la justice fait payer le mouvement social en silence (?)...

Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 30 Juin 2018, 01:48

Procès de Greenpeace : la justice fait le lien entre militantisme et terrorisme

Des militants de l’association Greenpeace ont été condamnés à des peines de sursis ce jeudi 28 juin pour une intrusion non violente dans une centrale nucléaire. Arguant du « contexte terroriste », le procureur avait requis de la prison ferme, comme lors du procès fin février d’une précédente intrusion.

... https://reporterre.net/Proces-de-Greenp ... terrorisme
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 01 Juil 2018, 22:03

[Nantes] Encore des procès

le mardi 3 juillet 2018 à 14h, Tribunal de Nantes

Encooore des procès

Le 3 juillet 2018, ya deux camarades qui passent en procès à 14h, après avoir été arrêté l'un sur la ZAD et l'autre pendant la manif du 14 avril.

On en profite pour dire que ya encore plein de procès liés aux expulsions sur la ZAD et aux manifestations du printemps à Nantes: en août, en septembre, en octobre, et même certains qui sont programmés en 2019!

Contre les différentes formes de répressions et le monde qui va avec


https://nantes.indymedia.org/events/42025
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede Pïérô » 02 Juil 2018, 12:22

Bure : « On cherche à nous terroriser »

Lundi 25 juin, la justice a ordonné la restitution immédiate du matériel saisi par la police chez l’avocat des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires, Cigéo. Étienne Ambroselli, inscrit au barreau de Paris, défenseur de plusieurs militants de Bure (Meuse), avait vu son domicile-bureau perquisitionné par la police mercredi 20 juin dans le cadre d’une instruction pour association de malfaiteurs. Les gendarmes lui reprochent d’avoir été présent lors d’une manifestation non déclarée à Bure le 15 août 2017 et d’avoir été en contact avec des personnes masquées leur jetant des pierres. Une semaine après cette rarissime procédure, notre conversation avec Étienne Ambroselli, Élodie Tuaillon Hibon, avocate au barreau de Paris, et Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences en science politique à Paris 8, spécialiste de justice pénale.

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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 05 Juil 2018, 00:31

Rennes
Solidarité avec les trois camarades face au syndicat Alliance

par le Collectif Contre la Criminalisation du Mouvement Social

Rassemblement le 5 juillet 2018 à 15h devant la Cité Judiciaire

Le mercredi 30 mai, à 6h30 du matin, 3 personnes ont été interpellées à leurs domiciles par un fort contingent de policiers de divers services, fusils mitrailleurs et armes de poing à la main. Directement placées en garde-à-vue, elles ont pu y apprendre le motif de leur arrestation : elles sont accusées d’avoir, lors de la manifestation pour la défense du service public du 22 mai, participé à un groupe ayant contesté aux membres du syndicat Alliance le droit de se positionner au cœur du cortège - et de leur avoir volé un drapeau. Après 28h de garde-à-vue, elles ont été placées sous contrôle judiciaire (pointage en gendarmerie toutes les 2 semaines, interdiction d’entrer en communication entre elles et obligation de se soumettre à un suivi socio-judiciaire) et convoquées pour un procès le 5 juillet avec les chefs d’inculpation suivants : outrage en réunion, entrave à la liberté de manifester en réunion (sic), et vol de bien privé (le fameux drapeau).

Face au ridicule du motif de l’interpellation, il convient de se demander si l’impressionnant déploiement policier lors de ces interpellations était bien justifié par la gravité des faits reprochés, ou s’il ne s’agirait pas plutôt d’une démonstration de force d’un corps policier toujours prêt à défendre avec virulence ses ’syndicalistes’. Pour bien comprendre ce qui se joue ici, il faut revenir à la manifestation du 22 mai, et sur le rôle du syndicat Alliance dans la répression des mouvements sociaux.

Une série de provocations assumées

Différents communiqués rappellent comment la présence et l’attitude d’Alliance à la manifestation du 22 mai a pu être vécue comme une évidente provocation. Nous retiendrons trois éléments principaux.

> Un discours politique opportuniste et corporatiste :

Le mot d’ordre de la manifestation concernait la défense du service public. Quand bien même la police constituerait un service public, il nous semble évident que ce n’est pas de la police en tant que service public qu’Alliance se fait le défenseur mais de la police en tant que corps. Les politiques d’austérité, de réorganisation néo-libérales, de gel des salaires, ou encore de privatisation progressive qui touchent les différents secteurs du service public n’ont jamais atteint de la même manière les forces de l’ordre, l’un des rares corps aux demandes duquel l’État cède : loi renseignement, inscription des pratiques de l’état d’urgence dans le droit commun, élargissement du cadre de la ’légitime défense’, armement de certaines polices municipales, augmentation des dotations, embauches massives, etc.

La présence de ce syndicat à cet endroit précis s’est rendue d’autant plus scandaleuse qu’à aucun moment Alliance n’a tenu à exprimer la moindre solidarité envers les autres secteurs en lutte. Toute leur communication se bornait à réclamer la protection de leur statut propre, ainsi que des augmentations de moyens, sans jamais s’aventurer vers la question de la défense des services publics en général, ou de certaines luttes en particulier. À aucun moment, ils n’ont remis en question l’envoi de forces de l’ordre pour casser piquets de grèves et occupations, ou l’attaque systématique des cortèges de manifestant.e.s.

> Un positionnement illégitime :

Sans discussions préalables avec l’intersyndicale - à laquelle ils n’ont jamais fait l’effort de se rendre, et sans égards pour des syndicalistes en lutte, Alliance est passé devant l’UNSA et Solidaires pour venir se placer derrière FO. Non contents de cela, ils ont de plus bouché avec leur camion l’accès au guichet mobile des factrices et facteurs en grève, qui terminaient une lutte exemplaire de 4 mois et comptaient se rendre visibles une dernière fois pour partager leur expérience et récolter du soutien.

Voir ainsi un syndicat corporatiste agir à l’encontre de celles et ceux qui luttent au quotidien, sans le moindre égard envers leurs revendications ou leurs moyens d’expression a été vécu par de nombreuses personnes comme une intolérable provocation.

