Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede Pïérô » 27 Aoû 2018, 11:22

Migrants : des morts au nom de la loi ?

Alors que les 43 morts à Gênes lors de l’effondrement du pont ont suscité une vive émotion, l’inondation simultanée en Karala en Inde causant presque 400 morts ou l’attentat au Yémen le 9 août tuant 40 enfants n’ont pas provoqué la même indignation. Le phénomène de la hiérarchisation des vies humaines dans le deuil a été bien démontré par Judith Butler.

En revanche, peu d’attention a été accordée à la manière dont les acteurs politiques et bureaucratiques hiérarchisent des vies humaines dans la (non)décision politique. A priori, les bureaucraties semblent l’incarnation de la rationalité wébérienne en se fondant sur des règles générales et sans distinction de personne. Et pourtant, la gestion migratoire européenne démontre que l’on peut discriminer dans le droit à la vie tout en gardant l’apparence d’une gestion rationnelle et équitable.

L’inégalité des vies se reflète dans les pratiques d’analyse de risques par les agences européennes comme Frontex. Cette analyse privilégie la protection des frontières sur la protection des vies. En effet, même si le nombre de migrants arrivant à l’intérieur de l’Union européenne a diminué à un niveau comparable à la période avant 2014, le risque que des migrants meurent en traversant la Méditerranée a augmenté.

L’Organisation internationale des migrations (OIM) affirme que de plus en plus de migrants meurent chaque année en tentant de rejoindre l’Europe : de 4 sur 1 000 en 2015 à 14 sur 1 000 en 2016 et même à 24 sur 1 000 en 2018. Comment comprendre cette dépréciation annuelle de la vie des migrants ?

Un regard plus attentif au cadrage de la mort des migrants peut donner une première réponse à cette question. On peut identifier trois rationalités dominantes pour comprendre la mort des migrants. Ces rationalités permettent aux États européens de nier toute responsabilité pour ces « pertes humaines ».

... https://theconversation.com/migrants-de ... loi-101953
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 28 Aoû 2018, 22:47

Morts des migrants : Les démocraties européennes et le droit de non-protection ?

Tribune par Shoshana Fine, Docteure associée à Sciences Po Paris, CERI et Thomas Lindemann, Professeur de science politique à l’Université Versailles Saint-Quentin et à l’Ecole Polytechnique

Même si le nombre de migrants et de réfugiés arrivant à l’intérieur de l’Union Européenne a diminué à un niveau comparable à la période avant 2014, la probabilité que des migrants meurent en Méditerranée a augmenté. L’Organisation Internationale pour la Migration affirme que de plus en plus de migrants meurent chaque année en tentant de rejoindre l’Europe : de 4 sur 1000 en 2015 à 14 sur 1000 en 2016 et même à 24 sur 1000 en 2018. Ce phénomène semble surprenant si l’on prend en considération l’augmentation des fonds accordés par les Etats européens et la Commission à la gestion migratoire. En effet, Frontex, l’agence européenne de la gestion des frontières dont la mission inclut “le sauvetage des vies en mer », a vu son budget augmenter de six millions d’euros en 2005 pour atteindre 320 millions d’euros aujourd’hui. Comment pouvons-nous comprendre ce paradoxe d’une augmentation concomitante des morts de migrants et des ressources consacrées à leur « gestion » ?

Un regard plus attentif sur la manière dont les morts des migrants est représentée peut donner une première réponse à cette question. On peut identifier trois paradigmes dominants pour comprendre les morts des migrants. Ces paradigmes permettent aux Etats européens de nier toute responsabilité pour ces « pertes humaines ».

... https://www.humanite.fr/morts-des-migra ... ion-659591
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 02 Sep 2018, 16:09

Les deshérités de la mémoire

Un jeune Malien, sans papier , risquant une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), hébergé par des militants à Leyr a découvert qu’une personne portant son nom est enterrée, à la nécropole nationale de Champenoux (54). Il est fort possible que cette tombe soit celle de son arrière grand-père.
Je vous livre ses mots qui se passe de commentaires.

Bonjour,

Je m’appelle Brehima DIARRA.

