Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 03 Mai 2011, 22:45

La CNIL autorise la CNIL à utiliser un contrôle biométrique
Euh


Sur Legifrance, a été publiée une délibération de la CNIL assez particulière, pointée par le juriste Benoit Tabaka : la CNIL vient en effet d’autoriser la CNIL à mettre en place un contrôle d’accès à ses ordinateurs par empreintes digitales.

La loi est claire : les traitements automatisés comportant des données biométriques sont soumis impérativement à autorisation. Or, seule la CNIL est compétente pour ces opérations… même lorsqu’elles visent la CNIL.

« Le dispositif choisi par la Commission nationale de l'informatique et des libertés a pour objectif de renforcer les conditions d’accès aux postes
informatiques portables remis aux directeurs, chefs de service, agents des services des contrôles et de l’expertise qui contiennent des informations sensibles relatives à leur activité professionnelle. Il doit permettre de garantir la sécurité et la confidentialité de ces données. » Le mécanisme repose ainsi sur une comparaison entre le doigt apposé par le lecteur et le gabarit de l’empreinte digitale préalablement enregistré et chiffré dans l’ordinateur.

« En l’état actuel des connaissances sur la technologie utilisée », indique la CNIL, ce contrôle est « adaptée et proportionnée à la finalité assignée au dispositif ». Satisfaction à la CNIL qui craignait sans doute un contrôle négatif de la CNIL. La CNIL s’informe au final qu’elle dispose d’un droit d’accès et de rectification dans les locaux de la CNIL.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Mai 2011, 00:45

La réforme de l'hospitalisation d'office votée à l'Assemblée

Très critiqué, le texte a suscité la colère de tous les syndicats de psychiatres, rejoints par des syndicats de magistrats, qui le jugent "plus sécuritaire que sanitaire".

L'Assemblée a voté, mardi 22 mars, le projet de loi réformant l'hospitalisation d'office, dénoncé par les syndicats de psychiatres comme "sécuritaire", et qui intègre l'intervention du juge judiciaire au-delà de 15 jours, comme l'impose le Conseil constitutionnel.

Ce texte, dont la genèse remonte à fin 2008, après le meurtre d'un étudiant à Grenoble par un malade enfui de l'hôpital, instaure une nouvelle possibilité : les "soins" ambulatoires sous contrainte et non plus seulement l'hospitalisation.

Très complexe, car articulant santé, liberté, et sécurité, le texte a suscité la colère de tous les syndicats de psychiatres, rejoints par des syndicats de magistrats, qui le jugent "plus sécuritaire que sanitaire".

Il a toutefois été voté mardi en première lecture sans anicroche par 266 voix contre 147, à l'image du bref débat qu'il a occasionné dans l'hémicycle.
Ce vote intervient juste quelques jours après que le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a dénoncé l'attitude de plus en plus frileuse des préfets pour accorder aux patients des sorties d'essai, et a fortiori de prononcer des mesures de fin d'hospitalisation d'office.

Le PS a voté contre ce texte "bancal". Serge Blisko a ainsi regretté qu'il soit "imposé par le tout sécuritaire" et "basé sur la méfiance" à l'égard du patient, "criminel en puissance", et "du corps médical". Il s'est par ailleurs inquiété des "1.000 postes de psychiatres non pourvus dans les hôpitaux publics".

Un projet décrié

Au cours des débats, la secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, a promis un "plan santé mentale" pour l'automne. Réfutant le qualificatif de "sécuritaire" accolé au projet, notamment par le collectif des "39 contre la nuit sécuritaire", elle l'a au contraire jugé "équilibré".
Un terme repris mardi par Jean-Luc Préel (Nouveau Centre). "Il renforce le droit des patients", s'est félicité André Flajolet (UMP) et constitue "une réponse" aux difficultés avancées par M. Delarue.

Jacqueline Fraysse (ex-PCF) a elle fustigé "une loi d'affichage" et regretté qu'"aucun moyen n'ait été accordé à la justice" pour "accomplir la tâche supplémentaire" occasionnée par l'intervention d'un juge judiciaire au-delà de 15 jours.
Le texte instaure également une possibilité d'hospitalisation d'office en cas de "péril imminent" et une période d'observation de 72 heures, qualifiée de "garde à vue psychiatrique" par ses opposants.

Vers un "casier psychiatrique" ?

Ceux-ci ont déploré la mise en place d'un "casier psychiatrique", ce que réfutent le gouvernement et le rapporteur UMP. Il renforce aussi le dispositif de suivi pour les personnes déclarées irresponsables pénalement ou ayant séjourné dans une "unité pour malades difficiles".
Quelque 70.000 personnes sont hospitalisées sous contrainte chaque année, soit à la demande d'un tiers (60.000 cas) ou d'office en cas d'atteinte "à la sûreté des personnes" ou "à l'ordre public" (10.000 cas).

Dans une tribune au Monde daté de mardi, le psychiatre Daniel Zagury a fustigé un projet de loi "sanitaire pour les entrées et sécuritaire pour les sorties", "ce qui rendra encore plus infernale la situation sur le terrain".

Une personne sur cinq souffre ou souffrira au cours de sa vie d'un trouble mental, ont rappelé députés et gouvernement lors des débats.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Mai 2011, 20:21

La loi sur la psychiatrie est l'indice d'un Etat qui préfère punir que guérir

Le projet de loi relatif aux "droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques" provoque à juste titre la colère et l'indignation des associations professionnelles. On dénonce la création d'un casier judiciaire psychiatrique ou d'une garde à vue psychiatrique. On pointe la dimension exclusivement sécuritaire du projet de loi, dont le vocabulaire et la logique relèvent plus du ministère de l'intérieur que de celui de la santé. Ce n'est pas tout à fait vrai. C'est pire : il est sanitaire pour les entrées et sécuritaire pour les sorties, ce qui rendra un peu plus infernale la situation sur le terrain, en engorgeant les unités d'hospitalisation temps plein et en entravant la réalisation des soins urgents, notamment pour les malades susceptibles de commettre un acte violent.

On critique l'absence de moyens qui rend ce projet irréalisable et la mauvaise foi de ceux qui feignent de l'ignorer. Tout cela est exact mais
ces objections sont singulièrement naïves : comme si le projet du législateur était d'adopter une loi effective ! Il y a belle lurette que les lois ne sont plus faites pour être appliquées ou pour améliorer la situation de ceux qui auront à en subir les effets, mais pour afficher la force de l'Etat-gendarme.

En un mot, pour comprendre le contexte de ce projet de loi, il faut surmonter l'indignation, prendre la mesure d'un certain nombre de bouleversements et de changements de paradigme. On se donne alors une chance de saisir ce qu'il peut y avoir de commun entre des phénomènes apparemment aussi divers que la souffrance au travail, avec son lot de suicides, la plainte diffuse de corps professionnels comme les policiers, les enseignants, les chercheurs, les magistrats, les médecins hospitaliers... ou la recherche systématique de boucs émissaires.

