Québec

Re: Québec

Messagede kuhing » 05 Juin 2012, 09:46

reçu par mail

Pourquoi boycotter les festivals du Québec ?


En France, le Québec évoque l’accent de lointains cousins, un mode de vie américain en français, des motoneiges, des baleines, du sirop d’érable, quelques indiens. La situation politique, quant à elle, est inconnue.

Printemps érable

En 2012, la France parle un peu plus de la Belle Province. Plusieurs quotidiens ont évoqué le « printemps érable », les 250 manifestations d’étudiants qui contestent une augmentation de 82 % de leurs frais de scolarité, la loi « matraque » 78, la démission de la ministre de l’éducation, l’idéologie conservatrice et la corruption d’un parti Libéral qui a tout fait pour minorer le pouvoir de la commission d’enquête sur la construction; sans oublier le malaise d’une opposition qui a utilisé la même méthode pour casser le mouvement des infirmières (Loi 72/1999).
Bien éloignée du bric à brac linguistique habituel ou des publicités de Bonhomme Carnaval destinées aux touristes, la question de l’émancipation redevient cohérente, elle ne surgit pas par effraction. Derrière les célébrations nationales illuminées des festivals, de graves atteintes aux libertés civiles, une démocratie broyée.
Le gouvernement québécois et les idées tranquilles du Québec sont en échec. Une loi d’exception, un premier ministre indigent, son chef de cabinet brutalement évincé, une grève étudiante qui s’élargit; dialogue absent, prise de conscience accentuée, l’affrontement social se poursuivra au-delà d’un accord a minima sur les frais de scolarité. L’arrière plan demeurera: népotisme, prébendes, clientélisme, arrogance, incompétence, répression, fin de règne, régime de notables, police non justiciable, ça vous rappelle quelque chose ? La parole prise des québécois est contagieuse; libérée, elle ne s’éteindra pas facilement. Après la Tunisie, l’Égypte, etc., le Québec ou même le Canada ?

Cacerolazo

Vols stationnaires des hélicoptères de la police à Montréal, présence policière digne de la Russie de Poutine, arrestations de masse (700 personnes le 24/05), pouvoirs policiers discrétionnaires, milices privées dans les universités, climat quasi insurrectionnel, décrivent une nouvelle réalité.
La résistance s’organise. Chaque soir, des « cacerolazos », souvenirs du Chili de Pinochet, résonnent dans Montréal et les régions. Ces manifestations tolérées signifient que des arrestations peuvent survenir à tout moment. Des rumeurs de bruits de bottes se propagent, des soldats fascistes de la grande base militaire de Val Cartier à Québec ont évoqué publiquement les camps d’extermination pour les étudiants assimilés à une menace communiste (Le Soleil, 25/05/12).

Boycotter les festivals d’été

Le maire Tremblay (Montréal), le ministre de l’économie Bachand, la ministre du tourisme Ménard, les chambres de commerce de Montréal ou de Québec craignent pour les festivals d’été, moments forts de la vitrine touristique québécoise. L’industrie touristique est sur les dents. On demande aux manifestants de redevenir de bons consommateurs alors que les festivals vendus comme des loisirs sont l’expression d’une gestion purement marchande de la ville (par exemple le désert urbain du quartier des spectacles de Montréal) ou toutes les créativités (musique, théâtre, cirque, etc.) sont asservies à un mouvement unique : le capitalisme.
Le boycott permet de refuser l’alibi d’un « show » qui mime une liberté et une démocratie de compensation.
Les intérêts d’une industrie du spectacle croisés avec ceux d’une classe politique corrompue sont les deux parties d’un même cercle. Ils défendent des intérêts particuliers sur fond de menaces policières en rappelant la loi générale de l’obéissance à la consommation. « L’apolitisme » des festivals n’existe pas.

Répression et loi 78

La loi 78 limite les droits constitutionnels fondamentaux : liberté d’opinion, d’association, d’organisation, d’expression. Gardienne de l’ordre, la police du Québec est la principale productrice de désordre.
Après 100 jours, le mouvement ne faiblit pas malgré une répression sévère:

Nombreuses violences policières, 2000 arrestations, plusieurs centaines de victimes, des blessures graves
Législation d’exception qui a pour objectif réel de contrer tout mouvement de contestation
Justice arbitraire
Droit à l’éducation qui n’est plus reconnu
Liberté d’association qui n’est plus garantie
Organisations syndicales, régimes publics de santé et d’éducation menacés

La grève des étudiants n’est pas un mouvement de privilégiés, elle défend le droit de tous à une éducation « gratuite » et libre, financée par ailleurs par les contribuables.
Avec cette grève, les étudiants ont moins d’illusions que quiconque sur ce qu’on leur impose, sur ce que leur coute, dans tous les moments de la vie, leur participation à une société fondée sur l’exploitation et l’inégalité.

Patrick Tillard, chargé de cours
kuhing
 

Re: Québec

Messagede kuhing » 05 Juin 2012, 13:03

Manifestation au Québec en Avril dernier ( le 1er bien sur )avec des slogans comme :
"La culture ça fait mal à la tête"
Grand moment.

kuhing
 

Re: Québec

Messagede kuhing » 05 Juin 2012, 16:30

kuhing
 

Re: Québec

Messagede kuhing » 05 Juin 2012, 21:24

Lien et vidéo de IWW Montréal reçu par mail.

vidéo en anglais, analyse situation globale notamment au travers du cas de la Grèce
kuhing
 

Re: Québec

Messagede ivo » 07 Juin 2012, 19:58

Québec : au coeur de la contestation avec les acteurs de la "révolution érable"
fr info
La grogne des Québécois a débuté en février dans les universités. Les étudiants protestaient contre la hausse des frais de scolarité. Elle s'est amplifiée ensuite avec le vote d'une loi 78 qui encadre le droit de manifester. Conséquence, depuis 45 jours, tous les soirs les Québécois descendent dans la rue avec des casseroles pour se faire entendre.

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Cette loi 78 dont les Québécois ne veulent pas. © Radio France Nathanael Charbonnier

C'est devenu une sorte de rituel local. Peu après 20 heures vers l'entrée de la station de métro de Berri Uqam, là où se trouve l'université de Montréal, un petit groupe se rassemble. Puis, le petit groupe grossit, et grossit encore pour atteindre suivant les soirs, et suivant la pluie, plusieurs centaines de manifestants. Particularité, tous sont munis de casseroles et autres ustensiles de cuisine. Leur objectif, taper et faire ainsi le maximum de bruit sur la place Dupuis. Cette petite place plantée d'arbres et d'herbe est devenue le centre incontournable pour ceux qui s'opposent à la loi 78.

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Place Berri Uqam, berceau de la contestation à Montréal. © Radio France Nathanael Charbonnier

Cette loi interdit toutes les manifestations de plus de 49 personnes, si ces dernières n'ont pas au préalable fait l'objet d'une demande aux autorités. Conséquence, cela fait près de 45 fois que soir après soir, des manifestations "illégales" sont organisées.

