L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 21 Juin 2009, 16:32

C'est une première à Tours...

La répression s'abat sur le mouvement étudiant à Tours


17 étudiants qui avaient bloqués un partiel à l'IUT de tours en mai pendant le mouvement des universités, et qui à l'issue de cette action avaient été controllés par les flics; passent tous en conseil de discipline le 25 juin.

certains prof ont refusé de soutenir ces étudiants en précisant qu'au moment où avait eu lieu l'action ils s'etaient prononcés contre celle-ci.

La direction de la fac de tours montre clairement une volonté de purger la fac des "éléménts perturbateurs". Face a cette tentative hautement fourbe de faire taire ceux qui ont quelquechose a dire, nous disons clairement que nous ne nous laisserons pas faire.


Conseil de discipline, le 25 juin à 14h au site droit, économie et sciences sociales, 50 avenue Jean Portalis , et le 26 juin à 9h30 sur le site de Polytechnique.

A la fin du mouvement universitaire de l'année 2008-2009 luttant contre la LRU, la mastérisation et le décret des enseignants chercheurs s'est posée la question de la tenue des examens.

Lors des AG, la position la plus largement suivie était de ne pas faire subir à tous les étudiants, mobilisés ou non, des examens dont les cours n'avaient pas été effectués dans les meilleures conditions. La Coordination Nationale Universitaire appelait à la non-tenue des examens. Des étudiants en L1 de sociologie sont venus faire part de leur inquiétude au sujet d'un de leurs examens, la plupart de leurs cours n'ayant pas eu lieu (ils avaient reçu des polycopiés considérés comme cours à part entière). Ils ont procédé à un vote au sein de leur classe et la non-tenue de l'examen l'avait emporté c'est pourquoi ils ont sollicité un soutien de l'assemblée générale. Soucieuses d'une égalité et d'une solidarité sans condition entre tous les étudiants de toutes les filières, certaines personnes se sont présentées au rendez-vous le 15 mai, afin de discuter avec l'enseignante et les étudiants présents.

Lors de notre arrivée, nous avons engagé la discussion avec l'enseignante, puis les étudiants sont arrivés peu à peu et ont pris part au débat. La discussion avec l'enseignante était tendue, car elle souhaitait absolument faire tenir son examen sans même consulter ses étudiants. Le débat avec les étudiants s'est engagé calmement, sans front d'aucune part, la plupart recevant positivement notre intervention et notre soutien. Le dialogue s'éternisant et la tenue de l'examen étant fortement compromise, l'enseignante est allée chercher la directrice de l'IUT. Celle-ci est arrivée et s'est engagée dans la discussion. S'en est suivie l'arrivée de messieurs Buron directeur de l'UFR arts et sciences humaines, Wolf responsable administratif de l'UFR arts et sciences humaines, et Barrère directeur de cabinet du président de l'université. La directrice de l'IUT et monsieur Buron ont débattu avec nous assez longuement et tout d'un coup, nous avons vu surgir dans le couloir et la salle une quinzaine de policiers en équipement anti-émeute. Nous étions surpris de n'avoir pas été poussés à partir par les responsables d'UFR présents plus tôt et étions prêts à partir dans le calme lorsque les policiers nous ont fermé les portes coupe-feu au nez et ont procédé à un contrôle d'identité de toutes les personnes restantes qui ne passaient pas l'examen, sous les regards placides de messieurs Buron, Barrère et Wolf. L'enseignante venait de nous dire qu'elle avait « hâte que des policiers et vigiles soient salariés de la fac » et qu'elle nous « méprisait ». Nous avons discuté vivement avec monsieur Buron, avançant qu'il était inadmissible que des policiers rentrent dans une université et qu'ils procèdent à un contrôle d'identité dans un établissement public où nous étions d'ailleurs tous étudiants et où nous pouvions circuler librement. Nous avons ensuite été escortés par les forces du désordre jusqu'au trottoir hors de l'enceinte de l'IUT.

A la suite de cet événement, nous avions appris par monsieur Buron qu'aucune poursuite ne serait engagée contre les étudiants contrôlés si aucune perturbation d'examen n'avait lieu ultérieurement. Une perturbation ayant eu lieu sur un examen de M1 de sociologie par les étudiants de cette classe, devions-nous donc tempérer toute personne qui souhaitait contester la tenue d'un examen? Ils ont d'ailleurs échappé de peu à un conseil de discipline.

16 d'entre nous avons reçu, environ un mois après cet événement, une convocation à un conseil de discipline les 25 et 26 juin à l 'UFR de droit.

Face à une criminalisation des personnes prêtes à lutter jusqu'au bout et qui ne veulent pas rentrer dans l'ordre tête baissée et accepter des conditions imposées par les nouveaux juges des universités,

face à une volonté des administrations de créer des exemples pour enterrer toute contestation,

Nous appelons à un soutien et une solidarité de l'ensemble de la communauté universitaire lors de ce conseil de discipline. Cela ne concerne pas seulement les convoqués, mais toutes les personnes ayant suivi le mouvement universitaire, car c'est le procès du mouvement dans son ensemble.

Conseil de discipline, le 25 juin à 14h au site droit, économie et sciences sociales, 50 avenue Jean Portalis , et le 26 juin à 9h30 sur le site de Polytechnique.

Nous vous invitons à transmettre l'information auprès de vos contacts. Nous vous remercions d'avance pour votre soutien.

Des étudiants convoqués. Le 21 juin 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 22 Juin 2009, 21:04

Lettre des étudiants serbes, adressée au monde :

En Serbie, le processus de Bologne a débarqué avec une hausse enorme des frais d'inscriptions d'année en année, un chaos dans le système universitaire et un appauvrissement des cursus.

Pour les 10 ans de la déclaration de Bologne, les étudiants des universités de Belgrade ont organisé un représentation appelée « Quel est le prix du savoir ? » dans la plus grande rue piétonne de la ville.

Pendant que nous, étudiants, étions assis dans la rue à travailler, les passants étaient invités à mettre un prix à certains savoirs ? quel est le prix du savoir sociologique ? Quel est le prix des compétences d'un joueur de piano ? Combien devrais couter le savoir de cet homme avec le t-shirt vert ? Et celui de cette fille avec des sandales ?

Pour nous, le prix du savoir à évoluer d'année en année, augmentant encore et encore, alors que le savoir transmis, lui, restait le même.

Les gens écrivaient sur des bouts de papiers un code barre des prix, et le donnait aux étudiants. La plupart des gens, de fait, considéraient que le savoir devait être gratuit. Certains, contrairement aux autorités administratives de nos universités, trouvaient qu'il n'était pas de leur ressors de répondre à la question, et ils s'en allaient donc après une discussion sur l'irresponsabilité du gouvernement, le nombre d'étudiant entrant sur le marché du travail, ou la gratuité de l'enseignement, etc ? D'autre enfin exprimaient le point de vue qui est celui que la valeur du savoir ne peut être exprimé en argent comptant, alors ils écrivaient sous le code barre « priceless » (« sans prix »).

Si le savoir est effectivement « priceless », qu'est-ce qui est alors acheté par le « marché de la connaissance » européen de bologne? Ce qui est acheter n'est pas du savoir. Le savoir ne peut pas être donner, il peut être appris. Ce à quoi nous sommes vendus, ce que nos parents paient par les taxes, et ensuite à travers les frais d'inscriptions, c'est le processus d'ajustement de l'éducation aux règles du marché, qui induit l'appauvrissement des cursus, la disparition des savoirs n'induisant pas de profit. Si ce processus n'est pas arrêter : l'éducation ne sera bientôt plus qu'un espace commercial pour l'achat de diplomes.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Kartoch » 09 Juil 2009, 01:29

Pour l'anecdote : une trentaine de stagiaires de l'IUFM de Toulouse ont vus leur titularisation "ajournée" pour cause de critique trop négative des nouvelles réformes Darcos (et maintenant Chatel). Ajournée "seulement" : on leur a dit de filer droit, et que tout se passerait bien.
La contestation politique a un prix.
Marrant pour un Etat de droit.... :france:

Analyse d'un formateur de l'IUFM : "C'est fini la rigolade"
Tout est dit

(source AFP)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede sebiseb » 09 Juil 2009, 15:41

картош a écrit:Pour l'anecdote : une trentaine de stagiaires de l'IUFM de Toulouse ont vus leur titularisation "ajournée" pour cause de critique trop négative des nouvelles réformes Darcos (et maintenant Chatel). Ajournée "seulement" : on leur a dit de filer droit, et que tout se passerait bien.
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T'appelles ça une "anecdote" ?
Qui croit encore que nous ne nous acheminons pas vers une dictature dont la forum n'a de précédent !
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Juil 2009, 10:09

Communiqué des porte-parole de la Coordination Nationale des Universités (11 juillet 2009)

La Coordination Nationale des Universités s’indigne devant la multiplication des attaques subies par le service public et la société en général, en cette fin d’année universitaire marquée par un passage en force du gouvernement sur plusieurs dossiers :

Loi sur la « mobilité » des fonctionnaires qui permettra d’aller encore plus loin que le licenciement, puisqu’il sera possible de mettre tout fonctionnaire dont le poste serait supprimé en disponibilité sans solde, sans possibilité de toucher les allocations-chômage, s’il/elle refuse trois postes (ou demi-postes) proposés successivement (et pouvant se situer loin du domicile) ;
Loi Bachelot qui instaurera une médecine à deux vitesses
Décrets sur la formation et le recrutement des enseignants, qui contraignent les futurs enseignants à financer une année d’études supplémentaire, suppriment l’année de stage rémunéré et permettent de liquider 16000 postes dans l’éducation dès la rentrée 2010. Le gouvernement prévoit de publier ces décrets en plein milieu de l’été, passant outre toute véritable négociation avec la communauté universitaire et instaurant de nouveaux groupes de travail composés uniquement de membres de l’administration.
Ces passages en force s’accompagnent de répressions et de manœuvres d’intimidation. Le gouvernement profite de l’été pour frapper à la tête de la contestation : instituteurs désobéisseurs convoqués en conseils de discipline, lycéens menacés de non-réinscription s’ils ne s’engagent pas par écrit à ne plus bloquer leur établissement ; enseignants stagiaires non titularisés ; enseignants, chercheurs et BIATOSS menacés ou « placardisés » par leur hiérarchie.

La Coordination Nationale des Universités appelle à soutenir nos collègues et à continuer le mouvement universitaire, avec la rentrée en ligne de mire.

Nos revendications n’ont toujours pas été entendues. Le gouvernement persiste dans le mépris et tente de faire croire à l’opinion que notre révolte viendrait d’un « manque de confiance » en nous-mêmes.

Nous ne laisserons pas le gouvernement bafouer nos valeurs : l’université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise.

Ensemble, à la rentrée, nous continuerons la résistance. Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités

11 juillet 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 26 Juil 2009, 14:57

Compte rendu (partiel) du procès par un membre de Racailles :

Il fallait venir tôt pour assister au procès de l’étudiante interpellée lors de la manifestation du 5 mai. La salle paraissait pleine mais des chaises vides éparses et celles pas visibles dans son dos pour le grand chauve de la DDSI pouvaient permettre encore à du monde d’assister à ce procès. Mais il ne nous l’interdisait pour les rendre prioritaires aux « familles ». Ainsi fallait-il attendre que des gens sortent pour qu’autant à l’extérieur puissent entrer.
Mais étant à l’extérieur, on a pu voir se pointer un RG, toujours playboy avec ses lunettes de soleil.

Ainsi n’ai-je pu entrer qu’après la lecture du procès-verbal et quand l’avocat de la défense ait apporté et montré au juge des photos de la manifestation.

En échangeant avec d’autres personnes qui prenaient des notes, des civils et des journalistes (sans le savoir), il n’y aurait pas eu de propos à retenir. Si ce n’est dans la lecture du PV que Bouteloup, directeur départemental de la sécurité publique du Calvados, porterait plainte lors de chaque interpellation car il y a eu deux blessés chez les flics. Finalement lors de ce procès, il n’y a pas eu constitution de partie civile.

J’ai donc quand même pu assister aux interventions de la procureure et de l’avocat de la défense.

La procureure, Émilie Soubeiran, d’une ressemblance à la Louise Brooks, dit d’abord ne pas demander de complément d’enquête : pour elle, il y a beaucoup d’attestions, des témoignages ou de moralité, même trop, et que les déclarations des policiers, assermentés, suffisent.
Elle appuie sur le fait qu’elle soit poursuivie pour le port de pierres. Ces pierres se trouvaient dans son sac, ainsi que trois bombes de peinture qui auraient pu être retenus aussi. Ce qui lui vaut de nous donner ce conseil plein de bon sens : « Si on est pacifiste, on n’accepte pas le sac à dos de quelqu’un qu’on ne connaît pas. » Au-delà du sens du service, on voit là qu’elle n’a pas retenu la déclaration de l’étudiante de ne pas avoir été la propriétaire du contenu du sac. (Les gens de justice considèrent cela comme du recel, même si c’est à son insu.) Pour elle, c’est son morceau de foulard qu’a reconnu le policier.
Elle demande une condamnation à six mois de prison en sursis. Elle reconnaît que cela peut paraître excessif mais elle le fait pour condamner le détournement de manifestation, fatiguée de ces violences. La pauvre, la création d’une loi répressive sur cela aurait-t-elle sur elle l’effet d’un Guéronsan ? En tout cas, elle le demande en une peine exemplaire.

C’est au tour de l’avocat de la défense, Me Olivier Lehoux, d’intervenir. Il évoque son malaise. Pour lui, il n’y a pas de dossier. Il est convaincu d’une condamnation en dehors du contexte. Il exprime qu’il a un doute.
Le dossier est fragile, peu volumineux, l’accusation faible et l’identification troublante.
Quant aux faits reprochés, pour les violences volontaires, s’il y avait eu une bonne identification, il ne la contesterait pas. Sur le port d’armes, il insiste sur la différence de deux alinéas de l’article 431-5, sur la différence entre avant et après la sommation, pour le premier, celui d’avant. (Avec comme principale différence, deux années de prison, m’expliquera-t-il après le procès).
Il explique le mutisme de sa cliente lors de la garde à vue par l’interpellation violente.
Puis il lit les attestions du proviseur du lycée (où elle était intégrée jusqu’au conseil d’administration) et du directeur de son UFR. (La procureure a eu un rictus lorsque le directeur déclare qu’il la trouve « un peu insouciante. »)
Puis l’avocat tente de remettre en cause l’identification des policiers de la personne qui a jeté les pierres et celle de sa cliente. Il note que la moitié des lunettes de natations vendues dans le commerce sont bleues, comme celle du lapidaire et de la moitié de ceux qui en portaient. Je viens de revoir la photo de Liberté de l’interpellation, alors en couleur, et ses lunettes sont plutôt noires.
L’avocat revient sur les déclarations des deux policiers de la BAC dans le procès-verbal : pour Sébastien M., le jeteur avait un sweat et une cagoule marrons, des lunettes bleues et un sac à dos ; pour Yohann T., la partie basse de son visage était beige-marron et il avait des lunettes bleues. En fait, ils se sont focalisés sur elle et ont profité d’un lâcher de gaz lacrymogènes pour l’interpeller. Ce brouillard aurait fait perdre la possibilité d’une bonne identification. Ainsi le cache-col n’est en fait qu’un tee-shirt. Pour maître Lehoux, le PV de synthèse est le mélange des déclarations de deux policiers de la BAC et des constations faites sur l’interpellée.
Demandant la relaxe, il ne veut pas de peine subsidiaire. Lorsqu’il évoque l’exemplarité de la peine, la procureure et le juge, petit cadre dans la cinquantaine, ont les yeux baissés. Il cite la reprise du mouvement à la rentrée de septembre. Quitte à ce qu’elle soit condamnée, il préfère des TIG d’une durée de 60 à 70 heures et que cela ne soit inscrit dans son casier judiciaire, les études de sa cliente pouvant l’amener à une carrière dans la fonction publique.