Il est d'usage d'opposer l'Etat-providence à l'Etat-gendarme et de reléguer le premier à un passé révolu. Mais l'on n'a pas suffisamment pris la mesure des effets psychiques qui ont accompagné la façon dont s'est opérée cette mutation dans notre pays : c'est une chose de ne plus
se sentir protégé par une instance bienveillante ; c'en est une autre de vivre dans toute leur cruauté les attaques de ce qui exerçait autrefois
une fonction tutélaire. C'est ce retournement malveillant qui est au coeur d'un grand nombre de souffrances diffuses : le sujet ne se sent
plus seulement "lâché", mais se sent attaqué violemment par l'Etat, qui se défausse sur lui. Pourquoi ?

C'est que les politiques doivent résoudre une équation singulièrement complexe : concilier le maintien, voire l'accroissement des attentes, la
pression des lobbies associatifs et la diminution des moyens, sans déclencher la colère populaire avec ses conséquences électorales.

Force est de constater qu'il y a également des solutions perverses. Elles ne sont pas réductibles au mensonge. Elles reposent sur les mêmes
mécanismes que ceux que l'on décrit dans la clinique des perversions et de la perversité : le déni ; le clivage ; la projection (on chasse le
lampiste et on choisit le bouc émissaire, généralement parmi les plus vulnérables) ; le défi (on fustige tout argument critique) ; l'inversion
des valeurs (les plus démunis deviennent les plus dangereux) ; la fuite en avant (tel un vulgaire escroc empêtré dans la course folle de sa
cavalerie, l'Etat vole de loi inappliquée en loi inapplicable)....

En bout de course, ce sont les acteurs de terrain qui se voient désignés comme étant à l'origine du mal et qui en portent le poids. Qui dira la
douleur de ceux qui ont choisi de donner un sens collectif à leur engagement et qui se voient, au coup par coup, au petit malheur la malchance, designés à la foule comme fauteurs de troubles à l'ordre public ; de ceux qui se débattent pour sauver ce qui peut l'être ?
Policiers, magistrats, fonctionnaires de justice, enseignants, chercheurs, médecins hospitaliers... ils se reconnaîtront.

Mais là encore, pour bien saisir ces changements, il faut prendre la mesure de deux bouleversements de nos représentations. C'est sur eux que s'appuie la solution politique perverse : aujourd'hui, la question n'est, plus "Que faire ?" mais "A qui imputer ?". Il ne s'agit plus tant de construire ensemble que de savoir qui est responsable des dysfonctionnements.

La bureaucratie managériale en est l'agent. Elle s'infiltre partout et nous commande ce qui doit être et comment faire plus avec moins. On
réglemente. On établit des procédures. On impute. On communique. Mais il ,n'est pas certain que l'on construise ensemble l'avenir du pays.

Le second bouleversement est la désuétude de l'éthique de la, responsabilité, qu'il ne faut surtout pas confondre avec la recherche permanente d'un responsable. Cette dernière relève d'une logique d'adjudant en quête de bidasse chargé de corvée. Comme Michel Foucault
l'avait clairement pressenti, on a glissé du paradigme du sujet responsable (ou irresponsable s'il est malade) à celui de l'individu dangereux porteur de risques. Malade ou non, il est la nouvelle figure de la peur.

Le vrai responsable, celui à qui il convient d'imputer l'origine du crime, ce n'est donc plus celui qui l'a commis, mais le juge qui l'a libéré, le psychiatre qui a décidé de sa sortie de l'hôpital, ou l'agent de probation qui ne l'a pas suffisamment surveillé... Il suffit de réfléchir quelques secondes pour mesurer combien ce nouveau regard qui déresponsabilise l'auteur pour surresponsabiliser celui qui l'encadre est lourd de conséquences, puisque l'homme criminel n'est plus sujet de ses actes, transférant sur les acteurs du champ social l'opprobre de son geste.

On reconnaît la rhétorique habituelle de notre président : il n'y a pas de fatalisme ; il y a bien un responsable ; il faudra payer ; c'est la règle... Après le musulman, le Rom, c'est le tour du fou dangereux.
C'est à lui d'incarner cette peur dont l'Etat sécuritaire a besoin pour s'auto-affirmer. Tous les pervers le savent : c'est aux plus faibles qu'il convient de s'attaquer si l'on veut être certain du résultat.

Dès lors, on comprendra que tous les arguments sensés, tous les développements sur notre histoire prestigieuse, nos valeurs de civilisation, soient de peu de poids. Au contraire, ils renforcent la détermination de ceux auxquels ces critiques s'adressent. Cette loi en discussion, si elle est votée, ne sera que le dernier avatar, affligeant, misérable, d'un système original qui avait fait ses preuves pendant près de deux siècles.

Elle sera appelée à être abrogée, pour ouvrir la voie à une judiciarisation des hospitalisations, comme dans tous les pays de développement comparable au nôtre. Les historiens se demanderont à quoi avait bien pu servir cet intermède législatif imposé contre le consentement de la profession. A des facteurs exclusivement conjoncturels. A pas grand-chose au regard des enjeux fondamentaux que sont, pour toute société, la façon dont elle traite les plus démunis de ses citoyens et l'équilibre fragile et délicat entre la nécessité de soins et le respect des libertés individuelles. C'est ce "pas grand-chose" qui semble caractériser la période que nous traversons.

La "philosophie" qui sous-tend l'ensemble de ce projet de loi est nauséabonde. Il faut le refuser.

Daniel Zagury, psychiatre, médecin-chef au Centre psychiatrique du Bois-de-Bondy (Seine-Saint-Denis), expert auprès des tribunaux
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Mai 2011, 00:43

Internet ne peut pas être contrôlé, autant s'y faire - par Laurent Chemla

On trouve un article puissant et inédit de Laurent Chemla en ouverture (ou prolégomènes) du tout récent framabook AlternC Comme si vous y étiez.

Historiquement, techniquement, économiquement et moralement, Internet ne peut pas être contrôlé.

Autant s’y faire. Et, contrairement à d’autres, nous nous y faisons très bien ;-)

Remarque : Ce n’est pas le premier article de Chemla que nous reproduisons sur le Framablog (cf L’avenir d’Internet). Par ailleurs je le remercie de m’avoir ouvert les yeux en 1999 avec Internet : Le yoyo, le téléporteur, la carmagnole et le mammouth.

Plus que jamais, à l’heure où j’écris ces lignes, Internet est la cible des critiques du pouvoir. Il serait responsable de toutes les dérives, de toutes les ignominies, il nous ramènerait aux pires heures de notre histoire et serait le lieu de toutes les turpitudes.

