Carrefour en luttes

Luttes des travailleurs-euses, chômage, précarité.

Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 31 Mar 2018, 21:59

Grève des salarié-es du groupe Carrefour

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https://www.solidaires.org/Greve-des-sa ... -Carrefour


Grève chez Carrefour pour l'emploi et le pouvoir d'achat

Au moins 300 hypermarchés et supermarchés touchés: le mouvement de grève pour la défense des emplois et du pouvoir d'achat chez Carrefour démarrait "très fort" samedi matin, a-t-on appris de sources syndicales.

"Environ 300 magasins" intégrés "sont dans le mouvement", indique Sylvain Macé (CFDT). "Peut-être même plus", a ajouté Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du géant de la grande distribution. Le mouvement "a démarré très tôt avec beaucoup de force et d'envergure, il est très fort", s'est félicité M. Enguelz. Selon M. Macé, 170 hypermarchés (sur 220) étaient mobilisés et 130 supermarchés (sur environ 470), avec un taux de grévistes avoisinant "50%".

Partout, la mobilisation se traduisait par des rassemblements devant les magasins, avec du "filtrage" aux entrées. Certains hypermarchés étaient complètement bloqués comme à Antibes, Nice Lingostière ou Port-de-Bouc, dans le Sud, selon les syndicats CFDT, FO et CGT.

... https://humanite.fr/greve-chez-carrefou ... hat-652963
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Re: Carrefour en luttes

Messagede Pïérô » 01 Avr 2018, 17:06

Grève chez Carrefour : 20 000 salariés en grève ce samedi, selon les syndicats
Environ 450 magasins du groupe Carrefour sont touchés par un mouvement de grève en France, samedi à la mi-journée. Selon la CGT, 20 000 salariés sont en grève.
Les salariés de Carrefour ont lancé "une grève générale" ce samedi dans les magasins du groupe. À la mi-journée, samedi, environ 450 magasins sont touchés par le mouvement de grève, selon la CGT. Le syndicat annonce qu'en tout, 20 000 salariés sur 115 000 sont en grève. Dans le détail, Philippe Allard, délégué CGT, joint par franceinfo, affirme que la totalité des hypermarchés et des entrepôts sont en grève
... https://mobile.francetvinfo.fr/economie ... 683338.amp

Saint-Pierre-des-Corps (37)
La forte mobilisation des salariés de Carrefour
Hier, 150 salariés ont bloqué l’accès de l’hypermarché des Atlantes, à Saint-Pierre-des-Corps, de 8 h 30 jusqu’à 18 h. Historique !
Une première historique depuis l’ouverture du magasin, il y a vingt-cinq ans ! Les rayons de l’hypermarché Carrefour sont quasiment déserts, ce samedi matin. Les rares clients qui ont franchi les barrages, y sont allés à l’audace. D’autres ont obtenu la clémence des 150 salariés en grève (sur 320).
... http://solidaires37.org/spip.php?article1233
photos : http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1850
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 02 Avr 2018, 17:30

Grève chez Carrefour : UNE FORCE S’EST LEVEE !

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https://www.solidaires.org/Greve-chez-C ... -EST-LEVEE
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Re: Carrefour en luttes

Messagede Pïérô » 03 Avr 2018, 12:01

Grève exemplaire à Carrefour : La Nouvelle République se surpasse

Caramba ! Encore raté ! Le prix Albert Londres du reportage à caractère social vient encore une fois d’échapper à La Nouvelle République. Il est vrai que la dernière prestation était un peu pâle et ne témoignait pas d’un féroce engouement prolétarien.

La lecture de La Nouvelle République du 1er avril est assez édifiante. Le titre en Une nous informe que « 150 salariés ont bloqué le magasin Carrefour » de Saint-Pierre-des-Corps. De rares clients audacieux auraient obtenu « la clémence » des 150 salarié(e)s sur 340. Dans un article de 396 mots, un petit paragraphe central fait part d’une mobilisation exceptionnelle et des larges soutiens présents sur place. Mais le narrateur ne manque pas de rappeler que c’est une double rangée de chariots qui empêche les clients de faire leurs courses et qu’à 18 heures, fini de rire, quinze managers et six hôtesses se mettent au turbin, sans doute au péril de leur vie.

