Compétitions sportives et société

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Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 14:32

« Les supporters sont l’âme populaire du football »

Quel rapport entretient le football avec le peuple ? Débat avec Mickaël Correia, auteur de "Une histoire populaire du football" (La Découverte), Jan Kamensky, ultra du FC St. Pauli, le club le plus à gauche du monde, et Patrick Mignon, sociologue du sport, chercheur à l’INSEP, co-auteur de l’article : « Le sport et la loi : comment faire régner l’ordre dans les stades ? ».

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Messagede Pïérô » 17 Juin 2018, 02:51

Projection débat « Carton rouge »

Sport et politique.

Projection et débat autour du sport moderne, avec la diffusion du court-métrage documentaire « Carton Rouge », en présence du réalisateur.

Paris dimanche 17 juin 2018
à 16h30, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot

Image

Carton Rouge (21') : « Juin 2016 : La France accueille l'Euro masculin de football tandis que les mobilisations contre la loi travail durent depuis plus de 4 mois. » Différentes caméras amateurs et professionnelles capturent la cohabitation de ces deux événements au cœur de la prolongation de l'état d'urgence.
Les compétitions internationales se succèdent périodiquement selon un calendrier médiatique précis. Elles constituent selon le philosophe Robert Redeker un « impensé » et un « incritiqué » des temps contemporains.

Derrière la traditionnelle réappropriation politique des réussites sportives nationales, les grands événements internationaux servent aujourd'hui des intérêts urbanistiques capitalistes et affirment sous couvert d'activité économique et de liesse populaire des normes sexistes, validistes et patriotiques.

Derrière l'unité proclamée par le spectacle sportif en apparence apolitique sont reléguées les questions environnementales et sociales.

Cette discussion sera l'occasion de débattre en contre-pied de la couverture médiatique accordée à la tenue de la coupe du monde de football masculine de la Fifa en Russie.
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Messagede bipbip » 23 Juin 2018, 21:29

Les Jeux olympiques sont le prétexte à la bétonisation de l’Île-de-France

En 2024, Paris accueillera les Jeux olympiques d’été. Les auteurs de cette tribune s’indignent des mensonges de la communication officielle autour de cet événement, qui tait notamment le déni de démocratie à l’œuvre et l’intention, au-delà des Jeux, d’accélérer l’urbanisation et la métropolisation de l’Île-de-France.

... https://reporterre.net/Les-Jeux-olympiq ... -de-France
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Messagede bipbip » 28 Juin 2018, 16:44

«Le foot est un miroir grossissant de la société»
Alors que la Coupe de monde débute en Russie, Mickaël Correia, auteur du récent livre «Une histoire populaire du football», rappelle que le foot n’a pas toujours été que le business lucratif qu’il est devenu. Interview.
Du 14 juin au 15 juillet se déroulera la Coupe du monde de football en Russie. 32 équipes, dont certaines comptent des joueurs vedettes payés à millions, se disputeront, sur fonds de chauvinisme exacerbé, le titre de meilleure équipe du monde. Loin de cet événement sportif global et du football-spectacle, le journaliste indépendant, Mickaël Correia montre, dans son livre Une histoire populaire du football (ed. La Découverte) l’envers méconnu de ce foot-business et dresse un portrait du football «par en bas».
Le livre dépeint ainsi comment, dès son origine en Angleterre, le football a aussi a été un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers face aux capitalistes, puis un support d’émancipation et de solidarité pour certains militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires, les féministes ou les contestataires du monde entier. «La tension entre ces «deux footballs», celui qui se plie aux logiques marchandes et autoritaires et celui qui s’en émancipe, remonte aux origines de ce sport», précise-t-il dans la préface de son ouvrage.
... https://www.anti-k.org/2018/06/14/le-fo ... a-societe/

Total Football : une arme de diversion massive
Une nouvelle fois dans l’histoire du football, un régime dictatorial qui constitue une menace pour la paix s’apprête à organiser la Coupe du monde avec la complicité de la FIFA et de l’UEFA. Après l’Italie mussolinienne en 1934 et l’Argentine de Videla en 1978, c’est au tour de la Russie poutinienne, nationaliste et belliqueuse, d’utiliser l’un des plus grands événements sportifs de la planète comme une arme de diversion massive. Pour nous, l’objectif de Poutine est limpide : la guerre des stades préfigure le stade des guerres à venir. Principal vecteur de massification émotionnelle et d’unification des individus en foules rivales, le football a toujours servi les tyrannies impérialistes. En ce sens, ne peut-il être considéré lui-même comme un phénomène totalitaire ? N’est-il pas un système d’enrégimentement idéologique dans une sorte de corporation dépolitisée, quasi-mystique ou quasi-religieuse, prête aux plus grands sacrifices ?
... https://www.anti-k.org/2018/06/15/total ... n-massive/
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Messagede bipbip » 01 Juil 2018, 19:26

Coupe du monde 3 – 0 Environnement

Alors que l’équipe de France dispute samedi un match en Coupe du monde contre l’Argentine, Reporterre s’est penché sur les impacts environnementaux et sociaux de ce sport. L’environnement subit une sévère défaite.

