la justice fait payer le mouvement social en silence (?)...

Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 21:42

L’État ne nous brisera pas avec ses barreaux

Les jeudi 3 mai et vendredi 4 mai derniers, les inculpé.e.s du 1er mai ont comparu devant le TGI de Paris. Personnes présentes à l’audience du vendredi et participantes au mouvement social actuel, nous apportons ces réflexions sur la répression actuelle contre les manifestant.e.s et des pistes pour une stratégie de résistance collective.

Rappelons d’abord les bilans des audiences de comparution immédiates des jeudi 3 et vendredi 4 mai 2018 au TGI de Paris.
Sur les 6 personnes qui ont été présentées à l’audience du jeudi 3 mai, 2 sont actuellement en détention provisoire, 3 sont sous contrôle judiciaire et 1 personne comparaitra libre. Les procès auront lieu les 28 mai, 30 mai et 12 juin. Parmi les 12 personnes présentées à l’audience du vendredi 4 mai, 6 ont demandé un renvoi de leur procès : 5 ont été placées sous CJ et une personne comparaitra libre. Concernant 2 personnes, le tribunal a demandé le renvoi du procès au motif que leurs identités ne sont pas vérifiables, alors que celles-ci voulaient être jugées immédiatement. Enfin, 3 personnes ont comparu. L’une a écopé d’une amende de 1000 euros et les 2 autres ont été relaxées. Les audiences auront lieu les 30 mai et 12 juin.

Ces deux journées de procès ont révélé l’enjeu politique de la répression dans le mouvement actuel. Plusieurs éléments nous paraissent importants.

Nous avons été frappées par le caractère sexiste qui a caractérisé l’appareil judiciaire pendant les audiences. La première comparution concernait une femme, la personne la plus âgée présentée ce jour au tribunal. La procureure aussi bien que les juges, dans leurs interventions, l’ont ramenée à sa condition de mère de famille, comme pour signifier qu’elle aurait failli à son "rôle" de mère en participant à cette manifestation. Le sexisme a par ailleurs marqué les discours des magistrat.e.s chaque fois qu’iels s’adressaient à une femme.
Par ailleurs, la quasi totalité des prévenu.e.s ayant moins de 25 ans, les remarques des magistrat.e.s étaient teintées d’un paternalisme certain, notamment quand leur présence à la manif était évoquée. La procureure a ainsi questionné avec insistance une des prévenu.e.s sur la raison de sa participation, alors que la manifestation avait été présentée comme violente par les médias, relayant les propos de la préfecture de Paris. A croire que manifester est devenu insensé et qu’on devrait rester passif, pendant qu’au même moment on nous déroule le folklore des commémorations de Mai 68.

Pour cette journée du vendredi 4 mai, les dossiers étant quasiment vides, le tribunal a été forcé de retenir des éléments à charge à la limite de l’absurde : habits sombres, possession de foulards, masques anti-poussière, sérum physiologique pour se protéger du gaz lacrymogène (qui on le rappelle, ne stagne pas à l’endroit où il a été lancé, ce que ne semble pas savoir la procureure de la République), et même une arme : "en l’espèce, un manteau".
Coincés par la vacuité de leurs dossiers, les enquêteurs ont utilisé tous les moyens possibles pour nourrir leurs chefs d’inculpation, notamment le contenu des téléphones portables des arrêté.e.s, conversations texto et messenger. Pour rappel, nous pouvons à tout moment exercer notre droit au silence, par exemple lorsqu’il nous est demandé le code d’accès au téléphone.

Un autre élément que nous retenons de la journée a été l’utilisation des "enquêtes sociales rapides" (voir l’article d’Indymedia Nantes), instrument par lequel les juges reproduisent la violence et les inégalités sociales. Ce dispositif consiste à réaliser une enquête rapide sur la vie des inculpé.e.s et concerne autant les aspects professionnel que personnel, voire intime. L’enquête vise à tirer des personnes accusées des éléments qui seront potentiellement utilisées à charge contre elles. Par exemple, une des prévenu.e.s a appris par le moyen de l’enquête sociale, que ses parents considéraient qu’elle était parasitée par de mauvaises fréquentations. Par ailleurs, le fait de ne pas répondre ou de fournir un minimum d’éléments est considéré comme suspect. Cela a contribué à la mise en détention provisoire de deux personnes qui n’ont pas ou pas complètement voulu s’y soumettre.

