Ecologie en axe théorie et pratiques

Re: Ecologie en axe théorie et pratiques

Messagede Pïérô » 22 Mai 2018, 07:50

Conférence, Présentation de l'écologie sociale par Floréal Romero

Saint-Mariens (33), mardi 22 mai 2018
à 20h30, Salle polyvalente

L'écologie sociale, courant d'écologie politique initié par Murray Bookchin, propose une analyse du rapport social de l'humain à la nature et des solutions aux destructions exercées par l'humain sur la nature, par un changement radical de société.

https://gironde.demosphere.eu/rv/8887

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Re: Ecologie en axe théorie et pratiques

Messagede bipbip » 20 Juil 2018, 11:30

Conférence de Floréal Roméro le 13 juin 2011 à Biocybèle (81 Gaillac).

« Floréal Roméro, dont les parents ont connu la révolution sociale espagnole au début du XXe siècle, par ses recherches récentes sur les programmes politiques des anarchistes espagnols, nous fait découvrir la cité-jardin, un programme politique écologiste de la ville. »

Floréal Romero est devenu l'un des principaux promoteurs des thèses d'écologie sociale de Murray Bookchin en Espagne, mais aussi en France à travers des rencontres, des publications et des articles. Il vit en Andalousie et travaille comme agriculteur en lien avec des AMAP. Il a publié en 2014, avec Vincent Gerber, Murray Bookchin pour une écologie sociale et radicale (Le passager clandestin) http://lepassagerclandestin.fr/catalogu ... icale.html.



https://utoplib.blogspot.com/2018/07/fl ... ciale.html
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Re: Ecologie en axe théorie et pratiques

Messagede bipbip » 13 Aoû 2018, 12:26

Capitalisme et changement climatique: notions théoriques et trajectoire historique initiale (I)

Par François Chesnais

Le changement climatique et ses conséquences sont la question la plus redoutable que la société humaine contemporaine ait à affronter. Héritière de la trajectoire multimillénaire des civilisations qui se sont succédé depuis l’Age de pierre, elle est aujourd’hui prise au piège dans des processus économiques et des comportements individuels et sociaux autodestructeurs propres au capitalisme. La notion de «devenir-capital du monde» proposée par Alain Bihr, c’est-à-dire «la production d’une société capitaliste appropriée à l’économie capitaliste»[1], peut être étendue à ses rapports à la nature. C’est de ceux-ci que viennent les transformations de la biosphère et de nombreux écosystèmes existant sur la planète qui sont à l’origine du changement climatique. L’expansion planétaire de l’économie capitaliste, sa prise de possession du monde, sont allées de pair avec la constitution d’un ensemble de relations du capital avec son milieu naturel, pris au sens le plus large du terme, qui lui ont été «appropriées».

... https://alencontre.org/ecologie/capital ... ale-i.html



Cultures et élevage en monoculture: impasses productives et impacts climatiques majeurs (II)

Le second volet de notre contribution sur capitalisme et changement climatique porte sur la monoculture, modèle dominant de production agricole sur le plan mondial. On est sur un terrain où l’impact climatique relève de facteurs plus facilement identifiables que ce n’est le cas pour d’autres dimensions de la relation capital-climat. Les pays d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est où la monoculture domine connaissent des degrés d’intensité différents de domination économique et politique des pays capitalistes centraux, ces facteurs sont dans la continuité de l’économie de plantation. Les forts taux d’émission de CO2 ainsi que les conditions d’existence des paysans et des travailleurs ruraux, avec des effets d’expulsion massive de population vers les bidonvilles, résultent de la concentration élevée de la propriété du sol et de l’exploitation effrénée des travailleurs. Les intérêts des grands propriétaires engagés dans la monoculture coïncident en tous points avec ceux des groupes industriels à dominante industrielle très puissants situés en amont (agrochimie) comme en aval (agrobusiness) des activités de culture du sol et d’élevage. L’économie de la monoculture (son business model) est marquée par une fuite en avant qui prend la forme de baisses des rendements et de réponses à ces baisses dont l’efficacité s’avère limitée et passagère. Et cela alors qu’une agriculture alternative a fait ses preuves.

