1968 dans le monde

Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 12 Mai 2018, 22:02

Mai 68 : tour du monde des principales révoltes étudiantes

La France n’a pas le monopole de Mai 68. Il y a cinquante ans, les étudiants se sont rebellés sur presque tous les continents. En Allemagne de l’Ouest ou aux Etats-Unis, par exemple, où leurs revendications étaient similaires : l’assouplissement de la société. En Tchécoslovaquie, le mouvement se greffe sur celui du printemps de Prague, qui critiquait la dureté du régime. La réponse de Moscou est brutale et le mouvement est étouffé.

Au Mexique et au Brésil, la répression des manifestations d’étudiants est violente : plus de deux cents personnes sont tuées, à Mexico, le 2 octobre 1968.

Et puis, il ne faut pas oublier le Mai 68 japonais, quand la jeunesse nippone se rebelle contre l’emprise américaine sur l’archipel. Les affrontements entre les forces de l’ordre et le syndicat étudiant Zengakuren ont duré plus d’un an.

En images ... http://www.lemonde.fr/histoire/video/20 ... kgYzHXx.99
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Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 23:14

Les années 68
ARTE

Du Brésil au Japon, de la Californie à l'Europe, Don Kent fait revivre la vague contestataire qui, de 1965 à 1975, a ébranlé le monde. Un voyage impressionniste porté par de vibrants témoins. Premier volet.

En 1968 et 1969, alors qu'au Sud-Viêtnam les États-Unis s'engagent de plus en plus massivement dans la guerre, une vague de contestation déferle sur la planète. Dans des pays aussi différents que les vieilles nations européennes, le Japon, les États-Unis, le Mexique, le Brésil sous dictature militaire, la Tchécoslovaquie communiste ou le Zaïre de Mobutu, la jeunesse étudiante constitue souvent le fer de lance de cette révolte multiforme et globale. Alors que les atrocités perpétrées contre les populations civiles vietnamiennes par la puissance américaine – au nom de la défense de la liberté et de la démocratie – jouent un rôle déclencheur, de multiples facteurs, comme le combat pour les droits civiques des Noirs et le mouvement hippie aux États-Unis, le poids de la tutelle soviétique à Prague ou la dénazification inachevée de la RFA, cristallisent aussi la révolte. Partout, la génération issue de la Seconde Guerre mondiale descend dans la rue pour rejeter les modèles politiques, économiques et familiaux qu'on lui enjoint de reproduire. Dans ce maelström d'événements, les deux mois de troubles et de grèves qui, de Paris, gagnent toute la France semblent presque anecdotiques.

Pas de côté
Ayant vécu à Paris ce que l'on appelle alors les "événements", "comme Fabrice à Waterloo" (le héros de Stendhal perdu au cœur d'une bataille historique sans le savoir ni en percevoir l'ampleur), le réalisateur britannique Don Kent a choisi d'élargir son champ de vision pour évoquer Mai 68. Celui qui était alors étudiant à l'Idhec, l'école de cinéma, se fait le narrateur modeste d'un voyage impressionniste à travers le monde, non sans rendre hommage à ses anciens condisciples en mêlant aux riches, et parfois rares, archives du film certaines de leurs images devenues fameuses (une séquence de La reprise du travail aux usines Wonder). Sans prétendre penser un mouvement déjà analysé tant de fois, et dont l'héritage continue de diviser, il donne la parole à une foule de témoins, aussi divers que pertinents, rencontrés du Brésil au Japon, de la Californie à l'Italie. Certains sont célèbres internationalement (l'ex-guérillera et présidente brésilienne Dilma Rousseff, les philosophes Régis Debray, Toni Negri et Judith Butler, l'ex-Panthère noire Kathleen Cleaver, les écrivains Hélène Cixous, Erri De Luca, Alain Mabanckou et Viet Thanh Nguyen, l'ancien batteur des Doors John Densmore…), d'autres beaucoup moins, à l'instar de ces extraordinaires activistes japonaises (l'une pacifiste, l'autre féministe), animées d'une foi restée intacte au fil du demi-siècle.
Quarante ans après Chris Marker (Le fond de l'air est rouge, 1977), Don Kent fait revivre ce basculement planétaire en évitant l'hommage commémoratif empesé. Car il ne cesse de bifurquer avec ses interlocuteurs dans des directions inattendues, au gré de rafraîchissants pas de côté. Par exemple, quelques notes de Bach égrenées par la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei, rescapée de la Révolution culturelle, un ahurissant diagramme politique esquissé par le ludion brésilien Tom Zé, ou l'amertume obscurément touchante de l'écrivain américain David Horowitz, ex-gauchiste radical reconverti en néoconservateur…

Documentaire de Don Kent (All/France/Norvège, 2018, 1h30mn) ZDF



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Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 02 Juin 2018, 20:27

1968 au Brésil : ouvriers et étudiants contre la dictature

En 1968 nous avons été témoins de multiples explosions et révoltes : ouvrières, étudiantes, des féministes, des noirs, des mouvements écologistes, des homosexuels, parmi tant d’autres formes d’indignation et de mécontentement social et poli- tique. C’était la « fin des années dorées ».

Si tant de mouvements de protestation sociale et de mobilisation politique ont agité le monde entier – le mai libertaire des étudiants et des travailleurs français, le « Printemps de Prague » contre le « socialisme réel » sous domination soviétique, le massacre d’étudiants au Mexique, les manifestations aux États- Unis contre la guerre du Vietnam, les actions révolutionnaires armées dans de divers pays, les mouvements de contre-culture – et parmi tant d’autres exemples, le Brésil a aussi tenu sa place dans cette année emblématique.

