LA CGT ET SES NERVIS

RASSEMBLEMENT LUNDI 29 JUIN 14H00 DEVANT BOURSE DU TRAVAIL

Messagede georges » 28 Juin 2009, 21:46

lundi 29 juin 2009 : sérieux risque de dispersion par la police des sans
papiers qui occupent le trottoir du boulevard du temple devant la bourse
du travail dont ils ont été expulsés manu militari par la milice de la CGT.
Il y a aussi un très grand risque d'interpellation des SP.

La Coordination des Sans Papiers de Paris (CSP 75) appelle à un
rassemblement d'URGENCE de soutien ce lundi 29 juin à partir de 14h
devant la bourse du travail
(angle rues Charlot et Boulevard du Temple -
M° République ou Filles du Calvaire).
georges
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede Pïérô » 29 Juin 2009, 00:32

bajotierra, c'est ce que tu dis aussi dans le forum de la cnt-ait, par contre tu t'y montres moins malhonnète car tu cites le communiqué de Solidaires qui condamne cette opération. Il y a des anars qui sont dans ces syndicats parce que la cnt-ait n'en est pas un et est même plus petite que leurs organisations politiques respectives, et qu'elle est remplie non pas de syndicalistes qui s'attacheraient à participer à organiser le prolétariat, mais de nombrilistes sectaires.

La CGT n'en est pas à son premier coup, et la collaboration de classe est un élément déjà rencontré en 14, en 36, en 47 et en 68 pour les plus gros évènements. Il reste encore cependant la dedans des syndicalistes sincères.

Il y a déjà eu des communiqués émanant des structures de la CGT condamnant ce qui s'est passé, et il en arrive d'autres :

Journées d'action, sans-papiers : déclaration sur l'évolution de la CGT

Chers camarades,
Compte tenu des évolutions récentes, notre syndicat a jugé nécessaire de faire cette déclaration et de la diffuser largement.

Salutations syndicales
le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers (93)

Aubervilliers, le 26 juin 2009
DECLARATION DU SYNDICAT CGT
SAINT-GOBAIN AUBERVILLIERS (93)

A PROPOS DE L’EVOLUTION DE LA CGT

1) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de la lettre des
camarades de la CGT Goodyear à Bernard Thibault. Il en partage tous les termes et
en assurera la diffusion.
http://www.cgt-goodyear-nord.fr/index.p ... regeneral-
de-la-cgt
Il est temps de savoir si nous privilégions la discussion dans les ministères ou la
construction d’un véritable rapport de force de lutte de classe.
2) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de l’évacuation
par la force des sans-papiers qui occupaient la Bourse du Travail depuis le 2 mai 2008.
Evacuation réalisée par un groupe de miliciens armés qui se prétendent nos camarades.
Scandalisé, le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers condamne explicitement
et sans aucune réserve cette évacuation.
Si au lieu de négocier avec Hortefeux les critères scandaleux d’une immigration
adaptée aux besoins du capitalisme, la confédération avait élargi le mouvement à
tous les sans-papiers - les plus précaires des travailleurs -, si le mouvement avait
pris l’ampleur des espoirs qu’il soulevait, si l’élargissement indispensable et
possible n’avait pas été purement et simplement enterré par choix délibéré de la
Confédération, nous n’en serions pas arrivés là.
On en arrive aujourd’hui à à peine 1500 régularisations, les portes désormais fermées et
le mouvement en reflux. Et pourtant, ce n’est pas l’énergie d’un certain nombre de
militants CGT et de structures locales qui a manqué pour développer et organiser, bien
seuls, la lutte de nos camarades sans-papiers.
Il est absolument normal que le désespoir et le sentiment d’abandon se répandent chez
nos camarades, alors qu’ils ont vu l’an dernier, concrètement, qu’il aurait été possible de
gagner la régularisation pour tous les sans-papiers.
Quant à la méthode employée, elle ne soulève chez nous que dégoût et honte de notre
carte syndicale. Nous imaginons désormais sans mal que la même chose se produirait
si d’autres camarades en lutte (les Goodyear, peut-être ?) se mobilisaient d’une manière
qui déplaît à nos dirigeants…
3) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers appelle l’ensemble des syndicats du
Verre et de la Céramique d’une part, de la Seine Saint-Denis d’autre part à se
prononcer explicitement et publiquement sur ces événements très concrets. Il est
temps d’en finir avec les protestations de couloir, les escarmouches d’appareil. Il est
temps de prendre position. A la veille du 49ème Congrès de décembre, il est temps de
savoir qui défend réellement l’orientation confédérale actuelle, et qui s’y oppose.
Pour tout contact : cgt.sgr@gmail.com
Saint-Gobain
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Aubervilliers


J'ai mis l'info pour le rassemblement amenée par georges dans l'agenda
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede Alayn » 29 Juin 2009, 00:38

Bonsoir ! Merci Bajotierra ! Et c'est bien pourquoi j'ai jamais été syndiqué (hormis un court temps à la CNT-Vignolles). Où c'était presque tabou d'affirmer haut et fort qu'on était anarchiste...fiou...

J'ai jamais trop bien compris non plus pourquoi des anars (ou supposés tels...) faisaient partie de syndicats réformistes comme la CGT, etc...
Ca me fait penser au truc: c'est comme à une certaine époque, certaines personnes pensaient qu'elles allaient changer l'armée en rentrant dedans...

Il reste néanmoins, et il faut savoir faire la part des choses, des gens sincères dans les CNTs. Quelques véritables anars.

FRED n'a rien à nous proposer, hormis sa haine, son ignorance et ses fautes d'orthographe, c'est pathétique.

Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede FRED » 29 Juin 2009, 03:13

Ouf! tu n'est pas a la CNT F.