Le juge accède à la demande de l’avocat d’une date de délibération en septembre. Elle sera rendue le mardi 15 septembre à 13h30. Soit le mois du procès de l’autre personne interpellé lors du second mouvement contre la loi LRU.

OAM pour Résistances et Racailles.


Le compte-rendu de la commission anti-répression du procès d'une manifestante anti-LRU à Caen

Sophie est poursuivie suite à la manifestaction du 5 mai 2009.
Elle est accusée de violences sur policiers et gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions à savoir des jets de pierre. On lui reproche aussi le port d’arme en l’espèce des pierres (elle n’en avait pas sur elle lors de son interpellation).

Le juge, à la lecture du dossier, précise que les agents de la BAC Sébastien M. et Yohann T. ont reconnu formellement Sophie en train de jeter des pierres en direction des gardes mobiles. L’identification est basée sur les vêtements.

Selon Bouteloup, directeur de la sécurité publique du calvados, il y aurait eu deux blessés.

L’avocat a remis au juge des photos des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre pour éclaircir les circonstances.

Le Procureur estime qu’un complément d’enquête au regard des photos et attestations produites par l’avocat n’est pas nécessaire, les agents de la BAC ayant formellement reconnu Sophie.

Elle requiert une peine exemplaire de 6 mois de prison avec sursis.

L’avocat intervient ensuite. Il précise que le port d’arme est un fait non établi. Il fait ensuite état des attestations de moralité produites notamment par le proviseur du lycée où elle a étudié et par son directeur d’UFR. Celles-ci décrivent Sophie comme une personne ni agressive, ni violente. Quant aux attestations des manifestants, elles font état de l’improbabilité que Sophie ait pu lancer des pierres. De plus, pour ce qui est de la cagoule et des lunettes de piscine, des tracts distribués en début de manif incitaient à en porter.

L’avocat revient ensuite sur la question de l’identification faite sur la base des vêtements de Sophie. En effet, l’un des agents de la BAC décrit la personne qui a lancé des pierres comme suit : sweat marron, cagoule marron et lunettes de piscine bleues. Le deuxième agent fait une description différente : sweat noir, cagoule beige et lunettes de piscine bleues. L’avocat précise que beaucoup de manifestants portaient des sweat foncés, des lunettes bleues et une cagoule. Il y aurait donc une erreur d’identification.

Il estime qu’on veut faire de Sophie un exemple et qu’une peine de 6 mois est excessive. Il demande la relaxe ou au pire des travaux d’intérêt général de 60 à 70 heures. Il demande aussi qu’en cas de condamnation, celle-ci ne soit pas inscrite au casier judiciaire et conclut en déclarant qu’une condamnation serait une erreur judiciaire.

Le jugement sera rendu le 15 septembre 2009 à 13H30


Ouest France a écrit:Une étudiante jugée pour violences

Au tribunal de Caen, une Coutançaise a été jugée hier pour participation avec arme lors des manifestations du mois de mai.
« Elle a bien envoyé des projectiles sur les forces de l'ordre », certifie le procès-verbal des policiers lu par le président du tribunal de Caen à l'audience. À la barre du tribunal, une jeune étudiante en première année de géographie. Sur les bancs du public, un comité de soutien étoffé.

Le 5 mai, au plus fort des défilés étudiants contre la loi Pécresse, les manifestants affrontent devant l'Université les forces de l'ordre qui reçoivent des pierres. Des policiers en civil, « profitant d'un tir de grenades lacrymogènes », interpellent un lanceur. Dans son sac à dos, ils trouvent bombes de peinture et un pétard.

« Je n'ai rien fait », déclare, lapidaire, la jeune femme de 19 ans. Elle pense avoir été confondue avec quelqu'un lui ressemblant. Le contenu du sac ne lui appartiendrait pas. Et les manifestants jetaient, dit-elle, « des mottes de terre et des oeufs ».

Elle a été formellement identifiée par les policiers, souligne la substitut du procureur, Émilie Soubeiran. Fatiguée des violences qui ponctuent les manifestations, elle requiert « une peine exemplaire » : six mois de prison avec sursis.

« Il existe un doute sur l'identification de l'auteur » des jets, selon Me Olivier Lehoux, avocat de la défense. Le seul élément d'identification commun dans les déclarations des policiers, ce sont les lunettes de plongée bleue du lanceur, affirme-t-il. Des lunettes très présentes lors des manifestations.

Délibéré le 15 septembre.

Ouest-France


Image

Action et affrontements avec les forces de l'ordre le 5 mai 2009

A cause de l'Ag de la matinée qui s'est terminée tard, le rendez vous pour cette nouvelle manif'action avait été décalé à 15h. Pour une fois depuis quelques semaines, le nombre de manifestants est en net augmentation. Avec ce qui s'est passé lors de la dernière action, les policiers sont sur le qui-vive. Deux d'entre eux ont rapidement repéré le petit jeu de certains manifestants qui étaient déjà cagoulés. En effet, une réserve de palettes, de pneus et de grilles a été aménagé dans le renfoncement du bâtiment Lettres coté rue du magasin à poudre. Ces diverses objets sont amenés sur la chaussée par plusieurs personnes comme la semaine précédente. Cette fois-ci, les barricades sont érigées beaucoup plus méthodiquement afin qu'elles résistent à une éventuelle charge. Les manifestants postés sur la pelouse sont invités par les mégaphones à occuper la chaussée. Mais contrairement à la fois précédente, tout ne va pas se passer comme les manifestants l'avaient pensé. En effet, à peine 10 minutes après la construction de la première barricade, un escadron de gendarmes mobiles fait son apparition rue Lecornu. Il se déploie assez rapidement et certains manifestants commencent déjà à quitter la chaussée. Les barricades sont renforcées à la hâte mais cela ne suffit pas. 5 minutes après leurs arrivés, les gendarmes mobiles marchent en direction d'une des barricades. Celui qui semble être le directeur adjoint de la sécurité publique du Calvados annonce par mégaphone qu'il va faire usage de la force. A 15h15, les gendarmes opèrent leur mouvement tout en lançant une salve de lacrymogènes sur la barricade. Les manifestants reculent presque instantanément. Les gendarmes poursuivent leur progression et pénètrent en partie sur le domaine universitaire puisqu'ils sont bien au delà de l'arrêt de tram. Au bout de deux minutes, ils effectuent un retrait jusqu'à la chaussée. Les manifestants qui s'étaient massés sur la pelouse avancent progressivement afin de réoccuper l'espace qu'ils venaient d'abandonner. Quelques slogans hostiles aux forces de l'ordre sont chantés. Pendant ce temps là, des gendarmes et des policiers déblaient les barricades. Le face à face dure une bonne vingtaine de minutes. Pour faire patienter l'assistance, les étudiants du CASC jouent des saynètes en rapport avec les actions précédentes. Des agents du service nettoyage de la mairie, pendant ce temps, continuent de déblayer les barricades et mettent tout le matériel sur des camions.

A 15h55, les gendarmes effectuent un retrait sous quelques applaudissements des manifestants. Ces derniers reprennent la chaussée laissée libre par les forces de l'ordre. Quelques pneus, laissés en réserve, sont disposés en rangée devant les manifestants afin de « singer » une nouvelle barricade. Les gendarmes mobiles leur font face en ligne à une dizaine de mètres. Quelques manifestants lancent en leur direction des mottes de terre sans jamais les atteindre. Vers 16h05, des personnes sont allées récupérer une poubelle qu'ils ont enflammé. Ils la poussent en direction des forces de l'ordre mais celle-ci s'écrase sur la voie de tram, répandant son contenu qui s'embrase lui aussi. Ce n'est pas du goût de la police qui demande aux gendarmes d'envoyer une nouvelle salve de lacrymogènes. Comme pour la charge précédente, les gendarmes pénètrent légèrement sur le campus ; la BAC, tente, sans succès de procéder à des interpellations. Une jeune fille, qui a un problème de claudication, tombe et les policiers tentent de l'interpeller mais les manifestants, voyant la situation, reviennent immédiatement à la charge et lancent tout ce qu'ils trouvent sur les policiers afin d'éviter l'interpellation. Une militante arrive à prendre en charge la jeune fille qui de suite amenée à l'infirmerie de l'université située dans le bâtiment Inscriptions. La jeune fille passera la nuit en observation au CHU. Cette tentative d'interpellation énerve plus qu'autre chose une bonne partie des manifestants. Ils n'hésitent pas à lancer des cailloux sur les gendarmes et policiers alors que ces derniers tentaient par tous les moyens de retirer la poubelle en feu. Ils sont obligés de l'abandonner et de se replier sur la chaussée. La situation se fige ainsi pendant dix bonnes minutes. La BAC traine ensuite la poubelle hors de portée des manifestants pour que les pompiers puissent l'éteindre. Après cinq minutes, les gendarmes se retirent de quelques mètres , ils reçoivent en passant quelques projectiles. Les manifestants réavancent en formant une chaîne au cri de « la répression ne nous fera pas plier ». La chaussée est de nouveau investie par les manifestants. La poubelle continue de se consommer. Mais les pompiers ne sont pas encore autorisés à l'éteindre, il s'y approchent juste pour constater les dégâts. Les manifestants leur chantent « les pompiers avec nous ».
Beaucoup de manifestants sentent bien que l'intervention des pompiers est liée à la non occupation de la chaussée par ces mêmes manifestants. Après cinq minutes, les gendarmes lancent un nouvelle salve de lacrymogènes, la BAC, quant à elle, lance des grenades assourdissantes. Et l'histoire se répète, les gendarmes foncent vers le campus. Malheureusement, une jeune fille tombe sur la voie de tram. Elle est immédiatement interpellée par cinq policiers de la BAC. Ils la trainent sur quelques mètres puis la remettent debout et l'amène vers les fourgons des gendarmes. Elle se trouve alors assise entre des policiers. L'un d'eux lui demande de se mettre sur le dos, elle lui répond qu'elle est déjà sur le dos. Il lui redemande la même chose, elle donne la même réponse. Enfin, il lui intime l'ordre de se mettre sur le ventre (sic). Elle est alors menottée et emmenée à l'hôtel de police. Pendant ce temps, les pompiers éteignent le feu de poubelle. Les manifestants reviennent près de la station de tram d'autant plus énervés par cette interpellation. Ils chantent « libérer notre camarade ». Plusieurs personnes lancent des projectiles en direction des forces de l'ordre.

Dix minutes après l'interpellation, une nouvelle poubelle est enflammée et lancée vers les gendarmes. Elle obtient le même sort que sa consœur en s'écrasant sur la voie de tram. A même cause, même effet : les lacrymogènes pleuvent sur la pelouse du campus et les gendarmes s'avancent jusqu'au niveau de la poubelle qu'ils protègent pour que des policiers l'éloignent du campus. Les détritus se consument et les gendarmes effectuent un petit retrait. D'autres poubelles sont récupérées et placées afin de construire un petit muret. Une nouvelle poubelle est enflammée puis lancée ; elle ne quitte même pas le campus. Les gendarmes et policiers ne réagissent pas. Des bouts de trottoir sont cassés afin d'en faire des projectiles. Ceux-ci sont ensuite jetés sur les gendarmes mobiles qui, cette fois, réagissent immédiatement avec une charge et des lacrymogènes. La BAC longe le bâtiment Inscriptions et vient lancer des grenades assourdissantes dans la foule qui fuit. Cette charge est plus importante que les précédentes par l'ampleur des grenades lancées car une bonne partie des manifestants se réfugie dans la cour d'honneur ; la pelouse est alors noyée par un nuage de lacrymogène et presque déserte. Les pompiers font leur travail sous la protection des gendarmes. Voyant que les manifestants reviennent vers eux, de nouvelles lacrymogènes sont lancées pour les en empêcher. Il faut plusieurs lancés pour mettre les manifestants à distance. Mais rien n'y fait. La détermination des étudiants est plus grande.

A 16h45, les gendarmes effectuent une légère avancée sur le campus. A cette occasion, un gendarme loupe le quai du tram et tombe sur la voie, son collègue qui le suivait tombe aussi. Cela provoque l'hilarité parmi les manifestants témoins de la scène. Plusieurs grenades assourdissantes résonnent entre les deux bâtiments entourant la pelouse. Les gendarmes reviennent ensuite sur la chaussée. Quelques projectiles sont lancés en leur direction. Ils répliquent par une grenade lacrymogène mais qui n'explose pas. Un nouveau face à face a lieu entre forces de l'ordre et manifestants. Il est interrompu par des jets de pierres puis un nouveau lancé de poubelle enflammée. Les gendarmes remettent les pieds sur le campus et les policiers enlèvent les poubelles qui n'ont pas toutes été enflammées. Mais les forces de l'ordre sont obligés de laisser une des poubelles à cause des jets de pierre qui s'intensifient. Ils reculent légèrement et envoient de la lacrymo. La poubelle abandonnée commence progressivement à s'enflammer sous les yeux impuissants des gendarmes mobiles. Ils la laissent se consumer tranquillement puis forment une chaîne pour afin que les pompiers l'éteignent de loin grâce à leur lance. Après que l'incendie soit maitrisé, des projectiles pleuvent de nouveau sur les gendarmes qui répliquent à coup de lacrymogène. Quelques grenades atterrissent même au pied du bâtiment Lettres. Après cette dernière charge, la pelouse est assez dégagée, les pompiers finissent d'éteindre les derniers détritus enflammés. Les gendarmes sont à la limite du campus et seuls quelques téméraires vont en leur direction pour leur jeter des projectiles. Ils reçoivent immédiatement des grenades lacrymogènes. Il est alors 17h15. Quelques étudiants commencent à revenir vers le phénix mais le gros de la troupe reste tranquillement dans la cour d'honneur. Les salves de lacrymogènes se succèdent afin de dégager la pelouse. Quelques grilles sont amenées afin de constituer une protection si d'aventure les gendarmes pénétreraient un peu profondément sur le campus.

Les manifestants sont désormais sur la pelouse formant un groupe d'environ 250 personnes. Ils ont l'air de se concerter puisqu'un petit groupe s'en détache et s'avance à toute vitesse vers les forces de l'ordre pour leur jeter des projectiles. Les gendarmes répliquent par des grenades lacrymogènes mais elles sont mal lancées et atterrissent quelques mètres devant eux. L'opération est renouvelé une deuxième fois mais les gendarmes mobiles réagissent plus rapidement et les lacrymogènes font fuir les manifestants. A 17h30, le campus est de nouveau noyé sous une nuage de fumée. Après cette dernière intervention, les gendarmes se retirent sur la chaussée puis repartent vers la rue Lecornu afin de regagner leurs camions. Les gendarmes mobiles quittent les lieux sous quelques applaudissements. Les manifestants se réapproprient la chaussée peu à peu, quelques uns lancent des petits projectiles en direction des policiers en civil qui observent les événements du côté de l'esplanade de la paix. Un pneu est enflammé par les manifestants. A 17h55, les manifestants se rassemblent autour du mégaphone, il est question d'aller montrer sa solidarité avec la personne interpellée. Il est aussi proposé d'y aller pacifiquement, non masqué afin d'éviter de nouvelles interpellations. A 18h, un cortège d'environ 1 500 personnes prend forme et descend le Gaillon. Il est assez impressionnant par son nombre mais aussi par son ambiance. D'un seul poumon, les manifestants crient « la répression ne nous fera pas plier ». Le cortège passe par les fossés Saint Julien puis remonte vers la place du Canada. Les manifestants s'engagent dans la rue Saint Nicolas afin d'arriver vers l'hôtel de police par le magasin Leclerc. Arrivés au niveau de l'église Saint Nicolas, ils sont informés qu'il y a bel et bien qu'une personne interpellée contrairement aux rumeurs qui circulaient depuis le départ du phénix. Les manifestants s'engagent dans la rue Thibout de la Fresnaye et s'arrêtent juste devant l'hôtel de police. Celui-ci est bien gardé par des policiers en tenue de maintien de l'ordre. Du côté du Leclerc, les gendarmes mobiles se sont déployés afin d'empêcher les manifestants de rebrousser chemin. Des slogans de solidarité sont scandés en faveur de l'interpellée. Les manifestants restent devant le commissariat vingt bonnes minutes. A 18h45, le cortège repart vers la fac en empruntant le boulevard Dunois puis l'avenue de Creuilly. Certains, au passage du Gaillon, en profitent pour aller se rafraichir dans les bars ; d'autres partent en ville se restaurer. Le comité de lutte est annoncé à 20h sur le campus bloqué.

