Pays Basque

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Messagede bipbip » 22 Déc 2016, 16:14

Pays basque : Madrid et Paris saboteurs de la paix

Les cinq « faiseurs de paix » arrêtés par les polices française et espagnole au Pays basque français ont été relâchés mais placés sous contrôle judiciaire. Les Etats ne veulent pas du processus de paix, ils ne veulent qu’humilier un adversaire, ETA, qui a déjà baissé les armes.

Main dans la main, les États français et espagnol ont encore frappé fort en arrêtant cinq personnes à Louhossoa (Pyrénées-Atlantiques), dans le Pays basque nord (Iparralde).

Ces cinq personnes connues pour leur non-violence ont été arrêtées dans la nuit du 16 au 17 décembre par les forces de répression de ces deux États :
• Txetx Etcheverry (cofondateur de Bizi, d’Alternatiba et d’ANV-COP21),
• Michel Berhocoirigoin (cofondateur et ancien président de Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la chambre d’agriculture alternative du Pays basque),
• Stéphane Etchegaray (vidéaste),
• Béatrice Haran–Molle (militante féministe et journaliste à Mediabask),
• Michel Bergougnian (coopérateur viticole).

Ces cinq militant.es étaient réunis pour discuter du démantèlement d’une partie du stock d’armes d’ETA. Ils œuvraient donc pour la paix et pour le désarmement en Euskal Herria. Depuis cinq ans, ETA a en effet décidé, suite à la déclaration d’Aiete, de déposer les armes et de poursuivre la lutte pour l’indépendance du Pays basque par d’autres moyens.

Cette décision a été confirmé en octobre par ETA dans un courrier soutenant la démarche des partisans du processus de paix.

Ces cinq personnes ont été libérées mardi 20 au soir et placées sous contrôle judiciaire par le parquet. Une partie de la population basque s’est mobilisée avec 4000 personnes dans les rues de Bayonne, et plusieurs voix se sont élevées contre l’absurdité de ces arrestations. La détention n’a pas été requise, c’est donc un moindre mal, mais il doit tout de même nous questionner sur le sort qui est réservé à aux militiantes et militants abertzale ainsi qu’aux acteurs et actrices qui veulent la paix, que ce soit en Iparralde (Pays basque nord) ou en Hegoalde (Pays basque sud).

La tenaille répressive franco-espagnole ne laisse aucun espace à ce processus, préférant emprisonner toutes et tous les militants se battant pour le Pays basque, quand ceux-ci ne sont pas carrément enlevés et torturés par des mercenaires à la solde des appareils d’Etat, rappelant ainsi les heures les plus sombres du franquisme et des Groupes antiterroristes de libération (GAL).

Déjà, le 12 octobre, quelques jours avant les 5 ans de la déclaration d’Aiete, la police faisait mine de découvrir, dans l’Oise, une cache d’arme abandonnée par ETA des années auparavant.

Les familles et les ami.es des prisonnier.es politiques basques se battent jour après jour afin de les voir rassemblés en Euskal Herria, de les faire sortir des cellules disciplinaires ou que des soins leur soient apportés. A ces demandes, la justice fait la sourde oreille.

Alternative libertaire apporte tout son soutien aux cinq personnes arrêtées ainsi qu’au peuple basque qui se bat pour son autodétermination, pour le droit de s’organiser par lui-même, pour son émancipation de Madrid et de Paris.

Que justice soit faite en Euskal Herria.

Pour un Pays basque unifié, anticapitaliste, autogéré, antipatriarcal et antiraciste !

Goaz borrokara !

Alternative libertaire, le 21 décembre 2016

http://www.alternativelibertaire.org/?P ... d-et-Paris
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Messagede digger » 23 Déc 2016, 09:05

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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 19 Fév 2017, 15:45

Euskal Herria (Pays basque) : Quand la répression ne s’arrête jamais

Après l’arrestation de militants et militantes au Pays basque fin décembre, retour sur la répression étatique dont fait l’objet depuis des décennies cette lutte pour l’autodétermination.

Dans la nuit du 16 au 17 décembre 2016, cinq militants et militantes impliqué.es dans le processus de paix d’ETA et extérieur.es à cette organisation ont été arrêté.es à Louhossoa en Iperralde (Pays basque nord, la partie située sur le territoire de l’État français). Voilà qui met en lumière la situation en Euskal Herria. Ces personnes ont été accusé.es de détenir des armes, alors qu’ils et elle mettaient en œuvre le désarmement décidé par ETA. Malgré cette décision prise il y a cinq ans, les États français et espagnol font la sourde oreille et bloquent tout processus conduisant à l’autodétermination du peuple basque.