C’est bien la question des garanties de représentation et de leur vérification qui se pose là. Bénéficier de privilèges tels qu’avoir un domicile fixe, un statut professionnel, et de manière générale rentrer dans les cases modelées par la société, crée une inégalité avec les arrêté.e.s qui ne disposent pas de telles ressources. Le but, c’est de hiérarchiser les prévenu.e.s, de faire du cas par cas, surtout dans le cadre de comparutions immédiates. Face à cela, nous devons penser à des stratégies de défense collective efficaces. Soyons conscient.e.s que les choix que nous faisons dès le moment de l’arrestation ont un impact sur les autres inculpé.e.s et peuvent contribuer à accentuer nos différences. Ces procès ont ainsi montré comment les caractéristiques personnelles des inculpé.e.s pouvaient être instrumentalisés contre elleux. Par exemple, quand il est fait publiquement mention des traitements psychiatriques sans le consentement explicite de la personne concernée au moment de l’enquête, énième violence qui contribue à individualiser chaque cas et à dresser des différences "psychologiques" entre les prévenu.e.s.

Les chefs d’inculpation, les éléments évoqués et les modalités de ces procès nous rappellent la répression qui vise les manifestant.e.s depuis les mesures coercitives prises au moment de la COP 21, en passant par le procès de l’affaire de la voiture brûlée quai de Valmy. En effet, pour chaque personne prévenue, un chef d’inculpation porte sur la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Punir en prêtant de présupposées « mauvaises » intentions. Ainsi, l’utilisation de la détention provisoire devient un moyen de pression et d’intimidation, notamment pour pousser les personnes à se soumettre au prélèvement ADN et au contrôle signalétique.

La répression est forte et notre réponse se devrait donc d’être à la hauteur. Les institutions nous imposent leur jeu en des termes sexiste, paternaliste, psychophobe qui creusent des différences et cherche à nous opposer. Une défense collective et solidaire est une des réponses adéquates face à la justice. Cette démarche continue de se construire à travers la transmission des outils de lutte et d’auto-défense afin de ne pas rester isolé.e face à cette répression.

Soutien aux inculpé.e.s du 1er mai.
Liberté pour toutes et tous.


https://paris-luttes.info/l-etat-ne-nou ... avec-10220
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 15 Mai 2018, 09:11

La dimension judiciaire de la répression

À propos de la Circulaire du 9 avril 2018 « relative au traitement judiciaire des infractions commises en lien avec l'opération d'évacuation de la ZAD de NDDL »

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Le 9 avril 2018, alors que l’intervention de la gendarmerie sur la zad de NDDL a commencé depuis 3h du matin, le « directeur des affaires criminelles et des grâces » du ministère de la justice envoie cette circulaire aux procureurs des tribunaux d’appel et de grande instance.

Ce document représente donc les instructions politiques données par le ministère aux représentants de l’État dans les tribunaux. Le but principal de ces instructions est de faciliter la criminalisation de la résistance aux expulsions et des actions en soutien (c’est pourquoi je parle de « dimension judiciaire de la répression »), ce qui passe par trois grands objectifs (détaillés ensuite) :

1) « L'adaptation du dispositif judiciaire »

2) « Les orientations pour le traitement judiciaire des infractions »

3) « Présenter les attentes en matière de remontée d'informations »

... https://nantes.indymedia.org/articles/41349
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 19 Mai 2018, 17:33

Procès huit juillet (2009-2018) : Paroles à la barre

Du 16 au 19 mai 2018 aura lieu le procès en appel de trois policiers condamnés pour avoir blessé six personnes à Montreuil le 8 juillet 2009, et mutilé l’une d’entre elles. Avant ce nouvel acte d’une histoire judiciaire longue déjà de neuf années, le collectif Huit juillet revient sur un moment important du procès en premier instance : pendant deux jours, 13 personnes étaient venues témoigner de leur expérience de la violence policière. Huit prises de parole seront ici publiées, deux par jour.

Paroles à la barre - 5/8 et 6/8
https://paris-luttes.info/proces-huit-j ... 2018-10242

Paroles à la barre - 7/8 et 8/8
https://paris-luttes.info/proces-huit-j ... 2018-10244
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 19 Mai 2018, 18:35

Repas de soutien aux réprim.é.e.s du 1er mai

Dimanche 20 mai à La Cantine des Pyrénées à partir de midi.

Le 1er mai a vu une sévère répression avec plus de 280 interpellations, plus d’une centaine de gardes à vue, une trentaine de déferrements, une quinzaine de comparutions immédiates et 4 personnes sont en détention prévéntive à Fleury-Mérogis.

Soyons nombreux.ses à les soutenir le 20 mai à 12h à La Cantine des Pyrénées, au 77 rue de la Mare.