La jeune fille interpellée a été libérée sur les coups de 22h. Elle passe en procès au mois de juillet pour violence aggravée sur des fonctionnaires dépositaire de l'autorité publique.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 05 Aoû 2009, 23:01

Voici un communiqué de la Coordination Nationale des Universités, suite à la publication des décrets relatifs à la réforme de la formation et du recrutement des enseignants.

Provocations estivales des ministres Valérie Pécresse et Luc Chatel

Le gouvernement a profité du cour de l'été pour publier aussi discrètement que possible les décrets relatifs à la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Il fait ainsi la preuve, une fois encore, de son rejet de toute véritable concertation et de son mépris pour l'ensemble de la communauté universitaire.

Les principaux sujets d'inquiétude demeurent l'articulation imposée entre un Master et un concours (ce qui créera des situations ingérables pour les étudiant-es), l'allongement de la durée des études d'au moins une année avant d'accéder aux métiers de l'enseignement (ce qui pénalisera les étudiant-es les moins aisé-es), le remplacement de l'année de formation en alternance par des stages sous-rémunérés au cours du Master, le contenu des concours eux-mêmes (qui ne permettra plus vraisemblablement de vérifier, chez les candidats, une maîtrise suffisante de leur discipline) ainsi que le flou savamment entretenu sur la création de Masters « métiers de l'enseignement », filière qui permettrait de recruter les enseignants sans leur donner le statut de fonctionnaire (ce qui institutionnaliserait la précarité dans les écoles, les collèges et les lycées).

Force est de constater que malgré sa rhétorique du dialogue, le gouvernement, une fois de plus, s'est refusé à prendre en compte les revendications de la communauté universitaire. Par conséquent, la Coordination Nationale des Universités condamne l'attitude du gouvernement et appelle les enseignant-es/chercheur-es, enseignant-es, chercheur-es, personnels BIATOSS et étudiant-es à démontrer dès la rentrée universitaire que les congés scolaires auront seulement marqué une pause dans la lutte pour la défense de l'Éducation Nationale. Si le gouvernement fait encore une fois passer en force, à la dérobée, des décrets quasi unanimement rejetés, il doit s'attendre à une riposte à la hauteur de cette provocation.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités 4 août 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede fu hsang » 06 Aoû 2009, 05:23

c est toujours le meme scenario
on dit partout que l automne sera chaud
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 16 Aoû 2009, 10:22

http://ujmenlutte-st-etienne.over-blog.com/
Mardi 4 août 2009
Appel à soutien: Réunion publique, le 1er septembre

« Trop, c’est trop !»

Le printemps 2009 a été marqué par la plus longue grève que l’université stéphanoise ait connue dans son histoire. Les étudiant-e-s et les personnels de l’UJM, mobilisé-e-s contre les lois Pécresse, combattent depuis plus de deux ans maintenant les réformes qui soumettent l’université aux logiques du monde marchand. Ces diverses lois, du Plan Campus à la LRU, compromettent gravement l’existence des petites et moyennes structures universitaires comme celle de Saint Etienne et c’est en cela que nos luttes ne sont pas vaines. Elles sont encore moins des luttes minoritaires et isolées puisqu’elles ont réussi à mobiliser et fédérer les énergies deux années durant.

Pourtant s’enfermant dans un rôle de bon élève aux ordres du gouvernement, la présidence de l’UJM a été une des premières universités de France à s’engager dans le processus LRU. De même, au cours du mouvement de grève, celle-ci s’est conformée aux différentes directives ministérielles visant à briser le mouvement de protestation. Ainsi, Khaled BOUABDALLAH a démontré sa volonté d’enrayer toutes velléités de contestation en autorisant l’entrée des forces de l’ordre le 13 mai dernier sur le site Tréfilerie mais aussi, en recourant à des sociétés privées de surveillance.

En convoquant devant des conseils de discipline une dizaine d’étudiant-e-s grévistes, la présidence de l’UJM vient de franchir une nouvelle étape dans sa logique répressive. Un accord avait pourtant été trouvé avec le président par lequel les grévistes s’étaient engagés à ne pas perturber les cours et les examens en échange de l’abandon de poursuites administratives et judiciaires. Cependant, afin d’empêcher toute reprise du mouvement de grève en septembre, la présidence a bafoué l’accord et a contribué elle-même à détruire le semblant de sérénité retrouvée qu’elle appelait de ses vœux il y a un mois à peine.

Ainsi, l’administration a trouvé comme prétexte, l’occupation illégale des locaux lors de la soirée de clôture de l’Université Solidaire du 30 juin dernier. Quelques 250 personnes s’étaient retrouvées autour d’un repas collectif et avaient assisté à des expositions de travaux artistiques et des concerts dont le déroulement et les horaires avaient pourtant été autorisés le matin-même par le responsable de la sécurité du site Tréfilerie.

L’autre fait reproché est la perturbation de la fête de l’inauguration de la nouvelle maison de l’université. Cette cérémonie devait se dérouler en présence de personnalités qui ont activement lutté contre le mouvement de grève, en la personne du recteur d’académie, du maire de Saint-Etienne et du président de l’université. C’est pourquoi les étudiant-e-s avaient décidé d’être présent ce jour là. Par ailleurs, ce projet immobilier au coût pharaonique est en lui-même une véritable provocation quand l’heure est aux suppressions de postes à l’UJM et à la précarisation de ses personnels…


Nous condamnons avec force la répression administrative contre les étudiant-e-s grévistes qui sont du fait de cette convocation, menacé-e-s d’exclusion de l’université.

Nous exprimons avec force et conviction notre attachement à une université ouverte en tant que lieu populaire de critique et d’émancipation.

Nous appelons toutes les personnes nous soutenant, à participer à une réunion publique, le 1er septembre à 18h30, à la bourse du travail.

Contact: Trefenlutte@gmail.com
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Mercredi 29 juillet 2009
Pas de vacances pour le mouvement!

Plusieurs d'entre nous ont eu la mauvaise surprise de recevoir par courrier recommandé avec accusé de réception une convocation devant la commission d'instruction de la section disciplinaire du conseil d'administration pour la rentrée de septembre. Il est reproché aux destinataires (connus!) d'avoir "porté atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'université" (article 2-2°b du décret 92-657 du 13 juillet 1992), tous et toutes lors d'actions collectives.

Nous avons décidé de nous organiser collectivement pour réagir à cette attaque de la part du président de l'université contre le mouvement anti-LRU stéphanois.

Pour cela, un premier RDV pour toutes les personnes ayant reçu ce courrier est fixé ce vendredi 31 juillet à 18H à la bourse du travail (entrée par la porte latérale côté place Albert Thomas). D'autres réunions plus larges seront bien évidemment organisées ultérieurement (nous aurons besoin de tous les soutiens!). Pour ceux et celles qui seraient dans l'impossibilité de venir, vous pouvez envoyer un mail à quidbloque@yahoo.fr

Par ailleurs, toutes celles et ceux qui peuvent nous apporter des infos complémentaires peuvent également écrire à cette adresse; nous comptons en particulier sur les copains et copines juristes !


Conseil de discipine pré-rentrée pour 10 étudiants

En pleines vacances, une dizaine d'étudiants stéphanois de l'université Jean-Monnet, meneurs des mouvements de grève de cette année, ont eu la bonne surprise de recevoir un courrier recommandé avec accusé de réception daté du 21 juillet leur signifiant une convocation en section disciplinaire du conseil d'administration.
Il leur est reproché d'avoir « porté atteinte à l'ordre et au bon fonctionnement de l'université », d'une part en ayant « perturbé la cérémonie du 24 juin relative à la pose de la première pierre de la future Maison de l'Université - Maison des étudiants », d'autre part en occupant « des locaux du Site Tréfilerie, la nuit du 30 juin au 1er juillet 2009 au-delà de l'autorisation accordée par le Président de l'Université ».

Des plaintes nominatives ont également été déposées à l'encontre de ces étudiants.

Première répression a posteriori

D'après Denis Aguiton, secrétaire fédéral de Sud Etudiant :

« C'est la première répression à posteriori du mouvement de cette année. Cela rappelle un peu l'affaire du lycée Ravel. Il y a de plus en plus une affirmation dans les universités d'un refus des mouvements de grève. »

D'après lui, cette action estivale a pour but de préparer la rentrée : « Il y a des inquiétudes que les mouvement de grève puissent se perpétuer, car le malaise ne s'est pas arrêté. »

C'est aussi le sentiment des étudiants incriminés : « Ils s'y sont pris pendant les vacances, pour déstabiliser le mouvement en septembre. »

Un engagement non respecté ?

Car pour eux, le président n'a pas tenu ses engagements. Comme l'a écrit un chercheur élu au conseil scientifique dans un e-mail à Khaled Bouabdallah, président de l'université :

« Nous avions eu l'engagement du vice-président recherche devant tous les élus lors de l'avant-dernier conseil scientifique qu'il n'y aurait aucune action nominative de la présidence notamment contre des étudiants qui ont participé aux mouvements sociaux. »

Contacté par Rue89, Khaled Bouabdallah analyse la situation différemment :

« Une chose est certaine, c'est que tout cela n'a rien avoir avec les événements du premier semestre. Hormis que cela concerne les même personnes.

Le mouvement a particulièrement été long et suivi à Saint-Etienne. Après des dégradations, des plaintes contre X et nominatives avaient étaient déposées. Je les ai entièrement retirées par soucis d'apaisement au mois de juin. Mais ont eu lieu par la suite deux événements qui n'ont rien à voir.

L'engagement correspond à ce qui s'est passé avant et concernait le premier mouvement. Je n'ai jamais dit qu'il n'y aurait plus de plaintes pour la nuit des temps. »

Le conseil d'administration a en effet rendu le 6 juillet une déclaration à l'unanimité interpellant le président :

« Le conseil d'administration met en garde l'ensemble de la communauté universitaire contre toute dérive minoritaire et demande au président de mettre en œuvre toutes les mesures et actions qui permettront un bon déroulement de la prochaine année universitaire. »

Le 17 juillet, Khaled Bouabdallah saisit donc par courrier Gilles Jacoud, président de la section disciplinaire du conseil d'administration. Pour l'un des étudiants incriminés :

« C'est encore l'excuse de la minorité, mais les deux actions visées faisaient partie du mouvement au même titre que le reste. La soirée du 30 juin était la soirée de clôture de l'Université solidaire, qui faisait partie du mouvement. Des enseignants étaient même présents. »

Concernant la cérémonie de la pose de la première pierre, elle considère l'action comme symbolique : « Toutes les personnes contre le mouvement étaient là : le maire, le recteur… »

L'image de l'université en jeu

Pour un des étudiants poursuivis, le véritable enjeu de ces poursuites c'est l'image de l'université Jean-Monnet :

« Tout cela a lieu dans le contexte de construction du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur, l'université veut se faire une place dans le pôle régional ».

Une autre étudiante confirme :

« C'est surtout l'action à la pose de la première pierre qui leur pose problème. Nous nous sommes invités au cocktail, et nous avons boycotté les discours. »

Un problème d'image que ne nie pas Khaled Bouabdallah :

« J'ai eu la honte de ma vie. Ils ont empêché la tenue des discours et insulté les élus de la République. Ils mettent en l'air l'image de l'université. »

Les étudiants passeront en conseil de discipline le 10 septembre. Cherchant à s'organiser collectivement, ils appellent à un rassemblement le 1er septembre à la Bourse du travail. De son côté, un enseignant élu au conseil scientifique a demandé de mettre l'annulation de cette décision à l'ordre du jour de leur première réunion de l'année.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 30 Aoû 2009, 14:35

« SAUVER » L’UNIVERSITÉ ? QUELQUES LEÇONS THÉORIQUES ET LIGNES TACTIQUES TIRÉES DE L’ÉCHEC DE LA GRÈVE DU PRINTEMPS 2009 Barot Emmanuel

Depuis le tournant du millénaire, l’université française a été le lieu, dans sa spécificité républicaine ouverte aux classes populaires, d’un compromis temporaire entre des logiques croissantes de réorganisation et de gestion comptables, et la préservation relative, dans le double champ de la pédagogie et de la recherche, de l’autonomie caractéristique de l’université post-1968. Ce compromis, ici ou là, s’est traduit par une variété de tiraillements qui bon an mal an, cependant, n’avaient pas encore produit de crise majeure[1]. L’abcès a été crevé au printemps, avec en son cœur la dissociation programmée de l’enseignement et de la recherche dont l’intrication statutaire est un principe traditionnel de l’identité universitaire. Cette dissociation n’est pas le tout de la crise, mais l’a concentrée, et témoigne du virage pris par l’« incorporation croissante de la science au Capital », selon la formule de Marx : comme l’atteste la place dorénavant conquise par les nouvelles hiérarchies et les nouvelles valeurs croisées de la communication, du business et du management, dans l’espace-temps symbolique même des enseignants-chercheurs (EC), ce compromis est en fin de droit.

Menée tambour battant au premier trimestre selon les canons de la LRU votée à l’été 2007, cette logique de double marchandisation des savoirs et de leurs producteurs-transmetteurs (les EC), s’est incarnée à l’automne dans des produits dérivés[2] qui ont le mis le feu aux poudres. Les refus progressifs de sacrifier sans mot dire aux injonctions gouvernementales relayées par les présidences universitaires ont trouvé assez vite une double bannière commune, symbolique, dont la généralité est justement l’un des problèmes : puisque « Le Savoir n’est pas une marchandise ! » il faut « sauver l’Université ». La grève universitaire lancée début février 2009 s’est soldée par un échec cinglant et total, et un dur retour à l’ordre organisé autour d’examens aux modalités revues et corrigées, pressions professionnelles, politiques et répressions policières à l’appui. Pourtant, et même si la nature et l’ampleur de cette « mobilisation » ont été très hétérogènes au niveau national, un mot d’ordre terminal a néanmoins scandé transversalement cet échec : la grève est officiellement « suspendue » jusqu’à la rentrée prochaine, et non arrêtée à proprement parler. Cette « suspension » n’augure de rien en particulier : autant des tensions et des crises vont ici ou là nécessairement advenir, autant rien ne garantit une contestation d’ampleur comparable à ce qui a été expérimenté au printemps. Mais il faut être prêt même à l’improbable, et pour cela être certain que cette double bannière est la bonne.

Or les quelques remarques qui suivent, évidemment schématiques, partielles et partiales, visent à justifier l’affirmation selon laquelle cette double bannière revendicative a recouvert jusqu’ici, pour l’essentiel, une défense de l’université publique française de type « social-démocrate » contradictoire et inconséquente qui fut l’un des facteurs déterminants, à la fois cause et effet, moteur et reflet, de cette grève et de son échec[3].

Il faudrait des enquêtes précises (économiques, sociologiques notamment) pour asseoir très précisément les remarques qui vont suivre : celles-ci resteront donc à un niveau de généralité insuffisant par lui-même, même si l’on espère à cette occasion produire un peu de clarté. Le fil directeur qui les anime est le suivant : c’est sur la base (I) d’une contextualisation globale de la nature du processus actuel de refonte de l’université que l’on peut (II) mettre en évidence et articuler les différentes logiques de résistances et leurs limites respectives qui ont façonné cette grève, et par là montrer son caractère contradictoire, ainsi que les raisons de cette contradiction. Si la contestation et la grève – suspendues – doivent reprendre et si l’on veut éviter que cet échec social-démocrate ne se reproduise, alors s’impose dès maintenant, en conséquence de ces analyses (III) la formulation la plus nette de quelques mots d’ordre théoriques et stratégiques dûment revisités.