> Une attitude violente :

Lorsque de nombreuses personnes ont réagi à ces provocations en leur intimant fermement de rejoindre la queue du cortège, les membres d’Alliance ont répondu par le mépris, puis par la violence. Plutôt que de prendre avec humilité les critiques qui leur étaient adressées et de rejoindre la place qui leur était assignée dans la manifestation, ils ont refusé d’obtempérer et ont à plusieurs reprises répondu par les coups (de poing, de pied ou du manche en bois de leur banderole) aux reproches qui leur étaient faits. Rien d’étonnant, donc, à ce que la foule ait entrepris de les repousser à la fin de la manifestation, sans pour autant la moindre violence, et armée de sa seule détermination.

Alliance, ennemi déclaré du mouvement social

L’attitude d’Alliance au cours de la manifestation est cohérente avec le rôle que ce syndicat joue dans, ou plutôt contre, le mouvement social. Leur positionnement politique, ancré très à droite, en a fait depuis longtemps un ennemi déclaré des mouvements sociaux et des classes défavorisées. Au niveau national, leurs interventions se résument à deux revendications principales. La première est l’augmentation perpétuelle des moyens pour les forces de l’ordre : plus d’embauches, plus de matériel, plus de primes, moins de contrôle sur l’exercice de leur fonction... La seconde est la défense systématique des policiers, en jouant sur la corde de la ’haine anti-flics’. Ainsi, lorsque des policiers se portent partie civile, Alliance réclame nécessairement une sévérité exemplaire à l’encontre des prévenu.es et un alourdissement des peines. A l’inverse, à chaque fois que des policiers sont inquiétés pour des faits de violence ou d’homicides, en particulier envers les personnes non-blanches, Alliance organise rassemblements et comités de soutien, réclame la relaxe au nom de la légitime défense et attaque les plaignant.es et leurs familles pour diffamation.

À Rennes, ils se sont illustrés à plusieurs reprises, notamment en défendant leurs collègues de la BAC ayant abattu Babacar Gueye en décembre 2015, en appelant à venir soutenir leurs collègues auditionnés par l’IGPN suite à l’éborgnement d’un manifestant en mai 2016, ou encore récemment en faisant pression lorsqu’un syndicaliste était jugé en mars 2018 pour diffamation, pour avoir attribué à la CDI la responsabilité de cet éborgnement.

Le syndicat Alliance s’est toujours positionné contre les mouvements sociaux, en organisant et en favorisant la collusion entre les policiers et l’extrême-droite. Ainsi, au plein cœur du mouvement contre la Loi Travail, ils organisent à Paris un très provocateur rassemblement ’contre la haine anti-flics’, au premier rang duquel sont invités Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen. Ils ont aussi notamment soutenu de manière tacite les manifestations ’spontanées’ de policiers d’octobre et novembre 2016, où des policiers cagoulés, porteurs de leur arme de service et pilotés par l’extrême-droite défilaient et bloquaient des axes routiers.

Enfin, ils se trouvent souvent aux avants-postes de la répression du mouvement social, au besoin en organisant une pression directe sur les services de l’État ou sur des acteurs du mouvement social. Ainsi, ils réclament - et obtiennent - régulièrement l’interdiction de manifestations ainsi que l’augmentation de ’l’encadrement’ de ces dernières. Ils favorisent les violences policières en offrant une protection systématique à ceux qui s’y livrent, dans le cadre des manifestations ou du contrôle social des quartiers populaires, et pèsent en faveur de l’alourdissement des sanctions judiciaires à l’encontre de celles et ceux qui tentent de s’y opposer. Enfin, ils vont jusqu’à menacer directement différentes actrices et acteurs du mouvement social, que ce soit en réclamant la ’dissolution des groupes d’ultra-gauche’, en attaquant les collectifs de soutien aux victimes de violences policières (par exemple, le collectif Urgence Notre Police Assassine a vu sa page facebook fermée sous la pression) ou, encore très récemment, en organisant un rassemblement devant le siège parisien de la France Insoumise en représailles au fait que cette dernière ait soutenu un collectif d’Aulnay-sous-Bois, la Révolution est en marche, lorsque celui-ci dénonçait la responsabilité d’Alliance dans les violences policières.

Riposte et solidarité

Le Collectif Contre la Criminalisation du Mouvement Social s’est monté à Rennes en mai 2016 pour défendre le mouvement social des attaques policières et judiciaires dont il était la cible permanente. Deux ans après sa fondation, nous constatons que rien n’a changé. Alors que sous la présidence d’Emmanuel Macron, les réformes anti-sociales se multiplient et qu’on nous impose l’adaptation à un ordre néo-libéral à marche forcée, les tentatives de résistance se heurtent de manière systématique à une répression brutale. Depuis 2 ans, il n’est plus possible de manifester dans le centre-ville, et quand il est encore possible de manifester dans le cadre étroit accordé par la préfecture, c’est sous la pression constamment augmentée des forces de l’ordre, qui viennent provoquer les cortèges de plus en plus près. À titre d’exemple, le 1er mai dernier, le cortège étudiant s’est fait à plusieurs reprises attaquer sans sommation, occasionnant de nombreuses blessures, tandis que le cortège syndical était empêché d’avancer, et l’on ne compte plus les occupations et blocages des étudiant.es, factrices et facteurs ou routier.es qui ont été délogé.es par la force. Au lycée Jean Macé, c’est une AG de lycéen.nes à l’intérieur de l’établissement qui a été attaquée par la police. Alors même que le mouvement social doit se battre en permanence pour garantir sa liberté d’action et de manifestation face aux multiples obstacles que la préfecture dresse devant lui, nous trouverions drôle, si ce n’était pas désolant, que ce soient 3 manifestantes qui soient accusées d’entrave à liberté de manifester. La liberté de manifester n’a jamais été défendue par Alliance que lorsqu’il s’agissait de la sienne propre, et ce syndicat se retrouve en première ligne pour demander la suppression de celle du mouvement social. Alliance a toujours été un ennemi déclaré du mouvement social, et nous considérerons toujours comme choquant le fait qu’ils s’arrogent une place centrale au sein des manifestations pour défendre leurs revendications corporatistes.

Il s’agit maintenant pour tout membre conséquent du mouvement social de prendre acte de la situation et d’organiser la riposte. Si nous voulons pouvoir continuer à faire front contre les multiples attaques qui nous sont portées par le gouvernement, nous devrons défendre farouchement nos espaces d’action et d’organisation. Cela passe par l’élaboration d’une intelligence et de stratégies communes, et en premier lieu par une solidarité de tou.tes avec tou.tes.

