Distribution de la presse en grève

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

Distribution de la presse en grève

Messagede Pïérô » 11 Déc 2010, 15:44

Distribution de la presse, un service menacé :

Info AL :

nous vous informons que le journal de décembre n'est pas encore sorti en kiosque car les transporteurs de Presstalis, le distributeur de presse en kiosque (anciennement NMPP), sont en grève. La raison en est que le transport de presse en kiosque va dorénavant être sous-traité et le service de transport de Presstalis va donc disparaitre. Aucun journal, hormis les quotidiens, ne sera distribué tant que la grève durera. Alternative libertaire est solidaire des grévistes.


communiqué du Monde Diplo :

vendredi 10 décembre 2010

A nos lecteurs

Depuis plus de dix jours, à la suite d’un mouvement de grève des ouvriers qui distribuent la presse parisienne, Le Monde diplomatique n’est pas disponible dans les kiosques de la capitale et de quelques communes limitrophes.

Tous les quotidiens, eux, restent distribués normalement.

La plupart des grands périodiques, non quotidiens, affectés par cette grève ont choisi de la contourner en se chargeant eux-mêmes de la distribution de leurs titres auprès des kiosquiers.

Pour des raisons de cohérence rédactionnelle, Le Monde diplomatique a fait un choix différent. Il a refusé d’être distribué par d’autres que les salariés dont c’est le métier.

Une telle décision nous impose un lourd sacrifice financier puisque plusieurs milliers d’acheteurs de notre mensuel ne pourront pas se le procurer.

Les lecteurs qui nous soutiennent, y compris en nous versant des dons, le font aussi parce qu’ils ont compris que notre singularité rédactionnelle s’adosse à des convictions auxquelles nous tenons, même quand elles nous coûtent.

Serge Halimi

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet ... s-lecteurs



dans l'humanité du 7 Décembre 2010 :

La distribution de la presse sous tension

La réforme de Presstalis achoppe sur la fermeture de SPPS, sa filiale parisienne déficitaire. Des mouvements affectent la distribution des journaux.

C’est peu de dire que la situation de la distribution de la presse est agitée. La semaine dernière, des mouvements de grève initiés par le Syndicat du Livre CGT (SGLCE) ont affecté les magazines jeudi et les quotidiens vendredi. À l’origine du conflit, la décision de Presstalis (ex-NMPP) appliquant en cela les préconisations du rapport Mettling de fermer SPPS, filiale de Presstalis qui gère la distribution de la presse
à Paris et dans onze communes limitrophes de la capitale
depuis 2004. Cela représente en moyenne 26 % de la diffusion totale des quotidiens nationaux. « 225 emplois sur 269 disparaîtront avec cette réforme », indique le SGLCE.

Il faut savoir que SPPS, après avoir connu un déficit structurel de 35 millions d’euros, a ramené ses pertes à 24 millions d’euros annuellement en 2009. Pas assez pour Presstalis. « Le groupe ne peut plus combler le déficit récurrent de cette filiale  : plus de 150 millions d’euros depuis sa création en 2004. Le déficit s’élèverait à 26 millions d’euros en 2011 si rien n’est engagé », indique Presstallis, qui a mis en œuvre la réduction des coûts au siège avec le « départ volontaire » de cent salariés et la constitution de la nouvelle coopérative des publications, autres points du plan Mettling. Mais c’est la fermeture SPPS, le plus important dépôt de France, qui occupe toutes les attentions. Le SGLCE
a présenté un contre-plan qui permettrait selon le syndicat de réduire de moitié le déficit récurrent de SPPS et d’augmenter la productivité de 25 %. Il a aussi marqué son opposition à l’externalisation de la distribution des magazines et milite pour le reclassement de salariés de SPPS. De 50 à 70 d’entre eux pourraient rejoindre la plate-forme de Bobigny où seraient traités les quotidiens.

Du côté de l’État, et du médiateur Roch Olivier Maistre, conseiller d’État, nommé pour suivre la mise en ouvre du plan Mettling, on s’impatiente et l’on prévient que les 35 millions d’euros promis pour le « sauvetage » de Presstalis, comme l’indique le plan Mettling, ne seront débloqués que si SPPS est fermée. De son côté, le groupe Lagardère, actionnaire à 49 % de Presstalis qui a décidé d’en partir avant le 30 juin 2011, a pris l’engagement de rester opérateur auprès des coopératives tant que SPPS restera en activité.

