Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Re: Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Messagede bipbip » 15 Fév 2018, 17:46

La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885)

Discussion avec Yves Meunier, auteur du livre

Alès (30) vendredi 16 février 2018
19h, La Rétive, 42 rue du faubourg d’Auvergne, 30100

De la mine à la dynamite
La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885)
Yves Meunier, l’Échappée, 2017, 192 p.

Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, de jeunes mineurs en rébellion contre la toute puissance de l’Église, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l’entrée d’une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C’est le début d’une longue série d’actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d’édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Yves Meunier viendra nous présenter sa recherche sur les sources de l’anarchisme ouvrier.

Toutes les soirées sont accompagnées d’ une auberge espagnole, chacun(e) ramène à manger et à boire.

http://www.millebabords.org/spip.php?article31337
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Re: Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 22:31

68 : Après une décennie de marasme, le mouvement anarchiste reprend pied

Après une décennie de marasme, le mouvement anarchiste reprend pied

Un Mai 68 anarchisant relève de l’imagerie d’Épinal alimentée par la fortune médiatique de Daniel Cohn-Bendit. La place des anarchistes dans le mouvement de Mai, loin de s’y réduire, et finalement méconnue, mérite qu’on s’y arrête.

Le mouvement de Mai trouve les anarchistes particulièrement divisés. La Fédération anarchiste (FA) reconstituée en 1953 est encore traumatisée par l’expérience de la Fédération communiste libertaire (FCL).

Son organe, Le Monde libertaire, n’est encore en 1968 que mensuel. Selon ses initiateurs, dont Maurice Joyeux, la nouvelle fédération a vocation à regrouper tous les courants de l’anarchisme. Des militants anarcho-syndicalistes de Force ouvrière ou de la CNT aux anarchistes individualistes, la palette est large. En 1968, le pari est loin d’être gagné. Il existe encore en-dehors de la FA plusieurs groupes et organisations d’envergure nationale. Son audience à la veille de Mai est bien faible, deux ou trois centaines de militants tout au plus.

De son côté, la FCL a payé de sa disparition en 1957 son engagement résolu en faveur de l’Algérie libre. Certains groupes isolés subsistent encore. Mais l’esprit de la défunte organisation survit surtout dans la revue Noir et Rouge dont l’audience, dans les années 1960, dépasse les cercles militants libertaires. La revue prétend « lutter contre tous les tabous, y compris anarchistes », elle récuse la franc-maçonnerie, défend une position de soutien critique aux luttes de libération nationale, s’intéresse à l’autogestion et aux théories spontanéistes portées par certains groupes communistes conseillistes. Se faisant, elle contribue au climat intellectuel qui fut celui de Mai et à l’influence qu’y ont exercé les idées spontanéistes des communistes libertaires. Cependant, même s’ils condamnent le dogmatisme et l’étroitesse d’esprit des leaders de la FA, c’est quand même en sa direction que s’exerce tout le travail critique des rédacteurs de Noir et Rouge.

L’« hydre de Lerne » communiste libertaire

Il n’est donc pas étonnant que, du sein même de la FA, certains groupes et militants se réclament de cette même volonté de régénération de l’anarchisme. C’est plus ou moins sur ces bases que s’est constituée en son sein une Union des groupes anarchistes communistes (UGAC) qui finit par rompre avec la FA en 1964.

Il faut dire que le climat au sein de la FA n’est alors pas très serein. La plupart de ses animateurs voient d’un très mauvais œil la résurgence de ce qui a conduit à l’expérience, liquidatrice autant que désastreuse à leurs yeux, de la FCL. Maurice Joyeux consacre en 1967 une brochure entière à la nécessité de combattre les influences marxisantes du communisme libertaire qui telle l’hydre de Lerne, ne cesse de renaître [1]. Il y pourfend tant Noir et Rouge que l’UGAC, parle de « complot » et de « cinquième colonne ».

Autre cible désignée : les situationnistes. Il faut dire que le fameux pamphlet De la misère en milieu étudiant, diffusé de Strasbourg, n’épargne pas la FA. Aussi un article du Monde libertaire faisant l’éloge du situationnisme déclenche-t-il la polémique, entraînant le départ des militants « pro-situs » avant même le congrès de Bordeaux en mai 1967.

De fait la FA compte peu d’étudiantes et d’étudiants dans ses rangs. Divisée et plutôt focalisée sur ses problèmes internes, elle ne voit pas venir le mouvement de Mai. Pourtant il y a à Nanterre un cercle de jeunes anarchistes qui participent avec d’autres groupes « gauchistes », et notamment la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), à toute l’agitation qui ne cesse de secouer le campus à partir de 1966. On compte parmi eux Jean-Pierre Duteuil [2] et Daniel Cohn-Bendit dont on sait le rôle qu’ils joueront ensuite. Mais ces militants font partie de ceux qui ont pris leurs distances avec la FA après le congrès de Bordeaux. Ce congrès a été un véritable congrès de crise où le fonctionnement et l’organisation de la fédération tels qu’ils avaient été mis en place par ses fondateurs ont été durement remis en cause. En dépit de ces polémiques et en réaction à elles, une tendance communiste libertaire se constitue peu après, l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA, lire page 22).