I. La « marchandisation » de l’université :ambiguïté de sa critique, analyse de sa nature

Derrière la « marchandisation » des savoirs il y a deux points de vue d’autant plus intriqués qu’il faut les distinguer. La refonte de la production-transmission des savoirs doit être analysée sous l’angle de la transformation de leur nature, de leur fonction et de leur destination en tant que tels, mais aussi sous l’angle des agents de cette production, les EC et les personnels ouvriers et administratifs. Le premier problème, celui des savoirs, n’est pas exactement le second, pudiquement dénommé « formation des étudiant-e-s », qui est celui des sujets (« agents » et « patients ») de la reproduction d’une force de travail qualifiée, c’est-à-dire ceux qui la font en la subissant et la subissent en la faisant. La première dimension est celle du processus de dévalorisation des savoirs, entendant par là le processus de leur disqualification symbolique, culturelle. Les savoirs tendanciellement légitimes sont ceux qui satisferont aux nouvelles exigences de la société et du marché, c’est-à-dire s’acquitteront efficacement de leur nouvelle « fonction », c’est-à-dire traduiront le nouveau type de qualification exigée par ces derniers, c’est-à-dire seront conformes à la nouvelle division sociale et technique du travail, c’est-à-dire joueront adéquatement leur rôle dans la reproduction de la force de travail exigée par les transformations du capitalisme. C’est cela qu’il faut énoncer derrière la « marchandisation » des savoirs : or énoncer cela, c’est d’emblée analyser les nouveaux canons de la production-transmission des savoirs sous l’angle de ses agents : et cette disqualification symbolique des savoirs, donc de leur production et de leur enseignement, s’effectue au travers d’une prolétarisation (pudiquement appelée « précarisation »), d’une déqualification socio-économique des agents.

Ces deux « points de vue » sont assez bien distingués, mais souvent mal articulés, parce que ce qui manque cruellement, c’est l’appréhension précise de la nature de la rupture manifeste qu’accomplit ce processus biface par rapport à ce qu’était l’université d’avant, et cela d’autant plus que la période actuelle est celle d’une transition, c’est-à-dire d’un moment où coexistent et s’articulent, derrière la continuité partielle des personnes et de la matérialité des institutions, des traits structurels anciens mais encore prégnants, et des traits seulement émergents mais bien saillants depuis l’automne 2008. Je parle donc ici de l’université « d’avant » non pas au sens, évidemment, où celle-ci aurait disparu et qu’il n’en resterait rien, mais au contraire en ce qui fait d’elle un modèle idéal-typique d’une période de l’histoire récente dont nous sommes en train de sortir.

1. Le présupposé fallacieux de la neutralité de l’ancienne université

Un présupposé « historique » sous-tend la position social-démocrate protestant contre la « marchandisation » des savoirs et des agents, et exigeant de « Sauver l’Université ! » (et de « Sauver la Recherche »). Constituée antérieurement à la LRU, c’est néanmoins le nouveau modèle que cette dernière institue – avec ses amorces antérieures comme ses décrets afférents – que l’organisation qui porte ce nom combat, avec une position d’ensemble qui a largement essaimé au-delà d’elle-même : c’est cette position d’ensemble, pas l’organisation elle-même, que j’examine ici. L’association de ce appel au sauvetage avec la bannière anti-marchande véhicule pour l’essentiel l’idée suivante : la nouvelle université en préparation sera essentiellement soumise au règne multiforme et direct de la marchandise, au contraire de l’université antérieure qui, malgré ses dérives ou ses excès, était caractérisée par nombre de garde-fous qualitativement distincts, notamment le fonctionnariat d’État, l’indépendance de l’enseignement et de la recherche, et la possibilité de mener des politiques pédagogiques, fût-ce dans des disciplines sans effectifs quantitativement importants, sur le long terme sans compressions budgétaires mettant leur existence réellement en danger.

Certes, cela décrit bien l’université façonnée dans l’après 1968, dans un fonctionnement relativement serein – l’échec de la réforme Devaquet en 1986 témoignant de sa solidité – jusqu’au milieu des années 1990. Mais cette université d’avant le xxie siècle était à l’image d’une certaine organisation des rapports de production et des rapports sociaux, et c’est une grave erreur d’appréciation que de penser les réformes actuelles comme l’indice d’une marchandisation de savoirs qui auparavant n’auraient pas été marchandisés. Les savoirs et pratiques de « l’ancienne » université n’étaient pas des savoirs et pratiques non soumis au règne de la marchandise ou indépendamment de lui : ils y étaient déjà soumis, à la fois clairement mais indirectement. Ce qu’il faut saisir est que ce règne de la marchandise change en partie d’organisation, et que ce changement se traduit par une transformation du mode et de la forme par lequel l’université lui est soumis. Si on veut « sauver » l’université, ce n’est pas en en refusant l’actuelle « marchandisation » que l’on y arrivera, mais en comprenant la logique de cette double mutation.

Les temps ne sont peut-être pas encore mûrs pour un combat offensif, mais le travail conceptuel et la prise de recul peuvent du moins nous aider à déjouer en partie les écueils, les naïvetés et les ambiguïtés d’un mot d’ordre tel que ce sauvetage « contre la marchandisation » – la métaphore du sauvetage étant d’ailleurs réactive au point d’en être douteuse.

2. L’université comme AIE

Revenons d’abord à la problématique althussérienne des « Appareils idéologiques d’État »[4] (AIE) pour la « dialectiser » ensuite, c’est-à-dire l’insérer dans le processus des mutations actuelles. Dans l’analyse althussérienne, l’École dans sa globalité, et l’Université en particulier, constitue traditionnellement le plus important des « appareils idéologiques d’État », c’est-à-dire de ces « appareils » (ensemble d’institutions et de pratiques régularisées) dont la fonction est double : (1) assurer l’attribution différentielle de compétences de la future force de travail ; (2) assurer cette reproduction par le biais et dans les formes de la soumission à l’idéologie dominante, que cette soumission soit imposée, ou qu’elle s’opère par la transmission des moyens de son maniement adéquat. A la différence des appareils répressifs d’État, qui fonctionnent plus à la violence et à la contrainte directe qu’à l’idéologie et la persuasion, ce sont ces dernières qui sont le ciment dominant de l’appareil scolaire.[5]

D’où la nécessité de relativiser l’opposition public/privé. On crie beaucoup aujourd’hui, à juste titre, contre la « privatisation » des services publics, et ce qui va avec. Cependant défendre l’université « publique » contient une forte ambiguïté : l’opposition entre le « public », censé indiquer la neutralité et l’impartialité de l’État Républicain, et le « privé » censé marquer la pure domination capitaliste, est très illusoire. La forme « publique » ou « privée » n’est pas en tant que telle l’indice probant de la nature réelle de l’appareil : c’est ce qui se fait et comment cela se fait, qui doit retenir l’attention. Précisons : l’université comme AIE a été façonnée depuis l’après-guerre, sous arbitrage étatique (c’est-à-dire sous le sceau « républicain »), par les luttes sociales et des revendications égalitaristes. C’est donc évidemment un lieu où le pouvoir bourgeois (1) ne peut pas tout contrôler, parce que s’y expriment des parties de la classe exploitée, et (2) n’a pas intérêt à tenter de tout contrôler, et cela parce que (2a) d’une part ses agents eux-mêmes font une partie du travail d’auto-subordination justement parce que la classe exploitée y voit certains de ses intérêts satisfaits, et (2b) d’autre part parce qu’elle est ce faisant un lieu d’absorption, de localisation et donc d’anesthésie d’un antagonisme structurel dont le cœur est ailleurs, dans les structures directement marchandes (privées ou semi-publiques pour les entreprises d’État ou pas mal de collectivités territoriales) de la production de biens et services. Qu’un élément perdurant de et dans l’idéologie universitaire soit celle de sa « neutralité », de son « réalisme » et de sa « responsabilité » sociale, etc.[6], reste dans l’évidence la condition remplie pour que les mécanismes de reproduction de la force de travail qu’elle abrite ne soient pas décryptés comme et pour ce qu’ils sont.

La dérégulation et désétatisation actuelles de l’université changent clairement la donne : pour comprendre la transition actuelle, il faut donc comprendre comment peut se définir ou se penser l’insertion, qui n’est pas immédiatement lisible, de l’université dans le marché, dans la forme antérieure, et dans celle qui s’annonce. Ceci exige quelques médiations.

3. Valeur marchande et valeur « sociale » de l’université

De façon générale, la valeur marchande de l’université n’est qu’une partie seulement de sa valeur sociale, et cette dernière ne saurait être globalement quantifiée, puisqu’elle est qualitative, c’est-à-dire matériellement « improductive » : la création de valeur dans l’université (et les services « publics » en général) est difficile à mesurer, tout simplement parce que le savoir-faire d’un enseignant, par exemple, ne s’exerce pas dans le champ standard de la production, mais dans celui de la reproduction de la force de travail[7]. D’où une première difficulté : l’université a une double fonction de production des savoirs et de reproduction de la force de travail via la transmission de ces derniers. Il y a donc un double rapport de l’université au marché : les savoirs sont par définition, comme produits du travail, des marchandises. Mais des « marchandises » très spécifiques puisqu’elles ne sont pas tant l’objet d’une circulation marchande que d’une immédiate réinjection dans la reproduction de la force de travail : ils ne sont donc qu’en un sens dérivé, et pour tout dire métaphorique, des marchandises[8]. Rigoureusement parlant, ils sont un enjeu majeur du capitalisme moins par la plus-value directe ou indirecte qu’il rapporteraient que parce qu’ils sont les moyens de la reproduction exigée de la force de travail.

On peut résumer à grands traits la rupture à l’œuvre de la façon suivante. Dans la situation d’avant l’obtention d’un diplôme assurait une insertion dans la société capitaliste et service-publique sur la base de savoirs et savoir-faire dont ils sanctionnait l’acquisition et la maîtrise. La forme marchande à venir est pour l’essentiel la suivante : l’obtention d’un diplôme témoigne avant tout d’une soumission au nouvelles conditions économiques et sociales en vigueur, les savoirs nécessaires étant essentiellement ceux destinés à assurer directement la reproduction des structures et des mécanismes de la plus-value, nouveaux savoirs lissés et transversalisés sous le sceau de la modernisation à la sauce « bonne gouvernance ». On voit bien ici la différence et l’identité des deux situations : la « forme »[9] de cet élément de la reproduction des rapports de production capitalistes change partiellement, mais pas sa fonction au sein des mécanismes de maximisation du taux de profit.

Cette transformation exige par définition la transformation corrélative de la reproduction des moyens de cette production (de valeur, de richesses, de biens matériels, de services, etc.), et évidemment celle de la force de travail, c’est-à-dire du processus social et économique de la qualification : l’attribution réglée de compétences, savoirs et savoir-faire exigés par l’état de la division générale du travail, laquelle est toujours polarisée entre tâches de direction et d’encadrement d’un côté, d’exécution de l’autre, que cela soit dans l’espace étatique de l’administration, l’espace de l’entreprise, et l’espace du service social.

4. Professionnalisation, diplômes et examens

La reproduction de la force de travail, au-delà de ses conditions matérielles (des bourses aux futurs – hypothétiques – salaires), doit encore satisfaire à des conditions légitimantes, c’est-à-dire celles exprimant l’attente sociale et culturelle des futures forces de travail : et en particulier celle du diplôme, donc des examens qui en légitiment l’attribution, à la fois du point de vue de l’institution, qui trouve en ces derniers sa justification, et des étudiants, qui trouvent en ces derniers leur objectif. Cette question des examens est effectivement assez éclairante sur la transition complexe d’aujourd’hui. Soit la grève universitaire de 1976. La sanction finale fut : pas d’examens sans cours. Une vérification quasi policière eut lieu, diligentée par les recteurs, des contenus de cours réellement assurés au moment des examens réaménagés, et cela après 6 mois de grève. 2009 : le même discours est tenu. Mais cette fois la tendance réelle à l’œuvre fut de considérer que des examens bien plus allégés pouvaient faire l’affaire pour autoriser une délivrance des diplômes digne de ce nom[10], même si la focalisation officielle, outrancièrement médiatique, sur ces examens, s’est faite évidemment au nom de la défense de leur « valeur » : cet alibi contre la contestation est bien connu. Qu’est-ce qui, en termes de cohésion sociale, est en jeu dans cette question des examens ? Que la transaction universitaire, avec le diplôme comme « salaire », s’effectue bien, c’est-à-dire que le processus de qualification hiérarchisante de la future force de travail s’accomplisse dûment : la fonction reste bien la même de l’université d’avant à celle en cours d’institution.

Le rapport de plus en plus distancié (quoique insuffisamment) des enseignants et des étudiants à l’égard des examens témoigne d’un changement certain de leur rapport à leur fonction, leurs effets et leurs modalités : le taux de chômage et la dévalorisation de la culture ont très clairement amoindri leur impact et leur signification antérieurs. Voilà pourquoi par exemple un nombre croissant d’étudiants sont prêts à s’engager au point de perdre leur diplômes, quitte, pour donner le change, puisque la situation sociale est transitoire et le besoin du ticket d’entrée sur le marché du travail encore présent, à demander la « validation automatique » des examens. Ce qui signifie deux choses : d’une part les contenus pédagogiques s’annoncent d’un niveau, qualitatif et quantitatif, considérablement amoindri, et d’autre part et corrélativement, la lucidité va croissante sur la déconnexion structurelle également croissante entre la « vertu » sociale du diplôme dans le monde du travail d’aujourd’hui, et la production-diffusion-apprentissage de savoirs en tant que telle.

L’agent majeur de cette déconnexion est la logique anti-qualitative à l’œuvre dans la nouvelle légitimation des formations en fonction des « champs de métiers » auxquels elles sont censées directement ouvrir, réorientation qui exprime la pression marchande et concurrentielle croissante qui l’anime (ainsi les PRES, pôles de « compétitivité », « d’excellence », sanctifiés dès 1994 par Bologne[11]), et qui se traduit par une réduction spécifique du « social » (valeur sociale) au « marchand » (valeur marchande) dans et par la « professionnalisation » : entendre que « l’insertion professionnelle » sur le marché devient le seul véritable critère d’évaluation « sociale » c’est-à-dire d’attribution de valeur à l’enseignement universitaire. Le problème n’est pas tant celui de la décentralisation ou de l’« autonomie » impliquées par la LRU, il vient de ce que ces dernières sont des illusions, inféodées aux décisions clés d’un État central qui a plus que jamais besoin de sa bureaucratie (même si elles prend des formes priv(atis)ées), et derrière, à des intérêts mercantiles nationaux et internationaux évidents qui seront défendus localement. L’accroissement corrélatif des dispositifs de surveillance, de contrôle, d’évaluation, témoignent de ce que cette logique anti-qualitative met déjà efficacement au pas les récalcitrants, soit en les soumettant, soit en les poussant chaque jour un peu plus à la démission, étudiants comme enseignants.

Circulairement cause légitimante et effet reproducteur, cette « professionnalisation » des diplômes est le noyau dominant des réformes concomitantes des enseignement et de l’enseignement, puisque (1) elle rend institutionnellement poreuse la distinction public-privé et laisse le champ libre aux procédures d’évaluation et de qualification directement issues des entreprises, (2) elle légitime la dissociation en profondeur de l’enseignement d’avec une « Recherche » réduite matériellement et temporellement, et selon un canal élitiste, à la portion congrue pour improductivité (logique du résultat, programmes à court terme, dispositifs exponentiels d’évaluation et surcharge administrative, etc. : ANR, AERES) et pour incompétence (inutilité, abstraction, etc.) dans ce processus de qualification.