Je vous remercie d’être venu vous recueillir à mon côté sur la tombe de Tiemtore DIARRA, qui est peut-être mon arrière grand-père. S’il ne l’est pas, il est de ma famille puisqu’il est originaire de ma région au Mali.
Comme 200 000 de nos compatriotes, il est venu en France en 1915, pour défendre le sol français. Il avait 24 ans. Je ne sais pas s’il était volontaire, s’il a été enrôlé de force ou s’il a été attiré par ces promesses :
La France lui assurait le versement d’une somme de 160 francs, soit environ l’équivalent de 500 euros, des médailles militaires, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie.
Tiemtoré n’aura jamais la nationalité française. Il décède sept jours après la fin de la guerre dans un hôpital de Jarville (54) des suites de ses blessures. Il est inhumé, ici, avec les honneurs militaires et la mention "mort pour la France".
En sa mémoire et celle de ses 30 000 frères d’Afrique centrale et occidentale, morts aux combats en France, je vous propose de respecter une minute de silence.

Un siècle plus tard, comme quelques centaines de compatriotes, j’ai quitté le Mali à 17 ans pour venir en France. Je voudrais ou faire des études ou suivre une formation ou encore travailler pour gagner de l’argent et vivre normalement.
Je suis monté dans un zodiac en Lybie en direction de l’Italie. J’ai cru mourir en mer quand un bateau nous a secouru et débarqué dans un port italien. J’ai pris le train sans billet, en jouant à cache-cache avec les contrôleurs. Arrivé à Paris, des amis de la rue m’ont conseillé de me diriger sur Nancy. Là, des structures d’accueil sont prévus pour les jeunes mineurs. J’ai eu 18 ans le 25 mars 2018. J’ai dû quitter le centre de Pixerècourt !
A ma sortie, j’ai été pris en charge par Joël de RESF (Réseau Ecole Sans Frontière). Aujourd’hui, j’habite à Leyr (54), chez Sylvie, Noël et Victor. Depuis plusieurs mois, j’attends une réponse de la préfecture sur ma demande d’autorisation de séjour, qui me permettrait dans l’immédiat de trouver un emploi ou une formation.

Quand la France a eu besoin de Tiemtore, il est venu.
Aujourd’hui j’ai besoin de la France, l’Etat m’acceptera-il ?
30 000 de nos aînés reposent en terre de France. Nous revendiquons leur héritage. Ne serait-il pas juste que l’Etat propose à minima à 30 000 réfugiés la nationalité française qu’elle nous doit depuis un siècle ? Pour les réfugiés de tous pays, nous demandons à l’Etat français de respecter l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme :

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la
famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la
liberté, de la justice et de la paix dans le monde !


https://manif-est.info/Les-desherites-d ... e-714.html
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 06 Sep 2018, 18:55

De 1938 à 2018 : les mêmes grande peurs, et grandes lâchetés, la même xénophobie. Un fascisme qui revient toujours. (débat-vidéo Arrêt sur Images)

Ce fascisme qui revient toujours.

1938 : la Conférence d'Evian : l'abandon international des réfugiés juifs et anti-nazis fuyant l'Allemagne hitlérienne.
2018 : Abandon international des migrants fuyant guerres, dictatures et misère...
Toujours les mêmes lâchetés et les mêmes arguments, toujours cette xénophobie.
"nous n'avons pas , nous n'avons plus les moyens de cette générosité" (1),
"notre identité culturelle menacée", "les maladies", "le chômage", "ce sont des lâches qui feraient mieux de se battre chez eux", "les nôtres avant les autres", "t'as qu'à en loger 1 dans ton salon", "danger pour les [nos] femmes, pour notre identité, pour notre race" , "des misérables [des pouilleux, etc ...] qui vont rester à notre charge" ...

... https://www.isere-antifascisme.org/de-1 ... sur-images
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Messagede Lila » 09 Sep 2018, 20:05

Nulle part où aller – une crise de réfugiés sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale

« Personne ne quitte sa maison à moins que sa maison ne soit devenue la gueule d’un requin » observait à 24 ans la poétesse, auteure et enseignante somalienne Warsan Shire, née au Kenya et basée à Londres, dans son premier recueil Teaching My Mother How to Give Birth (« Enseigner à ma mère comment donner naissance », 2011). Il y a trois ans, les photos d’Alan Kurdi provoquaient une onde de choc : les images du petit garçon syrien de troisans gisant face contre terre sur une plage turque attiraient l’attention mondiale sur les graves problèmes de réfugiés et de migration.