Un peu plus loin dans le texte, le journaliste réussit à interviewer une personne, dépitée, qui a tenté de braver les hordes de salarié-e-s grévistes... Coup de bol !!! Il s’agit de Virginie, juriste à la DRH du Carrefour de Massy , qui rappelle que ce mouvement est illégal et va impacter les résultats, et donc que les salariés ne se plaignent pas si les primes sont à la baisse... Vraiment, Virginie, merci d’être venue. Merci d’avoir fait 300 bornes pour rappeler à l’ordre ces salarié(e)s égaré(e)s. Merci à la NR pour cette audace rédactionnelle. On ne donne pas assez la parole aux DRH pendant les conflits, voilà, c’est fait.

Et pourtant. Plusieurs centaines de personnes se sont relayées dans la journée pour soutenir les grévistes, postier(e)s, hospitalier(e)s, cheminot(e)s, de nombreux retraité(e)s. Beaucoup de client(e)s venu(e)s pour leur courses, sont reparti(e)s avec un tract, après avoir discuté avec les grévistes, partageant leur point de vue, comprenant qu’il faille aussi arriver à une grève pour se faire respecter. Toute cette journée s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, avec un accueil très convivial, même la musique, très rock & roll, avait été choisie avec soin pour déambuler dans la galerie. Sourires et détermination ont coloré cette lutte.

La Nouvelle République n’aura trouvé personne à interviewer dans les rangs des sympathisants, dommage. Après tout, il y avait aussi des juristes d’organisations syndicales qui auraient pu donner un avis sur le droit de grève, droit constitutionnel, mais ça c’était le pré carré de Virginie.

L’article aurait aussi pu s’attarder sur la jolie augmentation de 21 % d’Alexandre Bompard, le PDG du 6éme groupe mondial, premier groupe européen de la distribution, qui est nanti ainsi d’un salaire annuel de presque quatorze millions d’euros (13,9). Des jaloux et des grincheux ne manqueront pas de faire remarquer que cela équivaut à 1 008 SMIC nets annuels. Ce salaire fait tousser jusque dans les rangs du CAC 40, où le patron « moyen » ne se fait que 5 petits millions par an, à la sueur de ses salariés. Monsieur Bompard est aussi quelqu’un de généreux : n’a-t-il pas versé 500 millions de dividendes à ses actionnaires ? Bonne aubaine, l’État a versé, en quatre ans, deux milliards d’euros à Carrefour au titre du CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi). Le groupe en avait bien besoin, il réalise 76 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 45 % en France.

Chaque emploi détruit est subventionné à 800 000 euros

Les salarié(e)s n’apprécient pas d’être relégué(e)s à une valeur d’appoint pour contenter le capital. En fait, les deux milliards de subventions donnés à Carrefour portent l’emploi détruit à 800 000 euros, qui dit mieux ? … Virginie ? Un commentaire ?

Pour faire bonne mesure, la direction ramène la prime annuelle de 607 euros à 50 euros... Faut-il rappeler que 607 euros, c’est un vingt-trois-millième du salaire de Bompard ? On va pas s’emmerder avec si peu !

En clair, Bompard veut réduire les emplois de 6 % pour gagner 0,8 % de la masse salariale [1] ; dans le même temps il s’octroie 21 % d’augmentation. Forcément, ça tousse dans les rangs. Donc très logiquement, 20 000 salariés se sont mis en grève. La direction minimise ce chiffre car le groupe compte 115 000 « collaborateurs ». Il n’empêche que ces 20 000 grévistes sont concentrés dans la main d’œuvre des hypermarchés où se situent 60 000 emplois. C’est un tiers du personnel qui s’est mis en grève, chapeau bas ! 450 magasins et 22 plateformes logistiques sur 24 ont dû fermer.