Une paix ignorée par Paris et Madrid

Depuis 1959, date de la création d’ETA, où la notion de race basque est abandonnée au profit de la lutte de classe contre les occupants coloniaux français d’un côté et franquistes de l’autre (en Hegoalde, le Pays basque sud, situé sur le territoire de l’État espagnol), l’organisation prend la responsabilité de s’engager dans la voie politique d’un long travail de conscience. Dès le départ, il s’agit d’une lutte contre le franquisme [1] et cette Espagne alliée des fascistes et de l’impérialisme capitaliste ; elle s’est poursuivie lors de la « période de transition » qui vit bien des fondements du franquisme perdurer, puis contre l’autonomie de façade de 1979 qui laissa les mains libres à une minorité bourgeoise basque représentée en premier lieu par le Parti national basque (PNV, centre droit) et par le Parti socialiste basque (PSE-EE, gauche libérale).

Suivent des années d’impasse pour ETA : une partie du peuple basque, qui se reconnaissait en elle, en tant qu’organisation de libération, s’en est éloignée lorsqu’elle s’est enfermée dans une spirale de violence. En 1987, une explosion attribuée à ETA dans un centre commercial barcelonais fait vingt et une victimes et marque ce divorce. Acculée par ses propres contradictions et prenant conscience que l’expression violente minoritaire n’a plus d’espace, ETA annonce en 2010 qu’elle ne mènera plus d’actions offensives violentes. Madrid et le gouvernement socialiste basque nient cette décision politique et Zapatero, chef du gouvernement socialiste espagnol, se targue d’une politique répressive qui aurait fait reculer l’organisation basque. L’accord de Gernika est signé le 20 septembre 2010 entre des organisations politiques de la gauche abertzale (indépendantiste), des syndicats basques et des associations d’horizons divers, dont des organisations féministes, de défense de l’euskara (la langue basque), de soutien aux prisonniers politiques. Ceci se passe dans un contexte de bouillonnement social, avec notamment les grèves générales de septembre 2010 contre les plans d’austérité de Zapatero. Cet accord « pour une sortie démocratique sur la voie de la paix » demande à ETA d’abandonner la confrontation violente et de s’engager dans un processus politique d’indépendance d’Euskal Herria où le peuple basque pourra décider de son propre avenir.

L’année 2011, marque un pas décisif de l’organisation. Le 10 janvier, elle annonce un cessez-le-feu général, permanent et vérifiable, et elle met fin à « l’impôt révolutionnaire » en avril. Dans le même temps, se met en place un groupe de travail international, afin de concrétiser le cessez-le-feu annoncé ; PSE-EE et PNV refusent d’y participer. Prolongement de ce processus, la conférence d’Aiete [2] lance un appel à la fin de la violence. Quelques jours plus tard, ETA y répond en confirmant « l’arrêt définitif et irréversible de sa lutte armée ». Les gouvernements français et espagnols ne donnent aucune suite. Ils restent sourds, aussi, à la grande manifestation du 7 janvier 2012 à Bilbao, qui rassemble plus de 100 000 personnes demandant l’amnistie des prisonniers et prisonnières politiques basques en prison en France et en Espagne.

L’État Français combat la volonté du peuple basque de prendre en main son avenir. Régulièrement, les ministères de l’Intérieur français et espagnol se glorifient de « l’arrestation de très hauts responsables d’ETA ». Très complaisante à l’égard des pouvoirs en place, la majorité de la presse en fait de gros titres… et passe sous silence la suite qui révèle très souvent qu’il ne s’agissait que d’opérations publicitaires et de tentatives d’intimidation de celles et ceux qui défendent les droits des peuples. Le Roux, premier flic de France, s’est félicité de l’opération policière du 16 décembre en ajoutant « il n’y a pas de processus de paix ». L’État français assume donc publiquement mener une guerre au Pays basque.

En décembre, de la prison de Villepinte (Saine-Saint-Denis), Arkaitz Agirregabiria et Igor Uriarte, deux prisonniers politiques membres du Collectif des prisonniers politiques basques (EPPK), dénonçaient leurs conditions d’incarcération : « Depuis les actions jihadistes perpétrées dans l’État français, cet État a profité de cette situation pour restreindre des droits et des libertés au nom de la sécurité. Ils font la guerre au-delà de leurs frontières et assignent à la discipline la classe ouvrière à l’intérieur de leur pays par la restriction de ses droits. L’État de droit s’est converti en État d’exception, dont la prison est le reflet. »

348 prisonniers et prisonnières politiques

Les États des deux côtés des Pyrénées veulent à tout prix réduire au silence la parole basque. Il y a encore 348 prisonniers et prisonnières politiques basques dans les geôles de France et d’Espagne ; selon les lois en vigueur dans les Etats qui les emprisonnent, onze pourraient, être remis en liberté pour raisons de santé. Les gouvernements français et espagnols refusent le rapprochement et le retour vers l’Euskal Herria, rendant difficile, voire impossible, tout contact avec les proches ; ils et elles subissent les conditions de détention infligées à la quasi-totalité des personnes emprisonnées (mitard, trois douches par semaine au mieux, saleté, rats, refus de liberté conditionnelle, etc.). Le 14 janvier, la manifestation annuelle en leur soutien a rassemblé 78 000 personnes à Bilbao.