De toute façon critique pas la CGT tu est aussi fumiste que eux, t'est qu'une crapule qui utilise la diffamation a merveille et je [insulte]
* « Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede bajotierra » 29 Juin 2009, 08:41

Au délà des communiqués que j'attends ce sont des actes en cohérence de la part des libertaires compromis

1)Désolidarisation des militants anarchistes et libertaires, et il y en a de connus publiquement , des syndicats en cause
2) Rupture de la tactique intersyndicale avec ces syndicats


Le reste, c'est du bla bla de politicien . ( sans parler de leurs manoeuvres de disgression a la quierrot qui tente d'attiser des querelles personnelles pour éviter le débat . )
bajotierra
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede lou » 29 Juin 2009, 10:09

Bajotierra, Alayn

J'habite Strasbourg et je suis pion dans un bahut. Au niveau syndical, la CNT sur Stras c'est 3 personnes, SUD EDUCATION c'est plus de 300 donc 30 très actifs qui ont enormement travailler sur les précaires, et qui sont très attentifs tant au niveau de leur pratique de l'autogestion de l'anti hierarchie que de l'antisexisme. Alors oui c'est sur dire qu'on fait parti de la CNT ça fait plus chic qu'en on est anar mais y a un moment où il faut voir la rélaité de terrain et pas juste les apparences. Je n'ai rien contre la CNT, ce sont des camarades, mais me faire traiter de réformiste ça me gonfle. Evidemment il va falloir qu'on se mobilise au sein de SUD pour ne pas laisser passer ça. Il y a déjà une forte mouvance au sein de SUd qui est de plus en plus circonspect sur l'interet des inter-syndicales. Si il ne se passe rien oui il est probable que je quitte SUD mais pas parceque ça fait pas assez anar. les PINS je m'en tamponne le coquillard ce que je regarde c'est qui bosse sur le terrain. SUD n'est peut être pas irréprochable, la CNT non plus mais on bosse. La masturbation intellectuelle, fusse-t-elle anarchiste ça m'emmerde. :evil:
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede Pïérô » 29 Juin 2009, 11:38

Bajotierra est un saint et ne cherche jamais à attiser des querelles, lui qui dans pratiquement chaque post ne fait que çà...c'est de toute manière le fond de commerce de ces petits gourous de la cnt-ait.

Solidaires/SUDs 37 a quitté l'intersyndicale 37 depuis un bail et ne s'est pas joint à la manif du 13 juin, en communiquant ses positions vis à vis de l'attitude des autres syndicats et des "temps forts" en pointillés.
Solidaire au niveau fédéral a dénoncé la méthode coup de force de la CGT à la bourse du travail.
Il ne faut pas oublier qu'il y a dans la CGT Paris des militants encore très investis dans le soutien aux sans papiers, qui dénoncent ce qui s'est passé à la bourse du travail, et que les militants Solidaires/SUDs et CNT se cotoient aussi depuis longtemps sur ce terrain. On retrouvera aussi des libertaires dans RESF qui est investi aussi actuellement dans le soutien aux sans papiers, et ceux entres autres qui se sont retrouvés sur le trotoir.
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede AnarSonore » 29 Juin 2009, 13:49

Photos du commando CGT qui expulsa violemment les Sans Papiers de la Bourse du travail de la rue Charlot le 24 juin dernier. Photos transmises par la CSP75 à diffuser largement.

Image
Image
AnarSonore
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede bajotierra » 29 Juin 2009, 13:58

Solidaire au niveau fédéral a dénoncé la méthode coup de force de la CGT à la bourse du travail.


ah bon t'appelle cela une dénociation ?

Communiqué Union syndicale Solidaires 75
vendredi 26 juin 2009 (15h23)
Mercredi 24 juin 2009, les centaines de travailleurs sans-papiers qui occupaient depuis plus d’un an une partie des locaux de la Bourse du Travail à Paris ont été délogés de ce lieu par les syndicats CGT de Paris sous l’œil bienveillant de nombreuses forces de l’ordre présentes sur place.

Cette expulsion n’a pas été décidée par la Commission Administrative de la Bourse dont fait partie Solidaires Paris.L’union syndicale Solidaires Paris rappelle que l’occupation de ces locaux depuis mai 2008, à l’initiative de la Coordination Sans Papiers 75, n’a jamais reçu l’approbation des organisations syndicales. En effet, à l’heure où certaines d’entre elles (trop peu nombreuses) prenaient en charge la lutte des travailleurs sans-papiers, il était paradoxal d’engager cette action d’occupation de la Bourse du Travail.

Depuis le début de cette occupation, Solidaires Paris a participé aux actions de médiation entre les représentants de la CSP 75, les associations et les syndicats ; nous avons soutenu toutes les initiatives qui pouvaient faire avancer les demandes de régularisation des centaines de travailleurs présents à la Bourse. L’attitude de la Préfecture de Police, des pouvoirs publics et du gouvernement n’ont pas permis de trouver une issue positive pour bon nombre de dossiers de régularisation.

Dans le même temps, l’union syndicale Solidaires Paris a toujours affirmé qu’il n’était pas concevable que les syndicats tentent de régler le problème de ces centaines de travailleurs en les expulsant des locaux de la Bourse.

Les désaccords avec les formes d’actions prises par certaines catégories de travailleurs ne peuvent se régler ainsi.

Face à la politique antisociale et xénophobe du gouvernement, L’union syndicales Solidaires Paris continuera d’être dans la luttes aux côtés des Sans Papiers contre leurs expulsions et pour la régularisation de toutes et tous.

SOLIDAIRES PARIS


Paris, le 24 juin 2009, 16H


COMMUNIQUE DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE (*)
DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS
Libération de la Bourse du Travail de Paris


Depuis plus d’un an, des organisations syndicales agissent pour la régularisation des salariés sans papiers. Avec l'aide d'associations, les actions se sont élargies et de nombreuses régularisations de travailleurs en grève ou isolés ont été obtenues.

Dans ce contexte, la décision des délégués de la Coordination Sans Papiers 75 (CSP 75) d’occuper la Bourse du Travail de Paris est incompréhensible car elle a conduit les sans papiers concernés dans une impasse totale. De plus, en agissant ainsi, la CSP 75 se trompe de cible car paradoxalement, patronat et gouvernement sont totalement épargnés par cette action.