Des grévistes courageuses

Faire grève, ce n’est pas facile. Ce n’est pas seulement arrêter de travailler, c’est aussi s’approprier le lieu de travail qui devient un lieu d’expression, un lieu d’échange alors que d’habitude c’est un endroit dévolu à l’obéissance et au silence. Les grévistes de Carrefour étaient principalement des femmes, ce samedi, des femmes déterminées, que nul chefaillon n’est venu importuner. Elles n’ont manqué ni de courage, ni d’imagination pour faire d’une galerie marchande, un lieu d’expression des revendications, un lieu de refus de l’arbitraire.

Paradoxalement faire grève souligne le travail effectué au quotidien par les salarié(e)s qui occupent l’entreprise. C’est bien le refus de travail qui force le patron à écouter.
Obéir aux plus riches ne nous rendra que plus pauvres.
Tous ce que les salarié(e)s ont obtenu, c’est en se croisant les bras et en désobéissant !

Le conflit social de Carrefour est un mouvement qui a du souffle, bien construit et qui vient de loin. Ce n’est pas qu’un mouvement de colère. Ce samedi, les salarié(e)s voulaient poser des bases solides pour aborder les temps à venir. Construire l’avenir chez Carrefour ne se fera pas seulement dans un conseil d’administration grassement payé.

Les salarié(e)s ont franchi un pas, décisif. On peut désormais désobéir, inventer, s’exprimer et donner du corps aux rêves.

Bravo pour cette leçon.

Michel ANCE
Retraité
http://piquetdegreve.blogspot.fr


https://larotative.info/greve-exemplair ... -2716.html
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 05 Avr 2018, 16:49

Carrefour : Une grève qui a supermarché

Samedi 31 mars, une majorité de magasins Carrefour était en grève à l’appel de plusieurs syndicats. Plusieurs dizaines de magasins ont été bloqués, ce qui a suscité un intérêt médiatique important. Sur fond de suppressions d’emplois, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la réduction de la prime de participation, d’un montant de plus de 600 euros en 2017 à 57 euros cette année.

La CGT parle de 20 000 grévistes sur les 115 000 salariéEs français que compte le groupe, en sachant qu’un certain nombre ne travaillait pas ce jour-là, à commencer par celles et ceux du siège, où la CGC avait appelé à deux heures de déconnexion le vendredi 30, et dans les 24 logistiques, qui avaient cessé le travail, parfois plusieurs jours auparavant.
Par sa détermination, le personnel a montré que les arguments de la direction au sujet de la situation économique de l’entreprise, supposée préoccupante, ne marchaient plus, alors que dans le même temps le versement de 400 millions d’euros au titre du CICE et de 356 millions d’euros de dividendes aux actionnaires de Carrefour ne sont eux pas remis en cause.

Retour à la normale ?
Une intersyndicale a eu lieu le mardi 3 avril pour faire le point sur la situation. Pour FO, le syndicat majoritaire, mais aussi pour la CFDT, il est urgent que le dialogue social soit de nouveau rétabli dans l’enseigne : ils critiquent ainsi plutôt sur la forme que sur le fond l’annonce, le 23 janvier dernier, d’un plan de transformation par Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour.
Alors que le versement d’un montant exceptionnel de participation était acté avant même la grève, sans pour autant la désamorcer, cette mobilisation historique oblige pourtantces syndicats à ne rien céder sur les revendications, à commencer par le paiement d’une prime de participation d’un montant équivalent à celui de l’année dernière.
Pendant ce temps-là, les licenciements mais aussi le non-renouvellement des postes de travail en magasin continuent… Mais ce qui est incontestable, c’est que la réussite et la visibilité de cette grève, dans un secteur pourtant précarisé et peu organisé, participe grandement au réchauffement du climat social… jusqu’à l’ébullition ?