Manifestations illégales car une fois une sorte de quorum virtuel atteint, et après un ultime avertissement lancé par la police qui rappelle en français et en anglais l'illégalité de l'attroupement, les manifestants se mettent à marcher au pas de charge dans toute la ville durant des heures et des heures dans une sorte de jeu de chat et de la souris avec les autorités.

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Les marches durent souvent jusqu'à minuit même sous la pluie. © Radio France Nathanael Charbonnier

La solidarité à chaque coin de rue

Les mauvaises langues disent que ces quelques centaines de personnes représentent finalement peu de monde dans cette ville de 1.650.000 habitants. Certes. Mais en l'occurrence, ce n'est pas le nombre qui importe dans cette affaire.

Pour s'en convaincre il suffit juste de regarder et de de voir tous ces petits carrés rouges qui symbolisent le mouvement étudiant et qui fleurissent un peu partout dans la ville. Ici sur le rebord d'une fenêtre, là accroché à un sac à dos, ici encore sur le pare-brise d'une voiture.

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Le carré rouge, symbole de la contestation des étudiants. © Radio France Nathanael Charbonnier

Il suffit d'observer lorsque le cortège s'avance, les fenêtres des maisons s'ouvrir pour laisser place à des habitants tout sourire qui du haut de leurs balcons applaudissent tout en lançant des V de la victoire.
Il suffit encore d'écouter les clients des terrasses de restaurants qui subitement se mettent à taper avec fourchettes et cuillères dans le fond de leurs assiettes à l'approche des marcheurs de la nuit.


Il suffit enfin de suivre ce professeur connu sur les réseaux sociaux sous le nom d'Anarchopanda, qui ne se déplace jamais sans son costume noir et blanc, et qui à chacune de ses initiatives rassemble un large public. Anarchopanda dont l'un des combats consiste à faire annuler la loi qui interdit de manifester avec un masque.

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Derrière "Anarchopanda" on trouve en réalité un professeur d'université. © Radio France Nathanael Charbonnier

Etonnante donc, cette vague de désobéissance, d'autant plus que les Quebécois sont assez respectueux des règles. Traverser sans attendre que le feu soit vert peut vous valoir un rappel à l'ordre des policiers. Alors défier cette même police avec ces manifestations dites "illégales", cela en dit long sur l'importance de cette révolution d'érable. A cela s'ajoute cette réelle notion de liberté si chère au continent américain et que possèdent au plus profond de leurs cœurs nos "chers cousins" Québécois.

Bilan, ce qui n'aurait pu être qu'une grogne passagère, s'est transformé en véritable fronde contre le gouvernement, mais aussi contre la corruption accusée de régner dans l'attribution de certains marchés de crèches ou autre contrats publics.

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Les relations entre manifestants et policiers sont parfois tendues. © Radio France Nathanael Charbonnier

C'est ainsi que le cocktail doux au départ s'est petit a petit transformé en cocktail explosif et sonore. La loi 78 qui interdit de manifester est devenue la loi à abattre. Le slogan est sur toutes les lèvres, dans toutes les manifs, il se retrouve écrit sur les murs, c'est maintenant un hymne de ralliement qui unit ceux qui pensent que "la loi spéciale, on s'en calisse !", comprenez "on s'en fout".

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La loi 78 on s'en "fout" chantent régulièrement les manifestants. © Radio France Nathanael Charbonnier

Des nuages sur le mouvement

Toutefois le vent de liberté qui souffle sur le Québec n'est pas du goût de tout le monde. Les émissions de talkshow et de direct avec les téléspectateurs rappellent que cette contestation agace aussi. La peur du "communiste" n'est pas loin. Plus particulièrement visé, le leader de la grogne étudiante, Gabriel Nadeau Dubois. Le jeune homme très charismatique n'a pas que des amis. Les menaces qu'il a reçues ont en tout cas été prises très au sérieux par la police qui enquête.

Il faut dire tout d'abord que Gabriel Nadeau Dubois bataille lui sur un autre front, celui des frais des droits universitaires. C'est de là que tout est parti. Le gouvernement de Jean Charest envisage de faire passer les frais de scolarité de près de 2.200 dollars canadien à plus de 3.700 dollars.

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La rentrée universitaire ne se fera pas avant le mois d'août. © Radio France Nathanael Charbonnier

En trois mois, Gabriel Nadeau Dubois est donc devenu le porte parole de "la classe". C'est le nom de l'association étudiante dont on peut suivre les actions notamment sur Twitter et qui mène la lutte. Gabriel Nadeau Dubois est celui que l'on voit sur toutes les télés, celui qui doit mobiliser, calmer, négocier pour tenter d'obtenir gain de cause. Or, à ce jour, et malgré tous ses efforts, aucune avancée n'est à constater. Le conflit dure, divise les universités entre le camp des "rouges" pro grève et le camp des "verts" qui aimeraient reprendre le travail.

A cela s'ajoutent de multiples pressions, notamment économiques. Sont évoqués successivement, la baisse de fréquentation touristique, le bon déroulement des festivals de l'été dont le fameux festival du rire de Montréal ou encore le grand prix de F1 qui doit avoir lieu ce week-end et dont une journée portes ouvertes à déjà été annulée. Pression économique et enjeu politique.

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Le Premier ministre Jean Charest au centre de la contestation. © Radio France Nathanael Charbonnier

Le gouvernement de Jean Charest, expliquent certains manifestants, préfère jouer le bras de fer avec le mouvement étudiant en espérant qu'à terme, l'opinion change de camp, fatiguée par ce conflit qui a commencé il faut le rappeler en février dernier. Sans compter que cette bataille permet de faire oublier les autres griefs évoqués plus haut, comme la fameuse corruption ou plus simplement la crise économique qui touche aussi le pays.

François Hollande, un espoir québécois

Alors, c'est vrai que cette étrange ambiance à un petit arrière goût de mai 68. Contestation étudiante, pouvoir malmené, grogne qui dépasse le seul seuil des universités, les ingrédients semblent être là. Il faut toutefois y ajouter, le vent de sable du printemps arabe qui souffle également de ce coté de l'atlantique. Il faut dire que la contestation tout comme en Tunisie vit avec le net et les réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter. C'est ainsi que tout au long de la journée, en guettant #ggi (grève général illimité), #laclasse ou encore #manifencours on peut a tout moment découvrir l'annonce d'une bataille de polochons et d'oreillers, l'annonce d'un rassemblement en vue d'une action médiatique.

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Toutes les idées sont bonnes pour attirer l'attention des médias y compris une bataille d'oreillers. © Radio France Nathanael Charbonnier

On est surpris d'y lire qu'un soutien du nouveau Président de la république français serait le bienvenu. Une attente qui n'est pas isolée, il paraît que la victoire de François Hollande a suscité un réel espoir chez les manifestants. Elle a permis aux grévistes de penser que ce qui est possible dans l'hexagone doit pouvoir l'être aussi au Québec.