à lire : https://entreleslignesentrelesmots.blog ... -mondiale/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 12 Sep 2018, 20:44

Les migrants, champions de la lutte contre les inégalités mondiales

En matière d’aide au développement, les migrants font trois fois mieux que les 29 pays les plus industrialisés. Les envois de fonds de la part de personnes émigrées vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 466 milliards de dollars en 2017. « La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu », illustre Speranta Dumitru, professeure en Science Politique à l’Université Paris Descartes, dans un article de la revue numérique The Conversation.

Avec une différence notable : cet argent est, en général, collecté en travaillant dur, est transféré par des voies légales, sans optimisation fiscale, et contribue à réduire les inégalités mondiales en enrichissant des populations souvent en difficulté. « L’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de sur-qualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord », rappelle Speranta Dumitru.
« 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés »

Les principaux bénéficiaires de ces transferts d’argent sont l’Inde, la Chine, les Philippines et le Mexique. 38 milliards ont également été envoyés par des émigrants vers l’Afrique subsaharienne, qui compte la majorité des pays les plus pauvres du monde, d’abord vers le Nigeria, le Sénégal et le Ghana. Ces transferts d’argent coûtent également cher aux émigrants qui aident leurs familles ou communautés dans leurs pays d’origine : « À l’échelle mondiale, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars était de 7,1 % au premier trimestre de 2018, soit plus du double de la cible de 3 % fixée dans les Objectifs de développement durable. L’Afrique subsaharienne reste la région vers laquelle les transferts sont le plus onéreux, avec un coût moyen de 9,4 % », détaille la Banque mondiale.

... https://www.bastamag.net/Les-migrants-c ... -mondiales
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 15 Sep 2018, 22:18

Les migrations subsahariennes loin de l’explosion- Etude Ined

L’Afrique subsaharienne, appelée selon l’Onu à représenter 22% de la population mondiale d’ici 2050, est loin de représenter un risque de « submersion » migratoire en Europe, selon une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) publiée mercredi.

Selon les projections démographiques des Nations unies, l’Afrique subsaharienne va connaître une envolée démographique et verra sa population passer de 970 millions d’habitants aujourd’hui, à 2,2 milliards en 2050.

Pour autant, deux facteurs démographiques rendent caduque l’hypothèse d’un afflux migratoire vers l’Europe comparable à cette croissance. « L’Afrique subsaharienne émigre peu, en raison même de sa pauvreté », note l’Ined, et « lorsqu’elle émigre, c’est à 70% dans un autre pays subsaharien et à 15% seulement en Europe, le reste se répartissant entre les pays du Golfe et l’Amérique du Nord ».

Selon la « matrice » des migrations bâtie depuis quinze ans par la Banque mondiale, l’OCDE et le FMI, croisée avec les projections démographiques de l’Onu, les immigrés subsahariens de première génération pourraient avoisiner en France 3% de la population d’ici 2050 contre 1,5% aujourd’hui.

Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, où les immigrés subsahariens représentent en moyenne aujourd’hui 0,4% de la population, ils pourraient voir leur part passer à 2,4% en 2050.

« C’est une hausse importante. Mais 2,4%, cela ne permet en aucun cas de parler d »invasion’, même en ajoutant la seconde génération », note l’Ined. La migration subsaharienne « n’est pas une anomalie menaçante mais une forme ordinaire de la mobilité humaine », poursuit l’institut.


https://www.anti-k.org/2018/09/15/les-m ... tude-ined/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 17 Sep 2018, 10:04

Les chiffres de l’immigration en France

INFOGRAPHIES – Alors que le projet de loi sur l’asile et l’immigration est discuté depuis ce mardi au Sénat, Le Figaro propose dix graphiques pour mesurer l’étendue réelle du phénomène migratoire en France sur plusieurs décennies.

Connaissez-vous le nombre d’immigrés en France? Combien y a-t-il de naturalisations chaque année? Autant de questions auxquelles il n’est pas évident de répondre, même en ordre de grandeur, malgré l’omniprésence du débat en France. Et ce d’autant que les autorités françaises établissent généralement leur communication en s’appuyant sur les chiffres publiés d’une année sur l’autre, ce qui ne permet pas de mesurer l’ampleur du phénomène à long terme.