LD

Avec les grévistes de Carrefour Saint-Denis (93)

Aminata, Maria, Nassia, Sandrine, Antoine, Hamed, Olivier et les autres salariéEs de Carrefour sont toutes et tous là, le samedi 31 mars. Devant Carrefour à faire grève, et pas à l’intérieur à trimer au travail. Pour la plupart, c’est la première grève. Pour une fois, les caddies de Carrefour ne sont pas utilisés pour les courses mais pour bloquer l’entrée. Appelée et soutenue par le CGT et FO, les deux syndicats du magasin, la grève a mobilisé la quasi-totalité des salariéEs de Carrefour de Saint-Denis.
Les grévistes nous parlent de la pression permanente, des maladies professionnelles liées aux gestes répétitifs, de la souffrance au travail, de l’embauche pour certainEs à trois heures du matin, des salaires qui stagnent, des temps partiels imposés et de la précarité. À Carrefour Saint-Denis, les caissières sont à 30 heures. Ainsi, elles ne touchent même pas le SMIC, sans parler des étudiantEs à 300 euros par mois. Avec 36 ans d’ancienneté, des chefEs de rayon sont payés 1400 euros pour un temps complet. Avec 10 ans, c’est 1100 euros : une misère qui ne permet pas de vivre et élever les enfants dignement. Le patron s’appuie sur le prétexte des métiers largement féminisés pour garder des salaires encore plus bas.
Des primes, supposées compenser ces salaires particulièrement bas, sont supprimées au fur et à mesure. À titre d’exemple, en 2018, le groupe Carrefour a proposé une prime de participation de… 57 euros. Les grévistes parlent de ces postes en comptabilité tout récemment supprimés à Saint-Denis, et plus largement de tous les postes qui ont disparu ces dernières années. Ils et elles expriment leurs craintes concernant le passage futur aux caisses automatiques.
Des grévistes qui sont bien décidés à gagner leur lutte, et expliquent leur grève aux clientEs de Carrefour qui signent, pour beaucoup, la pétition de solidarité. On parle aussi de convergence des luttes avec les cheminotEs, les salariéEs de la propreté et touTEs les autres…

Correspondantes


http://www.anti-k.org/2018/04/04/carref ... permarche/
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 08 Avr 2018, 00:05

Mais de qui se moque-t-on ?

A Carrefour, en réponse à la mobilisation historique, la direction offre des bons d’achat !

Suite à la mobilisation exceptionnelle dans les magasins Carrefour le 31 mars et aux négociations annuelles qui ont eu lieu le 5 avril, la direction propose des bons d'achat de 150 euros pour faire rentrer les grévistes dans le rang. Cela suffit tout de même pour que certaines directions syndicales envisagent une sortie de crise.

... http://www.revolutionpermanente.fr/A-Ca ... ns-d-achat
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 26 Avr 2018, 21:52

Carrefour : accord sur le plan social et le plan de départs volontaires

Annoncés par la direction en janvier pour permettre de restructurer le groupe, le plan social et le plan de départs volontaires ont été acceptés par une majorité de syndicats.

Le géant de la distribution Carrefour a annoncé, mercredi, la signature de « deux accords majoritaires » avec les syndicats. Le premier concerne un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Le second un plan de départs volontaires (PDV).

Fin janvier, Alexandre Bompard, le PDG de l’enseigne, avait annoncé la suppression de 2 400 postes dans les sièges, via un plan de départs volontaires, et la sortie du groupe de 273 ex-magasins Dia, par cession ou fermeture, avec pour conséquence un plan social pour 2 100 salariés.

Après les grèves qui ont touché les magasins à la fin mars, le premier accord sur le PSE a été signé par Force ouvrière (FO), la CGC et la CFTC. « Il est destiné à permettre le reclassement, principalement en interne, du plus grand nombre de salariés concernés », a expliqué la direction.