... https://alencontre.org/ecologie/culture ... rs-ii.html
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Re: Ecologie en axe théorie et pratiques

Messagede bipbip » 23 Sep 2018, 11:56

Le caractère anti-écologique du système capitaliste

Le capitalisme se développe sur la base d’une opposition entre richesse matérielle et richesse abstraite. La richesse matérielle est composée des diverses valeurs d’usage, renvoyant aux corps concrets et matériels des marchandises. La richesse abstraite est composée de la quantité de travail abstrait que renferment les marchandises, et elle est convertible en sommes d’argent.

Dans la circulation A-M-A’, la richesse matérielle n’est qu’un moyen, un mal nécessaire, pour augmenter la richesse abstraite. Les diverses valeurs d’usage ne sont que les supports de l’abstraction de la valeur, et elles doivent s’effacer derrière elle. Ainsi, le système capitaliste fait de la satisfaction des besoins concrets, et de la matérialité concrète des biens d’usage, un simple prétexte contingent en vue de la production d’abstractions quantitatives vides et indifférenciées. Dans cette mesure, le fait qu’une marchandise soigne, instruise, ou détruise concrètement l’environnement ou le lien social, n’est pas un fait déterminant dans sa production : ce qui importe avant tout, c’est la quantité de travail abstrait qu’elle renferme. Un tel système, aveugle à la dimension concrète et matérielle des biens produits, ne peut être que fondamentalement anti-écologique : car précisément, il ne se préoccupe pas une seule seconde des effets réels des produits dans l’environnement « naturel » et social. Seul un système qui créerait les conditions de la vie en tenant compte des désirs et besoins réels des individus, sans valorisation abstraite, scindante et séparée, serait susceptible de promouvoir une métabolisation non destructrice des humains avec l’environnement. Seul le dépassement du capitalisme permettrait l’abolition du désastre écologique moderne, dans la mesure où le capitalisme est un système qui accumule des abstractions quantitatives, sans jamais tenir compte des conséquences réelles, écologiques et sociales, des produits.

Mais si l’on s’intéresse maintenant à la logique évolutive du procès de valorisation, on constate que ce système ne peut que détruire toujours plus, de façon asymptotique, l’environnement dit « naturel ». Historiquement, pour augmenter le taux de survaleur, c’est-à-dire pour augmenter la part du surtravail dans la journée de travail, il s’est agi d’augmenter le nombre d’heures travaillées, absolument parlant. Mais cette logique rencontre une limite quantitative certaine. Avec l’émergence du capitalisme industriel, on extrait ainsi, plus systématiquement, une survaleur relative : en augmentant la productivité du travail, on augmente, de façon relative, le temps de surtravail dans la journée de travail. La survaleur relative suppose une rationalisation de l’organisation du travail, et un recours systématique au machinisme. Mais lorsqu’il entre dans l’ère de la survaleur relative, le capitalisme s’inscrit dans un procès irréversible. La productivité accrue du travail fait que le temps de travail socialement nécessaire contenu dans les marchandises diminue toujours plus, tendanciellement. Cela ne signifie pas qu’une heure de travail, par exemple, change soudainement de valeur : la valeur de l’heure de travail reste inchangée. Simplement, une même valeur renferme désormais, par exemple, deux fois plus de marchandises réelles, si la productivité du travail est multipliée par deux. La quantité de matières premières doit donc doubler, pour produire la même quantité de valeur. Si la valeur doit donc continuellement augmenter, tandis que toujours plus de marchandises physiques et concrètes sont contenues dans des unités de valeur toujours plus petites, cela signifie que la quantité de marchandises physiques doit augmenter exponentiellement. Dans cette mesure, le développement des ressources énergétiques (éventuellement polluantes) et le pillage des matières premières ne doivent que s’intensifier. Un tel procès destructif ne rencontre aucune limite formelle, dans la mesure où l’augmentation de la valeur, qui est un procès quantitatif, ne connaît a priori aucune limite.