5. Le primaire, le secondaire, le supérieur : une transformation totale

C’est ici que l’on voit bien combien la mutation de l’université s’insère dans la transformation complète de tout l’appareil scolaire, primaire et secondaire inclus[12] : outre la volonté affichée de faire disparaître la maternelle, c’est la réforme Darcos des collèges et lycées, temporairement repoussée à l’hiver 2008 sous la pression des mouvements lycéens, qui est le second volet dont la LRU est le premier. C’est un euphémisme que de rappeler le mépris systématique dont, comme un seul homme, les tenants du pouvoir témoignent à l’égard de l’université, qui est par principe la voie post-bac à éviter – parce qu’elle est pourvoyeuse d’une forte proportion de chômeurs dans la mesure où elle est déconnectée du marché du travail, parce que les étudiants se perdent dans la masse et ne sont pas dûment (en)cadrés, et pour cette raison abandonnent leurs études avant d’arriver à leur terme naturel (le diplôme).

La « professionnalisation » et le suivi systématique (selon le fil conducteur des « projets individualisés ») des étudiants viennent donc à point nommé pour réduire ces carences structurelles. On peut s’étendre sur le fait que les formations en « alternance » restent une double manne financière à deux titres (de la main d’œuvre toute fraîche et non encore diplômée pour les entreprises, une « gestion » des flux à moindre coût pour l’institution) et idéologique (refaçonnement des principes universitaires d’évaluation selon la critériologie de la performance et de la concurrence), dont les intérêts sont évidents. Mais ce qui est essentiel ici, c’est de voir combien cette refonte est déjà à l’œuvre dans le secondaire et y prépare : les mêmes principes gouvernent les orientations dans les filières et leurs hiérarchisations. Le projet d’aligner l’organisation des filières technologiques des lycées sur le filtrage déjà à l’œuvre dans les filières dites "générales" au travers de classes préparatoires – de circuits d’excellence – produisant non pas des techniciens supérieurs (BTS, IUT) mais des ingénieurs, etc., va évidemment dans le sens de l’évitement de l’université, et abonde dans la logique ultra-pyramidale et élitiste de la « Grande École », dont le moins que l’on puisse dire (exceptée pour les ENS dont le caractère « public-républicain » reste encore le sceau officiel) est que, des IEP à la multitude des écoles de commerce, le caractère « public » ou « privé » est difficilement décelable à la fois en termes de droits d’accès, et de types de savoirs et de pratiques dispensés. Etc. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage : c’est ce qui se passe avec l’appareil scolaire et universitaire dans ce qu’il a encore de démocratique et de non strictement aligné aux « besoins » de la « société ».

Ce qui est frappant avec cet ensemble totalitaire de réformes qui sont remarquablement cohérentes dans leurs principes et leurs articulations, c’est évidemment qu’elles ne s’énoncent que très marginalement comme parties d’un tout – sinon sous le label transversal de la professionnalisation et de la modernisation. Elles arrivent en même temps, font masse par leur multiplicité, mais désactivent par avance une résistance unitaire par leur apparent éparpillement, leur apparent pointillisme. Le tour de force au niveau tactique, dans la conduite de ces réformes – tour de force caractéristique d’un pouvoir qui sait très exactement ce qu’il fait et comment il doit le faire –, en tant qu’elles obéissent aux mêmes objectifs, c’est à la fois de les mener ensemble (selon le mode du passage en force) mais selon des timings légèrement différenciés afin qu’elles se justifient mutuellement. L’application concrète des réformes rendues possibles par la LRU suppose que les lycéens y soient vite préparés : d’où la « nécessité » de la réforme Darcos juste suspendue, donc à venir très bientôt sous la houlette de ses successeurs (et sous des formes moins propices aux manifestations lycéennes, qui vont toujours mauvais genre)[13]. Mais un pan structurel de cette réforme est avancé au motif de la nécessité de l’harmonisation (ô simplicité, ô clarté…), de la normalisation du séquençage des enseignements sur le modèle de la semestrialisation et de la modularité en vigueur à l’université depuis la réforme LMD de 2003.

Mais un dernier exemple suffira à montrer l’organicité de toutes ces réformes : un point central de la réforme professionnalisante de l’université, c’est celle de la formation… des futurs enseignants du primaire et du secondaire, au cœur de la grève universitaire. Sans rentrer dans le détail, ce qui est à l’œuvre, c’est la refonte du type de « compétences » qu’un enseignant est censé devoir posséder : mieux vaut une bonne connaissance du système éducatif, au vague croisement de quelques leçons juridiques, sociologiques, psychologiques, etc. que des connaissances disciplinaires de haut niveau (acquises justement selon le principe de l’intrication substantielle de l’enseignement et de la recherche) dont au fond, les méthodes pédagogiques sont les mêmes, et en tous cas dont le luxe de détails est trop coûteux par rapports aux besoins de la société. On réforme donc en Masters « métiers de l’enseignement » les traditionnelles préparations aux concours. Il faut donc du même coup réformer ces concours : diminuer en conséquence la part d’évaluation disciplinaire qui faisait jusqu’ici leur spécificité, valoriser les compétences « transversales » (langues – mais pas n’importe lesquelles : l’anglais de « Wall Street », pas celui de Shakespeare –, informatique) régionaliser les recrutements et les proportionner en fonction des besoins des "bassins d’emploi", quitte à mettre un peu plus de "culture générale" histoire de vernir le tout. Mais, à un autre bout de la pelote, on a décerné aux instituts catholiques privés (attention : pas ceux nécessairement sous contrat avec l’État, ceux simplement reconnus par le Vatican) l’équivalence de leurs diplômes de L, M et D, avec ceux décernés sous le sceau de l’État français. Evidemment, rien n’empêche, comme un certain nombre s’y sont déjà activement attelés, ces instituts privés d’offrir des préparations… de Master "métiers de l’enseignement". Comme le niveau disciplinaire, scientifique au sens large, des concours a été revu à la baisse, rien n’indique que les candidats formés dans ces instituts soient moins capables que ceux passés par l’université de réussir vaillamment les épreuves de "connaissance du système éducatif". Si l’on rajoute d’une part que ces formations privées et coûteuses, pour les étudiants (c’est-à-dire ceux qui en ont les moyens), sont en partie financées par l’État, et si d’autre part l’on a en tête le fait que l’ambition affichée est la destruction, pour inutilité sociale et pédagogique, des écoles maternelles et de leurs enseignants, alors on se retrouve dans la situation suivante : l’étudiant curé, passé par le moule idéologique de sa tendance religieuse privativement estampillée par le Vatican, pourra devenir l’instituteur public du primaire public, avec la bénédiction, la sanctification même, et l’argent de la République, le tout avec des programmes scolaires eux aussi réadaptés (avec notamment les relectures de l’histoire qui s’imposent), au secondaire et au supérieur, qui en retour, le moment venu, se réadapteront à eux. Etc. Et les allocations familiales auront été revues à la hausse : s’il n’y a plus de maternelles, il y aura des jardins d’enfants payants pour les foyers de jeunes cadres dynamiques, mais pour les autres il faudra bien trouver quelqu’un pour s’occuper des enfants. Faire revenir en les "intéressant" les mères au foyer fera d’une pierre trois coups : (1) baisse du taux de chômage ; (2) réinstauration du patriarcat et du confinement de la femme dans la sphère domestique ; (3) transition à l’âge utile de la cellule familiale refondue à la cellule religio-scolaire du primaire refondu. Voilà comment, au-delà même des logiques mercantiles (tout ceci permet de déréguler le recrutement, d’accentuer les contrats précaires sur le courte durée, et d’avoir une substantielle "armée industrielle de réserve" faisant la queue au portillon des rectorats pour obtenir un hypothétique contrat à l’année payé au lance-pierre), ou plutôt à leur faveur, faisant bloc avec elles, on façonne une nouvelle société, ou plus exactement en l’occurrence comment on la refaçonne en réinstituant des principes de division sociale, d’apprentissage de la soumission – à Dieu, au Marché, à l’État – que l’on espérait pour partie définitivement périmés 14[14].

6. « Subsomption formelle » et « subsomption réelle » du procès du savoir sous le capital

Passé ce petit excursus, revenons maintenant à la rupture entre l’université – l’École – d’avant et celle de demain : la compréhension de la nature de cette rupture est capitale[15], car elle montre en toute limpidité, entre autres que la disparition en cours de la forme « étatisée » de l’université n’en est pas une cause, mais une conséquence. La transformation des rapports de production implique celle de la reproduction de leurs moyens, et donc celle de la reproduction de la force de travail et des savoirs que celle-ci doit produire et transmettre. La transformation d’ensemble des rapports de production a donc pour conséquence celle de la qualification du champ de ce qu’on appelle encore les services « publics » : les réformes des contenus et des pratiques enseignantes (mais aussi : médicales, des transports, de l’énergie, etc.) ne sont compréhensibles que comme effets et comme moyens, c’est-à-dire comme conditions de réalisabilité d’une transformation générale des structures d’ensemble de la production qui lui est « logiquement » antérieure. La première erreur théorique consiste à « autonomiser » le problème scolaire du reste du processus, et prétendre que le plan pertinent de formulation et de résolution du problème universitaire est le plan « pédagogique », et polariser dans cette veine les conflit sur le plan des examens (qui réfracte le problème mais qui n’est pas le problème), est l’opération idéologique majeure qui a objectivement cassé, on le sait tous, la grève de ce printemps. Mais elle l’a cassée dans la mesure où déjà auparavant les protagonistes de la grève avaient accepté le terrain de l’adversaire, celui de cette « opinion publique » (dont ils font partie), acquise aux cadres généraux de la division du travail et à son principe de la qualification hiérarchisante dans l’ordre établi.

Entendons par le terme barbare de « subsomption de X sous Y » la subordination de X à Y, ou la domination de X par Y. Il me semble ici éclairant d’associer :

(1) d’une part l’université d’avant comme AIE à la « subsomption formelle » du travail et de son produit, sous le capital ;
(2) d’autre part l’université nouvelle comme AI « dés-étatisé », à la « subsomption réelle » des premiers sous le second.

Dans les deux cas on reste face à un « appareil » (avec une même fonction de reproduction d’une force de travail qualifiée dont le moyen est la production-diffusion de savoirs et compétences) « idéologique » (fonctionnant à la persuasion et l’auto-persuasion plus qu’à la répression) : le passage du « public » au « privé », de l’État aux régions et pôles locaux, étant plus généralement la marque d’une fin (relative) du monopole d’État, c’est-à-dire du capitalisme monopoliste d’État en la matière, dont les orientations et l’organisation avaient été conquises par le mouvement ouvrier et la résistance républicaine.

Précisons maintenant le sens dynamique de cette distinction entre « formelle » et « réelle ». Le passage de l’université « étatisée » à l’université « bologno-LRUisée » est passage d’une forme marchande-étatisée de production des savoirs à une forme marchande-dérégulée où les savoirs anciens ne sont plus économiquement conformes au capitalisme d’aujourd’hui, mais où les savoirs à venir ne sont pas encore pleinement institués et leurs institutions pleinement transformées : nous sommes en plein dans la transition. Cette transition s’apparente pour partie à ce que Marx appelait[16] le passage de la « subsomption formelle », c’est-à-dire l’intégration des savoirs dans les rapports économiques sociaux mais encore caractérisés par la possibilité réelle de les produire et de les transmettre sans que les lignes structurelles de ces rapports sociaux ne les constituent, à la « subsomption réelle » du travail sous le capital : de ces savoirs conduits avec une certaine indépendance, pour ceux qui avaient droit de cité[17] on passe à des savoirs substantiellement transformés et infléchis, à la fois dans les modes de production et de contrôle, d’évaluation en croissance exponentielle, d’organisation et de développement (financiarisation à court terme des projets), et de légitimation et d’affichage (logique de la communication plutôt que de la publicisation) qui commencent à les encadrer dorénavant. Savoirs « réellement » refondus et non pas seulement « formellement » gouvernés, de façon croissante jusque dans leurs contenus, leurs modalités et leurs destinations, logique témoignant d’une vigueur nouvelle, d’un renouveau de puissance du capital[18].

7. Voilà pourquoi « Sauver [sic] l’Université » & Cie ne saurait être un mot d’ordre sérieux, et cela en deux sens généraux :

(1) L’organisation économique et sociale, et l’économie spécifique des savoirs ne sont plus ce qu’elles étaient, et il est donc illusoire de penser pouvoir maintenir grosso modo le modèle antérieur : il est impensable que l’université reste un empire dans un empire, doué d’une indépendance à l’égard du social et du politique en général. Cette organisation et cette économie des savoirs se transforment en conséquence d’un changement général des rapports de production, celui dont on sait qu’il sanctionne en profondeur la fin du compromis capital-travail issu d’une part de l’héritage républicain de la résistance, d’autre part des luttes (et des conquêtes) du mouvement ouvrier, et dont témoigne le passage au pouvoir d’une droite « décomplexée » ultra-libérale, populiste et autoritaire, et dont l’œuvre consiste à opérer les refontes institutionnelles adaptées, au moins au maintien, mais le plus souvent à la hausse du taux de profit.

Vouloir « Sauver l’Université » sans s’attaquer aux rapports de production d’ensemble même est donc parfaitement illusoire.

(2) Mais si d’une part ce sauvetage est impossible, il est de surcroît pour d’autres raisons non souhaitable. La structure extrêmement hiérarchisée et à bureaucratisée faisait de cette université, à l’image de toutes les structures de l’État, un composant de l’administration, du contrôle et de la cohésion sociaux absolument harmonieux avec les caractéristiques du capitalisme d’alors. Cette université était notoirement propice au mandarinat, à l’ultra-hiérarchie, c’est-à-dire d’une part caractérisée par un élitisme globalement autoreproducteur dont les logiques d’héritage foncièrement antidémocratiques sont connues de longue date, et d’autre part, à l’image de toute bureaucratie étatisée, par un parasitisme, minoritaire mais permanent, également connu de longue date.

La « crise » d’aujourd’hui, avec et derrière la « rupture » avec l’ancienne université, dévoile aussi des logiques de continuité, qui montrent que l’Université d’avant jouait le même rôle que celle qui advient, mais dans un contexte et donc avec une forme différente. L’université en phase de destruction est celle d’une société état-providentialiste elle-même en destruction : vouloir la sauver réellement impliquerait une sauvegarde effective de l’ensemble des structures état-providentielles du pays. Le leitmotiv de la « sauvegarde des services publics » reste essentiel, mais ne nous faisons pas d’illusion : ce combat n’a que bien peu pris la mesure réelle du processus en cours de déconstruction-reconstruction culturelle et économique, sociale et politique, comme il n’a que bien peu pris la mesure du rôle réel de ces mêmes appareils « publics » dans la reproduction des hiérarchies de la société de classes.

Vouloir « Sauver l’Université » antérieure, sans même aucun passéisme ni aucune défense du statu quo, mais en omettant de mettre au cœur de l’analyse l’ensemble de ces contradictions structurelles (essentielles) tout en se focalisant sur ses « dérives » ou ses « excès » (accidentels), voilà l’inconséquence transversale constitutive de la grève du printemps 2009, et de son échec.

II. De quelques contradictions de la grève et des raisons de son échec

1. Le principe culturel d’une protestation « alternative »

Le mot d’ordre de la grève « L’Université s’arrête » est entré en vigueur au 2 février 2009. Les six semaines qui ont suivi ont été celles d’une grève du zèle – grève dite « active » (sic) – : moment important et stimulant d’ouverture au cours duquel un autre rapport aux étudiants (et, mais dans une mesure moindre, aux personnels non enseignants) a été noué. Rapport d’échange, de dialogue, de dépassement progressif, dans le cadre d’AG communes dans les composantes, de la multiplicité de cours ou de manifestations « alternatives », des rigidités hiérarchiques : une effervescence certaine, qui a salutairement dés-atomisé chez les populations impliquées assez profondément les relations habituelles de simple coexistence, mais au contraire, et largement au-delà des personnes habituellement engagées, qui a suscité ce qui sera très clairement une première mémoire de lutte, c’est-à-dire une première habitude de s’unir pour protester avec son Autre (l’étudiant, le biatos, etc.). Initiée par les EC qui avaient subi un rouleau compresseur de réformes depuis l’été 2008 (plan « réussite en licence », masters « professionnels », nouvelles maquettes « professionnalisantes », etc.), la forme de ces premières semaines a été essentiellement culturelle : les biatos se sont pour partie associés au processus, mais les EC et une partie de leurs étudiants restent les initiateurs de cette première forme de protestation, les organisations syndicalo-militantes étant très clairement en retrait sur ce plan « culturel » « alternatif ».