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A Québec devant le parlement, le rassemblement a lieu tous les soirs à 20 heures. © Radio France Nathanael Charbonnier
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Re: Québec

Messagede ivo » 08 Juin 2012, 10:19

Québec : seins nus et casseroles contre F1 et frais de scolarité
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20 ... arite.html

Au Québec, des étudiants manifestent nus
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ ... 24077.html

Les manifs étudiantes de Québec se déshabillent face à la F1
http://www.liberation.fr/monde/2012/06/ ... -f1_824569
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Re: Québec

Messagede ivo » 09 Juin 2012, 09:49

Québec : jeu du chat et de la souris entre policiers et manifestants
fr info
Les étudiants en grève ont choisi le week-end du Grand Prix du Canada pour de nouvelles actions. Le centre de Montréal était bouclé par la police, événement de Formule 1 oblige, mais cela ne les a pas empêchés de chercher à perturber la manifestation sportive.

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La police de Montréal boucle tout accès au Grand Prix du Canada. © Radio France Nathanaël Charbonnier

Par petits groupes très mobiles, les étudiants grévistes se faufilent dans le centre de Montréal. Un défi puisque la police montréalaise avait installé un peu plus tôt un cordon d'agents tout autour des lieux dédiés aux festivités du Grand Prix du Canada.

Quelques dizaines de manifestants cherchent à se frayer un chemin entre les policiers casqués et armés de matraques, sans succès. Les assaillants se font "poivrer" (asperger de gaz au poivre) par des policiers "en mode dispersion", explique la police.

Certains manifestants, mobilisés depuis près de quatre mois contre le hausse des frais de scolarité à l'université, se mêlent à la foule venue fêter le Grand Prix, ce qui ne simplifie pas le travail des policiers anti-émeutes. Quelques modestes affrontements ont lieu, à la marge. Des affrontements qui ne font pas fuir les touristes installés en terrasse et entourés de policiers.

Les patrouilleurs@patrouilleurs
Des arrestations à la #manifencours Photo Olivier Pontbriand/La Presse pic.twitter.com/XIkiwFBg
Image
8 Juin 12 RépondreRetweeterFavori

Comme tous les soirs, une manifestation nocturne, "sonorisée" par les traditionnelles casseroles est partie de la place Émilie Gamelin avant de rejoindre les autres groupes. Les différents cortèges ont fini par se mêler à la foule venue pour les Francofolies de Montréal. La police a qualifiée la soirée de "calme", avec simplement une douzaine d'interpellations.
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Re: Québec

Messagede ivo » 09 Juin 2012, 11:11

GP du Canada : l'imposant déploiement policier n'arrête pas les manifestants
http://www.radio-canada.ca/regions/Mont ... redi.shtml

Conflit étudiant : Yalda Machouf-Khadir demeure en détention
http://www.radio-canada.ca/regions/Mont ... redi.shtml

Jacques Villeneuve dit avoir reçu des menaces après sa sortie contre les étudiants
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/so ... euve.shtml
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Re: Québec

Messagede Flo » 10 Juin 2012, 12:49

Christian Nadeau, professeur au département de philosophie de l’Université de Montréal, revient sur l’origine de ce conflit et analyse ses conséquences sur la vie politique québécoise.

"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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Re: Québec

Messagede digger » 24 Juin 2012, 09:56

Article paru dans Anarchie Verte Printemps 2012
http://anarchieverte.ch40s.net/wp-content/uploads/PDF/MH_11_1_LOW.pdf

Colonialiste, le mouvement étudiant?

Durant la dernière semaine de février, Le Devoir publiait dans ses pages une affirmation de la CLASSE (Coalition Large de l’ASSÉ), via son porte parole G. Nadeau : « La Coalition affirme qu'elle a une ‘panoplie d'alternatives’ à proposer au gouvernement pour financer l'éducation, comme le Plan Nord, par exemple. ‘Le Plan Nord, comme de plus en plus d'intervenants le disent, est un "bar ouvert" pour les compagnies minières étrangères. Pourquoi ne pas aller chercher de l'argent en redevances?’ ». Ledit porte parole a récidivé plusieurs fois, en ramenant devant les médias l’importance des redevances minières dans un possible financement de l’éducation. Ironie ou pas, la déclaration est récurrente et inquiétante.

WTF (What the fuck), me suis-je dit. Le mouvement étudiant, tellement épris de justice
sociale, propose de passer sur le corps des Cris, de saccager la forêt boréale, d’ouvrir le ventre du Nunavik pour en extraire de l’uranium et des diamants, de coloniser les Abitibien-ne-s, les Nord-Côtoi-se-s, de scrapper le golfe du St-Laurent en harnachant les dernières grandes rivières de la Côte-Nord, de piler sur les Innus, de massacrer les caribous des bois, et tout le reste, pour financer sa chère éducation pas chère? Après coup, je ne crois pas que ce soit là l’intention avouée de la CLASSE, ni de son porte-parole, mais l’appui tacite que ces propos donnent au Plan Nord et au gouvernement Charest est sinistre. Pour toucher des redevances sur l’exploitation, il faut exploiter. Or, cette dynamique implique une désolidarisation du mouvement étudiant d’avec les luttes positionnant pour les redevances minières, la CLASSE encourage le gouvernement dans ses ambitions bourgeoises, racistes envers les autochtones et profondément colonisatrices des espaces nordiques.

En tant qu’éco-anar, je ne manifeste, bloque les portes, etc., que par un sentiment de solidarité qui s’érode au gré des concessions faites au discours dominant. Car, avant de pouvoir soutenir le mouvement étudiant de tout mon cœur, il me faudrait en premier lieu
apprécier ses revendications et ses façons de faire.

En ce qui concerne les revendications de la CLASSE, les conversations sont révélatrices :
« Pourquoi on milite? - Pour une éducation gratuite, une chance égale pour tout-e-s »
« Une chance de quoi? - Réussir dans la vie, réformer ce système pourri, pour tout le monde! »
Réformer. Réussir. Dans les rêves les plus fous, la production de gestionnaires et de professionnel-s de l’économie du savoir serait même gratuite. La machine universitaire, avec sa hiérarchie, sa violence, est très bien toléré; il s’agit de lui donner une face plus humaine, plus inclusive.

Pour les « dirigeants » étudiants, les portes paroles, la question n’est pas de faire un monde
où les échelles de pouvoir seraient abolies. Plutôt, il s’agit de trouver des alternatives à un enjeu spécifique, celui de la hausse des frais, peu importe ce qu’il en coûtera pour les communautés nordiques, ou encore les régions touchées par l’exploitation des gaz de schistes. En acceptant la logique de discussion économiste du gouvernement, pour pouvoir peser dans les négociations avec les puissant-e-s du Québec, la CLASSE a visiblement oubliée le massacre que représente le Plan Nord et l’exploitation sauvage du territoire par une bande de capitalistes assoiffés d’argent et de pouvoir.

