tout le but théorique des 3 ??? revient donc à essayer de faire relativiser certaines personnes sur sa signification ...
effectivement ce n'est pas à priori aux inscrits ici que ça s'adresse prioritairement.
(smiley cqfd ^^)
Par Jacques Gaillard
ven, 26/10/2012 - 06:30
Nuances (de rose ?)
A Toulouse, ville rose, le PS va se ressourcer dans le cassoulet originel ; dans la marmite, les nuances de rose sont presque autant que ces « nuances de gris » qui font rosir de plaisir les fesses des ménagères érotomanes du faubourg Saint-Germain…
Valence, un grand vide, Toulouse
Au PS, les congrès sont des spectacles toujours désopilants, parfois déprimants, rarement utiles. Depuis le congrès de Metz (1979) où, dans un gymnase de Woippy, Mitterrand et ses potes surent faire surgir l’étonnante « synthèse » qui le portera où vous savez, ces grandes réunions familiales servent essentiellement à faire le tri entre ce qu’on appelait naguère des « courants », et qu’on appelle plutôt, aujourd’hui, des « sensibilités ». C’est un peu comme si, après avoir inventé l’électricité, on s’éclairait désormais à la chandelle : des grands fracas rhétoriques qui opposèrent jadis les gramscistes recyclés du CERES, les découvreurs de la « gauche américaine », les tontonistes diligents, les opportunistes permanents, il ne reste pratiquement plus rien. Quelques murmures sont à prévoir, pas davantage. Certes, dans quelques fédérations où se jouent des rivalités de pouvoir, on aura bourré les urnes, comme d’habitude, mais le triste résultat d’une Martine Aubry élue grâce à 47 voix devant la pauvre Ségolène (pour elle, le commencement de la dégringolitude) est resté dans les mémoires comme l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Ou qu’il vaut mieux ne pas faire : cette fois, pour la crèche du Congrès, on a fourbi un Jésus tout neuf et consensuel, historique et inodore à la fois, fidèle au sens où le sont les fox-terriers et porteur d’un nom si charmant qu’on ne peut y voir aucun mauvais présage. Et puis, il n’a ni la raideur de Jospin, ni la rondeur de Mauroy, ni la fortune de Fabius, ni le sens aigu de la défaite qui a toujours singularisé Rocard, ni les sourcils d’Emmanuelli, ni le charisme d’Aubry dans l’engueulade, en un mot comme en cent, on peut lui confier la machine à café sans craindre qu’il fasse sauter les plombs. Et ça tombe bien, parce qu’au PS, quand un congrès suit une victoire présidentielle, depuis Valence en 1981, on se surveille, pas question de rouler des mécaniques, pas question de s’exciter à la tribune, pas question de remplacer sans ambages la notion de « rupture avec le capitalisme » par celle de « compromis social » - le tout avant d’aller dîner chez Pic entre barons devenus ministres mais restés bons notables de province, en attendant de devenir des pachydermes.
Le cimetière des éléphants
Le fait est que, dans la masse, pas une trompe chenue ne bat la mesure. DSK est en cure de désintoxication érotique, Ségolène traîne sa gueule de bois législative, Martine a été mise au frigo, il y aurait bien eu Fabius, mais il est trop bien là où il est, toujours dandy, un poil plus grave, dans le rôle de vieux sage dont il rêvait dès son enfance, barytonant ses conseils avisés sur toutes les radios qui lui envoient de chocolats pour les soirées de ses ambassadeurs. Les autres jeunes coqs ? Ils sont au turbin, avec plus ou moins de pain et plus ou moins de planche, de Valls à Hamon en passant par Montebourg qui finira chez Jean-Paul Gauthier si Peugeot ne fait pas un effort. Plus d’éléphants, plus de jeunes loups, ne restent que deux variétés classiques de petits fauves : les caméléons, comme ce cher Cambadélis, toujours recalé mais toujours recyclé, jadis suppôt de Strauss-Kahn, désormais hollandais en diable ; et les emmerdeurs, qui se présentent volontiers comme la gauche de la gauche, mais dont on ne sait pas vraiment où ils sont, comme cette chère Marie-Noëlle Lienemann, qui ne se souvient plus sans doute d’avoir été pour quelque chose ou quelqu’un tant elle a posé en principe d’être contre tout. Il y a là une double ressource : les caméléons sont des cireurs de pompes émérites, et le gouvernement a bien besoin d’une couche de cirage, et les emmerdeurs démontrent sans faire vibrer la pendule d’un millimètre qu’il y a de la démocratie dans ce parti, puisqu’on leur permet d’être minoritaires. Et puis, après tout, pourquoi cette obsession des synthèses, héritage de la bonne vieille SFIO, puisque de toute façon, pour tenir la rose, il faut un boss, pas une équipe de foot, on l’a vu pendant des années avant que le Corrézien fasse son hold up ? Il n’aura échappé à personne que l’unité, c’est le carburant euphorique d’un parti de militants, ce que le PS n’est plus depuis belle lurette. Comme à droite, le PS est à gauche, au niveau national, un parti de cotisants, et au niveau local, une réserve de candidats pour les municipales. Et ça marche mieux comme ça qu’en ces temps lointains où l’on se crêpait le chignon, dans les réunions de section, pour savoir si la baisse tendancielle du taux de profit était la justification adéquate de la nationalisation des bars-tabacs. Plus d’éléphants, plus de lions, finie, la jungle, circulez, le cirque fait relâche, seule la basse-cour se visite, si vous voulez aimez les canards, écoutez les couacs du gouvernement, les journaux ne se lassent pas de pisser de l’encre sur la question.