Présence anarchiste dans les événements

Si les anarchistes s’investissent massivement dans le formidable mouvement protéiforme de Mai 68, si leur présence est visible et remarquée, leur influence véritable est assez faible. « Si la présence militante de la FA fut réelle, ses conceptions organisationnelles ou politiques ne lui permettaient pas d’intervenir », note Roland Biard [3]. Il est très significatif que, des 12 organisations d’extrême gauche dissoutes en juin, la seule qui peut être rattachée à la mouvance anarchiste est le Mouvement du 22-mars qui regroupait en fait des militantes et des militants de différents courants.

Certes Daniel Cohn-Bendit est devenu soudainement une figure du mouvement. Mais ce vedettariat inattendu n’a pas été sans poser des problèmes de fonctionnement et de légitimité au leader du Mouvement du 22-mars, un groupe qui paradoxalement se réclamait de l’auto-organisation et du refus des structures permanentes de délégation de pouvoir [4]. Toutefois il est indéniable que la notoriété de Daniel Cohn-Bendit a contribué à populariser les idées anarchistes mais dans une version plus proche de Noir et Rouge que de celle de la FA, même si la revue s’est crue obligée de préciser qu’elle récusait le qualificatif de « cohnbendiste » [5].

Les anarchistes étaient aussi présents là où la grève générale a débuté : à Nantes. C’est un de leurs leaders, Alexandre Hébert, qui dirige alors l’union départementale de Force ouvrière très active dans le déclenchement de la première grève à l’usine Sud-Aviation. C’est sous leur influence que se met en place un comité central de grève dans cette ville, engageant une dynamique unique de dualité de pouvoir.

Partout ailleurs et durant tout le mouvement, les anarchistes ont massivement investi les cortèges, étudiants et autres. Ils ont investi toute une aile de la Sorbonne durant son occupation. La floraison des drapeaux noirs, très largement spontanée, lors des manifestations, notamment celle du 13 mai, a marqué les esprits et attiré de nombreux jeunes, signe d’un renouveau qui pourtant ne fut pas sans nuage.

L’impact de Mai sur le mouvement

Les organisations anarchistes ont connu au lendemain de Mai un regain d’adhésion. La FA, l’organisation la plus importante, est celle qui en bénéficie le plus. Pourtant les nouvelles et les nouveaux venus ne sont pas accueillis sans méfiance. Le vieil ouvriérisme anarchiste est encore très présent au sein de la FA et si dans l’édito de son numéro spécial consacré en juin à la première analyse à chaud des événements de mai, le Monde libertaire (juin 1968) rend hommage aux étudiantes et aux étudiants qui « ont été incontestablement plus loin que les ouvriers », cela ne va pas sans une réelle prise de distance avec la « kermesse de la Sorbonne ».

Plus tard Maurice Joyeux moquera les « anarchistes de préaux d’école issus de la bourgeoisie qui finira bien par récupérer sa progéniture » [6]. Et c’est avec mépris qu’il évoque cette « bouillie idéologique pour les chats » qu’est la « théorie qui fusionne l’économie marxiste avec la morale de comportement libertaire » qui est de son propre aveu la marque de l’anarchisme étudiant de Mai [7].

Certaines des déclarations à l’emporte-pièce de Daniel Cohn-Bendit, qui laisse volontiers affleurer son mépris pour la « vieille maison » qu’est la FA n’ont certainement pas contribué à arranger les choses. Avec d’autres, il se rend au congrès anarchiste international de Carrare (Italie) début septembre.

Il y défend ses thèses spontanéistes et critique l’inaction de la FA. Cette tentative de débordement du congrès anarchiste international est très mal vécue par beaucoup de militants qui y voient une tentative de récupération. De fait le congrès est globalement un échec et marque une coupure au sein du mouvement libertaire international entre les anarchistes traditionnels et les communistes libertaires.

Ces derniers bénéficient de leur côté d’un réel renouveau. Daniel Guérin a cru voir s’épanouir dans le Mai 68 français un « marxisme libertaire » dont il vante les vertus dans un livre paru dès 1969 [8].

Les débats internes à la FA débouchent assez vite sur le départ de l’ORA, tandis que Georges Fontenis, qui fut le principal animateur de la FCL, et Daniel Guérin participent à un autre pôle de regroupement, le Mouvement communiste libertaire (MCL).

