Italie

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Messagede bipbip » 13 Juil 2018, 11:14

Italie : élections politiques, racisme d’État et post-fascismes

Beaucoup d’encre a coulé à propos des élections italiennes du 4 mars dernier et sur la crise institutionnelle qui s’en est suivi. La peur de l’avancée populiste [1] (contre le contrôle non démocratique par les institutions de l’Union européenne, dont les fondamentaux sont rarement interrogés), du fascisme, voire de formes proches du nazisme se retrouve en premières pages de la plupart de journaux internationaux.

Mais la situation n’a pas changé du jour au lendemain. La crise institutionnelle, mais aussi la crise politique et culturelle que traverse l’Italie (comme d’autres pays européens) ne vient pas de nulle part mais est le résultat d’une démission de longue date de partis soi-disant « de gauche » qui aujourd’hui jouent aux antifascistes et aux défenseurs de droits humains après avoir fait le jeu de la droite pendant des années.

... http://www.cadtm.org/Italie-elections-p ... -fascismes
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Re: Italie

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 16:38

Foot-business… et lutte des classes

Le transfert à 100 millions d’euros de Ronaldo à la Juventus provoque une grève chez Fiat

Ce mardi 10 juillet, la star mondiale du football Cristiano Ronaldo s’est engagé à la Juventus Turin, contre 100 millions d'euros de transfert et 30 millions de salaire net par an. Des sommes folles qui ont provoqué la colère des ouvriers de Fiat, en grève du 15 au 17 juillet.

Alors que la coupe du monde de football bat son plein, la famille Agnelli, propriétaire de la Juventus de Turin, à décider de s’offrir un des joueurs du Real Madrid : Cristiano Ronaldo. Le transfert a été décidé ce mardi, et le champion d’Italie à accepter de verser 105 millions d’euros pour s’assurer les services de la star portugaise, réalisant ce qui constitue déjà l’un des transferts du siècle, lui offrant par ailleurs un très confortable contrat à 30 millions d’euros net par an, et ce pour les 4 prochaines saisons. En plus d’être propriétaire du club, cette famille détient également le groupe Fiat ainsi que Ferrari. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les travailleurs de Fiat ont en travers de la gorge ces frasques sur le marché des transferts.

En effet, les ouvriers de l’usine de Melfi, dans la province de Potenza, n’entendent pas accepter ce transfert sans sourciller, alors que la direction ne cesse de demander des « sacrifices économiques ». C’est ainsi que le syndicat USB (Unione sindacale di base) a appelé à la grève du 15 au 17 juillet. Dans un communiqué du syndicat USB, les ouvriers se sont confiés et ont protesté contre leurs conditions de travail et contre les périodes de chômage partiel qui leur seront imposées jusqu’en 2022.

Nous relayons ci-dessous le communiqué du syndicat USB :

« Il est inacceptable que pendant que les travailleurs de Fca et Cnhi continuent de demander des sacrifices économiques énormes pendant des années, la même décision de dépenser des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur.

On nous dit que le moment est difficile, qu’il faut recourir à des amortisseurs sociaux en attendant le lancement de nouveaux modèles qui n’arrivent jamais.

Et tandis que les travailleurs et leurs familles se serrent la ceinture de plus en plus, la propriété décide d’investir beaucoup d’argent sur une seule ressource humaine !

Est-ce normal ? Est-il normal qu’une seule personne gagne des millions et que des milliers de familles n’atteignent pas le milieu du mois ?

Nous dépendons tous du même maître, mais jamais en ce moment d’énorme difficulté sociale, ce traitement inégal ne peut et ne doit être accepté.

Les travailleurs de Fiat ont fait la fortune de la propriété pendant au moins trois générations, enrichissant quiconque se déplace autour de cette société, et en retour, ils ont toujours et seulement reçu une vie de misère.

La propriété devrait investir dans des modèles de voiture qui garantissent l’avenir de milliers de personnes plutôt que d’en enrichir un seul, cela devrait être le but de qui met les intérêts de leurs employés en premier, si cela ne se produit pas parce que vous préférez le monde du jeu , amusant pour tout le reste.

Pour les raisons décrites ci-dessus, le Syndicat du Syndicat des travailleurs de la base déclare une grève à la FCA di Melfi à partir de 22h00 le dimanche 15 juillet jusqu’à 06h00 le mardi 17 juillet 2018. »

Alors que la famille Agnelli et la Juventus Turin vont empocher un pactole en termes de vente de maillot, de billets, de droits à l’image, etc., la goutte d’eau a fait déborder le vase pour les ouvriers de Fiat, bien décidé à ne pas se laisser faire.


http://www.revolutionpermanente.fr/Le-t ... -chez-Fiat
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Messagede Lila » 19 Juil 2018, 17:50

Viol en Italie : la décision de justice qui scandalise les Italiennes

La Cour de cassation a cassé le verdict d'un procès pour viol en raison de l'état d'ébriété de la victime, rapporte « The Guardian ». Une décision très contestée.