La « réforme de Presstalis » se déroule dans un contexte particulièrement délicat pour la presse, qui voit sa diffusion s’éroder. Toutes les parties en ont conscience, n’ignorant pas ces difficultés qui fragilisent les titres les plus faibles. Hier soir, le SGLCE devait rencontrer le SPQN (les éditeurs de presse quotidienne nationale) et
a demandé une rencontre avec le SPPMO (Syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion). Jeudi 9 décembre, un comité central d’entreprise
a été convoqué sur la question par la direction de Presstalis
à 15 h 30 qui sera suivi à 17 h 30 d’un comité d’entreprise à SPPS.

Claude Baudry

http://www.humanite.fr/print/06_12_2010 ... ion-459405
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Re: Distribution de la presse en grève

Messagede charlelem » 14 Déc 2010, 09:12

Par exemple ce matin : je n'ai reçu en presse nationale que Le Parisien, Aujourd'hui, l'Equipe et le Figaro.
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Re: Distribution de la presse en grève

Messagede Pïérô » 16 Déc 2010, 14:22

PRESSTALIS - La grève de la distribution de la presse en IdF continue, organisons la solidarité.

La distribution de la presse écrite, dont une partie des travailleurs est actuellement en grève, est un enjeu extrêmement important pour tous les citoyens.

Cela ressortit (ou devrait ressortir) de l’ordre du service public et être exclu des logiques marchandes.

Ce n’est pas seulement une question qui concerne les travailleurs de Presstalis, premières personnes concernées, mais cela concerne toutes celles et tous ceux qui d’une part, pensent que la presse écrite a encore un avenir, et que d’autre part, on ne peut pas laisser démanteler dans ce pays tout ce qui existe de lieux de travail où les employés ont des droits, un statut, un bon salaire (oui et alors? C’est un crime d’avoir obtenu un bon salaire suite à des décennies de lutte?)...

C’est une lutte pour la distribution de la presse, pour le maintien de vrais emplois, et contre la précarisation du monde du travail en France et en Europe, qui nous concerne toutes et tous.


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La distribution des hebdomadaires bloquée depuis plusieurs jours, et désormais, celle des quotidiens nationaux, bloquée mardi et sans doute mercredi en France, est l’enjeu d’un bras de fer entre le SGLCE-CGT défendant de solides acquis sociaux, et Presstalis.

En grève sur la distribution des magazines depuis le milieu de la semaine dernière, les travailleurs ajoutent à l’action des visites d’entreprises qui traitent ce qui est de fait leur charge de travail.

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier la police est intervenue massivement alors que la « visite » était terminée pour arrêter à l’aveuglette des travailleurs dans les parkings alentour.

Neuf d’entre eux, choisis au hasard, ont été placés en garde à vue 24 heures au commissariat de Sarcelles. (source NPA)

Ce qui provoquait en riposte la non-distribution des quotidiens à Paris. Choqués mais mobilisés, les salariés réunis en assemblée générale le vendredi après-midi décidaient de poursuivre et renforcer l’action avec le soutien de tout le syndicat général du livre.

Le mouvement couvait depuis plusieurs semaines après avoir été lancé par les ouvriers du Syndicat général du Livre et de la Communication écrite (SGLCE)-CGT, fraction née de l’éclatement du syndicat du Livre et majoritaire chez Presstalis.

Le conflit trouve son origine dans la réforme de la distribution des journaux à Paris et dans les 11 communes de la périphérie assurée par la Société de Presse Paris Service (SPPS), filiale chargée de la distribution parisienne, engagée par Presstalis.

Cette filiale occupe actuellement 287 salariés aujourd’hui.

Le syndicat conteste la réorganisation de la SPPS qui se traduirait par des suppressions d’emploi, mais s’oppose surtout au recours à la sous-traitance qui, selon la direction, permettrait de réduire une forte partie des pertes.

La distribution des journaux et des magazines en France s’articule autour de différentes acteurs : les messageries qui acheminent les journaux des imprimeries vers les dépositaires qui alimentent à leur tour les points de ventes (kiosques, marchands de journaux).

A Paris, la SPPS assure directement l’approvisionnement des kiosques sans passer par la case "dépôt", compte tenu notamment de la proximité avec les centres d’impression.

