10 raisons de penser que l'euro est bel et bien sauvéhttp://www.challenges.fr/economie/20120 ... sauve.htmlEn un mois, la zone euro est parvenue à retrouver du crédit auprès des marchés. Et si le ciel n'est pas encore totalement limpide, les menaces de tempête se sont éloignées.
Septembre 2012 restera sans doute dans les livres d’histoire, tant les nuages qui s’amoncelaient depuis des mois au-dessus de l’Europe et de l’euro, semblent s’être éloignés. Peut-être temporairement, mais tout au long du mois écoulé l’horizon s’est indéniablement éclairci.
1. L’annonce du rachat des dettes à court terme (ou MTO)
Le 6 septembre demeurera la date cruciale. Ce jour-là, Mario Draghi, patron de la BCE, a annoncé la possibilité de rachat illimité de dettes à court terme des pays englués dans la crise. Une façon de barrer la route à la spéculation. Les marchés ont applaudi l’Italien, comme la bible des affaires Financial Times qui a congratulé "Supermario". Les taux espagnols et italiens ont connu un répit.
2. La non-démission de Jens Weidmann
La rumeur est partie du journal à grand tirage allemand Bild Zeitung. Le très inflexible patron de la Bundesbank aurait menacé de quitter son poste, comme l’avait déjà fait son prédécesseur, Axel Weber, pour protester contre la politique "non conventionnelle", pas assez orthodoxe, de la BCE. Finalement, même si Jens Weidmann a été le seul à voter contre le MTO au conseil des gouverneurs, il est resté en poste. Recevant Challenges dans son bureau de Francfort en juillet, il observait que même s’il est en opposition avec la politique menée par la banque centrale européenne, une démission ne ferait pas avancer les choses. Son successeur endosserait forcément le même costume de faucon.
3. La réaction positive d’Angela Merkel
Pas vraiment orthodoxe, le MTO, prélude à un début de mutualisation des dettes, avait de quoi horrifier la chancelière. Celle-ci a toutefois opposé une neutralité bienveillante. Certes la BCE est indépendante, et Mario Draghi le clame haut et fort. Mais l’Italien a envoyé son entourage à Paris et Berlin cet été et s’est appuyé sur son légendaire sens politique pour trancher. A un an d’élections cruciales, la chancelière allemande a bien compris qu’elle devait se sortir du bourbier européen. Stratège, elle a dû aussi réaliser que la BCE endosserait la responsabilité, si le MTO s’avérait un échec
4. Le feu vert de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe
Le 12 septembre, les magistrats allemands ont estimé que le Traité européen était constitutionnel. Un vrai soulagement, sans lequel l’édifice juridique, difficilement mis en place au Conseil européen de fin juin, se serait écroulé. La règle d’or, le MES et le Traité ont reçu l’octroi des juges.
5. Le risque de contagion s’éloigne
Avec le feu vert de l’Allemagne, principal contributeur aux fonds de sauvetage de l’euro, la mise en place du MES (mécanisme européen de stabilité) se précise. Avec ce pare feu, dont la presse allemande disait cette semaine qu’il pourrait être doté de moyens supérieurs, le risque de contagion s’éloigne.
6. La Grèce fait moins peur
La nouvelle coalition au pouvoir n’a cessé de donner des gages de bonne volonté. Le premier ministre Samaras, comme son ministre des finances, l’économiste de centre droit pro-européen Yannis Stournaras, clament qu’Athènes honorera ses engagements. Si elle ne le faisait pas, beaucoup d’expert s’accordent à dire que son départ de la zone euro serait, certes catastrophique pour elle, mais le serait moins qu’il y a quelques mois pour la monnaie unique. Car entre temps les pare feu sont plus solides.
7. Les Pays-Bas ont voté pour la raison
Tout l’été, pendant la campagne électorale, les extrêmes, et l’extrême gauche en particulier, avaient menacé : en cas de victoire, ils ne joueraient plus le jeu de Bruxelles. Le 12 septembre, les Néerlandais se sont prononcé et ont voté pour les partis modérés favorable à la construction européenne
8. La Finlande a cessé de faire de la surenchère
Cet été, son ministre des Affaires étrangères avait brandi la menace de quitter l’euro. Avec en filigrane l’idée de préserver son Triple A. Depuis, Helsinki a mis de l’eau dans son vin. Le gouverneur de la Banque centrale Erkki Likkanen a voté le MTO. Le lobbying se fait plus soft : mardi 2 octobre par exemple, le Premier Ministre Jyrki Katainen sera reçu par François Hollande à l’Elysée.