La tentative de fusion ORA-MCL, avortée en 1971, marque les limites de cette dynamique qui s’appuie sur des évolutions parfois divergentes. Au spontanéisme du MCL, influencé par le communisme des conseils, s’oppose le volontarisme organisationnel de l’ORA.

Le syndicalisme pose aussi problème, l’antisyndicalisme ayant marqué des points au sein de l’ensemble de la mouvance anarchiste à la faveur des événements de Mai.

Toujours est-il que le débat ne cessera pas entre ces deux rameaux du mouvement anarchiste, d’où finira par sortir bien des années plus tard et après de nombreuses vicissitudes, Alternative libertaire.

Stéphane Moulain

• Stéphane Moulain est membre du comité de rédaction de la revue Dissidences, il a rédigé la notice « Anarchismes » de La France de Mai 68, Syllepse, avril 2008.


[1] Maurice Joyeux, L’Hydre de Lerne, Éd. du Monde libertaire, 1967. Dans la mythologie grecque, l’hydre de Lerne est un monstre à plusieurs têtes qui se régénèrent lorsqu’on les tranche.

[2] Jean-Pierre Duteuil, Nanterre 1965-66-67-68 Vers le Mouvement du 22-mars, Acratie, 1984.

[3] Roland Biard, Dictionnaire de l’extrême gauche de 1945 à nos jours, Belfond, 1978, p.135.

[4] Daniel Cohn-Bendit, Le Grand Bazar, Belfond, 1975.

[5] Daniel Cohn-Bendit a écrit avec son frère Gabriel un livre dans lequel ils exposent leur anarchisme mâtinée de conseillisme : Le gauchisme, remède à la maladie sénile du communisme, Seuil, 1968.

[6] Maurice Joyeux, Souvenirs d’un anarchiste, vol. 2, Éd. du Monde libertaire, p. 276.

[7] Maurice Joyeux, L’Anarchie et la révolte de la jeunesse, Casterman, 1970, p.114-115.

[8] Daniel Guérin, Pour un marxisme libertaire, Laffont, 1969.


https://www.alternativelibertaire.org/? ... ecennie-de
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Re: Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Messagede Pïérô » 22 Mai 2018, 08:58

Soirée - L'anarchie en partage de mai 68 à mai 2018.

Limoges, mardi 22 mai 2018
à 20h30, Espace Associatif Gilbert Roth, 64 avenue de la Révolution

Soirée animée par Gaetano Manfredonia - historien du mouvement ouvrier et libertaire.
Entrée libre - verre de l'amitié.

https://limoges.demosphere.eu/rv/772

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Re: Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Messagede bipbip » 27 Mai 2018, 17:06

Les anarchistes et le coup d’État de De Gaulle

Une étude sur l’intervention anarchiste et révolutionnaire dans un événement largement oublié aujourd’hui : le coup d’État de De Gaulle, sur fond colonial, en mai 1958.

Mai 58 : Les anarchistes et le coup d’État de De Gaulle

Qui se souvient, aujourd’hui, de ce que fut le « coup d’État de De Gaulle » en mai 1958 ? De la sédition de l’armée et des colons d’Algérie réclamant sa venue au pouvoir ? De la pusillanimité des partis républicains ? De la modération du PCF ? Des appels au soulèvement antifasciste de l’extrême gauche ?

L’État français est alors enlisé, depuis déjà trois ans et demi, dans une guerre coloniale qui apparaît, de plus en plus, ingagnable. La répression, la censure, la contre-guérilla, la torture… rien n’y fait : la résistance algérienne tient bon et gagne en audience. L’Onu s’est saisie de la question. En métropole même, l’anticolonialisme progresse.

Pris de doute, les partis qui dominent l’Assemblée – SFIO (socialiste), MRP (démocrate-chrétien) et CNIP (droite) – envisagent d’entamer des pourparlers avec le FLN. À Alger, les colons le sentent, le savent, pa­niquent : leurs propriétés, leurs privilèges, leur monde sont menacés d’effondrement. Ils placent leurs derniers espoirs dans l’armée, persuadée qu’elle peut encore éradiquer le FLN si elle n’est pas trahie par les poltrons du Palais-Bourbon.

Le 13 mai 1958, à Alger, des milliers de colons exigent de Paris davantage d’intransigeance. La manifestation vire à l’insurrection : la foule envahit le siège du Gouvernement général aux cris de « l’armée au pouvoir ! » ­L’état-major, complaisant, s’associe au mouvement. Un Comité de salut public composé de colons, de militaires et d’une poignée de musulmans est formé sous l’autorité du général Massu. Dès le lendemain matin, ce dernier réclame à la radio que soit formé à Paris « un gouvernement de salut public, qui seul peut sauver l’Algérie de l’abandon, et ce faisant d’un Diên Biên Phu diplomatique ». Et Massu de lâcher le nom de l’homme providentiel qu’il appelle de ses vœux au pouvoir : le général de Gaulle.