Les fonds récoltés seront reversés à la Légal team Paris pour payer les avocats et les frais de justice.

Repas prix libre à partir de 12h

Solidarité avec les inculpé.e.s du 1er mai !!!

https://paris-luttes.info/repas-de-sout ... -e-s-10264
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede Pïérô » 20 Mai 2018, 02:55

Legal Team VS URSSAF

Le collectif de défense juridique de Rouen a du pain sur la planche.

Rappel des faits. Fin de la manif du 19 avril dernier, le soleil et le graillon sont au rendez-vous. Des syndicalistes tiennent un stand de restauration avec barbecue et drapeaux et à quelques mètres des manifestants ont installé un petit food truck et distribuent des frites à prix libre. C’est bonne ambiance.
Soudain, une petite équipe de quatre types bien habillés et sûrs d’eux se pointe. On voit clairement qu’ils ne veulent pas de frites. Ils sortent des cartes professionnelles en mode « Bonjour F.B.I. » et demandent les identités des fritiers. Ils sont agents de l’URSSAF et croient avoir découvert deux travailleurs illégaux. On leur explique que la friterie a été prêtée par une association, que les gars sont bénévoles, que c’est une habitude de fin de manif, mais ils se montrent intraitables, genre « je ne fais que mon travail ». Jusqu’à ce que la foule s’interpose, les hue et les fasse partir. Comme il se doit.

Sauf que... L’un des deux cuistots est, dans la vraie vie, artisan, c’est-à-dire inscrit aux fichiers de l’URSSAF. Il y est convoqué quinze jours plus tard pour une audition libre qui commence exactement comme une audition chez les keufs : notification de droits, droit de répondre aux questions, se taire ou faire des déclarations, droit à un avocat. Il est bon pour un entretien de deux heures avec un des agents intervenu le jour de la manif qui a, au préalable, épluché ses relevés de compte bancaire des 5 dernières années et qui lui demande de justifier de chaque entrée d’argent. Quand il demande les raisons de ce contrôle, l’enquêteur répond qu’il ne fait que suivre la procédure, mais ne tarde jamais à revenir sur le mauvais accueil des manifestants. Il ne comprend pas ce qu’il y a de particulièrement traître à contrôler les buvettes de fin de manif, il est vexé d’avoir été traité de flic, il est surtout outré de s’être entendu nommer parmi la foule « p*** à Macron ». Il attend même du camarade auditionné qu’il s’explique sur de tels outrages. Aïeaïeaïe.

Une première pour nous. A la Legal Team Rouen, nous sommes coutumiers des convocations, des garde-à-vues et des audiences mais nous n’avons pas peur de diversifier nos compétences. Cette forme inhabituelle de répression n’en est pas moins une forme de répression à combattre. Nous prenons donc bonne note de cette convocation et du contrôle dont notre camarade fait l’objet. Il sera conseillé et aidé si besoin, tout comme les camarades arrêtés au cours de l’expulsion de Surgissement le 4 mai dernier, et tout comme toi si tu as des problèmes et que tu décides de faire appel à nous.


https://a-louest.info/Legal-Team-VS-URSSAF-412
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Re: la justice fait payer le mouvement social en silence (?)

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 20:49

Appel à rassemblement pour le verdict de nos camarades, mercredi 23 mai TGI de Strasbourg

Mercredi 23 mai 2018, à 8h30, le tribunal correctionnel de Strasbourg rendra son verdict des suites du procès de nos deux camarades poursuivi·e·s pour des faits qui se sont déroulés le 7 mars dernier sur une tentative de chantier sur la zad de Kolbsheim, dans le cadre de la lutte contre le projet de contournement Ouest de Strasbourg porté par Vinci.

Les réquisitions du procureur ont été particulièrement sévères :

• 2 mois de prison avec sursis,
• 8 000 euros d’amendes et indemnisations pour l’un
• 9 000 euros pour l’autre
• Mise à l’épreuve,
• Interdiction d’être sur les communes liées au GCO, voire interdiction d’être dans le Bas-Rhin,

Parce que notre lutte est une action collective, il est hors de question de laisser Claire et Martin seuls face à la justice. Nous étions une centaine présente lundi 14 mai, soyons encore plus nombreux pour leur témoigner de notre soutien.

Mercredi 23 mai, nous appelons à p’tit déj-soutien dès 7h30, devant le tribunal d’instance (TGI), 1 Quai Finkmatt à Strasbourg.

Soyons nombreux à être présent·e·s.

Des habitant.e.s de la zad
avec le soutien de militant.e.s anti-GCO

https://manif-est.info/Appel-a-rassembl ... e-610.html
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