Dans ce cas précis, cela consiste à nous solidariser politiquement, matériellement et financièrement avec les 3 inculpées, et à appeler le plus largement possible au rassemblement de soutien au moment de leur procès, le 5 juillet 2018 à 15h devant la Cité Judiciaire.

Pour signer ce texte, une adresse : cccms@riseup.net

Cagnotte de soutien aux inculpées : https://www.cotizup.com/pour-elles

Les signataires : (mise à jour le 2 juillet 2018)
Collectif de lutte Contre la Criminalisation du Mouvement Social
Alternative Libertaire Rennes
ATTAC Rennes
Assemblée Générale Interprofessionnelle - AGI
Assemblée des Blessés des Familles et des Collectifs contre les violences policières
Coordination des Précaires de l’éducation
Collectif Justice et Vérité pour Babacar
Comité vérité et justice pour Lamine Dieng
Collectif des facteurs en grève du 35
Collectif Vies Volées
CNT 35
Désarmons-les !
Dispac’h
Europe Écologie Les Verts – EELV Bretagne
Gauche Indépendantiste - Breizhistance
Groupe la sociale de la Fédération Anarchiste de Rennes
Jeunes Écolos de Rennes
Maison de la Grève
NPA Rennes
PG 35, Jean Paul Tyal et Yannick Legargasson – élus municipaux au PG
SLB
Solidaires 35
Solidaires EtudiantEs Rennes
Sud Rail 35
Sud Santé Sociaux 35


http://rennes-info.org/Solidarite-avec-les-trois,8844
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 05 Juil 2018, 17:08

Rennes : trois manifestantes jugées pour avoir entravé la liberté de manifester du syndicat de police Alliance

« Ne pensez-vous pas que les policiers avaient plus le droit que vous de manifester ? »

Le 5 juillet prochain trois jeunes femmes comparaitront devant le tribunal de Rennes pour répondre des accusations de vol de bien appartenant à autrui et d’entrave aggravée concertée de l’exercice de la liberté d’expression, de réunion ou de manifestation. Dans les faits, la justice leur reproche d’avoir contesté la présence du syndicat de police Alliance (classé à droite et à l’extrême-droite) dans le cortège de la manifestation pour la défense du service public du 22 mai dernier à Rennes. Un drapeau du syndicat controversé aurait aussi été dérobé. Arrêtées le 30 mai dernier à 6h30 du matin par toute une armada de policiers, fusils mitrailleur et armes de poings à la main, elles ont passé 28 heures en garde à vue et sont depuis astreintes à un contrôle judiciaire stricte. Un rassemblement est annoncé au tribunal ce 5 juillet, en attendant, notre juriste s’est penchée sur cette affaire singulière qui mêle liberté syndicale, corporatisme policier et un usage foisonnant du Droit.

... https://lundi.am/Rennes-trois-manifesta ... manifester
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 18:01

Rennes
Récit de l’audience de l’affaire Alliance

Trois camarades comparaissaient le 5 juillet pour entrave à la liberté de manifester, outrages et vol de drapeau contre la syndicat Alliance lors de la manifestation pour la défense du service public du 22 mai.

Procès politique or not ? Telle est la question posée dès le début de l’audience par un avocat de la défense contestant la procédure de comparution sous procès-verbal avec contrôle judiciaire pour les délits politiques.

Après délibéré, la présidente décide de joindre l’incident au fond, c’est-à-dire qu’elle jugera de la forme avec le fond. Suspens donc sur le fait que le délit d’entrave soit maintenu ou non.

Dehors, plus d’une centaine de personnes sont venues soutenir, avec prises de paroles, jus de pommes, cookies, etc.

L’audience commence avec l’audition des 3 camarades.
La juge, très professionnelle, pose les mêmes questions aux 3 inculpées : Avec qui êtes-vous venues à la manifestation ? Avec quel mot d’ordre, sous quelle bannière ? Etiez-vous concernées par la manifestation ? Vous rappelez-vous les slogans ? ça vous paraissait tellement important l’ordre de la manif’ ? Saviez-vous que c’étaient des fonctionnaires de police ? Vous n’étiez pas chargés de l’ordre de la manifestation ?

La projection de la vidéo de la manifestation fut un "grand moment judiciaire", de l’aveu même de la présidente. Après un premier essai, sans le son, la cour s’est retrouvée autour d’un petit ordinateur portable, à visionner une vidéo tremblotante.

Autre grand moment du procès : quand les avocat·es de la partie civile ont défendu le corps policier, minorité opprimée en France, sans cesse attaquée, ne pouvant plus s’exprimer, victimes d’amalgames odieux. L’avocat traditionnel des keufs a même fini par fondre en larmes à propos du suicide d’un policier cette semaine au commissariat central de Rennes. Grand moment de théâtre !
On aurait tou·tes besoin de policiers, si on se fait agresser, voler, violer...

Il faut souligner enfin le pire moment de la plaidoirie de l’avocat d’Alliance, à propos des propos "Babacar, on n’oublie pas, on pardonne pas" : "vous savez comme c’est dur de tuer quelqu’un, de porter cette même arme tous les jours, comme on dort mal".

La proc’ a finalement requis 4 mois avec sursis et 70h de TIG, 6 mois avec sursis et 105h de TIG, 6 mois avec sursis et 70h de TIG, plus un stage de citoyenneté et une obligation de travailler pour toutes. Les parties civiles demandent 5000€ de préjudice moral pour l’entrave, 1€ pour préjudice matériel, et 500€ pour préjudice moral pour le vol. Plus 800€ pour la keuf qui a eu 3 jours d’ITT et 500€ pour les deux autres qui n’étaient pas présents à l’audience.

Les 3 avocats de la défense ont, eux, tous plaidé la relaxe. Plaidoirie sans la présence des 2 avocat·es des parties civiles qui avaient déserté la salle d’audience et pendant que la proc scrollait sur son smartphone.
Les avocats ont plaidé la disproportion de la procédure judiciaire avec une arrestation à 6h du mat’ par une dizaine de policiers sur-armés, un contrôle juidiciaire sévère, une GAV prolongée, ...
L’outrage n’est pas caractérisé car les syndicalistes n’étaient pas en fonction. L’entrave à la liberté de manifester, si elle existe, a souligné un avocat, vient de la préfecture de Rennes et de ses interdictions de séjour jugées anti-constitutionnelles a posteriori.