La Droite, combien de divisions ?
Evidemment, il y aura fatalement de la châtaigne au menu avec les compagnons de route, le Rouge qui fait tache et le Vert dans le fruit, lesquels n’ont pas encore vraiment compris que s’ils ont encore une adresse postale, c’est bien parce que le PS leur a distribué des bouées. Ils ont chichité sur le traité européen, mais tout le monde s’en fout : en plein PS, il reste une ligne de démarcation entre les non et les oui à Maastricht, et alors ? Il y a la même à droite. Idem entre les anti-cumul et les pro-cumul. Et si on grattait un peu, on trouverait à gauche des tièdes pour le mariage homo, à droite, des pas fâchés qu’on règle ce problème, et c’est pareil pour ces conneries de polémiques qu’on monte en neige pour stimuler l’opinion, du genre légalisation du cannabis ou remboursement des IVG. Les divisions qui comptent, elles sont ailleurs. A gauche, c’est l’affichage clair et net d’une ligne social-démocrate qui donne des gratouillis idéologiques, alors que la question est déjà tranchée à l’Elysée. A droite, on fait tourner ça autour de la question des alliances avec le FN, sur laquelle, quoi qu’on dise, y a rien de nouveau. Depuis que le grand Charles s’est barré, la Droite en France n’est qu’un gros truc composite, des « unions » de ceci, des « unions » de cela, et on ferait comme si l’UMP, ce bazar monté par Sarkozy comme un syndicat électoral à sa botte, était un vrai parti, avec une ligne, une idéologie, un système de pensée ? De la « droite forte » de Peltier, l’homme qui se croit capable de faire sa carrière en lançant trois bobards par jour mais s’est fait ratatiner aux législatives parce qu’il le valait bien, à la « droite décomplexée » de Copé qui mangerait des rats pour sauver son radeau, on est en galère idéologique totale, il n’y a plus de boussole, juste des ambitions, des calculs électoraux cyniques pour 2017 et une incroyable compétition dont l’enjeu est d’apparaître comme celui qui aura le moins de scrupules le moment venu. Dans le clan Fillon, la pauvreté de pensée politique est aussi flagrante, mais le style est différent : on est bien élevé, avec un peu d’attentisme, on a pigé que traîner le fantôme de Sarkozy, pour le moment, n’était pas forcément une bonne idée, alors on se dit les derniers de gaullistes, ce qui ne s’était plus fait depuis les Mohicans, on veut séduire la jeunesse en s’aidant du programme d’histoire du bac, sachant que la Gauche a le même problème de référence, au demeurant – essayer de s’inventer une doctrine.