Les revendications réformatrices ne remettent pas en question l’ordre établi par la révolution
tranquille et capitaliste, libérale en son temps. Si l’on soulève ce point au sein du mouvement étudiant, on se fera souvent répondre que l’éducation accessible à toutEs est un premier pas dans la valorisation des disciplines critiques et de l’enseignement critique. Bonne blague, quand l’on pense au succès capitaliste qu’ont les pays Scandinaves. Là bas, les étudiant-e-s sont payés, et ça ne les empêche pas de perpétuer depuis plus de 40 ans le modèle d’exploitation dans lequel nous vivons.
Les syndicats et les fédérations étudiantes semblent fréquemment rêver d’une démocratie socialiste qui se complaît dans sa nordicité, assise sur la tête de la pyramide d’exploitation des ressources naturelles et de tout-e-s les malheureuses qui occupent les échelons
inférieurs. Même dans ses couches les plus syndicalement combatives, la perspective réformiste domine le discours, ce qui inquiète quiconque souhaite apporter une pensée critique sur l’ensemble du système étatique et corporatiste qu’est le Québec contemporain. On dirait même
qu’en adoptant le langage des élites politiques, le syndicalisme de combat servira bientôt à
alimenter le statuquo.

Ont-ils vraiment le choix, s’ils veulent réformer ce système qui fait, sommes toutes, bien l’affaire pour recréer l’élite sociale moulée par l’éducation
post-secondaire? Comment outrepasser le spectre de la gauche actuelle dont Québec Solidaire (le genre de solidarité qui condamne les Black Blocs) occupe présentement « l’extrême » politiquement acceptable? Nous avons vu la CLASSE, récemment, ne pas appuyer des initiatives tout ce qu’il y a de plus normales et défensives, comme le blocage du pont Jacques-Cartier ou l’occupation du Vieux Montréal. Si elle cultive ce genre de solidarité, sera-t-elle réellement portée à tenir une critique profonde du capitalisme?

On en doute de plus en plus : les associations étudiantes incorporent très bien la violence
institutionnelle. Les fédérations, a-t-on encore besoin de le rappeler, traînent un long historique de trahison et de poursuites judiciaires, d’intimidation et d’antidémocratisme. Quand aux syndicats plus « radicaux », si le terme s’applique encore, ils ont parfaitement compris comment rendre le processus d’assemblée générale humiliant et noyauté pour une minorité, à qui l’exercice du pouvoir sied à merveille. Bien sûr, de nombreuses places sont accordées pour les initiatives de justice communautaire et les luttes de libération, mais comme nous le rappelle la démission ponctuelle du comité féministe de l’ASSÉ, ces places sont fragiles et souvent intenables. Dans la constitution d’un rapport de force avec le gouvernement, les moyens prennent le dessus sur les fins, et la solidarité étudiante devient dirigée et contrôlée.
Les luttes de justice communautaire, comme le féminisme, l’anti autoritarisme, l’écologisme et l’antiracisme sont constamment marginalisées. Doit-on rappeler que l’exécutif de l’ASSÉ est composé de 9 hommes et d’une femme, tout-e-s blanches et francophones?

Bien sûr, le mouvement étudiant se solidarise avec la lutte contre la répression policière,
puisque nous en sommes constamment victimes, et avec le mouvement d’Occupy, mais pourquoi s’étonner, puisqu’il s’agit de lutter contre le capitalisme dans sa forme actuelle?

Naturellement, le mouvement étudiant ne peut s’opposer à l’école institutionnalisée, ni à l’école comme outil de reproduction sociale. Le privilège acquis par ses charmant-e-s diplômé-e-s reposes sur la rareté relative du produit. Bien sûr, l’école devrait être gratuite, ce qui faciliterais l’accès aux jobs qui font la classe moyenne, éduquée et domptée à voter pour un parti progressiste. Se battre contre le caractère libéral, au sens de républicain, d’éclairé, de l’université irais contre toute la formation démocrate et bourgeoise des étudiant-e-s. Pas de fin en vue pour le « progrès » qui fait la richesse des pays du Nord, donc pas de raison de s’inquiéter de la reproduction l’institution occidentale, mâle, intellectuelle, colonialiste et parfois critique qu’est l’université.
Se battre pour l’accès universel à l’éducation supérieure. Tant qu’elle reste supérieure?
C’est l’impression que l’on a rapidement en militant au sein du mouvement étudiant.
Protégeons nos privilèges en les étendant à la majorité des « Québécois-e-s », via un État plus puissant sur la société, qui prélève ses redevances minières au nez des peuples des « régions » et des autochtones. Contre toute perspective de justice sociale et d’autogestion pour les minorités, l’affirmation de M. Nadeau réaffirme le caractère centralisé et souvent autoritaire des méthodes des fédérations et de la CLASSE. Quand on véhicule un message de « libération » dont le but ultime est de perpétuer l’État et les institutions, l’autoritarisme révolutionnaire n’est jamais loin. Surtout quand ce message est véhiculé par une élite politique au sein d’un mouvement plus large, ici le mouvement étudiant.

Lire aussi "Nous n’irons pas à la grève comme nous allions à l’école"
http://anarchieverte.ch40s.net/wp-content/uploads/2010/08/ensuspens.pdf
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Re: Québec

Messagede Nyark nyark » 02 Juil 2012, 20:02

Radio Libertaria.
Luttes au Québec et plus près de nous

Mardi 3 juillet 2012 de 20h30 à 22h30 animé par le syndicat santé-social et
collectivités territoriales de la région parisienne de la CNT

Pour l'émission de juillet l’équipe de l'émission recevra des militant-e-s venu-e-s du Québec pour parler de la lutte partie des universités au sujet de l'augmentation des frais d'inscription.
Nous reviendrons également sur des luttes en cours à Toulouse avec le CREA et sur l'occupation du 260 rue des Pyrénées à Paris.

Pour celles et ceux qui ne sont pas en région parisienne vous pouvez
écouter l'émission sur internet en cliquant sur le lien suivant :

http://ecoutez.radio-libertaire.org:8080/radiolib.m3u

et/ou réécouter l'émission pendant une semaine en cliquant sur le lien
suivant :
http://backup.radio-libertaire.org//mar ... ecial1.mp3

Vous pouvez aussi joindre le studio au 01 43 71 89 40
La religion est la forme la plus achevée du mépris (Raoul Vaneigem)
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Re: Québec

Messagede Ulfo25 » 01 Aoû 2012, 12:08

Article portant sur les élections québecoises en Septembre sur ledevoir.com

Charest est sur le pied de guerre

À la veille de déclencher les élections, le chef du PLQ a accusé le PQ d'avoir cédé à l'intimidation dans la crise étudiante

Alexandre Shields 1 août 2012 Québec


Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Jean Charest s’adressant à ses partisans sur un ton enflammé, hier, à Sherbrooke, lors de l’assemblée où il a été investi comme candidat à l’élection prévue le 4 septembre.


Sherbrooke — C’est ce matin que le premier ministre Jean Charest donnera le coup d’envoi des élections générales, conviant les Québécois à un scrutin le 4 septembre. Il réunira d’abord son conseil des ministres pour adopter un décret avant de se rendre chez le lieutenant-gouverneur et lui demander de dissoudre la Chambre. Hier, les partis politiques ont fait leur dernier tour de piste avant le déclenchement des hostilités.