En choisissant, le 2 mai 2008, d’occuper la Bourse du Travail de Paris, les délégués de la CSP 75 ont fait le choix de paralyser ce bâtiment qui est un outil indispensable à la défense de tous les salariés parisiens et à l’activité de leurs syndicats. Cette occupation de la Bourse du travail de Paris, désapprouvée par les autres collectifs, les associations et les syndicats, était une voie sans issue.

La Bourse du travail de Paris est un bien commun, c'est un outil à la disposition des salariés parisiens et de leurs syndicats : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, UNSA, Solidaires qui, depuis l’occupation, ne peuvent plus accéder à leurs bureaux et aux salles de réunions. Empêcher les salariés de se défendre et neutraliser l’activité des syndicats, cette sorte de prise en otage n’était pas inacceptable.
De fait :

Depuis le 2 mai 2008, 7 salles de réunions sont neutralisées, plus de 2 300 réunions ont été annulées ; chaque jour, des salariés ne pouvaient pas se réunir pour organiser leurs luttes ; des congrès de syndicats étaient reportés car la plus grande salle disponible à Paris pour les salariés (salle Eugène Hénaff), était occupée,
Les formations syndicales ne pouvaient plus se tenir, 2 imprimeries syndicales ne pouvaient plus fonctionner normalement,
Des permanences de défenses juridiques des salariés ne pouvaient plus se tenir.



De plus, cette occupation posait des problèmes d’hygiène et surtout de sécurité car les bâtiments sont constitués de salles de réunions et bureaux qui ne sont pas prévus pour y vivre nuit et jour avec présence de matelas, de bouteilles de gaz et de cuisines improvisées.

Malgré ces conditions, les syndicats, avec de nombreux collectifs et associations, n’ont pas ménagé leurs efforts depuis un an pour proposer aux délégués de la CSP 75 de travailler ensemble les dossiers de régularisation. Les délégués CSP 75 n’ont cessé de refuser systématiquement toutes les propositions faites, préférant s’enfermer dans une occupation sans issue qui pénalisait les salariés sans papiers concernés.


C’est dans contexte,
Que l’outil « Bourse du Travail » vient d’être libéré
par des syndicats parisiens.

Après plus d’un an, les locaux vont redevenir disponibles pour tous les salariés parisiens -y compris les sans papiers- afin qu’ils puissent se défendre
et organiser luttes et ripostes avec leurs syndicats.

La Commission Administrative et les services de la Ville de Paris mettront tout en œuvre pour que les sans papiers récupèrent leurs effets personnels dans les meilleures conditions.

Le secrétaire Général de la CA de la Bourse du Travail de Paris



(*) la Bouse du Travail de Paris est gérée par une commission administrative composée des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires


Il ne faut pas oublier qu'il y a dans la CGT Paris des militants encore très investis dans le soutien aux sans papiers


Ah quierrot , toujours le sens de l'humour !
bajotierra
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede Pïérô » 29 Juin 2009, 14:16

alors on va dire autrement, bajotierra/douddu, il est dit sur le forum de la cnt-ait et sur le fil où tu postes que Solidaires dit que l'expulsion a été faite sans son accord, ce que tu fais est donc parfaitement crapuleux.
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede lou » 29 Juin 2009, 14:26

En tant que membre de SUD, je trouve le tract de SOLIDAIRES un peu mou et je le ferais savoir, mais de là à dire que les syndicats sont tous des crapules collabos... faux pas déconner.
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede bajotierra » 29 Juin 2009, 14:38

quierrot tu te trompes j'ai mis en ligne ici tout cela



"Communiqué Union syndicale Solidaires 75 vendredi 26 juin 2009 (15h23)
Mercredi 24 juin 2009, les centaines de travailleurs sans-papiers qui occupaient depuis plus d’un an une partie des locaux de la Bourse du Travail à Paris ont été délogés de ce lieu par les syndicats CGT de Paris sous l’œil bienveillant de nombreuses forces de l’ordre présentes sur place.

Cette expulsion n’a pas été décidée par la Commission Administrative de la Bourse dont fait partie Solidaires Paris.L’union syndicale Solidaires Paris rappelle que l’occupation de ces locaux depuis mai 2008, à l’initiative de la Coordination Sans Papiers 75, n’a jamais reçu l’approbation des organisations syndicales. En effet, à l’heure où certaines d’entre elles (trop peu nombreuses) prenaient en charge la lutte des travailleurs sans-papiers, il était paradoxal d’engager cette action d’occupation de la Bourse du Travail".



COMMUNIQUE DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE (*)
DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS
Libération de la Bourse du Travail de Paris


La Bourse du travail de Paris est un bien commun, c'est un outil à la disposition des salariés parisiens et de leurs syndicats : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, UNSA, Solidaires qui, depuis l’occupation, ne peuvent plus accéder à leurs bureaux et aux salles de réunions. Empêcher les salariés de se défendre et neutraliser l’activité des syndicats, cette sorte de prise en otage n’était pas inacceptable.
De fait :

Depuis le 2 mai 2008, 7 salles de réunions sont neutralisées, plus de 2 300 réunions ont été annulées ; chaque jour, des salariés ne pouvaient pas se réunir pour organiser leurs luttes ; des congrès de syndicats étaient reportés car la plus grande salle disponible à Paris pour les salariés (salle Eugène Hénaff), était occupée,
Les formations syndicales ne pouvaient plus se tenir, 2 imprimeries syndicales ne pouvaient plus fonctionner normalement,
Des permanences de défenses juridiques des salariés ne pouvaient plus se tenir.



De plus, cette occupation posait des problèmes d’hygiène et surtout de sécurité car les bâtiments sont constitués de salles de réunions et bureaux qui ne sont pas prévus pour y vivre nuit et jour avec présence de matelas, de bouteilles de gaz et de cuisines improvisées.