Camaïeu pour dégradés
Heureusement, il y a le Centre. Qui est en ébullition. Parce que là, la question de la doctrine ne se pose pas. Demandez à un « radical » ce que veut dire le mot « radical », il sera incapable de vous répondre. La preuve que le radicalisme est le centre par excellence, c’est que des radicaux, c’est comme les trottoirs, il y en a à gauche et à droite. Les uns et les autres se distinguent par la maison-mère qui leur distribue des mandats, et c’est à peu près tout. Mettons à leur compte commun ce goût très travaillé de la modération qui peut les faire apparaître comme inoffensifs. Pragmatiques ? Ils s’en targuent, mais s’ils réussissaient à rendre perceptible leur conception du pragmatisme, ça se saurait. Au PS, on recycle les anciens ministres en les noyant dans le parti ; à l’UMP, on en fait des sénateurs aigris, qui se rebellent mielleusement ; chez les centristes, on les cultive en serre humide, pour bouturer de futurs ralliés chargés de faire éclore à gauche comme à droite des « valeurs » impalpables – le centre, ce n’est pas une pensée, c’est un milieu, comme son nom l’indique. Et ils prospèrent, les bougres ! Ils recrutent même des dames pétulantes lassées d’être humiliées dans l’étable UMP par des bouviers machistes, des secrétaires d’Etat remerciés après quelques mois de figuration, des journalistes un peu las, des « modérés » en mal d’un point de chute. C’est bien simple, si Bayrou n’était pas ouvertement centriste, il le deviendrait. Pour le centre, qu’on se le dise : l’avenir est pour demain, et le passé ne préjuge pas du présent. Peut-on se prévaloir de plus de bon sens ?
Tout serait plus simple, évidemment, si la France était un de ces pays où le bipartisme est officiellement de règle. N’en déplaise aux extrêmes, et si l’on coupe le centre en deux (il a l’habitude, pas besoin d’anesthésie), c’est pourtant le cas. Il y a beau y avoir, dans l’un et l’autre cas, cinquante nuances de rose ou de bleu, le fonctionnement de nos partis ne connaît qu’une loi : la prime au vainqueur. Le calme plat au PS, la compétition des successeurs d’Alexandre à l’UMP, l’attrape-mouches du Centre ne provoqueront jamais une renaissance de la culture politique dans un pays pour qui le seul match qui compte se joue tous les cinq ans (aux States, c’est quatre). Attendez-vous, aux prochaines élections, à une participation électorale modeste.
"Le changement est en marche, il est concret, et je veux le dire solennellement en votre nom, le Parti socialiste est fier de ce qui a déjà été accompli en six mois"

Choc : des chiffres et des lettres
On a beau être gouvernés par des énarques, le débat français garde l'amour des mots. Prenez la bagarre sémantique d'aujourd'hui: le patronat souhaite un "choc de compétitivité" (si vous n'avez toujours pas compris de quoi il s'agit, il s'agit d'alléger de 40 milliards les cotisations patronales, pour les reporter sur la CSG, c'est à dire sur tout le monde. En d'autres termes, de prendre beaucoup d'argent aux pauvres, pour le donner aux riches. Pardonnez mon simplisme). Pourquoi un choc ? Parce que ça frappe, un choc, par définition. Il faut que ça cogne. L'heure n'est plus aux demi-mesures, aux "trajectoires" mollassonnes. Tout ou rien. Il faut un remède de cheval. Tuer la maladie dans l'oeuf. Cogner, comme en chimio. Il faut que l'écho de notre choc s'entende jusqu'en Allemagne, et jusque dans la lointaine Chine. Et en dessous de 40 milliards, le niveau sonore risque d'être trop faible.
Vous préférez le débat sur les chiffres ? Alors parlons chiffres. Le "choc" devait être de 40 milliards. Les patrons n'en demandent plus que 30. Pourquoi 40 ? Pourquoi 30 ? Pourquoi pas 20 ou 50 ? Vous pensez sans doute que ces gens disposent de calculettes sophistiquées, ont élaboré des simulations raffinées, qui leur ont permis d'établir qu'en dessous de 30, un choc n'est pas vraiment un choc ? Alors je vous conseille un des meilleurs articles parus ces derniers temps sur l'économie. Vous ne perdrez pas votre temps: il peut vous éviter de lire tous les autres. Il raconte l'histoire de la fameuse règle de 3% du déficit. C'est le chiffre qu'on ne doit pas dépasser. C'est la "règle d'or". C'est au nom de cette règle qu'on refuse de construire des écoles, des hôpitaux, qu'on ferme les maternités dans les sous-préfectures. Pourquoi 3% ? Parce que 3, "ça a traversé les époques, ça fait penser à la Trinité". Qui parlait ainsi ? Un humoriste ? Non. L'inventeur des 3%, un très sérieux haut fonctionnaire français, que Le Parisien avait retrouvé (1) il y a quelques semaines. Combien de mantras foutraques, se glissent-ils ainsi dans le débat, avec toutes les apparences du sérieux ?
