Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 14 Aoû 2009, 12:00

La justice donne raison à deux profs désobéisseurs Flore Galaud (lefigaro.fr)
14/08/2009 | Mise à jour : 10:01 | Commentaires 15

Le tribunal administratif de Marseille a ordonné l'annulation des sanctions financières sur leur salaire, décidée par leur hiérarchie pour avoir refusé d'appliquer certaines réformes de l'Education nationale.

Le tribunal administratif de Marseille a donné raison jeudi à deux professeurs «désobéisseurs» de l'école des Convalescents, dans le centre-ville de Marseille (Ier), auxquels leur administration avait retiré 32 jours de salaire sur trois mois de travail, au prétexte qu'ils n'avaient pas effectué les tâches requises.

Erwan Redon et Christine Jousset s'étaient vus sanctionnés sur leur fiche de paye pour avoir refusé d'appliquer «l'aide personnalisée» pour les enfants en difficultée (2 heures par semaine), voulue par l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos.

Contestant les vertus pédagogiques de ce dispositif, qui alourdit les journées, les deux instituteurs avaient préféré mettre en place des «ateliers éducatifs du Midi», une initiative approuvée par le maire de la ville. Ces ateliers consistaient à des activités calmes type jeux éducatifs, lecture, ou encore ordinateur, à raison de trois fois trois quart-d'heure par semaine. Un projet qui n'empiète pas sur les heures de cours mais sur celles de la pause déjeuner. «Avec ces ateliers nous proposons une autre approche pédagogique. Cela fait du bien aux enfants et permet de les rendre plus calmes pour les cours de l'après-midi», explique au figaro.fr Christine Jousset.

1.000 euros versés à chacun

Si l'initiative a séduit la municipalité de Marseille, qui réfléchit aujourd'hui à développer le projet à plus grande échelle, l'Education nationale, en revanche, a pénalisé les deux désobéisseurs. Le tribunal admnistratif de Marseille a lui estimé que «les modalités des obligations de service que devait exécuter M. Redon n'ont pas été précisées. Cela est de nature à faire un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée». Des arguments repris pour le cas de Christine Jousset. En conséquence, l'exécution des décisions par lesquelles les deux enseignants se sont vus priver d'une partie de leur rémunération «est suspendue», a conclu le tribunal. L'Etat a par ailleurs été condamné à verser à chacun des deux professeurs la somme de 1.000 euros.

Erwan Redon s'est félicité de la décision du tribunal: c'est «une bonne nouvelle pour tous les enseignants qui d'une manière ou d'une autre ont désobéi à leur hiérarchie, parfois avec leur bienveillance, en n'appliquant pas la directive de l'aide personnalisée, aberrante pour les enfants et destructrice pour les emplois d'enseignants spécialisés du réseau d'aide (Rased)», a-t-il rappelé. Reste que ce verdict pourrait bien encourager d'autres démarches judiciaires : plusieurs professeurs à travers la France auraient en effet été récemment financièrement pénalisés pour ne pas avoir respecté les nouvelles directives de l'Education nationale.
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Messagede Nico37 » 29 Aoû 2009, 21:07

Soutien a Delphine Prudhomme !

Delphine Prudhomme, enseignante, membre du LKP, co-secrétaire académique du Snes-Guadeloupe, est aujourd’hui poursuivie par le rectorat pour son activité militante et pour ses idées.

Dans un document daté du 22 juin 2009 - qui n’est arrivé que le 2 juillet - M. Firmin Pierre-Marie, secrétaire général du rectorat, annonce que notre camarade et amie fait l’objet de poursuites disciplinaires sur la base d’un rapport écrit par son proviseur, M.François Dechosal, à l’issue du mouvement de grève générale de janvier-mars 2009.

Ce que MM. Dechosal et Pierre-Marie reprochent à Mme Prudhomme ? Certainement pas la qualité de son travail, attestée par son dernier rapport d’inspection (mai 2008) - rapport qui a été « mystérieusement perdu » au rectorat. Ce qu’on lui reproche, par écrit, c’est d’avoir participé à la grève du 16 décembre 2008, d’avoir organisé, le 14 janvier 2009, une assemblée générale des personnels du lycée Jardin d’Essais, d’être proche de l’organisation Combat Ouvrier et de participer à la rédaction du journal Rebelle !

C’est donc bien le « délit » de syndicalisme et d’opinion que les autorités cherchent à réprimer. Pire, tout en exigeant que notre camarade boucle sa défense « dans un délai raisonnable », les mêmes autorités lui interdisent aujourd’hui de consulter son dossier administratif avant le 25 août, date à laquelle, selon M. Pierre-Marie, il contiendra de « nouvelles révélations ». Étrange procédé qui consiste à poursuivre une militante syndicale d’abord, et à monter un dossier contre elle après...

On se croirait revenu 40 ans en arrière, à l’époque où, beaucoup de Guadeloupéens s’en souviennent, le pouvoir colonial chassait sans vergogne du « département » les fonctionnaires jugés trop « remuants ».

La preuve : militante depuis près de quinze ans, Delphine Prudhomme n’a jamais été inquiétée tant qu’elle vivait en France, mais ses déboires ont commencé immédiatement à son arrivée en Guadeloupe, en septembre 2003 ! Les tentatives d’intimidation se sont multipliées à mesure qu’elle s’impliquait dans le mouvement social antillais... comme si on lui reprochait de ne pas rester à sa place « d’expat’ blanche ».

Le LKP, le Snes-Guadeloupe, l’Intersyndicale de l’Éducation et le Comité de soutien à Delphine Prudhomme exigent l’arrêt immédiat des poursuites contre notre camarade et appellent la population guadeloupéenne à participer aux actions de soutien qui auront lieu dans les prochaines semaines.

Pour le LKP : Elie Domota, le Snes-Guadeloupe : Alex Bissainte, le Comité de soutien à Delphine Prudhomme : Max Céleste, l’Intersyndicale de l’Éducation : René Beauchamp.