Du coté des éditeurs de journaux, on craint un durcissement du conflit qui pourrait s’inscrire dans la durée. Un comité d’entreprise de Presstalis pourrait se tenir le 22 décembre après l’annulation de celui organisé le 9 décembre, boycotté par plusieurs syndicats.

Le SGLCE de son coté a pris les devants : dans un courrier adressé aux délégués syndicaux de toutes les entreprises de presse, le syndicat lance "la collecte d’une solidarité financière exceptionnelle pour nos camarade de la SPPS".

Dans un communiqué, le SGLCE affirmait lundi 13 la possibilité d’un accord tout en dénonçant un risque de "démantèlement" de la SPPS. Le SGLCE a convoqué pour mercredi 15 "une assemblée des délégués des entreprises de presse pour décider des suites à donner au mouvement".


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Étendons la solidarité financière à ces travailleurs en lutte pour leurs emplois, pour la distribution de la presse, contre la généralisation du travail précaire et sous-payé, le recours massif à l’intérim, et pour le maintien de leurs conditions de travail!

Adressez vos dons avec la mention "Soutien aux travailleurs de PRESSTALIS" ici :

SGLCE CGT

94 boulevard Auguste BLANQUI - 75013 PARIS

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article111658

PRESSTALIS SPPS - La grève de la distribution de la presse continue et s’amplifie

Pas de quotidiens nationaux dans les kiosques ce jeudi 16 décembre, le Syndicat général du livre et de la communication (SGLCE-CGT) a décidé de ne pas les faire paraître.

Il s’oppose à la restructuration de la Société de presse Paris service (SPPS, filiale de Presstalis, ex-NMPP), qui est en charge de la distribution à Paris et dans onze communes voisines de la capitale.

"Les négociations semblent à nouveau bloquées", explique le syndicat dans un communiqué, où il appelait également à un rassemblement ce jeudi à 10 heures devant le ministère de la Culture et de la Communication.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article111681
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Re: Distribution de la presse en grève

Messagede Pïérô » 20 Déc 2010, 07:21

Communiqué d'Alternative Libertaire :

Les salarié-e-s de Presstalis se battent aussi pour la liberté de la presse

Alternative Libertaire tient à faire part de son soutien aux grévistes de la société SPPS, filiale du groupe Presstalis. Leur mouvement est d’une grande importance à un double titre : la défense de leur emploi face à une restructuration d’entreprise où le capital humain devrait être sacrifié au bénéfice du capital financier et la défense d’un système de diffusion qui garantit encore un accès libre à la presse d’opinion, même pour les titres ne disposant pas des moyens des revues soutenues notamment par des entreprises du CAC 40.

Le projet présenté par la SPPS se situe dans le droit fil du rapport remis en avril 2010 à François Fillon par Bruno Mettling, inspecteur des finances. Sans surprise, il se fixe comme seul objectif l’obtention rapide et à tout prix de la rentabilité financière. Il se traduirait par la disparition de 225 emplois sur 269.

A l’heure où les rémunérations extravagantes du patronat s’étalent à la une des journaux, la presse aux ordres du pouvoir dénonce sans états d’âme les salaires des ouvriers du Livre, tant il est scandaleux à ses yeux que des ouvriers puissent percevoir autre chose que des salaires de misère.

Mais les ouvriers de Presstalis, en se battant pour leurs emplois, se battent aussi pour la liberté de la presse, gravement menacée par la réforme annoncée. Il faut savoir qu’en parallèle de la réforme de Presstalis, le gouvernement a la loi Bichet de 1947 dans le collimateur. Le député UMP Richard Mallié a en effet, dès avril, proposé l’abrogation de cette loi qui oblige Presstalis à assurer la distribution de la presse d’opinion dans toute sa diversité. Dans ce domaine comme dans tant d’autres, le pouvoir en place poursuit la démolition accélérée de tout ce que la bourgeoisie avait dû concéder à la Libération : protection sociale, droit du Travail, liberté d’expression.

Alternative Libertaire apporte donc son appui aux grévistes qui défendent légitimement leurs droits face aux exigences du capital financier ainsi que la sauvegarde de la liberté d’expression.