Malgré ces conditions, les syndicats, avec de nombreux collectifs et associations, n’ont pas ménagé leurs efforts depuis un an pour proposer aux délégués de la CSP 75 de travailler ensemble les dossiers de régularisation. Les délégués CSP 75 n’ont cessé de refuser systématiquement toutes les propositions faites, préférant s’enfermer dans une occupation sans issue qui pénalisait les salariés sans papiers concernés.


C’est dans contexte,
Que l’outil « Bourse du Travail » vient d’être libéré
par des syndicats parisiens.

Après plus d’un an, les locaux vont redevenir disponibles pour tous les salariés parisiens -y compris les sans papiers- afin qu’ils puissent se défendre
et organiser luttes et ripostes avec leurs syndicats.

La Commission Administrative et les services de la Ville de Paris mettront tout en œuvre pour que les sans papiers récupèrent leurs effets personnels dans les meilleures conditions.

Le secrétaire Général de la CA de la Bourse du Travail de Paris



(*) la Bouse du Travail de Paris est gérée par une commission administrative composée des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires


Le communiqué de SOLIDAIRES en réalité ne dénonce rien il essaie de tout mettre sur le dos de la CGT , il est complétement DEMENTI par le communiqué de la Commission Administrative de la Bourse du Travail de Paris , la CA dit oui cela été décidé et que SOLIDAIRE EST DANS la CA .
SOLIDAIRE écrit que non , c'est pas vrai .
Ce serait ridicule si ce n'était aussi grave
bajotierra
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede lou » 29 Juin 2009, 14:50

Le communiqué de SOLIDAIRES en réalité ne dénonce rien il essaie de tout mettre sur le dos de la CGT , il est complétement DEMENTI par le communiqué de la Commission Administrative de la Bourse du Travail de Paris , la CA dit oui cela été décidé et que SOLIDAIRE EST DANS la CA .
SOLIDAIRE écrit que non , c'est pas vrai .
Ce serait ridicule si ce n'était aussi grave


On va essayer de tirer ça au clair. Moi aussi ça me parait fumeux.
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.
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Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede Bibo » 29 Juin 2009, 17:41

Il y avait aujourd'hui un rassemblement de soutien avec les sans-papiers virés par la CGT. Le CSP75 a fait tourner l'info sur Radio Libertaire dans la matinée.
Peu de gens, mais super accueil de la part des sans-papiers ...
Bibo
 

Re: LA CGT ET SES NAZIS

Messagede leo » 30 Juin 2009, 08:43

Trouvé sur Bellaciao
(site qui, au passage, s'est particulièrement surpassé dans la censure et le vérouillage de tout ce qui pouvait critiquer l'action de la CGT depuis le début de cette affaire)
Néanmoins, ce texte est assez intéressant au moins sur les infos qu'il fournit, en particulier les multiples enjeux qui se sont cristallisés ou révélés autour de cette occupation / expulsion...


_ _ _ _ _ _


ÉVACUATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS


Retour sur un fiasco programmé


Après près de 14 mois d’occupation des locaux d’une partie de la Bourse de Travail de Paris par une organisation de sans-papiers, la CGT a fait volte face et organisé elle-même une expulsion qui s’est terminée par une intervention des CRS.
L’Union Départementale de Paris s’était particulièrement investie sur la question des sans papiers et victime de son engagement mal suivi au niveau national et même régional, une organisation la mettant en demeure d’aller plus loin qu’elle ne le faisait et organisait depuis le 2 mai 2008 l’occupation de la principale annexe de la Bourse du travail, lieu où siège d’importantes organisations de la Cgt notamment l’Union Départementale de Paris.
À ce jour, la Cgt de Paris est elle-même expulsée de ses propres locaux par la Mairie de Paris, ce qui semble se faire dans une conjonction d’intérêts de la mairie, la préfecture et la direction nationale de la CGT.

La Bourse occupée puis vidée par des CRS.


Libération de la Bourse du travail de Paris, sous cette formule solennelle se cachait depuis août 1944 un événement fêté de plus en plus confidentiellement, pas n’importe quel événement, celui de la reprise par les militants de la Bourse fermée depuis le début de la défaite de 1940 et la dissolution des syndicats par le régime de Vichy. Une gerbe de fleurs, un discours généralement lu par un militant de la Cgt des Services Publics Parisiens, un pot du souvenir.
Depuis ce mercredi 24 juin 2009, le terme est repris par certains, usurpé diront d’autres… Edgar Fisson, maître de la Commission Administrative de la Bourse du travail, organe de direction de cet établissement géré par les syndicats est sous autorité de l’Hôtel de Ville, n’a pas hésité à rependre ce terme pour nommer la reprise de la Bourse aux sans papiers et l’organisation qui l’occupait grâce à une intervention conjointe ou concurrente d’un service d’ordre improvisé et de la police. Une cinquantaine de militants, une milice privée diront d’autres, triés sur le volet et 200 CRS, des dizaines de véhicules pour encercler le bâtiment historique des luttes ouvrières parisiennes, son annexe, construite entre deux guerre en plein développement du syndicalisme.
Revenons sur cet événement, l’Occupation de la Bourse. Ce n’est pas la première, une précédente occupation en 2008 avait duré trois mois, A l’initiative du pittoresque 9e collectif de sans papiers d’inspiration libertaire, cette occupation s’était soldée par une expulsion sans heurts à la veille de Pâques. Trois mois à ne rien négocier et presque rien échanger avec les syndicats mais à demander un engagement plus significatif des organisations syndicales sur la question des travailleurs sans papiers.
Cette expulsion avaient d’ailleurs un peu coûté en remise en question pour le collectif concerné.