Cela fait pourtant onze ans que « l’homme du 18 Juin » s’est retiré, de mauvaise grâce, de la vie politique. Mais ses fidèles sont restés mobilisés. Ils complotent au sein de l’appareil d’État, dans l’armée et parmi les putschistes d’Alger. Le 13 mai leur crée une occasion en or. Leur champion peut revenir au pouvoir s’il saisit la main tendue par le lobby colonial.

Le 15 mai, en effet, deuxième coup de tonnerre : le général de Gaulle se déclare publiquement « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Tollé gé­néral. L’Assemblée adjure le gouvernement du MRP Pierre Pflimin de tenir bon face à ce coup de force ; la gauche dans son ensemble s’écrie « le fascisme ne passera pas » ; la presse s’alarme ­d’une possible guerre civile ; CGT et FO menacent d’appeler à la grève générale.

Trois pôles d’opposition au putsch

Dans les deux semaines qui ­suivent, l’opposition au putsch s’organise autour de trois pôles distincts.

Un premier est constitué de la SFIO, appuyés par quelques autres partis de gauche républicains, la Ligue des droits de l’Homme, la Libre Pensée, FO et la CFTC. Ils forment un Comité de liaison pour la défense de la république et des libertés démocratiques. Muet sur la question algérienne, ce pôle s’en tiendra à la défense de la légalité, espérant que la majorité de l’armée restera loyale à la république.

Un second pôle est celui du ­tandem stalinien PCF-CGT. Le PCF, qui est alors le premier ­parti de France, appelle à la constitution d’un nouveau « Front populaire », avec les socialistes et les radicaux, pour défendre « la république » comme en 1936. Pour faciliter le rapprochement, le PCF fait silence sur la question algérienne [1]. Cette main tendue sera repoussée par les socialistes, qui craignent une dictature communiste plus encore que les putschistes – on est deux ans après l’écrasement de la Hongrie par l’Armée rouge. Cependant, si le PCF crie au fascisme, il modère son action : l’URSS est en effet favorable à de Gaulle, vu comme anti-américain.

Un troisième pôle est formé par l’extrême gauche qui, nettement anticolonialiste, ne veut nullement « sauver la république », mais battre le fascisme. Dès le 15 mai, sur l’initiative de Maurice Joyeux et de Georges Vincey, de la FA, se constitue un Comité d’action révolutionnaire (CAR) qui regroupe le PCI trotskiste de Pierre Lambert, le syndicat CGT des Charpentiers en fer, ainsi qu’un regroupement syndicaliste, le Comité de liaison et d’action pour la démocratie ouvrière. En un temps record, le CAR, domicilié à la librairie du Monde libertaire, rue Ternaux, édite une affiche titrée « Alerte aux travailleurs », appelant à l’action, qui est placardée à 3.000 exemplaires dans Paris. Dans la foulée, le CAR est rejoint par les GAAR, deux groupes étudiants, des militants des revues La Révolution prolétarienne et Socialisme ou Barbarie.

Soucieux de placer la FA sous un « parapluie démocratique », Joyeux donne également l’adhésion de la FA au Comité de liaison pour la défense de la république [2], comme le PCI.

Il ne sera cependant guère récompensé pour son esprit d’initiative. Au congrès de la FA, réuni du 24 au 26 mai, les humanistes dénoncent la présence de la FA dans le CAR, et plus encore au Comité de vigilance. Le Bordelais Aristide Lapeyre proteste : Joyeux a « violé les accords » en­tre les membres de la FA, car « les statuts de l’organisation lui interdisaient » de faire cela. Joyeux proteste : il a au contraire « rendu service » à la FA en la sortant de sa « torpeur », puisque les instances fédérales ne faisaient rien [3].

Le dernier jour du congrès, on apprend que la situation s’aggrave brutalement. Les putschistes ont pris le contrôle de la Corse et lancé un ultimatum : si dans cinq jours l’Élysée n’a pas nommé de Gaulle chef du gouvernement, ils marcheront sur Paris.

Pas de débordement le 28 mai

Le 28 mai marque l’apogée de l’opposition au putsch. Alors que, la veille, la grève générale tentée par la CGT a été un échec, 200.000 à 250.000 personnes ­défilent contre de Gaulle à Paris, de Nation à République.