Alternative Libertaire
Le samedi 18 décembre 2010
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Re: Distribution de la presse en grève

Messagede barcelone 36 » 14 Jan 2011, 17:11

http://www.monde-libertaire.fr/syndicalisme/item/14137

in Le Monde Libertaire n°1618 (13-19 janvier 2011)

Grève à Presstalis

Pourquoi n’avez-vous pas trouvé votre Monde libertaire dans les kiosques dernièrement ? C’est simple, parce que les employés de Presstalis (anciennement NMPP) étaient en grève illimitée. Pas reconductible ou avec un préavis. Non, jusqu’à obtention d’un accord.
Je vais essayer de vous expliquer les arcanes de la distribution des journaux et revues, qu’en argot professionnel on appelle le « papier ». Les grévistes sont les commis qui durant la nuit trient la presse, acheminée par camions depuis les imprimeries jusqu’aux trois dépôts parisiens. Immenses navettes où les employés comptent, ficellent et mettent en case les paquets destinés à chaque diffuseur parisien.
Presstalis ayant subi une perte de 24 millions d’euros, décide donc de supprimer la masse salariale, considérant que les commis sont trop payés, une antienne bien connue du capital, et de donner le boulot à Géodis, une messagerie privée qui paye ses employés au Smic, ne conservant que le traitement des quotidiens, « bâton merdeux » et déficitaire de la distribution. Ce qui est incroyable c’est que Presstaliss est normalement une coopérative d’éditeurs qui doit redistribuer des bénéfices, mais qui avait l’habitude que l’état ou Lagardère (Hachette) la renfloue chaque année. Cette fois, l’État a dit non, se disant en faillite (sic !), quant à Lagardère il ne veut plus miser sur le support écrit, il a déjà mis en vente ses filiales prestigieuses à l’étranger (tous ses magazines de déco et de mode.)
Les commis, syndiqués CGT de la branche du Livre, sont donc passés à l’action, bloquant le papier dans les dépôts ; au début, les publications, puis voyant que personne ne parlait de cette grève oubliée, empêchant aussi les quotidiens d’être distribués.
Donc, récapitulons, ce ne sont pas les imprimeries, ni les porteurs qui faisaient grève, mais ces employés de nuit de Presstalis qui, voyant que leur employeur essayait de mettre en place des plateformes de secours, passèrent à l’action directe, les attaquèrent. Et, pour la première fois, Presstalis appela la police.
Trois grévistes furent mis en garde à vue. Le blocage des quotidiens les fit sortir aussitôt ! Durant ce conflit, on a vu émerger l’apparition de Mediakiosk (ancienne AAP), qui est un organisme fabriquant les kiosques à journaux et vivant de la publicité affichée dessus. Depuis plusieurs années, la Ville de Paris leur a octroyé une délégation de service public (contre l’avis des syndicats de kiosquiers parisiens – édicules en surface).
Mediakiosk a aidé Presstalis à distribuer le papier, agissant en « jaune », et on a pu s’étonner de voir des électriciens porter les journaux. Mediakiosk est une filiale de Hachette, comme Presstalis, qui avait auparavant le monopole de la distribution mais l’avait perdu en 1945 puisque frappée d’indignité nationale pour collaboration étroite avec la propagande nazie.
De cet esprit de la Résistance était née en 1947 la fameuse loi Bichet, obligeant les gros groupes de presse à payer pour la diffusion des petits titres, en particulier à teneur politique ; dont Le Monde libertaire fait partie.
Cette loi Bichet est de plus en plus contournée actuellement, et les petits titres d’expression libre sont tous menacés à court terme. Le support écrit va-t-il pousser son chant du cygne ?
Au bout de trois semaines de conflit, un accord a finalement été signé entre les ouvriers du Livre et Presstalis. Pas de licenciements. Sur 170 employés, 110 continuent de travailler, les autres, plus âgés (nés en 1956 et avant), partent en préretraite. C’est une sorte de plan social que Sarkozy avait interdit, mais lorsque les pressions sont déterminées, le pouvoir recule parfois. Mais attention, c’est, à mon avis, une victoire à la Pyrrhus…
Deux des trois centres sont fermés, une grande partie du traitement des publications part pour la sous-traitance. En cas de nouveau conflit, les commis seront beaucoup moins nombreux et bloqueront moins de titres !
En outre, pour la pléthore de cadres (170), rien n’a été signé et ils se réservent le droit de reprendre une grève… Presstalis ressemble d’ailleurs à une armée sud-américaine où les généraux sont aussi nombreux que les soldats, et ça à la suite de la mécanisation à outrance. Au final, leur sort est déjà réglé… De nouveaux blocages sont donc à prévoir. La grève fut combative, mais sa popularisation très mal orchestrée, le conflit étant resté très corporatiste et ayant la volonté de laver son linge sale en famille.
Le profane de la rue voulant acheter son journal ne comprend jamais pourquoi il ne le trouve pas ! Lorsque j’ai proposé par téléphone aux commis CGT de s’exprimer sur les ondes de Radio libertaire, ils m’ont d’abord demandé si c’était une « radio gay » (et pourquoi pas d’ailleurs ?) puis, après un grand silence, m’ont dit qu’ils en référeraient à leur responsable !
J’ai dû leur rappeler que les anarchistes avaient fondé la CGT au siècle dernier et que des tendances anarcho-syndicalistes y subsistaient toujours. En vain !
Un petit mot maintenant sur les kiosquiers (360 sur Paris), pris entre le marteau et l’enclume ! Déjà à l’agonie depuis quelques années à cause de l’effondrement des ventes des titres, torpillés par Internet, les abonnements, les journaux gratuits et la baisse du pouvoir d’achat puisqu’ils sont rétribués à la commission (22 %) et sont travailleurs indépendants. Par tous les temps, ils réceptionnent la presse, la disposent et la vendent. Dernier maillon essentiel de la chaîne, ils ont toujours été les parents pauvres de la profession. Pourtant, en 2005, ils avaient baissé le rideau durant une semaine, bloqué les dépôts, manifesté et réussi à faire augmenter leur commission. Les kiosquiers sont administrés par Mediakiosk qui leur distribuent des aumônes sous forme d’aide financière pour les plus petits (150 environ).
Les syndicats de kiosquiers ont tout de même envoyé une lettre de soutien aux grévistes en demandant à Presstalis de conserver son système actuel de distribution. Les gros éditeurs et leurs messageries, comme d’habitude, divisent pour régner et imposent une multitude de statuts aux différents travailleurs de la presse, essayant de créer une opposition entre eux.
Alors, lecteur du Monde libertaire, lorsque tu achèteras ton canard, jette un œil compatissant au « dernier mohican » du pavé parisien, ces rebelles du bitume, ces forains du papier, si tu as du mal à trouver ton titre, engueule-le gentiment et demande lui de le mettre en service et achète-le lui chaque semaine !
Salut et fraternité.


