Le Uber se décline et se développe

Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede Pïérô » 31 Oct 2018, 15:30

Chauffeur de VTC, livreur de repas, les domestiques contemporains

Mais enfin, qu’est-ce qui pousse un citadin, habitant d’une ville dense, à commander, sur son téléphone, une création culinaire à un restaurant, alors qu’il lui suffirait de descendre dans la rue pour trouver des dizaines d’établissements susceptibles de combler son appétit ? A Lyon, Bordeaux ou Toulouse, à Reims, Dijon ou Albi, Deliveroo, Uber Eats, Glovo et d’autres plateformes moins connues se bousculent pour livrer des repas aux citadins. Paris est devenue la capitale des livraisons de nourriture à domicile, alors que la ville compte 18000 restaurants, un pour 410 habitants.

... http://transports.blog.lemonde.fr/2018/ ... emporains/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 21:53

Chez Deliveroo, vite embauché, vite accidenté, vite viré !

Au moment de sa reprise d’activité après un accident de travail, Ahmet, un coursier à vélo strasbourgeois a eu la surprise de recevoir par mail la rupture de son partenariat avec l’entreprise Deliveroo. Faute de griefs clairement énoncés par l’entreprise, il s’interroge toujours sur les motifs réels de son éviction. Un cas loin d’être isolé, selon le Collectif des livreurs à vélo parisien (CLAP).

... https://rapportsdeforce.fr/classes-en-l ... e-10252399
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 04 Nov 2018, 23:36

Deliveroo, Uber Eats : auto-entrepreneurs précaires et esclavage moderne

Le statut-autoentrepreneur et les plateformes comme Uber ou Deliveroo marquent le dernier stade de la casse des droits du travail. Derrière la fin du statut de salarié, la surexploitation ne connait pas de limite. La grève chez Deliveroo cet été a pu révéler qu'après les « vendeurs de sommeil », on trouve désormais les loueurs de statut de coursier et la sous-traitance de la pédale auprès des sans-papiers pour quelques centaines d'euros par mois.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Deli ... ge-moderne
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 12 Nov 2018, 21:47

Droit du travail

Pour la première fois, un livreur à vélo de Deliveroo est reconnu comme salarié

Est-ce le début de la fin de l’exploitation des livreurs à vélo par les plateformes de livraison de plats cuisinés ? En Espagne, Deliveroo vient de reconnaître le récent jugement d’un tribunal de Valence qui a estimé qu’un livreur enregistré sur la plateforme bénéficiait de fait du statut de salarié. De son côté, l’entreprise considérait, comme elle le fait dans tous les pays, que le livreur était un auto-entrepreneur. Deliveroo a d’abord fait appel du jugement, avant, finalement, de l’accepter. Elle devra verser au livreur une indemnité de – seulement – 700 euros.

C’est le premier jugement de ce type en Espagne. Selon un responsable syndical de l’intersyndicale de Valence, cité dans les colonnes du journal espagnol El Diario, Deliveroo a retiré son recours pour « éviter que le cas n’arrive au tribunal suprême », où il créerait une jurisprudence. Plusieurs inspections du travail espagnoles, de Madrid, de Valence, Barcelone et Alicante, ont déjà reconnu, malgré l’argumentation de Deliveroo, que les livreurs étaient de faux travailleurs autonomes et de vrais salariés.

En France, un arrêt de la cour d’appel de Paris rendu en novembre 2017 va dans le sens inverse, niant au travailleur de Deliveroo le statut de salarié et estimant qu’il s’agit bien d’une prestation, conclue entre la plateforme numérique et les livreurs qui y ont créé un compte. L’inspection du travail et l’Urssaf – l’organisme qui récolte les cotisations sociales – considèrent cependant que les livreurs de ces plateformes telles Deliveroo ou Uber Eats, sont des salariés. Des procédures judiciaires ont été engagées à Paris et Nantes pour le faire reconnaître par la justice [1].

... https://www.bastamag.net/Pour-la-premie ... me-salarie
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 30 Nov 2018, 14:44

Coursiers à vélo : vers la fin de l’auto-entrepreneuriat ?

C’est un coup de tonnerre dans le monde de l’ubérisation. Mercredi 28 novembre, la Cour de cassation a jugé, au regard du droit, que les coursiers à vélo ne peuvent être considérés comme des travailleurs indépendants, mais sont en réalité des salariés soumis à un lien de subordination. Avec pour conséquence de se voir appliquer les droits relatifs à ce statut.