Une décision « alarmante » pour les Italiennes. La Cour de cassation de Rome a décidé, mardi 17 juillet, de rejuger deux hommes condamnés à trois ans de prison pour le viol d'une femme en 2009, rapporte the Guardian. Les juges ont estimé que les circonstances aggravantes ne pouvaient pas être retenues contre eux étant donné que la victime avait volontairement consommé de l'alcool la nuit des faits. Cette décision a été vivement critiquée par les associations des droits des femmes et la classe politique italienne, qui dénoncent « un énorme retour en arrière ».

« La position de la Cour de cassation est extrêmement sérieuse parce que les femmes auront plus de difficultés à l'avenir à signaler des viols », explique au quotidien britannique Lella Palladino, présidente de l'association féministe Donne in Rete contro la violenza (réseau des femmes contre la violence). Une opinion partagée par Alessia Rotta, députée du Parti démocrate italien. « Cette décision nous ramène des décennies en arrière... Elle risque d'anéantir des années de lutte », s'indigne-t-elle.

la suite : http://www.lepoint.fr/monde/viol-en-ita ... 072_24.php
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Messagede bipbip » 31 Juil 2018, 20:16

En Italie, l’inquiétante multiplication des attaques racistes

L’agression d’une athlète d’origine nigériane, près de Turin, provoque une vive émotion. Le ministre de l’intérieur Matteo Salvini est accusé d’alimenter un climat d’intolérance.

... https://www.lemonde.fr/europe/article/2 ... _3214.html
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Messagede bipbip » 03 Aoû 2018, 17:47

Dans l’Italie de Salvini, chasse aux Noirs et montée du racisme

Depuis le début de l'été, l'Italie connaît une recrudescence d'actes racistes, notamment envers les Noirs, qui s'inscrivent dans la continuité de l'élection de Matteo Salvini, leader de la Ligue, le parti d'extrême droite italien. Ce dernier, peu enclin à condamner ces violences, a plusieurs fois remis de l'huile sur le feu et laisse planer un climat qui pousse les auteurs d'actes racistes à se sentir autorisés dans leurs violences.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Dans ... du-racisme
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Messagede bipbip » 04 Aoû 2018, 15:33

Carnet de reportage : la face cachée de la récolte de la tomate en Italie

Dans le sud de l’Italie, les tomates sont généralement récoltées par des ouvriers agricoles africains. Ces derniers gagnent souvent moins que le salaire légal et vivent dans des campements de fortune, depuis de nombreuses années pour certains. Derek Thomson, le rédacteur en chef des Observateurs de France 24 est allé à leur rencontre : dans ce carnet de reportage, il revient sur les difficultés à filmer les champs de tomates…

Dans le cadre de ce reportage Ligne Directe, Derek Thomson s’est notamment rendu dans la province de Foggia, située dans région des Pouilles, dans le sud-est de l’Italie, où la production de tomates est la plus importante.

... http://observers.france24.com/fr/201808 ... ate?ref=tw
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Re: Italie

Messagede bipbip » 08 Aoû 2018, 20:11

Le gouvernement italien fait adopter une loi controversée sur le travail

Sous le feu des critiques, les populistes au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter leur première loi majeure qui ambitionne de sanctionner les entreprises abusant de la flexibilité.

C’était un cheval de bataille de Luigi Di Maio, le nouveau ministre du travail et chef de file du parti antisystème Mouvement 5 étoiles (M5S). Sous le feu des critiques, les populistes italiens au pouvoir depuis deux mois ont fait adopter mardi 7 août leur première loi majeure qui ambitionne de réformer le marché du travail et de frapper les entreprises abusant de la flexibilité.

Dans la foulée de la Chambre des députés, la semaine dernière, le Sénat a avalisé mardi le « décret-loi dignité », avec 155 voix pour, 125 voix contre et une abstention, donnant le feu vert définitif à un texte limitant le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) et pénalisant licenciements et délocalisations.

Une loi pourfendue par le patronat italien, ainsi que par le Parti démocrate (PD, centre gauche). « Citoyens 1-système 0 », s’est réjoui sur Twitter Luigi Di Maio, triomphant. Et les sénateurs de sa formation ont qualifié de « révolution culturelle » ce coup porté au « fléau social qui s’appelle la précarité ».

... https://www.lemonde.fr/europe/article/2 ... _3214.html
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Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 17:10

En Italie, la colère des forçats de la tomate

Des centaines d’ouvriers agricoles, essentiellement africains, qui ramassent les tomates dans le sud de la péninsule, ont manifesté, mercredi, contre leurs mauvaises conditions de travail.

« Plus jamais des esclaves ». Mercredi 8 août, des centaines de travailleurs agricoles, essentiellement africains, ont délaissé les champs de tomates du sud de l’Italie pour manifester leur colère, après la mort de seize d’entre eux dans deux accidents de la route. Samedi 4, puis lundi 6 août, deux fourgonnettes ramenant des ouvriers agricoles à la fin de la journée sont entrées en collision frontale avec des camions de tomates : seize morts et quatre blessés graves, tous d’Afrique noire à l’exception du conducteur, marocain, de la seconde fourgonnette.