Tiens, à propos de mots, leur "choc", les grands patrons français l'ont donc revendiqué à la Une du JDD de ce week-end, sous forme d'un "ultimatum". Ainsi est titré leur texte à la Une. Ah, il est bien fini, le temps où ils suppliaient (2)qu'on les taxe. On lit (3), et ce catalogue de revendications sempiternelles est tout sauf un "ultimatum". On voit bien que les auteurs ont fait ce qu'il fallait, pour ne pas sembler poser le revolver sur la tempe de Hollande. C'est le JDD qui a saboté leur texte, en le présentant comme un ultimatum des super riches. Il est vrai que "catalogue" est moins vendeur que "ultimatum". Moralité: pour vendre davantage de papier, le journal de Lagardère a saboté le coup de com' des super riches. Ca me rappelle une histoire de capitalistes, et de corde pour se pendre, que racontait jadis un humoriste du nom de Lénine. Grosse bise au premier qui retrouve la citation.
[JDD ultimatum]
Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :
(1) http://www.leparisien.fr/economie/3-de- ... 186743.php
(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4259
(3) http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/ ... ses-571884
Daniel Schneidermann
Louis Gallois prône 30 milliards d'euros de baisses de charges
PARIS (Reuters) - Louis Gallois propose de baisser les cotisations sociales de 30 milliards d'euros pour enrayer le déclin de l'industrie française, dans un rapport remis au gouvernement lundi, à la veille de l'annonce de premières mesures sur la compétitivité.
L'ex-PDG d'EADS et de la SNCF suggère de transférer 20 milliards d'euros de cotisations patronales et 10 milliards de cotisations salariales, jusqu'à 3,5 smic, sur la fiscalité (TVA, CSG, taxe carbone, fiscalité immobilière, niches, etc.).
"Je propose 22 mesures principales (...) pour arrêter la glissade, arrêter le décrochage, soutenir l'investissement", a-t-il dit à des journalistes. "C'est ce que j'appelle (...) le choc de compétitivité, qui est en fait un choc de confiance."
Selon le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, ce rapport "on va l'appliquer très très largement". Le président François Hollande a quant à lui promis des "décisions fortes" orientées prioritairement sur l'emploi.
Le gouvernement s'est néanmoins jusqu'à présent opposé à un transfert massif de cotisations sociales vers la fiscalité, pour protéger la consommation des ménages et donc la croissance.
"J'ai toujours dit que l'économie française n'avait pas besoin d'un traumatisme mais d'une thérapie, d'une thérapie en profondeur, d'une thérapie dans la durée", a ajouté Pierre Moscovici sur BFM TV.
Un effort de 30 milliards d'euros de redressement budgétaire étant déjà programmé pour 2013, "il faut aussi avoir en tête le pouvoir d'achat des ménages", a-t-il ajouté, promettant des mesures pour baisser le coût du travail, sans plus de précision.
Louis Gallois plaide pour que ce transfert soit effectué sur un an ou deux "si les contraintes des finances publiques ou la volonté de limiter l'impact sur la demande des ménages l'imposaient", mais pas plus pour ne pas diluer ses effets.
Le gouvernement s'étant prononcé contre une hausse du taux normal de TVA, l'essentiel de l'effort (environ les deux tiers, soit 20 à 22 milliards) devra être financé par une hausse de la CSG, estime-t-il.
VERS UN CRÉDIT D'IMPÔT ?
Selon le site internet de l'hebdomadaire Le Point, le gouvernement, qui se réunira mardi en séminaire sur le sujet, envisage de recourir à un crédit d'impôt pour réduire les charges des entreprises d'une vingtaine de milliards d'euros.
Le Point croit aussi savoir qu'il serait prêt à revenir partiellement sur sa décision de ne pas augmenter le taux normal de TVA, qui pourrait être porté de 19,6% à 20% en 2013.
"Je ne commente pas les fuites ou les rumeurs", a dit Pierre Moscovici. Pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg : "Les décisions ne sont pas finalisées. Nous les rendrons demain. Nous travaillons sur toutes les hypothèses."
Louis Gallois part d'un diagnostic sévère du décrochage accéléré de l'industrie française, dont la part dans la valeur ajoutée de l'économie française est tombée à 12,5% en 2011, ce qui place la France au 15e rang de la zone euro.
"L'industrie française atteint aujourd'hui un seuil critique au-delà duquel elle est menacée de déstructuration", écrit-il.
Il souligne que la baisse de 10 milliards des cotisations salariales limitera l'impact d'une hausse de la CSG sur le pouvoir d'achat des salariés. En tout état de cause, il renvoie à la concertation sur le financement de la protection sociale les modalités de ce transfert.
