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Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 01:59

Brésil « Le combat ne fait que commencer. C’est l’heure de la résistance, de l’organisation et de la lutte ! »

Après les résultats de l’élection présidentielle brésilienne qui a mis au pouvoir une extrême droite nostalgique de la dictature militaire, nous publions ici le communiqué de nos camarades du syndicat brésilien CSP CONLUTAS, un des principaux animateur du réseau syndical international de solidarité et de lutte.

Les camarades de CSP CONLUTAS peuvent compter sur notre attention à l’actualité de leur pays, sur notre solidarité, sur notre volonté de continuer à construire avec eux les outils de la solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses.

Bolsonaro arrive au pouvoir avec 57 797 456 voix (55,13% des voix valablement exprimées), contre 47 040 829 de voix pour Fernando Haddad (44,87% des voix valablement exprimées). Les votes blancs et nuls et les abstentions ont atteint un record, avec de plus de 42 millions d’électeurs.

Les élections, avec de nombreuses contradictions, ont montré la grande insatisfaction de la classe ouvrière et de la majorité de la population à l’égard des hommes politiques et de leurs partis. Mais le manque de perspective face à la crise économique et la désillusion suscitée par les gouvernements PT et leur adaptation à la logique du système pourri, y compris la corruption, ont renforcé l’option d’extrême droite.

Cependant, la lutte contre l’élection de Bolsonaro a mobilisé de larges secteurs d’ouvriers, d’étudiants, d’opprimés et de démocrates de la société civile, son programme de gouvernement représentant ce qui est le plus dangereux pour la classe ouvrière et le pays : des attaques contre les libertés démocratiques et les droits ; une politique économique ultra-libérale et la braderie de notre richesse collective et de notre souveraineté avec la privatisation de toutes les entreprises publiques ; un manque de respect pour les droits de l’homme et un discours haineux contre les secteurs opprimés.

Les discours du nouveau président et de son équipe, peu de temps après le résultat des élections, réaffirment les positions et les mesures que le nouveau gouvernement entend mettre en pratique, qui représentent des menaces pour les travailleurs, telles que la mise en place d’une réforme des retraites, au début du prochain gouvernement.

Dans une note pour le 2e tour des élections, le Secrétariat exécutif national du CSP-Conlutas avait exprimé la position de la centrale selon laquelle il était nécessaire de vaincre Bolsonaro dans les urnes et dans les rues. Quel que soit le gouvernement élu, CSP-Conlutas se présentait comme une opposition et appelait à l’intensification de la résistance, de l’organisation et de la lutte contre quiconque attaquant les travailleurs.

Nous réaffirmons notre position. Nous réaffirmons que le terrain principal, pour nous, pour vaincre les projets dictatoriaux et les attaques contre les droits du peuple est celui de la lutte directe, basée sur l’indépendance de note classe sixième et sur la démocratie ouvrière.

Le résultat électoral polarisé montre que Bolsonaro n’a pas reçu de "carte blanche" de la grande majorité des Brésiliens.

C’est pourquoi nous appelons les travailleurs et les pauvres, quel que soit le candidat pour lequel ils ont voté, à assurer l’unité de notre classe et à se préparer à se battre, car personne ne veut la fin de sa retraite, comme ils le souhaitent, ni aggraver la crise dans le pays.

Nous lançons également un appel immédiat aux centrales syndicales et aux organisations du mouvement social afin qu’elles construisent la plus grande unité d’action contre les atteintes à nos droits et à la défense des libertés démocratiques.

Le combat ne fait que commencer. C’est l’heure de la résistance, de l’organisation et de la lutte !

Secrétariat exécutif national de CSP-Conlutas

São Paulo, le 29 octobre 2018


https://solidaires.org/Bresil-Le-combat ... tance-de-l
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Messagede bipbip » 04 Nov 2018, 19:26

Tempête tropicale: notes rapides sur la victoire de Bolsonaro au Brésil

Jair Bolsonaro, le président qui vient d’être élu au Brésil, est un monstre issu de la crise. Pour la bourgeoisie brésilienne et en particulier les grands propriétaires terriens, il s’agit de maintenir quoi qu’il en coûte les profits. Alors elle a plébiscité un candidat qui revendique haut et fort l’utilisation de méthodes terroristes pour gouverner. Le Brésil n’est pas une exception de ce point de vue, il représente plutôt l’avant garde d’un mouvement mondial. La bourgeoisie n’a plus rien à lâcher.

En nous penchant sur l’économie du Brésil depuis le début des années 2000 nous pouvons avancer les deux temps de la tragédie. Il s’agit de notes, prises a chaud, pas d’une analyse synthétique.