Dans la chaleur et la poussière, des dizaines d’entre eux ont marché pendant trois heures sur les petites routes défoncées de la région pour gagner Foggia, où d’autres les ont rejoints devant la préfecture. Ils dénoncent leurs conditions de travail, d’hébergement, ainsi que le niveau de leurs salaires.

... https://www.lemonde.fr/europe/article/2 ... _3214.html
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Messagede bipbip » 13 Aoû 2018, 18:03

Liste des agressions racistes en Italie

Jour après jour, voici la liste des agressions racistes en Italie dirigée par l’extrême droite

Le 3 février 2018, un militant d’extrême droite et ex-candidat de la Ligue à des élections locales ouvrait le feu sur six migrants noirs à Macerata, dans le centre de l’Italie. Depuis, onze autres attaques à caractère raciste – par le biais d’armes à feu, à air comprimé ou d’armes blanches – ont pris des personnes immigrées pour cible. Mediapart dresse cette liste vertigineuse, qui confirme la montée de la xénophobie dans la péninsule.

Sergio Mattarella s’est senti obligé de sortir de sa réserve. « L’Italie ne peut pas ressembler à un Far West, où quelqu’un achète un fusil et tire sur une fillette d’un an, a lancé, le 26 juillet 2018, le président de la République. C’est de la barbarie et cela doit susciter l’indignation. » Dix jours auparavant, à Rome, un homme avait tiré de son balcon avec une carabine à air comprimé sur une enfant de nationalité roumaine. Un épisode terrifiant, mais loin d’être isolé.

Les deux vice-présidents du gouvernement formé début juin, Matteo Salvini, pour la Ligue, et Luigi Di Maio, pour le Mouvement Cinq Étoiles (M5S), se sont montrés bien plus discrets face à la multiplication des actes racistes. Interrogé sur la question le 28 juillet 2018, Salvini, ministre de l’intérieur, déclarait que « l’alerte raciste est une invention de la gauche » et que « les Italiens sont de braves gens, mais leur patience est en train de prendre fin ».

Dans une manifestation contre le racisme à Macerata dans le centre de l’Italie, le 10 février 2018 : « Arrêtez de jouer avec la vie des migrants » © Reuters/Yara NardiDans une manifestation contre le racisme à Macerata dans le centre de l’Italie, le 10 février 2018 : « Arrêtez de jouer avec la vie des migrants » © Reuters/Yara Nardi
Quant à Luigi Di Maio, il a défendu son allié, en niant un quelconque climat de tension dans le pays. « Je ne crois pas qu’il y ait une alerte liée au racisme, a-t-il assuré le 30 juillet. Certaines personnes ont besoin de se sentir de gauche, car elles ne le sont plus, donc elles attaquent Matteo Salvini en l’accusant d’être d’extrême droite. » Il n’y a guère que le président de la Chambre des députés Robert Fico (M5S), au sein de la majorité, qui fait le service minimum : « Qu’il y ait ou pas, en ce moment, davantage d’attaques racistes en Italie, je pense que le racisme doit être toujours combattu sans jamais hésiter une seconde. Même s’il n’y avait ne serait-ce qu’un épisode de racisme, il faudrait le combattre sans se poser de questions. »

Malgré les démentis de l’exécutif, les épisodes violents qui ont pris pour cible des étrangers se sont bel et bien multipliés depuis le début de l’année, et la campagne pour les élections générales du 4 mars dernier en particulier. Le 3 février, Luca Traini, militant d’extrême droite et ancien candidat de la Ligue à des élections communales, ouvrait le feu sur six migrants noirs à Macerata, dans le centre de l’Italie (lire notre article). Depuis, pas moins de onze attaques à caractère raciste impliquant l’usage d’armes ont été recensées en Italie. Tentative de recension.

Florence, 5 mars 2018, un mort. Le 5 mars, Roberto Pirrone, un homme de 65 ans, sort de son domicile, dans la capitale toscane. Armé d’un pistolet, il tue Idy Diene, un immigré sénégalais, vendeur ambulant, qui résidait légalement en Italie depuis vingt ans. L’homme a par la suite déclaré à la police qu’il souhaitait se suicider, mais n’en ayant pas trouvé le courage, il aurait décidé d’assassiner quelqu’un pour finir en prison. Roberto Pirrone a nié avoir choisi de faire feu sur Idy Diene pour des motivations raciales, mais le fait qu’il ait d’abord « écarté » d’autres victimes potentielles sur son passage, avant d’ouvrir le feu sur Diene, semble contredire sa version.

Vibo Valentia, 2 juin 2018, un mort et un blessé. C’est le premier incident ayant eu lieu après la formation du gouvernement d’extrême droite emmené par Giuseppe Conte. Dans la nuit du 2 au 3 juin, Sacko Soumayla, un Malien de 29 ans, est abattu par un coup de fusil alors qu’il est en train de dérober avec deux complices du matériel métallique dans une usine abandonnée. Madiheri Drame, lui, est blessé à la jambe. Les trois hommes cherchaient à prélever de vieilles tôles pour pouvoir se fabriquer un abri de fortune.