Il concerne les salariés des magasins Dia mis en vente par Carrefour mais qui n’ont pas trouvé de repreneur. Chaque salarié « se verra proposer trois offres valables d’emploi, dont au moins deux au sein du groupe Carrefour, le plus proche possible de leur domicile », ajoute la direction.

Triplement de la somme allouée aux formations

« On est allé au bout de la négociation » pour parvenir à des avancées, par exemple concernant « le triplement » de la somme proposée pour la formation des salariés, a estimé Michel Enguelz, délégué FO, ajoutant que l’entreprise avait pour objectif « d’atteindre un objectif de 100 % des salariés qui le souhaitent ».

Plus prudente, la CFDT a préféré ne pas signer le texte, se disant « très sceptique sur le mécanisme de reclassement » et le jugeant « pas assez détaillé et encadré ». La CGT a aussi refusé de signer et dénoncé un « plan au rabais ».

... http://logp7.xiti.com/go.click?xts=4008 ... 684470.php


Bon, il est clair qu'avec des syndicats comme ça, il va falloir se bagarrer un peu plus... :mexi:
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Re: Carrefour en luttes

Messagede Pïérô » 01 Mai 2018, 09:16

Communiqué de presse CGT

Un accord de PSE qui valide des milliers de suppressions d’emplois Le 24 avril 2018, 3 organisations syndicales (FO, CFE-CGC et CFTC) ont signé l’accord sur les mesures d’accompagnement relatif à la réorganisation de l’activité de Carrefour Proximité France (CPF), dit PSE (Plan de Sauvegarde pour l’Emploi).

La CGT n'est pas signataire de cet accord.

En effet, la CGT, dès le début, a refusé tout plan de suppressions d’effectifs appliqué aux magasins Carrefour City, Contact, Contact Marché (dit ex-Dia), au nombre de 273 magasins pour 2 272 salariés. Les raisons en sont simples et font pourtant consensus auprès des autres organisations syndicales : le groupe Carrefour, c’est 3,3 milliards d’euros de trésorerie, 760 millions de profits en 2017, 356 millions d’euros distribués aux actionnaires, 370 millions d’aides de l’État (CICE, exonérations de charges sociales) et le comble : 78% d’augmentation de salaire pour les cadres dirigeants en 2017, alors que les salariés de la proximité ont bénéficié de 0,2% d’augmentation de salaire en 2017. Cherchez l’erreur ! Le motif économique qui justifie ce PSE n’a donc jamais eu de sens et un front social afin de le combattre était justifié, comme le réclamait la CGT.

La CGT dénonce la position paradoxale des autres organisations syndicales. Le 18 avril 2018, lors de la réunion du Comité européen, toutes les organisations syndicales du Groupe ont voté défavorablement à la stratégie « Carrefour 2022 » du PDG Alexandre BOMPARD et quelques jours plus tard, certaines votent favorablement pour les plans d’accompagnement sociaux de ce PSE dans les différentes entités du groupe. En outre, cet accord de Plan de sauvegarde de l’emploi chez CPF ne présente pas la vertu que l’on veut lui prêter, car il comporte des mesures qui paraissent mal évaluées. En effet :

- La volonté de mise en œuvre rapide du projet de PSE a mis en lumière certaines connivences entre la Direction et des syndicats dits « maison », sans compter les nombreuses entraves d’information-consultation aux instances qui ont eu lieu.

- L’effet de leurre d’un grand volume d’offres d’emplois de reclassement chez Carrefour est mécaniquement entretenu par des quantités d’offres d’emploi à temps partiels qui ne correspondent pas à la population salariale de CPF.

- L’accord survole la mesure principale de recherche de repreneur qui est la disposition principale pour la sauvegarde des emplois afin d’empêcher un très grand nombre de licenciements.