1. Quand le soja va tout va… (du début des années 2000 jusqu’en 2013)

L’économie Brésilienne, au cours des décennies 90/2000 s’est recentrée sur la production de matières premières, au détriment de la production industrielle qui a décru. La part de l’industrie dans le PIB est ainsi passée de 48% en 1984 à 24% en 2009 . C’est un pays exportateur de soja, de bœuf, de sucre…

Ces monocultures sont produites sur des territoires immenses par des millions de travailleurs agricoles, au service d’une infime minorité de grands propriétaires. Quelques chiffres: 15 000 personnes possèdent seules près de cent millions d’hectares. Les petits propriétaires (qui possèdent moins de 100 hectares), représentent 4,5 millions de personnes pour 70 millions d’hectares.

Comme toujours, qui dit monoculture dit mort de l’agriculture vivrière. Cela veut dire que la faim [1] est toujours là. Elle guette à la porte, au moindre éternuement du prix des matières premières répercuté sur les salaires des travailleurs agricoles, c’est à dire des paysans sans terre. Car la terre sert à fabriquer du sucre, du soja, qui part pour l’export, de l’éthanol pour donner à manger aux voitures ( 80 % du parc automobile du Brésil fonctionnait en 2011 avec l’éthanol)… Pas à nourrir une population qui paie cher ses haricots, ses quelques produits de bases qui la nourrit jour après jour, et mal. La famine de l’Irlande du XIXe siècle n’est pas si loin.

Dans la période 2002-2010, le prix des matières premières était historiquement haut. La production agricole brésilienne a bondi, et avec elle le besoin de main d’œuvre : plus de bras, plus de chocolat.

La demande de main d’œuvre plus la hausse des prix de vente plus les luttes des travailleurs agricoles a produit une élévation importante du salaire minimum dans ces secteurs, mais cela ne dérangeait pas trop les grands propriétaires qui faisaient d’immenses profits.

Surtout que le PT au pouvoir s’est bien gardé de mettre en œuvre la réforme agraire qu’il avait promis. Tout au plus a t-il parfois moins réprimé les mouvements de sans terre. Et encore, cela n’est pas vrai pour la présidence de Dilma Roussef, la présidente qui aura le moins légalisé d’occupations.

Image

L’argent tiré de la terre par les paysans, et donc gagné par les grands propriétaire, ceux-ci l’ont notamment investis dans des obligations d’état, avec des intérêts faramineux, autour de 9 %. Le gouvernement PT a utilisé l’argent de ces emprunts pour rembourser par avance le FMI. Il s’agissait bien sur de symbole, mais cela lui a permis de communiquer sur la « fin de la dette »… Loin bien loin des réalité d’un budget de l’état ou le service de la dette était le premier poste de dépense avec 35 % du total en 2009, et en nette augmentation depuis.

La hausse massive des matières premières a ainsi produit un certain boom économique provisoire.

Les programmes sociaux mis en œuvre par le PT et financé -modestement- par la hausse des matières premières et l’emprunt, sont restés très limités. Mais ils ont permis a un certain nombre de familles très pauvres de scolariser leurs enfants, de manger un peu mieux. Cela, plus l’élévation du salaire minimum sous Lula ( bien qu’il n’y ai que peu contribué directement) a énormément joué dans le soutien du Nordeste ( nord est du Brésil, producteur de canne à sucre ) au PT depuis 2006 et la réélection de Lula. Le voici, le visage de la « gauche sud-américaine ». Ce fameux modèle pour les partis comme la France Insoumise ou Podemos : quelques miettes lancées aux plus pauvres pour acheter la paix sociale et cela uniquement quand la bourgeoisie le lui permet. Surtout, légalisme et désarmement des prolétaires, ce qui les livres pieds et poings liés à l’abattoir. Car ne l’oublions pas: le PT est arrivé au pouvoir porté par un vaste mouvement, ouvrier et paysans. Ce mouvement, il l’a « canalisé ». C’est un euphémisme pour dire qu’il a acheté une partie des dirigeants, réprimé les luttes, en ne lâchant que le minimum.

C’est tout le modèle néo-développementiste qu’on retrouve dans de nombreux pays exportateurs qui s’effondre. Il nous faudra revenir sur cet effondrement, tant ce modèle sert de base aux partis dits « populiste de gauche » en Europe. (Voir à ce sujet notre article » Avis de tempête ».)