Il estime également que la réduction de la dépense publique devra, à terme, prendre pour une part le relais de la fiscalité.
En avançant le chiffre de 30 milliards, soit la moitié de la perte de marge des entreprises françaises depuis 2001, il dit vouloir concilier à la fois une "masse critique suffisante", les contraintes de la conjoncture et "la capacité d'absorption du système fiscal dans un délai court".
Dans son esprit, si la baisse de charges sociales doit apporter un "ballon d'oxygène" aux entreprises, elle doit être clairement orientée vers l'investissement et l'innovation, non vers la distribution de dividendes ou des hausses de salaires.
Pour faciliter l'autofinancement, il propose aussi une baisse limitée de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis et une taxation des rachats d'actions, qui ne sont selon lui que des distributions de dividendes "déguisées".
Il suggère des mesures de stabilisation des règles juridiques et fiscales, d'amélioration des relations entre grandes entreprises et sous-traitants et de soutien à l'innovation, ainsi que la poursuite des recherches sur les techniques d'exploitation des gaz de schistes.
Il propose en outre une amélioration de la gouvernance des entreprises, comme l'octroi automatique d'un droit de vote double aux actionnaires gardant leurs actions au moins deux ans.
Pour faire face aux besoins de fonds propres d'entreprises de taille intermédiaire (ETI), il prône notamment la création, au sein de la nouvelle Banque publique d'investissement (BPI) d'actions sans droit de vote mais mieux rémunérées.
Ce rapport a reçu le soutien de l'opposition de droite et a été critiqué par le Parti communiste, tandis que les organisations patronales invitaient le gouvernement à agir vite.
Après la remise du rapport Gallois lundi au Premier ministre, ce dernier a détaillé mardi les 35 mesures que le gouvernement envisage pour doper la compétitivité des entreprises. Parmi elles, un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises et une hausse de la TVA dès le 1er janvier 2014 : la TVA normale sera portée de 19,6% à 20%, le taux intermédiaire de 7% à 10%, le taux réduit à 5%.
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les rumeurs qui circulaient sur le contenu du rapport étaient bel et bien fondées. A part le retour aux 39 heures qui, effectivement, ne figurent pas dans le document final, tout le reste y est : allègement de charges sociales de 30 milliards d'euros, augmentation de CSG et de TVA, reprise des recherches sur l'exploitation du gaz de schiste... des fuites probablement bien orchestrées pour préparer l'opinion, dans la douceur, à la réalité des faits
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''des propositions d'un patron pour les patrons''
En réalité, Louis Gallois est resté prudent et ses mesures apparaissent comme un rempart aux propositions encore plus libérales du FMI. On en a peu parlé mais hier, le Fonds Monétaire International a fait lui aussi ses propositions pour la compétitivité française : ouverture encore plus large de certains secteurs à la concurrence, assouplissement du marché du travail et baisse du SMIC... vous avez bien entendu. A côté de cela, Louis Gallois apparaît vraiment comme un enfant de cœur.
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Pour Pierre Haski, de Rue89, "ce rapport est le symbole de la misère intellectuelle dans laquelle baignent les socialistes. Il reprend toutes les bonnes vieilles recettes qui circulent depuis des années dans le patronat et le Medef. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup d'habillage autour d'une seule proposition. On joue avec l'économie française, on joue avec le pouvoir français des gens".
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Invité de France Info, le co-président du Parti de gauche a vivement dénoncé le constat et les propositions du rapport Gallois. Dire que le coût du travail est excessif est selon lui un "mensonge". Ce qui coûte cher selon Jean-Luc Mélenchon, "c'est le capital". Et sa conclusion est sans appel :"Il faut jeter ce rapport à la poubelle."
Mélenchon jette le rapport Gallois "à la poubelle"FranceInfo
"C'est une comédie. Pendant des semaines nous avons eu un matraquage sur le thème 'le coût du travail est excessif', répété sur tous les tons et toutes les antennes. Et ce matin l'oeuf est pondu et que voyons nous: le coût du travail est excessif" s'est amusé Jean-Luc Mélenchon avant de dénoncer, "avec la plus grande fermeté, un mensonge" :
"Ce qui coûte cher en France, c'est le coût du capital. On paie en France deux fois plus d'argent pour les dividendes aux actionnaires qu'on en paie pour les cotisations sociales".
Et le co-président du Parti de gauche de faire un appel du pied appuyé au Vrai du Faux de Gérald Roux: "Il y a des armées de gens qui décryptent les émissions de radio, j'espère qu'on va décrypter ce que je suis en train de dire."