Alors que le projet de loi asile et immigration est discuté au Sénat depuis ce mardi, l’anthropologue et démographe François Héran, professeur au Collège de France, appelle à étudier la question migratoire dans son ensemble sans n’observer que les «quelques grands événements qui attirent considérablement l’attention». «Évidemment nous pensons tous à la grande vague des exilés ou des réfugiés du Proche-Orient qui est apparue à partir de la fin de l’été 2015 et cette vague considérable, certains ont parlé de tsunami, nous fait un peu oublier le fait qu’il y a aussi l’océan, je dirais, avec sa palpitation ordinaire: il y a un ordinaire d’immigration», déclare-t-il dans sa leçon inaugurale. Dans cette perspective, Le Figaro propose dix graphiques et autant de chiffres clé pour mieux comprendre le phénomène migratoire dans son ensemble.

● Qu’est-ce qu’un immigré? Combien y en a-t-il en France?

Dans le langage courant, un immigré est la personne qui vit dans un autre pays que celui où elle est née. Les autorités françaises s’en tiennent à une définition plus restrictive. Est immigré celui qui est «né étranger à l’étranger et qui réside en France», selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Ainsi, tout étranger vivant en France n’est pas immigré. Inversement, un immigré n’est pas forcément de nationalité étrangère.

... https://www.anti-k.org/2018/09/13/les-c ... en-france/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 18 Sep 2018, 02:57

Semira Adamu 1998 : Ils ont tué une femme, pas son combat

Le 22 septembre 1998, lors d’une sixième tentative d’expulsion, Semira Adamu a été tuée, étouffée à l’aide d’un coussin par des gendarmes qui agissaient conformément aux techniques d’expulsion définies par l’État.

Demandeuse d’asile déboutée, Semira avait vingt ans. Depuis le centre 127 bis où elle était enfermée, Semira jouait le rôle de lanceuse d’alerte pour le Collectif contre les expulsions : elle témoignait du fonctionnement de ces prisons et informait des dates d’expulsions de ses codétenu.e.s.

Semira incarnait, à sa manière, la lutte des femmes pour leur dignité et la résistance aux politiques d’asile et de migration inhumaines. L’État s’est appliqué à la faire taire.

Pour celles et ceux qui s’en souviennent, l’indignation était générale. « Plus jamais ça », nous étions-nous toutes et tous promis.

Pourtant, vingt ans après, la Belgique persiste et s’empêtre dans une politique cynique et mortifère à l’égard des personnes en migration. Elle expulse vers des pays en guerre et collabore avec des États dictatoriaux. Elle précarise et inquiète les personnes sans papiers qu’elle arrête jusque dans des associations qui les soutiennent. De nouveaux centres fermés sont en cours d’aménagement, le gouvernement prévoit d’y réincarcérer des familles à partir de l’été 2018. La politique d’asile, elle, ne tient toujours pas compte de la situation spécifique des femmes migrantes. La politique migratoire européenne privatise ou sous-traite le contrôle de ses frontières extérieures à des pays limitrophes qui rendent encore plus aléatoire l’accès au territoire et à la protection pour ceux et celles qui en ont besoin.

Cependant, la contestation de ces politiques inhumaines ne faiblit pas. Les premier.e.s concerné.e.s, bien sûr, les sans-papiers les refusent et luttent en collectifs pour leur régularisation. Des milliers de personnes s’y opposent aussi en manifestant, en soutenant les personnes sans-papiers et les mouvements d’occupation, en hébergeant des migrant.e.s, en défendant des personnes menacées d’expulsion dans leur entourage proche ou lointain, en revendiquant tout simplement le droit à la solidarité… Nous aussi.

Réunis au sein de la Coordination Semira Adamu 2018, nous voulons à la fois pour rendre hommage à Semira Adamu et à son combat, rappeler le « plus jamais ça » de 1998 et dénoncer l’alignement de la Belgique sur une politique migratoire européenne qui a fait, en vingt ans, des dizaines de milliers de victimes à ses portes et sur son territoire.

Ainsi, désireux de prendre le contrepied de ces politiques odieuses, nous inscrivons nos actions dans les revendications suivantes :

régularisation de toutes les personnes sans-papiers en attendant une effective liberté de circulation dans l’égalité de droits pour toutes et tous ;
arrêt des expulsions et suppression des centres fermés ;
condamnations systématiques des violences racistes, patriarcales, policières et d’État.