L’ostracisme à l’égard du peuple basque se retrouve également sur le terrain syndical. Durant six mois, la confédération CGT a multiplié les recours juridiques pour tenter d’interdire au syndicat LAB (Langile Abertzaleen Batzordeak) l’accès aux élections dans les très petites entreprises. Elle a usé d’arguments insultants (assimilation à l’extrême droite), ridicules (dénonciation du bilinguisme), dangereux pour le syndicalisme y compris pour de nombreuses équipes CGT (affirmation qu’un syndicat ne doit pas prendre de positions politiques, ni remettre en cause les lois de la république). Nier la revendication « Vivre et travailler au Pays basque », c’est ignorer la situation en Hegoalde (désindustrialisation et précarité) et en Iperralde (priorité au tourisme en délaissant l’arrière-pays). C’est ignorer un peuple qui se défend contre le patronat et pour son émancipation.

Internationalistes, nous nous devons de soutenir un peuple opprimé, emprisonné, nié de multiples façons, mais aussi revendiquer l’amnistie des prisonniers et prisonnières politiques. Communistes libertaires, notre rôle est de soutenir l’autodétermination, contre la répression de Madrid et de Paris, et de soutenir celles et ceux qui agissent pour une rupture anticapitaliste et autogestionnaire. Gorri eta beltz ! [3]

Christian (AL Banlieue Sud-Est) Martial (AL Saint-Denis)


[1] La première intervention publique revendiquée par ETA a lieu le 18 juillet 1961 ; c’est le déraillement d’un train de militants franquistes qui se rendaient à une manifestation célébrant le 25e anniversaire du putsch fasciste de 1936.

[2] Cette conférence s’est tenue le 7 octobre 2011, sous l’égide de ce qu’on nomme couramment des « experts internationaux » (comme Kofi Annan, l’ex-secrétaire général des Nations unies, Gerry Adams, l’ex-leader du Sinn Fein irlandais ou encore Pierre Joxe, ex-ministre français de l’Intérieur et de la Défense. De très nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques, socio-économiques, basques, françaises et espagnoles ont soutenu l’accord qui en est issu.

[3] « Rouge et noir ! »

http://www.alternativelibertaire.org/?E ... e-Quand-la
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 16 Mar 2017, 18:23

Pays basque : Affrontements à la manifestation anti-répression de Pampelune

Des affrontements violents ont éclatés samedi, à Pampelune. Suite à une manifestation convoquée par “Errepresioari autodefentsa” (Autodéfense face à la répression) contre la répression policière, des dizaines de jeunes manifestants masqués ont caillassé les forces de l’ordre, renversé et incendié des conteneurs. Participaient à cette manifestation les forces de la gauche indépendantiste basque qui critiquent la politique de capitulation. Quatre personnes ont été interpellées. Trois d’entre elles, originaires de Renteria, dans la banlieue de Saint-Sébastien, ont été écrouées ce lundi pour "trouble à l’ordre public et terrorisme". Le quatrième manifestant, mineur, a été remis en liberté.

vidéo https://secoursrouge.org/Pays-basque-Af ... -Pampelune
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Re: Pays Basque

Messagede Pïérô » 01 Juin 2017, 14:53

Pays Basque “Si le désarmement permet la paix, ce n’est pas encore la paix”

ETA, près de 50 ans qui ont marqué la vie politique du Pays Basque

L’initiative de Louhossoa (1), le 16 décembre 2016, était une opération embryonnaire de neutralisation d’une partie des armes d’ETA ; elle avait été interrompue par la police. Les cinq protagonistes de cette action menée en collaboration avec ETA avaient été mis en examen, inculpés, puis relâchés.
Face au refus de tout dialogue et de toute négociation avec ETA de la part des Etats français et espagnol, cette initiative voulait ouvrir de nouvelles perspectives sur le désarmement de l’organisation armée et le développement du processus de paix en Pays Basque.

Cette action avait relancé une dynamique au Pays Basque, réussissant non seulement à fédérer une diversité d’opinions autour de la résolution du conflit mais obligeant aussi des responsables politiques à s’impliquer à différents niveaux, des deux côtés des Pyrénées. L’engagement pris alors était d’aller jusqu’au bout de la démarche du désarmement.

... http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article1964
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Pays Basque

Messagede Lila » 16 Juil 2017, 20:33

Agressions sexuelles, harcèlement, sexisme : la face cachée des fêtes de Pamp

"Suce et tais-toi." Depuis le début de la semaine, plusieurs collectifs féministes dénoncent les nombreux messages misogynes et les comportements sexistes, voire violents, à Pampelune, à l’occasion des fêtes de la San Fermín. Cette année, la ville espagnole avait pourtant mis les bouchées doubles pour sensibiliser aux violences faites aux femmes pendant les festivités.

Chaque année, entre le 6 et le 14 juillet, la ville de Pampelune célèbre le saint patron de la région de Navarre, San Fermín. Pendant neuf jours, des milliers de touristes espagnols et étrangers viennent assister à des processions religieuses, des concerts et des corridas. Des festivités qui s’accompagnent parfois de très graves abus. L’an dernier, plusieurs hommes avaient violé en groupe une jeune femme, suscitant l’émoi dans le pays. À cela s'ajoutaient plus d’une dizaine de plaintes déposées pour agressions sexuelles.