Dans ce contexte, certains mouvements de contestation prônent une « décroissance » vertueuse, susceptible de contrecarrer une telle fuite en avant destructrice, autodestructrice et morbide. Qu’en est-il ? Il faudrait d’abord distinguer la croissance de la richesse abstraite et la croissance de la richesse matérielle. Car ces deux niveaux ne coïncident pas nécessairement. S’il s’agit de faire décroître la richesse abstraite sans pour autant abolir le principe du travail abstrait, alors de nombreux individus seront exclus socialement, et un système aveugle au caractère concret des biens perdurera malgré tout, de façon profondément anti-écologique. S’il s’agit de faire décroître la richesse matérielle sans abolir le principe du travail abstrait, alors la même obnubilation anti-écologique se développe. A vrai dire, la seule « décroissance » qui serait cohérente et conséquente devrait promouvoir l’abolition du système de valorisation marchande, car c’est lui qui encourage aujourd’hui le pillage aveugle et exponentiel des ressources énergétiques et des matières premières. Mais alors elle ne peut être « décroissance » sur le plan de la richesse abstraite : car cela supposerait qu’on continuerait à comptabiliser de façon marchande cette richesse. Décroissance devrait signifier qu’on abolisse, purement et simplement le principe de cette richesse abstraite. La forme de la richesse abstraite n’est pas adaptée pour le potentiel de richesse matériel : la logique de la survaleur relative fait que toujours plus de biens produits constituent une richesse abstraite toujours moins importante, dans un système où il s’agit pourtant de faire augmenter constamment cette richesse abstraite. Une telle situation entraîne une fuite en avant morbide, et un processus de crises indéfini. Le problème du terme de « décroissance » est qu’il peut signifier décroissance de richesses matérielles sans abolition de la richesse abstraite, ou simple décroissance de la richesse abstraite sans abolition du système de valorisation. On n’aperçoit pas, ici, qu’on a affaire à deux niveaux de réalité différents. Néanmoins, si décroissance signifie abolition du système du travail abstrait, au profit de la requalification des désirs et besoins humains conscients, elle devient conforme à son intention profonde et à sa radicalité propre.

Benoit Bohy-Bunel, septembre 2018.


http://www.autrefutur.net/Le-caractere- ... apitaliste
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Re: Ecologie en axe théorie et pratiques

Messagede bipbip » 12 Oct 2018, 14:17

Besoin de réacclimatation

Il est plaisant de voir que les risques écologiques sont de plus en plus pris en compte par les humains sur cette planète. Sauf que comme toujours, nous réagissons trop en retard, incapables que nous sommes de nous projeter dans le "pire" afin de l’éviter. Car aujourd’hui, l’heure n’est plus à "tenter d’éviter le dérèglement climatique" ou de "ralentir le désastre écologique" comme nous pouvons l’entendre encore souvent. L’heure va être à l’adaptation et à faire des choix clairs pour l’avenir de l’humanité.

Fantasme de la planète "consciente"

Quand je lis et écoute les personnes qui ont une fibre écologique autour de moi je me rends compte qu’une large partie d’entre elles personnifient de plus en plus la planète. Elle aurait une forme de conscience et répondrait à nos attaques. Sauf que non : la planète c’est un gros caillou lancé dans l’espace, qui tourne autour du Soleil tout en suivant sa course folle, recouvert d’une couche d’atmosphère et d’eau, éléments propices à la colonisation de son biotope par la vie. Rien de plus, rien de moins. C’est juste l’endroit (et le seul connu a porté de main) où nous pouvons, nous humanité, survivre.

Ni conscience, ni inconscience, juste un lieu. Et les augmentations qui concernent les catastrophes climatiques violentes, les incendies plus fréquents, les saisons qui se transforment, l’eau de moins en moins potable, ne sont en rien une réponse à quoique ce soit, mais bien une conséquence mesurable et compréhensible scientifiquement de nos choix de vie, de nos impacts sur notre lieu de vie. Attendre une réaction de "la planète" pour nous sauver n’est qu’un dérivatif de la croyance en un être supérieur et protecteur. Une chimère aussi réaliste que de croire au Père Noël ou en quelques dieux.

Fantasme de la "grande purge"

Dans un cynisme parfois assumé, des courants se mettent à parler d’une grande purge. La planète (encore elle) aurait donc dans l’idée de réduire notre population par des morts par milliards afin de retrouver un équilibre. Cela ferait un bon roman de "fantasy", mais désolé, ce sont bien les humains qui feront ou non le choix de laisser crever leurs semblables. Cette soi-disant grande purge n’est donc que la version soft et pseudo-écolo d’une haine de l’autre et d’un fascisme mal assumé. Et surtout cela repose sur l’idée saugrenue que nous pourrions tous survivre dans un monde dégradé après celle-ci ! Quel drôle d’espoir.