9. L’Union bancaire prend corps
Présenté le 12 septembre, le projet de la Commission européenne sur Union bancaire est salué par beaucoup comme un moyen crucial de stabiliser le système financier en Europe. Il sera un outil de résolution des crises bancaire et sera placé sous l’autorité d’un super gendarme : la BCE. Les chefs d’Etat et de gouvernement l’ont décidé, Mario Draghi y est prêt. Le 11 juin, lors d’un tête à tête à Francfort, l’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès lui en a parlé. Elle l’a trouvé "déterminé". "Il m’a dit combien il était important qu’en matière de supervision, la BCE ait davantage de pouvoir et de vrais pouvoirs", raconte l’élue.
10. Le Pacte budgétaire est sur la rampe de lancement
Avec la ratification prochaine du Traité européen par la France, le pacte budgétaire devrait s’appliquer début 2013, comme prévu. Signé le 2 mars 2012 par 25 Etats européens, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance entrera en vigueur dès que 12 Etats membres de la zone euro l’auront ratifié. A ce jour, 13 Etats l’ont fait, dont 9 de la zone euro (Allemagne, Autriche, Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Slovénie).
commentaires
Nous avons sacrifié notre industrie, notre croissance, le chômage explose et les peuples implosent; mais à part ça l'euro va très bien, madame la marquise.
L'Euro "sauvé" avec un chômage de 25% en Espagne, une Grèce exsangue et nos géniaux dirigeants appliquant les mêmes recettes qui ont échouées la-bas partout en Europe avec comme seul résultat la récession. Tout va très bien madame la marquise.
ils ont sauvé l'euro? bonne nouvelle.
et sinon, où vont-ils enterrer les citoyens ?
Pourquoi ne pas rêver ? Et oublions au passage les montagnes de dettes sous lesquelles croule la zone euro ! Chic, on va pouvoir s'endetter un peu plus grâce au MES. Oublions également que les politiques déflationnistes en cours vont créer massivement du chômage pour des années et par là un appauvrissement généralisé des peuples de l'euroland.
crise de la dette ou crises bancaires ???? ........
...mais pour Valéry Giscard d'Estaing, le prix Nobel se trompehttp://www.challenges.fr/economie/20120 ... ugman.htmlSelon l'ex-président de la République, il n'y a pas de crise de l'euro, mais une mauvaise gestion par certains pays de leurs obligations.
Challenges a demandé à Valéry Giscard d'Estaing ce qu'il pensait du dernier ouvrage de Paul Krugman sur la crise de l'euro (pour lire un extrait de ce livre corrosif, cliquez ici). L'ancien Président de la République livre ci-dessous le fond de sa pensée.
"Paul Krugman a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur le commerce international, mais il n’est pas un spécialiste des questions monétaires. Il nous livre un travail intelligent et intéressant, qu’il faut lire, mais qui est le produit d’une culture économique anglo-saxonne, où ce sont les éléments financiers qui déterminent la croissance. Il dit brillamment des choses, mais il le fait avec des yeux américains, les yeux de quelqu’un qui imagine que l’Europe, c’est la même chose que l’Amérique, de l’autre côté de l’Atlantique. Or l’Europe, c’est autre chose. Une autre histoire et d’autres comportements. Aujourd’hui, c’est une volonté de ne pas abandonner -l’euro, comme l’a rappelé encore récemment Mario Draghi, le président de la Banque centrale, en dépit du harcèlement des médias anglo-saxons.
Mais il faut commencer par le commencement : il n’existe pas de "crise de l’euro". C’est une expression médiatique et politique. Une crise monétaire se reconnaît à un taux de change qui chute, ou au fait que les gens refusent d’être payés avec cette monnaie. Personne ne refuse d’être payé en euro, et son cours aujourd’hui navigue autour de 1,30 dollar. Ce que l’on appelle crise de l’euro, c’est en fait la mauvaise gestion par certains pays membres de leurs obligations vis-à-vis de la monnaie commune.