Il est frappant de noter combien le qualificatif « alternatif », à l’usage surabondant, a recouvert un spectre extrêmement large de pratiques, tendu entre deux extrêmes, avec toutes les gradations intermédiaires : d’un côté les « programmes alternatifs » ont eu tendance à mimer de facto les calendriers normaux, avec leurs rythmes, leur horaires, leurs chevauchements, parfois leur division du travail (l’enseignant spécialiste fait sa « conférence alternative » dans un amphi sur le mode classique de la séparation enseignant-enseigné), et même jusqu’au contenu : beaucoup de cours « alternatifs » ont ressemblé comme deux gouttes d’eau aux cours normaux. En même temps, se sont faites jour des expériences en rupture réelle en matière d’intelligence collective, anti-individualistes, dé-hiérarchisées, égalitaires, où les connaissances et expériences de chacun ne se sont pas mises en scène sous la forme de la « compétence » « subvertie », mais de la contribution à un objectif commun de plaisir et d’apprentissage partagés déliés des injonctions du système. Première étape de la grève, l’« alternatif » a été la bannière culturelle dominante mais dans le même mouvement un véritable fourre-tout – exactement comme la constellation « altermondialiste » –dont les contradictions ressortiront un peu plus loin. Mais l’auto-congratulation que le souvenir de cette période suscite fait le plus souvent omettre le fait cette grève du zèle est restée très symbolique, que beaucoup d’enseignements se sont tenus comme si de rien n’était, et que les universités ont tranquillement continué de tourner dans leurs structures centrales. Bref, l’université ne s’est en rien arrêtée pendant ces premières semaines « d’avant les blocages ». Raison pour laquelle il n’y eut à peu près aucune réaction de la part du pouvoir sur cette période.

C’est au contraire le passage au piquets de grève et à l’occupation des locaux – aux « blocages » – qui a été le moment où les ministres (MEN et surtout MSER) ont été obligés de reconnaître l’existence de ce « mouvement ».

2. Les « blocages » ou la politisation de la culture

Au moment où les étudiants sont entrés dans la danse, cette grève culturelle a été progressivement socialisée-politisée et radicalisée à la mesure. Les personnels biatos n’ont pu pour des raisons objectives (risque de pertes de salaires corrélative du sentiment diffus de l’ambiguïté politique des EC, dispositifs efficaces de surveillance et de contrôle par leurs hiérarchies, fragilité générale issue de la multiplication des contrats précaires depuis 3-4 ans et peur justifiée de leur non-renouvellement, etc.) s’engager comme ils le souhaitaient (mais leurs organisations syndicales locales sont restés sur des lignes dures), mais très clairement, les EC soit ont commencé (pour partie) à reculer, soit à coexister avec les organisations syndicales qui sont alors revenues en première ligne sur leurs mots d’ordre sociaux-économiques (et non « culturels ») habituels. A partir de la mi-mars, et selon les universités au plan national, c’est une période de blocage de plusieurs semaines à plusieurs mois qui a eu lieu, dont le tournant, globalement à partir de la fin avril, fut la question des examens, comme c’était prévisible. Le travail de sape, les pressions sur les étudiants et les personnels, l’isolement de cette grève par rapports aux conflits sociaux dans leur ensemble, l’épuisement, l’inflexibilité du pouvoir, et finalement, les interventions policières, la destruction des piquets, et les quadrillages des campus, en ont finalement eu « objectivement » raison.

Mais cette « objectivité » ne doit pas voiler les différentes contradictions qui ont affecté toute cette grève, et surtout, le fait que sa victoire aurait été contradictoire par rapport à la structure de classes de l’université et aux positions de classe différenciées de ses agents. Il faut le dire clairement : sans les étudiants, c’est-à-dire sans les piquets et les occupations à la mi-mars, tous les EC, syndicalistes inclus, auraient été partout de retour au boulot à la mi-avril, sans même que le pouvoir d’État n’ait à bouger plus d’un orteil. Le passage quantitativement important à la résistance, ce printemps 2009, est évidemment le résultat du double risque de disqualification et de prolétarisation progressive du corps enseignant universitaire, mais les divisions, atermoiements et lâchetés furent nombreux.

3. Déresponsabilisations et inconséquences petite-bourgeoises

L’inconséquence « stratégique » continuée de cette grève s’exprime d’abord par le fait que la grève du zèle a été une grève qui n’a pas empêché les cours de se tenir ni les universités de tourner : une grève, donc, qui n’en fut pas une, qui politiquement n’a eu absolument aucune efficace par rapport aux réformes combattues. Le passage à la grève proprement dite, c’est-à-dire au stoppage de la « production »-transmission de savoirs-compétences, n’a été rendu possible que par les piquets et les occupations : les blocages. Or, et cela n’a rien de nouveau, l’immense majorité des enseignants/enseignants-chercheurs et de leurs organisations syndicales à la différence de certaines organisations syndicales des biatos (parfois dans la même fédération !), s’est cachée derrière les étudiants et leur a laissé faire ce sale boulot de « sabotage », celui qui consiste à se mettre dans l’illégalité et à gripper réellement la machine. La formule emblématique de cette déresponsabilisation se résume dans la réponse standard à la question « Etes-vous pour ou contre le blocage ? » : « Ah, mais c’est l’AG étudiante souveraine qui vote le blocage, nous ne sommes pas responsables ! »[19]. Seule une minorité a exprimé un soutien et une participation actifs et publics aux blocages, comme d’autres ont choisi de démissionner de certaines fonctions de direction de façon non symbolique pour bloquer l’institution ; mais la majorité a très clairement exprimé la contradiction de classe constitutive de sa position par ce refus d’assumer la responsabilité des blocages avec les étudiants.

Les étudiants et les personnels biatos sont la cible avancée, la plus fragile évidemment (ces derniers par leur régime professionnel et salarial – employés et ouvriers majoritairement – qui induit des modalités de contrôle bien plus aisées, etc.), depuis plusieurs années du processus de précarisation qui affecte dorénavant le corps enseignant. Une franche suspicion s’est manifestée chez eux au début de la grève à l’égard des EC : où étaient les enseignants avant ce printemps 2009 ? Nulle part. Bien minoritaires étaient ceux en lutte dès l’automne 2007 contre la LRU avec biatos et étudiants. Pourquoi cette absence ? Est-ce à cause de cette « courte vue », de cet « aveuglement », cette « non-conscience » comme on le dit souvent ? Oui, mais dans la mesure où cet aveuglement était très clairement aussi complice que naïf : les intérêts de classe des EC allaient à l’encontre de cette première résistance. Cette suspicion est progressivement passée au second plan au cours de la grève, mais sortira vraisemblablement renforcée, puisque derrière la profession de fois unitaire, ce sont des divergences d’intérêts – de classe – qui rendent raison de ce reflux des cadres (EC et responsables administratifs).

4. De la contradiction entre la « forme » et le « contenu » de la grève à leur adéquation

Bien distinguer la logique de déqualification (économique et sociale) et la logique de disqualification (culturelle) permet de cerner une tension permanente de la grève entre l’engagement culturel large des EC dans la grève, et l’engagement socio-économique des organisations syndicales. Ces deux modes ne se sont jamais identifiés (sinon ponctuellement, individus ou groupes), mais entrelacés d’une façon assez complexe. Cet engagement « culturel » a pris bien au-delà du public soutenant ou acceptant ces pratiques syndicales. En témoigne le fait que nombre de collègues de droite se soient investis dans la grève sous cette bannière et le combat contre la disqualification, mais pas ou peu, et de loin, sur la défense des intérêts sociaux[20] immédiats, défense dont les syndicats se sont chargée mais avec leurs limites et inerties habituelles. Des différences dans les habitus culturels, dans les origines sociales, dans les rapports au « métier », peuvent éclairer cette tension, mais dans l’ensemble, cette tension provient d’une différence de position interne à la petite-bourgeoisie (sans parler des EC issus de la « grande » évidemment) : l’intellectuel petit-bourgeois peut être responsable syndical, mais le plus souvent, le second est plus un militant lié aux aristocraties/bureaucraties des organisations ouvrières cogestionnaires du compromis capital-travail constitutif de l’État-providence en perdition, alors que le premier est plus un produit de professions intellectuelles ou libérales – bref, une différence d’habitus et d’ethos, et d’origine, renvoyant à des fractions distinctes de la même classe petite-bourgeoise.

Dans cette grève on a vu que le créneau principal des organisations syndicales n’est pas le créneau « culturel », et que les EC nouvellement engagés ont été dès le début très distanciés à leur égard. Formellement cette grève a fait primer dans l’ensemble le souci universaliste et humaniste de la préservation d’une culture « authentique », de savoirs « émancipateurs » (ainsi toutes les manifestations « alternatives », en ville, autour de la Princesse de Clèves, qui est clairement le premier symbole de la grève, le second étant l’idéalisme larvé qui consiste à se battre dans le vide et à … tourner en rond) sur les revendications corporatistes (entendre les acquis sociaux de la corporation : enjeux des statuts, problème de la « modulation » des services, etc.). Mais son contenu réel, objectif, ce fut cette revendication « corporatiste », c’est-à-dire la défense d’un intérêt de classe, celui dont les responsables syndicaux sont habituellement en charge. Or ces derniers savent très bien, parce qu’ils constituent la fraction, anciennement populaire (moyenne ou prolétaire) de la petite-bourgeoisie, cette fraction qui a bénéficié de « l’ascenseur social » de l’université du compromis (contrairement à l’autre qui est structurellement petite-bourgeoise)[21], que derrière la « culture », ce qui se joue c’est la lutte des classes, et leur fonction dans ce compromis social était, jusqu’ici, d’en dire le moins possible sur ce sujet, position qui devient clairement intenable aujourd’hui.

La contradiction entre forme(s) et contenu de la grève finit donc par révéler leur profonde identité pratique. La tension entre la forme culturelle – son universalisme et son humanisme « abstraits » – et la forme corporatiste de la contestation exprime un fractionnement de la petite-bourgeoisie. Mais le contenu réel de ces deux formes, c’est la soumission politique réelle de cette petite-bourgeoisie à la mutation en cours. Soumission certes consciente ou non-consciente[22], mais du point de vue de la « cogestion » notoire des appareils syndicaux, absolument conforme à ce qui est par définition leur fonction : la préservation des intérêts, des acquis dans le système, de la corporation .

5. La luttes de classes déniée : dépolitisation par la « Culture » et la Cogestion

On peut donc résumer la double dimension de la direction dépolitisante de la grève : d’une part par la dimension « culturelle », d’autre part la dimension « cogestionnaire ». La première est celle des EC, la seconde des organisations syndicales : dans le premier cas c’est plus la nature de la lutte des classes à l’œuvre qui est gommée, dans le second cas, c’est son intensité. D’où l’insistance sur la défense de l’autonomie pédagogique et intellectuelle dans le premier cas, celle sur les acquis sociaux de la seconde – les deux s’unissant mais partiellement en extériorité derrière la bannière consensuelle de la défense du « service public ». Cette bannière est certes nécessaire, mais ô combien insuffisante, essentiellement réactive. C’est en ce sens « l’intégration » des aristocraties des organisations de la lutte universitaire (syndicats, SLU, SLR, et donc aussi la Coordination Nationale des Universités qui a témoigné à l’envi de ce qu’elle est un repaire – d’apparence novatrice et bigarrée – des membres les plus en vue de ces derniers, qui déjà préparent l’alternance) à la gestion officielle, contractuelle, de la misère, n’a paradoxalement, finalement, jamais été aussi visible.

Les EC ont avant tout résisté à la disqualification culturelle, mais cela ne veut pas dire que la résistance à la déqualification sociale-économique n’ait été absente : dans la lettre cette prolétarisation est condamnée : casse des statuts, accroissement de la quantité de travail, notamment par les charges administratives, avec statu quo sur les salaires, début d’un flicage inédit sur les formes du droit de grève, soutien aux biatos sur tous ces terrains, etc., mais elle n’a pas été vécue par les EC. En termes de « conscience de classe », ce n’est logiquement que le bas de la hiérarchie du corps ou une petite partie, globalement, qui a vécu-intériorisé cette déqualification à la hauteur de celle des biatos. La majorité des EC est passé à côté, et s’est contenté d’intérioriser et de combattre la disqualification.

Bien évidemment, on ne peut oublier, dans toute cette histoire, la question des salaires : d’authentiques parades juridiques permettent de contester les retraits sur salaire pour fait de grève chez les EC (en particulier : le temps de travail étant annualisé, aucun décompte horaire ou journalier ne peut s’opérer dans la règle juridique[23]). Par ailleurs, on sait bien que la première chose qui est négociée, où que ce soit, à la fin d’une grève, c’est le paiement des jours de grève. Mais le simple risque, pourtant bien plus qu’hypothétique que pour les personnels biatos qui eux ne sont pas annualisés, de perdre le salaire, a constitué un facteur non négligeable – et évidemment compréhensible ! – du refus d’assumer les blocages avec les étudiants. Mais ce risque n’est pas seulement financier : s’engager au risque de perdre son salaire, c’est aussi s’engager pour tous et avec les autres à la solidarité matérielle, à la caisse de grève comme à la logistique, c’est-à-dire s’engager à une forme d’existence sociale tout à fait inédite par rapport aux rapports sociaux quotidiennement réifiés, et profondément subversive par rapport à la structure et aux pratiques hiérarchiques habituelles. Or les pratiques de la grève ont là aussi témoigné d’un refus des conséquences démocratiques de ce passage à l’acte.

Le triple retour du refoulé élitiste : intérêts et ethos au principe de l’abdication

(1) La convergence avec les étudiants et les biatos aurait été très clairement la défense de la démocratisation de l’université sur des basses sociales et politiques, c’est-à-dire sur les bases qui ont fait d’elle antérieurement l’outil de production culturelle et d’émancipation sociale des classes populaires, c’est-à-dire de leur déprolétarisation partielle. Or cela aurait menacé la répartition antérieure, des revenus, de certains « privilèges », mais surtout de certaines prébendes symbolico-culturelles des EC associées à la structure hiérarchique et élitiste de l’université. A décharge en termes de psychologie sociale, on rappellera que l’inimaginable difficulté, les multiples sacrifices, et l’auto-soumission continuée (à la logique du "concours", à la logique de la productivité en matière de publications, à la logique de la visibilité en matière de colloques, etc.) constitutifs du processus ultra-sélectif (et grandement biaisé par le passage dans les ENS) de l’obtention d’un poste d’EC, font que cette fonction engage la personnalité au point de rendre indissociables les injonctions de l’appareil universitaire et les valeurs individuelles – et individualistes –, et du même coup, de rendre extrêmement improbable un engagement dans la grève tel qu’il serait synonyme d’un engagement contre soi. Ce point de vue aide de façon essentielle à comprendre la grève, mais ce qui sous-tend néanmoins sa pertinence, c’est son articulation à la réalité de classe sociologique et économique – petite-bourgeoise – de la majorité des EC qui seule explique, c’est-à-dire à la fois rend raison et/parce qu’elle rend concrètement possible la constitution de cette personnalité, de cet ethos dira-t-on de façon plus adéquate.