La Fédération Commerce, Distribution et Services réaffirme son soutien au syndicat CGT Carrefour qui continuera donc son rôle d’information auprès des salariés, d’alerte auprès de la DIRECCTE. La Fédération et le syndicat en appellent à la responsabilité du gouvernement.


https://www.cgtcarrefour.fr/cgtcarrefou ... -de-presse
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 20:52

Tableau d’affichage FO à Carrefour Saint-Pol-sur-Mer

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Oui FO et la CFDT ont signé l’accord des dimanche et nous avons bien fait car cela permet de donner du chiffres d’affaire à notre magasin qui en a bien besoin.

Votre délégué FO
Carrefour Saint-Pol-sur-Mer

https://www.facebook.com/photo.php?fbid ... ater&ifg=1
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Re: Carrefour en luttes

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 23:36

Barrages de Caddie contre les restructurations

Grande distribution : Barrages de Caddie contre les restructurations

Bosser chez Carrefour, c’est pas une panacée. Militer dans certains magasins où règne une ambiance raciste, ça l’est encore moins. Pourtant, le secteur est en plein bouleversement, et les salarié.es vont le payer très cher ! Récit de la grève du 31 mars dans un hypermarché de l’Hérault.

Ce matin, comme six matins sur sept, je me lève a 3 heures du mat’ pour aller bosser. D’ordinaire c’est pas la joie, mais aujourd’hui je ne me speede pas. Je me demande de quelle façon va se dérouler cette journée pas ordinaire.

Nous sommes en effet le samedi 31 mars 2018, et aujourd’hui c’est grève nationale dans les magasins Carrefour. Aura-t-elle, comme ce fut le cas en 2005 – ma première grève à Carrefour, organisée par FO –, l’allure d’une marche funèbre ? A l’époque FO avait négocié avec la direction pour que la grève cesse à 14 heures… et nous l’avait appris quelques minutes avant : fin de grève, reprenez le taf sinon il y aura sûrement des sanctions ! Suite à cet épisode, la CFDT s’est constituée et FO a été quasiment éliminée aux élections suivantes.

Pour la grève de cette année, à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO, était prévue une ­distribution de tracts – normal – mais, innovation, nous devions filtrer les entrées et sorties dans le magasin durant toute la journée. Quand je déboule vers 4 h 20, je trouve une dizaine de collègues. Petit à petit ­notre groupe grossit. Vers 7 heures, on découvre que la direction fait rentrer le personnel non gréviste par le drive pour éviter qu’on leur mette la pression... et que le suppléant du délégué du personnel CGT est parmi eux ! Indignation dans les rangs.

Comme souvent, le débrayage a été maximal en réserve et sur les étals – jusqu’à 90 % à la poissonnerie, 100 % à la boulangerie – et très faible sur les caisses. La majorité des salarié.es y sont des femmes en situation de précarité, avec des horaires à trous, qui ne peuvent se permettre de perdre un sou.

Lepénisation des esprits

Aux trois entrées de l’hypermarché, nos barrages filtrants sont composés d’amas de Caddie. Moyennant la prise d’un tract, on laisse passer les véhicules des familles avec enfants et celles qui vont au drive. Bonne surprise : une délégation de la fac de lettres de Montpellier nous rend visite. Sa proposition d’une convergence de lutte est perçue positivement, même si des oppositions se font entendre.

Il faut savoir que la plupart des employé.es sont issu.es des villages environnants, baignés par les idées de Chasse, pêche, nature et tradition, de De Villiers et, plus récemment, du FN ou de Debout la France… À une époque, dans le magasin, on a même eu deux délégués CGT qui faisaient de la propagande pour le FN – l’un a été exclu et l’autre a rejoint la CFDT avant d’en être exclu à son tour. Bref, tout cela entretient une mentalité ni très solidaire, ni très combative (euphémisme). Par exemple, quand j’utilise le mot ouvrier pour nous définir, ça suscite souvent des protestations : « Ah que non ! Nous sommes des employé.es, on n’a rien à voir avec ça ! » Et quand la colère gronde, il suffit souvent à la direction d’organiser une petite soirée ou un petit barbecue le midi pour se faire bien voir et calmer les récriminations.