Fin du procès à 22h. L’audience aura duré plus de 4h et demi...
Le délibéré sera rendu le 17 septembre.


https://expansive.info/Recit-de-l-audie ... iance-1100
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede Pïérô » 12 Juil 2018, 08:46

Rémi Filliau relaxé des accusations de « violence » portée contre lui par un policier

6 juillet 2018 – Rémi Filliau, militant non-violent du collectif des Désobéissants, a été relaxé ce jour par le Tribunal correctionnel de Paris. Il était poursuivi pour de supposées « violences » imaginées par un policier véreux souhaitant récupérer quelques dommages et intérêts au détriment du militant pacifiste. Lors du procès qui s’est tenu le 15 juin au tribunal de Grande Instance de Paris, la démonstration a été faite, vidéo à l’appui, que Rémi n’avait pu faire le moindre mal à ce policier.

Rémi, adepte de la désobéissance civile non violente, était poursuivi après une action non violente menée avec des clowns au siège des Républicains en Marche, destinée à demander à la France de signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Ce traité est porté par l’ICAN (Campagne Internationale pour l’interdiction des armes nucléaires), organisation qui a obtenu le dernier Prix Nobel de la Paix en 2017.

Alors que l’action s’était passé de manière bon enfant, et que Rémi n’avait opposé aucune résistance, ne s’était même pas débattu lorsqu’il avait été plaqué au sol par un policier, ce dernier —absent au procès— prétendait qu’il lui avait administré des coups, entrainant une blessure au genou. Me Dominique Cochain a facilement démontré que si le policier s’était peut-être blessé, Rémi n’y était pour rien. Même la Procureure de la République peinait à croire aux allégations mensongères du policier.

Ce jugement est donc une victoire pour le militant et pour la Justice! Les plaintes abusives et le harcèlement policier doivent cesser, tout particulièrement lorsque cet acharnement vise des militant(e)s non-violents se battant pour la sauvegarde du bien-commun!

Cette décision vient donc renforcer notre détermination pour les luttes à venir. On lâche rien!


http://www.desobeir.net/2018/07/10/remi ... -policier/
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 18 Juil 2018, 14:46

[Besançon] La répression d’État continue plus d’un an après l’action contre la sélection en master !

Toutes et tous devant le TGI mercredi 18 juillet à 15h00 !

2ème volet – l’État n’en a pas fini avec son acharnement : après les comparutions du 8 mars dernier, sept personnes sont appelées à comparaître le 18 juillet 2018 devant le tribunal correctionnel pour l’occupation du Conseil d’Administration de l’université du 14 février 2017, tandis qu’une autre est convoquée à une composition pénale 7 jours plus tôt [1]. Leur but était alors d’empêcher la direction de l’université de voter, dans l’ombre des salons, le renforcement de la sélection en master. Les chefs d’inculpation vont de « dégradations en réunion », « rébellion » jusqu’à « séquestration » pour quatre d’entre elles.

La procureure générale de Besançon, Edwige Roux-Morizot, s’acharne à vouloir traîner devant les tribunaux plusieurs personnes ayant participé à cette action. Au moment des faits, elle avait qualifié les occupant.e.s de « terroristes ». Pourtant, ce type d’action s’est (re)produit dans d’autres universités à la même période et n’a non seulement pas été qualifié de « terroriste » mais n’a, de plus, pas été réprimé avec la même violence. Comble d’une hypocrisie stratégique et diffamatoire, la procureure avait osé parler d’une direction « séquestrée » et d’un élu du Conseil d’Administration « molesté », versions contredites par de multiples témoignages d’autres membres du CA présent.e.s ce jour là.

Cette répression judiciaire n’aurait en effet certainement pas eu lieu si plusieurs membres du conseil d’administration n’avaient pas porté plainte. Parmi eux, aux côtés d’autres membres de l’équipe présidentielle comme les vice-président.e.s Macha Woronoff et Frédéric Muyard, André Mariage, doyen de la faculté de lettres, s’est empressé de déposer plainte contre ses propres étudiante.s en étant parfaitement conscient des suites judiciaires que cela engendrait au vu de la situation (marquée notamment par une surexposition médiatique de l’affaire).

On assiste, avec ce procès, à une forme judiciarisée et disproportionnée de répression des actes de contestation (fussent-ils classiques !) de l’ordre -universitaire- établi et aujourd’hui en cours de durcissement.

Tandis que l’action du 14 février 2017 s’inscrivait contre la logique de tri social à la fac ; tandis que cette année, un mouvement social de grande ampleur a secoué de nombreuses universités pour ces mêmes raisons, l’État tente aujourd’hui encore de justifier non seulement le battage médiatique orchestré par la procureure à grands coups de déclarations sensationnelles, mais aussi d’entraver la poursuite de la lutte -contre la sélection notamment- à l’université.

La justice, en plus de jouer la différenciation entre les sujets de sa répression en multipliant les dates et types de procédures, a décidé de reconvoquer les 8 personnes en plein été, en-dehors de la période universitaire : il s’agit clairement d’entraver l’exercice de notre solidarité. Rappelons que l’État et sa justice ont toujours cherché à isoler les personnes qu’ils répriment, à nous de nous unir face à eux !

Note :
[1] La personne inculpé. a refusé la composition pénale. Elle sera jugée en correctionnel ultérieurement pour "dégradations en réunion".


https://lille.indymedia.org/spip.php?article31738
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 02 Aoû 2018, 18:50

Université bloquée à Besançon : des peines de prison avec sursis pour certains étudiants

Parmi les 7 étudiants poursuivis devant le tribunal correctionnel de Besançon au sujet du blocage de l'université de Besançon, survenu en février 2017, 4 ont écopé de peines de prison avec sursis.

... https://france3-regions.francetvinfo.fr ... 18784.html
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede coco » 02 Aoû 2018, 23:44

Et bien entendu, le policier qui a été reconnu coupable de parjure, parce que c'était même une évidence pour les magistrats, écopera de quelle peine ? Rien, basta, peau de zob ? Bien entendu...
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede Pïérô » 05 Aoû 2018, 01:31

[Bure] Construire la solidarité

Le 20 juin à Bure, près de 200 gendarmes ont arrêté 8 personnes et perquisitionné 11 lieux de vie et d’organisation de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires. - Communiqué des collectifs

Le 20 juin à Bure, près de 200 gendarmes ont arrêté 8 personnes et perquisitionné 11 lieux de vie et d’organisation de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires.
Les personnes arrêtées sont accusées de former une « association de malfaiteurs », une accusation très lourde qui vise à criminaliser le fait même de s’organiser collectivement pour lutter contre le projet de poubelle nucléaire et, plus incroyable, la construction de liens de solidarité médicale et juridique entre les opposant·es.