Précédés d’actions durant l’année, la coordination propose pour les 21, 22 et 23 septembre 2018 :

un temps de réflexion autour des questions liées à la migration et au racisme structurel, les politiques migratoires et les alternatives ;
des rassemblements populaires, culturels, festifs et engagés ;
des actions sur des lieux emblématiques de la politique d’expulsion, ainsi que des interventions artistiques et activistes dans l’espace public ;
la transmission de l’histoire de Semira Adamu éditée sous différents formats et la revendication d’une rue dédiée à sa mémoire et à celles des migrant.e.s disparu.e.s.

Toute personne, collectif, association, réseau, institution, lieu culturel, etc. de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie qui s’inscrit dans ces revendications et souhaite soutenir activement cette commémoration est la bienvenue au sein de la Coordination Semira Adamu 2018.

Nous encourageons chacune et chacun à développer sa propre communication à propos des différentes dimensions du combat de Semira et à prendre des initiatives militantes selon le consensus d’action assumé par la coordination Semira Adamu 2018.

Après septembre 2018, la coordination espère que les liens tissés persisteront pour assurer les droits de toutes les personnes en migration.

Plus d’infos :
semiraadamu2018.be
facebook.com/SemiraAdamu2018

https://albruxelles.wordpress.com/2018/ ... on-combat/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 23 Sep 2018, 11:49

Europe : La forteresse est aussi une prison

Europe : La forteresse est aussi une prison

Les politiques sécuritaires qui visent les migrantes et les migrants ne s’appliquent pas que sur les frontières : renforcer ces dernières, c’est resserrer le contrôle des populations tout entières, sur l’ensemble du territoire. La lutte contre ces politiques est dans l’intérêt de toutes et tous, nationaux comme étrangers.

Lors de sa visite au Vietnam en juillet 2015, et alors qu’il était encore Premier ministre britannique, David Cameron s’exprima sur l’entrée des personnes réfugiées au Royaume-Uni. La source du « problème », disait-il, c’est que « des gens traversent la Méditerranée en quête d’une vie meilleure » ; il appelait par conséquent à traiter le problème à sa source « en rendant la vie moins facile pour les immigrants illégaux au Royaume-Uni », car « toutes ces mesures, qui tracent une frontière intérieure, comptent tout autant que la frontière extérieure » [1].

Quelques mois après cet entretien, suite aux attentats en France, les contrôles de police étaient rétablis aux frontières entre États à l’intérieur de l’Union européenne, et le Conseil européen autorisait leur prolongation l’année suivante. Mais ce n’est pas cela qu’avait en tête l’ancien député conservateur. Il ne s’agissait pas non plus des frontières morales, informelles, qui marginalisent des pans entiers de la population d’un pays sur la base de leur religion, de leur couleur de peau ou de leur origine présumée. En réalité, les frontières qu’il entendait ériger consistaient, entre autres exemples évoqués, à limiter aux réfugié.es les possibilité d’ouverture d’un compte bancaire, l’accès au logement social ainsi qu’à l’emploi, et évidemment à intensifier les expulsions. Autant de mesures qui s’appliquent bien loin des côtes, donc.

Un gigantesque poste-frontière

L’ennui avec les frontières, c’est qu’elles ont une fâcheuse tendance à déborder vers l’intérieur. Le refoulement d’une partie de la population hors du territoire national ne tient pas à un simple décret : il faut pour cela tout un appareil pénal et policier, lequel ne peut qu’affecter la population tout entière. Le contrôle de certains implique nécessairement le contrôle des autres, et la liberté des étrangers est aussi celle des nationaux.

On aurait pu croire que les accords de Schengen (1985) débarrasseraient les résidentes et résidents de l’UE de la police aux frontières. Or, si à l’intérieur de l’Union le poste-frontière en tant que tel à disparu, la ligne frontalière où les États exercent leur autorité s’est, elle, considérablement élargie, jusqu’à devenir, en France par exemple, une bande de dix kilomètres en-deçà de la ligne frontalière, où la police a la possibilité de réaliser des contrôles aléatoires et mobiles.