Jean Charest s’est clairement présenté en défenseur de la loi et de l’ordre hier soir, au moment de lancer officieusement, dans sa circonscription, la campagne qu’il entend mener au cours des prochaines semaines pour tenter de ravir un quatrième mandat à titre de premier ministre du Québec. Son discours d’investiture dans Sherbrooke a surtout été l’occasion de défendre à nouveau sa gestion du conflit étudiant tout en attaquant le Parti québécois, qui a selon lui « abdiqué » ses « responsabilités ».


Sans nommer le parti dirigé par Pauline Marois, M. Charest a accusé le Parti québécois d’avoir cédé devant « ceux qui crient le plus fort, ceux qui font du bruit, ceux qui font de l’intimidation et de la violence ». Une attaque directe contre les troupes souverainistes et une partie de la jeunesse québécoise qui a été chaleureusement accueillie par les quelques centaines de militants libéraux présents dans une salle d’hôtel de Sherbrooke. Plusieurs ministres du gouvernement libéral étaient aussi présents pour réserver un accueil triomphal à leur leader.


Selon le premier ministre, la mobilisation étudiante sans précédent du printemps dernier a surtout permis de faire « tomber les masques » et ainsi de démontrer que son parti est le seul en mesure de « faire preuve de conviction et de leadership », et ce, même « devant l’adversité ». « Ce n’est pas tout le monde qui a la même capacité de se tenir debout », a-t-il ajouté. Faisant appel à l’Histoire à plusieurs reprises au cours de son discours, il a soutenu que « le peuple québécois se tient debout depuis Samuel de Champlain ».


Ainsi, le chef libéral estime que la décision d’augmenter de 75 % les droits de scolarité sur une période de cinq ans était en fait une « décision de société ». Selon lui, il ne fait aucun doute que le Québec doit se « battre » pour défendre ses universités et que ce combat passe par une hausse de la contribution étudiante. Il a alors rappelé que lorsqu’il était jeune, tout le monde, dans sa famille, devait « faire sa part » à la maison.


Quelque 150 étudiants ont justement manifesté à Sherbrooke hier, terminant leur marche devant l’hôtel où les libéraux étaient réunis. La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a dit que le gouvernement Charest avait posé un geste « grotesque » en déclenchant des élections « sur le dos d’une crise sociale qu’il a lui-même provoquée ». Elle n’a pas manqué de railler le premier ministre, qui agit aussi à titre de ministre de la Jeunesse au sein du gouvernement. La FEUQ doit d’ailleurs annoncer ce matin ce qu’elle entend faire durant la campagne pour rappeler au gouvernement que cette crise n’a toujours pas été réglée. Mais chose certaine, les associations étudiantes souhaitent que leurs membres se souviennent du « mépris » des libéraux au moment d’aller voter le 4 septembre prochain.


Priorité à l’économie


Répétant encore une fois que son parti a su faire passer le Québec à travers la récente récession mondiale sans trop de mal, Jean Charest a par ailleurs affirmé que la province a obtenu « une meilleure performance que partout dans le monde ». Mais il a aussi rappelé que certaines régions du monde étaient toujours aux prises avec une situation économique difficile, voire « chancelante ». Dans ce contexte, il a dit que les libéraux étaient les seuls à vouloir « créer de la prospérité » afin de « soutenir nos programmes de santé, d’éducation, nos familles, nos aînés ».


Le premier ministre a du même souffle accusé le Parti québécois de mettre de côté l’économie, au profit d’un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec. Selon lui, les péquistes souhaitent surtout se « chicaner avec Ottawa ». Les libéraux jugent en outre que les troupes de Pauline Marois sont opposées à son Plan Nord axé sur l’extraction de ressources minérales. Un plan dont on ignore toujours quelles seront les véritables retombées pour le Québec. Et en fait, le PQ ne s’est jamais prononcé contre le programme de développement minier.


Jean Charest a réservé une seule attaque au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault. Il a ainsi soutenu que ce dernier compte « démanteler Hydro-Québec, les services de garde et les agences de santé ». « La priorité économique de François Legault, c’est le chômage, et en créer le plus vite possible », a-t-il martelé, pour le moins vindicatif.


Puis, sur un ton solennel, M. Charest a souligné que les Québécois seront appelés à faire un « choix sur notre avenir ». Il juge d’ailleurs que la campagne qui devrait s’amorcer aujourd’hui sera « différente » de toutes les campagnes précédentes menées par celui qui espère obtenir un cinquième mandat comme député provincial de la circonscription de Sherbrooke. « C’est une des campagnes qui va peser le plus dans l’histoire du Québec », a-t-il laissé tomber à la fin de son discours, entouré de députés et candidats libéraux. Celle-ci devrait même, aux dires de Jean Charest, déterminer « dans quelle sorte de société nous voulons vivre ». À l’arrière, sur un écran géant, on pouvait lire le slogan libéral pour le prochain mois : « Pour le Québec ».


Pendant que de nombreux ministres libéraux ont une fois de plus multiplié annonces et investissements, les chefs du PQ et de la CAQ ont pour leur part profité de cette veille de campagne pour, notamment, annoncer de nouvelles candidatures. Québec solidaire a lancé un appel à la révision du financement des partis politiques, tandis qu’Option nationale a décidé de retirer deux pancartes installées hâtivement dans la circonscription de Bourget.
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Québec : L’acharnement répressif de l’État : Un attaque ...

Messagede chaperon rouge » 10 Aoû 2012, 22:47

Le texte de la brochure "L’acharnement répressif de l’État : Un attaque contre toutes et tous" des Éditions Ruptures vient d'être mis intégralement en ligne sur le portail communiste libertaire Anarkismo. Lancée le 8 août dernier à Chicoutimi, la brochure traite de la répression et ses mécanismes dans le contexte du grand mouvement social étudiant maintenant connu comme "Printemps érable". En partant d'observations dans diverses régions du Québec, le texte analyse la répression subie et lance quelques interprétations libertaires de la justice, de la loi et de la police. Vous pouvez vous procurer la brochure en format papier à faible coût auprès du Collectif Emma Goldman et n'hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez obtenir le fichier PDF afin d'en distribuer des copies dans votre milieu.

http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2012/08 ... ement.html
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Re: Québec

Messagede bipbip » 14 Sep 2012, 01:27

Seule la lutte paie...

Québec : le printemps érable l’emporte

La nouvelle chef du gouvernement québécois, Pauline Marois, a annoncé mercredi l’annulation de la hausse des frais de scolarité et le retrait de la loi spéciale 78, limitant le droit à manifester. Membre du Parti Québéquois (PQ) et élue ce mardi 4 septembre, elle avait fait campagne sur ces sujets.

Rassurés Une annonce qui rassure les étudiants québécois. Pauline Marois n’ayant pas remporté la majorité, elle avait d’abord laissé entendre que ces deux engagements seraient durs à tenir.