À tel point que cette année, la ville a renforcé son dispositif de surveillance et son plan de prévention pour lutter contre les violences faites aux femmes. Mais cela n’a visiblement pas dissuadé certains hommes d’afficher un sexisme violent. Sur Twitter, plusieurs collectifs féministes ont ainsi relayé des photos d’hommes abordant des t-shirts sur lesquels étaient représentées des fellations, ou des pin's aux messages misogynes vendus dans les rues de la ville.

la suite : http://observers.france24.com/fr/201707 ... ne?ref=tw#
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 27 Sep 2017, 14:52

Pays basque : Un processus de paix mais pas à tout prix

Alors qu’une manifestation pour le processus de paix au Pays basque doit se tenir le 9 décembre à Paris, il est nécessaire de faire le point et de nous interroger sur l’évolution des revendications liées à la libération du peuple basque.

Les communistes libertaires ne sont jamais restés indifférents aux luttes de libération nationale, sans basculer dans l’illusion de la création de nouveaux États comme nous l’indiquions lors de notre congrès d’Angers en 2010 : « Il ne s’agit pas non plus de conférer aux luttes de libération nationale un rôle historique excessif. Les communistes libertaires n’entretiennent aucune illusion tiers-mondiste. Il n’y a pas des “nations prolétaires” dont le nationalisme serait la “conscience de classe”. La révolution sociale ne s’identifie pas à un jeu d’échec géostratégique opposant des États entre eux. La lutte des classes demeure le principal levier d’un potentiel renversement des formes d’oppression et d’exploitation, dans quelque pays, dominant ou dominé, que ce soit. »

Pour autant, nous sommes résolument pour l’autodétermination des peuples et contre les colonialismes. Dès lors que la lutte qui s’émancipe des questions identitaires et s’oppose à l’alliance entre classe ouvrière et classe bourgeoise qui a dévoyé dans de nombreux mouvements de libération nationale. Notre boussole reste la lutte anticapitaliste pour un peuple qui s’organisera par lui-même en matière d’éducation, de production et de distribution tout en s’affranchissant de l’État et de la bourgeoisie ; bourgeoisie qui tient les rênes de la communauté autonome d’Euskadi encore sous le joug de l’État espagnol.

Nous ne pouvons pas nous désintéresser du processus de paix qui se joue en Euskal Herria suite au dépôt des armes décidé par l’organisation ETA, qui a vu son influence s’éroder avec le temps, et de la destruction de son arsenal en lien avec les Artisans de la paix. Ce fut un bel exemple de désobéissance, au nez et à la barbe de la police et de la justice françaises. Mais quid de la libération sociale ? Ce processus de paix renvoie à une certain nombre de questions : la libération sociale, l’indépendance du Pays basque et les questions de classe.

Divagations de Jean Lassalle

On s’interroge sur les soutiens recherchés ; en effet, sont mis en avant des élus LR, Modem, PS et d’autres formations, adversaires politiques des travailleurs et travailleuses basques. À la rencontre des Artisans de la paix avec les groupes parlementaires, ou au ministère de la Justice sur la question des prisonniers et prisonnières politiques basques le 10 juillet, on a vu participer des élus tel que le maire de Bayonne et président de la toute nouvelle communauté d’agglo Pays basque, qui promet des coupes budgétaires dans cette dernière en sabrant dans le personnel, ou bien encore le candidat à la présidentielle, Jean Lassalle, qui divaguait sur les réseaux sociaux en annonçant que dans les ikastolas (écoles d’immersion bascophones) on apprenait le maniement des armes ! Certes, être accompagné de ce genre de personnages, qui restent des ennemis de classe, ouvre les portes de certains cabinets, mais à quel prix pour l’avenir ? Il ne manque pourtant pas de mouvements syndicaux et associatifs clairement anticapitalistes au Pays basque ; leur force est réelle. La construction de la paix serait en de meilleures mains avec ces artisans !

Cette politique de grand écart amène à mettre sous le tapis une des revendications, et pas des moindres : celle de la libération du Pays basque et de son indépendance vis-à-vis des États français et espagnol. Dans le même temps s’organise des référendums en Catalogne en octobre prochain et en Kanaky courant 2018. Nous soutenons les mouvements d’indépendance qui sont en rupture avec les États quels qu’ils soient et avec le capitalisme. À la manifestation du 9 décembre afin de relayer le message d’un Pays basque anticapitaliste, antipatriarcal, écologiste et internationaliste, il faudra soutenir le rapprochement des prisonniers et prisonnières politiques basques, mesure d’urgence avant l’amnistie.