Contact : Comité de soutien à Delphine Prudhomme : 06 90 43 70 80
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede conan » 30 Aoû 2009, 01:18

C'est vraiment dégueulasse, mais ne me surprend plus à l'Education Nationale... ce genre de truc est devenu aussi habituel que l'apathie des profs du secondaire dans les mouvements sociaux...
Une solution, mert', prendre le rectorat et l'occuper jusqu'à obtenir gain de cause !
M'enfin, si le SNES là-bas est aussi mou et pourri que le SNES qu'on subit par chez nous et qui était pour la masterisation, ils se contenteront au mieux de faire une "chaîne humaine" autour du rectorat (en gilets jaunes !!), pendant que les gens tentant d'investir le truc se feront traiter de "contre-productifs" et de "violents"...
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Messagede Nico37 » 01 Sep 2009, 01:25

Des militantEs syndicalistes de différents horizons lancent l’appel suivant  en vue de la création d’un réseau ouvert à tous

Ne payons ni la crise du capitalisme, ni celle du syndicalisme : REAPPROPRIONS NOUS NOS LUTTES

La crise du capitalisme permet au patronat d’encore plus délocaliser, licencier, précariser et baisser les salaires ; et au gouvernement d’encourager les patrons en leur montrant l’exemple dans la fonction publique, en supprimant des dizaines de milliers des postes, en tirant les garanties sociales et du travail vers le bas, en réprimant celles et ceux qui refusent cette logique. En plus, Sarkozy annonce voir dans les résultats des élections européennes un encouragement à renforcer cette politique de contre-réformes libérales.
Cette offensive contre le monde du Travail, sans cesse aggravée au motif de la crise ou des élections, l’est surtout en raison de l’absence de riposte à la hauteur des directions syndicales, qui ne proposent dans le meilleur des cas qu’une grève de 24 h tous les deux mois et qui, après le 19 mars ont pris prétexte de la sauvegarde d’une unité bien malmenée depuis pour sortir tardivement le dispositif 26 mai/13 juin dont l’indigence est indigne de la détermination des centaines de milliers travailleurEs du privé comme du public les 29 janvier et 19 mars. On mesure là le rôle du pseudo dialogue social, jeté en pâture à des directions syndicales en mal de reconnaissance et de « grain à moudre », par un pouvoir qui n’entend rabattre en rien de son programme de casse des acquis sociaux.
Ainsi, dans l’éducation, le syndicalisme qui se targue d’être plus représentatif qu’ailleurs, s’est montré de loin le moins offensif, alors que l’EN est en première ligne pour les suppressions de postes, le démantèlement du service public à ses différents niveaux et du statut des personnels. La direction de la FSU, pilotée par ses syndicats catégoriels, a refusé d’alerter les personnels sur tous les enjeux de la loi LRU et sur ses conséquences statutaires à l’université, sur ce que signifie la mastérisation du recrutement des enseignantEs, en termes de démocratisation et de développement de la précarité, comme sur les contre-réformes Darcos du lycée et de l’école primaire et maternelle. Elle a refusé d’appeler clairement à faire converger les luttes avec le supérieur, la recherche et les IUFM, pourtant très mobilisés pendant de nombreuses semaines
L’aboutissement de cette stratégie d’accompagnement de la politique Darcos-Pécresse a été de faire passer au CTPM du 28 mai puis au CSFPE les décrets statutaires sur le recrutement des enseignantEs, que le gouvernement avait décidé de présenter à la hussarde, au mépris de ses « concertations ». Ces décrets ont d’ailleurs été publiés à la faveur des vacances, ainsi que la loi sur la mobilité, qui rend possible le licenciement des fonctionnaires.

Mais, de leur côté, les forces qui défendent un véritable syndicalisme de lutte, qui ont souvent joué un rôle déterminant dans les mouvements unitaires (98, 2003, luttes contre la précarité de 96 97 et 2004…), n’ont pas été capables de déborder les grèves saute mouton, de réaliser la convergence du premier et du second degré avec le supérieur. Outre les difficultés pour mobiliser les personnels, aggravées par les discours anesthésiants des directions syndicales, des problèmes internes aux syndicats peuvent l’expliquer en partie (CFDTisation de la CGT, tensions liées à des pratiques bureaucratiques dans la FSU et, contre toute attente, dans la CNT,…).

Devant l’urgence d’améliorer la cohérence et l’efficacité collective des forces radicales et de contraindre les directions syndicales à être au service des luttes et non contre elles, nous créons en commun, par delà nos choix syndicaux différents, un réseau d’information et d’action, ouvert à tous, avec les objectifs suivants :

contribuer à des luttes à la hauteur de la situation, unitaires, reconductibles, interprofessionnelles ;
favoriser l’autonomie des mouvements sociaux, fondée sur des AG démocratiques souveraines, avec des déléguéEs mandatéEs (AG d’établissements, coordinations, départementales et nationales…) ;
faire une priorité de la lutte contre la répression, avec réseaux d’alerte, juridiques, de personnalités…
se réapproprier l’outil syndical, en appelant à se syndiquer, à faire vivre des structures syndicales, intersyndicales à la base, fédérales et interprofessionnelles, à lutter contre la bureaucratisation par la rotation rapide des mandats et la possibilité de révocation des représentanEs ;
dénoncer et combattre « le dialogue social » de Sakozy, qui vise à donner à ses diktats l’apparence de la concertation et à anéantir les syndicats en faisant miroiter représentativité et subventions pour les contraindre à l’accompagnement de sa politique et aux recompositions bureaucratiques ;
y opposer le syndicalisme de lutte et de transformation sociale, l’indépendance syndicale inscrite dans la Charte d’Amiens, l’unification des revendications, des collectifs de luttes et des syndicats, avec la perspective de la (ré)unification syndicale, la formation et l’élaboration collective (stages syndicaux) à l’image de l’alternatives sociale qu’ont représenté les Bourses du travail.
Nous proposons militantEs syndicalistes et à toutes celles et ceux qui sont en accord global avec le texte ci-dessus de nous rejoindre pour la première réunion du réseau syndicaliste mercredi 9 septembre à 19 h, 8 Impasse Crozatier 75012 PARIS.