DÉCRET Pour éviter cette difficulté, la chef de gouvernement n’est pas passée par le Parlement. Elle a donc annulé la hausse des droits de scolarité… par décret ministériel.
http://www.streetpress.com/revue-du-web ... -l-emporte

...c'est pourquoi il ne faut jamais s'endormir, et continuer...
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Re: Québec

Messagede Ulfo25 » 14 Sep 2012, 09:56

Bilan du printemps érable par Erik Gagnon et Lysanne Arcand (militants étudiants) sur www.ccr4.org

Lysanne Arcand et Érik Gagnon [1]

La grève commencée en février dernier contre la hausse des frais de scolarité à l’université est arrivée à son terme. Le mouvement étudiant n’a pas gagné sur ses revendications mais il a sans aucun doute contribué à faire chuter le gouvernement du Parti Libéral du Québec (PLQ, droite) de Jean Charest, qui a été contraint de démissionner après prés de dis ans au pouvoir.




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Avec les élections anticipées quinze mois avant la fin de la législature qui se sont tenues le 4 septembre, c’est le Parti Québécois (PQ, centre libéral souverainiste) de Pauline Marois qui a remporté le scrutin, tout en étant contraint de former un gouvernement minoritaire, n’ayant pas obtenu une majorité de députés à la Chambre. Marois, première femme à la tête d’un gouvernement provincial, a promis la révocation de la loi 12 (appelée auparavant loi 78) sur le droit de manifester [2] ainsi que l’abolition de la hausse des frais de scolarité. Rien n’assure cependant que le nouveau gouvernement tiendra sa promesse. Malgré la fin de la grève, les étudiants et étudiantes doivent continuer à se mobiliser pour s’assurer que l’objectif de la grève soit atteint. La lutte aujourd’hui doit passer par une nouvelle étape. Un bilan s’impose, néanmoins, pour savoir où elle se dirige.

Une lutte historique
Comme nous l’avons souligné dans de précédents articles [3], le mouvement étudiant qui a secoué les campus et les principales villes québécoises à partir de février a eu une importance majeure pour le pays. Il n’a pas seulement été le plus important de l’histoire du Québec, mais il a également été le plus long, le plus massif et le plus combatif. Ces sept mois de grève et de lutte ont marqué définitivement la physionomie du Québec. Il y a maintenant un avant et un après cette lutte sociale, car la mobilisation a impacté et a touché les cordes sensibles de la population qui a appuyé fortement la grève tout au long de la lutte. Ni la répression, ni la criminalisation du conflit, ni la violence médiatique n’ont pu freiner la détermination étudiante.

Le mouvement a donné des preuves d’une initiative et d’une résolution pour la lutte qui a surpris tout le monde. En fait, cela a permis au mouvement de se faire l’écho de tout le mécontentement populaire et de fonctionner comme une sorte de caisse de résonnance, de pointe de l’iceberg de ce mécontentement. Mais pourquoi le mouvement n’a-t-il pas pu vaincre ?

Gouvernement, médias, flics et juges contre le « printemps érable »
Malgré l’appui populaire, le mouvement a dû faire face non seulement à un gouvernement de droite et à ses mesures antidémocratiques sur le droit de manifester, mais également aux attaques de la presse, nous qualifiant systématiquement de casseurs et de vandales, aux juges et aux injonctions à retourner dans les amphis et, bien entendu, à l’extrême violence policière. Dans ce sens, les étudiants ont dû affronter l’ensemble des institutions du régime provincial. La grève étudiante était devenue un événement national et nombre de forces sociales des plus disparates, incluant les recteurs et les directeurs des Universités et Collèges, ont joué contre elle.

Mais les partis politiques ont également joué leur rôle. La Coalition Avenir Québec (CAQ, droite) appuyait la hausse des frais et critiquait le manque de fermeté contre les étudiants. Le PQ s’est lui prononcé contre la hausse et il a même participé à quelques manifestations, mais il n’a pas voulu mobiliser ses forces contre Charest. Même son de cloche du côté des principaux syndicats, que le PQ contrôle par ailleurs.

C’est dans ce contexte et en ne comptant que sur la lutte, l’action et la mobilisation que s’est développé le mouvement étudiant et qu’il a pu gagner en popularité. Cependant, il a manqué de plus de détermination pour s’opposer au gouvernement Charest. Une campagne politique d’agitation contre celui qui était « le » responsable du conflit aurait sans doute permis aux étudiants d’unir davantage le mécontentement populaire. Mais l’illusion selon laquelle les manifestations feraient reculer le gouvernement ou que ce dernier était encore un interlocuteur valide ont longtemps bridé toute la puissance de la mobilisation.

Si l’on considère objectivement la situation mondiale, avec une crise historique du système capitaliste et des bourgeoisies qui, partout, sont en train de liquider toutes les conquêtes sociales, tout cela aurait dû faire comprendre aux étudiants et leurs alliés que jamais Charest n’aurait reculé, à moins que la contestation sociale n’acquière une tonalité et une ampleur révolutionnaires.

L’aile gauche du mouvement étudiant et les élections anticipées
Par la suite, face aux élections, le mouvement étudiant organisé n’a pas su comment se positionner. Deux des trois syndicats étudiants ont appelé à voter contre les libéraux et la CAQ, à savoir, implicitement, pour le PQ. Au lieu de mettre en garde les étudiants contre les périls que signifiaient ces élections, à commencer par la possibilité que la grève se démobilise et que le PQ gagne, un parti qui n’est clair sur rien dans son programme, mis à part le fait qu’il est au final, du côté des patrons québécois, l’aile gauche du mouvement, incarné par la CLASSE, ne s’est engagé sur rien. La direction de la CLASSE n’a pas vraiment parlé des élections anticipées, et pire encore, elle n’a rien dit sur le processus électoral. Elle s’est contentée de proclamer que « nos rêves sont beaucoup plus grands que les urnes », mais ce n’est pas de cela que le mouvement avait besoin pour faire face aux élections.

Il fallait des consignes claires, des idées et des actions. Il fallait dénoncer premièrement l’anti-démocratie du système électoral qui est conçu pour bénéficier aux grands partis avec les votations par circonscription ou la non-reconnaissance du volume de votes reçus. Il fallait dénoncer cette démocratie représentative bourgeoise où la classe politique s’arroge le monopole de la participation ; cette démocratie qui nous refuse le droit à l’expression réellement démocratique et la participation directe et permanente aux affaires publiques ; cette démocratie qui nie le droit de vote aux immigrés mais qui permet leur exploitation sur les chantiers, les arrières-salles de restaurants, dans les ateliers ; cette démocratie qui nie une réelle représentation pour les populations autochtones ; cette démocratie qui, au final, sert seulement les riches et se construit au détriment des classes populaires. Il aurait fallu dénoncer le régime pourri entaché de plusieurs cas de corruption, à commencer par le financement illégal des partis qui touche aussi bien le PLQ de Charest que le PQ de Marois, notamment par le biais des pots de vin dans le BTP. Il aurait fallu dénoncer les relations des députés libéraux avec la mafia, leur contrôle sur la nomination des juges, etc.