La CGT et les sans papiers

Une remise en question sans doute un peu contagieuse, moins d’un an plus tard, l’Union Départementale CGT de Paris s’engageait brutalement et pratiquement sans débat interne et encore moins national sur la condition des salariés embauchés en parfaite connaissance de cause par des employeurs en besoin de main d’œuvre bon marché et malléable (enfin… plus que la moyenne).
Commençait alors une opération organisée et inattendue : des militants de l’Union Départementale « investissent » le restaurant la grande Armée et y restent quelques semaines dans des conditions déroutantes : militants des syndicats de Paris ou de banlieue, militants PCF mais pas seulement, interventions sporadiques de membres de l’association Droits Devant s’installent dans la terrasse couverte de l’établissement avec les cuistots sans papiers. À côté de cela, la clientèle se faufile et s’installe en salle et parfois avec la lutte en terrasse comme spectacle. On se partage du saucisson sous le regard en surplomb tantôt curieux, tantôt indifférent du client dégustant sa darne de saumon à la purée de brocolis.
Cette lutte se termine avec des régularisations et un premier coup de semonce au patronat concerné et à l’Etat. Mais c’est aussi un nouveau nom qui émerge de la CGT, les noms de grands dirigeants confédéraux sont connus, les noms de permanents confédéraux hors le sérail autorisé le sont moins.
Le premier, Raymond Chauveau, est un militant sorti de l’ombre, inconnu du public, sorti (dans tous les sens du terme) de la RATP. Il se retrouve à la tête de cette lutte et ceci principalement de sa propre initiative au gré de contacts et d’engagements personnels sur la question.
Raymond n’est pas un militant PCF, il est un responsable du PCOF, Parti Communiste Ouvrier de France, confidentielle organisation maoïste française implantée dans le tiers-monde et ayant quelque peu construit son influence parmi des intellectuels africains en situation de travailleurs sans papiers à Paris comme en province.
Raymond jongle sur deux tableaux : pas dans le serail PCF tendance alliance avec le PS ni membre du PS en pleine conquête de la direction confédérale de la CGT. Il marche sur des oeufs. Car être permanent confédéral suppose des talents de diplomatie et des capacités à prévoir le risque de tomber en disgrâce. A la cinquantaine passée avec un long CV à la CGT, mieux vaut ne pas se retrouver au chômage…
Il a construit comme il a pu un appareil associatif et militant autour de la CGT avec l’association DROITS DEVANTS.
Raymond fait donc sa tache, il lutte pour les sans papiers comme on l’autorise à le faire. On ne bousculera pas l’appareil dans son ensemble, on soutient des luttes autorisées par les autorités confédérales, on marginalise les autres.
On s’est allié quelques temps plus tôt lors de l’action pour le restaurant la Grande Armée avec une association, elle a une caractéristique : elle s’occupe des sans papiers mais n’est pas dirigée par eux. Elle est piloté par le PS[1], il s’agit de DROITS DEVANT. Ce choix fera grincer dans les milieux de sans papiers qui se sentent mis a l’écart d’une lutte qui les concerne.
Au plan Confédéral, c’est Francine Blanche qui va réellement mener la barque, communiste et permanente confédérale, elle est dans la ligne et reprend les choses en main quand Raymond n’est plus en odeur de sainteté. Un dispositif de régularisation institué à la fois par la lutte et par les pratiques préfectorales va voir le jour.
On donne la priorité à certains travailleurs sans papiers, ceux répondant fidèlement à des critères aléatoires manipulés par la pratiques préfectorales locales : ici les intérimaires seront régularisables, là ils ne le seront pas. Ici les questions de vie privée et familiales seront prises en compte, là elles ne le seront pas… On mélange également les compétences territoriales : tantôt le lieu de résidence tantôt celui de l’entreprise qui emploie.
Ceci complique la tâche des militants qui se transforment en fins limiers de pratiques administratives diverses et complexes.
Pendant ce temps, la direction nationale de la Cgt évite le bras de fer avec l’Etat, on n’en a ni l’envie ni la force.
Aucun employeur ne sera inquiété ni poursuivi pour embauche de sans papier. Manifestement, l’époque d’une CGT qui fait peur par ses luttes est déjà lointaine, le rapport de force n’y est plus, d’ailleurs des employeurs appellent eux-même la CGT pour prévenir les difficultés et être aidés à la régularisation de leurs salariés.
L’Union Départementale de Paris est la plus engagée de toute dans cette affaire, Depuis la lutte du restaurant la Grande Armée, l’enthousiasme a saisi des militants, rappelé d’autres à des luttes qu’on avait souvent oubliées ou dont on rêvaient encore : on occupe des chantiers, des magasins, on se fait casser la gueule par des jeunes voyous d’extrème-droite à Paris 13e, des étudiants de l’Université de Tolbiac viennent soutenir la lutte ici et là. Retraités, jeunes, militants, voisins, étudiants se retrouvent le temps d’une lutte. Nul ne sait encore ce que deviendront ces rencontres.
Parallèlement, une autre histoire s’écrit : celles des organisations de sans papiers qui n’y trouvent pas leur compte.
Depuis des années, ayant abandonné le projet du syndicat partout et pour tout, la CGT s’est ouverte au fil des ans et au fil de sa perte d’influence, elle a des « partenaires », Droits Devant en l’occurrence, association tenant lieu d’organisation d’aide aux sans papiers, elle remplace simplement les vrais mouvements de sans papiers. Or depuis longtemps et notamment depuis 1991, le fameux campement de Vincennes qui vit émerger sans papiers et sans logis dans une problématique commune, les collectifs se multiplient. Un d’entre eux se fait appeler la Coordination sans Papiers 75 ; elle dit regrouper 3 collectifs et décide d’occuper l’annexe de la Bourse du Travail où se logent entre autres l’Union Départementale de Paris.
Nous sommes le 2 mai 2008, au lendemain d’un premier mai historique en terme de mobilisation et impressionnant en ce qui concerne le nombre de travailleurs sans papiers venu soutenir et défiler avec la CGT de Paris …
On parle alors de la possibilité d’un grand mouvement national des sans papiers qui font tourner l’économie nationale et qui seraient peut-être un million dans le pays.
L’État et la préfecture ne voient pas cela d’un bon œil dit-on alors. La Cgt nationale se sentirait débordée. À l’Union Départementale, on ne voit rien venir, on s’emballe.