Qui sommes-nous ? - Charte de la résistance pédagogique des enseignants du primaire


Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d'y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :

1. respecter les droits de l'enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l'épanouissement et au développement harmonieux de l'enfant.

2. favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

3. contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d'automatismes.

4. apprendre à s'exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d'échanges.

5. assumer une autorité éducative, opposée à l'autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

6. réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement les progrès des élèves et de favoriser l'estime d'eux-mêmes.

7. créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents...) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d'apprentissage et à surmonter ses difficultés.

8. promouvoir une réflexion sur l'aménagement du temps de vie de l'enfant à l'école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques.

En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d'éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants.

Charte au format "pdf"

Signer la Charte en ligne
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Messagede Nico37 » 08 Sep 2009, 22:56

Le réseau syndicaliste tiendra sa première réunion demain, mercredi 9 septembre à 19 h, à l'EDMP 8 impasse Crozatier 75012 Paris. Le texte d'appel que vous aviez déjà reçu a été intégré dans un 4 pages comprenant en plus des articles sur l'interpro. de Saint Denis ainsi que sur la brûlante actualité de la précarité et sur l'historique des luttes des non titulaires.


4p.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 22 Sep 2009, 22:29

La sanction est tombée à 4h du matin ce vendredi 18 Septembre, après 13h de commission disciplinaire. La sanction a été votée (à bulletin secret) sur proposition de l’IA, alors qu’Erwan et ses défenseurs étaient sortis en demandant l’arrêt de la commission car une partie de l’assistance dormait et qu’ainsi la défense ne pouvait plus faire son plaidoyer !

10 pour, 8 contre, 2 abstentions : ERWAN est déplacé d’office !

Reste à l’Inspecteur d’Académie à annoncer sa décision finale, puisque la commission n’est que consultative. Erwan pourra donc se retrouver muté n’importe où dans le département.

Le comité de soutien dénonce les conditions dans lesquelles s’est tenue la commission disciplinaire, convoquée à 15h alors qu’on n’ignorait pas que le dossier nécessiterait une dizaine d’heure pour être traité sérieusement. Il déplore le peu de respect qui a été montré envers Erwan et ses défenseurs. Il regrette particulièrement que dans une commission où siègent 10 délégués du personnel élus, seulement 8 voix se sont élevées contre la sanction proposée par l’IA.

Le comité remercie les défenseurs, qui se sont battus avec une ténacité et une énergie formidable, ainsi que les témoins, tout aussi engagés malgré la pression d’une commission marathon. Le travail, la tension, le temps consacré ont été énormes.

Le comité se retrouve plus que jamais aux côtés d’Erwan qui subira seul, in fine, ou plutôt avec sa famille entière, ce jugement.

TOUS AVEC ERWAN, PLUS QUE JAMAIS RÉSISTONS !

09:24 - mardi 22 septembre 2009
Visite de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô : trois mois de prison avec sursis contre le syndicaliste de la FSU
Pascal Besuelle, syndicaliste enseignant de la FSU, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis ce matin par le tribunal correctionnel de Coutances. Il a donc été reconnu coupable d'avoir frappé un policier le 12 janvier à St-Lô, lors de la visite de Nicolas Sarkozy. Il devra aussi payer 1000 € d'amende et 500 € de dommages et intérêts. Pascal Besuelle a annoncé son intention de faire appel du jugement.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 22 Sep 2009, 22:31

NON AU CHEQUE EDUCATION
Intervenez auprès de vos députés pour qu'ils :
- votent contre la loi Carle inscrite le 28 septembre 2009
- déposent un recours constitutionnel si cette loi est adoptée[1]
Le 28 septembre 2009, une proposition de loi dite Carle « tendant à garantir la parité entre les écoles publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence »[2] sera soumise au vote de l’Assemblée Nationale. Les Parti de gauche défendent le service public, celui de la santé, en particulier, assuré par les hôpitaux publics, mais restent toujours aussi muets dans le débat public-privé de l’éducation.

Peut-on défendre ici la seule légitimité du service public pour préserver avec raison, le droit à la santé et occulter dans le même temps, le droit à l’éducation, en omettant de signaler les méfaits analogues du dualisme scolaire ? Mais, il faudrait aussi évoquer, pour l’éducation, le vivre ensemble et la formation du citoyen en devenir.

Pour défendre l’hôpital public, Le 2 juillet 2009, le Parti Socialiste publiait le communiqué suivant :

« Depuis quelque temps, les Français peuvent voir et entendre sur différents médias de la publicité comparative entre les soins prodigués à l’hôpital public et ceux délivrés par les cliniques privées, en faveur de ces dernières. On ne peut pas dignement comparer le fonctionnement et les objectifs de santé publique d’un hôpital public avec les objectifs d’un établissement à but lucratif.
Le Parti socialiste proteste contre le caractère fallacieux de ces comparaisons dont le seul objectif semble être le dénigrement de l’hôpital public.
Au cours de ces dernières années, l’hôpital public a engagé un important travail de rationalisation budgétaire. Le Parti socialiste insiste sur le fait que les coûts entre l’hôpital public et les établissements privés ne recouvrent pas les mêmes réalités. La recherche, la prévention, les urgences, la formation, sont la spécificité des missions de l’hôpital public. Les hôpitaux publics ne choisissent ni leurs patients ni les pathologies qu’ils traitent. C’est la raison pour laquelle le Parti socialiste réaffirme sa volonté de voir supprimée définitivement la convergence tarifaire hôpital public / cliniques privées. »

On pourrait écrire la même chose pour l’éducation. Pourquoi l’opposition ne le fait pas ?

Il est manifeste, comme on le voit dans le débat actuel sur la couverture santé menée par Barack Obama, que la concurrence public-privé engendre des surcoûts. Les dépenses de santé représentent aux Etats-Unis 16% du PIB, alors qu’au moins 20% de la population n’ont aucune protection sociale, contrairement à la France où la couverture santé pour tous les citoyens ne représente que 11% du PIB.