Martial (AL Saint-Denis) et Christian (AL Banlieue sud-est)

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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 15 Jan 2018, 21:43

95.000 manifestants pour les prisonniers politiques

Le samedi 13 janvier, comme chaque année depuis 2008, une grande manifestation a fait le tour de Bilbao pour exiger le rapatriement des prisonniers basques. Plus de 95.000 personnes ont répondu à l’appel de la Plate-forme civique Saré exiger la fin de la « violation des droits des prisonniers et des prisonniers politiques basques et leurs familles ». Ni la pluie ni le froid n’ont empêché des dizaines de milliers de personnes de participer à cette manifestation massive qui a lieu chaque année en janvier.

Les familles de prisonniers participant à la manifestation brandissaient des panneaux indiquant les destinations et distances qui leur étaient imposées pour visiter leur proches pendant à peine 40 minutes (« Grenade 875 km », « Almeria 1.040 km », etc.). Depuis 1989, il y a eu 16 décès dans des accidents de la route parmis les familles visitant les 300 prisonniers liés à l’ETA et à la gauche indépendantistes. Sur ces 300, seuls cinq sont actuellement détenus au pays basque.

https://secoursrouge.org/Pays-basque-95 ... politiques
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 30 Avr 2018, 18:32

Pays Basque: avant sa dissolution, l’ETA rend ses dernières armes à la justice française

Moins de dix jours avant l'annonce attendue de sa dissolution, l'organisation indépendantiste basque ETA a rendu à la justice française ses dernières armes. Le groupe a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences.

... http://www.france24.com/fr/20180425-pay ... ns-excuses
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 20 Juin 2018, 21:10

Pays basque : Des dizaines de milliers de manifestants pour les 4 d’Altsasu

Des dizaines de milliers de manifestants (les chiffres vont de 20.000 à 80.000) ont protesté samedi dans les rues d’Irunea (Pampelune) contre la condamnation des quatre jeunes d’Altsasu. Ceux-ci avaient été condamnés, pour une bagarre dans un bar avec deux gardes civils, à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison (voir notre article). Le caractère politique du verdict, qui s’explique par l’appartenance des jeunes à la gauche indépendantiste, est démontré par la lourdeur des peines (le maximum prévu par la loi) et la motivation des condamnations qui a retenu comme circonstances aggravantes "les raisons idéologiques et de l’animosité envers la Garde civile".

https://secoursrouge.org/Pays-basque-20 ... 4-d-Askatu
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 30 Oct 2018, 21:42

Extraits de Txalaparta du samedi 27 octobre

Txalaparta, une émission du CSPB est diffusée sur Fréquence Paris Plurielle 106.3 FM les 2èmes et 4èmes samedi du mois de 18h à 19h30.

Samedi 20 octobre à la fin de la manifestation qui a rassemblé près de 40 000 personnes à Donostia pour exiger une autre politique pénitentaire des Etats espagnols et français, Michel Berhocoirigoin, l’un des premiers Artisans de la Paix, a fait la principale intervention, en euskara, à la tribune. Nous avons réalisé ensuite avec lui une interview par téléphone, qui a été diffusée pendant la dernière émission de Txalaparta, que vous pouvez écouter

... http://cspb.unblog.fr/2018/10/28/extrai ... 7-octobre/
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 10 Nov 2018, 21:57

EU : La Cour européenne donne raison aux cinq de « Bateraguna »

Le lundi 6 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme a dénoncé le procès qui a conduits en prison Arnaldo Otegi, Rafa Díez, Sonia Jacinto, Miren Zabaleta et Arkaitz Rodriguez, la cour précisant que la juge de l’Audience nationale, Angela Murillo, n’avait pas été impartiale.

En juin et juillet 2011, Otegi et quatre camarades avaient été condamnés à 6 ans de prison dans le procès connue comme celui de "Bateragune". Ils avaient été accusés d’avoir voulu reconstruire le mouvement Batasuna. A la tête de ce tribunal se trouvait la présidente Angela Murillo contre laquelle la défense présenta un recours. En 2010, le tribunal suprême avait prononcé un non-lieu suite au comportement de la juge pour une affaire différente concernant Otegi. Lors de l’affaire de 2011, le recours avait été rejeté, les cinq camarades ont passé six ans en prison avant de pouvoir présenter un recours à Strasbourg.

https://secoursrouge.org/EU-La-Cour-eur ... Bateraguna
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 18:18

ETA, soixante ans de luttes et de débats

Pays basque : ETA, soixante ans de luttes et de débats

Le 2 mai dernier, Euskadi Ta Askasuna (Pays basque et liberté, ETA) annonçait sa dissolution de façon unilatérale après un processus de désarmement. L’organisation née en 1959 a profondément marqué le paysage politique et social basque.