Les députés membres du Comité de liaison pour la défense de la république ouvrent la marche, accompagnés des dirigeants FO et CFTC. Derrière eux, on scande « Vive la république ! » entre deux Marseillaise. Suivent les enseignants et étudiants. Puis arrivent les gros bataillons de la CGT et du PCF. Là, aux slogans républicains, on ajoute « Le fascisme ne passera pas ! », « Unité d’action ! », « Front populaire ! », « Factieux, au poteau ! », « Massu au poteau ! », « De Gaulle au musée ! » En queue de manif, enfin, le cortège du CAR n’emploie que les slogans antifascistes en y ajoutant : « La girafe au zoo ! », « Désarmons les paras ! » ou encore « Les paras à l’usine ! » Et seule L’Internationale retentit.

Arrivés place de la République, les députés socialistes et républicains s’éclipsent rapidement. On appelle à la dispersion. Le pôle emmené par le CAR refuse, et s’engage dans la rue du Temple, barrée par un cordon de CRS. Alertés, les services d’ordre SFIO et PCF accourent et s’interposent. Échange de propos aigres-doux : « Pas de provocation » – « On s’en fout de la république ! » – « Ce n’était pas notre mot d’ordre » – « Vous allez au massacre ». La scène dure une demie-heure, avant que les militants du CAR se résignent et tournent les talons [4].

Dans les kiosques, Le Monde vient de tomber. Alain Beuve-Méry y enterre la IVe République : « Aujourd’hui, dans l’immédiat, [...] le général de Gaulle apparaît comme le moindre mal » [5].

Le lendemain, quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum des factieux, l’Élysée nomme le « plus illustre des Français » à Matignon. Il forme un gouvernement d’union nationale où l’on retrouve des gaullistes, mais aussi des membres du CNIP, du MRP et de... la SFIO. Son chef, Guy Mollet, a en effet négocié son ralliement l’avant-veille. Sous la menace de l’armée, l’Assemblée capitule et vote les pleins ­pouvoirs à de Gaulle pour six mois, avant de s’autodissoudre. Le PCF vote contre ; scandalisée par la trahison de Guy Mollet, la SFIO explose.

Les derniers actes d’opposition auront été le fait de l’Éducation nationale, en grève le 30 mai, et du PCF, avec une manif-baroud d’honneur le 1er juin.

Référendum-plébiscite  : voter non ou s’abstenir  ?

Reste le CAR. Il poursuivra son activité pendant quelques mois, sortant affiches et tracts appelant à la vigilance antifasciste, mais se divisera en septembre, quand de Gaulle soumettra à référendum la Constitution de la Ve République, taillée pour lui. Ce sera le premier de ces référendums-plébiscites gaulliens auxquels le PCF et l’extrême gauche appelleront désormais systématiquement à voter non.

Dans le mouvement anarchiste, cela soulève un débat. Faut-il voter non ? C’est l’avis d’une partie de la FA qui, avec André Devriendt ou Maurice Laisant, estime que l’organisation doit mener campagne, sur ses bases propres, contre la Constitution gaullienne. Une autre partie plaide pour l’abstention, estimant qu’il faut refuser de «  voter sous menace de mort » que « les jeux sont faits » [6]. Au bout du compte, la FA s’en sor­tira avec une affiche habile, dénonçant le « plébiscite » et soulignant que « le non ou l’abstention ne suffisent pas », car « les travailleurs auront demain à ­lutter » pour défendre leurs droits et leurs libertés contre le fascisme. De leur côté, une partie des GAAR – notamment à Mâcon – font campagne pour le non mais, faute de moyens financiers, sans réussir à faire entendre leur propre discours [7]. Cette impuissance à peser en tant que force mili­tante, aussi bien en mai qu’en septembre, poussera bientôt les GAAR à réfléchir à leur entrée, en tant que tendance, au sein de la FA [8].

Finalement, tout le monde sera assommé par le résultat massif du référendum, le 28 septembre : 80% de participation, 82,6% de oui. Même un cinquième de l’électorat communiste a voté oui, contre la consigne du parti. Un triomphe inespéré pour de Gaulle, que tous les journaux de l’époque analyseront comme un succès reposant sur le légitimisme envers l’homme providentiel. Il sera suivi, en novembre, par un raz-de-marée gaulliste à l’Assemblée nationale.

La Ve République est née, et le général de Gaulle la dirigera pendant onze ans. Trahissant les espoirs du lobby colonial, il mettra en œuvre l’abandon de l’Algérie française, auquel la IVe République n’avait pu se résoudre. Et, déjouant les pronostics, il n’instaurera pas un régime fasciste, mais plutôt « bonapartiste », centralisé autour de la personne du chef de l’État, en communion directe avec « le peuple » par le biais de plébiscites réguliers.

