Antigone
 

Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Antigone » 29 Mai 2010, 08:56

Jeune Afrique - 27 mai 2010
http://www.jeuneafrique.com/Article/ART ... uceur.html

Nigéria: Les Chinois carburent... en douceur

« Dans cinq ans, trois raffineries chinoises seront en mesure de traiter 900.000 barils de pétrole brut par jour », a révélé, le 18 mai, Emmanuel Egbogah, conseiller spécial du président nigérian sur les questions pétrolières, à notre confrère Tom Burgis, correspondant à Lagos du Financial Times. Mais le chemin que les futurs investisseurs chinois doivent parcourir est encore long, et semé d’embûches.

En effet, le « deal » ne repose pour le moment que sur un accord de principe (Memorandum of Understanding) signé, le 13 mai,entre l’État nigérian et la China State Construction Engineering Corporation Ltd (CSCEC). Reprenant des propositions anciennes qui n’ont pu être concrétisées, la CSCEC promet – ce qui est nouveau – de financer la totalité du projet et d’ajouter aux trois raffineries une usine pétrochimique, destinée à la transformation des dérivés du pétrole.
L’ensemble coûterait quelque 23 milliards de dollars, dont l’essentiel serait apporté par Eximbank of China. Argument de poids avancé par les Chinois: ce programme permettrait au Nigeria de ne plus importer de carburants et d’exporter ses excédents vers les pays africains.

Trois des quatre raffineries nationales sont aujourd’hui fermées. La quatrième tourne à 50 % de sa capacité, en produisant environ 50.000 barils par jour, soit 15 % de la consommation du pays. Gangrené par la fraude et la corruption, le secteur est en panne. Et, jusqu’à présent, toutes les velléités de remettre en marche ces raffineries complètement obsolètes ont été systématiquement court-circuitées par le lobby des importateurs. En ira-t-il de même pour le nouveau projet ? « Nous en sommes au début du processus. L’offre chinoise est sérieuse », souligne Emmanuel Egbogah. Mais les sceptiques sont nombreux. Car la rentabilité des raffineries ne pourra être assurée que si le prix de l’essence est ajusté à la hausse. Un sujet délicat, dans un pays où les tensions politiques et sociales sont vives.

RIVAUX DE SHELL, TOTAL, ENI…

En attendant, les Chinois continuent d’avancer leurs pions sur l’échiquier du premier État producteur du continent (2 millions de barils de pétrole brut par jour) et deuxième détenteur de réserves (37 milliards de barils), derrière la Libye.
Ainsi, en rachetant la compagnie canadienne Addax Petroleum en août 2009, Sinopec a acquis plusieurs permis d’exploration et de production pétrolières au Nigeria. Et deux mois après cette entrée en douceur, un autre acteur chinois, la Chinese National Offshore Oil Corporation (Cnooc), a fait une proposition sur laquelle le gouvernement nigérian n’a, selon Egbogah, pas encore statué.

Elle est on ne peut plus tentante, puisque la Cnooc se dit prête à débourser jusqu’à 50 milliards de dollars pour acquérir des parts détenues par l’État dans vingt-trois permis exploités par des compagnies européennes et américaines (Royal Dutch Shell, Total, Eni/Agip, Exxon Mobil, Chevron).
Son objectif: posséder in fine 6 milliards de barils de pétrole et pénétrer – comme un cheval de Troie – dans le fief de ces « vieilles » firmes occidentales présentes au Nigeria depuis cinquante ans et dont les programmes d’investissements dans la recherche et le développement sont, aux yeux des Chinois, bien timorés. Au moment où ces compagnies négocient le renouvellement de leurs concessions, la rivalité pour l’or noir nigérian promet d’être aussi passionnante que périlleuse.
Samir Gharbi
Antigone
 

Re: Chinois en Afrique : un impérialisme en croissance ?

Messagede Nico37 » 23 Avr 2011, 20:12

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