Nous - différents collectifs d’aide juridique et de lutte contre la répression - réagissons ensemble à cette attaque, affirmons que nous continuerons de solidifier nos solidarités et appelons chacune et chacun à nous rejoindre.

Les legal team, les caisses de solidarité ou les collectifs antirep existent un peu partout en France.
Elles se sont créées pour faire face à la répression juridique qui s’abat de plus en plus durement sur toutes celles et ceux qui déplaisent à l’État. Elles permettent à chacun·e de trouver de l’aide pour élaborer une défense juridique et d’être soutenu·e financièrement dans les démarches judiciaires.

Les legal team se confrontent directement aux inégalités du système juridique, qui favorise toujours les plus riches, individualise les responsabilités et les peines et infantilise celles et ceux qui le subissent. Par sa complexité et son entre-soi, le monde juridique nous confisque toute autonomie pour nous défendre, et nous rend bien souvent complètement dépendant·es d’expert·es du droit tel·les que les avocat·es. C’est ainsi que l’appareil judiciaire assure toujours plus l’isolement et l’impuissance des populations.

Pour faire face à la répression judiciaire, il existe donc deux enjeux majeurs : se réapproprier nos défenses (en requestionnant le rôle de l’avocat et en l’intégrant à une défense plus large) et construire des défenses collectives. C’est sur cette base que se sont construites les Legal team, qui sont devenues des outils indispensables à l’heure où n’importe qui peut se retrouver en prison pour avoir manifesté sa colère.
Tout comme les medic team, elles sont l’expression concrète d’une solidarité inébranlable.

Ce qui s’est passé à Bure n’est donc pas anodin. Les questions posées lors des auditions et les moyens de l’enquête ne laissent aucun doute : l’objectif est clairement de s’en prendre aux structures qui permettent à nos luttes de vivre et de se défendre. À travers les personnes arrêtées, ce sont en effet les outils collectifs que représentent le soutien juridique, les groupes de soin ou encore les groupes d’automédia qui sont visés.
Il s’agit pour nous d’une nouvelle stratégie répressive qu’il faut prendre très au sérieux. Après s’en être pris à nombre d’activistes, puis à leur matériel, l’État s’en prend aujourd’hui directement aux structures qui permettent aux personnes en lutte de renforcer leur principal atout : la solidarité. Une solidarité qui devient instinctive face aux niveau ahurissant de violence policière et de répression juridique.

Tout comme en Allemagne avec la fermeture du site Linksunten Indymedia, ou les menaces d’interdiction adressées à Indymedia Grenoble ; l’offensive vise à détruire nos réseaux d’entraide, de soutien et de communication, tout en faisant planer un climat de peur au dessus de toutes celles et ceux qui s’organisent politiquement.
Ce ne sont pas quelques personnes ni même une lutte en particulier qui a été attaquée la semaine dernière, mais des idées, des combats et des réseaux de liens dans leur ensemble. Nous avons besoin qu’une solidarité générale s’exprime : la défense collective, comme le soin des blessé·es ou la diffusion de l’information, doivent devenir l’affaire de toutes et tous, pour qu’aucun·e de nous ne puisse être isolé·es.

Si Gérard Collomb et ses semblables semblent s’évertuer à criminaliser les formes les plus élémentaires de solidarité, en poussant vers la prison des personnes qui ne font que résister naturellement à l’inacceptable (à travers le « délit de solidarité ») et en menaçant de représailles tout·es celles et ceux qui ne se dissocient pas du « cortège de tête », qu’ils ne se détrompent pas : aucun État, même les plus totalitaires, n’a jamais eu et n’aura jamais raison de ce qui constitue notre humanité la plus désintéressée. L’histoire garde la mémoire positive de celles et ceux qui ne vendent pas leur âme au plus offrant ou au plus autoritaire. Les autres ne resteront que des noms sur la longue liste insipide des hommes de pouvoir et de compromission, dont personne ne veut jamais se souvenir.

Nous ne nous laisserons pas intimider ni abattre par ces manoeuvres grossières, nous sortons plus aguéri·es, plus fort·es et plus déterminé·es de ces épreuves. Par sa surenchère et ses accusations toujours plus grotesques, l’État nous montre qu’il peine toujours plus à nous faire taire. Si ses services de renseignement semblent tout entendre et tout savoir, ces affaires nous montrent néanmoins qu’ils ne comprennent rien de nous et qu’ils sont bien incapables de nous faire disparaître.

Les liens qui unissent toutes celles et ceux qui se soulèvent sont intouchables.

Notre solidarité est notre arme.
No pasaran !


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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 08 Aoû 2018, 22:12

Le Réseau Antirep France: «la solidarité est notre arme»

Après les arrestations et perquisitions visant des militants anti Cigeo à Bure, différents collectifs d'aide juridique et de lutte contre la répression s'insurgent : « l'objectif est clairement de s'en prendre aux structures qui permettent à nos luttes de vivre et de se défendre ».

Ce 20 juin à Bure, près de 200 gendarmes ont arrêté 8 personnes et perquisitionné 11 lieux de vie et d'organisation de la lutte contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires. Les personnes arrêtées sont accusées de former une "association de malfaiteurs", une accusation très lourde qui vise à criminaliser le fait même de s'organiser collectivement pour lutter contre le projet de poubelle nucléaire et, plus incroyable, la construction de liens de solidarité médicale et juridique entre les opposant·e·s.

Nous - différents collectifs d'aide juridique et de lutte contre la répression - réagissons ensemble à cette attaque, affirmons que nous continuerons de solidifier nos solidarités et appelons chacune et chacun à nous rejoindre.

Les legal team, les caisses de solidarité ou les collectifs antirep existent un peu partout en France. Elles se sont créées pour faire face à la répression juridique qui s'abat de plus en plus durement sur toutes celles et ceux qui déplaisent à l'État. Elles permettent à chacun·e de trouver de l'aide pour élaborer une défense juridique et d'être soutenu·e financièrement dans les démarches judiciaires.