Outre l’influence des évènements internationaux et l’identification avec les mouvements contestataires d’autres pays, le 68 brésilien a eu ses spécificités. Par exemple, notre mouvement étudiant, éclos dès le mois de mars, avant même le célèbre mai français, a suivi une dynamique de lutte spécifique et un calendrier politique propre. De même, les grèves métallurgiques d’Osasco (région industrielle à São Paulo), qui ont explosé en juillet et celles de Contagem (région industrielle à Belo Horizonte à Minas Gerais) en avril et octobre de la même année, trouvent leurs origines et racines très marquées par la particularité brésilienne, et par l’essor de la lutte contre la dictature militaire.

Cela ne veut pas dire que les Brésiliens se désintéressaient des manifestations qui ont eu lieu partout dans le monde cette année-là, d’autant plus qu’une série d’aspects communs, accentués par le « climat politique » propre du pays, existaient sur le scénario mondial. Nous pouvons relever ainsi quelques conditions structurelles répandues dans diverses sociétés, en particulier celles du centre de l’accumulation capitaliste, mais également présentes dans les pays du dit « Tiers-monde », comme le Brésil, le Mexique, l’Argentine… Dans différentes mesures, il y avait une similitude de conditions telles que l’industrialisation avancée, la croissante urbanisation et la consolidation des modes de vie et de la culture des métropoles, la massification de l’industrie culturelle, le développement du prolétariat et des classes moyennes salariées, l’importance des jeunes dans la pyramide démographique de la population, l’accès croissant à l’enseignement supérieur, et aussi l’incapacité du pouvoir en place à représenter des sociétés en plein renouvellement. Si ces conditions plus structurelles n’expliquent pas à elles seules les vagues de révolte et d’agitation, elles ont offert le terrain où ont fleuri les diverses actions politiques et culturelles qui caractérisent 1968 au Brésil. Et, pour le comprendre, il faut rappeler deux mouvements – relativement distincts dans leurs origines, mais assez articulés dans leur processus : le mouvement étudiant et les grèves ouvrières.

... http://www.contretemps.eu/1968-bresil-o ... etudiants/
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Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 22:09

Les années 1968-1969 au Pakistan

Après une introduction inédite – publiée initialement dans le n°22 de Contretemps en 2008 – évoquant l’image de 68 et son impact dans le monde, l’article de Tariq Ali constitue une reprise des passages essentiels de l’introduction à son livre sur le Pakistan écrit quelques mois après les événements de 1968-1969, Pakistan : dictature militaire ou pouvoir populaire ?, publié en 1971 aux éditions Maspero. Il y décrit les spécificités, notamment par rapport à la France, du soulèvement pakistanais, ses forces, ses faiblesses et les espoirs dont il était alors porteur.

... http://www.contretemps.eu/1968-1969-pakistan-tariq-ali/
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Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 16:34

Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie : 1968 aux antipodes de 1989

Je me réjouis de m’inscrire dans un “décentrage” international sur 1968. Il est essentiel. Et je pense important d’apporter l’éclairage qui m’a été proposé sur “l’Europe centrale et orientale”. Il est évidemment spécifique et à première vue on a du mal à le « situer »... dans un panorama sur “1968 vu des SudS” - c’est-à-dire, au plan géo-politique, des pays colonisés et néo-colonisés ! Et pourtant, il trouve sa place dans les vues d’ensemble présentées lors du premier forum introductif : outre le décentrage – par rapport au Mai 1968 français -, les mouvements dont je vais parler (concernant la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie) partagent deux aspects généraux transversaux aux « années 1968 » dans le monde, en dépit de contextes différents à spécifier : le premier est la radicalisation politique d’une nouvelle génération, partout constatée ; le second est la dynamique révolutionnaire de 1968, sans pour autant qu’elle relève de « projet » clair et encore moins unifié. Comme l’a fort bien souligné Luciana Castellina, cette dynamique contestataire, critique de l’ordre existant et de ses rapports de domination, n’épargne pas les régimes issus des révolutions du XXème siècle et s’inscrit dans la recherche d’une alternative socialiste plus émancipatrice et démocratique – c’est précisément ce qu’on va voir en Pologne Tchécoslovaquie et Yougoslavie. Leur place dans le débat des années 1968 est « géo-politique ». Je voudrais la préciser, dans une vue d’ensemble, avant de décrire les mouvements de 1968 dans ces trois pays .

... https://intercoll.net/Pologne-Tchecoslo ... es-de-1989
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Re: 1968 dans le monde

Messagede bipbip » 13 Aoû 2018, 22:02

Mexico 68 : des Jeux olympiques très politisés

L’image est aujourd’hui célèbre : sur le podium, deux athlètes noirs américains le poing levé, en référence au Black Panther Party. Elle intervient dans un contexte politique très particulier.

C’est à Baden-Baden, en 1963, que l’histoire s’est noué. Le 18 octobre, le Comité international olympique, réuni dans la ville allemande où se réfugie le général de Gaulle lors des événements de Mai 68, décide que les J.O. auront lieu pour la première fois dans un “pays en voie de développement”. La capitale mexicaine devance Détroit, Lyon, mais aussi Buenos Aires. Cependant personne ne peut anticiper à ce moment le contexte politique national et international et son poids dans la compétition.

... https://lemediapresse.fr/sport-fr/mexic ... politises/
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