Bon. Depuis longtemps, je dis qu’il est normal - de la part de ceux qui disposaient de l’exclusivité de la parole publique - de s’inquiéter de l’avènement d’un outil qui permet à tout un chacun de s’exprimer. Pas de quoi s’étonner, dès lors, des attaques furieuses que subit le réseau.

Tant qu’il ne s’agit que de mots…

Oh bien sûr, le législateur étant ce qu’il est, il tente souvent d’aller au delà des mots. Il fait aussi des lois. C’est son métier.

Or donc - sans volonté d’exhaustivité - nous avons vu depuis 1995 un certain nombre de tentatives de « régulation », de « contrôle », voire même de « domestication ». Il y a eu la loi Fillon, la commission Beaussant, la LCEN, la DADVSI, la LSI, la LSQ, et plus récemment HADOPI et LOPPSI. Beaucoup d’acronymes et de travail législatif pour un résultat plus que mince : ce qui n’a pas été retoqué par le Conseil Constitutionnel s’est toujours avéré inapplicable.

La seule chose qui reste, c’est le principe d’irresponsabilité pénale des intermédiaires techniques (LCEN). Grand succès !

On pourrait imaginer que le pouvoir apprendrait quelque chose d’une telle suite d’échecs. On pourrait penser, par exemple, qu’il mesurerait le risque de vouloir créer des lois d’exceptions selon qu’on s’exprime sur Internet ou ailleurs. Que nenni : aujourd’hui encore, j’apprends qu’une député vient de se ridiculiser en proposant d’encadrer le journalisme « en ligne ».

J’ai hâte. On en rigole d’avance.

Mais qu’est qui rend Internet si imperméable à ces tentatives réitérées de contrôle ? J’y vois (au moins) quatre raisons majeures :

La première (dans tous les sens du terme) est historique. À la demande de l’armée américaine, qui souhaitait trouver une parade au risque d’une attaque nucléaire contre son réseau de télécommunication, Internet a été inventé à la fin des années 1960 (dans l’Amérique de Woodstock et de la lutte contre la guerre du Vietnam) par de jeunes universitaires qui rêvaient d’un monde dans lequel l’accès à un réseau mondial de communication serait un droit pour tous (pour que son impact social soit positif)[1].

À l’époque de Mac Luhan, les bases théoriques du futur réseau sont toutes influencées par l’utopie du « village global » et teintées d’idéologie libertaire. Le principe selon lequel la rédaction d’une RFC (texte définissant un des standards d’Internet) doit être ouverte à tous, scientifique ou non - et son contenu libre de droit - est adopté en avril 1969.

Quoi d’étonnant dès lors si le résultat est un réseau presque entièrement décentralisé et non hiérarchique ? Après tout, c’est bien ce que l’armée américaine avait demandé à ses jeunes ingénieurs : un réseau centralisé est facile à détruire (il suffit d’attaquer le centre).

Tout ce qui est facile à contrôler est facile à détruire.
Internet est difficile à détruire.
Donc Internet est difficile à contrôler.

Il faudrait, pour qu’Internet soit plus aisément « domestiquable », que ses bases théoriques mêmes soient revues (à l’exemple du Minitel pour lequel l’émission de contenus était soumise à l’approbation préalable de France Telecom). Mais comment démanteler l’existant et interdire l’utilisation d’une technologie ayant fait ses preuves à tous ceux qui l’ont adoptée depuis des années ?

Et surtout - c’est la seconde raison qui fait d’Internet un bastion dont la prise semble bien difficile - le réseau est international.

On peut, même si c’est difficile à envisager, imaginer qu’un pays impose à ses citoyens l’usage d’une technologie « contrôlée » plutôt qu’une autre, trop permissive. Mais quel pouvoir pourrait faire de même à l’échelle du monde ?

Et comment, dès lors qu’il existerait ne serait-ce qu’un seul endroit dans le monde qui protège la liberté totale de communication (comme c’est le cas depuis peu de l’Islande), empêcher les citoyens et les entreprises du monde entier d’exporter dans ce lieu une communication désormais dématérialisée ?

Pour y parvenir, il faudra non seulement pouvoir contrôler tel ou tel réseau imaginaire, mais aussi réussir à interdire toute communication internationale…
Mission impossible. Et puis, comment imaginer la fin des « paradis numériques » dans un monde qui n’a jamais réussi à obtenir celle des paradis fiscaux ?

Internet est supranational.
Il existera toujours des paradis numériques.
Donc l’information ne pourra jamais être contrôlée.

D’autant plus - et c’est la troisième raison majeure qui rend dangereuse toute tentative de contrôle des réseaux - qu’Internet est devenu désormais une source de croissance non négligeable. Une croissance qui dépend d’une législation pérenne et qui surtout va faire l’objet d’une concurrence effrénée entre les pays.

On n’imagine pas aujourd’hui une grande entreprise, telle que Google ou Facebook, avoir son siège social dans un pays dont la fiscalité n’est pas, disons, encourageante. Comment imaginer que demain une entreprise innovante, source d’emplois et d’impôts, se créera dans un pays dont la législation imposerait un contrôle trop strict de l’information diffusée ?

Tout contrôle nécessite une infrastructure plus chère, tant humaine que technique. Il va de soi qu’une entreprise capitaliste choisira plutôt, si elle a le choix, le pays d’accueil dont la législation numérique sera la plus laxiste, qui récupérera du coup les emplois et les impôts (et je ne dis pas que c’est bien : je dis juste que c’est dans ce monde là qu’on vit).

Et même avant d’en arriver là : imaginons qu’un pays impose le filtrage à la source de tout contenu illégal (en passant outre la difficulté technique inhérente). Quel entrepreneur de ce pays osera se lancer dans un nouveau projet novateur, sachant qu’il sera immédiatement copié par un concurrent vivant, lui, dans un paradis numérique et qui ne sera pas soumis aux mêmes contraintes ?

Internet est solide, c’est vrai, mais l’innovation reste fragile, et est souvent l’oeuvre de petites structures très réactives et pécuniairement défavorisées. Les lois votées à l’emporte-pièces sans tenir compte de cette fragilité-là sont autant de balles tirées dans le pied de la société toute entière.

La concurrence est mondialisée.
Une législation de contrôle coûte cher.
Donc les lois de contrôle d’Internet sont source de délocalisation.

Malgré tout il existe bel et bien des règles de vie supranationales et qui s’imposent à tout pays se voulant un tant soit peu démocratique. Mais si.