Le concept de « parité » entre école publique ou privée inscrit pour la première fois dans la loi n’a aucun fondement juridique.[3]Pourquoi défend-on alors pour le privé, dans l’Education, une soi-disant « PARITE » qui n’a aucun fondement juridique et qui participe de fait au démantèlement du service public ?

Forme de chèque éducation, cette nouvelle concession faite au privé, institue une obligation de financement sans accord préalable de la commune de résidence. Pour le service public, un accord préalable de la commune de résidence doit répondre à des critères dérogatoires définis. Pour le privé on oblige, sans autorisation préalable, les mêmes communes de résidence à prendre en charge les exigences des parents qui refusent le service public et scolarisent leurs enfants dans le privé hors commune. Les tenants du privé récusent l’autorisation préalable de leur commune au nom de leur « liberté d’enseignement ». Le financement des établissements privés résultait jusqu’ici d’un contrat passé entre une école, sa commune d’implantation et l’Etat. Ainsi, pour la première fois, la commune de résidence financera au titre de la « liberté d’enseignement » la scolarité des usagers fréquentant une école privée hors de son territoire. Une situation que pourraient nous envier bien des pays ouvertement catholiques, à l’image de l’Italie, du Portugal ou de la Pologne, où étrangement, l’enseignement catholique n’est pas financé et représente moins de 4%. Tandis qu’en France il est surreprésenté à 17% de la population scolaire…

Le principe de « liberté d’enseignement » invoqué par certains n’impliquait, jusqu’alors, en aucune façon, un quelconque financement public. Être enseigné dans une école hors contrat ou enseigné à domicile, voilà qui définit en réalité une même « liberté d’enseignement », qui exclut et interdit, par définition, toute forme de financement public. Cette proposition de loi risque d’ouvrir de nouvelles portes. La « liberté d’aller et venir » est tout aussi fondamentale, pour autant ceux qui refusent le transport en commun ne revendiquent pas le financement par la puissance publique de leurs courses en taxi.

Pour le service public, ce financement conditionné par un accord préalable de la commune de résidence résulte de l’obligation constitutionnelle d’organiser le service public en tous lieux du territoire national.

La proposition de loi Carle pose, explicitement, un principe d’obligation de financement contraire aux textes fondateurs de l’École de Jules Ferry[4], en créant une distorsion de traitement qui favorise les écoles privées, en aggravant et outrepassant y compris la loi Debré du 31 décembre 1959, qui régit les rapports entre l’État et les établissements privés. Loi Debré qui déjà, consacrait une logique discriminatoire et dispendieuse, en mettant à la charge de la commune les dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat avec l’État implantées sur son territoire, et elles seules.
La loi Carle, quant à elle, à l’instar de l’article 89 de la loi de 2004 qui initiait cette dérive, se surajoute et aggrave ainsi la loi Debré en créant de nouvelles obligations : ici l’usager se voit littéralement attribuer un droit de tirage sur le budget municipal, sans accord préalable de sa commune de résidence, et impose à cette dernière le paiement de sa scolarité dans une école privée d’une autre commune.

Jusqu’à ce jour, le dispositif législatif instituait un rapport institutionnel fort entre l’École et la Commune. Les communes n’ont ainsi de compétences et de charges afférentes, que pour l’École publique. Pour les écoles privées, la commune n’a aucune compétence, uniquement des charges résultantes du contrat d’association passé avec l’État.

Aujourd’hui, on introduit, en rupture totale avec les usages républicains jusqu’ici consacrés, une relation marchande usager-Commune avec l’adoption de ce qu’il faut bien considérer comme un «chèque éducation », utilisable hors commune.

La Loi Carle fait primer les choix communautaristes et particularistes sur l’intérêt général en encourageant par ce régime de faveur la scolarisation dans des écoles privées. La ghettoïsation sociale va s’aggraver. Les dépenses des communes vont augmenter et générer des imprévisibilités relativement aux coûts liés à l’éducation. La banlieue paiera pour la ville, Nanterre paiera pour Neuilly. Mais aussi, les communes rurales seront également pénalisées avec un risque fort d’exode scolaire. Des classes et écoles publiques entières disparaîtront…

Ceux qui revendiquent la suppression du service public laïque d’éducation voient ainsi tomber du Ciel parlementaire, un chèque éducation qui individualise le rapport à l’école, en instituant des logiques communautariste, marchande et commerciale. Ce faisant, la loi Carle sacrifie sur cet autel si éloigné des valeurs républicaines, la justice sociale, la laïcité et le vivre ensemble de jeunes citoyens en devenir.


[1] Si cette loi Carle- déjà votée par le Sénat- est adoptée par l’Assemblée nationale. Un recours constitutionnel s’impose. Si cette disposition est déclarée anticonstitutionnelle, l’article 89 de la loi de 2004 qui généralisait ce privilège, dans tous les cas, à tous les élèves du privé hors commune serait encore plus anticonstitutionnel. On voit donc mal le Conseil Constitutionnel ne pas maintenir son abrogation.
[2] http://www.senat.fr/dossierleg/ppl08-020.html
[3] L’école publique a, elle seule, l’obligation de répondre aux critères afférents au service public : « laïcité, égalité- devant l’accueil en particulier-, continuité et gratuité »
[4] Loi Goblet du 30 octobre 1886

Visitez le site : http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com
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Messagede Seitanarchist » 06 Oct 2009, 16:54

Ne payons ni la crise du capitalisme, ni celle du syndicalisme : REAPPROPRIONS NOUS NOS LUTTES


Du nouveau des auteurs de ce texte ?