Quant à la baisse des charges des entreprises, il balaie cette "lumineuse" idée du revers de la main : "Dites moi qui va les payer? Les contribuables. Ou bien on renoncera aux droits qui y correspondent. On soignera moins les gens, on les éduquera moins et c'est là que la vraie compétitivité de la France s'abaissera".
Enfin Jean-Luc Mélenchon insiste en accusant les entreprises et surtout leurs actionnaires: "Est-ce que vous savez que les investissements étaient deux fois moins importants que les dividendes distribués il y a de cela deux ans pour autant que je me souvienne bien de mes chiffres. Pourquoi est-ce que c'est en France que le capital est le plus vorace, le plus carnivore, le plus cannibale sur l'économie?"
Il y a six mois jour pour jour, François Hollande était élu président de la République. C'était le 6 mai. Six mois après, sa cote de confiance baisse très bas. Il tente de reprendre l'initiative pour restaurer la confiance des Français, étrillée par la crise économique.
"Où seront-ils dans six mois ?" Dès la fin de la campagne électorale, en mai, François Hollande s'interrogeait sur les foules venues le soutenir. Et en effet, six mois après, la cote de popularité du président fond comme neige au soleil : environ 55% d'opinions favorables en juin : 36% à 42% aujourd'hui selon les instituts de sondage. L'une des plus mauvaises courbes de la Vème République. Pour l'intéressé, il faut de la pédagogie et il annonce une conférence de presse mi-novembre pour "donner des perspectives". Et pour l'un de ses proches, le sénateur PS André Vallini, il était plus que temps de prendre la parole : "Les Français ont besoin d'être périodiquement rassurés par le président. Je ne conseille pas du tout à François Hollande de saturer l'espace médiatique. mais je pense que la rareté de la parole présidentielle n'est plus de mise non plus".
En six mois, c'est en particulier le soutien des classes populaire s'est érodé. Pas étonnant, estime Eric Coquerel, secrétaire national du parti de gauche : "On ne pensait pas que la politique d'accompagnement au libéralisme irait aussi vite et aussi fort. Quand un parti social-démocrate applique cette politique, le plus probable, c'est ensuite une alternative de droite et d'extrême-droite".
L'extrême-droite, justement, fait la même analyse. Et elle joue les Cassandre, affirmant l'avoir dit dès le début, comme Florian Philippot, vice président du Front national : "François Hollande applique le programme décidé par lui, par la BCE, par l'OMC. Il fait exactement ce qu'aurait fait l'UMP. Il n'y a aucun changement par rapport à ce qu'a décidé l'Union européenne".
La crise économique pèse de tout son poids sur ce bilan à six mois, avec une croissance en berne et un chômage en hausse. A droite, on estime que justement, face à cette situation, François Hollande ne fait pas le poids, estime Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes : "Il y a cette extraordinaire inexpérience à la tête de l'Etat. la différence entre être chef de parti et chef d'Etat, elle est énorme et on la mesure chaque jour".
Face à ces critiques, le chef de l'Etat veut montrer qu'avec son gouvernement, il travaille sur le fond. Il espèrece résultat - entre autres - du rapport Gallois. mais les "couacs" de ces dernières semaines ont brouillé le message. Pour le député UDI Jean-Christophe Lagarde, il s'agit pourtant d'un test pour le président : "Si François Hollande a le courage de suivre les recommandations sur les 30 milliards de baisses de charges, à ce moment là, il deviendra un vrai chef d'Etat. Il aura mécontenté ses amis, mais il aura servi la France".
En attendant, François Hollande fait surtout le dos rond et demande à être jugé sur les résultats. Des résultats qu'il n'attend pas vraiment avant fin 2013, voire 2014.
Novembre : compétitivité et autogestion
Le débat sur la compétitivité fait rage en cette fin d’année 2012, d’autant que cela fait maintenant près de dix ans que le commerce extérieur de la France est dans le rouge. Qu’est-ce que la « compétitivité » ? Dans la bouche de ceux qui prônent une « concurrence libre et non faussé », c’est la capacité de gagner des parts de marché à l’exportation, en traitant la force de travail comme une marchandise et les salaires comme un « coût » à comprimer…
Rien de mieux pour le patronat que de faire plier un gouvernement socialiste à ses désidératas pour prouver qu’aucune autre politique est possible. C’est ainsi que par l’intermédiaire du Journal du dimanche du 28 octobre, l’AFEP (Association Française des Entreprises Privées), représentant plus ou moins les entreprises du CAC 40, est partie en guerre sur ce sujet avec comme objectif central l’abaissement du coût du travail : « Il faut baisser le coût du travail d’au moins 30 milliards d’euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens (2 SMIC et plus). Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6 % à 21 % et l’autre moitié par une baisse des dépenses publiques ».