Le tireur est Antonio Pontoriero, neveu d’un des associés à qui appartenait l’usine par le passé. Sacko Soumayla était un activiste syndical qui défendait les droits des migrants travaillant dans l’agriculture en Calabre. Il possédait un permis de séjour pour résider régulièrement en Italie.

Sulmona, 12 juin 2018, un blessé. À la suite d’une dispute avec un migrant, deux Italiens, armés d’un faux pistolet et d’un petit couteau, pénètrent à l’intérieur d’un centre d’accueil à la recherche de l’homme avec qui a eu lieu l’altercation à Sulmona, dans les Abruzzes. Ils ne le trouvent pas, mais menacent les autres migrants. Une rixe éclate et un Gambien âgé de 23 ans est blessé par un coup de couteau.

Caserte, 11 juin 2018, un blessé. À Caserte, près de Naples, deux migrants maliens, Daby et Sekou, sont approchés par une voiture avec trois jeunes Italiens à l’intérieur. Les trois individus tirent alors sur les migrants avec un pistolet à air comprimé au cri de « Salvini ! Salvini ! », selon le récit des victimes. Un des deux Maliens a été légèrement blessé à l’abdomen. Les auteurs de cette attaque n’ont pas été identifiés.

Naples, 20 juin 2018, un blessé. Un cas très similaire s’est déroulé dans la capitale de la Campanie quelques jours plus tard. Konate Bouyagui, un Malien de 21 ans vivant en Italie depuis cinq ans et travaillant comme cuisinier, est approché par une voiture à sa sortie du travail en plein centre-ville de Naples. Deux hommes d’une trentaine d’années, armés d’une carabine à plomb, tirent sur Konate et le blessent à l’abdomen. Les agresseurs n’ont pas été identifiés à ce jour.

Plusieurs cas en Campanie

Forlì, les 2 et 6 juillet 2018, deux blessés. Deux cas d’agression en moins d’une semaine à Forlì, une ville de 110 000 habitants, située en Émilie-Romagne. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, un Ivoirien de 33 ans a été blessé à l’abdomen par un tir de pistolet à air comprimé, effectué depuis une voiture qui s’était approchée alors qu’il roulait en vélo. Dans l’autre cas, qui s’est déroulé à Forlì quelques jours plus tôt, c’est une femme nigériane qui a reçu un tir de pistolet à air comprimé et s’est trouvée blessée au pied.

Latina, 11 juillet 2018, deux blessés. Encore un cas d’agression par pistolet à air comprimé à Latina, près de Rome. Le 11 juillet, deux demandeurs d’asile originaire du Nigeria sont pris pour cible par les passagers d’une voiture alors qu’ils attendent le bus. Âgés de 26 et 19 ans, les deux hommes ont été légèrement blessés aux jambes.

Rome, 17 juillet 2018, une blessée grave. Voici l’épisode, très médiatisé en Italie, qui a porté le président de la République à réagir. Une enfant de nationalité roumaine, âgée d’un an, est blessée au dos par une balle tirée d’une carabine à air comprimé, alors qu’elle était dans les bras de sa mère. La mère et l’enfant habitent un camp de Roms de la capitale.

L’auteur du tir est Marco Arezio, 59 ans, ancien employé du Sénat à la retraite qui a fait feu depuis son balcon. Les forces de l’ordre étudient l’hypothèse selon laquelle l’arme a été modifiée pour la rendre plus puissante. Marco Arezio, sans casier judiciaire jusqu’alors, a affirmé que le coup était « parti par erreur ». La petite fille n’est plus en danger de mort, mais elle risque de rester paralysée.

Vicenza, 26 juillet 2018, un blessé. Un autre tir de carabine à air comprimé depuis un balcon, un autre étranger blessé. L’épisode a eu lieu à Cassola, près de Vicenza en Vénétie. Lenny Delgado, un ouvrier originaire du Cap-Vert, âgé de 33 ans et résidant depuis dix-sept ans en Italie, a été pris pour cible et blessé au dos alors qu’il travaillait sur un échafaudage à sept mètres de hauteur. L’auteur du tir est un homme âgé de 40 ans, Cristian Damian, qui s’est défendu en affirmant qu’il visait un pigeon.

San Cipriano d’Aversa, 26 juillet 2018, un blessé. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, à San Cipriano d’Aversa, en Campanie, un demandeur d’asile guinéen a été pris pour cible par deux personnes en moto, qui ont tiré sur lui avec un pistolet à air comprimé. Le migrant a été légèrement blessé au visage.

Naples, 2 août 2018, un blessé grave. Le dernier épisode en date est sans doute un des plus graves, car cette fois, le tir n’a pas été effectué avec une arme à air comprimé, mais bien avec un vrai pistolet. La victime de cet attentat est Cissé Elhadji Diebel, 22 ans, vendeur ambulant. L’homme, d’origine sénégalaise, qui réside légalement en Italie a été pris pour cible par deux personnes en scooter qui ont tiré trois coups de feu, dont un qui a atteint la jambe du migrant. L’épisode ayant eu lieu dans un quartier de Naples où la présence de la criminalité organisée est forte, les forces de l’ordre n’écartent pas, à ce stade, l’hypothèse que ce crime n’ait pas de caractère raciste.