Où ça en est cette histoire de réseau ? (désolé mais si ça a été dit quelque part je ne l'ai pas vu ni lu).
La critique qu'ils/elles développent est vraiment intéressante et encourageante.
L'axe de l'autonomie des luttes est plus que jamais à l'ordre du jour. :twisted:
"We can protest untill death, they won't listen, don't sit back and think It will happen. They won't give up what they've robbed, stand up and resist." Conflict
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 08 Oct 2009, 23:10

Mouvement lycéen : répression au lycée Léonard de Vinci à Levallois (92)

Les lycéens de Léonard de Vinci à Levallois avaient décidé de bloquer leur lycée le 7 octobre à l’occasion de la journée mondiale pour le travail décent pour lutter contre la casse de l’éducation. Alors que ces lycéens luttaient contre les 85.000 suppressions de postes et la réforme du lycée, la seule réponse du gouvernement est une dizaine de cars de CRS !
__________________________________


Les CRS chargent les lycéens de Levallois

Aujourd’hui, mercredi 7 octobre les lycéens du lycée Léonard de Vinci ont bloqué leur lycée pour protester contre la casse de l’éducation (réforme du lycée qui doit passer cette année, les suppressions de postes de professeurs ainsi que les conventions et mesures sécuritaires).

Le blocage s’est passé dans le calme pendant la première partie de la matinée, sous l’œil vigilant des forces de police.

Les lycéens s’étaient donné rendez vous à 13h15 pour aller ensemble au rassemblement prévu à 15h devant le MEDEF.

Vers 11h, alors que le nombre d’élèves devant le lycée diminuait et qu’il n’y avait aucun problème, plusieurs cars de CRS sont arrivés (une dizaine). Les CRS ont chargé les élèves bloqueurs regroupés près d’une porte du lycée.

Cette charge a été d’une extrême violence ! En effet les policiers étaient armés de boucliers, de matraques, de gaz lacrymogènes qu’ils n’ont pas hésité à utiliser ! Des élèves se sont fait taper, piétiner, tirer par les cheveux, etc. Puis les forces de l’ordre ont utilisé leurs gaz lacrymogènes ! Plusieurs surveillants du lycée ont été brutalisés !

Cette charge n’avait aucun but précis si ce n’est de faire peur, d’intimider et de faire mal aux élèves mobilisés. En effet, aucun lycéen n’a pu rentrer ensuite dans le lycée car les CRS étaient devant (empêchant ainsi tout le monde de rentrer) et de plus les élèves qui voulaient le faire étaient déjà rentrés chez eux.

Cette répression violente et inacceptable a choqué l’ensemble des lycéens présents qui ne voulaient que se mobiliser pour le droit à l’éducation pour tous et un meilleur avenir !

Comité de mobilisation du lycée Léonard de Vinci, 7 octobre 2009

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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 13 Oct 2009, 21:22

Contre les conceptions sécuritaires et policières dans l'éducation : refusons les équipes mobiles de sécurité

Après avoir annoncé la suppression de milliers de postes dans l'Education nationale, Luc Chatel, en présence du ministre de l'Intérieur, a inauguré la mise en place d'équipes mobiles de sécurité (EMS) le lundi 5 octobre au lycée Jean Zay à Aulnay-sous-Bois. Ces équipes sont censées exercer aux abords et dans les établissements connaissant des troubles et sur demande des chefs d'établissements (d'après les informations en ligne sur le site de l'Académie de Créteil). A terme, 50 EMS devraient s'installer dans cinq établissements de l'Académie.

Pour SUD éducation Créteil, cette conception purement policière et sécuritaire de l'éducation ne peut pas constituer une réponse acceptable à la situation difficile que connaissent certains établissements scolaires. Les politiques de régression sociale mises en place par le gouvernement, qui visent en premier lieu à réduire les coûts de l'éducation en y imposant une vision purement « économiste », sont largement responsables de ces difficultés. D'une manière générale, nous constatons des conditions de vie de plus en plus difficiles dans les quartiers populaires qui ne manquent pas de se répercuter dans les établissements scolaires ou à proximité. Il y a urgence sociale, mais la sanctuarisation des écoles ne peut pas être une solution, sauf à transformer ces dernières en camps retranchés.

Nous pouvons d'ailleurs avoir les plus vives craintes sur l'utilisation éventuelle de ces brigades pour casser des mouvements politiques de blocages ou occupations d'établissements scolaires et d'écoles, étant donnée la politique de criminalisation des mouvements sociaux mise en place depuis plusieurs années.

En supprimant des milliers de postes dans l'éducation et en redonnant cinq milliards aux banques, ce qui constitue le « casse du siècle », le gouvernement a choisi de passer par perte et profit la question sociale et de servir les intérêts particuliers au détriment du bien public. Sud éducation Créteil s'oppose à la présence de ces équipes mobiles de sécurité qui ressemblent fort à la mise en place de vigiles dans les établissements scolaires. Nous appelons les collègues à s'opposer à la présence de ces équipes qui risquerait d'envenimer les relations entre les élèves et nous, par la grève si nécessaire. En ces temps de crise, seule une politique volontariste en matière d'éducation pourrait redonner un peu d'espoir à des jeunes à qui on a beaucoup promis et qui ne voient rien venir, si ce n'est les (mauvais) coups.

Ne laissons pas s'imposer des représentations sécuritaires et autoritaires de l'éducation dans lesquelles nous aurions tout à perdre, à commencer par la confiance que les élèves ont en nous.

Plus que jamais réclamons une autre école pour une autre société... solidaire, égalitaire et démocratique.


SUD EDUCATION CRETEIL, 11 / 13 rue des Archives 94010 CRETEIL cedex - tél : 01 43 77 33 59 fax : 01 43 77 65 58 E-mail : contact@sudeduccreteil.org
Site : http://sudeduccreteil.org


http://www.ac-creteil.fr/jahia/Jahia

Lundi 5 octobre, Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement, et Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales, se sont rendus au lycée Jean Zay d'Aulnay-sous-Bois où l'une des première équipes mobiles de sécurité s'est installée.
Ces équipes sont chargées d’intervenir en cas de troubles dans les établissements scolaires. Leur travail s’appuie sur une approche historique des situations de conflit dans les établissements à laquelle l’institution apporte des réponses éducatives et sécuritaires.
À ce jour, deux EMS, aux profils hétérogènes (agents de sécurité, enseignants, C.P.E), sont constituées et permettent d’apporter des réponses cohérentes et globales à des problèmes souvent aigus et à des situations tendues tant au sein des établissements qu'à l'extérieur. Progressivement, ce sont près de 50 EMS qui seront implantées dans 5 lycées de l’académie."