Je vais citer ici l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Lisez-la bien :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Elle a été rédigée en 1948. Bien avant Internet, même si à la lire on a l’impression qu’elle a été écrite spécialement pour lui. Car en effet, il n’existait pas grand chose, avant Internet, pour « recevoir et répandre sans considération de frontière les informations et les idées ». Il faut croire que ses rédacteurs étaient visionnaires…

Comment s’étonner, à la lecture de cet article, du nombre de censures que notre Conseil Constitutionnel a opposé aux diverses velléités de contrôle que le pouvoir a tenté d’imposer depuis 15 ans ?

Le droit de recevoir et diffuser de l’information est inaliénable.
Internet est à ce jour l’unique moyen d’exercer ce droit.
Donc tout contrôle d’Internet risque d’être contraire aux droits de l’homme.

Sauf à s’exonérer des grands principes fondamentaux, et donc à vivre dans une société totalitaire, le contrôle ou le filtrage d’Internet se heurtera toujours à la liberté d’expression. Les états peuvent l’accepter, et à l’instar de l’Islande décider d’en profiter, ou refuser de le voir et, à l’instar de la France, se heurter sans cesse à un mur en essayant encore et encore de réguler ce qui ne peut l’être.

Historiquement, techniquement, économiquement et moralement, Internet ne peut pas être contrôlé.

Autant s’y faire.

Note : [1] J.C.R Licklider et Robert Taylor, The Computer as a Communication Device in Science and Technology, April 1968.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Mai 2011, 00:11

L'anti-piratage Frédéric Lefebvre en flagrant délit de plagiat

Promoteur engagé de la loi Hadopi et de la lutte contre la contrefaçon, le secrétaire d'Etat Frédéric Lefebvre est lui-même accusé d'avoir
plagié Wikipedia, des dépêches AFP ou des sites internet spécialisés dans le livre qu'il vient de publier.

C'est on ne peut plus gênant de la part d'un responsable politique qui prône un "net plus responsable" et qui a fait de la lutte contre le piratage un cheval de bataille lorsqu'il était encore député. Alors qu'il est en charge du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme,
des Services, des Professions libérales et encore de la Consommation, le secrétaire d'Etat Frédéric Lefebvre a trouvé le temps de publier un
livre de plus de 500 pages, baptisé "Le Mieux est l'ami du bien". Un surhomme, qui a cependant trouvé quelques aides bienvenues, si l'on en croit les trouvailles du journaliste Vincent Glad, qui a publié une sélection d'emprunts non sourcés dans le livre de Frédéric Lefebvre.

Les extraits cités sont impressionnants de fidélité à l'original.

Souvent pas un mot, pas même une virgule ne change par rapport aux textes repris sur Wikipedia, sur un site immobilier, sur une dépêche AFP, ou encore sur le site d'un journal suisse. On fait difficilement copier-coller plus parfait. Ce qui constitue, à n'en pas douter, une violation des droits des articles empruntés.
"Il cite parfois (la source), mais une fois sur trois bizarrement il oublie", remarque Vincent Glad, qui passe le livre du Secrétaire d'Etat au crible. "Ca se voit très vite des phrases plagiées, ça n'est tout simplement pas écrit pareil", explique-t-il.

"Frédéric Lefèbvre a toujours dit particulièrement bien connaître Internet, ce qui amuse d'ailleurs beaucoup le web français. On mesure aujourd'hui l'étendue de ces soit disant connaissances. Peut-être pensait-il être le seul à savoir utiliser un moteur de recherche ?", s'amuse le site République Irréprochable.

Par le passé, Frédéric Lefebvre avait déjà été épinglé pour une "revue de presse" qui n'en était pas une, ou le piratage d'un article de Slate... le journal en ligne où travaille Vincent Glad.

Mise à jour : l'éditeur Arash Derambarsh a réagi en écrivant que "sur les 500 pages du livre, quelques références n’ont pas été intégrées", mais que "ces références seront bien évidemment réintégrées lors de la réimpression du livre"
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Mai 2011, 22:24

POUR UNE CAMPAGNE DE REFUS DES PUCES ELECTRONIQUES, DANS L’ÉLEVAGE ET AILLEURS

Ces jours-ci, plusieurs éleveurs du Sud-Ouest de l’État français déclarent publiquement leur refus d’installer les nouvelles boucles d’identification électronique à l’oreille de leurs chèvres et de leurs brebis. Le groupe Faut pas pucer se déclare totalement solidaire de leur démarche et appelle les autres éleveurs à se soustraire aussi à l’obligation légale de « pucer » les animaux.
Ceux qui manifesteront ainsi leur désaccord avec la loi doivent s’attendre à des représailles financières – baisse des primes qui constituent une part importante de leurs revenus – et peut-être judiciaires – procès, s’ils persistent. Ils auront donc besoin de soutien, matériel, moral et politique. Le plus grand service à leur rendre est d’ores-et-déjà de susciter, partout où cela semble possible, des débats sur les ravages de l’informatique dans la société, le travail, la vie personnelle. Par débats, nous entendons aussi bien la mise en discussion publique que le refus ferme des multiples contraintes bureaucratiques qui s’incarnent dans des dispositifs de « haute technologie » (ici des puces RFID, là des logiciels, ailleurs des bornes biométriques...).
Dans notre bulletin de l’hiver 2011, « Les robots rêvent-ils de moutons électriques ? », nous disions : « Un troupeau équipé de puces électroniques, c’est un troupeau qui sera géré par ordinateur. Or on ne devient pas berger ou éleveur pour travailler derrière un écran, ni pour suivre les procédures standard concoctées par de prétendus experts. Du moins, si l’on pense qu’un élevage, ce n’est pas une usine à viande destinée à produire toujours plus et plus vite.
Ce problème ne concerne pas uniquement les éleveurs : un peu partout – sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux – on automatise pour gérer la masse au détriment du soin et de l’attention. Dans des maternités, on équipe les nouveaux-nés de bracelets électroniques dotés de ces mêmes puces ; dans certains établissements scolaires, les élèves munis de leur carte sans contact sont bipés à l’entrée et à la sortie – le logiciel de « vie scolaire » envoyant automatiquement des alertes aux parents pas sms.
De ces innovations, qui visent à « faire moderne » et à réaliser des gains de productivité, les activités sortent appauvries, dénaturées. Et ceux qui les exercent sont plus étroitement contrôlés, leurs compétences dénigrées. Jusqu’au jour où l’on se retrouve à dire au client / à l’élève / à l’administré / au patient / à la brebis (rayez la mention inutile) : je suis désolé mais l’ordinateur ne veut pas. À cela nous répondons : je suis désolé, mais je ne veux pas l’ordinateur. »
À cela nous ajoutons aujourd’hui : désolés, mais nous ne voulons pas de la traçabilité de tout et de tous comme remède aux pathologies d’une organisation sociale démesurée. Nous rejetons la production de masse, qu’il s’agisse de nourriture ou des multiples faux besoins que le capitalisme industriel a créés. S’il est impossible de garantir que la nourriture produite sur le marché mondial ne soit pas du poison, c’est le marché mondial qu’il faut remettre en cause et non les quelques pratiques agricoles qui restent jusqu’ici étrangères à la logique industrielle. S’il paraît impossible d’avoir confiance dans ce que produisent quelque 900 000 agriculteurs (un peu plus de 3% de la population active en France), nous ne pensons pas qu’il 1 L’obligation d’identifier les caprins et les ovins nouveaux-nés est entrée en vigueur le 1er juillet 2010. Elle
devrait concerner les bovins d’ici quelques années. À l’inverse, l’obligation de « pucer » les chevaux est plus ancienne (2008). Il est également obligatoire depuis plusieurs années d’identifier les animaux domestiques, et dans les mois à venir, la seule identification qui restera valable sera celle par la puce électronique. Notre appel à remettre en cause ces réglementations concerne bien sûr tous les animaux.
faille contrôler plus étroitement ces 3%, mais plutôt qu’une société où si peu de gens s’occupent de produire la nourriture – à commencer par la leur – ne tient pas debout. Et qu’elle appelle une remise en question radicale.
Bien sûr, il est délicat de transgresser les règlementations édictées par des bureaucraties dont nous sommes profondément dépendants, d’un point de vue matériel. Mais c’est également cette question de la dépendance qui nous intéresse, dans l’affaire du « puçage » : en Occident de nos jours, nous sommes tous des assistés, du patron de PME au bénéficiaire du RSA, de l’agriculteur au cadre dynamique, du fonctionnaire à l’artiste subventionné. Que l’on soit drogué au travail ou pas, notre mode de vie, basé sur la monétarisation de tout, les télécommunications à haut débit, l’énergie illimitée et l’État omniprésent, est en lui-même une forme d’assistanat généralisé.
Nous ne voyons pas quelle dignité et quelle liberté sont compatibles avec cela. À l’heure où la catastrophe nucléaire en cours illustre la folie du développement industriel, nous pensons qu’il est important de rejeter avec toute la fermeté possible l’embrigadement électronique et le gouvernement des experts.
Nous encourageons toutes les personnes qui se sentent concernées par ce rejet à diffuser largement cet appel, ainsi que les déclarations d’éleveurs refusant de pucer leurs bêtes. Les personnes qui s’engagent dans une telle démarche ne doivent pas rester seules face à l’administration et aux risques qu’elles encourent. Le refus de pucer implique l’organisation d’une solidarité, et d’abord d’une solidarité de proximité, entre éleveurs et avec d’autres personnes de leur voisinage. Au-delà de ce niveau local, c’est la dynamique nationale de cette
campagne qui indiquera l’opportunité, et le moment, pour les refuseurs, de se rencontrer afin d’élaborer des perspectives de lutte plus précises.