Outre ces cas d’agression, d’autres épisodes, qui n’impliquent pas l’usage d’armes, sont à signaler. Il s’agit le plus souvent de rixes qui provoquent des blessés et dans lesquelles des insultes racistes sont entendues par des témoins. À Aprilia, près de Rome, le 29 juillet 2018, Hady Zaitouni, un Marocain de 43 ans, a même trouvé la mort.
Poursuivi par trois Italiens persuadés qu’il avait commis un vol, Hady Zaitouni a perdu le contrôle de son véhicule en tentant de s’échapper. Néanmoins, les causes de la mort du Marocain n’ont à ce jour toujours pas été éclaircies puisqu’on ne sait pas si Hady Zaitouni est décédé des conséquences de son accident ou à cause des coups que ses poursuivants lui auraient infligés.

Le cas de Daisy Osakue, enfin, a sûrement été le plus médiatisé – même si les séquelles physiques sont moindres. L’athlète italienne d’origine nigériane, spécialiste du lancer du disque, 22 ans, et qui participe ces jours-ci aux championnats d’Europe à Berlin, a été blessée au visage par un œuf lancé depuis une voiture, à Moncalieri, près de Turin, dans la nuit du 29 au 30 juillet. Ses agresseurs sont trois étudiants de 19 ans chacun. D’après l’enquête, ils avaient déjà lancé des œufs contre d’autres personnes – sans conséquence – durant les jours précédents.


https://www.facebook.com/infocomcgt/pos ... 6339202997
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Re: Italie

Messagede bipbip » 15 Aoû 2018, 18:11

La marche des «casquettes rouges» contre l’exploitation

Des centaines de journaliers africains défilent en Italie en protestation contre des conditions de travail propres à de l’esclavage. «Nous sommes prêts à organiser la première marche pour la dignité et pour les droits. Pour dire non à toute forme d’esclavage, en particulier contre les diktats de la grande distribution.» Le jour se lève à Torretta Antonacci, près de l’ex-ghetto de Rignano [1], entre les champs de Rignano Garganico et de San Severo, à une vingtaine de kilomètres de Foggia, dans les Pouilles.

Aboubakar Soumahoro, syndicaliste de l’Unione sindacale di Base (USB), rassemble des centaines de journaliers avant de leur expliquer: «Durant la matinée, nous traverserons les champs jusqu’à la préfecture de Foggia. Nous brandirons nos casquettes rouges pour dire non à l’exploitation. Pour dire clairement que les êtres humains priment sur les affaires.» Il ajoute: «Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de permis, nous voulons des réponses.»

Il est près de midi lorsque la manifestation, réunissant plusieurs centaines de journaliers africains qui ont aujourd’hui croisé les bras «pour protester contre un système agricole qui nous opprime», se rassemble devant la gare de Foggia avant de se rendre ensuite, leur nombre ayant atteint presque 1000, devant la municipalité de cette ville des Pouilles.

... https://alencontre.org/europe/italie/it ... ation.html
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Re: Italie

Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 17:29

Viaduc effondré à Gênes : les familles de victimes, entre douleur et indignation
Les familles d'une partie des victimes ont choisi de ne pas participer aux funérailles nationales, certaines préférant des cérémonies plus intimes et dans leur ville, d'autres annonçant clairement un boycott.
... http://www.europe1.fr/international/via ... on-3735488

Funérailles des victimes du viaduc effondré à Gênes : "Certains doivent payer"
L'Italie a rendu hommage samedi aux victimes de la catastrophe de Gênes lors de funérailles d'État, que certaines familles ont décidé de boycotter pour marquer leur colère envers le gouvernement.
... http://www.europe1.fr/international/fun ... er-3735608
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Re: Italie

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 21:01

Entre crise financière et racisme d’État

Italie : Entre crise financière et racisme d’État

Le nouveau gouvernement italien – issu d’une coalition entre les organisations Cinq étoiles et la Ligue – est un assemblage à l’équilibre électoral instable. Tiraillé entre ces différentes composantes, l’exécutif italien navigue à vue laissant toutes les formes politiques classiques italiennes dans le désarroi, tout en accentuant le clientélisme.

Quoi que chacun pense du non-parti, en théorie, Le Mouvement cinq étoiles (M5S), sa victoire aux dernières élections législatives ne constitue une surprise qu’en dehors de l’Italie. Ce mouvement, qui a véritablement émergé hors des cénacles politiques, enregistrait dans les sondages comme dans les discussions au café du commerce et dans les alcôves, une sympathie qui est allée croissante.

