Logement, loi SRU, loi ELAN...

Re: Logement, loi SRU, loi ELAN...

Messagede bipbip » 02 Jan 2019, 21:54

Loi Elan : comment le gouvernement attaque le logement social

Inscrite au Journal officiel le 24 novembre, la loi Elan représente un coup dur pour le logement social. Loger les plus démunis ou assurer un minimum de mixité sociale : des objectifs secondaires ? En fragilisant financièrement le secteur du HLM, c’est le message que le gouvernement envoie. Décryptage.

... https://www.bondyblog.fr/reportages/ces ... -social-2/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 35143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Logement, loi SRU, loi ELAN...

Messagede bipbip » 03 Jan 2019, 00:56

Lettre ouverte à Mme Vassal, MM. Gaudin et Dartout

Trois des rescapés de l’immeuble effondré du 65 rue d’Aubagne à Marseille interpellent le maire et le préfet de Marseille, ainsi que la présidente du département : « Nous attendons encore un signe de votre considération, un geste de compassion et une prise en charge que nous sommes en droit d’attendre. »

Nous nous adressons publiquement à vous, M. Gaudin, M. Dartout et Mme Vassal afin que l’ensemble de nos concitoyen·nes aient accès à notre témoignage, qui diffère de ce que laisse entendre la communication officielle délivrée par les représentants des pouvoirs publics.

Comme vous le savez, le 5 novembre à 9h05, notre immeuble s’effondre sur Simona, Niasse, Ouloume, Fabien, Julien, Marie, Taheb et Chérif, ouvrant une ère de sidération et de deuil dans le cœur des marseillais·es. Suite au choc traumatique d’avoir tout perdu lorsque nos appartements ont englouti nos 8 voisins morts dans des conditions cauchemardesques que nous avons évitées de peu, nous sommes à ce jour prisonnier·es dans des chambres d’hôtel depuis bientôt 2 mois.

Permettez-nous de vous le dire ainsi, cette situation nous est insupportable. Alors nous nous demandons jusqu’où et jusqu’à quand va se prolonger cette gestion inhumaine ?

Nous nous demandons quelle est donc la conception que vous avez de vos rôles politiques quand vous nous abandonnez à une interminable attente, au même moment où vous songez à offrir une subvention de 1,8 millions d’euros au cercle des nageurs, ou quand vous honorez une soirée de dégustation de chocolat durant l’agonie d’habitant·es de Noailles encore sous les décombres ?

Au 65 rue d’Aubagne, dans l’immeuble qui s’est effondré à 9h05 un lundi matin, seul 4 foyers sur 10 ont survécu. Sur ces 4 foyers, deux vivent encore à l’hôtel, dont l’un sans aucune possibilité de relogement et deux ont été relogés, dont l’un dans un appartement insalubre qui ne lui convient pas.

On pourrait croire que le pire est derrière nous et bien non, cette catastrophe a désormais pris la forme de vos administrations inadaptées, des interminables queues au centre Beauvau, de l’absence de considération de la part des pouvoirs publics, de notre nouvelle situation de SDF et enfin du manque absolu de réponse à notre détresse.

M. Gaudin, Mme Vassal, M. Dartout, rendez-vous compte que vous êtes en train de faire endurer de la maltraitance psychologique à des personnes dont l’état de santé mentale est déjà très affaibli par le drame qu’a engendré votre politique urbaine à deux vitesses.

Nous ne pardonnerons jamais les fautes meurtrières commises dans le passé, et si l’enquête judiciaire se chargera de désigner les coupables de la mort de ces 8 citoyen·nes et de la mise en péril de nos vies, vous êtes toutefois, du fait vos fonctions, responsables des mauvais traitements que nous subissons à l’heure actuelle. En effet, on entend souvent dans la presse et selon la communication des pouvoirs publics, que des moyens financiers ont été mobilisés et que de ce fait nous sommes pris en charge matériellement.

En réalité, depuis le début, l’on ne nous propose que des solutions dérisoires et inadaptées qui relèvent du droit commun et qui ne nous ont absolument pas permis de retrouver des vies dignes. Deux d’entre nous ont par exemple le 5 décembre, suite à la signature d’un bail, fait une demande d’aide au Fond Solidarité Logement, géré par le Conseil Départemental. Cette aide, tout à fait ordinaire, doit permettre de payer les frais de déménagement, d’ameublement etc.

Alors que la procédure devait être « accélérée » exceptionnellement, la demande a en réalité dut être réitérée 3 fois et plus de 25 jours plus tard, nous n’avons toujours rien reçu, nous obligeant à rester à l’hôtel faute de pouvoir acheter le minimum de meubles nécessaire pour intégrer notre nouvel appartement.

Concernant l’« aide aux adultes », le Conseil Régional PACA a lui aussi daigné nous offrir des fonds soi-disant exceptionnels à hauteur de… 200 euros pour un couple et 250 euros pour un autre. Cette somme ridicule, dont on ne sait pas pourquoi elle diffère selon les cas qui sont pourtant identiques, est une aumône qu’ils semblent nous faire. Les pouvoirs publics disent qu’ils mettent tout en place pour nous aider, or ce n’est pas le cas.