Qu’on se le dise, la tendance de l’écoblanchiment n’a pas épargné le monde du football. Depuis quelques années, la Fifa (Fédération internationale de football association) se dit soucieuse de l’empreinte écologique qu’elle laisse sur la planète et multiplie les « projets verts » pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Du côté des équipementiers sportifs, même son de cloche : les géants de l’équipement sportif comme Nike et Adidas tentent de verdir une image très souvent trainée dans la boue. Du vestiaire aux gradins et à la pelouse, voici une liste non exhaustive des réalités environnementales et sociales dissimulées par les paillettes.

... https://reporterre.net/Coupe-du-monde-3-0-Environnement
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Messagede bipbip » 11 Juil 2018, 19:49

Le football, institution capitaliste, opium du peuple et peste émotionnelle

A une époque où l’opportunisme peut tout contaminer sur les échecs historiques du mouvement ouvrier, à propos du sport, il est bon de rappeler le socle théorique des révolutionnaires en matière d’analyse institutionnelle du sport. Une trop mince protection pour résister à l’hystérie médiatique…

Autour de la Théorie critique du sport

... https://www.anti-k.org/2018/07/11/le-fo ... onnelle-2/
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Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 13:23

Populaire ou pas, le foot est un cauchemar

Alors que l’équipe de France vient de se qualifier pour la finale de la coupe du monde 2018, il est de bon ton — y compris chez les militant·es supposément anti-autoritaires —, dans les conversations de couloir et de comptoir comme sur les réseaux sociaux, d’afficher son amour de ce sport "populaire" et de qualifier toute remarque hostile au cirque footballistique actuel de « mépris de classe » ou « d’élitisme ». La critique, ou même la seule mise à distance, du spectacle nationaliste et capitaliste qu’on nous livre semble inaudible. Coup de gueule en forme de lettre ouverte.

Cher·es camarades amateur·es de foot,

Alors qu’on voit fleurir des drapeaux bleu blanc rouge aux fenêtres, dans les magasins et sur les joues des badauds, des ami·es qu’on pensait avoir un peu d’esprit critique se mettent à nous répéter que le foot un sport populaire et formidable, point. Un tweet récent de Mickaël Correia, auteur d’Une histoire populaire du football résume bien la rengaine à la mode chez nombre de camarades : « Plus que jamais, face au mépris et aux poncifs anti-foot, rappeler que le football est avant tout une culture populaire et un outil d’émancipation et de subversion politique pour des hommes et des femmes de tout pays ». Le poncif, je le vois plutôt dans cette phrase, et franchement, ça devient fatigant. Alors quelques éléments sur le caractère émancipateur du foot :

. Commençons par rigoler un peu avec les origines du foot. Au départ, c’est un sport d’aristo et de bourgeois anglais. Et pourquoi décident-ils de le refiler au peuple ? Parce qu’au dix-neuvième siècle, occuper les ouvriers des industries en montant des clubs, c’est s’assurer, selon le bon vieux principe « du pain et des jeux », qu’ils occupent leur temps à autre chose que discuter au bistrot où potentiellement s’organisent les grèves et les révoltes. Par exemple, le club londonien d’Arsenal était originalement celui d’une manufacture de canons, la Royal Arsenal (d’où son nom et logo actuel). Ouais, ouais, le foot comme on le connaît a été introduit chez les ouvriers dans un rôle de pacification sociale. Et l’esprit populaire de la soule de disparaître au profit du foot. Pour l’anecdote, en France l’Église a bien accompagné le mouvement, en défendant notamment le foot contre le rugby car le second, avec ses multiples contacts, n’était pas assez viril aux yeux des curetons. Paye ton émancipation !

. Au passage, comme la plupart des sports, le foot se joue par genre. Et le foot féminin n’a aucun quasiment espace, ni médiatique, ni dans les clubs de quartier. Là encore, ça respire l’émancipation.

. On nous répète aujourd’hui que le foot business, façon Jean-Michel Aulas ou Coupe du monde, serait critiquable mais bien éloigné des pratiques amateures. Ce serait peut-être vrai si les petits clubs comme les formations sport-études de nos collèges n’avaient pas avant tout pour but de constituer un vivier pour le plus haut niveau, quitte à fracasser des dizaines de milliers de gamins dans les filtres de sélection (notamment les sélections départementales et régionales qui commencent dès le plus jeune âge). Ce serait aussi davantage vrai si, dans ces petits clubs, on n’entretenait pas sciemment la fascination des mômes comme des adultes pour les superstars et leurs équipes.

. Quand on dit ça, à Lyon, on cite souvent comme exemple le club de Saint-Etienne, qui serait un club populaire, un vrai. Ce n’est peut-être pas tout à faux si on regarde la composition sociale du public du stade... mais c’est quand même une opération de com’ super pour un industriel. Le vert qui fait l’image de la ville est en effet celui de la chaîne de supermarchés Casino, le fondateur du club (qui joue toujours dans un stade qui porte le nom du fondateur de Casino, Geoffroy Guichard). Caramba, encore une histoire d’émancipation frelatée.