La science pourra nous sauver

Cette affirmation est l’autre face de la pièce écolo-gentillette du moment. La science est aussi ce qui nous a mis dans la posture actuelle pas très sereine. Certes, je ne doute pas un instant que le génie humain s’exprimera pour tenter des choses, voire peut être que ces choses tentées seront de réelles solutions, mais je ne m’amuserais pas à miser toutes mes billes là-dessus. Alors oui, la science est et sera utile, ne serait-ce que pour la compréhension des phénomènes mais elle ne se suffira jamais à elle-même ni ne sera jamais la seule chose à mettre en place face à la violence de ce qui nous attend. Elle n’est qu’un outil, rien de plus.

L’emballement est une certitude

Force est de constater que l’emballement du climat dont les scientifiques nous préviennent depuis les années 1970 est là et clairement là. Entre les canicules intenables, les sécheresses, les saisons qui se décalent et se transforment, les pluies plus abondantes par endroit, nous sommes largement servis. Seulement, ce n’est que le début.
Notons que la plupart des personnes qui recherchent sur le sujet du climat admettent que nous allons passer un pic de +3 à +5 ° C en moyenne annuelle par rapport à l’ère préindustrielle d’ici 2100. Notons donc que nous entrons dans une ère où tenter de prédire (au sens scientifique, donc tenter de proposer des modèles) les conséquences à long terme est quasiment impossible. Même s’il est clair qu’elles ne seront pas positives.

Il ne s’agit pas comme certains zozos de dire que le dérèglement climatique n’existe pas parce qu’il fait froid et qu’il y a de la neige en hiver. Au passage : c’est bien le réchauffement des océans, suite au réchauffement global des températures, qui fait que nous avons plus d’humidité dans l’air, et donc plus de pluies, et par conséquent de neige. Donc, triple buse, c’est bien le dérèglement climatique qui est la cause des coups de froids avec plein de neige aussi ! Et ne parlons même pas de la modification des courants marins et aériens qui découlent eux aussi de tout cela… Et influent grandement sur les écosystèmes et le type de climat qui y règne.

Je le disais donc, l’emballement est une certitude. Face à cela, les gouvernements de la plupart des pays se préparent contrairement à ce que l’on pense : la militarisation croissante du monde n’est pas autre chose qu’une préparation des migrations et guerres pour les ressources vitales à venir. Cela peut vous sembler cynique, mais l’exemple de la Chine et de ses 60000 soldats du climat devrait nous alerter.

Les solutions envisagées aujourd’hui seront donc pragmatiquement cruelles : laisser crever celles et ceux qui n’auront plus accès à l’essentiel et empêcher leur venue à coup de guerre et de frontières militarisées. C’est en tout cas le chemin qui se dessine et que la majorité laisse faire.
Il faut aider les pays pauvres à se développer.
C’est là aussi une parole creuse. Bien entendu il ne faut pas freiner le développement vers un mieux vivre des pays les plus pauvres. Mais surtout il serait temps de reconnaitre que les pays riches ne vivent que la spoliation des pays pauvres ! C’est ce cercle vicieux qui est le moteur du monde actuel.

Seulement, dans tous les cas des millions, d’humains vont devoir se déplacer des pays les plus pauvres (qui seront majoritairement les plus touchés par le dérèglement climatique) vers un ailleurs incertain. Ces réfugiés devront être accueillis, aidés, sans quoi nous les condamnons à une mort lente et certaine. C’est là aussi un réel choix de société qui se pose à nous !

Oui mais si on réduit les gaz à effet de serre cela ira mieux !

En fait oui et non. Il est évidemment préférable de ne pas continuer à alimenter le dérèglement climatique en réduisant nos gaz à effet de serre. Seulement il faut aussi être conscientes et conscients que le dérèglement climatique actuel n’est pas le fait de l’année en cours, mais des dizaines années précédentes.

Donc, dans tous les cas, même si nous diminuons drastiquement nos émissions, nous allons devoir affronter les effets des émissions passées. Le CO2 et les autres gaz à effet de serre présents aujourd’hui dans l’atmosphère vont mettre des dizaines d’années à diminuer. Leur effet sera donc ressenti entre aujourd’hui et dans des dizaines d’années. Voir des centaines.

D’ailleurs cela est vrai aussi pour bien d’autres choses : produits phytosanitaires, plastiques, nucléaire, bétonisation des sols, etc… etc….

