Soutien aux sans papiers et exilé-es

...Sans Papiers, antifascisme...

Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 23:43

QUI A DIT QUE LES FRANÇAIS ÉTAIENT ENDORMIS ?

SOLIDARITÉ MIGRANTS WILSON 21 mois de présence quotidienne,
250 000 repas collectés, confectionnés et distribués,

…La réalisation de comptes rendus de terrain quasi quotidiens qui ont fait sortir de l'invisibilisation programmée des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants totalement abandonnés à leur sort dans la Ville Lumière au mépris des protections auxquelles ils devraient avoir droit. Cette information de terrain a également abouti à la réalisation de centaines d'articles, films et reportages, en France et à l'étranger
L'interpellation régulière des pouvoirs publics a abouti à l'obtention d'un plan d''urgence à l'été 2017 (repas du soir subventionnés par la Ville et obtention d'un local pour le collectif; dispositif partiellement reconduit tout au long de l'année), à la (re)mise en service de points d'eau et à la prise en charge par la Ville (via Aurore) des petits-déjeuners en aout 2018.
Des dizaines de milliers d'heures passées à écouter, informer, orienter.
Distribution de (dizaines?) milliers de vêtements, kits d'hygiènes.
Tout cela a été rendu possible par l'engagement de chacun et l'addition de centaines de milliers de petits gestes On ne lâche rien !
Merci !

https://www.facebook.com/Solidarité-migrants-Wilson-598228360377940/?hc_ref=ARSlKrF2K3u7yX6VFhtNmNtil6Suzo9gfLMGvxtNQNVs8LPWnFXb80UB9nqhu
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 13 Aoû 2018, 20:07

Deportation violente empêchée par les passagers

Un homme détenu au centre fermé Caricole nous appelle en urgence. Ce 5 août à 10 heures du matin, on lui annonce qu’il sera expulsé le jour-même, à 16 heures sur le vol TUI au départ de Charleroi à destination d’Alger, il est immédiatement mis au cachot.

Mr A est un homme de 35 ans, né en Algérie, en Europe depuis 2004. Il a débord vécu en Italie et depuis 6 ans, il vit en Belgique. Il travaille dans la construction comme ouvrier manœuvre. Il a toujours travaillé, notamment sur des gros chantiers à Anvers et pour le centre commercial du canal à Bruxelles pendant 9 mois avant d’être enfermé d’abord à Merksplas puis à Bruges et enfin au Caricole à Steenokkerzeel. Il n’a néanmoins jamais eu de contrat de travail et donc ni papiers ni protection sociale.

C’est sa troisième tentative d’expulsion et on lui a promis une escorte policière. Il avait en effet refusé ses 2 premières tentatives d’expulsion. Il réside en Europe depuis 13 ans et ne souhaite pas retourner en Algérie.

Il fait partie de la grande famille des « criminels », comme Francken aime à les appeler, qui doivent coûte que coûte être expulsés du pays. Il avait en effet pris 6 mois de prison pour un délit mineur, avant d’être transféré dès sa sortie de prison vers un centre fermé par l’Office des Étrangers.

Un appel aux militants avait été lancé pour se rendre à l’aéroport de Charleroi afin d’informer les passagers voyageant sur le même vol de sa présence et leur expliquer sa situation.

Nous avons choisi de ne plus diffuser ces appels sur notre site, l’Office et l’Etat le surveillant, ce qui pourrait engendrer des réactions sécuritaires et entraver la mobilisation citoyenne.

Plusieurs personnes étaient présentes à l’aéroport pour sensibiliser les passagers et plusieurs messages nous sont parvenus.

Selon un contact : “sur place, l’avion pour Alger n’a toujours pas décollé.
Les passagers sont plutôt énervés et pour l’instant il n’est plus question de laisser embarquer l’homme de caricole ! »

« Il a été ramené au Caricole. Il a été massacré par son escorte. Des passagers ont refusé qu’il voyage avec eux. Une dame à crié très fort et a dit qu’on ne traite pas des personnes comme des animaux. Le commandant de bord a exigé qu’il quitte l’appareil. »
A son retour un détenu du centre nous rapporte : « il a été massacré par son escorte, il a des coups partout et ils ont insulté sa religion. C’est cela qui lui a fait le plus mal. »

Extrait du rapport médical qui décrit les violences policières

“Le dimanche 5 août 2018, Mr Allag a été transféré du centre Caricole au commissariat fédéral puis au commissariat à Charleroi. Durant ce dernier transfert, il a été attaché avec des ceintures, sa description fait penser à une camisole comme pour les patients agressifs. Il décrit avoir eu des douleurs parce que les ceintures étaient trop serrées. Au commissariat de Charleroi, on lui a également attaché les jambes. Il a été transféré dans l’avion par 6 policiers fédéraux et attaché les mains près de la taille puis encore ceinturé avec les mains devant le ventre et finalement attaché aux accoudoirs. La contention qu’il décrit rendait tout mouvement impossible.
Il a essayé de crier pour alerter les passagers de son expulsion contre sa volonté et des policiers lui ont alors comprimé le cou et la cage thoracique pour l’empêcher de crier. Il lui ont également poussé la tête entre 2 sièges en la coinçant comme dans un étau.
Un des policier l’a insulté : « nique ta mère » et dit que son coran devrait être jeté à la poubelle. Un autre policier qu’il identifie comme le responsable du groupe avec les yeux bleus et un t-shirt orange officiel l’a traité de « minable » et de « connard ».