La seule aide conséquente que nous devrions recevoir mais que nous attendons toujours et qui nous semble de plus en plus incertaine, ce sont 5000 euros de bon d’achats que l’on nous a promis pour l’ameublement. Ces bons sont la redistribution des dons privés qui ont été fait à la Croix Rouge. A aucun moment il ne s’agit donc d’une aide des pouvoirs publics mais du seul résultat de la solidarité citoyenne, que nous tenons d’ailleurs à remercier.

En outre, personne ne nous a reçu spontanément. Il a fallu la médiation du « collectif du 5 novembre » pour qu’enfin le 30 novembre, nous 4 soyons reçu·es par le directeur des services de l’urbanisme à la Mairie de Marseille, qui nous a promis une prise en charge que nous attendons toujours. Pire encore, nous nous sommes retrouvé·es confronté·es à des formes de mépris quotidien, telle que l’annulation d’un rendez-vous à la l’hôtel de ville, au cours duquel nous étions censé·es recevoir une aide et ce sans que nous en ayons été averti·es.

Imaginez vous vous rendre à un tel rendez-vous, trouver porte close et enfin vous laisser entendre dire que vous allez devoir choisir entre les dons versés à la Croix Rouge et des aides financières exceptionnelles, présentés comme incompatibles.

L’accueil à la rue Beauvau quant à lui, a été inadapté depuis le début et l’est encore comme en ont témoigné les délogé·es qui se sont rassemblé·es ces derniers jours devant la porte d’entrée. Les agents qui sont en sous-effectif, inexpérimenté·es, pas formé·es à gérer une telle situation, sans consignes claires, et surtout sans réel moyen de nous apporter ce que nous nécessitons, renvoient toujours les décisions au lendemain, créant ainsi une anxiété terrible pour nous toutes et tous.

M. Gaudin, quand lors du conseil municipal du 20 décembre vous appelez votre équipe municipale à vous aider à répondre au défi que vous lance la mémoire de nos 8 voisin·es, nous vous invitons également, à penser à répondre à ce défi par un minimum de respect et de considération pour le peu de survivant·es que ce drame a épargné. A ce propos, quand nous entendons M. Ruas poursuivre pour dire que « les services du logement ont fait un travail extraordinaire auprès des personnes dont on sait qu’elles ne retrouveront jamais leur appartement », nous en avons la nausée.

Nous le répétons, presque 2 mois après ce drame, sur les seul·es survivant·es de l’immeuble, le bilan n’est pas glorieux : 2 couples sont encore à l’hôtel, dont un sans aucune possibilité de relogement, et sur les deux foyers relogés, une personne se trouve bloqué dans un HLM insalubre que ne lui convient pas.

Comment pouvez-vous donc avancer des mensonges aussi éhontés juste après la mention d’un soi-disant défi lancé par la mémoire de ces 8 victimes ? Nous attendons encore un signe de votre considération, un geste de compassion et une prise en charge que nous sommes en droit d’attendre, après avoir perdu foi en la sécurité et la protection qu’aurait dû nous apporter nos habitations, nous perdons foi en la sécurité et protection qu’aurait dû nous apporter notre municipalité et l’Etat.

Il s’impose comme une évidence, qu’aveuglé·es par le profit présagé par votre entreprise de gentrification, vous avez failli à vos responsabilités politiques de protection des habitant·es de la rue d’Aubagne et ce en dépit des nombreuses alertes qui vous ont été lancées par les habitant·es et par les expert·es de la sécurité civile.

Vous n’avez pas voulu investir pour assurer la sécurité de la vie des gens de notre quartier, parce que vous étiez trop occupé·es à orchestrer un nouveau projet de destruction de l’identité marseillaise incarnée par le quartier voisin du nôtre, La Plaine, faisant au passage un joli cadeau de 22 millions d’euros d’argent public à vos collègues du privé.

Aujourd’hui, à quelles activités vous affairez-vous donc au point d’en oublier les 4 foyers survivants ainsi que les 1600 personnes délogé·es ?

Il est vrai que même si nous ne sommes pas dupes de vos manœuvres visant à refouler les pauvres du centre-ville, nous nous sommes tout de même étonné·es de voir qu’au lendemain de la vague de signalements d’insalubrité et de péril, comme le révèle l’émission « Les Pieds sur terre », les charognards d’Euromed arrivent plus vite pour voler nos bâtiments que les expert·es pour protéger nos vies. Oui, nous pensions que votre cynisme trouverait ses limites dans le deuil, et bien force est de constater que nous avions tort…

Nous demandons aux pouvoirs publics de mettre en place une aide exceptionnelle pour répondre à cette situation exceptionnelle, plutôt que de se cacher derrière le droit commun qui est clairement insuffisant et inadapté, laissant presque deux mois après l’effondrement, deux d’entre nous sans même une solution de relogement. Nous ne demandons rien d’extravagant, mis à part de pouvoir retrouver nos vies grâce à un logement dans le centre-ville et une aide suffisante pour pouvoir intégrer notre nouveau lieu de vie dans de bonnes conditions, avec un peu de considération et de dignité.