. Revenons aux petits clubs de villages et aux cours d’école. Un de leurs autres points communs avec les grands clubs ou les équipes nationales, c’est que s’y transmettent aussi les belles valeurs du foot : la compétition, la loi du plus fort, le machisme, l’homophobie et le nationalisme. Au départ, il y a le fait qu’au foot, comme dans n’importe quel autre sport, l’objectif unique c’est de gagner. D’ailleurs, quand un match se termine à égalité on dit qu’il est « nul ». Bah oui, l’égalité, c’est nul. Au plan individuel aussi, le foot est inégalitaire : il classe et valorise ceux qui courent plus vite, voient mieux, sont plus adroits, plus grands, plus forts, plus musclés... En fait, le foot, comme sport, est une anthropométrie (il classe les humains entre eux). Le gamin ou la gamine qui n’est pas assez performant·e n’est vite plus convoquée aux matchs par son entraîneur, ne se voit plus proposer par ses camarades de classe de jouer à la récré, ou est choisi·e en dernier·e quand le meilleur de la classe fait les équipes pendant le cours de sport. Le but au foot, c’est d’écraser les autres, tant pis si on en casse aussi dans son propre camp.

. Dans son club de village, l’ado ou l’adulte un peu gauche regarde les autres jouer, on dit « qu’il cire le banc » et ce n’est pas une formule flatteuse. Et puis, à l’école comme en club, le petit garçon pas très bon au foot ou pas très à l’aise avec son corps se voit vite qualifier de « bouboule », de « femmelette » ou de « pédé ». La petite un peu trop douée sera tout aussi rapidement qualifiée de « garçon manqué » ou de « gouine ». Le machisme et l’homophobie, ça va avec le foot, populaire ou pas, ce n’est pas une déviance de sa version commerciale. Et il en va de même pour les injures et préjugés racistes qui arrivent aussi vite (du « noir qui court vite » au « rital qui triche »). J’ai beau chercher l’émancipation là-dedans, je ne vois pas bien où elle est.

. Le racisme, on s’en souvient, le foot était censé l’avoir mis à mal avec l’épisode de la coupe du monde 1998 et le fameux slogan « black blanc beur ». On commence d’ailleurs à nous le ressortir cette année. Je ne vais pas vous rappeler le contexte, mais en 1998, le foot n’a freiné ni les violences policières, ni le décollage des charters, ni la montée du FN et de ses idées... On verra bien si en 2018 il pousse Collomb à la démission.

. Question. Est-ce un hasard, ou un dévoiement, si le foot est un sport qui n’a eu de cesse de servir la propagande nationaliste et capitaliste ? Ou alors est-ce lié au fait que les valeurs du foot et celles de ces systèmes économiques et idéologiques sont compatibles ? Je demande, hein. Vous avez deux heures...

. Pour finir ce portrait au vitriol, revenons à un élément tragique. Les matchs de la Coupe du monde ne génèrent pas que des cris de joie de supporters avinés et des résurgences nationalistes à base de drapeaux et de Marseillaise, ils conduisent aussi à une augmentation des violences faites aux femmes. On s’en doutait, une étude anglaise l’a confirmé. Elle a été suivie d’une campagne d’affichage baptisée « Si l’Angleterre est battue, elle le sera aussi ». L’étude montre les violences domestiques augmentent les soirs de matchs : de 26 % en cas de victoire de l’Angleterre et de 38 % en cas de défaite. En cause : la tension et la violence entraînée par le match et l’alcool ingéré en le regardant. Il n’y a aucune raison que la situation soit différente en France ou ailleurs. Encore une histoire d’émancipation qui tourne mal ?

J’imagine que cette lettre tranchante va se faire sabrer parce qu’elle est simpliste et qu’on lui reprochera aussi de sombrer dans « l’élitisme » ou « le mépris de classe ». Pour le simplisme, je plaide coupable, ce texte n’est pas une thèse universitaire ou un bouquin à la Découverte, c’est sûr. Mais au moins ça contrebalance un peu le flot unanime de célébration de l’unité populaire, flot qui ne brille pas non plus par sa subtilité. Par contre, pour le mépris de classe, prière de repasser. Quelques réflexions pour la route :

. Réduire toute critique à du « mépris de classe », c’est refuser de voir que nombre de critiques émanent, précisément, de personnes d’extraction sociale modeste et s’appuient, précisément, sur leur vécu en milieu populaire. C’est aussi fournir un paravent bien pratique pour empêcher la critique des comportements virilistes qu’adoptent tout un tas de supporters, quelle que soit leur classe sociale.

. Renoncer à tout jugement critique sous prétexte qu’une activité serait populaire, c’est nier au « peuple » sa capacité à faire des choix éthiques et politiques. C’est donc, en leur refusant d’avoir à répondre de leurs actes sur ces plans, exclure les classes populaires des interlocuteur·es légitimes. Vous le sentez ce bon vieux relent paternaliste ? Voici bien le paroxysme du mépris de classe.

. Réduire toute critique du foot à du « mépris de classe » revient à essentialiser l’amour du ballon rond à une propriété des classes populaires et, pire, à leur associer la violence, le racisme et le machisme qui vont avec. Le mépris de classe se situe, précisément, dans le fait de se taire, sous couvert de respect du « populaire », sur les élans virilistes et nationalistes qui imprègnent l’ambiance actuelle. Sans déc’, on dirait la bonne vieille rengaine qui voudrait que la critique des dominations sexistes ou racistes divise les travailleur·es...