« Ils voulaient un homme fort pour se sentir dirigés, ils l’avaient enfin et lui déléguaient tous les pouvoirs, écrira Noir et Rouge dans un bilan désabusé de cette année 1958. Quant aux autres, ceux qui parmi “la gauche” votèrent tout de même pour lui, ils s’en remettaient également à ses bons soins, pour finir la guerre d’Algérie, pour sauver la république, etc. Avec LUI on allait voir. On a vu. Et on n’a pas fini d’en voir. » [9]

Guillaume Davranche (AL Montreuil)


Chronologie
UNE AFFAIRE RONDEMENT MENÉE


13 mai 1958 : putsch d’Alger : porté par une foule de colons en colère contre Paris, un Comité de salut public est créé et réclame de Gaulle au pouvoir.

15 mai : de Gaulle se déclare disponible. Panique au gouvernement. Création d’un Comité d’action révolutionnaire qui appelle à la résistance antifasciste.

18 mai : création d’un Comité de liaison pour la défense de la république et des libertés démocratiques.

19 mai : de Gaulle veut rassurer : « Croit-on, qu’à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? »

25 mai : opération Résurrection : les putschistes s’emparent de la Corse, et lancent un ultimatum  : si de Gaulle n’est pas au pouvoir le 30 mai, ils investiront Paris.

24-26 mai : congrès de la Fédération anarchiste à Paris.

27 mai : la grève générale à l’appel de la CGT est un échec. De Gaulle annonce que le processus de son accession au pouvoir est engagé.

28 mai : 250.000 personnes défilent à Paris contre le coup d’État en trois tronçons  : républicain, stalinien et révolutionnaire.

29 mai : le président René Coty appelle de Gaulle à Matignon.

30 mai : grève de l’Éducation nationale contre le putsch.

1er juin : sous la menace de l’armée, l’Assemblée investit le gouvernement d’union nationale (SFIO-MRP-CNIP-gaullistes) formé par de Gaulle. Manif-baroud d’honneur du PCF.

2-3 juin : l’Assemblée donne les pleins pouvoirs au gouvernement pour six mois et le mandate pour rédiger une nouvelle Constitution. Le PCF vote contre, le groupe parlementaire SFIO explose.

4 septembre : de Gaulle présente le projet de nouvelle Constitution. Appellent à voter oui  : SFIO, Parti radical, MRP, gaullistes, CNIP. Appellent à voter non  : PCF, PCI, une partie du mouvement anarchiste et plusieurs partis socialistes de gauche qui fusionneront, en 1960, dans le PSU.

28 septembre : référendum : 80 % de oui. La Ve République est établie.


EN 1958, UN MOUVEMENT ANARCHISTE TRÈS AFFAIBLI

A l’été 1957, la Fédération communiste libertaire, qui en était la composante la plus dynamique, a été démantelée par la répression, en raison de son soutien aux indépendantistes algériens. Plusieurs de ses militants, dont Pierre Morain, Paul Philippe et Georges Fontenis, sont alors sous les verrous.

Issus d’une scission de la FCL, les Groupes anarchistes d’action révolutionnaire (GAAR), sont très investis dans l’anticolonialisme, mais n’ont que peu de moyens. Leur revue mensuelle, Noir et Rouge, publie des études de fond, mais déconnectées de l’actualité.

La Fédération anarchiste (FA), constituée en 1954, est une structure assez passive, dont le fonctionnement unanimiste lui interdit de définir des positions collectives. Une partie de ses membres, derrière André Prudhommeaux, Charles-Auguste Bontemps et Paul Rassinier, sont alors en train d’évoluer vers une sorte d’humanisme réformiste.

Une sensibilité révolutionnaire s’y maintient néanmoins, animée par Maurice Joyeux et Maurice Fayolle. Son mensuel, Le Monde libertaire, reflète cette diversité. Sur la guerre d’Algérie, l’attitude dominante est l’attentisme : sympathie pour les insurgés algériens, mais refus de les soutenir pour ne pas cautionner leur nationalisme. On retrouve une posture analogue à la CNT, structure moribonde à cette époque.


[1] Le PCF est alors en train de se rallier à la solution de l’indépendance algérienne ; il ne s’y ralliera franchement qu’en septembre 1959.

[2] Maurice Joyeux, Sous les plis du drapeau noir, tome II, Éditions du Monde libertaire, 1988, page 193.

[3] Bulletin intérieur de la FA, juin 1958, Archives Ugac/FACL.

[4] Le Monde, 30 mai 1958, Socialisme ou Barbarie, juillet-août 1958, La Vérité, 18 septembre 1958.

[5] Sirius, « L’amère vérité », Le Monde, 29 mai 1958.

[6] Le Monde libertaire, août-septembre 1958.

[7] Archives Gaar/FACL.