(2) Corrélativement : que la baisse des financements de l’université décidée au plus haut niveau de l’État, et surtout celle des humanités, se fasse sous couvert de « modernisation », « rationalisation », « transparence », bonne « gestion » et saine « gouvernance », à peu près tout le monde le sait et le dit, et parfois même les agents actifs de cette « modernisation ». Que ce qui paye le coût de cette refonte soit le principe d’égalité (développement des filières sélectives, des formations payantes, spectre indéniable de la hausse des frais d’inscription à l’image du reste de l’Europe, etc.) est aussi globalement reconnu. Mais le processus est peu ou prou accepté, dans la mesure où la sacro-sainte « baisse du niveau » produit d’une « massification » excessive témoignerait de ce que la « vocation démocratique » de l’université doit se traduire sur un plan qualitatif et non quantitatif, etc. Ce qui renvoie à une disposition à l’abandon partiel, derrière la massification, de sa destination démocratique.

(3) Enfin une telle convergence aurait exigé d’abandonner temporairement la participation aux rouages des hauts corps de la culture dominante : pourtant la grève n’a pas du tout été incompatible avec la participation aux colloques, aux centres de recherches, avec la tenue les cours spécifiques de CAPES et d’agrégation (dans l’intérêt des candidats) – ces concours qui sont pourtant l’emblème de la division du travail, en haut de la pyramide du procès de reproduction des travailleurs qualifiés ! Etc. – autant de pratiques constitutives de l’éthos de l’EC, c’est-à-dire constitutive de son rôle de cadre dans l’appareil idéologique de reproduction de la culture dominante.

Si la grève a échoué, c’est parce que la majorité de ses protagonistes n’a pas vu ou voulu voir – parce que leur ethos ultra-consciencieux et leur position objectivement contradictoire que celui-ci réfracte[24] – les font facilement céder à la culpabilisation et donc aux besoins immédiats des étudiants (cf. les examens) – dans toutes ses implications que la guerre culturelle dans laquelle ils ont mis le pied est tout autant une guerre de classes et une guerre contre la démocratie dont le noyau est l’attaque sans précédent depuis 1968 du principe d’égalité.

Résumons. Assumer de gripper réellement l’appareil universitaire (services administratifs centraux, notamment financiers, bâtiments dédiés à la recherche, tout cela inclus, etc.) aurait impliqué de reconnaître que cet appareil était déjà à gripper auparavant (dès le LMD, l’automne 2007, et antérieurement bien sûr), donc que les pratiques d’enseignement et de recherche d’avant devaient elles-mêmes être remises en cause. Cela aurait impliqué pour les EC d’assumer la contradiction de leur propre position sociale en général, qui est celle de fonctionnaires d’État de la culture dominante et des conditions matérielles de sa reproduction. Derrière leur entrelacement en tension, l’intégration co-gestionnaire et la revendication culturelle, et à travers même leur convergence derrière la banderole du « service public », la majorité des EC se sont unis pour ne pas gripper réellement l’appareil, puisque ç’eut été sinon mettre en accusation leurs propres intérêts de classe, et prendre le risque de réellement perdre quelque chose : les dividendes variés de leur propre compromission-cogestion. Voilà pourquoi la petite minorité qui a lutté publiquement jusqu’au bout, au risque avéré de la répression politique notamment, en refusant de laisser tomber les étudiants[25], est celle d’EC qui subissent déjà pleinement la prolétarisation et/ou savent déjà qu’il y avait chaque jour encore un peu moins à perdre.

Tel est en résumé le facteur essentiel – facteur immémorial – de l’échec de cette grève : le refus, formellement contrasté mais réellement et unitairement « intéressé », de la faire.
Nico37
 
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 30 Aoû 2009, 14:38

III. Fin des concessions et nécessité d’une ligne intransigeante

La question, maintenant, n’est pas celle d’un jusqu’au-boutisme « puriste » – dont les directions organisationnelles et syndicales, évidemment, accusent les plus radicaux, qui sont, nous le savons tous, des proto-révolutionnaires-terroristes – qui seul nous permettrait de démasquer les « traîtres ». Ce qu’il faut, c’est tirer quelques leçons tactiques de toutes ces contradictions politiques.


1. La question de la démocratisation

Il ressort de façon générale qu’il n’est pas question de « sauver l’université » mais de savoir ce qu’il y aurait à sauver, ce qu’il est possible et souhaitable de sauver, ce qu’il y a à détruire en elle, et des moyens adaptés à cette fin. Son élitisme fut certes historiquement moins important que la démocratisation massive de la connaissance qu’elle a simultanément rendu possible, et c’est bien ce second point, et lui seul, qui mérite d’être « sauvé ». L’université de demain, c’est celle d’hier, élitisme et hiérarchie sans la démocratie, mais avec la soumission aux logiques immédiatement productrices de main d’œuvre qualifiée. L’essentiel de ce qu’il y a à sauver dans l’université d’avant, c’est sa puissance, même si elle n’était que relative, de démocratisation : le reste est à détruire définitivement. Pour qu’une nouvelle université garde seulement ce qu’il y avait d’émancipateur dans l’ancienne, ne sombre pas dans l’indigence crapuleuse de la future, et pour que personne ne s’illusionne sur la nature de la transformation qu’il faudra effectuer – abolir le système des classes préparatoires et de la production grande-scolaire des élites en sera un élément absolument incontournable, un mot d’ordre concret – , et du combat qu’il y aura à mener, il est certain que « sauver l’université » et « non à la marchandisation du savoir » sont, en matière politiques, de purs et simples produits d’appels : s’ils prétendent être autre que cela, et constituer de réelle directions politiques, alors le premier est un mot d’ordre social-démocrate qui s’enterre d’ores et déjà avec cette université qu’il prétend défendre, et le second, un vœu pieu, réactif, grosso modo la forme « gauchisée » du premier.
2. Mots d’ordre


Au niveau du type de positionnement politique adapté à la situation, en amont même des mots d’ordre précis, sur telle réforme, telle question, telle revendication, quatre conditions formelles me semblent requises :


(i) Arrêter de croire et faire croire que le gouvernement est « autiste ».

Nous avons vu ce printemps que 3 millions de manifestants n’étaient pas gênants, puisqu’ils n’ont pas « paralysé » le pays. L’implicite étant que, dans l’hypothèse d’une paralysie, rien n’empêcherait, à mi-chemin entre l’état d’urgence de l’automne banlieusard de 2005 et le siège qui a affecté Strasbourg pour la ré-intronisation de la France dans le haut commandement de l’OTAN, qu’un dispositif militaro-policier substantiel ne règle nationalement la situation, à l’image des opérations de répression, médiatiques et directement policières, qui ont gangrené, après le top de départ de l’affaire Coupat, les occupations d’université. Bref : ce que le pouvoir d’État d’aujourd’hui nous a montré, c’est de quoi il sera capable. Une réponse social-démocrate à une attaque ne peut marcher que si cette social-démocratie, quelle que soit la coloration de son parti dominant, a le pouvoir : ce qui n’est plus le cas. On assiste en effet ces dernières années à une transformation qualitative du pouvoir d’État, à l’image de la transformation qualitative des luttes socio-économiques et des conflictualités de plus en plus violentes qui les caractérisent, quoique de façon encore éclatée et hétérogène. On voit à quel point les manifestations traditionnelles de masse, les cris au scandale et les invocations pieuses sont déconnectés du type de combat à mener.

Le pouvoir d’État actuel comprend très bien ce qui se dit et se fait. Lors de cette grève il a joué sur du velours, puisqu’au sein même de la grève le travail de sape de ce qui l’aurait rendu réellement puissante a été effectué par les enseignants et leurs organisations mêmes. Mais si le velours disparaît, il faut s’attendre à une violence d’ampleur inédite – et s’y préparer.


(ii) Ne rien « demander » au gouvernement, mais seulement le démasquer en permanence, ne faire simultanément aucune concession, n’exprimer aucun soutien en général aux courroies social-démocrates qui gèrent et canalisent la résistance en interne en-deçà du plan où le combat doit être mené, mais travailler à l’union avec les membres les plus radicaux de leurs bases.

Ne pas cautionner leur fonctionnement, c’est par exemple en démissionner. Cette affaire doit être vue localement, puisque c’est localement, avec les individus locaux qu’on agit. Mais ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que la logique réelle du « moins pire » que le « pire », c’est la transformation du premier dans le second. Il faut combattre sans transiger cette logique funeste qui ne peut conduire qu’à se satisfaire et s’auto-satisfaire de miettes chaque jour un peu plus pitoyables. Mais s’il est indispensable de combattre de toutes nos forces la politique désastreuse de cogestion des différentes organisations qui administrent le marché de la contestation, il faut encore plus mettre en évidence ce qui explique sa prédominance : la sociologie petite-bourgeoise de la majorité des EC et leur « intérêt » objectif au maintien du statu quo. Les syndicats tout particulièrement sont à l’image de ceux qu’ils défendent et « représentent », et le sempiternel problème, c’est qu’ils entretiennent dans ce qu’ils pensent et font ceux dont ils prétendent n’être que l’image : cercle vicieux par rapport auquel seule la rupture immédiate et sans condition me semble aujourd’hui politiquement pertinente, et cela d’autant plus qu’eux-mêmes ne sont pas dupes : ils savent très bien que le pouvoir d’État ne leur demande pas d’avaler les couleuvres imposées par ses ministres et divers relais, ni même d’être d’accord avec, mais d’en faire avaler les principes, ce qu’ils font consciencieusement au nom de la paix sociale et de la défense « réaliste » de tels et tels acquis : le maintien de la place structurelle des syndicats dans les hautes instances réformatrices est à ce prix.


(iii) Poursuivre l’indispensable travail de fourmi à la base

Ce travail avec les étudiants et biatos doit se faire le plus « localement » si possible afin de briser les inerties et inhibitions issues de l’organisation hiérarchique (c’est-à-dire dans les comités et assemblées générales des composantes, des UFR, etc., là où la contradiction n’est pas maîtrisée par les appareils quels qu’ils soient), et doit porter à la fois sur l’identification de la nature et de la profondeur de ce qui est en jeu dans cette crise, sur les formes dominantes de cette dernière voilent, et sur les mots d’ordre qui seuls seront à même de faire plier localement et nationalement le pouvoir d’État.

Pour que l’université (re)vienne à ceux qui la font[26], l’alternative politique et culturelle libératrice à cette résistance devra être pensée sur la base des liens mis en évidence entre les limites de l’Université d’avant et de celle qui est en cours : l’identification de ces limites sera du même mouvement l’énonciation de ce que celles-ci limitent, c’est-à-dire répriment, capturent et anesthésient. Défendre la « démocratisation » de l’ancienne université, ce sera notamment sera la défendre non pas abstraitement, mais en reconnaissant qu’elle a joué un rôle clé dans le compromis de l’État-providence et dans la paix sociale, et que son avenir passera par d’autres formes qui elles ne seront pas de ce type, mais exigeront au contraire une intransigeance croissante. La pratiquer dès maintenant entre EC, étudiants, et collègues non-enseignants, tout en assumant à chaque fois que c’est possible soit un sabotage soft (refuser de participer aux dispositifs afférentes à la LRU, etc.) soit une pratique plus dure d’obstruction aux fonctionnements institutionnels qui dénaturent l’enseignement et le travail commun (le tout en diffusant maximalement l’information sur ce qui se produit et sur les résistances qui perdurent) : voilà quelques voies minimales pour éviter réellement la pure et simple abdication.
(iv) Etre extrêmement méfiant à l’égard des professions de foi « alternatives »

Comme mot d’ordre authentiquement subversif, une université sans examens garde toute sa pertinence : délivrée de sa fonction qualifiante, hiérarchisante, c’est-à-dire de son rôle d’agent reproducteur de la division capitaliste du travail, une telle université est évidemment « alternative » en un sens extrêmement radical – utopique au sens positif du terme – exactement à l’image d’une toute petite partie de la grève des EC qui a tenté d’incarner cela ici ou là (cf. II-1 ci-dessus), d’ailleurs majoritairement sur le mode du village gaulois retranché, du baroud d’honneur, de l’espace de résistance, etc. plutôt que sur le mode conquérant.

Mais bien des slogans ou des démarches « alternatives » sacrifient pleinement à la reconduction de la division du travail, ce qui s’exprime dans le fait que les projets de cours ou de laboratoires « alternatifs » dont ils se prévalent sont foncièrement pensés sans les étudiants et sans les personnels ouvriers et administratifs – cet « l’alternatif » c’est celui de ceux qui préparent l’alternance. S’en défier est donc une nécessité, puisqu’il y a là une des énormes couleuvres de l’idéologie bien pensante de la pseudo-contestation institutionnelle à venir.



Conclusion : La vérité de l’université est hors d’elle



Si d’un côté la revendication culturelle a été saluée comme positive par l’opinion publique, et au sein de l’université, elle n’a économiquement, socialement et politiquement servi à rien. De l’autre côté, les mots d’ordre « transitoires » habituels, en matière sociale, économique et politique, des organisations syndicales, ont révélé leur caractère de vœux pieux, c’est-à-dire de liste de courses allongée à chaque AG par une nouvelle « motion », qui n’engagent guère plus que signer une pétition, condamner « l’autisme » du Pouvoir ou se catastropher du trou de la couche d’ozone. L’abrogation de la LRU, et derrière, le processus de Bologne, est la cerise sur la gâteau : à moins d’être complètement naïf ou consciemment complice, comment croire une seule seconde que faire la grève en refusant de gripper une machine, que faire la grève sans la faire, pourrait faire reculer un gouvernement sur de telles choses ?


Soyons sérieux. Ce qui est à détruire dans l’ancienne université dans la même mesure que ce qu’il y a à combattre dans la nouvelle, c’est tout ce qui relève d’une organisation hiérarchisée et élitiste, que sa forme en soit « publique » ou non, des moyens de la reproduction de la force de travail, et de la production de savoirs nécessaire à cette dernière. Autrement dit, c’est sa fonction dans l’ordre capitaliste de la production : c’est donc cet ordre lui-même qu’il faut se donner les moyens de mettre à genoux[27], et, tant que faire se peut, d’ébranler localement à la hauteur de l’attaque. S’attacher à déconstruire les hiérarchies des valeurs, quelles qu’elles soient, afin de couper le cordon avec la division capitaliste du travail, et tenter hic et nunc, comme moyen et comme fin, d’éliminer la domination, ce n’est certes pas une mince affaire[28] : ni plus ni moins c’est instituer de nouveaux besoins à et pour l’université. résumait Marcuse résumait ainsi la difficulté :


« pour développer les nouveaux besoins révolutionnaires, il faut d’abord supprimer les mécanismes qui maintiennent les anciens besoins. Mais pour supprimer les mécanismes qui maintiennent les anciens besoins, il faut d’abord qu’il y ait le besoin de supprimer les anciens mécanismes. C’est exactement le cercle en présence duquel nous nous trouvons, et je ne sais pas comment on en sort »[29]


L’expérience d’une grève de cette ampleur, c’est l’expérience simultanée de la compréhension des mécanismes actuels et de la volonté de nouvelles pratiques, d’une nouvelle existence sociale, expérience simultanée de ce qui habituellement est séparé par le fossé du « réalisme » : l’établi et le possible. La lutte ouverte est le moment où ce fossé se réduit tendanciellement, et où le « cercle », vicieux en temps normal, peut devenir vertueux.