En dernier recours, il est assez ironique de constater que le légalisme républicain des partis de la gauche est aussi bête aujourd’hui qu’il l’était il y a 170 ans. On relira avec intérêt le « 18 brumaire » de Marx. La bourgeoisie, encore et comme toujours, choisi le camp de l’ordre. Bien sûr, certains secteurs de la bourgeoisie veulent un développement du pays. Ils sont gênés par la politique monétaire au service des rentiers, avec ses taux d’intérêts énormes. Mais l’enjeu du maintien de l’ordre social va bien au delà: la classe bourgeoise nous montre toujours l’exemple de son union dans l’adversité.

2.La chute des cours des matières premières fait sortir le loup du bois. (a partir de 2014)

A partir de 2014, l’économie Brésilienne s’effondre, emporté par la chute du cours des matières premières qu’elle exporte. Quelles sont les solutions, pour un propriétaire terrien, lorsqu’il vend moins cher sa marchandise ?

Réponse : réduire ses coûts, augmenter ses volumes de production. Parmi les coûts réductibles, il y a en premier lieu les salaires. C’est donc la vieille rengaine de la baisse des salaires, de l’augmentation des quotas de travail à la pièce, de la faim. Pour augmenter les volumes de la production, des bandes armées au service des grands propriétaires spolient les petits propriétaires ; assassine les paysans ; réprime dans le sang les sans terres pour récupérer le plus de parcelles possible. Et on déboise a tout va ; massacre les indiens.

Mais une autre conséquence de la crise, c’est la chute des recettes de l’état. Nous écrivions plus haut que le premier poste de dépense c’est la dette. Pour continuer à payer celle ci (notamment les emprunts souscrits a ces mêmes grands propriétaires de l’agro-business) il faut bien rogner sur le reste : les aides sociales. Et puis comme toujours lorsque l’argent ne coule plus a flot, les affaires de corruption s’amoncellent. Tant qu’il y avait du gâteau, il y a avait des miettes pour qui découpait les part. Aujourd’hui « finito la rigolada » !

Alors on crie au scandale, on met en taule les dirigeants, enfin, surtout ceux qui sont opposés aux politiques d’austérité. Et on se met au boulot… Le gouvernement Temer, limoge par un « coup d’état légal » une présidente pas plus corrompue qu’eux même et s’y attelle avec ardeur. Il impose une loi travail qui, comme en France, privilégie les accords à l’échelle de l’entreprise, plafonne « pour 20 ans » la dépense publique, ou encore « assouplit » la loi contre l’esclavage, en rendant possible le paiement en nature (!) Mais il bute sur l’opposition à la réforme des retraites, qui conduit à la grève générale. Les retraites, c’est 25 % du budget de l’état. Le deuxième poste de dépense après la dette. Suivez mon regard… Le gouvernement Temer, historiquement impopulaire, n’est pas en mesure d’aller au bout des attaques contre les ouvriers et les paysans.

L’arrivée du « messie ».

Arrivent les élections. Un candidat, au demeurant médiocre et grossier, éternel représentant du lobby militaire, remarqué pour ses discours racistes, sexistes et pro-dictature, propose à la fois:

L’impunité pour la police ( qui rappelons le, a tué [2] 5144 personnes en 2017, soit cent personnes par semaine et on dénombre 12 686 morts depuis 2015.)
La poursuite et l’intensification de l’offensive contre les paysans qui font déjà l’objet d’attaques massives de bandes armées au service des grands propriétaires (plusieurs tueries de masses en 2017 )
Le démantèlement sur des bases libérales de l’état « social » théorisé par son nouveau bras droit en économie, un « Chicago boy » qui veut s’attaquer en priorité… au système de retraite, et privatiser à tout va pour payer la dette.

En somme le programme intégral de la grande bourgeoisie! Bien sûr, il a été conseillé, guidé, etc. Ainsi, par exemple, lui qui avait toujours voté contre les privatisations, le voilà qui s’allie avec un économiste néo-libéral…

Il va peu à peu cristalliser tous les espoirs du « parti de l’ordre »… qui en retour le finance, le soutient, utilise pour cela tous ses relais, religieux, médiatiques ( comme Record TV, la chaine évangéliste tenue par le milliardaire Edir Macedo, etc). C’est une force de frappe idéologique énorme, qui, sur un temps très réduit, aura permis de créer un bloc d’adhésion. Gageons toutefois que celui-ci sera de courte durée, tant le pouvoir de Bolsonaro n’a rien à proposer sauf des coups.

Bien sûr, il y aurait à dire sur la constitution de ce bloc idéologique. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour cela, bien que nous puissions déjà émettre quelques idées. Par exemple, le poids des églises évangéliques n’est pas étonnant, tant l’idéologie pro-capitaliste des évangélistes, très « esprit du capitalisme » s’adapte bien à la défense d’un ordre social ou la seule solidarité possible c’est la famille ( et quelle solidarité… basée, comme toute communauté capitaliste, sur la subordination et l’exclusion) .