Les legal team se confrontent directement aux inégalités du système juridique, qui favorise toujours les plus riches, individualise les responsabilités et les peines, et infantilise celles et ceux qui le subissent. Par sa complexité et son entre-soi, le monde juridique nous confisque toute autonomie pour nous défendre, et nous rend bien souvent complètement dépendant·e·s d'expert·e·s du droit tel·le·s que les avocat·e·s. C'est ainsi que l'appareil judiciaire assure toujours plus l'isolement et l'impuissance des populations.

Pour faire face à la répression judiciaire, il existe donc deux enjeux majeurs : se réapproprier nos défenses (en requestionnant le rôle de l'avocat et en l'intégrant à une défense plus large) et construire des défenses collectives. C'est sur cette base que se sont construites les Legal team, qui sont devenues des outils indispensables à l'heure où n'importe qui peut se retrouver en prison pour avoir manifesté sa colère.

Tout comme les medic team, elles sont l'expression concrète d'une solidarité inébranlable.

Ce qui s'est passé à Bure n'est donc pas anodin. Les questions posées lors des auditions et les moyens de l'enquête ne laissent aucun doute : l'objectif est clairement de s'en prendre aux structures qui permettent à nos luttes de vivre et de se défendre. À travers les personnes arrêtées, ce sont en effet les outils collectifs que représentent le soutien juridique, les groupes de soin ou encore les groupes d'automédia qui sont visés. Il s'agit pour nous d'une nouvelle stratégie répressive qu'il faut prendre très au sérieux. Après s'en être pris à nombre d'activistes, puis à leur matériel, l'État s'en prend aujourd'hui directement aux structures qui permettent aux personnes en lutte de renforcer leur principal atout : la solidarité. Une solidarité qui devient instinctive face aux niveau ahurissant de violence policière et de répression juridique.

Tout comme en Allemagne avec la fermeture du site Linksunten Indymedia, ou les menaces d'interdiction adressées à Indymedia Grenoble ; l'offensive vise à détruire nos réseaux d'entraide, de soutien et de communication, tout en faisant planer un climat de peur au dessus de toutes celles et ceux qui s'organisent politiquement. Ce ne sont pas quelques personnes ni même une lutte en particulier qui a été attaquée le 20 juin, mais des idées, des combats et des réseaux de liens dans leur ensemble. Nous avons besoin qu'une solidarité générale s'exprime : la défense collective, comme le soin des blessé·e·s ou la diffusion de l'information, doivent devenir l'affaire de toutes et tous, pour qu'aucun·e de nous ne puisse être isolé·e·s.

Si Gérard Collomb et ses semblables semblent s'évertuer à criminaliser les formes les plus élémentaires de solidarité, en poussant vers la prison des personnes qui ne font que résister naturellement à l'inacceptable (à travers le "délit de solidarité") et en menaçant de représailles tout·e·s celles et ceux qui ne se dissocient pas du "cortège de tête", qu'ils ne se détrompent pas : aucun Etat, même les plus totalitaires, n'a jamais eu et n'aura jamais raison de ce qui constitue notre humanité la plus désintéressée. L'histoire garde la mémoire positive de celles et ceux qui ne vendent pas leur âme au plus offrant ou au plus autoritaire. Les autres ne resteront que des noms sur la longue liste insipide des hommes de pouvoir et de compromission, dont personne ne veut jamais se souvenir.

Nous ne nous laisserons pas intimider ni abattre par ces manoeuvres grossières, nous sortons plus aguéri·e·s, plus fort·e·s et plus déterminé·e·s de ces épreuves. Par sa surenchère et ses accusations toujours plus grotesques, l'Etat nous montre qu'il peine toujours plus à nous faire taire. Si ses services de renseignement semblent tout entendre et tout savoir, ces affaires nous montrent néanmoins qu'ils ne comprennent rien de nous et qu'ils sont bien incapables de nous faire disparaître.

Les liens qui unissent toutes celles et ceux qui se soulèvent sont intouchables.

Notre solidarité est notre arme.

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Le Réseau Antirep France


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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 10 Aoû 2018, 12:32

Rassemblement de soutien à JB le 14 août à Rennes

Le 16 avril dernier, JB a été interpellé sur la ZAD de NDDL dans un contexte d’expulsion et de violences policières que nous ne sommes pas prêt·e·s d’oublier. Plus de 300 blessé·e·s, des arrestations par dizaines, des garde-à-vues toujours renouvelées, ainsi que des comparutions immédiates à la chaîne.

Un arsenal répressif et judiciaire facilité par la circulaire qui « offre » un traitement spécial aux personnes arrêtées dans le contexte des expulsions ; séances de comparutions immédiates spéciales « ZAD », fermeté, magistrat·e·s spécialement appelé·e·s pour ces affaires, etc. D’ailleurs, suite à cette période, 14 procès sont encore à venir au tribunal de Nantes et des dizaines ont eu déjà eu lieu. Des interdictions de Loire-Atlantique allant de 6 mois à 6 ans, des condamnations à de la prison avec sursis par dizaines mais aussi au moins six condamnations à de la prison ferme. Plusieurs personnes sont toujours incarcérées à la maison d’arrêt de Carquefou.

JB fait partie de ces nombreuses personnes condamnées avec un dossier vide et des mensonges de flics. Il a nié les faits sans se désolidariser des personnes qui défendaient la ZAD. On lui reproche aussi d’être un « chef », un « leader », qui « donnait des ordres et des conseils aux barricadiers » racontent en chœur juges et flics, afin de faire correspondre JB au fantasme qu’ils se font du zadiste « professionnel ». Pour ces raisons, et parce que la justice de classe a estimé qu’il n’était pas suffisamment intégré, JB a été condamné à un an ferme pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique et refus de prélèvement ADN. Il leur fallait bien quelques boucs émissaires, JB en fait partie.

Le 14 août se tiendra son procès en appel, après avoir passé déjà presque 4 mois en taule. Nous appelons à un rassemblement de soutien à JB et aux autres personnes qui font face à la répression, mardi 14 août, à partir de 12h devant la cour d’appel de rennes, place du parlement de Bretagne. Une cantine sera sur place.

Face à la répression solidarité avec tou·te·s les inculpé·e·s de la ZAD et d’ailleurs.