Désarmé face à cette conjoncture politique électorale, avec les leaders de l’aile modérée du mouvement appelant à voter pour le PQ, comme la plupart des syndicats de salariés, le mouvement a perdu peu à peu de sa force. Lorsque les camarades des Cégeps (Collèges d’enseignement général et professionnel) ont voté dans les Assemblées la fin de la grève, ils ont admis qu’elle avait trop duré et que maintenant il fallait attendre après les prochaines élections. Ainsi, sur la base d’un manque de positionnement politique de la part du mouvement étudiant, notamment de son aile gauche, la démocratie bourgeoise a triomphé de nouveau sur la grève, sur la démocratie directe et sur la lutte populaire dans les rues.

Pourquoi n’avons-nous pas gagné et les limites de la CLASSE
Nous ne disons pas qu’il aurait été possible d’aller avec un simple claquement de doigt vers un Conseil Général de Grève, ni même d’appeler à la grève générale contre Charest et ses contre-réformes. Ce qui est sûr, c’est que des occasions ont été perdues pour aller plus loin. Une compréhension politique stratégique de la situation de la part de la direction de la CLASSE aurait permis de donner beaucoup plus de force à la lutte. Et là encore, nous ne parlons pas des plus jeunes camarades, pour qui le « printemps érable » a été la première expérience politique (et quelle expérience !). Il existait cependant, à l’extrême gauche, un certain nombre de courants qui participaient à la CLASSE et sont responsables de cette volonté de non-analyse et de non intervention sur le terrain politique puis électoral qui a fini par conduire à démobiliser le mouvement et à désarmer son aile la plus radicale [4]. Pour gagner, il ne suffit pas d’être nombreux dans la mobilisation, et combatifs en manifs. Il faut une stratégie et une politique pour vaincre, ce qui a cruellement manqué à la direction de la CLASSE.

Il est parfaitement légitime de poser la question des limites de la CLASSE et, en tant que militante-e-s de la Coalition, nous ne sommes pas les seuls à la poser. Sans aucun doute, la démocratie directe est une réussite du mouvement étudiant. Cela lui a permis de maintenir sa force et de démocratiser la lutte en permettant à tout le monde d’y participer. Mais il faut la développer afin qu’elle soit fonctionnelle pour les grands moments de lutte. Il aurait fallu que nos délégués, en plus de faire respecter le mandat des assemblées, soient rotatifs et révocables. De cette façon toutes et tous les camarades auraient eu l’opportunité d’être un représentant et d’aller, par exemple, dans un Congrès de la CLASSE. Cela aurait pu fortifier les bases étudiantes, mais nous ne l’avons pas fait.

Si la CLASSE, en suivant le principe de la démocratie directe, avait appelé à la formation d’un Conseil Général de Grève, structuré autour de délégués de chaque association en lutte, cela aurait donné encore plus de souffle à la grève, en permettant de disputer aux Fédérations étudiantes réformistes leurs bases les plus combatives. Cela aurait permis le développement d’une force supérieure, démocratique et horizontale de l’ensemble du mouvement gréviste. C’est cette orientation que nous avons défendue avec un certain nombre d’autres camarades autour du bulletin de grève « Contre le Courant ». Malheureusement, aucune mesure n’a été prise dans ce sens.

Si la CLASSE avait su construire cette forme de démocratie, cela aurait également pu servir de point de référence aux autres secteurs en lutte, à commencer par les autochtones qui se battent contre le Plan Nord, les secteurs populaires qui refusent la tarification et la privatisation des services électriques, les syndicats qui combattent les lock-out et l’intromission du gouvernement, comme dans le cas de ce qui se passe dans le BTP, les immigrants qui luttent pour l’obtention de leurs papiers et des conditions de travail dignes, etc. Cela aurait également pu créer les conditions pour un Conseil plus élargi de lutte contre le gouvernement, le régime et le patronat.

Malheureusement, la direction de la CLASSE n’a pas pris au sérieux la nécessité d’étendre la lutte et la démocratie directe. Même s’il y a eu des efforts de rassemblements populaires (comme celui du 26 mai), nous n’avons pas appelé à créer un front unitaire de lutte contre les plans de Charest. Ainsi, lorsque le mouvement a atteint le point le plus haut de la mobilisation avec le défi que représentait la loi spéciale 78 interdisant les manifestations, avec l’apparition des premiers concerts de casseroles et des Assemblées populaires autonomes de Quartier (APAQ’s), il aurait été possible et il aurait fallu lancer un appel à la construction d’une organisation large de lutte contre le gouvernement, ses décrets anti-sociaux et liberticides, ce qui aurait été un premier pas pour aller vers la construction d’une grève générale.

Grève sociale ou grève générale ? La nécessité d’une alliance ouvrière-étudiante
Il est vrai qu’un appel à la « Grève sociale » a été lancé. Sous cette appellation cependant, se cache une certaine conception « transversaliste » de la lutte, très autonome au final, où le salariat n’est pas l’acteur central, aux côtés de ses alliés, à commencer par le mouvement étudiant, capable de faire reculer patronat et gouvernement en paralysant la machine économique du système. La « Grève sociale » témoigne avant tout d’une certaine méfiance envers la classe ouvrière. Pour la plupart des courants intervenant au sein de la CLASSE, la classe ouvrière québécoise serait presque réformiste par nature, corrompue par des niveaux de salaire élevés dans certains secteurs, liés au surprofit généré par les entreprises canadiennes dans les pays du Sud : d’où l’hostilité à appeler à la grève générale.

Alors bien sûr il existe, comme dans n’importe quel autre pays impérialiste, une volonté de fractionnement du prolétariat de la part du patronat et de ses gouvernements entre les « privilégiés » et les autres, à commencer par les précaires et les immigrés, qui n’ont pas droit aux conventions collectives. Si les travailleuses et les travailleurs restent prisonniers de la politique bourgeoise, c’est avant tout en raison de la mainmise sur les syndicats de la bureaucratie, pour partie liée aux partis patronaux, à commencer par le PQ. Mais l’attentisme et la passivité qui semblaient prévaloir au Québec depuis plus d’un quart de siècle, jusqu’au début du « printemps érable », ont volé en éclat, d’abord avec le mouvement étudiant, mais aussi avec les grèves sauvages qui ont eu lieu, y compris dans la partie anglophone du Canada, et enfin avec le grand mouvement de solidarité avec le mouvement de la jeunesse et l’opposition aux mesures liberticides de Charest. Si cette dynamique s’était approfondie, si l’aile gauche du mouvement étudiant s’était donné les moyens de le faire, c’était bien à travers une grève générale que le salariat aurait été capable de paralyser le pays pour faire reculer Charest et tous les autres partis qui défendent, au final, son orientation. Le salariat aurait pu, à ce moment-là, dépasser ses divisions internes et ses fractions les plus précaires, exposée et exploitées, auraient été en meilleure position pour se battre.