C’est bien face à la gestion des choix actuels et du passé que nous nous trouvons. Tout comme nous ne sortirons pas du nucléaire en un claquement de doigts, nous ne sortirons pas et ne passerons pas l’ère du dérèglement par de simples mesures techniques.

Et si l’anarchie était en fait une solution ?

L’anarchie est la recherche du progrès au sens large et libérateur. Oui, je sais, dit comme cela, c’est déroutant. Pourtant, si nous prenons les grandes lignes, parce que je n’ai pas la place de faire une thèse, cela se tient : libertés individuelles renforcées, choix collectifs comme mode d’action, production selon les besoins et répartition sans lien avec la richesse mais avec les besoins là aussi, accès à la culture et au savoir, construction de l’esprit critique et renforcement de celui-ci pour sortir des biais cognitifs, pratique du consensus, etc… etc… Nous pouvons donc dire que les bases de l’anarchisme répondent clairement aux défis posés par le dérèglement climatique et d’autres aspects à gérer dans l’avenir.

D’abord par l’appel au partage. Car il ne suffira pas de sortir "simplement" du capitalisme pour que tout aille mieux, mais bien d’apprendre à reconnaitre l’autre comme un égal. D’apprendre à partager les terres habitables (et cultivables) et l’eau que nous aurons encore de disponible, les méthodes de vie viables, les savoirs et les connaissances. De mettre en place de la solidarité dès que cela est possible. Tant que nous continuerons à nous voir par le prisme de nos "particularismes", par nos nations et régions, nous ne pourrons construire les solutions d’ampleur nécessaires à l’avenir. Et nous laisserons les solutions militaires et belliqueuses prendre le dessus.

Il ne s’agira pas non plus de se retirer dans les bois dans une cahute sans eau courante ni électricité. D’abord parce qu’il n’y a pas assez de bois pour les 7.5 milliards d’humains sur terre, mais aussi parce que cela reviendrait à imposer un mode de vie unique pour le "bien de tous".

Nous allons donc devoir mettre en place une intelligence collective si chère aux anarchistes. Penser ensemble l’avenir que nous souhaitons, si nous ne voulons pas le laisser aux mains de quelques-uns, avides de pouvoir et d’argent. Penser notre humanité au lieu de la subir. Et nous acclimater à nos nouveaux espaces, aux changements à venir sur tous les plans : habitât, agriculture, vivre ensemble …

Lorsque je pose cela, beaucoup m’opposent que les gens (ce grand ensemble étrange) pourraient choisir de ne rien changer. J’ai envie de dire que cela serait au moins pour une fois une décision collective claire et objective : après moi le déluge et l’humanité peut bien crever.

Je reste cependant optimiste et j’ai du mal à croire que l’humanité signe son arrêt de mort. Donc, tentons de porter d’autres possibles et faisables. Osons affirmer que rien n’est inéluctable.

Notre vision du monde, par l’abolition des frontières, des superstitions, des mysticismes, par l’entraide, le progrès partagé et l’utilisation des ressources au profit de toutes et tous et non du financier, cette vision est pertinente et peut être une voie pour passer ce sale cap qui se profile. Encore nous faut-il le faire connaitre.

Ben alors tout va bien et ça sera facile !

Franchement non. Dans tous les cas, notre monde est aujourd’hui incertain et face à des changements plus importants que nous pouvions le penser. Les tensions et conflits risques de se démultiplier. L’égoïsme ambient ne sera pas simple à combattre. Voir des possibles n’est pas les mettre en œuvre et encore moins convaincre que les mettre en œuvre améliorera les choses.

Seulement ne pas tenter de planter les jalons d’une autre façon de voir le monde est clairement se vouer à l’échec dès le départ.

Faut sauver la Terre !

Dernière chose : j’entends souvent dire que "la Terre va mourir". Non, au pire c’est l’humanité qui disparaitra. La planète, la vie, feront leurs chemins sans nous. La planète a déjà connu 5 grandes extinctions. La sixième, du fait de la position de l’humain comme façonneur du monde, est en cours. Si nous sommes certains que la planète et la vie s’en remettront, rien n’est moins sûr pour notre espèce. Nous ne sommes pas grand-chose, et c’est bien pour cela que nous devons nous enthousiasmer pour l’entraide, seul facteur de réelle évolution dans l’histoire.

Fab- Graine d’anar – Lyon


https://www.monde-libertaire.fr/?articl ... limatation
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