Le travail des militants porte ses fruits ! Sur ce vol, c’est une dizaine de passagers qui a permis de mettre en échec cette expulsion. Cela a été possible parce qu’ils étaient au courant de la présence de cet homme AVANT de monter à bord.

En effet, pour éviter tout soulèvement ou compassion de la part des passagers, la personne « déportée » est forcé de monter à bord avant tout le monde. L’escorte policière qui l’accompagne est en civil afin de ne pas attirer l’attention. Ils s’installent à l’arrière de l’avion, parfois même derrière un rideau. L’embarquement des passages se fait quant à lui, uniquement par l’avant, ce qui empêche à tous de remarquer la présence d’un « deporté » à bord. À l’arrivée, ils sortent en derniers de l’avion. Ni vu, ni connu. L’affaire est classée.. ou presque !

Presque.. parce que cette fois, c’était sans compter sur le travail d’information mené par les militants avant l’embarquement !

Il faut donc continuer.. Continuer à dénoncer pour que les passagers puissent être mis au courant et puissent ensuite réagir en refusant de s´assoir, ou en n’installant pas leurs bagages dans les endroits prévus à cet effet par exemple. Continuer à dénoncer pour contourner les plans mise en place par la police pour garder ça discret. Continuer à dénoncer pour mettre d’autres explosions en échec !!

STOPDEPORTATIONS


http://bxl.indymedia.org/spip.php?article20805
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Re: Soutien aux sans papiers et exilé-es

Messagede bipbip » 18 Aoû 2018, 17:58

Les Millevaches en résistance contre les expulsions

La mobilisation et la solidarité des habitants de la région ont permis à quatre Soudanais menacés d’expulsion de s’installer à Faux-la-Montagne, dans la Creuse.

Les pensées tournées vers un avenir incertain, Noordeen, 21 ans et condamné à l’expulsion, semble perdu à Roissy. Il y a déjà deux ans et demi qu’il a fait ses valises pour fuir les massacres de son Soudan natal. L’assassinat de membres de sa famille, sous ses yeux, a poussé le jeune homme à prendre la route de la Libye, où il fut réduit en esclavage. Avec ses compagnons d’exode, il a ensuite rallié l’Europe, et la France, dans l’espoir d’y créer une destinée plus paisible… Un policier tire Noordeen de ses cauchemars. Ce 11 juillet, il apprend qu’il ne retournera finalement pas au Soudan, où la mort l’attendait. Ni même en Italie, où règne la peur des exactions commises sur les migrants. Noordeen Essak est autorisé à déposer sa demande d’asile en France. Il retourne sous son nouveau toit, à Faux-la-Montagne (Creuse), sur le plateau de Millevaches. Tout cela grâce à la mobilisation des habitants du village, sa nouvelle famille.
La Creuse a caché nombre d’enfants juifs sous l’Occupation

Tout a commencé il y a un peu moins d’un an. Marc Bourgeois, citoyen de Faux qui héberge encore aujourd’hui Noordeen, prend alors le train Paris–Eymoutiers. Il y rencontre Abdulaziz : « Il était attendu au centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Peyrat-le-Château, mais est arrivé un jour plus tôt à Eymoutiers. Je lui ai donc proposé de dormir chez moi. » Malgré le refus du jeune Soudanais, les deux hommes se rendent visite, et Abdulaziz s’investit dans les activités associatives du village, en cuisinant et en récitant des poèmes en arabe. Marc Bourgeois, lui, se rend compte de la « mise en léthargie » des migrants dans les CAO et de la « partie de ping-pong entre la France et l’Italie » dont ils font l’objet. Entrés en Europe par l’Italie, les accords de Dublin les obligent à y déposer leur demande d’asile. Entre-temps, il rencontre Mudethir, Abdelmajid et Noordeen, trois autres Soudanais, victimes impuissantes de la fermeture des frontières de l’Europe, que la communauté locale souhaite aussi recueillir.

« C’est une terre d’accueil et de résistance, fortement marquée par le communisme rural. Le plateau de Millevaches est l’un des premiers maquis français, et la Creuse a caché nombre d’enfants juifs lors de la Seconde Guerre mondiale », résume Marc Bourgeois pour expliquer la mobilisation des habitants en faveur des exilés. Une tradition dont témoigne aussi l’actuelle maire de Faux-la-Montagne, Catherine Moulin, arrivée il y a trente-cinq ans dans la région. « François Chatoux, le maire de l’époque, a fait preuve d’une ouverture formidable en faisant tout son possible pour que l’on s’installe. Sa philosophie était d’accueillir tout le monde, sans tri. » Les habitants du village ont perpétué cette hospitalité creusoise envers les quatre exilés soudanais. D’autant que ces derniers, en quelques mois, se sont fait apprécier des presque 400 âmes de Faux-la-Montagne. « Ils ont rencontré beaucoup de monde, ont appris le français et se sont investis. On ne fait pas de différence entre eux et les jeunes d’ici. S’il y avait des jeunes de Faux-la-Montagne dans cette situation, je voudrais que des gens les accueillent comme ça », ajoute Marc Bourgeois.

Noordeen parvenait donc à oublier son passé et son douloureux périple quand, huit mois après son arrivée, il est convoqué à la gendarmerie de Felletin et apprend qu’il est sous le coup d’une expulsion. C’est le 9 juillet qu’il y retourne, en compagnie de Marc Bourgeois, qui l’héberge, mais aussi de 200 personnes révoltées qu’on leur « arrache l’un des leurs ».

... https://www.humanite.fr/immigration-les ... ons-659255
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