Depuis le XIXe siècle, le nationalisme basque est tenu en main par le Parti nationaliste basque (PNV) alliant la moyenne bourgeoisie à une frange catholique réactionnaire. La notion de «  race basque  » et de «  peuple élu  » est le fondement du mouvement de Sabino Arrana, fondateur et président du PNV. Ce mouvement s’oppose à une grande bourgeoisie locale intégrée à l’industrie et aux banques anglo-espagnoles. En 1936, le mouvement s’allie aux républicains et à la CNT pour repousser les franquistes jusqu’à la chute de Bilbao le 19 juin 1937. Les cadres du parti s’exilent en France  [1], aux États-Unis et en Amérique du Sud. Face à l’impuissance du parti en exil totalement coupé du peuple qui souffre de la répression franquiste, un groupe d’étudiants forme le groupe Egin («  Faire  ») en 1952 afin de promouvoir l’euskara (la langue basque) et d’étudier l’histoire du peuple basque. Face à l’attentisme de la frange démocrate-chrétienne, une tendance radicale du mouvement de jeunesse du PNV qui veut en découdre avec le pouvoir espagnol rejoint Egin. De leur jonction nait ETA le 31 juillet 1959.

Un parcours tumultueux

En 1961, l’idée de «  race basque  » est totalement abandonnée  [2], un ouvrage de Federico Krutwig, Vasconia, ouvre un nouvel horizon à l’organisation  : la conjugaison de la libération nationale et de la libération sociale. ETA prend un tournant lutte de classe. Le 18 juillet 1961, la première action est une tentative de faire dérailler le train qui transporte d’anciens soldats franquistes allant fêter le coup d’État fasciste. La situation internationale (guerre du Vietnam, mouvement du 26 juillet à Cuba, victoire du FLN en Algérie, MPLA en Angola...) fait pencher en 1964 ETA vers le maoïsme et le tiers-mondisme, appliquant à la lettre Les Damnés de la terre de Frantz Fanon. Le tiers-mondisme reste une paralysie pour le mouvement basque en mettant sur le même plan la situation de pays colonisés où l’industrie n’existe pas avec des bourgeoisies locales au service des colonisateurs, et le Pays basque surindustrialisé avec une bourgeoisie intégrée dans le pays oppresseur, et en reprenant la politique de front unique de Mao lors de la guerre de libération en Mandchourie, c’est à dire l’alliance avec la bourgeoisie «  basquiste  » alors que, paradoxalement, ETA rompt en même temps toute relation avec le PNV. À la charnière des années 1970, deux scissions vont s’opérer, la première en 1968 opposant le courant ouvriériste et le courant tiers-mondiste. Le deuxième courant reprend alors le contrôle de l’organisation. Cette même année, un des responsables d’ETA, Txabi Etxebarrieta, tombe sous les balles de la Guardia Civil, devenant la première victime dans les rangs de l’organisation.

La deuxième scission se fera en 1970. À la veille du Procès de Burgos  [3], la frange trotskyste quitte l’organisation afin de créer ETA VI avant de rejoindre la LCR espagnole. ETA abandonne alors le tiers-mondisme et le concept de «  peuple classe  » pour se tourner vers «  la liberté nationale, la démocratie et le socialisme  » cherchant à organiser le «  peuple travailleur basque  » autour de lui, idéologie empreinte d’avant-gardisme tout en alliant des militantes et militants d’horizons divers, qu’elles et ils soient des libertaires, ou d’anciens du PNV et du PSOE. En 1973, le successeur putatif de Franco explose dans sa voiture à Madrid grâce à une bombe revendiquée par ETA. Le pouvoir fasciste flanche et ETA doit préparer la fin du régime.

Affronter l’après Franco

Les désaccords reviennent et 1974 reste une année importante pour l’organisation  : le mouvement éclate. La majorité fonde le parti Langile Abertzale Irautzaleen Alderdia (le Parti des travailleurs patriotes révolutionnaires, LAIA) pour intervenir directement dans la vie politique basque. De son coté, ETA militaire organise l’action armée. Et enfin ETA politico-militaire (ETA-pm) refuse la division des deux fronts mais organise en même temps le syndicat Langile Abertzaleen Batzordeak (les Commissions ouvrières patriotiques, LAB), des comités de quartiers et le parti Euzkadiko Ezkerra (la Gauche du Pays basque).

À la mort de Franco, l’Espagne reste aux mains des cadres du franquisme et les travailleurs et travailleuses du Pays basque en font les frais  : le massacre par la police de cinq ouvriers en grève contre les limites salariales et les conditions de travail à Vittoria-Gasteiz en 1976, l’assaut contre des pro-amnistie par la police et la mort par balle de l’un d’entre eux lors des fêtes de Pampelune en 1978, la répression de la grève générale pour l’amnistie des prisonnières et prisonniers politiques basques et la mort de trois personnes à Errenteria, laissant une ville saccagée et pillée par la Guardia Civil. La répression de l’État espagnol ne s’éteint pas avec la transition dite démocratique. ETA poursuit son action, mais le paysage politique va se transformer.

En 1978, la coalition Herri Batasuna regroupant divers partis de gauche indépendantistes dont LAIA soutenue par le syndicat LAB et des regroupements pro-amnistie voit le jour dans le contexte de la nouvelle Constitution espagnole et du statut d’autonomie d’Euskadi, aux mains du PNV à partir de 1980. ETA, de son côté, se lance dans la lutte contre la construction de la centrale nucléaire de Lemoiz, soutenant un fort mouvement écologiste. L’organisation fait stopper la construction et le projet est abandonné.