Ami·es camarades amateur·es de foot, regardez les matchs si vous aimez le spectacle, profitez-en entre potes si cela vous plaît. Mais, de grâce, arrêtez de maquiller vos petits plaisirs de téléspectateur·ices en position politique ou en posture sociale. Ce n’est pas parce que vous aimez le foot que ça fait de vous des prolétaires, et inversement. Allez, je vous laisse avec ça : le football est à l’émancipation collective ce que le travail salarié est à la libération individuelle, une imposture.

François Remetter

PS : si dimanche soir vous pouviez éviter de pisser sur ma porte et de brailler la Marseillaise sous mes fenêtres, ce serait un plus.


https://rebellyon.info/Populaire-ou-pas ... emar-19437
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 15 Juil 2018, 20:32

La Coupe du monde, ce moyen rêvé pour nous faire oublier que les politiques menées détruisent notre vivre-ensemble

Le gouvernement, le pouvoir et les possédants en général ont intérêt à fabriquer et à récupérer un tel événement. C'est déjà le cas de Macron.

L'équipe de France masculine de football est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde. Difficile de ne pas le savoir tant l'événement prend une place considérable à la télévision, dans les médias, comme dans les bars, comme un peu partout. Certains parlent même de rendez-vous avec l'Histoire.

Le fait est que pour une bonne partie de la population, c'est la fête. Pas pour tout le monde certes, parce qu'il y a toujours des originaux, mais quand même cette "ferveur populaire" est importante et prend de l'ampleur au fil des jours.

Comme cela arrive souvent dans ces cas d'élan populaire, il ne fait pas bon d'aller à contre courant, ne serait-ce que prendre un peu ses distances avec le phénomène. Pourtant cela mérite discussion.

La "France" est en finale, on nous dit que c'est énorme, que les "Français" sont tous derrière leur équipe, que la cohésion nationale est retrouvée, que voilà le bonheur d'être unis, ensemble, solidaires, le bonheur tout court. On nous dit que c'est la beauté du sport, que seul le sport peut procurer cette émotion auprès de tant de gens, que seul le foot a ce pouvoir d'unifier une population, tout un peuple.

On nous en dit trop, on nous en met trop plein la tête pour que cela soit honnête. Bizarrement tout le monde semble d'accord, le gouvernement et ses oppositions, les politiciens de droite comme de gauche, les journalistes, les chroniqueurs, des stars, des artistes, plus de disputes, tous sont sur la même longueur d'onde, derrière le même drapeau, le "bleu-blanc-rouge", fiers et heureux d'appartenir à la même nation, alors ils sont heureux, ils en font des tonnes mais il ne faut pas lésiner.

La machine est en marche, ce serait le moment de faire la fête, même le moment de manifester dans la rue, de manifester sa joie et non pas sa colère évidemment, c'est le moment d'occuper la plus grande avenue du monde, le moment du "tous ensemble" derrière le drapeau tricolore c'est bien et pas comme ces dernières mois derrière un drapeau rouge, avec des cheminots ou des hospitaliers.

Visiblement la marseillaise et le drapeau tricolore protègent, pas de risque d'intervention policière. C'est le moment de faire du bruit, c'est autorisé et même encouragé!

Il y a bien une grosse entourloupe de la part de ceux qui ont le pouvoir ou de ceux qui tiennent les gros médias, ce qui peut revenir au même. Car cette "fête" n'est pas neutre, on nous dit que c'est inoffensif, que c'est du sport, que ce n'est pas politique. Mais en vrai c'est tout sauf neutre.

Cette coupe du monde comme tous les grands événements sportifs ne sont pas que des machines à rapporter du pognon (pognon de dingue) à des profiteurs, ce sont aussi des moyens de propagande idéologique, qui distillent le chauvinisme et le nationalisme, qui veulent faire croire que riches et pauvres, patrons et ouvriers, banquiers et chômeurs, seraient unis par notre drapeau et auraient les mêmes intérêts.

Les victoires de l'équipe de France peuvent être récupérées politiquement afin de cultiver les préjugés nationalistes, pacifiques aujourd'hui mais peut-être agressifs demain. Alors bien sûr qu'on peut comprendre et être sensibles à la joie des gens qui défilent dans la rue, on peut même applaudir aux matches et aux victoires de l'équipe de France comme des autres équipes d'ailleurs. Mais on peut légitimement prendre ses distances avec "l'unité de la nation", on peut dénoncer l'hypocrisie et les mensonges sur ce "tous ensemble", on peut aussi dénoncer ce sport business.

Le gouvernement, le pouvoir et les possédants en général ont intérêt à fabriquer et à récupérer un tel événement. Ils l'utilisent, c'est déjà le cas de Macron, pour faire oublier que ce sont eux, que ce sont leurs choix qui détruisent le "vivre ensemble" en démantelant les services publics, qui divisent et fragilisent la population en l'appauvrissant et en la précarisant, qui font exploser les inégalités sociales et les injustices en s'attaquant à tous les acquis sociaux qui mènent des politiques xénophobes, ce sont eux qui répriment brutalement celles et ceux qui résistent.