[8] La Laison, août et novembre 1958, Archives Gaar/FACL. L’entrée dans la FA aura lieu en mai 1961, en formant une tendance, l’Union des groupes anarchistes-communistes.

[9] Noir et Rouge, hiver 1958-1959.


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Re: Histoire du mouvement anarchiste en France et au delà

Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 22:20

Le congrès ouvrier communiste-anarchiste de la région du Midi à Sète 1881

Deuxième congrès ouvrier de la région du Midi
Compte-rendu officiel
Séance du lundi 20 juin

La séance est ouverte à 8 heures ½ du soir. La salle est à peu près pleine d’auditeurs, qu’on peut évaluer à 1200 personnes.
Il est donné lecture du procès-verbal de la séance préparatoire de la veille, après quoi on procède à la formation du bureau. Le compagnon délégué de la chambre syndicale des des ouvriers ébénistes de Béziers, secrétaire (pas de président) ; le compagnon délégué du Cercle du travail de Cette, secrétaire-adjoint ; assesseurs, le compagnon délégué du Cercle de l’industrie et le compagnon délégué des Travailleurs socialistes de St-Génies de Magloires.
La parole est donnée par le secrétaire au compagnon secrétaire correspondant de la Commission d’organisation, qui fait plusieurs communications intéressantes. Il donne lecture de différentes adresses des Républicains socialistes de Bessèges (Gard), de Rivesaltes (Pyrénées Orientales) et de Béziers (Hérault). Tous les groupes d’où émanent ces adresses adhèrent chaleureusement au Congrès et envoient aux délégués l’expression de leur solidarité.
Sept délégués prennent ensuite la parole successivement sur la première question mise à l’ordre du jour du Congrès : Que peut espérer le prolétariat de l’organisation sociale actuelle ?
Le compagnon délégué du Cercle des travailleurs de Béziers déclare qu’il n’attend absolument rien de cette classe de sybarites avachis par le luxe et la débauche. Nous ne pouvons espérer de la bourgeoisie, dit-il, non seulement aucune réforme économique, mais même aucune réforme politique sérieuse. Il déclare que les sujets de doléances du prolétariat ne sont ni moins nombreux qu’au moyen âge. La classe ouvrière est la martyre de la classe bourgeoise ; l’antagonisme entre les deux classes nous fait un devoir impérieux de hâter la Révolution. Nous connaissons la haine de la bourgeoisie contre le prolétariat, haine qui s’est manifestée par des trouées sanglantes dans la masse du peuple, comme en 71 et en 48. Le salut de la classe ouvrière n’est donc que dans la Révolution (applaudissements).
Le compagnon délégué du Cercle de la Montagne, de Narbonne, lit un rapport dans le même sens que le précédent, et dont voici les points principaux : Il suffit d’examiner froidement la situation respective du prolétariat et de la classe possédante, pour répondre que le travailleur ne peut rien attendre de l’organisation sociale actuelle. L’histoire de notre siècle nous en donne les preuves les plus incontestables.
L’oligarchie bourgeoise qui détient actuellement tous les instruments de travail, avant de se substituer dans l’ordre politique à la Société bourgeoise, ne répondit pas autrement à cette question qui se posait devant elle dans des conditions identiques. La bourgeoisie triomphe par la force et la violence, mais à son tour elle n’a pas voulu reconnaître le droit social du prolétariat qui, au lendemain du renversement de l’ancien ordre de choses, s’est levé et a demandé par la bouche de Babeuf à la révolution triomphante : Que vas-tu faire des déshérités et pour ceux à qui tu donnes des droits théoriques sans leur donner les moyens de s’en servir ? La bourgeoisie répondit par la mort et la déportation, et elle a toujours depuis suivi la même tradition. Donc, compagnons, le prolétariat n’a rien à espérer de l’organisation sociale actuelle et doit concentrer tous ses efforts pour la détruire (applaudissements).
Le rapport du délégué de la Plèbe de Béziers (qui n’a pas donné son nom), est nettement anarchiste. Ce rapport, écouté avec attention et fréquemment applaudi, conclut ainsi : La Société ne doit réclamer de l’individu que ce qu’il est capable de lui donner, mais elle lui doit tout ce dont il a besoin. Tel est notre programme économique, anarchiste et égalitaire. Nous prenons comme base le droit de tous à l’existence ; comme moyen, la révolution sociale ; comme but à atteindre, le communisme anarchiste (vifs applaudissements).
Le compagnon délégué du Cercle de la Misère de Cette, qui comme le précédent orateur ne donne pas son nom, parle dans le même sens et se rallie aux mêmes conclusions. Les applaudissements se renouvellent dans la salle.
Le compagnons délégué du Cercle de la Montagne, de Narbonne, est délégué spécialement par des groupes agricoles et se félicite de voir que les prolétaires des champs entrent résolument dans la voie révolutionnaire. Il démontre que la prospérité des petits propriétaires de la région est plutôt apparente que réelle, et comme la petite industrie est de plus en plus menacée et atteint par la grande. Il déclare que les prolétaires agricoles du Narbonnais unissent leur voix à celles de leurs frères des autres parties de la région pour appuyer leurs vœux, accepter la solidarité de leurs revendications et étudier les moyens pratiques propres à les faire triompher.
Désormais aucune illusion n’est plus possible pour le prolétariat, tout espoir de transaction avec la bourgeoisie n’est qu’une chimère.
L’organisme social actuelle est un organisme vicieux ; on ne saurait rien attendre de lui. Une transformation sociale s’impose, le prolétariat doit s’unir pour résister par tous les moyens possibles à l’envahissement du capital et de la bourgeoisie (applaudissements).
Le compagnon secrétaire correspondant, délégué du Cercle du travail de Cette, étant très fatigué, lit seulement les conclusions de son rapport. Par des considérants très motivés, il critique toute l’organisation sociale actuelle et termine en déclarant que le prolétariat n’a rien à attendre de l’organisation sociale actuelle, qu’il est de son intérêt et de son devoir, conformément à cette parole profonde de St-Just : « Ceux qui ne font les révolutions qu’à demi, travaillent à leur propre tombeau », de consacrer toute son activité et tout son dévouement à préparer la destruction intégrale de cette organisation oppressive ; que toutes les réformes partielles seraient autant de duperies et que le renversement impitoyable de toutes les institutions actuelles, gouvernement, propriété, héritage, salariat, parlementarisme, magistrature, armée, police, religion, bureaucratie, etc…etc…, sans exception et sans merci, est le seul moyen politique de recouvrer l’exercice de cette souveraineté du peuple qui ne peut et ne doit être autre chose que la souveraineté de chaque citoyen en particulier, le seul moyen également de rendre possible l’avènement et la conservation de la justice sociale ; que cette « table rase » est nécessaire et préalable à tout travail de réédification ne pouvant évidemment s’accomplir que par la force mise au service du droit, attendu qu’il est inouï que des privilégiés se soient, complaisamment et d’eux-mêmes dessaisis de leur prérogative, l’unique idéal et l’unique programme du prolétariat doit se résumer ainsi : Organisation des forces révolutionnaires destinées à accomplir cette œuvre libératrice (Applaudissements)
Le compagnon délégué du cercle des travailleurs des salles du Gardon et de plusieurs cercles de la Grand’Combe (Gard) lit un rapport très long et très soigné, dans lequel il passe en revue la situation des travailleurs du centre minier de son département, expose leurs desidérata et touche à de nombreuses questions. Il se plaint de procédés vexatoires et malhonnêtes employés par le le cercle de la Grand’Combe vis-à-vis des ouvriers ; il demande, au nom des groupes qui l’ont délégué, l’abolition de tous les monopoles, magasins de vivres tenus par la compagnie, des caisses de retraites administrées par les ouvriers, etc., enfin toutes les balançoires des coopérateurs.
La séance est levée à 10 heures ½ aux cris de : vive la Révolution-Sociale !