Des potes de Jb

Les parents de JB

Le CARILA (Comité Anti Répression Issu de la Lutte Anti Aéroport)

Info : pour covoiturer depuis Nantes, RDV à 10h30 au Cardo !

Email de contact : relaxepourjb@riseup.net


https://expansive.info/Rassemblement-de ... -a-JB-1118
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 21:13

Ambert, Toulouse, Limoges... À propos de communication publique, de silence obstiné et de tricot policier

Les semaines passent et la pression reste de mise. Que ce soit à Toulouse ou à Ambert, les perquisitions du mois de mars continuent à servir de prétexte à des convocations et autres mises sous pression. Ça ne concerne pas seulement les GAVés et inculpés. Aujourd’hui encore les flics menacent, poursuivent leur sale boulot, construisent leurs “scénarios”. Notre solidarité va à toutes les personnes impactées par cette série de perquisitions, qu’elles soient sous CJ, derrière les barreaux ou parties dans la nature. Une pensée aussi aux gens qui, ici ou ailleurs, s’activent autour de questions matérielles et de soutien.

On a en tête que ce genre d’opérations en rafale (7 lieux perquisitionnés en deux jours sur Toulouse, Limoges, Ambert et Amiens) visent entre autre à effrayer, à installer un climat de flip. En témoigne la récente série de perquisitions menées dans quatre pays d’Europe, une opération coordonnée dans le cadre de l’enquête qui fait suite aux émeutes du G20 de Hambourg en 2017. Et, encore plus récemment, les opérations policières sur la ZAD de Roybon, ainsi qu’à Bure et environs. Suite à ce genre de démonstration de force, le silence apparaît parfois comme le meilleur des refuges.

N’empêche, l’absence de mot c’est aussi la porte ouverte à l’isolement, aux doutes, à l‘incompréhension. Il n’est pas question ici de jeter la pierre à celleux qui ne communiquent pas publiquement sur leurs (més)aventures. Les mots ne sont puissants que lorsqu’ils naissent d’une envie ou d’un besoin. Et le diktat du “il faut écrire” ne sert qu’à la diffusion d’un sentiment de culpabilité, ne faisant que fragiliser celleux qui le sont déjà. Ce dont il s’agit ici, c’est de se rappeler qu’il existe une marge et ce même dans un contexte répressif et bourré d’incertitudes. Les flics peuvent défoncer la porte d’un squat à coups de bélier mais contre les idées ils ne peuvent rien. Ils peuvent écouter, tracer, ficher, mais les actes malveillants fleurissent toujours. En engrainent d’autres. Parce que les aspirations et les rêves ont la peau dure, comme la confiance qui se tisse au fil du temps, des galères, des feux de joie. Tenter de trouver des mots à partager, c’est aussi un moyen de prendre soin de ces liens.

C’est dans ce sens qu’on avait envie de partager certaines des dernières évolutions de l’affaire ambertoise. Depuis la remise en liberté récente des 2 inculpés (cf texte précédent sur Indymedia Nantes), différentes choses se sont passées. Et il semble toujours aussi important d’en partager publiquement les éléments les plus intéressants.

Les commissions d’experts pour l’analyse de l’ADN et du matériel informatique :

Tout d’abord, le 25 mai ont débuté sur la demande de la juge d’instruction les analyses ADN et informatique d’une partie du matériel saisi pendant les perquisitions du 28 mars.

En ce qui concerne l’analyse ADN, l’expertise est confiée au laboratoire BIOMNIS de Lyon. Sont confiés à ce laboratoire 14 éléments à identifier. Le laboratoire doit :

rechercher, identifier et procéder à l’analyse génétique des traces biologiques présentes sur les scellés
transmettre au FNAEG, Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques, le ou les profils génétiques obtenus pour voir s’ils correspondent avec des échantillons déjà enregistrés
conditionner chaque prélévement et les envoyer au SCPPB

La juge d’instruction fixe dans son ordonnance d’expertise la date de la fin des analyses au 30 juin

En ce qui concerne l’expertise informatique, la mission est confiée à l’IRCGN à Pontoise (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale). Lui sont confiés 5 ordinateurs à analyser avec pour mission de :

procéder à l’extraction du système de fichier si cela est possible ainsi que des données effacées éventuellement présentes sur le support
mettre au clair des données chiffrées si possible dans le temps de l’expertise
faire toute observation utile à la manifestation de la vérité

Comme pour l’ADN, il a jusqu’au 30 juin pour remplir sa mission.

L’audition libre :

La personne qui a été arrêtée dans le squat et libérée sous CJ depuis le 17 avril a été convoquée en audition libre par rapport à 3 enquêtes : la première sur une série de tags commis à Ambert en 2017, la seconde sur un vol en réunion dans un supermarché de bricolage et la troisième pour usage illicite de stupéfiant après la découverte d’un pochon d’herbe pendant la perquisition du squat.

Ces enquêtes ne sont pas liées, en termes de contenu, avec les faits reprochés il y a deux mois, mais l’audition du compagnon découle plus ou moins directement des perquisitions du 28 mars. Bien qu’il ait été interrogé par les gendarmes d’Ambert, l’audition se déroulait dans les bureaux de la section de recherche de Clermont-Ferrand (pour rappel, c’est la section de recherche qui pilote l’enquête sur l’attaque contre Enedis). L’audition a eu lieu le 30 mai.

Il semble tout d’abord intéressant d’expliquer les raisons qui ont fait que le compagnon s’est rendu à cette audition. Il faut savoir que légalement, une personne convoquée à une audition libre a l’obligation de s’y rendre. Bien entendu, il n’y a pas de risque en soi à ne pas se présenter et ça aurait pu être une façon de ne pas faciliter le travail des flics. D’un autre côté, une personne qui ne se rend pas à une convocation prend le risque d’y être amené par la contrainte et comme le compagnon est sous CJ et pointe deux fois par semaine au comico, cela n’allait pas être très compliqué pour eux de le faire. Il paraissait préférable au compagnon d’avoir un minimum la maîtrise du moment auquel allait avoir lieu cette audition.