Fiche de recrutement disponible sur le site du rectorat de Créteil

LE RECTORAT DE L’ACADEMIE DE CRETEIL RECRUTE « des Agents d’Equipes Mobiles de Sécurité » :
- Vous avez le niveau baccalauréat.
- Vous êtes âgé d’au moins 18 ans.
- Vous débutez une vie professionnelle ou vous êtes jeune retraité dynamique des métiers de la Sécurité et souhaitez mettre votre -expérience à disposition de l’institution. Ou encore vous avez ou avez une expérience du milieu scolaire comme assistant d’éducation.
- Vous avez une bonne pratique sportive.
- Vous avez une solide connaissance des zones urbaines sensibles et des populations.
- Vous êtes animé d’une grande capacité d’écoute, de médiation et de dialogue.

Le Rectorat met en place à la rentrée scolaire 2009/2010, un dispositif destiné à :
• Accompagner les collèges et lycées dans les moments de tension
• Assurer la sécurité des personnes et des biens
• Traiter les troubles majeurs en milieu scolaire.

Si vous souhaitez contribuer à la paix scolaire en assurant des missions de sécurisation, de prévention et de communication.
Faites parvenir en deux exemplaires :
• Un curriculum vitae
• Une lettre de motivation
L’un à l’attention de Monsieur le Directeur des Relations et Ressources Humaines, dossier suivi par Patricia LAURENT et l’autre à l’attention de M. CLAUX IA-IPR EVS Au Rectorat de Créteil 4, rue Georges Enesco 94010 Créteil
• Important : Une copie certifiée conforme de vos diplômes et un extrait de votre casier judiciaire seront exigés avant tout recrutement définitif.

FICHE DE POSTE : AGENT D’EQUIPE MOBILE DE SECURITE ACADEMIQUE

Mission principale, Finalité du poste : Assurer la protection et la sécurité des personnes et des biens dans les établissements d’enseignement scolaires de l’académie de Créteil, ainsi qu’à leurs abords

Place du poste dans l’organisation

Les agents sont placés sous l’autorité directe du représentant du recteur, coordonnateur du dispositif EMS, lorsqu’ils sont en intervention.

Missions du poste

Intervention ciblée en milieu scolaire dans le but de renforcer l’action des équipes de direction et d’encadrement (vie scolaire) de l’EPLE dans des contextes de crises ou de fortes tensions.
Ces interventions sont de deux types :
1. Prévention de la délinquance scolaire et dissuasion systématique pour réduire les tensions manifestes liées au non respect de la discipline , de la règle ou de l’autorité
2. Intervention immédiate à la suite d’un incident grave ou d’un trouble majeur en milieu scolaire
La durée des missions peut s’étaler sur plusieurs jours selon le contexte de tension ou de crise.

Activités du poste

• Présence physique imposante et forte visibilité
• Contact constant avec les personnels et les élèves
• Prévention et mesures de contrôle en direction d’élèves au comportement à risque : incivilités, commission d’agissements violents où d’infractions pénales envers les membres de la communauté scolaire
• Dépistage précoce de comportements déviants et confrontation immédiate et éducative avec la loi pénale
• Rôle de médiation : résolution des conflits
• Compte rendu journalier de l’activité au responsable Interlocuteurs institutionnels
• Personnels de direction
• Conseillers Principaux d’Education
• Enseignants
• Personnels administratifs
• Coordonnateurs dispositif ERMA

Profil du poste

Savoir faire :
Savoir être :

• Intelligence des situations
• Compétences communicationnelles : s’exprimer de façon claire et avec autorité ; favoriser le dialogue par la parole et la gestuelle
• Compétences relationnelles : dialoguer et être à l’écoute de publics divers
• Gestion de conflits : discerner les signes annonciateurs d’un conflit ; désamorcer la tension, calmer les interlocuteurs
• Médiation
• Négociation
• Anticipation et évaluation des risques d’une situation
• Gestion de l’impondérable
• Travail en équipe et sens de l’initiative
• Collaboration avec des publics variés
• Capacité à présenter sa mission à divers interlocuteurs
• Calme et grande maîtrise de soi
• Sens de l’autorité
• Réactivité ; rapidité d’exécution
• Patience : sens de l’écoute
• Comportement entretenant un climat positif
• Résistance au stress
• Sens aigu de l’observation
• Rectitude
• Ponctualité
• courtoisie

Connaissances associées

• Bonne connaissance de l’environnement des établissements d’enseignements scolaires, de leur fonctionnement et de leurs personnels.
• Bonne connaissance et habitude des milieux difficiles
• Bonne connaissance de la réglementation

Spécificités, Contraintes particulières

• Aptitudes physiques et sportives (ex : pratique des arts martiaux) avérées
• Déplacements constants (forte mobilité)
• Notions de secourisme

Niveau d’études : Baccalauréat
Statut : Contractuel
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 17 Oct 2009, 16:24

Le Front de Lutte pour l'Education appelle à une manifestation unitaire sur Paris pour l'éducation le Mardi 20 Octobre à 15h métro Sèvres Babylone.

(Le Front de Lutte pour l'Education est constitué de : la FIDL (nationale); SOS Fac; Force lycéenne; Jeunes Laïques et Solidaires, et des fédérations de
l'UNL 01, 02, 14, 31, 35, 40, 44, 54, 59, 62, 74, 85, 91, 95; de Sud Lycéen 12, 35, 50, et 57; de Self 86; des MJCF 13, 62, 74, 84, de NPA Jeunes 35, 57, 74, et du MJS 62 .)
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 19 Oct 2009, 22:03

Rassemblement devant le TGI de Paris après-demain, 21 octobre, à 8h30 !
Lou Jatteau risque 3 ans de prison pour un blocage au lycée Jules Ferry !