Par ce jugement, la plus haute juridiction française casse celui de la cour d’appel de Paris de 2017 à propos d’une plainte liée à la faillite de Take-it-Easy. Jusqu’ici, toutes les démarches juridiques visant à faire requalifier les contrats passés entre les « autoentrepreneurs » et les plateformes de la foodtech avaient échoué. Ce jugement pourrait à terme remettre en cause le modèle économique sur lequel se sont construites des entreprises comme Deliveroo, mais aussi Uber et bien d’autres.


https://rapportsdeforce.fr/breves/cours ... t-11282677
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 23 Déc 2018, 23:16

Droits sociaux 1 Précarité 0

Le 28 novembre 2018, la Cour de Cassation a rendu pour la première fois une décision sur le dossier des relations entretenues par les sociétés de plateformes numériques type Deliveroo ou Uber avec leurs livreurs et/ou prestataires.

Et contrairement à ce que les dirigeants de ces sociétés de plateformes de livraisons ont toujours voulu faire croire, à savoir qu’ils entretiennent des relations strictement commerciales avec leurs livreurs-ses lesquel-les seraient des prestataires de service sous statut d’auto-entrepreneurs, donc indépendants d’eux, la Cour de Cassation vient de leur apporter un démenti cinglant. Elle a retenu en effet que le système de géolocalisation lequel permet aux directions des sociétés de plateforme de suivre en temps réel les déplacements de leurs coursiers et prestataires de même que la possibilité d’infliger à ces derniers des sanctions caractérisaient un lien de subordination propre à la relation entre salarié-e et employeur. Démontrant ainsi que les livreurs-ses sont liés par un contrat de travail aux sociétés de plateformes numériques qui sont en réalité leurs ... patrons.

Voilà qui change incontestablement la donne, voire ruine la principale raison d’être de ces plateformes numériques à savoir s’exonérer de l’ensemble des obligations liées au statut d’employeur et de patron ! C’est donc une brèche importante dans le droit du travail que les juges sont en train de colmater, brèche qui prétendait faire système et au sujet duquel un certain Emmanuel Macron, alors ministre de l’ économie, n’avait pas tari d’éloges ! D’ailleurs la Fédération nationale des autoentrepreneurs ne s’y est pas trompée en affirmant que cette décision était « susceptible de porter atteinte à une économie émergente » et qu’elle viendrait à requalifier « tout le modèle de sous-traitance géolocalisée dans le secteur de la livraison ». Et il est vrai que salaires, cotisations sociales, congés payés, médecine du travail, conditions de travail décentes, instances de représentation du personnel… Ce sont toutes ces obligations inhérentes au monde du travail salarié que les Deliveroo et autres Uber qui espéraient s’en affranchir vont devoir mettre en place et régulariser !

Aussi l’union syndicale Solidaires ne peut que vivement se féliciter d’une décision précieuse pour la reconnaissance des droits sociaux de toutes et tous les travailleurs-ses parmi les plus précaires. Elle appelle à ce que cette jurisprudence trouve sans tarder une traduction dans les textes légaux et que soit créé un statut protecteur pour l’ensemble de ces travailleurs-ses et salarié-es.

Face à la précarité généralisée, cette décision est un outil de plus dans la construction du rapport de force auquel Solidaires appelle et prendra pleinement sa part.


https://solidaires.org/Droits-sociaux-1-Precarite-0
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 17 Jan 2019, 17:33

Supérieur hors contrat : l’uberisation chez les enseignantEs

En matière d’exploitation et d’instabilité au travail, la difficile situation des professeurEs de l’enseignement privé hors contrat est mal connue. On parle ici d’enseignantEs qui travaillent, en général, dans les écoles de commerce, de tourisme, de spécialisation professionnelle (BTS par exemple), etc., délivrant des diplômes d’État ou non. Des enseignantEs dont les conditions de travail tendent de plus en plus vers l’uberisation.

Ces professionnelEs perçoivent de bas salaires (payés en fonction des heures en face-à-face pédagogique et pas pour les préparations, corrections, etc.). Normalement ils et elles travaillent dans divers établissements : c’est le souci de chaque début d’année où il faut se construire un emploi du temps qui prenne en compte les nombreux déplacements. Le travail est, en outre, caractérisé par la saisonnalité (pas de travail en été et en vacances scolaires), l’instabilité (d’une année à l’autre on peut gagner ou perdre des heures d’enseignement). Enfin, la plupart des enseignantEs sont obligés de compléter leur emploi de temps en donnant des cours individuels en entreprise ou des cours particuliers pour une faible rémunération.