Pragmatiquement, une meilleure organisation de la gestion de cette crise permettrait pour nous de retrouver des vies normales et d’éviter par ailleurs de continuer à dépenser de l’argent public en nuitées d’hôtel.

Nous demandons à ce que nos situations, des ancien·nes habitant·es du 65 ainsi que celles de nos voisin·es du 69, soient gérées collectivement et non au cas par cas de façon différenciée et inégale. Nous demandons enfin que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités au lieu de sans cesse se reposer sur la solidarité citoyenne.

Dans l’attente d’une résolution rapide des problèmes que nous avons ici exposés, pour nous, nos voisins du 69 et tou·tes les délogé·es de Marseille,

Cordialement,

Pierre K., Sophie D., Alexia A., Alexander H.,

Ancien·nes habitant·es du 65 rue d’Aubagne.


https://blogs.mediapart.fr/les-invites- ... 7BYe4Mu-yo
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 35143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Logement, loi SRU, loi ELAN...

Messagede bipbip » 09 Jan 2019, 17:19

Législation anti-pauvres

Loi Élan : droit dans le mur...

Adoptée définitivement le 18 octobre, la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique était déjà bien connue pour ses atteintes à la protection du littoral et au logement des personnes handicapées. Il nous restait à apprécier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux « derniers de cordée » en général...

... http://cqfd-journal.org/Loi-Elan-droit-dans-le-mur
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 35143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Logement, loi SRU, loi ELAN...

Messagede bipbip » 16 Jan 2019, 17:47

Livret A : PetitEs épargnantEs spoliés, banques engraissées, logement social délaissé

Depuis le 1er août 2015, le taux du livret A est à 0,75%. Pourtant, l’inflation ne cesse d’augmenter depuis cette date : 0.2% en 2016, 1% en 2017 et 1,9% en novembre 2018 (dernier chiffre connu).

Autrement dit, les épargnantEs des catégories populaires (car les autres ont d’autres placements bien plus lucratifs…) sont spoliéEs car ils et elles perdent de plus en plus de pouvoir d’achat. Si on additionne les encours du livret A et du LDDS (livret de développement durable et solidaire, dont le taux est aussi de 0,75%), soit environ 360 milliards, la perte de pouvoir d’achat se chiffre à environ 4 milliards pour 2018.

Et cela devrait continuer puisque Édouard Philippe a annoncé le gel du taux jusqu’à 2020 au moins. Alors que le gouvernement insiste pour avoir un cadre légal stable pour les « investisseurs », il ne cesse de jouer avec les règles de fixation du taux du livret A. Une chose est désormais claire : les petitEs épargnantEs ne sont plus protégés contre l’inflation, et cela devrait être acté avec la fixation d’une nouvelle règle en février 2020.

Le hold-up des banques sur le livret A

Officiellement, il s’agit de favoriser le financement du logement social. En réalité, le logement social est le dernier des soucis du gouvernement. Jusqu’en 2009, l’intégralité des fonds du livret A étaient collectés par les Caisses d’épargne et la Poste, puis centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour financer la construction de logements sociaux (par des prêts à différents organismes spécialisés). Désormais, l’ensemble des banques peuvent collecter ces fonds… et conserver environ 35% des sommes déposées sur les livrets A. Le reste est versé à la CDC en échange d’une commission de 0,5%. Autrement dit, une grosse partie des fonds du livret A sont détournés de leur objectif officiel, ce qui a permis de satisfaire une revendication des banques qui jugent cette commission trop peu lucrative. C’est un véritable hold-up !

Avec le gel du taux de rémunération, les banques augmentent leurs marges qui dépendent du différentiel entre le taux auquel elles octroient des crédits et les taux de rémunérations des dépôts. Elles sont donc incontestablement les grandes gagnantes. Le gouvernement avait fait tout un foin du gel des tarifs bancaires pour 2019, estimant que cela allait donner environ 500 millions de pouvoir d’achat aux gens ! En réalité, selon le comparateur « Panorabanques », les clients économiseront en moyenne… moins d’un euro par an ! Autrement dit, le « cadeau » des banques à leurs clients est une goutte d’eau par rapport à leurs gains dus au gel du taux du livret A.

Pour une cotisation logement payée par les patrons !

Le besoin social de logement n’est pas satisfait correctement. Le livret A est de plus en plus détourné de sa fonction. Les employeurs qui payaient le « 1% logement » ont vu leur contribution s’effondrer à 0,45% de leur masse salariale. Ce besoin social fondamental devrait être sorti des logiques financières et financé par cotisation. Nous revendiquons de façon immédiate la mise en place d’une cotisation logement payée par les patrons et versée à une caisse du logement qui financerait la construction de logements sociaux de qualité. Au delà de cette mesure, l’extension du champ de la cotisation pose la question de la souveraineté des travailleurEs sur l’ensemble de l’économie, de l’expropriation des capitalistes, et donc du communisme.

Gaston Lefranc


https://www.anti-k.org/2019/01/09/livre ... -delaisse/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 35143
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Précédente

Retourner vers France

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 0 invités