Avril 2011, Le groupe Faut pas pucer
(correspondance : Le Batz, 81 140 St-Michel-de-Vax, ou fautpaspucer(at)laposte.net)
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 09 Mai 2011, 22:57

Un rythme de 200 PV chaque mois par caméra

Après deux mois d'exercice, le système de verbalisation par vidéosurveillance commence à atteindre un 'bon' petit rythme. Après les 237 automobilistes privilégiés qui ont eu l'honneur d'apprendre les joies du procédé entre le 17 janvier et le 17 février, ce sont 197 autres qui ont eu l'insigne distinction d'être repérés par les caméras de vidéosurveillance entre février et mars. Pris en train de se garer à la 'raspaille' dans les rues de la ville.

À chaque fois le mécanisme est le même. Quand l'un des opérateurs du centre de supervision urbaine (CSU) repère sur l'un des écrans de son mur d'images (qui renvoie toutes les vues prises par les caméras) un automobiliste laissant un peu trop longtemps sa voiture sur la chaussée, une photographie est tirée. Puis on zoome sur la plaque d'immatriculation pour remonter jusqu'au propriétaire du véhicule. Un sympathique courrier avec une amende de 35 se présente ensuite dans la boîte aux lettres du contrevenant.

Le dispositif a été étendu à toutes les rues de la ville dotées de caméra Alors certes, c'est râlant pour le conducteur mais ce dispositif commence vraiment à porter ses fruits pour l'intérêt - circulatoire - général. Par exemple dans la rue Honoré-Euzet, qui fut un gros point noir, on peut, sauf à de très rares exceptions, désormais rouler sans zigzaguer entre camions de livraison et autos en double file. « On n'a plus vraiment de problèmes de ce côté-là », confirme-t-on au CSU. Forte de ce succès, l'équipe des opérateurs a reçu l'instruction d'étendre son champ d'intervention. Si au début ils se concentraient sur la rue Euzet et le quai de la Résistance, ils traquent maintenant les 'Sétoiseries' où qu'elles soient. Pourvu qu'elles se déroulent à portée de caméra.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 11 Mai 2011, 23:49

Var : l'affaire du policier des RG rebondit dans le "Canard"

Un policier des RG aurait été chargé en 2004, à la demande d'un député varois, d'enquêter sur une femme proche d'un rival politique. Le Canard Enchaîné revient ce mercredi sur cette affaire, révélée en janvier par Var-matin.
Dans son édition de ce mercredi, Le Canard Enchaîné revient sur l'affaire du policier des Renseignements généraux poursuivi devant le tribunal correctionnel de Toulon pour avoir détourné des informations d'un fichier de police.
Le journal satirique insiste sur le rôle tenu dans ce dossier par le député UMP Jean-Pierre Giran. Le fonctionnaire a été condamné en février à six mois de prison avec sursis pour "violation du secret professionnel" (un appel est en cours).
Comme l'indiquait Var-Matin le 11 janvier, l'instruction avait établi que le policier avait été chargé en 2004, à la demande du député varois
(et avec l'aval de sa hiérarchie), d'enquêter sur une femme proche d'un rival politique à Hyères.
Motif : une proximité supposée avec le milieu du grand banditisme. Les soupçons n'ont jamais été confirmées et l'élu n'a finalement pas obtenu d'informations. D'ailleurs, il n'a pas été mis en cause par la justice.
Entretemps, l'enquêteur était tombé amoureux de cette femme d'affaires qui serait finalement devenue, selon le tribunal, la bénéficiaire
d'informations policières. Elle a été condamnée pour "recel" et a elle aussi, fait appel de la décision du tribunal.


Hyères: trop curieux, un policier des RG épinglé par la justice

Le fonctionnaire aurait, entre 2004 et 2007, détourné des informations en faveur de sa compagne.

Un policier des renseignements généraux affecté sur le secteur de Hyères a-t-il détourné des données du Système de traitement des infractions constatées (STIC) (1) en faveur de sa compagne, promoteur immobilier? Le tribunal correctionnel de Toulon a été amené, hier, à entendre Jean-Marie Ponce, 49 ans et Marie-Jeanne Bunel, 56 ans pour détournement de la finalité d’un traitement de données entre 2004 et 2007 et pour recel de ces informations.