Profs auto-entrepreneurs

À tout cela, il faudrait ajouter une nouvelle tendance, celle des profs auto-entrepreneurs, qui est de plus en plus à l’ordre du jour. Ainsi, les écoles font le tri lors des entretiens d’embauche et préfèrent ceux et celles qui ont le statut d’auto-entrepreneur, qui sont plus « flexibles » et plus faciles à exploiter. Dans le secteur public déjà, si les enseignantEs veulent faire des heures de vacation dans une université ou école supérieure, il faut montrer qu’ils ont déjà effectué au minimum 300 heures d’enseignement annuelles dans un autre établissement ou bien avoir le fameux statut d’auto-entrepreneur. C’est-à-dire que, pour celles et ceux qui cherchent désespérément des heures de travail, devenir « son propre chef » est la seule voie d’entrée… dans la précarité (pour être payé 3 ou 6 mois plus tard). Avec comme implications : pas de congés payés, pas de mutuelle d’entreprise, moins de cotisations pour la retraite, tous les risques économiques à la charge des travailleurEs, des collègues qui deviennent des concurrents, etc.

Profs jetables ?

Comme conséquence, chez les enseignantEs du supérieur (privé), on retrouve de la démotivation, un sentiment d’injustice et de l’indignation (beaucoup de personnes qui aimeraient changer de métier face au manque de dignité professionnelle), un sentiment d’isolement (vie sociale fragilisée), d’individualisation et de mise en concurrence pour prendre les miettes distribuées. Une précarité très intéressante pour le patronat, qui peut choisir librement des travailleurEs très bien formés mais peu payés, dominés, prêts à travailler plus et, encore « mieux », à être auto-entrepreneurs.

Qui plus est, bien que la plupart des écoles fassent de bons, voire très bons chiffres d’affaires (grâce aux frais d’inscription élevés), les enseignantEs ne sont qu’une petite pièce du puzzle. Ces écoles cherchent ainsi des formules pour dispenser des cours… sans professeurE. D’où la mise en place des cours e-learning, avec des suppressions d’heures pour l’enseignantE.

On parle ici d’un personnel très difficile à mobiliser (très peu sont syndiqués) qui se trouve seul face au chef pour« négocier » les conditions de travail, qui craint ses supérieurs hiérarchiques et la perte de son travail même précaire. Mais au-delà de ces difficultés, il s’agit de se battre pour situer ces injustices sur le terrain de la lutte de classes. Contre la volonté du gouvernement de voir plus de contrats courts, luttons dans une logique de convergences de luttes contre la précarisation et l’uberisation de la société proposée par Macron !

David (NPA 69)


https://www.anti-k.org/2019/01/17/super ... eignantes/
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Re: Le Uber se décline et se développe

Messagede bipbip » 21 Jan 2019, 22:35

Livreurs contre arnaqueurs : vers la fin de l’uberisation ?

C’est une avancée encourageante dans la lutte contre l’« uberisation » : dans un arrêt rendu mercredi 28 novembre, la Cour de cassation a reconnu un lien de subordination entre la plateforme de livraison Take Eat Easy et ses livreurs à vélo, ouvrant ainsi la voie à la requalification des travailleurs en salariés. Un énorme coup d’arrêt pour ce modèle d’exploitation des travailleurs.

Depuis 2009 et l’arrivée de la société américaine UBER en France, les plateformes numériques profitaient d’un flou juridique pour recruter des travailleurs sous le statut d’auto-entrepreneur.

Sans droit du travail, sans congés, tout leur modèle économique était ainsi construit : les travailleurs seraient chez eux des prestataires, pas des salariés ! Du travail à la tâche, en somme.

Un retour au 19ème siècle dénoncé depuis le début par certains travailleurs à bicyclette : le lien de subordination entre eux et les plateformes qui leur fournissent le travail et les contrôlent est tout à fait évident. C’est justement ce qu’a reconnu la Cour de cassation, estimant que « l’existence d’un pouvoir de direction et de contrôle de l’exécution de la prestation » caractérise bien « un lien de subordination ». Une décision historique qui va faire jurisprudence.

Jérôme Pimot, porte-parole du Collectif des Livreurs Autonomes de Paris, est l’une des figures de cette lutte contre les plateformes depuis 5 ans.

Émission à écouter : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entr ... berisation
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