Évidemment, l’étincelle de départ ne fut pas une révolte populaire mais le pari d’un humoriste quasi-retraité. Giuseppe «  Beppe  » Grillo a été l’étincelle, mais si l’incendie s’est allumé dans la prairie, c’est que les conditions étaient propices à l’incendie. La victoire est sans équivoque – 32 % – laissant le second parti de la coalition au pouvoir, les fachos de l’ancienne Ligue du Nord, à 17 %  ! Un tiers des votant.es s’est prononcé pour le mouvement 5S contre seulement 1/6 (la moitié  !) pour la Ligue. Néanmoins, l’autre grand gagnant demeure le parti abstentionniste, car même s’il n’atteint pas le niveau français, il a été le plus élevé de toutes les élections connues, 27 %. Il faut donc relativiser l’engouement pour la Ligue ou le M5S, bien entendu, à moins que ce ne soit pour le cirque politique.

Une repolitisation en trompe l’œil du mouvement 5 étoiles

Le M5S, cohérent avec leur idéologie disruptive, est allé seul au combat. La Ligue, fidèle à ses rodomontades, s’est alliée à trois autres partis de droite tout aussi avant-gardistes qu’elle. Cette coalition termine à 37 % et 109 sièges. Parmi eux, le parti du mafio-entrepreneur communiquant Silvio Berlusconi. La coalition de gauche parlementaire ne comptait pas moins de cinq dinosaures qui finissent à 18 % et 86 sièges. Les autres partis ou coalitions, dont les Nationalistes révolutionnaires de CasaPound (se présentant seuls), ne réalisent pas assez de voix pour siéger. Le M5S obtiennent à elles seules 88 siègent... Il faut donc s’allier. Résultat, il y a à présent un arrière goût amer car la Ligue a le vent en poupe pour des raisons contextuelles récentes (les migrants et l’Acquarius). Le M5S a servi de tremplin à la Ligue et se sent un peu le dindon de la farce – mais après en avoir mis plein la figure à tout le monde, pouvait-il espérer autre chose qu’une fuite en avant vers toujours plus de gros bras  ? En clair, cela signifie que les partis traditionnels se sont effondrés, Berlusconi essaye de capitaliser sur l’alliance avec la Ligue qui le considère has been et l’ignore, les partis de gauche parlementaire sont pulvérisés, les partis d’extrême droite ou de droite représentent la force d’appoint de nuisance que le M5S est obligé d’agréger si il veut vraiment poser ses propositions. Certains membres du M5S et journalistes parlent d’une forme italienne de prise d’otages.

Le jeu des alliances favorise le virage a droite

«  Faire que tout change pour que rien ne change  »  : cet adage qui met Lampedusa une nouvelle fois sur le devant de la scène puisqu’il provient du roman de Tomaso di Lampedusa dans un classique de la littérature italienne, semble coller à merveille au cas italien. Se retrouvant dans cette situation politique, la première proposition du Premier ministre avait été refusée (trop anti-Bruxelles), la seconde prête à rire dès le lendemain. En effet, Giuseppe Conte aurait un peu «  bidouillé  » son CV façon Rachida Dati il y a quelques années. Des pratiques somme toute classiques dans un pays marqué par une forme subtile de corruption et de clientélisme qui, si elles s’arrangent lentement avec les luttes antimafia, perdurent néanmoins de façon insupportable pour les Italiens et Italiennes au quotidien. À l’intérieur, c’est le chefaillon de la Ligue qui s’y colle, Matteo Salvini. Son programme est simple et entendu, renvoyer Roms, migrants et tout étranger entrés illégalement, fermer la porte à l’immigration. L’Italie ayant le taux de natalité le plus bas de toute l’Europe et vieillissant comme tous les pays européens, on peut s’attendre à l’impossibilité de réaliser ce fantasme sauf à faire retourner les femmes à la maternité de manière forcée. L’Italie se prépare plus sûrement sur ce sujet à devoir mesurer le hiatus entre des discours de fermeté sur les étrangers, et de plus en plus de migrants, avec une incompréhension poussant à aller chercher celui qui empêchera vraiment les étrangers de venir, donc encore plus à droite. Autre riche idée de Salvini, permettre aux citoyens de se défendre officiellement en groupe organisé, bref des ligues ou milices d’autodéfense. La Ligue ayant le vent en poupe, les propositions sociales du M5S, ses critiques de l’Union européenne parfois proches d’un certain Mélenchon en France, sa proposition d’un revenu de base inconditionnel mais transitoire pour les plus démunis (sans véritable rapport avec le revenu de base défendu par le Mouvement français pour un revenu de base ou l’allocation universelle historique) passent second plan et deviennent de plus en plus inaudibles. Et le fait que la plupart des élu-es ne sont effectivement pas des politiques professionnels les mettent dans l’incapacité de plus en plus évidente ou de reprendre la main ou répondre de manière convaincante aux critiques budgétaires sur les dépenses à engager pour les propositions du M5S. L’Italie a un niveau d’endettement proche de la Grèce d’avant la punition bruxelloise. Il faut donc s’attendre dans ce contexte à de l’imprévisible. Vu le mode de fonctionnement du M5S, ils peuvent aussi bien démissionner cela ne les satisfaisant plus du tout  ! Ceci permettra à des vieux briscards de reprendre la place encore chaude et de perpétuer ce qui se faisait déjà depuis longtemps. Le climat sera bien entendu au mieux euro-sceptique, au pire trublion, mais un Italexit rendrait la situation financière italienne apocalyptique du point de vue de l’orthodoxie économique en vigueur. Mais ces nouveaux, ils sont capables de tout...