La Bourse est prise


La Coordination Sans Papier 75 dit venir à la Bourse du travail en y ayant été envoyée par la préfecture qui n’aurait pas voulu de ses mille dossiers (en fait 30 présentés seulement ce 2 mai). Cette organisation revendique 1000 dossiers de travailleurs sans papiers, elle ne les montrera jamais, elle en revendique le contrôle, elle estime avoir été trahie par la CGT qui ne l’a pas mêlée à la lutte au profit de l’association Droits Devants. Sissoko, chef incontesté de cette organisation de sans papiers en appelle à l’Union Départementale CGT de Paris pour exiger une naïve et improbable grève générale et nationale. La CGT qualifié de « syndicat mondial » doit pouvoir conduire un mouvement d’ampleur sur cette question. Il ignore manifestement qu’il ne s’adresse qu’à une Union Départementale isolée et en voie d’être marginalisée. Il l’ignorera jusqu’au dernier jour.
Un communiqué de l’Union Départementale tombe avec un ton d’abattement et d’affolement ; « la Bourse du Travail occupée par 1000 sans papiers ». Le nombre est exagéré mais les conséquences sont encore insoupçonnées. Les enjeux et les erreurs de calculs vont l’emporter sur tout le reste.
Des associations se présentent, soutiennent l’occupation. La mairie du 3e (Les verts, majorité municipale de Paris) fait des promesses de soutien en matériel et fournie de quoi s’abriter dans la cour. Rappelons que la Bourse est bâtiment municipal. Une jeunesse étudiante et militante vient, une lutte singulière qui exige plus à la CGT entachée de compromission et suspecte aux yeux de beaucoup. On raconte à qui veut l’entendre que la CGT interdit à Médecins du Monde de venir soigner les enfants, que si les Verts de Paris n’ont pas fourni des couches pour les bébés, c’est qu’un puissant réseau CGT agit dans l’ombre.
A l’Union Départementale on est saisi par le succès du 1er mai, enivré presque et accablé par la vindicte des « soutiens », on ne comprend plus.
L’occupation est limitée matériellement à la cour, quelques couloirs, des salles, des corridors. 22 mai 2008, journée de lutte nationale pour les retraites, la CGT est au premier rang, manifestations de masse. A deux pas de l’annexe occupée le point de rendez-vous des sans papiers CGT, la tension est au plus fort entre certains manifestants CGT et les occupants de la Bourse lorsque le cortège passe devant le bâtiment occupé : insultes fusent, menaces, un geste de trop, la bagarre éclate. Elle s’arrête après quelques coups donnés ou reçus. Court alors un bruit : la CGT vient de rater sa tentative d’expulsion.
Mais en soirée, la situation a changée : un plombier de la ville faisant son travail en cette journée décisive a négligemment laissé la porte de la grande salle entrouverte. L’occupation s’étend dans une salle de 600 places et ses annexes. Le plombier sous la responsabilité de la mairie n’a rien vu venir, la surveillance était relâchée…
Interrogé, le lendemain, au cabinet du Maire de Paris, on n’a rien à dire. Le sourire de certains trahit seulement une satisfaction. Deux jours après, l’association Emmaüs de Paris, politiquement et institutionnellement proche de l’Hôtel de Ville fourni 150 matelas livrables immédiatement pour faciliter les conditions de vie.
S’ensuivront alors une succession de négociations, tentatives et conflits divers dans un climat de suspicion et de concurrence sur le rôle a jouer dans la lutte des sans papiers. Les intermédiaires se multiplient ; associations diverses, Haut et Bas conseils des Maliens en France , rien n‘y fera, les négociations sont un échec. Les logiques de luttes sont différentes et ne se rencontrent pas. La CGT revendique 6000 syndiqués de plus parmi les sans papiers, la CSP 75, refuse de se mêler aux grèves en cours.
Une organisation syndicale d’une part, enfermée dans sa faiblesse et dans le peu de prise que son mouvement a dans la société et une association de travailleurs étrangers en difficultés bercée par l’illusion d’une organisation, la CGT, qui pourrait tout et ne voudrait rien pour les sans papiers isolés ou sans emploi. A cela s’ajoute des soutiens de circonstance, une bande venue en découdre avec la CGT qui chauffe tous les jours l’ambiance et assure que la Cgt pourrait commettre le pire. La CSP 75 est une organisation de délégués, ses membres dont le nombre restent incertains et sans parole sont sous la houlette de leurs responsables : un girond de délégués (possédant tous des papiers) face à un bureau de syndicalistes professionnels.
La fermeture de la CGT à ce moment n’est en fait rien d’autre que l’illustration de sa faiblesse sur ce dossier et son incapacité à soulever les salariés sur un sujet difficile. Les sans papiers, enfants d’une génération d’une immigration qui a connu une CGT unitaire et forte de 3 millions croit encore aux trois lettres rouges des grandes mobilisations. Mais on est en face de la seule Union Départementale de Paris, faible et isolée du reste, personne ne semble le voir.
La CGT ou plutôt l’Union Départementale de Paris s’enlise : une part immense de son activité est consacrée à cette lutte, des dossiers de régularisation au cas par cas. Une autre part de l’énergie est consacrée à des négociations sans fin, explications diverses, conflits, contradictions, polémiques qui touchent militants, sans papiers et intermédiaires associatifs. On parlera de 200 heures de négociation avec la CSP 75.
La CSP 75 entretient l’illusion de ce qu’elle est et de son succès a tenir tête à la plus grande organisation ouvrière du pays par une communication externe infatigable : concert, conférences, projections, tournages, débats sur matelas, diatribe anti-CGT, journal interne, site internet. La Bourse du Travail n’a jamais été aussi vivante et ouverte au public que depuis que la CGT en est chassée…
Mais tout le monde ne désespère pas de cette situation : la direction confédérale souhaite se débarrasser de cette lutte encombrante. Une troisième vague de grève de sans papiers n’a pas pu voir le jour, les militants parisiens sont épuisés et la Confédération ne suit pas, les attaques de cette jeunesse autour de l’occupation démoralisent et donnent des forces à ceux qui n’ont jamais cru à cette lutte, ses objectifs ou ses motifs.
Nul n’ose aborder la position de la mairie et de son rôle plus que suspect, on parle plus volontiers de ses officines associatives comme Emmaüs. Mais on reparle cependant des intentions de la Mairie sur la Bourse du Travail.
Les premiers à s’en inquiéter sont les gardiens de la Bourse : « Après l’évacuation, on sera liquidé ! » entend on. « Privatisation de la mission, on confiera cela à des vigiles privés… sans papiers ! » rajoute un autre.
La privatisation des services techniques de cet important établissement parisien a déjà commencé. Mais c’est son usage qui pose question. Nul n’ignore à la Bourse que la mairie ne souhaite pas laisser ce bâtiment, « outil des luttes » aux seuls syndicats. Cela lui coûte. De l’argent certes mais pas seulement. Les luttes parisiennes concernent en premier lieu les services publics de la ville, le fort syndicat des éboueurs notamment pose problème et anime très fortement la vie syndicale de toute la ville. Une organisation de plus de mille militants disciplinés et exigeants qui pratiquent régulièrement occupations de mairie, grèves régulières, rassemblements, le siège même du PS n’a pas été épargné ! Les objectifs de privatisation du ramassage des ordures sont contrariés par la CGT. Une grève de l’été 2008 s’est soldée par une demi-victoire ou une demi-défaite. Trois arrondissements sur six passeront au privé (au groupe Véolia protégé par la CGT nationale [2]) au terme d’une lutte complexe et inachevée. Pour la Mairie de Paris, la CGT n’est pas qu’un partenaire social, c’est aussi souvent un obstacle pour ses objectifs.
La Bourse du Travail de Paris est un projet pour Delanoë : en faire un immense espace associatif polyvalent pour ses associations conventionnées à commencer par celles du 3e arrondissement, encore le 3e arrondissement… Une première négociation a eu lieu depuis ces dernières années : on rénove la grande salle de 600 places et on commencera par partager son usage.
Quelques semaines après la fin du chantier, les négociations n’ont pas reprises. Elles ne reprendront pas… La CSP 75 occupe désormais ce bâtiment et cette salle avec le soutien d’un parti de la majorité municipale… les Verts du 3e arrondissement, très attachés au projet associatif sur la Bourse et peu sympathisants de la CGT.