Le Pays basque nord est le théâtre d’actions criminelles du Groupe antiterroriste de libération (GAL) orchestrées par l’État espagnol de Felipe Gonzales avec l’appui des autorités françaises. À partir de 1983, le GAL, regroupant des militaires et policiers espagnols, des mercenaires d’extrême droite et du milieu marseillais, assassine impunément des réfugiés d’ETA, aidé par les Renseignements généraux (RG) de Mitterrand  [4]. Entre-temps, ETA-pm se fond dans le Parti communiste basque en 1982 avant de rallier le PSOE.

L’impasse militaire

Sur le plan politique, Herri Batasuna prend de plus en plus d’ampleur dans les années 1980. ETA cible des casernes de la police et de la Guardia Civil à Madrid, mais quand au mois de juin 1987 une bombe explose dans un centre commercial de Barcelone tuant 47 personnes, l’organisation présente ses excuses. C’est l’action de trop pour une grosse partie des soutiens d’ETA. Un cessez-le-feu est décrété en 1989, le premier dans l’histoire de l’organisation, et des réunions de négociation sont organisées à Alger entre ETA et l’État espagnol. Celles-ci furent rompues face à la demande de repentance de Gonzales. ETA, affaiblie par de multiples arrestations, s’embourbe dans les années 1990 dans l’élimination de journalistes, d’élus de tous bords, s’éloignant ainsi de sa base jusqu’à une nouvelle prise de contact avec le gouvernement Aznar en 1999. Cette prise de contact conduit à un cessez-le-feu et aux accords de Lizarra où les forces indépendantistes et autonomistes (Herri Batasuna, PNV...) se mettent d’accord sur une solution politique. Sans surprise, le PNV ne respecte pas l’accord afin de garder le pouvoir sur la communauté autonome basque avec soit le Parti populaire soit le PSOE. ETA reprend les armes afin de faire pression sur le PNV.

La gauche indépendantiste sort divisée de cette période, entre le courant qui condamne la violence et celui qui ne souhaite pas la commenter. Dans cette période, jusque dans les années 2000, la doctrine Garzón (du nom d’un juge), se met en place  : «  Todo es ETA  » (Tout est ETA). Le juge ordonne la fermeture de journaux indépendantistes, de radios, interdit Herri Batasuna et des mouvements de jeunesse basques, dirige des rafles contre les militant.es et demande à la France (qui ne se fait pas prier) l’extradition de militant.es basques. Tout devient suspect, le juge Garzón voit la main d’ETA sur tout le mouvement.

Dissolution de l’organisation

Les années 2000 voient s’ouvrir une période de longue réflexion sur les débouchés politiques de la lutte armée. Le 17 octobre 2011, une nouvelle ère commence  : une rencontre internationale se tient au palais d’Aiete  [5] à Saint-Sébastien, demandant l’arrêt définitif de l’action armée, un dialogue entre les trois parties (ETA et les États espagnols et français), et la reconnaissance des souffrances subies de part et d’autres. Le 20 octobre, ETA annonce l’arrêt définitif de ses actions armées. ETA veut ouvrir le dialogue avec Madrid avec l’aide d’organisations internationales, un rendez-vous est donné à Oslo. Après plusieurs mois d’attente, l’État espagnol refuse de s’y rendre, signe que Madrid refuse d’ouvrir des pourparlers. Et c’est le cas  : les autorités espagnoles continuent à réprimer et à emprisonner des militant.es. Du côté français, même silence  : une lettre est envoyée à Hollande qui ne prend pas la peine de répondre. Le 16 décembre 2016, cinq représentant-es de la «  société civile  » appelés les Artisans de la paix entreprennent de neutraliser une partie de l’arsenal qu’ETA leur avait confié, se font arrêter par les force du Raid et sont envoyés à la cellule antiterroriste de Levallois-Perret avant d’être relâchés (la procédure n’est pas terminée). ETA poursuit son désarmement, donne la position de toutes ses caches d’armes aux représentants, ce qui aboutit à son désarmement complet le 8 avril 2018. ETA est désormais inactive et désarmée et l’organisation se dissout le 2 mai après que 93 % de ses membres aient approuvé cette décision.

Depuis, une nouvelle période s’ouvre au Pays basque. Les militantes et militants qui se battent pour l’autodétermination cherchent maintenant une issue uniquement politique par le biais du parti politique Sortu et de la coalition Euskal Herria Bildu rassemblant différentes tendances, par le biais de luttes sociales avec le syndicat LAB, mais aussi d’association de familles (Etxerat) de prisonnières et prisonniers ou des associations d’aide à leur réinsertion (Harrera). Bien que l’État français a depuis fait de timides avancées en ce qui concerne le rapprochement des prisonniers vers leur familles et proches, l’État espagnol reste sur sa position tout en niant le statut d’exception des prisonniers politiques mais aussi les tortures et les éliminations faites par les différentes polices. Après la suppression réclamée des mesures d’exception appliquées aux détenu.es basques, nombreux sont ceux et celles qui demandent la mise en place d’une justice transitionnelle (réparatrice) pour que l’ensemble des détenu.es basques en Espagne et en France soient libérés.