Fiches consultées : élus, promoteurs, avocats

« Au cours d’une enquête administrative, on s’est aperçu que vous aviez fait beaucoup de consultations sur le fichier pour des personnes qui n’ont rien à voir avec vos activités, mais plutôt en rapport avec celles de votre concubine », a résumé Mme Mars. Chargé du suivi des extrémistes religieux, des politiques et des dérives urbaines, le fonctionnaire a surtout porté son attention sur des personnalités bien déterminées : les futurs employés de Mme Bunel, ses concurrents potentiels dans le BTP, des élus hyérois (et plus particulièrement dans le secteur de l’urbanisme), des francs-maçons et même un ex-directeur départemental de la sécurité publique. À la barre, le prévenu a nié toute utilisation à des fins personnelles. « J’ai agi en professionnel dans le monde du renseignement. J’ai consulté ces fiches dans le cadre de mon travail » a-t-il répété. La magistrate a tenu à situer la rencontre avec la co-prévenue. « Au début, elle n’était pas votre compagne! »

Vive altercation avec le député Giran

« Non. J’enquêtais sur elle. Un an et demi avant les élections à Hyères, j’ai été sollicité par Jean-Pierre Giran, député de Hyères. Il m’a parlé de Mme Bunel. Elle aurait eu des relations avec le grand banditisme et elle était proche de Léopold Ritondale, le maire. Ma hiérarchie m’a demandé de faire des recherches sur elle. Quelques mois après, nous avons vécu ensemble (...) Quand M. Giran a découvert qu’elle était ma compagne, il y a eu une grosse altercation. Ça a tout déclenché pour moi. » Il affirme avoir fait l’objet de harcèlement de son directeur - Frédéric Lauze aujourd’hui rattaché au cabinet de François Fillon - et avoir plongé dans une profonde dépression. « Mais pourquoi avez-vous consulté les fiches de deux avocats du barreau de Toulon et celle de M. Ghenassia, contrôleur principal de la police ? » a demandé la présidente.
« Par curiosité. Parce que les deux premiers étaient dans la même loge maçonnique que moi. Ou parce qu’il y avait des rumeurs… » De son côté, la prévenue a nié toute implication. « Je ne lui ai jamais demandé de renseignement ».

Pour Pierre Cortes, procureur de la République, les faits sont avérés, « même si l’homme se dit victime d’un député pas très heureux en politique qui aurait interféré dans cette affaire. » Et de solliciter pour M. Ponce six mois de prison avec sursis et 5000€ d’amende et une interdiction d’exercer pendant cinq ans contre Mme Bunel. En défense, MM. Ravaz et Leboucher ont écarté tout détournement de ce fichier « qui n’a pas de finalité. » « Sur 700 consultations, on lui en reproche 12 ! » a indiqué M. Ravaz. Pour son confrère parisien, ce « dossier, sans instruction, a été bâclé. Cela fait quatre fois qu’on est cités ici. Un député et un directeur des RG ont imposé leur vision.
Quant au parquet, vous êtes instrumentalisés ! ». Le jugement a été mis en délibéré au 14 février.

1. Il s’agit d’une base de données qui répertorie toutes les personnes ayant été concernées par une procédure judiciaire (crimes, délits et
contraventions diverses et variées), qu’elle soit mise en cause ou victime
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mai 2011, 22:04

Vie privée : Google se soumettra à des contrôles réguliers après l'affaire Buzz
Julien L. - publié le Mercredi 30 Mars 2011 à 18h13 - posté dans Société 2.0

Google a conclu un accord avec la Federal Trade Commission (FTC) suite à l'affaire Buzz. Lancé l'an dernier, le réseau social intégré dans Gmail avait suscité la polémique. Faisant acte de contrition, Google accepte de se soumettre à des contrôles réguliers pour ne pas perdre la confiance des utilisateurs.

L'affaire Google Buzz sera bientôt de l'histoire ancienne. Dans un message publié sur le blog officiel, la firme de Mountain View annonce avoir conclu un accord avec la Federal Trade Commission, l'agence américaine en charge de la consommation et des pratiques commerciales. Pour répondre aux préoccupations de la FTC, Google a accepté de se soumettre à des contrôles plus réguliers.

Pour rappel, l'intervention de la FTC fait suite au lancement calamiteux de Google Buzz en 2010. Ce réseau social, conçu pour s'articuler autour de Gmail, la messagerie web du géant américain, avait déclenché la polémique encommuniquant automatiquement par défaut les noms des personnes avec lesquelles les utilisateurs communiquent le plus régulièrement.

Une organisation de défense, l'Electronic Privacy Information Center (EPIC), a alors saisi la Federal Trade Commission sur les manquements manifestes de Google en matière de respect de la vie privée. L'EPIC avait accusé le géant américain de violer les lois américaines sur la protection de la vie privée, appelant à la désactivation par défaut de certaines fonctionnalités.

L'accord conclu avec la FTC se veut contraignant. Google devra se soumettre tous les deux ans à un contrôle indépendant portant sur les procédures mises en œuvre pour assurer la confidentialité des données transmises par les internautes. Selon la FTC, ces vérifications régulières pourront s'étendre sur une période de vingt ans.

Par ailleurs, la firme de Mountain View va également devoir obtenir le consentement des utilisateurs avant de modifier d'une façon ou d'une autre la manière dont les données personnelles sont partagées. Autant d'éléments qui doivent permettre à Google de rappeler que la confiance des internautes est un élément capital à ses yeux.

La sortie chaotique de Google Buzz avait également créé des remous dans les autres pays. Dix autorités de protection de données (Allemagne, Canada, Espagne, France Irlande, Israël, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni) avaient adressé un courrier commun à Google pour lui demander de "montrer l'exemple" en matière de protection de la vie privée des internautes.

Aux États-Unis, un recours collectif s'était formé contre Google Buzz.

Désireux de mettre un terme à cette mauvaise histoire, le géant américain avait versé 8,5 millions de dollars en guise de dédommagement. Une partie de la somme a été utilisée pour alimenter un fonds en faveur de la défense de la
vie privée sur le net.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 14 Mai 2011, 20:44

Vidéosurveillance cachée trouvée au domicile de deux anarchistes de Bruxelles mercredi 11 mai 2011

Image
Le paquet complet avec une boite d'allumettes pour les dimensions

Nous venons de trouver un dispositif de vidéo-surveillance caché dans notre appartement. Nous nous limiterons ici, provisoirement, à fournir
quelques précisions techniques, en joignant les photos.