Dernier acte, la « Libération » de la Bourse


Le 25 au matin, la bande organisée de la CGT, cagoulée, équipée de matraques et de gazeuses lacrymogènes doit arriver à la Bourse. La mission est secrète et préparée avec le plus grand sérieux, rien n’a pu percer ni fuir. Il s’agit de sauver l’avenir de l’Union Départementale et de la Bourse.
Arrive Patrick Picard, secrétaire général de l’Union Départementale, la mission top secret est sous sa responsabilité mais là surprise ! Les premiers arrivés ne sont pas les bons… devant la rue Charlot, des journalistes connus de la CGT, syndiqués a la CGT, venu pour faire leur boulot, plus que cela, envoyés par la confédération. Quel jeu joue donc la direction nationale à Montreuil ?
Quelques temps plus tôt, quatorze mois mêmes, ce même Patrick Picard ayant toujours su empêcher une évacuation qu’il désapprouvait, est sommé par Montreuil de « prendre ses responsabilités » à défaut il devra en supporter les conséquences…. Se dessine alors le spectre d’une crise qui conduirait à la reprise en main de l’Union Départementale par Montreuil et sa mise en retraite syndicale anticipée. Ce serait la fin d’une histoire, celle d’une Union départementale presque libre, cette UD oppositionnelle, pluraliste et exemplaire veulent croire certains.

On ne s’en remettrait pas.

Picard comme d’autres ne méconnaît pas le risque. L’Union Départementale CGT de Paris pose problème à la direction nationale, à la Mairie de Paris et donc aux influences PS sur la CGT.
L’affaire des sans papiers et l’engagement exagéré de cette UD posent également problème.
La reprise en main serait pire encore qu’une évacuation faite par ses soins… telle est la logique qui va primer sur toute autre considération.
La désobéissance est seulement impossible. Picard s’exécute, participe au recrutement de la bande et programme la journée.
Quelques mois plus tôt, une mission du même type avait été annulée pour cause d’actualité fâcheuse : incendie du Centre de Rétention Administrative de Vincennes, des sans papiers enfermés avaient incendié leur geôle.
Cette fois-ci, l’investiture de Hortefeux au ministère de l’intérieur ne découragera pas… on a bien pensé utiliser cela pour annuler mais cette fois-ci on s’en fiche, il semble que l’étau se soit resserré et Picard n’a plus son droit de citer, il est un exécutant responsable de ce qui arrivera. Le symbole sera dur à assumer mais tant pis, on n’a plus le choix.
Mais ce matin-là pourtant, la présence des journalistes informés par ceux-mêmes qui garantissaient le secret de l’opération laisse un goût amer…
Le piège se referme, le sort en est jeté, l’opération aura lieu.
Et elle a lieu.