Les grosses ficelles du parti de l’ordre sont toujours les mêmes. Malgré les outrances qui font s’indigner les journalistes et vendre du papier et du clic, rien de nouveau sous le soleil du capital : triptyque église/famille/patrie et le travail jamais loin. Si, tout de même, le niveau de violence verbale est en effet du même ordre qu’Hitler en son temps. Susciter le scandale pour se faire connaitre… (A réfléchir aussi, la manière dont les propos violents, voire d’appel au meurtre sont enrobées d’humour noir et de sarcasmes. Cela n’est pas sans rappeler la façon de faire d’un Beppe Grillo ou d’un Dieudonné.)

Aujourd’hui élu, Bolsonaro représente une grande bourgeoisie qui n’a plus que la violence nue pour défendre sa position sociale.

La déclaration d’intensification guerre sociale, très bien incarné par un personnage qui mime tenir une mitraillette en meeting, ne s’accompagne d’aucune perspective de relance. Pénurie de carotte et pléthore de bâtons. Le prolétariat, les paysans, se laisseront-ils massacrer sans réagir?

Ce qui est prévisible, c’est la misère, la faim, la répression et la mort : le visage du pouvoir bourgeois. Plus que jamais, nous nous situons du côté de l’imprévu.

L’ordre règne au Brésil. Mais pour combien de temps ? Ses fondations sont friables. Un pouvoir ne tient pas indéfiniment en ne s’adossant qu’à la répression. Ainsi, utiliser l’armée pour maintenir l’ordre, cela s’appelle vite la guerre civile. Et faire la guerre contre sa population, cela ne tourne pas toujours au bénéfice du pouvoir. (Depuis plusieurs mois, l’armée est déjà dans Rio gageons que la perspective d’envoyer l’armée dans toutes les grandes villes, s’il elle peut être effrayante pour nous, n’est pas non plus quelque chose qui enchante les militaires. D’autant que les officiers Brésiliens, formés aux théories contre-insurrectionnelles, savent bien que déclarer une guerre à la population avec la mitraillette dans la main droite sans lui fournir de la main gauche quelques infrastructures et a manger, c’est la défaite quasi-assurée. A noter d’ailleurs à ce sujet que le « mentor » de Bolsonaro, Augusto Heleno Ribeiro Pereira, était le premier commandant en chef de la mission de l’ONU en Haïti… sur ordre de Lula. Cette intervention de l’armée brésilienne en Haiti depuis 2004 constitue le laboratoire des méthodes actuelles de guerre contre la population des favelas. Et cela aussi est a mettre au bilan du PT ).

La période qui s’ouvre est nouvelle. Elle est dure. Le mouvement ouvrier traditionnel n’est plus. Les partis révolutionnaires n’existent plus. Est-ce que pour autant notre classe ne se lèvera pas? Au contraire. Les capitalistes ont laminés, achetés ou écrasés, l’ensemble des organisations qui servaient de médiations entre les exploités et les exploiteurs… En ces heures ou le Brésil s’enfonce dans la répression, nous persistons à penser que la révolution communiste au Brésil sera à l’ordre du jour de demain.

Finissons par une citation de Gramsci :

« En politique, le siège est réciproque, malgré toutes les apparences, et le seul fait que celui qui domine doive faire étalage de toutes ses ressources, montre combien il prend son adversaire au sérieux. »

Notes:

1 On ne peut que conseiller l’excellent livre de Robert Linhart, Le Sucre et la faim, Enquête dans les régions sucrières du Nord-Est brésilien.

2 Quand on parle de cent morts par semaine, près de 14 morts par jour, cela représente… Le nombre de morts tués par la police en France par an ( selon les chiffres qu’elle donne, mais nous parlons donc de logique équivalente, puisque nous nous appuyons aussi là dessus au Brésil). Selon l’ONG Forum brésilien de sécurité publique. Sur les trois dernières années, l’augmentation est régulière, plus de 20 % par an. Mais ce ne sont que des chiffres, qui peinent à décrire une réalité sanglante. La police a ainsi tué au moins 3320 personnes en 2015, 4222 en 2016 et 5144 en 2017. Sachant que ces chiffres sont collectés auprès de l’état et sont probablement sous-évalué.


http://www.19h17.info/2018/10/30/tempet ... ro-bresil/
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 18 Nov 2018, 16:08

Brésil-Suisse. Les sans-terre, le messie des «investisseurs» et Nestlé

Les habitants du campement Quilombo Grande, situé dans la localité de Campo do Meio, dans l’Etat brésilien du Minas Gerais, avaient jusqu’au mercredi 14 novembre pour quitter les lieux [1]. Ils peuvent être expulsés à tout moment par la Police militaire.