Le décrochage s’est fait après 2000
Il faut lire l’article 104 du traité de Maastricht qui dit très exactement ce qu’il aurait fallu faire : les Etats membres évitent les déficits excessifs, la Commission surveille… L’article 1er du protocole 12 sur les déficits excessifs fixe les limites (3 % du PIB pour le déficit, 60 % pour la dette). Nous ne l’avons pas tenu : le reproche n’est pas à faire à l’euro, mais à ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements. Et ni Schröder ni Chirac ne sont exempts de reproches à ce sujet, puisque le décrochage s’est fait après 2000, alors qu’ils avaient signé le traité d’Amsterdam en 1997 qui avait renouvelé ces engagements.
Voyons maintenant les arguments de Paul Krugman qui méritent d’être discutés : il a raison de rappeler que nous ne sommes pas seulement face à un problème de non-respect de règles de déficit budgétaire. La question se pose de savoir si, au sein d’une même zone monétaire, deux Etats qui ont des compétitivités différentes peuvent vivre ensemble. Krugman confirme que l’existence de l’euro rendant impossible une dévaluation, l’ajustement ne peut se faire que par des baisses de salaires et de coûts. Cela n’est possible qu’à la condition de rester dans certaines limites, acceptables par l’opinion. Mais sa solution, préconisant un ajustement semblable à une pseudo-réévaluation, en poussant les Allemands à faire davantage de croissance, stimulée par la Banque centrale avec l’objectif de faire monter les salaires, est tout aussi contestable que la dévaluation virtuelle qu’il condamne. Les Allemands n’en voudraient pas davantage, et on ne peut pas la leur imposer.
Il faut un président de la zone euro qui inspire confiance
Deuxième registre où Krugman se trompe. Il compare la situation au Nevada et en Irlande, deux Etats en faillite, pour montrer que l’un fait partie d’un ensemble où les solidarités continuent de fonctionner, alors que, dans l’autre, les solidarités -disparaissent. Le Prix Nobel oublie seulement de préciser que l’Europe ne vise pas à être ce que sont les Etats-Unis, c’est-à-dire un pays avec un fédéralisme fort et centralisé. Elle vise à avoir une zone monétaire avec une organisation qui fonctionne. Or nous n’avons pas mis en place la structure élémentaire de fonctionnement du système.
Cela serait pourtant simple : il faut un président de la zone euro qui inspire confiance – allemand, tout le monde pense au ministre des Finances – et un secrétaire général français qui ferait marcher les rouages –, deux noms au moins me viennent à l’esprit. Avec en parallèle la promesse du retour progressif aux équilibres budgétaires, tout le marché se calme, car il n’y a plus d’espace pour la spéculation.
Instituer une vraie coordination de la zone euro
Paul Krugman nous dit une chose juste : la création de la monnaie commune doit comporter une part de solidarité. Il faut l’introduire dans le système, et c’est l’objet précisément du Mécanisme européen de stabilité. Seulement, le Prix Nobel écarte le facteur temps – on ne peut rétablir en un an ou deux dix années de déséquilibre. Plus tard, on pourra mettre en commun, non pas la dette ancienne, mais la dette nouvelle, ce qui débouchera à terme sur un Trésor européen. Mais ce sont des mouvements dans la durée.
Il faut enfin séparer clairement le fonctionnement de l’Europe à 27 de celui de la zone euro, et arrêter les divagations actuelles sur un fédéralisme général qui n’a aucune chance d’aboutir et ferait capoter le système. Nous avons seulement besoin d’une coordination macroéconomique, budgétaire et fiscale. Ce n’est pas rien, et il existe déjà une amorce de cela avec les Grandes Orientations des politiques économiques. Pour éviter les interférences, je suggère de faire fonctionner cette institution à Strasbourg. Bruxelles reste la capitale de l’Europe à 27. La zone euro, elle, doit partager son centre névralgique entre Francfort pour la monnaie et Strasbourg pour les réunions de politique économique".
Valéry Giscard d'Estaing, pour Challenges
commentaire
Comment cet homme ose donner des lecons ou meme son avis . Il est le point de depart de tous nos ennuis . Il a favorisé le regroupement famillial , alors qu'il aurait pu stopper l'immigration magrébine , il a signe la fin des 30 glorieuses ( certes avec le choc petrolier) il a trahi de gaulle en abandonnant le principe de l'europe des nations pour installer sans oser le dire une europe plus ou moins federale . Et j'ai la faiblesse d'oublier les "avions renifleurs" qui font douter qu'il fut sortie de l"X" . Sans compter sur sa pretention de porter une particule achetée par son pere .
Profitez de votre retraite et taisez vous .
ils sont completement débiles ou ils nous prennent vraiment mais vraiment pour des cons ????