Comment oublier les matraques, les gazages, les blessures, les gardes à vue, les condamnations? Comment oublier que les cheminots ou les manifestants ont été traités récemment de preneurs d'otages? Et maintenant il faudrait faire cause commune, faire comme si de rien n'était, parce que c'est le foot, parce que c'est la fête?

Alors quitte à apparaître comme "rabat-joie", l'envie est bien là de dénoncer cette embrouille qu'est l'idéologie nationaliste car elle met des frontières entre les peuples, de dire que l'on veut faire la fête avec qui on veut, quand on veut, qu'il n'y a pas que le sport et le foot, qu'il peut y avoir de l'émotion, du spectacle, du bonheur aussi dans la culture, dans les arts de partout (pas que national), que le "tous ensemble" c'est le partage des richesses, la fin des inégalités, des discriminations, du racisme, de l'homophobie, du sexisme... que les seules frontières que nous reconnaissons c'est celles entre les oppresseurs et les opprimés, entre les classes sociales.


https://www.huffingtonpost.fr/philippe- ... _23481134/
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 15 Juil 2018, 21:50

Foot-business… et lutte des classes

Le transfert à 100 millions d’euros de Ronaldo à la Juventus provoque une grève chez Fiat

Ce mardi 10 juillet, la star mondiale du football Cristiano Ronaldo s’est engagé à la Juventus Turin, contre 100 millions d'euros de transfert et 30 millions de salaire net par an. Des sommes folles qui ont provoqué la colère des ouvriers de Fiat, en grève du 15 au 17 juillet.

Alors que la coupe du monde de football bat son plein, la famille Agnelli, propriétaire de la Juventus de Turin, à décider de s’offrir un des joueurs du Real Madrid : Cristiano Ronaldo. Le transfert a été décidé ce mardi, et le champion d’Italie à accepter de verser 105 millions d’euros pour s’assurer les services de la star portugaise, réalisant ce qui constitue déjà l’un des transferts du siècle, lui offrant par ailleurs un très confortable contrat à 30 millions d’euros net par an, et ce pour les 4 prochaines saisons. En plus d’être propriétaire du club, cette famille détient également le groupe Fiat ainsi que Ferrari. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les travailleurs de Fiat ont en travers de la gorge ces frasques sur le marché des transferts.

En effet, les ouvriers de l’usine de Melfi, dans la province de Potenza, n’entendent pas accepter ce transfert sans sourciller, alors que la direction ne cesse de demander des « sacrifices économiques ». C’est ainsi que le syndicat USB (Unione sindacale di base) a appelé à la grève du 15 au 17 juillet. Dans un communiqué du syndicat USB, les ouvriers se sont confiés et ont protesté contre leurs conditions de travail et contre les périodes de chômage partiel qui leur seront imposées jusqu’en 2022.

Nous relayons ci-dessous le communiqué du syndicat USB :

« Il est inacceptable que pendant que les travailleurs de Fca et Cnhi continuent de demander des sacrifices économiques énormes pendant des années, la même décision de dépenser des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur.

On nous dit que le moment est difficile, qu’il faut recourir à des amortisseurs sociaux en attendant le lancement de nouveaux modèles qui n’arrivent jamais.

Et tandis que les travailleurs et leurs familles se serrent la ceinture de plus en plus, la propriété décide d’investir beaucoup d’argent sur une seule ressource humaine !

Est-ce normal ? Est-il normal qu’une seule personne gagne des millions et que des milliers de familles n’atteignent pas le milieu du mois ?

Nous dépendons tous du même maître, mais jamais en ce moment d’énorme difficulté sociale, ce traitement inégal ne peut et ne doit être accepté.

Les travailleurs de Fiat ont fait la fortune de la propriété pendant au moins trois générations, enrichissant quiconque se déplace autour de cette société, et en retour, ils ont toujours et seulement reçu une vie de misère.

La propriété devrait investir dans des modèles de voiture qui garantissent l’avenir de milliers de personnes plutôt que d’en enrichir un seul, cela devrait être le but de qui met les intérêts de leurs employés en premier, si cela ne se produit pas parce que vous préférez le monde du jeu , amusant pour tout le reste.

Pour les raisons décrites ci-dessus, le Syndicat du Syndicat des travailleurs de la base déclare une grève à la FCA di Melfi à partir de 22h00 le dimanche 15 juillet jusqu’à 06h00 le mardi 17 juillet 2018. »

Alors que la famille Agnelli et la Juventus Turin vont empocher un pactole en termes de vente de maillot, de billets, de droits à l’image, etc., la goutte d’eau a fait déborder le vase pour les ouvriers de Fiat, bien décidé à ne pas se laisser faire.


http://www.revolutionpermanente.fr/Le-t ... -chez-Fiat
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 16 Juil 2018, 16:10

Mondial 2018 : Les travailleur-euses sur la touche !

Rapport du Collectif Ethique sur l’étiquette et du BASIC

65 millions d’euros par an, c’est le contrat record de sponsoring négocié par Adidas avec l’équipe nationale d’Allemagne, qui multiplie ses revenus par 3 depuis 2016.