Malgré la peur, soutenues par les habitants de la région, les 450 familles ont décidé de résister. Le 14 novembre au soir, une réunion œcuménique a marqué le début de cette nouvelle phase de leur lutte.

Cela fait 20 ans que ces familles de petits agriculteurs, organisées par le Mouvement des sans-terre (MST), occupent les terres abandonnées par une ancienne usine de canne-à-sucre, qui a fait faillite en 1996. Elles ont transformé ces 4000 hectares en champs fertiles – d’où sortent chaque année 510 de café biologique, 55’000 sacs de maïs, 500 tonnes de haricots, 8 tonnes de miel. Ce qui indique d’ailleurs la contribution de ce genre de producteur à la consommation interne.

Les habitants de Quilombo Grande dénoncent aujourd’hui le rôle joué par le grand propriétaire João Faria da Silva. Propriétaire d’une ferme dans la région, ce fazendeiro originaire de São Paulo est connu, dans les milieux spécialisés, comme le plus grand producteur de grains de café au monde [2]. Parmi les principaux clients de M. Faria, on trouve la multinationale helvétique Nestlé – dont le siège se trouve à Vevey et qui contrôle Nespresso (Nestlé Nespresso SA), siège à Lausanne, en position de force sur le marché du café à dosette – , ainsi que la hollandaise Jacobs Douwe Egberts.

Selon les habitants du campement, la décision d’expulsion aurait été prise sous l’influence de M. Faria, qui convoiterait les terres qu’ils cultivent. Selon un reportage de la chaîne de télévision Télésur [3], les propriétaires de l’usine en faillite auraient proposé, en 2016, un plan de redressement judiciaire prévoyant de louer le terrain… à une entreprise de M. Faria.

La décision d’expulser des familles et tombée peu après l’élection de Jair Bolsonaro à la la présidence du Brésil. Cela n’a rien d’étonnant. Parmi ses principaux ennemis (qualifiés de «terroristes»), le futur président néofasciste (en exercice dès janvier 2019) cite les deux principaux mouvements sociaux du pays: le MST et le MTST, principal mouvement des sans-toit du pays. Parmi les alliés de Bolsonaro, le lobby des grands propriétaires et de l’agronégoce est en pole position. La députée fédérale Tereza Cristina, pressentie pour le poste de ministre de l’Agriculture, en est une éminente représentante.

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Re: Brésil

Messagede bipbip » 18 Nov 2018, 21:17

«Solidarité syndicale avec les mouvements sociaux et les syndicalistes»

Nous publions ci-dessous deux communiqués d’organisations syndicales. Ils indiquent la voie à suivre, partout, pour construire un mouvement effectif de solidarité avec les organisations sociales et syndicales dans le Brésil de Jair Messias Bolsonaro. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, l’ex-juge Sergio Moro, n’a pas hésité à affirmer que toutes celles et tous ceux qui s’opposeront aux mesures antidémocratiques et aux contre-réformes sociales adoptées par ce régime autoritaire – prenant appui sur un noyau dur de militaires et des policiers – subiront les foudres de la «justice» pour délit de «terrorisme». Il s’agit d’étendre à l’échelle internationale ces initiatives qui doivent combiner l’information, la diffusion des prises de position des divers mouvements sociaux au Brésil et, sur cette base informée et réfléchie, d’assurer des actions multiples de solidarité internationaliste. (Rédaction A l’Encontre)

Désordre et régression

Notre voisin, le Brésil, vient d’élire son nouveau président. La jeune démocratie brésilienne a fait le choix d’un président homophobe, misogyne, raciste et nostalgique de la dictature militaire, qui dura jusqu’en 1985. Ce virage à l’extrême droite marque un tournant inquiétant dans la démocratie brésilienne.

Nos organisations syndicales tiennent à réaffirmer aujourd’hui publiquement leur attachement fondamental aux valeurs de démocratie, de justice sociale et de tolérance. Pour nous, les combats à mener pour la construction d’une Guyane plus juste, dans son environnement Amazonien, seront ceux qui affirmeront l’égalité des hommes et des femmes, l’égalité des peuples, la lutte contre la pauvreté par l’accès à la santé, au logement et à l’éducation pour toutes et tous.

Nous sommes et resterons solidaires de toutes celles et ceux qui partagent nos valeurs. Leurs luttes, où qu’elles soient, sont nos combats.