Un quart du territoire français concerné

Les personnes qui résident sur ces bandes frontalières demeuraient bien sûr une minorité… jusqu’à la loi antiterroriste du 30 octobre 2017, qui a modifié le code de procédure pénale et le Code des douanes pour autoriser le contrôle d’identité de « toute personne » dans un rayon de dix kilomètres autour des ports, aéroports et de 118 points de passage frontaliers, ainsi qu’« aux abords » des gares, quand auparavant de tels contrôles ne pouvaient avoir lieu qu’à l’intérieur. Et, par définition, c’est parce qu’on ne peut pas dire qui est en situation illégale ou non que la police doit aussi contrôler des citoyens de plein droit – voire cibler les gens selon leur couleur de peau ou leur apparence.

Le quadrillage policier des populations frontalières s’est dès lors étendu le long d’un réseau d’infrastructures qui maille l’ensemble du territoire : dans sa version précédente, le projet de loi envisageait un rayon de vingt kilomètres, ce qui assurait la couverture de plus d’un quart du territoire français et les deux tiers de sa population, selon une estimation du Monde [2]. Une carte établie par la Cimade montre une France recouverte de frontières intérieures, pour ce qui est du contrôle d’identité des migrants et migrantes [3].

Aux États-Unis, les garde-frontières sont autorisés depuis peu à effectuer des contrôles, des arrestations et des perquisitions de véhicules jusqu’à 160 kilomètres en-deçà de la frontière, et cela sans l’aval des autorités judiciaires. À cette cartographie malheureuse, on pourrait ajouter celle des dizaines de centres de rétention administrative qui parsèment le pays.

Il y a aussi ce qui ne s’imprime pas sur le territoire : l’appareil législatif, certes, mais aussi les procédures d’enregistrement, de documentation, de surveillance, la routine administrative de l’enfermement et de l’expulsion, et surtout une technologie de diffusion de la fonction de contrôle, que la police n’est pas la seule à endosser. Ériger des frontières intérieures efficaces demande de diffuser le contrôle à chaque niveau et dans chaque secteur.

Frontières partout, solidarité nulle part

Ainsi, les entreprises de transport de passagers ont vite été mises à contribution – sous la menace de lourdes amendes – et ont développé une véritable compétence en la matière : dans les aéroports, ce n’est pas la police qui contrôle le plus les passagers, mais les agents et agentes de la compagnie. Dans les autocars (chez Flixbus, Ouibus, etc.), les voyageuses et voyageurs ont dû s’habituer à voir leur passeport scrupuleusement vérifié par les conducteurs eux-mêmes, inquiets du risque encouru s’ils laissaient monter un passager sans papiers à bord.

Cette logique de la sécurité aux frontières pénètre toute la société, son administration mais aussi ses citoyennes et citoyens. L’État pourrait être en droit d’exiger qu’ils ne collaborent pas avec des sans-papiers, c’est-à-dire, en pratique, que les écoles et les universités contrôlent leurs élèves, les médecins leurs patients, les services sociaux leurs bénéficiaires, les banquiers leurs clients, les habitants leurs voisins, etc. Que la suspicion étouffe toute forme de solidarité spontanée.

Marco (AL 92)


DÉLINQUANT.ES SOLIDAIRES... ET FIER.ES !

L’article L622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) définit ce que l’on a appelé le « délit de solidarité ».

Si à l’origine cette loi devait permettre de poursuivre les passeurs, elle a été retournée contre les citoyens et citoyennes qui ont aidé des réfugié.es dans le besoin, parfois simplement en prenant des passagers en auto-stop. Parmi ces « délinquant.es solidaires », on peut citer Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, qui a subi 8 gardes à vue, 5 perquisitions, 2 procès, une détention administrative et une mise en examen sous contrôle judiciaire très strict, pour avoir plusieurs fois offert une place dans sa camionnette à des réfugié.es marchant depuis la frontière italienne.

Pierre-Alain Mannonni, enseignant-chercheur niçois qui avait conduit à l’hôpital trois jeunes Érythréennes blessées en traversant les Alpes, a pour cela été condamné à deux mois de prison avec sursis.

Ni Valls, qui l’avait promis, ni Collomb, dans la loi asile-immigration, n’ont mis fin à cette criminalisation de la solidarité élémentaire.


[1] Matthew Holehouse, « Calais crisis », The Telegraph, 30 juillet 2015.