Que faire après les élections ?
Un gouvernement du PQ va jouer avec les illusions du peuple québécois, en promettant la défense (ou le démantèlement moins brutal…) des principales conquêtes sociales, à commencer par la Santé et l’Education, freiner la privatisation de certaines entreprises publiques, et même jouer sur la corde de l’indépendance nationale, qui est le crédo officiel du parti depuis sa création. Mais le PQ applique depuis longtemps, là où il gouverne et quand il est aux responsabilités, un programme économique libéral axé sur les privatisations et le démantèlement de l’Etat providence. Même s’il a promis d’abolir la loi 12 sur le droit de manifester et d’annuler la hausse de frais de scolarité, il s’est bien prononcé pour une autre hausse indexée sur le coût de la vie. Le PQ entend de cette façon déplacer les politiques des libéraux pour y placer les siennes, qui vont, au final, dans le même sens. La différence n’est pas de fond. Elle concerne juste les rythmes et le calendrier de l’application des réformes. Bien entendu, l’avantage majeur du PQ est qu’il dispose d’un lien étroit et privilégié avec les principales directions du mouvement syndical québécois. Même sur la question de l’indépendance, Marois n’a pas annoncé de calendrier. Au contraire, elle ne veut poser cette question, dit-elle, que lorsque les Québécois seront majoritairement en faveur dans le cadre d’un référendum. En effet, selon le PQ, qui fuit comme la peste l’idée que la jeunesse et les travailleurs puissent se mobiliser dans la rue pour défendre leurs droits et leurs revendications, et en cela préfère le silence des isoloirs, la question de l’indépendance par rapport à Ottawa ne peut se poser que dans le cadre d’un référendum, comme ceux de 1980 et de 1995 où le « oui » n’avait emporté que 40,5 puis 49,5% des suffrages.

Il y a fort à parier que, dans le cadre d’une majorité toute relative au Parlement qui fait dire aux analystes qu’un gouvernement minoritaire ne peut avoir qu’une durée de vie courte, entre 18 et 24 mois, il y a fort à parier que le PQ va essayer de freiner quelque peu les réformes Charest, sans pour autant revenir sur son bilan, et en axant son orientation sur la droite à mesure où la crise va aller en s’approfondissant. On peut également prévoir une plus forte polarisation politique, y compris sur la droite, comme en témoigne les 19 députés emportés par les caquistes de François Légaut (ancien ministre du PQ), qui se présentaient pour la première fois et sont très liés au milieu des affaires et très hostiles à tout éloignement d’Ottawa. Le fait que le Parti Libéral du Québec ait subi une lourde défaite, devant passer à l’opposition, et que Jean Charest lui-même ait perdu sa circonscription, ne veut pas dire que le parti soit mort. Le PLQ a conservé 50 députés, seulement quatre de moins que le PQ, et son influence dans certaines zones, comme l’Ouest majoritairement anglophone de Montréal, est encore importante. Son retour au gouvernement plus tôt que prévu, en cas d’enlisement du PQ, n’est donc pas improbable.

Avec 6% des voix, le Parti Québec Solidaire (QS), classé à gauche dans la province, a conservé la circonscription de Mercier conquise par Amir Kadhir en 2008 et a fait élire sa coporte-parole, Françoise David, figure de proue du mouvement des femmes au Québec, sur celle de Gouin. QS a doublé son score par rapport aux élections de décembre 2008, passant de 122.000 voix (3,8%) à 263.000. Le programme de Québec Solidaire défend quelques point assez avancés, comme la nécessité de mettre en place une Assemblée Constituante, la défense de l’indépendance, la nationalisation de ressources naturelles, la gratuité scolaire et des services de santé ou la taxation du capital. Mais on ne peut que regretter que la direction QS ne défende un tel programme radical que les jours de fête. Toute sa campagne a été teintée d’un électoralisme à tout crin, très axée sur la conquête de nouveaux sièges. Tout au long de la campagne, Kadhir et David ont ainsi souhaité publiquement que le PQ, un parti bourgeois, en appelle à QS pour former un gouvernement de coalition, ce que Marois et les siens ont bien entendu balayé d’un revers de main. La palme revient à David qui, au moment de la proclamation des résultats, en est même arrivée à féliciter Marois pour sa victoire…

Dans ce cadre, il est fortement probable que le mouvement étudiant entre dans une période de reflux après cette non-victoire au goût très amer. Plusieurs associations sont en train de faire circuler des propositions pour reprendre la grève en octobre si jamais le PQ n’annulait pas la hausse des frais d’inscription. Mais pour que la mobilisation reprenne, il faut que les éléments les plus combatifs et déterminés soient en capacité de tirer un véritable bilan du « printemps érable », ce que la direction de CLASSE notamment se refuse de faire. Il faudrait que l’aile gauche du mouvement, la plus mobilisée et déterminée à ne pas se faire endormir par les promesses de Marois et du PQ, soit en capacité de tirer un réel bilan de ce que nous avons réussi à arracher, à savoir sortir le pays de sa torpeur apparente, et de ce que nous avons raté, à savoir faire reculer réellement, par la lutte et par la grève, Charest et son gouvernement.

La bourgeoisie québécoise et ses partenaires anglophones à Ottawa ont demandé à Charest de faire un pas de côté et d’appeler à des élections anticipées pour faire baisser la pression. En se prévalant de son discours souverainiste et de ses liens avec les directions syndicales, le PQ espère reformater le calendrier de réformes dont a besoin le patronat québécois pour faire payer la crise aux classes populaires, aux travailleurs immigrés, aux jeunes et aux population autochtones. C’est aussi pour cela que les éléments les plus radicalisés du mouvement étudiant, qui viennent de vivre leur première expérience politique, les travailleuses et les travailleurs qui ont commencé à se battre, ont tout à gagner à essayer de construire, dès à présent, une alternative québécoise, de classe, et révolutionnaire, solidaire de nos frères et sœurs de classe des provinces anglophones, si l’on veut que le « printemps érable » connaisse un deuxième acte, rebondisse, et soit capable de faire payer la crise à ses principaux responsables, le patronat et son gouvernement, quelle que soit sa couleur politique.

Montréal, 06/09/12.

[1] Lysanne Arcand et Érik Gagnon militent au sein du mouvement étudiant québécois. Ils éditent, avec d’autres camarades, le bulletin de lutte « Contre le Courant ».

[2] Sur la loi Courchesne, voir « Manifestation monstre à Montréal. On s’en câlisse de la loi spéciale », 24/05/12, http://www.ccr4.org/Manifestation-m...

[3] Voir notamment « La grève étudiante au Québec. Entre poursuite du mouvement et répression », 21/05/12, http://www.ccr4.org/La-greve-etudia... et « Retour sur 120 jours de grève étudiante », 06/06/12, http://www.ccr4.org/Retour-sur-cent...

[4] Nous faisons ici allusion aux éléments les plus liés à l’ultragauche anarchisante, aux vieux courants staliniens et maoïstes québécois comme le PCR, ainsi que ceux liés aux deux principaux porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, extrêmement réticent également à l’idée de construire une réelle alliance ouvrière-étudiante pour construire la grève générale et se contentant de dire « la grève est étudiante, la lutte est populaire » [NdE].

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