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes.
Solidarité internationale! (Communiqué Union des Travailleurs Guyanais – UTG, Fédération Syndicale Unitaire – FSU, SUD éducation Guyane)


***

L’inquiétante victoire du candidat d’extrême droite, champion de l’oligarchie terrienne brésilienne

Dimanche le verdict est tombé au Brésil. Le candidat d’extrême droite, dont les déclarations font froid dans le dos, a été élu. Durant la campagne, Jair Bolsonaro s’en est notamment pris aux Amérindiens et aux paysans sans terre: «Il faut éradiquer les Indiens, c’est un peuple trop indolent», a-t-il asséné pour les premiers, qualifiant les seconds «de terroristes», qu’il chasserait à «coups de fusils».

En ciblant le Mouvement des Sans Terre (MST), Jair Bolsonaro rappelle qu’il est aussi le candidat de l’oligarchie des grands propriétaires fonciers qui ont toujours refusé, y compris par la violence, toute réforme agraire dans un des pays les plus vastes du monde. La Confédération paysanne ne peut donc qu’être inquiète de sa volonté de libéraliser totalement l’usage des armes, dans un pays déjà connu pour sa violence.

Il est à craindre que les paysannes et paysans sans terre ainsi que les Amérindiens soient les premières victimes du nouveau pouvoir avec la forêt amazonienne qui va subir la ruée des agro-managers. Tout comme les États-Unis, le Brésil pourrait aussi sortir des accords de Paris sur le climat. L’ensemble de la planète, et avant tout les Brésiliennes et Brésiliens, ont tout à perdre de ce virage hasardeux.

La Confédération paysanne, membre fondateur de la Via Campesina, soutient résolument le combat de celles et ceux qui luttent pour vivre dignement d’une agriculture paysanne durable. Elle fera tout pour les aider dans leur combat. (Communiqué de la Confédération Paysanne, France)


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Re: Brésil

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 17:00

Le gouvernement Bolsonaro: des militaires au centre du nouveau pouvoir

Jair Bolsonaro a nommé sept ministres directement militaires, à savoir: le général de la réserve Augusto Heleno, nommé au Bureau de la sécurité institutionnelle (GSI); un autre général de la réserve, Fernando de Azevedo e Silva, nommé au ministère de la Défense; le général Carlos Alberto Cruz, nommé pour le Secrétariat de gouvernement, un secrétariat peut obtenir le statut de ministère [il a commandé des «missions de paix» en Haïti entre 2007 et 2009; et dans République du Congo de 2013 à 2015];le lieutenant-colonel de la réserve de l’armée de l’air brésilienne (FAB), Marcos Pontes, désigné pour le ministère de la Science et de la Technologie; Bento Costa Lima, ministre des Mines et de l’Energie, amiral de la flotte; Floriano Peixoto Vieira Neto, secrétaire à la communication (Secom), général de la réserve; Maynard Marques de Santa Rosa (SAE), général de la réserve qui sera à la tête du PPI (Programa de Parcerias de Investimentos), créé en 2016, pour accroître les liens entre l’Etat et le secteur privé, avec un système de participations croisées qui doivent faciliter des privatisations ou des «dé-étatisation» plus accentuées. [Voir aussi l’article publié le 4 décembre 2018 sur ce site: «Les relations historiques des forces armées avec la politique nationale»]

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Re: Brésil

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 20:31

Brésil. «Un sentiment d’impunité s’est répandu parmi les grands propriétaires les plus violents.» Assassinats de militants du MST

Le 8 décembre 2015, vers 19h30, quatre hommes lourdement armés ont fait irruption dans le campement Dom José Maria Pires, situé dans l’Etat de Paraíba, Nordeste brésilien. Les tueurs se sont dirigés directement vers le baraquement où mangeaient Bernardo da Silva, 46 ans, et Rodrigo Celestino, 38 ans. Après avoir fait sortir les autres personnes présentes, ils ont fait feu et tué ces deux militants du Mouvement des sans-terre (MST). Avant de disparaître «dans la nature».

Selon les indications de la police, les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’il s’agit d’une exécution planifiée [1]. Bernardo da Silva était l’un des leaders du MST dans l’Etat de Paraíba. Rodrigo Celestino était un des coordinateurs du campement Don Mosé Maria Pires. L’occupation, qui compte 450 familles, est située sur les terres de la fazenda (propriété rurale) Igarapu, propriété de l’Usine Santa Tereza, aux mains de João Santos, un entrepreneur originaire de l’Etat voisin du Pernambouc. Le terrain a été occupé par le MST en juillet 2017, après la faillite de l’Usine Santa Tereza. Selon la chaîne d’informations Globo, l’usine Santa Tereza a été condamnée en 1998 pour son implication dans l’assassinat d’un travailleur qui participait à une grève sur une de ses plantations de canne-à-sucre [2].