Nike a signé en 2016 avec Cristiano Ronaldo le premier contrat de sponsoring à vie avec un joueur de foot, pour un montant total d’un milliard de dollars, soit 25 millions $ par an.

Nike affiche une performance financière supérieure de 70% à la moyenne du Dow Jones

Dans le même temps,

Nike et Adidas continuent leur désengagement de la Chine, où les salaires tutoient des niveaux proches du salaire vital, en faveur de l’Indonésie, du Cambodge ou du Vietnam, où les salaires moyens sont inférieurs de 45% à 65% au salaire vital

Sur un maillot Adidas de la coupe du Monde vendu 90 euros, les travailleur.euse.s touchent 0,8 euros ; Adidas empoche 18 euros de bénéfice net

Sur le prix d’une paire de chaussures Nike ou Adidas, la part revenant aux travailleur.euse.s a baissé de 30% entre 1995 et 2017

Si les équipementiers sportifs avaient maintenu les mêmes montants de sponsoring des clubs de foot qu’en 2015, les 226 millions d’euros économisés aurait permis d’assurer un salaire décent à plus d’un million de travailleurs en Asie.

2 ans après le 1er rapport publié à l’occasion de l’Euro 2016, le nouveau rapport « Anti-jeu. Les sponsors laissent les travailleurs sur la touche » du BASIC et du Collectif Ethique sur l’étiquette, montre que les choix économiques des équipementiers leaders, Nike et Adidas, tournés vers la performance financière et la rémunération prioritaire des actionnaires au détriment des droits fondamentaux des travailleur.euse.s, s’alourdissent.

Fondé sur un investissement démesuré dans le sponsoring et l’ « optimisation » des coûts de production, ce modèle se traduit par une pression sur les coûts de main-d’œuvre, fixés désormais en dernier ressort, qui les conduit à délocaliser vers des pays moins-disant socialement. Résultat, les travailleurs de leurs chaînes d’approvisionnement, situés principalement en Asie, touchent des salaires en deçà du minimum nécessaire pour vivre décemment – un salaire vital – alors que lee profits s’envolent.

Nike et Adidas s’inspirent désormais même de la fast fashion, en multipliant les modèles et en associant leur image à des personnalités du show business pour doper leurs ventes et accroitre leur capital immatériel.

Le Collectif Ethique sur l’étiquette se mobilise pendant le Mondial 2018 pour exiger de ces grands équipementiers des pratiques garantissant un salaire vital aux ouvriers qui contribuent au premier plan à leur croissance économique sans égal dans le secteur.

... https://solidaires.org/Mondial-de-footb ... ntiers-les
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 16 Juil 2018, 19:29

Foot-business… et lutte des classes

Le transfert à 100 millions d’euros de Ronaldo à la Juventus provoque une grève chez Fiat

Ce mardi 10 juillet, la star mondiale du football Cristiano Ronaldo s’est engagé à la Juventus Turin, contre 100 millions d'euros de transfert et 30 millions de salaire net par an. Des sommes folles qui ont provoqué la colère des ouvriers de Fiat, en grève du 15 au 17 juillet.

Alors que la coupe du monde de football bat son plein, la famille Agnelli, propriétaire de la Juventus de Turin, à décider de s’offrir un des joueurs du Real Madrid : Cristiano Ronaldo. Le transfert a été décidé ce mardi, et le champion d’Italie à accepter de verser 105 millions d’euros pour s’assurer les services de la star portugaise, réalisant ce qui constitue déjà l’un des transferts du siècle, lui offrant par ailleurs un très confortable contrat à 30 millions d’euros net par an, et ce pour les 4 prochaines saisons. En plus d’être propriétaire du club, cette famille détient également le groupe Fiat ainsi que Ferrari. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les travailleurs de Fiat ont en travers de la gorge ces frasques sur le marché des transferts.

En effet, les ouvriers de l’usine de Melfi, dans la province de Potenza, n’entendent pas accepter ce transfert sans sourciller, alors que la direction ne cesse de demander des « sacrifices économiques ». C’est ainsi que le syndicat USB (Unione sindacale di base) a appelé à la grève du 15 au 17 juillet. Dans un communiqué du syndicat USB, les ouvriers se sont confiés et ont protesté contre leurs conditions de travail et contre les périodes de chômage partiel qui leur seront imposées jusqu’en 2022.

Nous relayons ci-dessous le communiqué du syndicat USB :

« Il est inacceptable que pendant que les travailleurs de Fca et Cnhi continuent de demander des sacrifices économiques énormes pendant des années, la même décision de dépenser des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur.

On nous dit que le moment est difficile, qu’il faut recourir à des amortisseurs sociaux en attendant le lancement de nouveaux modèles qui n’arrivent jamais.

Et tandis que les travailleurs et leurs familles se serrent la ceinture de plus en plus, la propriété décide d’investir beaucoup d’argent sur une seule ressource humaine !

Est-ce normal ? Est-il normal qu’une seule personne gagne des millions et que des milliers de familles n’atteignent pas le milieu du mois ?

Nous dépendons tous du même maître, mais jamais en ce moment d’énorme difficulté sociale, ce traitement inégal ne peut et ne doit être accepté.