Séance du mardi 21 juin 1881

A 8 heures et demie du soir, au moment où la séance allait être ouverte, un citoyen du milieu de la salle prenant la parole contre son droit et contre tous les usages des précédents congrès, proteste contre la présence au nombre des délégués du compagnon Caron, représentant le Cercle des travailleurs de Cette, sous le prétexte spécieux que le compagnon Caron est patron et non ouvrier et qu’il n’a pas le droit de siéger. Un délégué répond que le congrès ayant procédé à la vérification des pouvoirs de ses membres et le compagnon Caron ayant été admis, il n’y a pas lieu à revenir sur cette décision. Le compagnon Caron prend ensuite la parole pour donner lui même quelques explications. Mais une partie du public l’empêche de parler par des cris et des vociférations. En présence de ce parti pris, et pour enlever aux auteurs du désordre tout motif de le continuer, le délégué qui a pris place au bureau, fait observer que le bureau n’étant pas formé pour la séance de ce soir, il importe d’abord de le constituer, afin de procéder régulièrement et que le congrès sera ensuite consulté pour savoir dans quel sens doit être tranchée la question si malencontreusement soulevée.
Le bureau est ainsi formé : 1er secrétaire, le compagnon, délégué de la Pensée libre de la Capelette de Marseille, 2e secrétaire, le compagnon, délégué de la chambre syndicale des tonneliers de Cette et assesseurs les compagnons délégués de la Plèbe de Béziers et un délégué des socialistes de Marsillargues (Hérault)
(La fin au prochain numéro)

La Révolution sociale 3 juillet 1881


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