Le dispostif était caché derrière une petite grille de ventilation, placée pour aérer le mur en gyproc, dans notre cuisine. Le caméra, type "S/W" (?) était juste derrière la grille, relié à une batterie plutôt grande composé de 3 tubes de 4 batteries de 14,4 V. La batterie se trouvait derrière
l’évier, le tout relié avec des câbles. Entre la batterie et le reste du disposif, se trouvait ce que nous croyons être un interrupteur, manipulable à distance. Le caméra était relié à une petite boîte noire, servant comme "encodeur". Cet encodeur, type "Micro View Lock" (Ovations Systems) était à son tour relié à ce que nous pensons être l’antenne pour transmettre les images sur 1,4 Ghz. Il n’y avait donc pas de carte SIM.

Le caméra pointait vers la table de la cuisine. Nous ne sommes pas sûrs s’il contient aussi un micro. Le caméra était fixé avec des éléments magnétiques.

Sur quasi tous les élements, des autocollants "CS" étaient apposés. Une vite recherche nous a donnée une piste : "CS" correspond en effet au code du magasin du Service Logistique de la Police Fédérale.

Sans peur ni parano, Deux anarchistes de Bruxelles.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede kuhing » 15 Mai 2011, 11:02

Environ 150 personnes à Grasse sous la pluie pour Hakim AJIMI, assassiné par la BAC il y a trois ans . Marche jusqu'au commissariat central de Grasse avec déploiement de banderole.
Slogan qui est revenu :" police partout , justice nulle part".

(présence de membres du CAam )
kuhing
 

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 15 Mai 2011, 18:08

Enveloppe FIPD : 31,7 millions d’euros destinés à la vidéoprotection en 2011

Ca y est, l’enveloppe du Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance est rendue publique : 51,034 millions d’euros. Et sans étonnement, la vidéoprotection remporte encore une belle part du gâteau, avec 29,7 millions d’euros, soit 58 % du fonds!

51,034 millions d’euros : ce montant est donc à peu près équivalent à celui de l’année précédente (49 millions d’euros), comme l’avait annoncé le Secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance, Didier Chabrol le 5 avril dernier.

Les moyens financiers du FIPD
Mais d’où viennent ces fonds ?


Comme le stipule la circulaire NOR/IOC/K/11/03783/C du 6 avril 2011, ils proviennent, pour près de 70% du montant total, du produit des amendes de police de la circulation (35 millions d’euros), 30% de l’enveloppe émane de budgets interministériels pouvant "être affectés à des projets portés par des collectivités territoriales ou des associations", le petit million d’euros restant n’étant que le "report de crédits non consommées en 2010".

Comment vont être répartis ces fonds et pour financer quels projets ?
Près de 60% de ces fonds serviront à soutenir les projets de vidéoprotection


Sur ces 51,034 millions d’euros, 29,7 sont dédiés au « soutien de la vidéoprotection ». A cela s’ajoutent 2 millions d’euros, reports de l’année précédente.
8 000 caméras ont été installées en 2010 "résultat d’un peu plus de 730 projets que nous avons eu à connaître, à la mission de développement, et que nous avons pu aider.", expliquait le Préfet Jean-Louis Blanchou, le 5 avril dernier, lors de la matinée organisée par Vidéosurveillance Infos. Selon le Responsable de la mission pour le développement de la vidéoprotection, toutes les villes de plus de 200 000 habitants, en France, ont désormais des caméras, "que ce soit avec de grands systèmes ou des dispositifs plus modestes" et 93% des villes de plus de 100 000 habitants sont également dotées de dispositifs de vidéoprotection.
Les projets qui pourront être financés seront ceux émanant des collectivités territoriales ou établissements publics de coopération intercommunale, les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) "pour lesquels un diagnostic de sécurité préconise l’équipement de vidéoprotection, les bailleurs sociaux auxquels viennent s’ajouter, en 2011, les syndics de copropriété, pour les sites considérés comme particulièrement sensibles".
Pourront être également financés "à titre exceptionnel et dans la limite des crédits disponibles, les projets portés par les personnes morales gestionnaires d’espaces commerciaux ouverts au public ou de lieux ouverts au public et très fréquentés, en cas d’exposition particulière et marquée aux risques et les entreprises de transport en commun exerçant en délégation de service public…"
Le taux de subventionnement varie entre 20% et 50%, (Le taux moyen de subvention est en général un tout petit peu inférieur à 40% de l’investissement des communes, NDLR ). A noter que le subventionnement des études préalables à l’installation des caméras de vidéoprotection est plafonné à 15 000 euros, dans la limite maximale de 50% du coût HT ; les raccordements des CSU aux services de police ou de gendarmerie à 100% et, nouveauté en 2011 : les formations initiales des opérateurs de CSU pourront être financées à hauteur de 50% pour un montant maximum de 1 000 euros par agent.
"La mission travaille avec le CNFPT pour étudier les programmes de formation pour les opérateurs et responsables de CSU. La mission rappelle qu’elle est prête à subventionner, dans le cadre de ce fonds FIPD, des initiatives visant à mettre en place des outils de formation", avait spécifié Jean-Louis Blanchou, le mois dernier.

Restent 21 petits millions d'euros pour les autres actions de prévention de la délinquance

Près de 21 millions vont servir à soutenir les autres actions de prévention de la délinquance, celles-ci s’inscrivant bien évidemment "dans la continuité de la mise en œuvre du Plan national 2010-2012, comme le précise la circulaire" ; la mise en œuvre des dispositions de la loi du 5 mars 2007 devant être encouragée sans relâche et la priorité étant donnée aux collectivités qui ont 'fait le choix de s’engager dans une démarche dynamique à cet égard".
Quelques nouvelles actions sont ajoutées, pour cette année 2011, comme la mise en place d’intervenants sociaux dans les commissariats de police et unités de gendarmerie et la lutte contre le harcèlement à l’école : "il s’agit, dans le cadre de la priorité affichée par le ministère de l’Education nationale, de soutenir les projets locaux, notamment des établissements scolaires qui contribuent à lutter contre ces phénomènes."
Le taux de subventionnement pourra, comme les années précédentes, varier entre 20 et 50% du coût total HT de chaque projet, le taux attribué dépendant de la réponse à des critères précis que sont l’intérêt du projet et son adéquation aux caractéristiques de la délinquance locale, le coût global, le degré de maitrise des coûts, par l’opérateur, le niveau de sa contribution financière et la situation financière de l’opérateur.