Les travailleurs de Fiat ont fait la fortune de la propriété pendant au moins trois générations, enrichissant quiconque se déplace autour de cette société, et en retour, ils ont toujours et seulement reçu une vie de misère.

La propriété devrait investir dans des modèles de voiture qui garantissent l’avenir de milliers de personnes plutôt que d’en enrichir un seul, cela devrait être le but de qui met les intérêts de leurs employés en premier, si cela ne se produit pas parce que vous préférez le monde du jeu , amusant pour tout le reste.

Pour les raisons décrites ci-dessus, le Syndicat du Syndicat des travailleurs de la base déclare une grève à la FCA di Melfi à partir de 22h00 le dimanche 15 juillet jusqu’à 06h00 le mardi 17 juillet 2018. »

Alors que la famille Agnelli et la Juventus Turin vont empocher un pactole en termes de vente de maillot, de billets, de droits à l’image, etc., la goutte d’eau a fait déborder le vase pour les ouvriers de Fiat, bien décidé à ne pas se laisser faire.


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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 18 Juil 2018, 15:02

Agressions sexuelles, violences et pubs misogynes : retour sur la coupe du monde du sexisme

Des mains aux fesses, des baisers forcés, des gestes déplacés, des agressions sexuelles… de nombreux témoignages ont fleuri sur les réseaux sociaux le soir de la Coupe du monde. Retour sur la coupe du monde du sexisme.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Agre ... du-sexisme
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 01 Aoû 2018, 21:05

LE FOOTBALL, UNE PESTE ÉMOTIONNELLE

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Jean-Marie Brohm et Marc Parelman, s'appuyant sur la Théorie critique de l’École de Frankfort, dévoilent la face caché de la réalité footballistique : corruptions, affairismes, arrangements, magouilles, tricheries, violences, dopages, xénophobie, racisme, complicités avec les régimes totalitaires ou policiers ne sont pas des « dérives » mais constituent la substance même du football spectacle et l’idolâtrie joue le rôle de l’écran de fumée derrière lequel se dissimulent ces secrets honteux.
« Le football spectacle n’est donc pas simplement un « jeu collectif », mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social, une intoxication idéologique qui sature tout l’espace public. »
Contrairement aux spécialistes de la division du travail idéologique qui cloisonnent les différents aspects, séparant les « bons » et les « mauvais » côté » du football, ils en restituent la totalité concrète.

Les « passions sportives » ne sont pas d’anodines éditions collectives mais l’expression d’une pathologie sociale pandémique. Le football est la manifestation insidieuse et universelle d’une forme d’aliénation sociale, d’une « passion de détruire ». Par l’exaspération des appartenances identitaires, l’exaltation des différences, les crispations communautaires, « le football est une école de la guerre ». Le passionné de foot est un possédé soumis à un « état altéré de la conscience ». « Ces foules enivrées par le football sont essentiellement des meutes guerrières, des meutes de chasse et de lynchage, et parfois même des foules criminelles dont les « débordements » dans et hors les stades constituent l’ordinaire du spectacle. » « La peste émotionnelle est une biopathie de la structure psychique des individus, une distorsion grave des valeurs essentielles de la vie, qui revêt la forme de symptômes endémiques ou la forme d’épidémies aigües. » Son succès et son impunité sont assurés par la grande ignorance concomitante à ce phénomène même. « Par ses ritualités grotesques, ses gesticulations hystériques et le ridicule achevé de son pseudo-sacré, le football peut être considéré comme la caricature tragi-comique d’une névrose obsessionnelle de masse. » La peste émotionnelle se caractérise par une « intoxication idéologique réactionnaire », forme ouverte ou déguisée, réelle ou symbolique de meurtre avec préméditation, similaire à la peste fasciste identifiée et décrite par Wilhem Reich, également par son pouvoir de contamination et la violence mimétique des foules qui engendre la subordination des individus à l’esprit de meute ou de horde.
La thèse centrale de la théorie critique assimilant le sport à un opium du peuple rencontre des critiques unanimes car l’absence de conscience de l’aliénation est la pire aliénation.

Le football s’est développé dans le monde selon un processus impérialiste, à la recherche de profits, comme toute entreprise capitaliste. Il est l’une des principales machineries d’endoctrinement et de crétinisation des masses. Sponsors, marché et rémunération des joueurs, droits de retransmission, corruption, matches et paris truqués, les auteurs décrivent le « foot business » et répondent aux idéalistes que « rendre le football au peuple » est aussi peu réaliste que d’instaurer un « capitalisme populaire ».

Ils font l’inventaire des violences qui ne sont pas de « redoutables excès » qui « dénaturent l’esprit du football » mais la conséquence inévitable de la compétition : match Pérou-Argentine de 1964 qui fit environ 300 morts, drame du stade du Heysel et tant d’autres « massacres de masse ». Ils décrivent les commandos de supporteurs alcoolisés et avides d’affrontements violents, excroissances naturelles plutôt que « brebis galeuses ». « Quand il tue, n’accusons pas la fatalité, ne dédouanons pas le foot-business, le foot-compensation, le foot-substitut guerrier, le foot-défouloir. Ne transformons pas en catastrophe naturelle ce qui s’apparente à une catastrophe sociologique. » Le football entretient le tropisme de la violence. Il sert de défouloir à des brutes car il est lui-même un jeu d’affrontements physiques.