François M. (Ami d’AL)


Le minestrone politique italien

Giuseppe Conte, président du Conseil, originaire du Sud, professeur de droit privé, s’est prononcé avec politesse mais clairement contre un welfare étendu dans un pays qui compte déjà assez peu d’assurances et allocations sociales.

Le M5S occupe les ministères suivants  : aux rapports avec le parlement et la démocratie directe Riccardo Fraccaro, au sud Barbara Lezzi, à la justice Alfonso Bonafede, à la défense Elisabetta Trenta, aux infrastructure et transports Danillo Toninelli, à la culture Alberto Bonisoli, à la santé Giulia Grillo (sans parentèle avec Guiseppe Grillo), à l’environnement le Général Sergio Costa, au développement économique et de la sécurité sociale Luigi di Maio (bras droit et successeur de Grillo), aux affaires européennes Paolo Savona (celui-là même qui avait été refusé comme Président du conseil par le président de la République pour euro-scepticisme, un comble  !). Presque tous sont de parfait.es inconnu.es, autant que novices en «  politiquanteries  ». À l’économie, Giovanni Tria. Ce dernier a été choisi alors qu’il étrillait l’accord « vague  », selon lui, entre Ligue et M5S. Il s’est prononcé pour une flat tax (taux d’imposition unique sur le revenu), ce qui peut franchement remettre en question le besoin de financement pour le revenu de base du M5S. Aux affaires étrangères, un européiste convaincu (nous ne sommes plus à une contradiction près) Enzo Movero Milanesi.

La Ligue obtient quant à elle les ministères suivants  : à notre équivalent des services publics Giulia Bongiorno, aux affaires régionales (l’Italie compte cinq régions autonomes ou aux statuts spéciaux) Lorenzo Fontana, à l’agriculture Gianmarco Centinaio et à l’instruction (notre éducation nationale) Marco Bussetti.

Ce sont, jusqu’à aujourd’hui de parfaites marionettes de Salvini (qui est ministre de l’Intérieur). Sachant que la Ligue s’est souvent prononcée pour plus d’indépendance des régions (c’est-à-dire «  débrouillez-vous, et adieux aux péréquations car on dépense trop d’argent pour le Sud  ») pour ne pas dire faire sécession d’avec Rome et en dessous, le décor est posé pour que cela se prépare tranquillement.

Un acteur inattendu mais ô combien bienvenu s’est introduit depuis mi-juin dans le débat. Roberto Saviano, l’écrivain antimafia, a pris la parole pour traiter de bouffon Salvini après que ce dernier a, dans son délire de coupes budgétaires, estimé que sa protection devait être supprimée car inutile. En effet, Saviano a fait remarquer comment, étrangement, lors des meetings de la Ligue en Calabre et en Sicile, l’ensemble des familles de Cosa Nostra (Sicile) et de la Ndrangheta (Calabre) était à la fois très présentes et en même temps très paisibles, malgré le mépris et l’ethnocentrisme anti-sud de Salvini et de la Ligue. Le hasard, sûrement...

François M. (Ami d’AL)


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Re: Italie

Messagede bipbip » 22 Oct 2018, 18:42

Affaire de Riace, décret “sécurité et immigration”, “boutiques ethniques" : métastases du racisme salvinien en Italie

Il n'est pas un jour où le ministre de l'Intérieur, avec le consentement tacite ou déclaré de ses laquais du gouvernement, ne nous réserve une perle raciste, dans son style habituel : agressif, outrancier et truffé de sarcasmes lourdingues. Quitte à faire, rarement, marche arrière de quelques petits pas lorsqu'il est allé trop loin, même pour ses dociles alliés à cinq étoiles.

Tel a été le cas jusqu'à présent dans l'affaire de Riace, dont l'épilogue, non définitif je l'espère, est l'exil du courageux maire Mimmo Lucano. Le juge de révision a levé l'assignation à résidence, mais a imposé une mesure encore pire : l'interdiction de résidence dans sa municipalité. De plus, cette interdiction s'accompagne de la mesure inverse imposée à sa partenaire et collaboratrice, Lemlem Tesfahun : si, depuis 2 octobre elle s’était vu interdire de résider à Riace, elle est aujourd'hui contrainte de le faire, avec l'obligation de signer. Plus qu'inspirées par le sens de la justice, ces deux ordonnances semblent être dictées par un sens sadique de la vengeance.

Pas assez satisfait des magistrats complaisants, Salvini a décidé – vu les "criticités" (comme on dit en novlangue des bureaucrates de la Viminal , devenue langue de masse) - la révocation totale des financements d’État à la commune et, plus grave encore, il est allé jusqu'à envisager la déportation des habitants non nationaux, afin de détruire littéralement ce modèle vertueux : exalté, comme on le sait, même par le magazine US Fortune, qui, en 2016, avait inclus le maire de Riace - seul Italien - parmi les cinquante personnalités les plus influentes dans le monde.