La responsabilité de Bolsonaro

Interrogé par l’hebdomadaire brésilien Carta Capital, le dirigeant national du MST, João Pedro Stédile, a souligné la responsabilité – indirecte – du président élu Jair Bolsonaro: «Ils ont mené une campagne basée sur la haine et faisant l’apologie de l’utilisation des armes. Avec leur victoire, un sentiment d’impunité s’est répandu parmi les grands propriétaires terriens les plus violents, ceux qui pensent toujours qu’il est possible de résoudre les problèmes par la force.»[3]

Jair Messias Bolsonaro avait pour habitude, à la fin de ses meetings électoraux, de mimer des fusillades contre les militants de gauche. Dans une vidéo datant d’avril 2017, postée sur son canal youtube, le futur président brésilien, alors en campagne, se saisissait d’une carabine T4 produite par l’entreprise d’armement Taurus. «Si je deviens président, chaque producteur rural aura cette arme à la maison, affirmait-il. La carte de visite face aux invasions, cela doit être les cartouches.» [4]

Jair Bolsonaro visait les occupations menées par le MST, le plus important mouvement de lutte pour la terre au Brésil. Un mouvement social reconnu internationalement, que le nouveau président brésilien entend traiter comme une «organisation terroriste». Une menace qui pèse aussi contre le Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) – et pourrait se concrétiser par une modification de la Loi antiterroriste afin d’y inclure ces mouvements sociaux. Une telle modification devrait être soumise au Congrès.

Assassinats et expulsions en hausse

Selon Ayala Ferreira, dirigeante du secteur des droits humains au MST, le durcissement de la répression contre les défenseurs de la réforme agraire remonte au coup parlementaire mené en août 2016 contre la présidente Dilma Rousseff (membre du Parti des travailleurs). La destitution de Dilma Rousseff «a lancé le coup d’envoi d’une offensive du lobby des grands propriétaires et de l’agronégoce contre les petits paysans»[5]. Une attaque que Bolsonaro entend bien radicaliser, dès sa prise de mandat le 1er janvier 2019.

Le dernier rapport de la Commission pastorale de la terre (CPT) sur la violence dans les campagnes illustre ce durcissement. En 2017, la CPT a recensé l’assassinat de 70 militants dans le cadre de conflits sur la répartition des terres. Il s’agit le nombre le plus élevé depuis 2003 (19 décembre 2018).

Un autre indicateur est l’explosion des décisions judiciaires d’expulsion prononcées contre des campements du MST. En 2018, plus de 150 expulsions de ce type ont été ordonnées par des juges. Un record absolu depuis que le mouvement tient ce décompte.

Résoudre les problèmes sociaux

Si les attaques contre les occupations du MST se sont multipliées au cours des derniers mois, certaines ont pu être déjouées par une forte mobilisation. C’est le cas du campement Quilombo Grande, dans l’Etat de Minas Gerais, ou de celui de Limoeiro do Norte dans l’Etat du Ceará.

Pour le MST, la lutte continue. «Nous continuerons à agir de la même manière. Nous allons prendre des précautions, agir avec prudence et dénoncer toutes les tentatives de criminaliser les mouvements, dans les campagnes comme dans les villes (…) Il n’y aura de paix dans les campagnes que lorsque les problèmes sociaux seront résolus, quand il y aura de la terre, du travail, de l’éducation et un logement pour tous», souligne João Pedro Stédile.

Pierre Amarrant


[1] Brasil.elpais, 9 décembre 2018.

[2] Globo.com, 10 décembre 2018.

[3] Carta capital, 15 décembre 2018.

[4] https://www.youtube.com/watch?v=Y3w-zjH3CuA

[5] Brasil de fato, 12 décembre 2018


https://alencontre.org/ameriques/amelat ... u-mst.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 22:10

Brésil. Les menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits humains sapent la démocratie

Le vendredi 14 décembre, le député fédéral de l’Etat de Rio de Janeiro, membre du PSOL (Parti socialisme et liberté), Marcelo Freixo, s’est présenté devant les journalistes de l’Assemblée législative de Rio de Janeiro pour commenter les nouvelles publiées par le quotidien O Globo, un jour auparavant, selon lesquelles sa vie aurait pu prendre fin le samedi 8 décembre. La police de Rio avait découvert que des membres de gangs, de groupes paramilitaires composés d’anciens policiers qui contrôlent des activités illégales dans des quartiers pauvres, avaient l’intention de le tuer. Si cette action n’avait pas été découverte, il aurait pu être le deuxième homme politique connu assassiné dans cette ville en moins d’un an. En effet, en mars, la conseillère municipale Marielle Franco, également membre du PSOL, a été abattue en pleine rue avec son chauffeur dans un des quartiers les plus populaires du centre. Un crime qui, à ce jour, n’a toujours pas été élucidé [voir les articles publiés sur le site alencontre.org en date du 17 mars, 25 et du 28 mars 2018]