[2] « Le gouvernement prépare une extension massive des contrôles d’identité aux frontières », Le Monde, 19 décembre 2017.

[3] Cimade, « État d’urgence permanent, contrôles au faciès partout », 11 septembre 2017.


http://www.alternativelibertaire.org/?E ... ison-Marco
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 27 Sep 2018, 12:20

A l’heure où... Quinzaine de l’exil du 27 sept. au 13 oct.

Du 27 septembre au 13 octobre prochain, différents collectifs et associations de la vallée de la Drôme vous invitent à la Quinzaine de l’Exil « A l’heure où… » . Au programme, du fin fond du Diois, aux prémices de l’Ardèche, le long des berges de la Drôme seront proposés, des tables rondes, des discussions, des rencontres, des projections, des expositions, des temps de jeux, des temps d’échange.

A l’heure où le président remonte dans l’estime nationale en embrassant le front noir des joueurs de l’équipe de France,
A l’heure où l’on place et maintient des présidents corrompus et liberticides dans les anciennes colonies françaises,

A l’heure où notre histoire coloniale est encore taboue,

A l’heure où l’État français, drapé dans ses discours sur les droits de l’homme, fait passer de nouvelles lois rendant impossible et invisible l’asile en France, et poursuit avec acharnement celles et ceux qui aident d’autres humains à simplement survivre,

A l’heure où, Bolloré et consort s’accaparent les marchés de la Guinée, de la République Centre Africaine, du Niger et où l’Europe donne des milliards à la Libye pour qu’elle construise des camps afin d’empêcher les femmes, les hommes et les enfants de traverser la méditerranée,

Tout va très vite.

Et ce n’est ni une question économique, ni une question démographique, ni une question géographique, ni..... C’est un projet politique. Ils sont en train de consolider les frontières, de les rendre doubles, triples, épaisses, de rendre les routes sinueuses, impraticables, mortelles et de nous faire croire que nous sommes différent·e·s, qu’il y a d’un côté « eux » et de l’autre « nous », que de les accueillir mettrait en danger notre civilisation.

Cela se passe aujourd’hui, maintenant, chaque jour un peu plus.

Alors, organiser une quinzaine cet automne, c’est se donner du temps, au milieu des urgences, des défaites et des victoires quotidiennes, pour penser et concrètement organiser la suite, les mois qui arrivent ; c’est se poser collectivement la question de quel monde on veut et traduire en actes les réponses ; c’est se rencontrer, créer des liens, pour ne pas crever de sidération devant la réalité (ensemble on est un être à nombreuses épaules, on peut partager la peur, les attaques, le courage, les colères, les joies...).

Une soirée c’est beaucoup trop court pour aborder la montagne de sujets que charrient l’exil, l’accueil, l’expulsion, les politiques migratoires, c’est pourquoi s’est tissée, entre différents collectifs, exilé.e.s, habitant.e.s, cette quinzaine débordante.

Du fin fond du Diois, aux prémices de l’Ardèche, le long des berges de la Drôme seront proposés, des tables rondes, des discussions, des rencontres, des projections, des expositions, des temps de jeux, des temps d’échange...

Du 27 septembre au 13 octobre 2018.



INFOKIOSQUE ET TABLE DE PRESSE
Sur chaque évènement (ou presque) retrouvez table de presse, infokiosque et librairie nourris d‘ouvrages et de brochures pour aller plus loin.

Les Lieux :
- AOUSTE-SUR-SYE : MJC Nini Chaize - Rue Gustave Gresse
- BOURG-LES-VALENCE :Lycée du Valentin // Passage René Berthoin
- CHABEUIL : Court Circuit // Rond Point de la Fusée
- CREST : Cinéma EDEN - 2 Quai Bérangier de la Blâche
Librairie La BALANÇOIRE - 8 rue du général Berlier
LES GARDETTES - 1112 chemin des Gardettes
Chez Eugène - 24 rue Eugène Arnaud
Radio Saint Férréol - Place du Général de Gaulle
- DIE : La CHAUDIÈRE - 8 rue des Acqueducs
La GRIOTTE - pont de la Griotte (sortie de Die direction
Châtillon)
ESCDD - Place de l’Évêché
- EURRE :ATELIER N° 8 – Promenades des Arts – Écosite (Parking face à la Communauté de Commune Val de Drome ou parking des Micocouliers (face au Transe Express)
- PORTES-LES-VALENCE : Local SNCF // 7 rue Auguste Isaac
- SAILLANS : L’Oignon - 52 Grande Rue
Salle des Fêtes - rue de la République (à côté de la Poste
- VALENCE : La Farandole // 25 rue Albert Thomas