Effectivement, des coûts salariaux en moins permettraient à nos entreprises de baisser leur prix et d’investir pour améliorer la production. 30 milliards ? Amusant que ce soit les entreprises du CAC40 qui, sans vergogne, préconisent une telle mesure. Car, outre les « coûts » (salaires et produits intermédiaires), le « prix » incorpore aussi les profits. D’ailleurs, savez-vous combien les sociétés non financières distribuent de dividendes tous les ans ? En 2011, cela représentait 90 milliards d’euros, soit 9% de la valeur ajoutée brute produite par ces mêmes sociétés (pour mémoire, ces dividendes représentaient 5,4% de la valeur ajoutée de ces sociétés en 2001). Plutôt que de réduire les salaires de 30 milliards, on pourrait réduire les dividendes de cette même somme, ce qui les porterait à 60 milliards représentant 6% de la valeur ajoutée, soit mieux pour les actionnaires qu’en 2001 ! Mais surtout, on se doit de rappeler que dans une société autogérée où les moyens de production sont propriété collective, il n’y a plus de dividendes à distribuer. 90 milliards à récupérer pour investir (ou augmenter les salaires) : voilà qui nous mettrait sur une bonne voie pour la compétitivité !
Mais poursuivons sur les autres composantes de « coûts » qui pèsent sur la « compétitivité ». Le rapport Gallois transmis à la Présidence de la République laissent entendre que l’exploitation des gaz de schiste permettrait de réduire nos coûts de production. Regards tournés vers les Etats-Unis qui les extraient et ont réussi à baisser leurs coûts de carburant… au prix de la pollution irrémédiable de nombreuses nappes phréatiques. Oui, mais si on trouvait des moyens propres d’extraire ces gaz de schistes ? Pourquoi interdire les expérimentations ? Ne nous privons pas d’un atout pour la compétitivité de nos entreprises. Dans une logique de profit à tout crin, les expérimentations se transforment bien souvent en exploitation. De plus, c’est vraiment faire peu de cas des citoyen-nes qui se sont mobilisé-es en Ardèche méridionale, en Ile-de-France et en extrême sud-est.
En admettant qu’il existe dans le futur des moyens propres d’extraire du gaz de schiste, pouvons-nous encore nous permettre de rejeter dans l’atmosphère à nouveau du CO2 pour accélérer et approfondir le réchauffement climatique ? Ce débat sur la compétitivité nous montre combien les velléités et promesses du « capitalisme vert » n’étaient que des chimères. Ce règne du tout-marchand nous impose d’être compétitif plutôt que d’être vivant. L’autogestion, c’est aussi permettre une transparence sur les prix, les rapports sociaux d’exploitation des êtres humains et de la nature qu’ils recouvrent. Cela implique aussi d’autres critères d’efficacité, et le remplacement des catégories salaires (coûts)/profits par des revenus monétaires qui doivent être « dignes » et assortis de nouveaux droits et rapports humains… Et c’est aussi permettre à la population de dire non à la dégradation de la grande masse des salaires (accompagnée des écarts mirobolants avec de peudo-salaires au bénéfice des dirigeants d’entreprise) et à cette course folle à la destruction de notre environnement, au règne du tout-marchand. En bref, permettre de choisir un mode de vie qui permettra de préserver la vie sur cette terre.
Ces groupes français qui aimeraient se débarrasser d’Obama et financent l’ultra-droite américaine
PAR OLIVIER PETITJEAN (5 NOVEMBRE 2012)
Pendant la campagne électorale états-unienne, l’argent coule à flot. Et les grandes entreprises françaises, y compris publiques, ne sont pas les dernières à distribuer des milliers de dollars aux candidats. Avec un certain penchant pour les républicains les moins fréquentables : néoconservateurs et fondamentalistes chrétiens du tea party, dénégateurs du changement climatique, fanatiques des énergies fossiles et des armes à feu, jusqu’aux xénophobes avérés. Quand les intérêts économiques français se font complices de l’obscurantisme. Lire la suite...
http://www.alternativelibertaire.org/sp ... rticle5016« Choc de compétitivité » : quand le patronat écrit le programme du gouvernement
Avec les mesures annoncées mardi 6 novembre par Jean-Marc Ayrault sous le nom de « Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi », la connivence entre ce gouvernement fantoche, le patronat et les capitalistes apparaît plus claire que jamais. Ce sont les travailleurs, les travailleuses, les retraité-es, les jeunes qui vont payer les pots cassés. Rien d’étonnant donc à ce que l’UMP et le Medef s’en félicitent haut et fort : « Le corset qui enserre l’entreprise va être desserré », a fanfaronné Laurence Parisot, présidente du Medef.