De la même façon, les auteurs recensent de nombreuses affaires de dopage qui mettent à mal la dénégation habituelle prétendant que le football est un sport trop technique pour que le dopage puisse lui être utile. « Les contrôles antidopages ne sont plus désormais que des alibis pour la bonne conscience des « humanistes » du sport. » L’Agence Mondiale Antidopage a fixé un seuil artificiel sans aucun sens biologique, revenant à une « quasi-autorisation » de l’usage des corticoïdes. Elle a aussi instauré une double liste, autorisant la consommation hors compétition des stimulants comme les amphétamines, ou les bêtabloquants.

Ils s’en prennent de façon assez agressive aux journalistes et à des nombreux intellectuels tombés en béatitude pour le football. « Le football a en effet formaté un journalisme contemplatif, purement aligné sur « l’être-là » du spectacle mondain, et a permis cette affligeante neutralisation des capacités critiques qui prétend se donner pour de l’objectivité professionnelle. » L’actuelle mondialisation s’appuie sur le football et l’adhésion massive des peuples à son spectacle, écrasant tout espoir, toute lutte d’émancipation, en paralysant les revendications sociales, contribuant à l’avènement d’une société dominée par la crétinisation des stades. Ils passent en revue un certain nombre de déclarations encensant cette « culture populaire » que la Théorie critique du sport a remise en cause à la suite des analyses de l’école de Franckfort, « soumission à la trivialité du sens commun, à un horizon axiologique rabougri, à des habitus d’une grande pauvreté d’imagination ». « Le football est très exactement un instrument de domination et de régression. » En s’attardant sur le « populisme sportif de la ligue communiste révolutionnaire », ils montrent comment de nombreux militants ont renoncé à la critique de la société capitalisme avec la « fétichisation du football ».
La pratique à haute dose du football (pour les participants), le supportérisme comme style de vie (pour les spectateurs), l’obnubilation mentale par l’inlassable matraquage de la propagande footballistique (pour la masse des téléspectateurs) fonctionnent en effet comme un opium du peuple, c’est-à-dire « agglutination confusionniste autour d’un paradis artificiel, avec ses dérisoires idoles, ses slogans débiles, son vacarmes de foule et ses violences mimétiques ».

« Il n’y a aucune distance critique possible lorsque l’on regarde un match parce qu’il capte intégralement l’attention, corps et âme, de manière quasi hypnotique. » Le football n’a strictement aucun intérêt de connaissance et encore moins de valeur culturelle. Passant en revue différentes définition de la culture, ils démontrent que le football et le sport en général n’en sont pas une.

Les joueurs professionnels sont exclusivement issus des classes sociales les plus pauvres et les immigrés, venus en particuliers des pays déshérités d’Afrique, constituent le plus gros des effectifs. « Loin d’être par conséquent l’expression d’un quelconque contre-système méritocratie, le football exacerbe au contraire toutes les inégalités », entretenant l’illusion du mérite et le fantasme de la réussite. De la même façon, Jean-Marie Brohm et Marc Perelman mettent à mal les mythes du football citoyen, du football vecteur d’intégration avec la fameuse France « black-blanc-beur » et répètent que « le football – en tant que matrice d’une régression pulsionnelle – n’est ni plus ni moins qu’une structure de fascisation des masses ».

Si le ton et les accusations pourront agacer et paraître parfois excessifs, le propos n’en demeure pas moins fort intéressant et tranche radicalement avec les discours convenus habituels. Dans un entretien vidéo, Jean-Marie Brohm explique pourquoi il a paru nécessaire de renoncer à la nuance et la pondération pour être entendu. Sous ses airs de pamphlets, cet ouvrage est bien un ouvrage scientifique, une enquête sociologique d'une grande rigueur.
Lecture complémentaire d' UNE HISTOIRE POPULAIRE DU FOOTBALL qui s’attache à montrer que le football peut aussi parfois être un moyen d’émancipation.

LE FOOTBALL, UNE PESTE ÉMOTIONNELLE
La Barbarie des stades
Jean-Marie Brohm et Marc Perelman
400 pages – 9,40 euros
Éditions Gallimard – Collection Folio/actuel – Paris – Avril 2006

https://bibliothequefahrenheit.blogspot ... nelle.html
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Re: Compétitions sportives et société

Messagede bipbip » 03 Aoû 2018, 15:26

Pierre de Coubertin, le père des Jeux Olympiques modernes, méprisait les femmes et admirait Hitler

Les jeux olympiques de Rio ont commencé le 5 août 2016. Comme tous les quatre ans et contre toute évidence, les médias ont essayé de nous convaincre que les valeurs du sport olympique ne sont pas l’écrasement des faibles par les forts, ou une anthropométrie validant par le spectacle la supposée supériorité des hommes sur les femmes, mais plutôt celles de celui qui a réintroduit les Jeux Olympiques en 1896. Mais au fait, qui était le baron Charles Pierre Fredy de Coubertin ?

... https://rebellyon.info/Pierre-de-Couber ... Jeux-16825
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