Résumé de l’affaire Lou Jatteau

Lou Jatteau, ancien élève du lycée Jules Ferry à Paris, comparaît le 21 octobre 2009 devant le Tribunal Correctionnel pour avoir « volontairement commis des violences » contre la Proviseure dans le cadre d’un blocage, lors du mouvement contre les suppressions de postes au printemps 2008. Il avait déjà été exclu définitivement de son lycée le 16 mai 2008 pour ces faits qu’il conteste. Pour lui, il s’agit aujourd’hui d’une deuxième injustice. Comme il l’a déjà dit devant le conseil de discipline, il a effectivement participé au blocage mais nie les faits qui lui sont reprochés. Il n’a jamais voulu porter atteinte à quiconque. De plus, il s’agissait d’un mouvement collectif. En l’accusant lui seul depuis le début, la proviseure semble en avoir fait une affaire personnelle. Il espère avoir l’occasion de s’expliquer enfin devant la justice après un conseil de discipline où les règles du droit ont été bafouées.

Contacts :
Lou Jatteau (06 67 53 76 61) loujatteau@gmail.com
Arthur Jatteau (06 64 64 77 05) arthur.jatteau@ens-cachan.fr

Chronologie détaillée

- 15 avril 2008 : le lycée Jules Ferry, à Paris, est bloqué, pour la première fois dans le cadre du mouvement lycéen qui s’oppose à la suppression de postes dans l’Education Nationale. Auparavant, il y a eu des assemblées générales et des appels à manifester.

La proviseure, Madame Henry, par ailleurs responsable pour Paris du SNPDEN (le syndicat majoritaire des proviseurs), décide le jour même la fermeture administrative du lycée jusqu’au début des vacances le 19 avril.

- 18 avril 2008 : à la veille des vacances, Mme Henry envoie une lettre recommandée à Lou Jatteau – il a eu 18 ans le 10 mars – lui annonçant la tenue d’un conseil de discipline le 16 mai sans aucune explication. Elle l’informe aussi d’une « mesure conservatoire » (mesure pourtant exceptionnelle prise habituellement contre les « individus dangereux ») prise à son encontre : il lui est interdit de revenir au lycée tant que le conseil de discipline n’a pas pris sa décision. D'emblée, elle considère Lou comme le seul et unique responsable de la mobilisation à Jules Ferry et des prétendus désordres qu'elle dénonce.

- 5 mai 2008 : le jour de la rentrée, le père de Lou Jatteau appelle Mme Henry pour en savoir plus. Elle lui explique que Lou aurait été le leader du blocage, aurait entraîné ses camarades, aurait mis en danger la sécurité de l’établissement et aurait tenté de refermer la porte latérale du lycée sciemment sur elle, lui blessant le pouce. Elle ajoute qu’elle a porté plainte au commissariat.

Lors du blocage, certains lycéens ont effectivement fermé une porte latérale du lycée. Lou n’en faisait même pas partie, bien que participant effectivement au blocage. Mais tous les participants nient fermement l’avoir poussée sur le pouce de la proviseure. Personne n’a d’ailleurs vu un signe de la prétendue blessure de Mme Henry.

De plus, malgré l’insistance de M. Jatteau, elle refuse de mettre en place un suivi pédagogique alors que Lou va passer les épreuves de français et de SVT du bac en juin.

Il se retrouve donc du jour au lendemain sans lycée et sans professeurs, isolé de ses camarades, sans que la proviseure n’ait cherché à le rencontrer avant d’en recourir à des mesures aussi extrêmes, ni à entrer en contact avec ses parents ou à tenter une quelconque médiation. Lou restera sans lycée jusqu’à la fin de l’année scolaire. Il devra réviser seul le bac chez lui.

- 16 mai 2008 : le conseil de discipline décide de l’exclusion définitive de Lou Jatteau, pour « violences délibérées envers la Proviseure dans l’exercice de ses fonctions ».

Le conseil s’est tenu de façon parfaitement anti-démocratique. En effet, les pétitions de soutien qui ont recueilli plusieurs centaines de signatures et les témoignages écrits de lycéens de Jules Ferry disant qu’ils avaient participé aussi au blocage et poussé la porte, n’ont pas été joints au dossier, soi-disant parce qu’ils auraient été versés trop tard. De plus, la proviseure, qui est la plaignante, préside la séance, au mépris du droit (elle était à la fois juge et partie). Lors des interventions en faveur de Lou, elle discute tout haut avec son adjoint. Elle coupe aussi régulièrement la parole à Lou qui reconnaît qu’il a participé au blocage mais que c’était une action collective et qu’en aucun cas il n’a voulu porter atteinte à la proviseure ni à quiconque. Dans le procès-verbal du conseil de discipline, il n’y a pas un mot du témoignage de la professeure de SES de Lou, en 1ère ES, qui lui est favorable.

- 5 juin : Près de deux mois après le dépôt de plainte (!), Lou est convoqué au commissariat pour donner sa version des faits. Il apprend alors que Mme Henry a refusé de faire examiner son pouce par les UMJ (unités médico-judiciaires) - elle n'a d'ailleurs eu aucune journée d' ITT.

- 25 juin : l'exclusion définitive de Lou est confirmée en appel.

Après une terminale au lycée Colbert, à Paris, Lou a eu le bac en juin 2009. Il est depuis entré à l’université Paris 5. Mais Mme Henry, partie à la retraite depuis, a tenu à maintenir sa plainte.

Il s’agit donc d’une double peine, doublement injuste parce que Lou est innocent. L’exclusion définitive est de plus une mesure d’une rare sévérité. Elle a été très rarement prononcée y compris dans des lycées qui ont été bloqués des jours, voire des semaines, ce qui n’est pas le cas de Jules Ferry. En réalité, la proviseure a sans doute lui voulu lui faire payer le fait d’être un des leaders du mouvement lycéen à Jules Ferry.