Et il y a effectivement pour les capitalistes de quoi se réjouir, puisqu’ils vont bénéficier de cadeaux fiscaux d’un montant de 20 milliards d’euros par an ! Ces cadeaux seront compensés par une baisse des dépenses publiques (moins d’aides sociales, moins de services publics) et par une augmentation des prix par l’intermédiaire de la hausse de la TVA : le taux normal de TVA passe de 19,6% passe à 20%, le taux intermédiaire de 7% à 10%. Or, la TVA est l’impôt le plus injuste puisqu’il touche de la même façon les plus pauvres et les plus riches.
Ces mesures sont faites, si l’on écoute le gouvernement, pour restaurer la sacro-sainte « compétitivité » et ainsi « garantir » la pérennité de l’emploi, pour le plus grand intérêt des travailleurs et des travailleuses elles-mêmes. Cette politique est dans la continuité de celle des gouvernements précédents, qui n’ont en aucun cas pu empêcher les licenciements, les délocalisations et la misère sociale. En réalité, il s’agit simplement de restaurer les profits des capitalistes émoussés par la crise, au détriment de celles et ceux qui produisent les richesses : les travailleurs et les travailleuses.
Ainsi, ce qui va être mis en place par ce gouvernement prétendument de gauche n’est rien d’autre qu’un vaste mouvement de redistribution des richesses en faveur de ceux qui en ont déjà le plus : les capitalistes. Face à ce type de politique criminelle qui produit déjà des dégâts considérables dans d’autres pays (Grèce, Espagne), qui écrase les populations au profit des riches, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes : partout dans les entreprises, les quartiers, les lieux d’études, unissons-nous pour construire la résistance et la solidarité. Défendons la perspective d’un changement de société anticapitaliste et autogestionnaire.
Alternative libertaire, le 7 novembre 2012
http://www.sudeducation.org/Le-rapport- ... re-le.htmlLe rapport Gallois contre le service public d’éducation
Non, M. Gallois, l’école ne doit pas fabriquer de la chair à patron !
En deux propositions, le rapport Gallois promet de livrer des pans entiers du service public d’éducation (enseignement professionnel, orientation…) aux desideratas des patronats locaux.
. En proposant de « systématiser la présence des entreprises dans la gouvernance de l’enseignement technique et professionnel au niveau des établissements (Conseils d’administration), des Régions (établissement des cartes de formation) et au niveau national » (proposition n°14), le rapport Gallois veut accroître encore plus l’ingérence des entreprises dans le service public d’éducation. Rien n’échapperait désormais aux logiques de "rentabilité des formations"… transformant l’Éducation nationale en prestataire de service du Medef. Par ailleurs, les licenciements ou les mutations forcées seraient le lot des personnels enseignants dont les spécialités ne "cadreraient" plus avec les cartes de formation souhaitées par les entreprises.
. En proposant de « doubler le nombre de formations en alternance sur la durée du quinquennat » (proposition n°15), le rapport Gallois perpétue le mythe du "bon" apprentissage, alternatif au "mauvais" lycée professionnel. C’est occulter le taux important d’abandons en cours d’apprentissage, de 30 % dans la période d’essai. C’est aussi emprisonner les jeunes dans un déterminisme social, géographique et professionnel.
Les 14e et 15e propositions du rapport Gallois sont lourdes de menaces pour les élèves, et notamment pour celles et ceux des classes populaires, qui seraient destiné-e-s au rôle de variables d’ajustement du "monde de l’entreprise".
Nous contestons la logique qui voudrait faire de "l’entreprise" un modèle d’organisation pour toute la société. Éduquer ce n’est pas conforter les hiérarchies sociales, ce n’est pas tout subordonner à l’employabilité future des élèves et des étudiant-e-s.
À l’opposé de celle prônée par le rapport Gallois, SUD Éducation lutte pour une école égalitaire et émancipatrice.
La Fédération SUD Éducation appelle les personnels à se mobiliser et à refuser toutes les attaques dégradant le service public et leurs conditions de travail.
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