Toutes les soirées de cette quinzaine sont en PRIX LIBRE en soutien aux lieux de lutte contre les frontières, aux collectifs de soutien et d’accueil, et aux exilé.e.s d’ici et d’ailleurs.
Aucun financement ne participe à la création de ces événènements. Une initiative autonome, mise en oeuvre dans le partage et avec le soucis d’expulser le trop plein lié aux situations multiples qui habitent cette
lutte.

CONTACT : quinzainedelexil (at) riseup.net

Programme complet à télécharger : http://www.ricochets.cc/IMG/pdf/quinzai ... -drome.pdf

http://www.ricochets.cc/Quinzaine-de-l-Exil.html
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 29 Sep 2018, 15:32

Semira Adamu — résister en centre fermé

Semira Adamu était une jeune femme nigériane ; elle militait depuis l’intérieur d’un centre fermé en Belgique, où sont retenues les personnes « sans-papiers ». Ce 22 septembre 2018 marque les 20 ans, jour pour jour, de sa mort, tuée par l’escorte de gendarmes en charge de son expulsion. Il y a peu, une autre réfugiée décédait des mains des forces de l’ordre belges : Mawda, une fille de 2 ans tombée d’une balle dans la tête. Le gouvernement belge vient à nouveau d’autoriser l’enfermement d’enfants et la Coordination Semira Adamu 2018 clame dans la capitale de l’Union européenne : « Ils ont tué une femme, pas son combat ! » Nous rencontrons Cataline, anciennement membre du Collectif contre les expulsions ; elle nous fait le récit du combat et de la mort de Semira Adamu, qui bouleversa la Belgique.

... https://www.revue-ballast.fr/semira-adamu-resister/
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 29 Sep 2018, 19:39

« La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage »

« Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire qu’elle pose de bonnes questions. » Basta ! s’associe au Manifeste « Pour l’accueil des migrants », initié par les rédactions de Regards, Politis et Mediapart. La liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité. Nous relayons ce manifeste, déjà signé par plus de 13 000 personnes et associations, et invitons celles et ceux qui en partagent les valeurs à rejoindre les signataires.

... https://www.bastamag.net/La-migration-n ... au-partage
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 14 Oct 2018, 18:46

Situation explosive dans les centres de rétention

La multiplication des violences et des tensions dans les centres de rétention administrative (CRA) est le résultat d’une politique d’enfermement des personnes migrantes. La responsabilité du gouvernement est engagée face aux conséquences gravissimes de ces choix.

Premier pays d’Europe en nombre d’enfermements de personnes migrantes pour tenter de les expulser, la France mène une politique de plus en plus répressive qui met gravement en danger les personnes qui subissent cette privation de liberté.

... https://blogs.mediapart.fr/la-cimade/bl ... tor=CS3-67
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Re: Migrants, droit d’asile, liberté de circulation

Messagede bipbip » 18 Oct 2018, 18:30

Le migrant est l’avenir du monde

Le débat sur la migration est stupéfiant et pourtant il dure, s’enlise et même s’encastre dans l’ordinaire de notre culture politique contemporaine. Il paralyse l’Europe qui en parle tout le temps, mais n’en délibère jamais. Il envahit les propagandes partisanes et s’impose comme une sorte de friandise électorale dont se délectent les populistes de tous poils, de droite et maintenant d’une certaine gauche. Il tétanise les gouvernements qui craignent que le respect de la vérité ou qu’un sursaut d’humanisme ne leur vaillent une chute dans les sondages.

Depuis le début de ce siècle encore tout jeune, 50 000 êtres humains sont morts au fond de la Méditerranée et l’imagination de la gouvernance humaine se limite à renforcer les contrôles, consolider « Frontex » ou désarmer l’Aquarius. Qu’est donc devenu le Conseil européen, incapable d’imaginer ce que pourrait être une politique de migration à l’aube du troisième millénaire ?

... http://theconversation.com/le-migrant-e ... nde-104798
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