... https://alencontre.org/ameriques/amelat ... ratie.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 03 Jan 2019, 01:49

La recette de Bolsonaro pour l’emploi: «moins de droits»
Lorsque Jair Bolsonaro prendra ses fonctions de président du Brésil, mardi 1er janvier 2019, l’une des premières mesures qu’il a promis de prendre visera à «résoudre» le problème du chômage dans le pays, qui touche 12% de la population active. Le changement qu’il propose implique une forte flexibilisation du marché du travail, en particulier pour les jeunes. Elle est, en partie, contraire à certains égards à la Constitution et au statut des travailleurs.
... https://alencontre.org/ameriques/amelat ... roits.html

Une forte alliance entre les juges et les militaires
Lorsqu’il était candidat, le nouveau président du Brésil avait déjà annoncé, lors de sa campagne électorale que, s’il arrivait au pouvoir, la moitié de ses ministres viendrait des rangs des militaires. Au final, ils seront un tiers, sept qui ont déjà été confirmés sur les 22 ministres de son Cabinet gouvernemental [sans mentionner les militaires qui disposent de positions dans l’appareil administrativo-politique].
Le président Michel Temer [membre du parti de droite MDB, ex-vice-président – car sur le ticket présidentiel de Dilma Rousseff lors des élections d’octobre 2014 – a pris la place de Dilma Rousseff (PT) après le «coup d’Etat parlementaire» d’août 2016 qui conduisit à la destitution de Dilma] avait déjà ouvert la voie à certains soldats pour diriger le gouvernement de transition après la destitution de Dilma Rousseff.
Mais c’est Bolsonaro qui a revigoré avec détermination la présence des militaires sur la scène en politique, après 33 ans de quasi-silence, pendant que le pays exorcisait les années du régime militaire qui a duré entre 1964 et 1985. La corruption du Parti des travailleurs (PT) – une fois au pouvoir – et le déclin de l’économie [dès 2014 en particulier] ont réveillé le rejet du pays à l’égard de la gauche [avec l’appui d’une campagne politico-médiatique d’ampleur, dès 2014-2015, accompagnée de manifestations de rue]. Mais certains craignaient qu’avec Bolsonaro, on puisse revenir à la dictature ouverte. Toujours attentif aux réactions de l’opinion publique, le président élu a immédiatement annoncé: «Je suis un esclave de la Constitution.»
... https://alencontre.org/ameriques/amelat ... aires.html
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Re: Brésil

Messagede Lila » 06 Jan 2019, 20:14

La ministre de la Famille de Bolsonaro veut "les garçons en bleu et les filles en rose"

Pour sa défense, Damares Alves a affirmé que c'était une "métaphore de la théorie du genre."

"Les garçons s'habillent en bleu et les filles en rose": cette déclaration de Damares Alves, ministre du président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, a déclenché une pluie de messages sarcastiques ou humoristiques sur les réseaux sociaux au Brésil.

Une vidéo qui était virale vendredi 4 janvier sur internet montre la nouvelle ministre de la Femme, de la famille et des Droits de l'Homme prononçant ces mots en marge de son intronisation, mercredi 2 janvier, à Brasilia. "Attention, attention. C'est une nouvelle ère au Brésil: Les garçons s'habillent en bleu et les filles en rose", scande-t-elle, euphorique, chaudement applaudie par son entourage.

Ces propos ont d'autant plus de résonance que Damares Alves, 54 ans, est l'une des deux seules femmes dans le gouvernement d'un président coutumier des dérapages machistes ou homophobes. Ouvertement contre l'avortement (sauf en cas de viol, de malformation du fœtus ou de risque pour la mère, comme le prévoit la loi brésilienne), sa nomination a été particulièrement scrutée par les associations de défense des droits LGBT, alors que le nouveau chef d'État brésilien fait redouter le pire à cette communauté.

Une "métaphore contre la théorie du genre"

En réaction à cette déclaration, de nombreuse personnalités ont publié des photos où elles posent avec des vêtements bleus pour les femmes et roses pour les hommes. De nombreux internautes ont aussi réagi avec humour, avec le hashtag #CorNaoTemGenero (La couleur n'est pas un genre, en français).

Un groupe sur Facebook a lancé un appel à la manifestation "de Femmes en bleu, d'hommes en rose ou de la couleurs qu'on veut" dimanche, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

la suite : https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/0 ... LDOk3fi8QI
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