Mais il y a pire. Quand l’actualité est marquée par des attentats islamistes, les collègues d’origine musulmane morflent salement. Après le massacre du Bataclan, pendant plusieurs jours, dans les réserves, des salarié.es se sont amusé.es à écrire des messages haineux sur les produits halal – du genre « retourne chez toi », « la valise ou le cercueil », etc. Et les délégué.es ne voulaient pas alerter la direction pour que cela cesse. Certains sont allés jusqu’à déféquer à côté des WC et à inscrire au marqueur « retournez d’où vous êtes issus » – message à l’adresse du personnel du nettoyage, pour l’essentiel d’origine maghrébine ou malgache.

Autant dire que l’organisation d’une grève peut être une bouffée d’oxygène, une parenthèse de solidarité de classe qui crée une ambiance différente pendant quelque temps.

Or, des motifs de protestation, on n’en manque pas. La productivité est en hausse constante, frôlant parfois le harcèlement, avec des réductions progressives d’effectifs, pour qu’on ne le sente pas trop passer, et du matériel non entretenu qui tombe en panne.

Le mot d’ordre c’est « économies, économies », non pas parce que Carrefour est déficitaire, loin de là. Ses bénéfices sont énormes, mais jugés insuffisants par les actionnaires.

Il y a actuellement de grosses interrogations sur le modèle économique de la grande distribution. Les poids lourds hexagonaux (Carrefour, Casino, Leclerc, Casino, Cora) craignent l’arrivée d’outsiders comme l’américain Amazon ou le chinois Alibaba, dopés au numérique et en pointe sur la robotisation. Pour maintenir leurs marges, ils comptent sur l’aide de l’État (casse du Code du travail, exonération de taxe foncière et autres cadeaux fiscaux comme le CICE), mettent la pression sur les salarié.es (ouvertures le soir et le dimanche) et lancent des plans de restructuration avec des wagons de licenciements.

La course à l’automatisation

Chacun y va de son plan visionnaire : « Vision 2025 » s’intitule justement celui d’Auchan, qui annonce une enveloppe de 1,3 milliard d’euros pour restructurer, avec 800 suppressions de postes à la clef, négociés avec la CFTC et la CGC. Des groupes fusionnent leurs centrales d’achats (Casino et Intermarché, Auchan et Système U). Les caisses automatiques sont appelées à se développer, la clientèle y étant de plus en plus « éduquée », et Casino veut imiter le système robotisé du britannique Ocado, qui permettrait de préparer un panier de 50 articles en moins de six minutes.

Carrefour, comme Casino, veut réduire ses surfaces, ou les exploiter en partenariat avec d’autres enseignes (la Fnac, par exemple). Certains rayons pourraient être limités à du retrait de produits commandés en ligne. La formule drive de Carrefour (on passe en voiture retirer la commande passée sur Internet) continue de se développer : on en compte désormais plus de 4 000, et même, depuis peu, des « drive piétons ».

Pour finir, il y a la solution de se débarrasser de magasins jugés trop peu rentables, soit en les fermant, soit en les passant en location-gérance. C’est le cas actuellement de 273 magasins Carrefour City ou Contact. Or, la location-gérance, c’est la promesse d’une baisse des conditions sociales pour les salarié.es transférés. On a constaté, par endroits, des réductions d’effectifs de 10 à 30 % et jusqu’à 20% de baisse de rémunération.

Bref, la grande distribution est en plein chambardement, et les patrons font tout pour que les actionnaires touchent leurs dividendes comme si de rien n’était. Ce sont les salarié.es qui en souffrent sur leurs feuilles de paie, dans leurs épaules, dans leurs jambes, dans le stress…

Il va nous falloir des luttes collectives pour enrayer cela, et pour élever le niveau de conscience contre ce système capitaliste impitoyable.

Éric (AL Montpellier)


http://www.alternativelibertaire.org/?G ... cturations
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