Patricio Salcedo
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Secrétaire général du Syndicat parisien des diffuseurs de presse CGT
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Re: Distribution de la presse en grève

Messagede bipbip » 13 Sep 2018, 21:25

Pourquoi la parution des journaux sera perturbée ce jeudi

Les versions papier des quotidiens ne paraîtront pas jeudi 13 septembre en raison d'un appel à la grève lancé dans les imprimeries et les services de distribution par la CGT, dans le cadre d'une mobilisation contre le projet de réforme de la distribution de la presse.

Le quotidien Le Monde était déjà impacté mercredi, proposant uniquement une version électronique en début d'après-midi pour son édition datée de jeudi.

Le Figaro et La Croix ne paraîtront pas non plus en kiosque jeudi matin mais diffuseront leurs versions électroniques dès mercredi soir. Les quotidiens régionaux risquent également de voir leur diffusion perturbée.

L'hebdomadaire L'Obs a pris ses précautions de son côté en avançant sa parution à mercredi.

protester contre le rapport Schwartz

Près de deux cents manifestants s'étaient réunis mercredi matin entre le ministère de la Culture et le Louvre, pour protester contre les conclusions du rapport Schwartz, rendu cet été au gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur fond de grave crise du distributeur Presstalis, l'avant-projet de loi qui conclut ce rapport propose de confier la régulation du secteur à l'Arcep, régulateur des télécoms, et d'assouplir les règles en vigueur.

"Quand on veut construire une loi, il faut qu'elle soit partagée par les acteurs du secteur", a plaidé Didier Lourdez, secrétaire général du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE - CGT), à quelques jours de la fin d'une consultation sur la réforme.

Le syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) a exprimé sa "colère" face à "cette attitude irresponsable".

... http://www.monacomatin.mc/medias/pourqu ... udi-259991
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