Le 24 septembre dernier, Lou Jatteau a reçu sa citation à comparaitre en tant que prévenu devant le tribunal de grande instance de Paris pour avoir "volontairement commis des violences sur une personne chargée d'une mission de service publique". La peine maximale encourue est de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende…

La FCPE Paris et le SNES ont publié un communiqué de soutien à Lou Jatteau le 29 mai 2008 que l’on peut consulter à l’adresse suivante :

http://www.fcpe75.org/pdf/080529CPfcpe_ ... ctions.pdf
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 31 Oct 2009, 09:32

Les faits

Une salariée sous contrat avenir dans une école du Calvados s'est vue imposer un horaire supérieur à 26 heures, sous prétexte qu'elle bénéficiait des vacances scolaires.
Lors d'un stage que Sud Educ14 organise chaque année en direction des EVS nous lui avions conseillé de saisir les Prudh'ommes.
Avec l'aide précieuse d'un camarade de Sud PTT, le dossier a été monté et défendu par Solidaires Précaires Chômeurs (SPC), syndicat que Solidaires 14 a crée en décembre 2008.

Le jugement

Le tribunal n'a pas requalifié ses contrats successif en CDI. PAR CONTRE,il a condamné l'Education Nationale à verser 3042 euros au titre du rappel de salaires. Nous avions demandé cette somme en invoquant le non respect de l'article L 5134-45 et R 5134-60 du Code du Travail.

Maintenant l'EN a un mois pour faire appel. Nous attendons la décision avec impatience!

Jutta Walz Sud Educ14
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 11 Nov 2009, 12:52

Communiqué de l’intersyndicale de l’Enseignement Professionnel

L’intersyndicale de l’enseignement professionnel (SNUEP-FSU, SNEP-FSU, SNETAP-FSU, CGT Educ’action, SUD Education, SUD Rural, FAEN-SNCL) a été reçue au sénat, jeudi 5 novembre, dans le cadre d’une audition sur la réforme de la voie professionnelle. La sénatrice Mme Brigitte Gonthtier-Maurin désirait avoir notre sentiment sur la mise en place de cette réforme qui réorganise profondément l’enseignement professionnel. Elle nous a interrogés sur différents éléments de la réforme, notamment sur l’offre de formation CAP-BAC PRO en 3 ans, sur l’accompagnement personnalisé ou encore sur la certification intermédiaire.
L’intersyndicale a tout d’abord rappelé son opposition à cette réforme mise en place de manière précipitée et sans concertation, qui sous couvert de rénovation de la voie professionnelle, affaiblit considérablement le service public de la formation initiale. En effet, nous avons toujours dit que les réponses proposées par cette réforme aux problèmes des sorties sans qualification n’étaient pas les bonnes. La généralisation du cursus en 3 ans amenant au Bac Pro ne répond en fait qu’à une logique budgétaire : amputer la formation des lycéens de 25 % afin de récupérer des postes d’enseignants. Cela a pour conséquence de diminuer l’offre de formation au sein du service public de la formation initiale en cantonnant au mieux une partie des élèves au minimum de formation avec un CAP, ou une certification intermédiaire de niveau V, et en transférant de fait une autre partie des élèves vers l’apprentissage pour des raisons purement économiques. Ainsi, la disparition des classes ou sections des BEP/BEPA en deux ans, principalement implantées en lycées professionnels, lycées (LP ou LEGT) agricoles, aura de graves conséquences sur les poursuites d’études et la réussite des élèves à obtenir un niveau IV.

Renvoyer la responsabilité de la mise en application des grilles horaires, d’une partie du programme ainsi que de l’accompagnement personnalisée à la seule autonomie des établissements, ne garantit plus des formations homogènes sur l’ensemble du territoire, fait peser de graves menaces sur la qualité des enseignements dispensés et ne permettra pas de lutter efficacement contre les difficultés scolaires et les sorties sans qualification. De plus, ce désengagement de l’Etat en matière éducative organise la mise en compétition des disciplines et des enseignants entre eux, ce qui nuit au travail d’équipe nécessaire à la réussite des élèves et contribue à la dégradation des conditions de travail des enseignants.

Nos organisations ont condamné fermement la mise en place de la certification intermédiaire qui participe à la dévalorisation de l’ensemble des diplômes de la voie professionnelle. Elles demandent le retour à de réels parcours en 4 ans qui passent par le maintien de la formation et du diplôme du BEP/BEPA en 2 ans.

CGT Educ’action : Alain VRIGNAUD 06 86 56 36 65 ; SNUEP-FSU : Jérôme DAMMEREY 06 29 41 20 10
SUD Education : Jean BURNER 06 68 14 02 43 ; SNETAP-FSU : Marie-Madeleine DORKEL 06 84 04 65 68
SNCL FAEN : Marc GENIEZ 06 08 09 87 82 ; SNEP-FSU : Didier SABLIC 06 20 66 73 04
SUD Rural : Gérard WEISSE 06 83 59 97 87;
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede sebiseb » 11 Nov 2009, 15:05

Puisque je suis très concerné par cette réforme, qui a touché mon établissement, et directement les classes où j'enseigne je partage tout à fait cet avis !
Il semble d'ailleurs que sous la pression des syndicats professionnels de la restauration le BEP/BAC PRO en cursus 4 ans sera maintenu - Ce BEP ayant été un des rares à avoir été prolongé un an de plus.. Cependant pour les autres formations, je doute le passage en force du gouvernement soit remis en cause et qu'il puisse y avoir un retour en arrière. Ce qui ressort d'ores et déjà c'est que les jeunes sont paumés dans l'offre de formation - Soit ils se sentent bien dans une formation de types CAP, soit ils veulent obtenir un BAC PRO mais l'horizon de 3 ans avant d'obtenir un diplôme après le collège leur paraît impossible à atteindre (j'ai encore eu cette discussion avec un jeune et sa mère lundi) - Bref, l'étape du BEP était essentiel pour la plupart des élèves qui bien souvent peaufinait leur orientation après cet première étape et de fait subissait bien moins leur formation dans laquelle bien souvent ils avaient été parachuté après le collège.
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