Martial (AL Saint-Denis)


[1] Le PNV avait un siège au 7 rue Quentin-Bauchart dans le 8e arrondissement de Paris où se réunissaient les cadres du parti. Le siège fut réquisitionné par la Gestapo et donné à l’ambassade de l’Espagne franquiste. Il est toujours propriété de l’ambassade où loge l’Institut Cervantès.

[2] Dans le bulletin interne d’ETA, Zutik n°8 de 1961  : «  Dans le siècle présent, ni la race, ni la langue, ni le passé historique n’octroient à un peuple le droit d’être maître de lui-même et d’être libre […]. L’unique condition nécessaire pour se constituer est celle-ci  : le vouloir.  ».

[3] Le procès de Burgos, où sont jugés par un tribunal militaires 16 membres d’ETA soupçonnés d’avoir participé au meurtre de trois personnes, se tient à partir du 3 décembre 1970. Le tribunal condamne chacun d’eux à la mort par garrot. Une grande campagne internationale, que Gisèle Halimi et Sartre ont rejoint en France, fait céder Franco et la peine est transformée en années de prison (de 12 à 70 ans).

[4] En 1985, a lieu la fusillade du bar de l’hôtel Monbar dans le Petit Bayonne, où quatre réfugiés trouvent la mort. L’action du GAL a fait plus de 34 morts et les auteurs n’ont jamais été condamnés.

[5] Le palais d’Aiete était la résidence d’été de Franco.


http://www.alternativelibertaire.org/?P ... -de-debats
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 03 Jan 2019, 02:29

4 grévistes blessés lors d’une manifestation à Iruñea

Le 26 décembre, les employés d’Azkoiengo Huerta de Peralta, société de maraîchage navarraise, ont entamé une grève illimitée pour demander la réintégration de quatre travailleurs licenciés. Les travailleurs s’étaient organisés afin d’améliorer leurs conditions de travail. Leurs principales revendications concernent les journées interminables, le salaire payé en dessous du montant prévu dans l’accord de travail et l’impossibilité d’obtenir des congés. Suites aux élections sociales, des représentants syndicaux avaient été élus au sein de l’entreprise. Suite au travail syndicale mené dans l’entreprise, les dirigeants de Huerta de Peralta ont licencié 4 travailleurs syndicalistes « par vengeance ».

Depuis le début de la grève, les travailleurs ont menés plusieurs manifestations. Le 28 décembre, quatre travailleurs manifestants ont été blessés à Iruñea (Pampelune) par la Foruzain (Police de la communauté de Navarre). Le syndicat LAB, majoritaire au sein du comité d’entreprise, a appelé à la démission de la directrice Maria Jose Beaumont, conseillère à la présidence de Navarre.

LAB a appelé à une manifestation le 12 janvier à Iruñea et le 4 janvier, une journée de solidarité à Azkoia sera organisée.

https://secoursrouge.org/Pays-Basque-4- ... n-a-Irunea
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 22 Jan 2019, 23:30

‘Maintenant, les prisonniers’ : au Pays Basque, la société civile prend les rues pour la paix

À l’appel des « Artisans de la Paix », 9000 basques ont manifesté à Bayonne le samedi 12 janvier, imités à Bilbao, en Pays Basque Sud, par 70 000 personnes. Huit mois après la dissolution de l’ETA, ils réclament la fin des mesures d’exception pour les prisonniers et la reprise des discussions avec le gouvernement.

Traversant le pont Saint-Esprit, ils s’élancent dans une synchronie parfaite. Les lourdes sonnailles résonnent tandis que s’agitent les coiffes multicolores des joaldunak, protégés de la fraîcheur d’un samedi hivernal par d’épaisses peaux de brebis. Les danseurs, figures essentielles du patrimoine culturel basque, précèdent de quelques pas une grande bâche blanche. On peut y lire « Orain Presoak » : « Maintenant, les prisonniers « . Ici, les Gilets jaunes ont accepté d’abandonner l’espace d’une journée la sous-préfecture pour aller manifester à Biarritz, où la tenue prochaine du G7 alimente l’espoir d’une convergence locale des luttes. À Bayonne, donc, ce sont 9000 personnes qui manifestent à l’appel des « Artisans de la Paix » – une coalition de membres de la société civile engagés pour le règlement du conflit au Pays Basque – en soutien aux droits des militants emprisonnés pour leurs actions au sein du mouvement indépendantiste armé ETA. La dissolution de l’organisation en mai dernier, entérinée par une rencontre internationale à Cambo-les-Bains, laissait espérer un règlement pacifique pour le conflit basque, long de soixante années. Malgré d’indéniables avancées au cours de l’année passée, les espoirs se heurtent au ralentissement récent des discussions entre la délégation basque et le gouvernement.

... https://lemediapresse.fr/social/mainten ... r-la-paix/
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