La mairie de Paris, sur le qui-vive, attend un coup de fil. Il ne tardera pas à venir, la commission administrative en la personne d’Edgar Fisson en appelle à l’Hôtel de Ville, ça se passe mal, les occupants résistent, se sont retranchés dans la salle et veulent en découdre. Un militant CGT aurait la tête ouverte…La bande cagoulée et équipée a été vue par le voisinage qui a pris peur et n’a pas vraiment compris de quoi il s’agissait. Le ratage en règle semble réussi.
Le grand principe selon lequel la police n’intervient ni n’entre dans le sanctuaire des luttes ouvrières aura vécu. La police est là, elle va finir le travail sur demande de la mairie.
Le voisinage populaire, plutôt sympathisant CGT ne comprend pas, il se réunit aux abords de la Bourse. A l’autre bout de la rue Charlot, deux femmes tentent de trouver des explications, les pleurs limitent déjà la réflexion.
La police intervient, gazage, négociation, regazage, renégociation… vers 15 heures tout est réglé. Le communiqué de l’Union Départementale tombe, puis celui de la commission administrative : « la Bourse est libérée ! »
Les sans papiers ont été gazés dans la salle, spectacle d’une femme noire au sol les bras en croix sur le trottoir de la Bourse. Les CRS assurent l’évacuation.
Vers 17H00, les sans pap sont tous sur le trottoir et demandent un combat avec les quelques cégétistes irresponsables et naïfs trop vites satisfaits à l’intérieur et visibles depuis les vitrines de la Bourse… « CORPS A CORPS CGT ! » crient des sans papiers, d’autres s’approchent précipitamment et essaient de les faire taire. Une rixe aurait bien été empêchée par des CRS entre jeunes soutiens et militants CGT.
La CGT, la Bourse du travail, des militants sont protégés d’autres militants par des CRS équipés, casqués, armurés. Le piteux spectacle inspire colère à certains, dégoût et même des larmes, encore des larmes. La police protège des travailleurs contre d’autres travailleurs tous en lutte, chacun à leur façon sans s’être vraiment rencontrés, sans avoir su le faire car trop saisi par des logiques propres et des organisations qui s’en chargeaient.
Communiqué de Picard, rappel des faits selon la ligne CGT depuis un an moins maladroit qu’Edgar Fission avec sa « Libération » de la Bourse.
Vers 18H30, Libération, le quotidien, proche de la mairie de Paris (la famille Joffrin est l’éditeur de Delanoë) est le premier à réagir. On peut lire en ligne et à la une : « On évacue les sans papiers de la Bourse du travail, les CRS ? non la CGT ». L’article est massacrant et exprime de la jubilation.

Il est vrai que Libération veut en découdre avec l’Union Départementale CGT de Paris, le quotidien, installé dans le 3e à deux pas a déjà eu maille à partir avec les militants de l’UD quelques semaines plus tot, Florence ex-élue CGT, journaliste vidée rudement par Joffrin, directeur de Libé qui la découvre insuffisante après quelques dizaines d’années de présence n’a pas supporté le soutien des militants de l‘UD et moins encore d’avoir lâché le morceau et cédé aux revendications directement négociées par l’UD et contre le syndicat maison.
A ce moment, après l’évacuation on croyait l’affaire terminée et on se trompait. La mairie vient de décider de fermer la Bourse, elle reprend les locaux jusqu’à nouvel ordre. Elle ne veut pas les rendre, la CGT s’exécute.
L’Union Départementale se trouve aujourd’hui curieusement dépourvue. Il s’agissait de reprendre des bureaux, l’occupation de la Bourse entravait le fonctionnement des syndicats parisiens prétextait-on.
Cette direction d’Union départementale que l’on voulait originale et unitaire aura vécu : un tournant a gauche, très rouge diront certains avait donné Picard gagnant dès l’annonce du départ en retraite de Didier Niel, ancien Métallo proche de la Municipalité parisienne, l’homme de l’ouverture au PS après la fin de l’ère Krasucki. Un tournant très à gauche fait du maximum de composantes et de compromis militants : PCF officiels, PCF des courants dissidents, PS, ligne confédérale mais aussi militants NPA-LCR, Trotskystes du PT, libertaires, divers et « non inscrits », une assemblée dirigeante de 80 militants réunissant presque idéalement tout ce que la gauche avait inventé depuis plus d’un siècle. On s’entendait tous dit déjà au passé l’un d’entre eux, tout le mouvement ouvrier semblait pouvoir s’y retrouver. Depuis novembre 2008, cette investiture promettait luttes et mobilisations, sérieux et projets l’animaient après des années de décomposition et de découragement. Trois mois après son élection, ce militant de EDF-GDF, Patrick Picard devenu secrétaire général quadragénaire (une exception) connu pour sa finesse et son pragmatisme se lançait sans compter dans la luttes des sans papiers et quelques autres combats…
Aujourd’hui, on est passé en quelques mois de l’espoir à la condition de sans domicile et de vaincu .
La CGT de Paris et la CSP 75 se retrouvent dans une étonnante communauté de situation, tous deux sur le trottoir du bâtiment tant convoités, tous deux à la rue. Sans doute pas assez proche pour comprendre que leur combat l’un contre l’autre défendait des intérêts qui n’étaient pas les leurs.
La direction nationale de la CGT n’a pas réagit.

La mairie du 3e est injoignable sur cette question, tout comme l’Hôtel de Ville qui se fait silencieux à nos appels.

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NB : Ce texte a été rédigé par le recueil d’observations et par un travail d’enquête sur les luttes des sans papiers depuis plus de deux ans. Présence sur les lieux, participations, entretiens ont fourni un ensemble de matériaux. Ces recherches étaient Initialement prévues pour un tout autre objectif, l’actualité a poussé les enquêteurs à rédiger ce texte. La précipitation des derniers événements ne peut donner la garantie de précision des éléments recueillis et vérifiés depuis deux ans. Il n’en demeure pas moins que ce texte a été rédigé avec des observations vérifiées et/ou directement vécues. Il ne prétend pas être un document de recherche, il est un texte d’opinion produit pas des chercheurs et observateurs engagés. On ne peut cependant que souhaiter qu’il participe ultérieurement au débat et à la recherche.
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[1] Cette association transfuge de Droit au Logement est née en 1995. Après l’occupation de l’église Saint-Ambroise l’année suivante , elle oriente son activité vers les sans papiers, comme le DAL, elle se retrouve peu a peu contrôlée par le PS même si son dirigeant à vie, Jean-Claude Amara a pris parti depuis pour José Bové.
[2] VEOLIA est un bailleur de fonds de la Confédération par l’achat régulier de pages de publicité pour le groupe dans les titres de la presse nationale de la CGT, ceci est régulièrement dénoncé par des militants.
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