Plus tard, dans une note du Viminal , le ministre de l'Intérieur a apparemment corrigé le tir, déclarant qu'il n'y aurait "aucun transfert obligatoire : les migrants ne se déplaceront que sur une base volontaire". En fait, si les personnes bénéficiaient de l’accueil décidaient de rester à Riace, elles sortiraient définitivement du circuit institutionnel. C'est la banalité du mal, parler avec Hannah Arendt. Mimmo Lucano, amer mais pas du tout dompté par ses ennuis judiciaires, a immédiatement donné une réponse courageuse : il a suggéré la création d'un nouveau Sprar (Système de Protection des Demandeurs d'asile et des Réfugiés) "autogéré et autosuffisant".

Pour comprendre dans quelle mesure le racisme est un élément structurel de la politique et de la propagande facho-étoilées (du ministre de l'Intérieur en particulier), il suffirait de lire le décret-loi n° 113/2018 dit "Sécurité et immigration" : rien que son titre révèle quelle est l'idéologie qui l'inspire, ce qui n'a malheureusement pas empêché le Président de la République de le contresigner, en échange d'une seule modification.

... http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24381
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Re: Italie

Messagede bipbip » 03 Nov 2018, 00:39

“Salvini, dégage !” : récit des deux journées de lutte du 26-27 octobre en Italie

Vendredi et samedi derniers ont eu lieu deux journées de mobilisations intenses pour le monde du syndicalisme de lutte italien, avec une grève générale et une manifestation nationale appelée par le SI Cobas à Rome.

Dans de nombreuses villes italiennes, ce 26 octobre, a eu lieu une journée de grève et de lutte contre le patronat et le gouvernement Salvini. Au départ de Florence, un millier de lycéen.nes, étudiant.e.s et travailleurs.euses des secteurs logistique et textile ont défilé pour exprimer leur refus des politiques racistes du ministre de l’intérieur Matteo Salvini ; à Rome, en face du Ministère du Développement économique, s’est tenu un rassemblement de solidarité pour les cinq ouvriers de FCA (anciennement FIAT) ayant reçu un “foglio di via” (équivalent d’un OQTF, Obligation de Quitter le Territoire, ndlr) dans le cadre d’une rencontre institutionnelle avec les bureaucraties syndicales de FCA.

D’autres initiatives ont également marqué la journée, notamment à Castelnuovo Rangone, près de Modène, où le secteur des abattoirs, en état d’agitation constante depuis quelques années, a mobilisé plusieurs centaines de travailleurs.euses dans une manifestation importante. Turin a elle été le théâtre d’une nuit d’actions en soutien aux bases syndicales du centre agro-alimentaire local, de la TNT (logistique) et des coursiers des plateformes de livraison (Deliveroo, Foodora, UberEats), ces derniers ayant étés trahis par le gouvernement Ligue-M5S suite aux promesses de la campagne electorale du printemps dernier.

Le jour suivant, à Rome, une manifestation avait été appelée par le SI Cobas, syndicat de base avec un fort ancrage dans le secteur logistique, contre les politiques racistes et répressives du gouvernement subies par les ouvriers.ères en lutte (qu’iels soient italiens ou immigrés). Autres cibles notables de la mobilisation : des mesures visant à la restriction du droit d’asile et des droits de grève. Le cortège s’est lancé aux alentours de 15h à Piazza Repubblica, arrivant après trois heures de procession à Piazza Venezia. On comptait plusieurs dizaines de cars venus de tout le pays.

Selon le SI Cobas, 15 000 personnes environ ont participé à la manifestation. Entre autres thèmes évoqués par les slogans lancés en tête de manif, on a beaucoup parlé des restrictions à la liberté de circulation, des mesures anti-ouvrières contenues dans le décret Salvini (trop souvent qualifié génériquement de “raciste” par la gauche modérée), comme les dispositions visant à limiter des pratiques telles que les piquets de grève et les blocages routiers.

La présence des lycéen.ne.s de Rome à la manif a positivement suggéré la construction d’un front commun anti-gouvernemental, pour mettre en lien les différents secteurs attaqués par les manœuvres de l’exécutif.

La ville de Rome a tout dernièrement affronté le cas du meurtre de Desirée (morte il y a deux semaines à 16 ans par overdose, après avoir été violée par une bande de dealers) en se mobilisant contre le vandalisme médiatique systématique de Matteo Salvini et en opposition aux différentes initiatives des groupes fascistes visant à instrumentaliser l’affaire dans une optique anti-migrants. Le pari d’un rassemblement des différents secteurs en lutte contre le modèle-Salvini se fonde sur ces journées de mobilisation générale. La tâche est dure à accomplir, mais trop essentielle pour qu’un retournement de la situation politique et sociale dans laquelle se trouve le pays ait lieu.

Traduit de l’italien. L’original se trouve sur le site infoaut.org, “26-27 ottobre: due giorni di mobilitazione contro il governo gialloverde”


https://agitationautonome.com/2018/10/3 ... en-italie/
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