Evaluer : une priorité en 2011

Comme il est inscrit dans la circulaire NOR/IOC/K/11/03783/C du 6 avril 2011, le Plan national a fait de l’évaluation une nouvelle exigence.
Pour ce faire, une mission permanente d’évaluation a été créée, dont Didier Chabrol en est le coordonnateur. Menant actuellement des travaux pour la réalisation d’ un guide de l’évaluation de la prévention de la délinquance, à destination des maires, et qui sera disponible au second semestre 2011, cette mission développe également un programme d’évaluations thématiques pour le compte du gouvernement et qui portera notamment sur l’absentéisme et le décrochage scolaire, le soutien à la parentalité, l’intercommunalité, la prévention de la délinquance, le rôle des bailleurs sociaux, le rappel à l’ordre…

L’évaluation sera également une des priorités à la mission pour de développement de la vidéoprotection. "Donnons-nous les moyens d’être capables de mesurer si oui ou non, les objectifs fixés ont bien été atteints, suite à l’installation de dispositifs de vidéoprotection. Et regardons ce qu’il faudrait déployer comme autre mesure et remplir comme autre solution pour mieux atteindre l’objectif " annonce le Responsable pour le développement de la vidéoprotection, qui ajoute également que, pour 2011, au-delà de l’objectif quantitatif, la mission a souhaité s’attribuer un objectif qualitatif: avoir des projets mieux cernés, intégrant dès le départ la notion de pertinence, des projets prenant en compte un rapport qualité/prix. Bref, la mission veut œuvrer pour une vidéoprotection "utile et intelligente".
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Re: Veille des outils de répression

Messagede kuhing » 16 Mai 2011, 11:41

photo du rassemblement pour Hakim à Grasse samedi dernier

Image
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 16 Mai 2011, 20:39

Pourquoi ne pas s’inspirer des étiquettes alimentaires pour protéger la sphère privée ? 1 avril 2011 Posted by Sylvain Métille

Parmi les efforts visant à rendre l’Internet plus sûr et plus sympathique à l’utilisateur, on remarque plusieurs tentatives de mieux protéger la vie privée et de rendre les informations plus accessibles. Dans ce cadre nous avons récemment vu la proposition Do Not Track (Ne me trace pas !) défendue par la Federal Trade Commission américaine et l’Agence européenne de sécurité des réseaux et de l’information. Un des autres objectifs actuels est de permettre à l’utilisateur de mieux gérer la protection de sa sphère privée et de mieux comprendre les données qu’il partage. Certains sites proposent des outils simplifiés (comme Google ou Facebook), mais il manque toujours une possibilité de savoir rapidement quelles données sont traitées par un site internet.

Une étiquette semblable à celle des produits alimentaires A mesure qu’il n’est pas raisonnablement possible d’attendre de l’utilisateur d’un site internet qu’il lise toutes les conditions générales et les déclarations de protection de la sphère privée de chaque site qu’il visite
(même s’il existe une fiction légale dans ce sens), un affichage simplifié permettrait rapidement de savoir comment sont traitées les informations transmises au site que l’on visite. Plusieurs projets, plus ou moins aboutis, vont dans ce sens. L’idée est séduisante, mais l’absence de consensus sur la méthode les rend néanmoins peu utilisables.

Le site Knowprivacy, les icones Mozilla (Privacy icons) et celles de TRUSTe (TRUSTe Short Notice and Icon Design) sont autant de projets dans ce sens.

Le projet P3P (Platform for Privacy Preferences soit une plateforme pour les préférences en matière de protection de la sphère privée) a été lancé en 2002. Ce projet visait à transposer les déclarations de chaque site dans un standard facilement lisible par l’homme et accompagné de logos, ainsi que dans un format qu’une machine puisse lire. Le navigateur Internet pourrait ainsi décider automatique de visiter certains sites. Malheureusement ce projet n’a pas eu les retombées escomptées et peu de sites l’utilisent.

Si ces projets ne sont pas très connus ni utilisés (probablement en l’absence d’un consensus sur une méthode et un format), il ne fait en revanche aucun doute qu’une étiquette rédigée de manière commune pour tous les sites et montrant les principales informations en un coup d’œil serait bienvenue, tout comme la transmission fiable d’informations à ce sujet directement au navigateur. Celui-ci pourrait alors décider en fonction des instructions préalablement fournies par l’utilisateur de permettre ou non l’accès au site Internet en question, ou limiter l’accès à certaines parties/fonctions.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 17 Mai 2011, 23:41

Soulographie biométrique et antipodique : toc !

En Australie, pays plus réputé pour la qualité technique de ses usines de kangourous que pour la qualité de sa bière, les patrons d’estaminets se prennent de plus en plus pour des Ministres de l’Intérieur (en activité ou chômage récent) : ils imposent à leur clientèle une prise d’empreinte digitale et le scan d’une pièce d’identité à l’entrée de leur établissement, nous apprend le quotidien SMH. Le tout, comme c’est souvent le cas et pas seulement en Australie, accompagné d’un dress code assez strict pour justifier le refus d’un videur sans risque d’encourir la moindre poursuite pour délit de sale gueule ou discrimination. Mais « çà », c’est presque plus « normal »…

Les identités ainsi collectées numériquement sont, dans certains cas, concentrées sur des serveurs, conservées 28 jours durant (es règles PCI-DSS sont plus strictes que cela) voir indéfiniment si l’intéressé « fiché » est répertorié comme trublion notoire. Une qualification qui, on s’en doute, ne dépend que de l’appréciation du personnel de l’établissement, probablement assermenté et réputé pour sa probité morale et son sens élevé du respect de la personne humaine. Tim Pilgrim, le « Federal Privacy Commissioner » du gouvernement, avoue ne pas avoir le pouvoir d’enquêter sur ce genre de pratique, faute de lois appropriées. L’une des entreprises sous-traitante chargée de cette collecte d’informations précise pourtant que ces identités sont « partagées sous forme d’une liste de fauteurs de trouble, que cette liste soit locale, à l’échelon de l’état, voir nationale ». Comment est-on passé du « Paulo, j’t’appelle un sapin, rentre chez toi, ta femme t’attend » à une infrastructure de flicage pesant probablement plusieurs millions de dollars et entretenue par une milice privée ?

Fort heureusement, en France, de telles choses ne peuvent arriver, puisque nous sommes protégés par notre vaillante Cnil. Les récupérations de données biométriques et d’identités effectuées sans demander l’avis des personnes intéressées sont strictement interdites. Ou alors un tout petit peu lorsque l’intéressé passe devant une caméra de vidéosurveillance, pardon, protection.
Ou lorsqu’un opérateur exige la copie d’une carte d’identité pour vendre un abonnement téléphonique, sans préciser la période de rétention de ladite information ni ses conditions de stockage et chiffrement. Ou peut-être lorsqu’une compagnie aérienne impose la communication d’un numéro de carte de crédit associé à un numéro de passeport, dans le seul but de le transmettre aux services de renseignements d’une puissance étrangère. Ou lorsque… non, franchement, ce serait médire que de penser à ces détails, lorsque ces petites contraintes qui nous aident chaque jour à lutter contre les pédo-terroristes cybervioleurs récidivistes (et réciproquement).
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