Pour continuer d’expliquer un peu ce qu’est une audition libre, il faut dire que la différence principale avec la GAV est que la personne entendue est censée pouvoir partir à tout moment. Cependant il est clair (et ça a été souligné au compagnon en intro de l’audition) que si tout ne se déroule pas comme prévu pour les flics, ils peuvent placer la personne en GAV. Mis à part le droit de partir quand on le souhaite, les droits de l’audition libre en termes d’expression sont les mêmes que pour la GAV : répondre aux questions, faire des déclarations spontanées ou garder le silence. Le compagnon a fait le choix de se rendre à cette audition sans avocat car il avait prévu de ne rien déclarer.

L’audition libre s’est déroulée de manière très procédurale avec trois procès-verbaux qui se succèdent (un par enquête). Tout au long des différents interrogatoires, le compagnon a maintenu un « rien à déclarer ». De manière assez classique, les flics ont essayé de lui mettre la pression de différentes façons. Par exemple, à propos du « vol en réunion » ils lui ont dit des choses du genre « si tu reconnaissais les faits ça pourrait se régler à l’amiable avec le magasin alors que là tu vas passer en procès en correctionnelle et tu vas prendre cher » ou encore pour l’histoire de stup « c’est vraiment dommage, là ça va être l’injonction thérapeutique assurée ». Et même en s’y étant préparé, ce genre de coup de pression peut instiller le doute.

C’est assez évident que par ces interrogatoires périphériques les flics cherchent à avoir des infos sur d’autres membres potentiels de l’association de malfaiteurs qu’ils sont en train de tricoter dans leur bureau. Et s’il y avait encore un doute concernant le lien entre ces interrogatoires et l’affaire enedis, il suffisait d’entendre l’OPJ en charge de l’audition affirmer qu’il compte verser le dossier sur les tags à l’instruction pour étayer l’association de malfaiteurs.

Tout au long de cette audition le refus de parler s’est doublé d’un refus de se soumettre au prélèvement d’ADN et de signalétique (empreintes + photos) ce qui a donné lieu à un quatrième procès-verbal bonus. Afin de faire craquer le compagnon, on lui a dit que c’est débile de pas filer son adn alors qu’il a déjà été pris à son insu pendant la garde à vue du mois de mars (grâce à une petite cuillère). Quand on lui demande alors pourquoi il refuse toujours de donner son ADN, il répond pour la première fois de l’audition que s’il est déjà dans les fichiers il ne voit pas pourquoi il devrait le redonner. Suite à ça l’OPJ fera une vérification en direct dans les fichiers du FNAEG et en effet son ADN est bien enregistré. Donc le flic laissera tomber les poursuites pour refus d’ADN et ne gardera que celle pour refus de signalétique.

Enfin, en guise de cerise sur le gâteau, l’OPJ a affirmé à la fin de l’audition qu’ils seront amenés à se revoir bientôt. D’après lui, deux plaintes ne vont pas tarder à être déposées contre le titulaire du contrat d’électricité du squat pour vol d’électricité et escroquerie.

Pour finir :

L’avocat qui défend les deux inculpés n’a toujours pas reçu le dossier "Enedis". Donc pour le moment, il n’y a pas eu possibilité de commencer à réfléchir/construire concrètement la défense et notamment l’appel de la mise en examen qui devra avoir lieu, selon les délais légaux, avant fin septembre. En attendant de potentiels nouveaux mouvements de l’ennemi, on reste attentif.ve.s aux développements, que ce soit pour l’affaire d’Ambert, celles de Toulouse et de Limoges et plus globalement aux attaques juridico-policières contre les anarchistes et autres insoumises à ce monde mortifère. Et on continuera à écrire autant que possible. Pour se tenir chaud, pour parler de désirs et faire circuler des infos mais aussi pour nourrir les brasiers à venir.

En bonus, certaines raisons qui peuvent motiver un.e individu.e à garder le silence dans ce genre de situation :

pour ne pas rentrer dans des considérations innocence/culpabilité
parce qu’il n’y a pas de questions innocentes et que toute réponse peut se retourner contre nous
parce que lorsque les flics voient dépasser un bout de fil, ils vont chercher à tirer dessus pour dérouler toute la pelote
parce que le silence, lorsqu’il est total et décidé à l’avance, peut aussi être un confort puisqu’il évite de se poser toutes les 2 secondes la question "et là je réponds quoi ?"
parce qu’il peut être un rempart derrière lequel se protéger du stress ou de la fragilité provoqué.e (à dessein) par ces interrogatoires
pour emmerder les flics
pour mettre en évidence le fait que l’on considère les flics comme des ennemis et pas comme des interlocuteurs*

* Il n’est bien sûr pas question d’insinuer que des personnes qui feraient un autre choix que celui de garder le silence seraient de fait et de manière très binaire des personnes validant la distinction "innocence/culpabilité" ou considérant les flics comme des fonctionnaires respectables


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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 15 Aoû 2018, 22:38

Rennes. Condamné à un an de prison ferme, le zadiste conteste

Un homme de 32 ans comparaissait, ce mardi, devant la Cour d’appel de Rennes. Il avait été condamné à un an de prison ferme pour des violences lors de l’évacuation de la Zad.

Les slogans criés par ses camarades devant la Cour d’appel de Rennes s’engouffrent parfois dans la salle d’audience. Mais pas sûr que J.B. les entende depuis son box vitrifié. Ce mardi, l’homme de 32 ans a été extrait de sa cellule pour contester sa condamnation à un an de prison ferme, prononcée mi-mai par le tribunal correctionnel de Nantes. Il est accusé d’avoir jeté des pierres contre les gendarmes mobiles, six jours après le début de l’évacuation de la Zad.

Il nie en bloc

Ce matin du dimanche 15 avril, un groupe de zadistes répond à la présence des forces de l’ordre par des jets de projectiles. D’après le récit de deux gendarmes et d’un officier, J.B., équipé d’un bouclier, d’un gilet pare-balles et d’un protège-tibia, est identifié en train de jeter des pierres. L’une atterrit sur le casque d’un militaire en le blessant légèrement. La riposte au gaz lacrymogène fuse. J.B. est interpellé. Il aurait donné un coup au gendarme lors de l’opération.

Devant les juges rennais, J.B. avance une autre version : il n’a jeté aucune pierre. Son identification formelle par les deux gendarmes ? « Il y avait tellement de gaz lacrymogènes qu’il était difficile de voir quoique ce soit », rétorque le zadiste. Son équipement paramilitaire ? « C’était pour protéger les copains. » Les coups lors de l’arrestation ? « C’est sa parole contre la mienne. »

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