L’échec politique de cette grève ne doit donc pas nous faire jeter le bébé avec l’eau du bain, mais nous faire progresser : l’échauffement préalable des esprits avec la « Crise » financière de l’automne 2008, la première phase de contestation de la LRU à l’automne 2007, l’ambiance propice à la convergence de luttes amples depuis le CPE en 2006, etc. tout ceci a clairement balisé un terrain très vierge auparavant. Cette longue grève a témoigné chez les EC, qui ont tant laissé faire, d’une certaine prise de conscience à la fois de ce qui se joue et de leur responsabilité, sur la durée, dans ce qui advient aujourd’hui. D’où une baisse réelle du seuil de tolérance, qui peut augurer d’une réactivité plus forte dans un proche avenir. Mais il ne faut pas se faire d’illusion : ce seuil n’a malgré tout que trop peu baissé pour la majorité, et les surcroîts de capacité de subir et d’encaisser toujours plus sont toujours plus importants qu’on ne l’envisage. De toutes façons rien ne sortira de bon d’une université en « grève-s » s’il ne se produit pas hors de l’université une résistance d’ampleur délivrée de cette social-démocratie qui cogère depuis longtemps autant le système que sa contestation, et qui ne « veut pas voir » que son temps est passé – au prix emblématique de ce genre de trahisons majeures dont le printemps 2009 français a été le théâtre. L’université à la française a été et est le lieu d’une refonte partielle de l’idéologie dominante à laquelle des contres-idéologies, celles des dominés, se confronte tant bien que mal. Mais ce n’est ni dans l’université (ni même dans l’appareil scolaire en entier, primaire et secondaire inclus, dont le présent propos n’a traité dans la lettre que marginalement, mais qui, on l’aura compris, en traite par extension dans l’esprit), ni d’elle que cette idéologie naît, mais des classes sociales en lutte en elles et au-dehors d’elle. Or les autres secteurs de la société, les autres « services publics » sont bien sûr affectés des mêmes divisions, des mêmes inconséquences, et la social-démocratie, de son centre à sa gauche, et même dans les groupes qui la débordent, ne constitue certainement pas actuellement, pas encore du moins (pensons au NPA), l’embryon d’une alternative théorique et stratégique à la hauteur des besoins.

En tous, un point clé mérite toute l’attention requise : la « désétatisation » de l’université dont on a parlé ici, et que l’on sait attaquée au motif du dommageable « désengagement » de l’État, ne signifie en rien diminution du rôle de l’État, mais à la fois recentrage sur ses prérogatives régaliennes, directoriales en matière économique (l’ultra-libéralisme, depuis Reagan et Thatcher opère toujours au travers de la forme-État disposant d’un exécutif puissant) et répressives (militaires et policières), recentrage qui nécessite d’être accepté au niveau culturel-idéologique, et qui donc impulse l’imposition des cadres – scolaires – de cette acceptation. Ce recentrage correspond bien, descriptivement parlant, à une mutation « managériale » de l’exercice du pouvoir d’État, si l’on entend par là l’intensification de son identification avec l’exercice de la puissance-pouvoir du Capital (par l’assimilation de leurs logiques et de leurs intérêts). Mais le terme de « mutation » peut faire croire à du nouveau, alors que celui de recentrage insiste sur la continuité fonctionnelle des formes apparentes de l’exercice du pouvoir : que l’État suive le modèle de la rationalité d’entreprise n’est pas nouveau, c’est toujours le même modèle, croissant depuis le tournant des xixe et xxe siècles de la rationalité instrumentale hiérarchiquement administrée sur des « sujets libres » (dont la somme mathématique est censée faire société) qui prédomine.


A partir du moment où manifester à trois millions ne sert à rien, il devient peut-être temps d’envisager pourquoi ça ne sert à rien, et par quoi il faut remplacer ou comment il faut rompre avec (c’est-à-dire le transformer) ce mode d’action. Et pour ça il faut savoir ce que l’on veut et s’en donner les moyens[30] : or la majorité de ceux qui manifestent ne sait pas ce qu’elle veut, et les enseignants encore moins que les autres. Clarifier cette volonté nécessiterait pour eux de prendre position par rapport à leur classe. S’il y a « radicalisation » chez les enseignants, outre le ventre mou qui se rétrécira un petit peu (pas beaucoup) mais restera mou, une partie trahira sa classe et grippera réellement la machine, l’autre rentrera activement dans les ordres (comme certains l’ont fait dès que les « blocages » ont commencé à menacer leurs intérêts autres que ceux liés à l’enseignement, par exemple le bon fonctionnement des instituts de recherche, les commissions de recrutement, etc.). Marx avait déjà montré que la prolétarisation de la petite-bourgeoisie produit le plus souvent sa radicalisation : mais entre le passage à la réaction et celui à la révolution, bien malin sera celui qui pourra deviner vers quoi elle ira. Autrement dit seuls le moment et la proportion de ces deux types antagonistes de radicalisation sont imprévisibles. Nous verrons donc le moment venu. A mes yeux tout optimisme en cette matière, en l’état actuel des choses, est éminemment suspect.

Aucune lutte culturelle ne peut être dissociée implicitement de l’état dans lesquels se trouvent les conflits de classe, et réciproquement, et à l’université pas moins qu’ailleurs : ce sont les faces d’un même combat pour l’émancipation, dont l’injonction démocratique est bien éloignée des litanies consensuelles, « dialogue-sociales », institutionnelles et représentatives par lesquelles celle-ci est captée, localisée et endormie (à défaut de pouvoir être purement et simplement détruite)[31]. On entrevoit bien que c’est une société profondément réactionnaire qui prépare son retour. Il n’est donc que temps de passer à l’acte. Mais pour que les armes de la critique soit les plus audibles possible, et que l’on entende bien qu’il n’y a ici que des thèses théoriques et politiques, et absolument aucune leçon de morale, je fais mien pour conclure, ce mot d’Althusser de 1970, qui me semble un parfait complément à tout ce qui précède :


« J’en demande pardon aux maîtres qui, dans des conditions épouvantables, tentent de retourner contre l’idéologie, contre le système et contre les pratiques dans lesquels ils sont pris, les quelques armes qu’ils peuvent trouver dans l’histoire et le savoir qu’ils "enseignent"… Mais ils sont rares, et combien (la majorité) n’ont même pas le commencement du soupçon du “travail” que le système (qui les dépasse et les écrase) les contraint de faire, et pis, mettent tout leur cœur et leur ingéniosité à l’accomplir avec la dernière conscience… »[32]

Août 2009

______


Emmanuel Barot, Université Toulouse II – Le Mirail, Département de Philosophie, maître de conférences
* Université Toulouse II – Le Mirail, Département de Philosophie, maître de conférences.

[1] Exemple parmi d’autres, les grèves étudiantes au moment du LMD, et l’attentisme majoritaire des enseignants à ce moment là.

[2] La mastérisation professionnalisante de la préparation aux concours de l’enseignement primaire et secondaire, et le décret modificatif du statut des EC, dans la continuité des dispositifs du plan « Réussite en Licence » et comme levier des nouvelles maquettes générales de Licence et Master, ont été les catalyseurs de l’explosion. Les accords Kouchner signés en décembre 2008 avec le Vatican sur les équivalences de diplômes de L, M et D ont rajouté une couche, puisqu’ils constituent l’attaque la plus nette et la plus symbolique du monopole d’État laïc sur la délivrance des diplômes, tout en constituant un constituant supplémentaire de la baisse officielle des exigences intellectuelles associées à cette délivrance.

[3] Cela va de soi, mais cela mieux en le disant : je ne parle pas de tel ou tel positionnement de tel ou tel individu, mais du point de vue des soubassements théoriques politiquement perceptibles et de leurs effets au cours de la grève.

[4] Louis Althusser, « Idéologie et appareils idéologiques d’État », La Pensée, 1970, repris dans Penser Louis Althusser, Paris, Le Temps des C[e]rises, 2006.

[5] Cf. Idéologie et appareils idéologiques d’État : « la reproduction de la force de travail exige non seulement une reproduction de sa qualification mais, en même temps, une reproduction de sa soumission aux règles de l’ordre établi, c’est-à-dire une reproduction de sa soumission à l’idéologie dominante pour les ouvriers et une reproduction de la capacité à bien manier l’idéologie dominante pour les agents de l’exploitation et de la répression, afin qu’ils assurent aussi “par la parole” la domination de la classe dominante. En d’autres termes, … tous les agents de la production, de l’exploitation et de la répression, sans parler des “professionnels de l’idéologie” (Marx) doivent être à un titre ou un autre “pénétrés” de cette idéologie, pour s’acquitter “consciencieusement” de leur tâche – soit d’exploités (prolétaires) soit d’exploiteurs (les capitalistes soit d’auxiliaires de l’exploitation (les cadres), soit de grands prêtres de l’idéologie dominante (ses “fonctionnaires”), etc. », p. 98. Selon la durée et la nature des études suivies, « chaque masse qui tombe en route est pratiquement pourvue de l’idéologie qui convient au rôle qu’elle doit remplir dans la société de classe » (p. 117).

[6] Cf. Eric Hazan, LQR. La propagande du quotidien, Paris, Raisons d’Agir, 2006.

[7] Mais c’est aussi la raison pour laquelle il est difficile de penser « l’exploitation » du travail « improductif », c’est-à-dire qui ne contribue qu’indirectement (un peu à la manière d’un investissement) à la production au sens strict. Si l’exploitation se définit comme extorsion de plus-value, comme il est difficile de mesurer la « valeur » produite par ce type de travail, il est par conséquent difficile de mesurer la part de la valeur extorquée résultant de la différence entre la participation à l’optimisation du taux du profit et la rémunération. En lien avec cela, le fait que stricto sensu, un enseignant ne perçoit pas un « salaire », mais un « traitement ». L’alignement tendanciel du statut des EC sur le modèle salarial recouvre l’alignement tendanciel du travail « improductif » sur l’échelle d’évaluation du travail « productif ». Ce que l’on présente seulement comme une « marchandisation de la culture », effectivement très réelle, est au sens strict une accentuation de la transformation des structures idéologico-culturelle de la reproduction de la force de travail en régime capitaliste. Je laisse le soin aux économistes d’affiner tout cela.

[8] En tous cas dans les humanités. Il est clair que pour les savoirs des sciences dures et appliquées soumis par exemple à des objectifs de brevetage, ce caractère métaphorique tend à disparaître.

[9] Les transformations, sous la prédominance des logiques financiaristes et du pouvoir actionnarial aussi en « crise » soient-ils en apparence, du salariat en général en témoignent, toutes sous le sceau de la consommation de la rupture du compromis « fordiste » entre capital et travail, qui a vu prédominer la détermination collective et le plus souvent nationale des rémunérations, cadre en dégénérescence qui a maintenu pendant grosso modo 25 ans un rapport salarial uniforme « sécurisant » codifié par la loi.

[10] Que des composantes ou des départements aient imposé un rythme intense de rattrapage par les enseignants eux-mêmes (et non par les instances gouvernementales ou rectorales, ni même locales) ne fut pas nécessairement, voire pas principalement, l’indice d’un souci de donner un contenu réel aux diplômes, que de la volonté d’une part de donner publiquement le change et de redorer l’image « fumiste » des universités très mobilisées dans un contexte de concurrence accrue des universités, et d’autre part, à faire payer aux étudiants leur engagement massif dans ces quatre mois de mobilisation.

[11] Ces « pôles » sont à entendre autant au sens géographique (c’est l’aspect « régional » des PRES) qu’au sens « qualitatif » : les grandes Ecoles, les classes préparatoires, pour n’en dire qu’un mot, sont elles en plein forme aujourd’hui, parce que leur fonction antérieure de production des « cadres » est parfaitement au diapason des refontes structurelles d’aujourd’hui. Dans l’École à deux vitesses, celle à sacrifier est évidemment la plus coûteuse, la plus « massifiée », celle où statistiquement les classes populaires sont évidemment les plus présentes, l’université, dont est bien visée aussi, en dernière analyse, la destination démocratique issue de l’après-1968.

[12] Ces remarques ne peuvent pas non plus traiter de l’appareil scolaire dans sa totalité. Que le lecteur sache que toutes les tendances de fond, et même de forme, se retrouvent d’un bout à l’autre de la chaîne : il pourra généraliser en conséquence, sans aucune perte, les grandes lignes présentées ici.

[13] Ce saucissonnage généralise la discontinuité et la superposabilité opposé à tout principe pédagogique sérieux, tout en assurant la possibilité d’une gestion quantitative plus aisée des packs d’enseignements sur la courte durée, et par là des "flux" à la fois des étudiants, et surtout des enseignants dont la fonction et la "mission" se voient reformatées selon des critères conformes aux logiques de la courte durée et de la poly ou multivalence : le statut pérenne de fonctionnaire d’État est bien évidemment une cible majeure du processus.

[14] « Travail, famille, patrie » est dans l’évidence redevenue la marseillaise légitime, revue au goût du jour, selon les canons de la modernité new age. Cf. la lecture du pétainisme sarkozyste proposée par A. Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom, Paris, Lignes, 2007.

[15] La question que l’on s’est posée initialement est en gros la suivante : dans cette forme antérieure de l’université, son « étatisation » était-elle la forme de sa fonction marchande, ou sa fonction étatico-sociale était-elle distincte de son rôle marchand, la première étant dorénavant rabattue sur / déléguée à la forme marchande de la régulation et de la reproduction sociales initialement secondaires ? De façon plus directe : cette étatisation était-elle déjà une forme marchande comme telle de l’université ? L’enquête devient vite très vaste : c’est celle de la nature, du statut, et de la fonction de l’État dans le capitalisme. On ne la mènera pas ici : il suffit de savoir que c’est l’horizon théorique et pratique, stratégique et tactique, du problème « local » de l’université.

[16] Cf. K. Marx, Chapitre VI dit « inédit » du Livre I du Capital, Paris, 10/18, 1971, II-G. « Les deux phases historiques du développement de la production capitaliste ».

[17] Parce qu’ils bénéficiaient d’une tradition légitimante, ou répondaient à de nouvelles réalités technologiques et donc à de nouveaux besoins économiques et sociaux : par exemple l’informatique.

[18] On mentionnera un autre effet, politique cette fois, de cette refonte : l’inversion de la proportion entre l’intégration-anesthésie et l’exclusion de la contestation. La prédominance de la première sur la seconde dans l’université d’avant tend singulièrement à s’amenuiser : aujourd’hui la logique d’exclusion va croissante, et risque de devenir assez vite dominante.

[19] Sans épiloguer sur les condamnations du blocage : certains pensent « sincèrement » que cette « modalité » d’action est contre-productive, vide les campus, etc., mais pour beaucoup, cet argument, celui de « l’université critique mais ouverte », en grève mais pas bloquée (sic), n’est ni plus ni moins que la formule de l’acceptation des réformes.

[20] C’est aussi cette différence d’approche, de formes de la réaction, qui explique la difficulté partielle de faire converger en profondeur et largement les deux logiques : en témoigne la coexistence plus ou moins difficile sur toute la durée entre les habituelles AG générales de site (dominées par les militants syndicaux) et les AG d’UFR, de départements, de composantes où cette fois les EC non encartés étaient majoritaires, et où les échanges ont été les plus novateurs.

[21] Seule une étude sociologique précise permettrait de dire si cette distinction tient globalement la route, et pas seulement dans des cas particuliers.

[22] Naïveté ou complicité, l’ambivalence est structurelle. « Il y a peu de membres de la classe capitaliste qui voient venir la révolution. Ils sont pour la plupart trop ignorants, et il y en a beaucoup qui ont trop peur. », Jack London, Revolution, mars 1905.

[23] C’est donc l’argument de la faute professionnelle ou du service non-fait, et qui excède le cadre de cette annualisation, qui a été utilisé par certaines présidences d’université pour opérer des retraits sur salaires : par exemple à l’occasion du gel des notes des examens du premier semestre.

[24] Et non pas "reflète", j’y insiste : la thématique du reflet, trop mécaniquement déterministe et simpliste, est par trop impropre pour rendre compte du rapport position-ethos, ne serait-ce que parce que toute position est toujours aussi reproduction de position, et donc positionnement, c’est-à-dire mode d’insertion dans des prismes représentatifs plus ou moins imaginaires. Où l’on retrouve, en passant, la double caractérisation d’Althusser de l’idéologie comme rapport imaginaire à ses conditions d’existence, et comme processus d’assujettissement de soi et par soi (d’"interpellation des individus en sujets" selon sa formule) aux injonctions liées à la position occupée dans le système.

[25] J’ai très peu parlé de l’opposition étudiante, plus radicale et plus impressionnante que l’opposition des personnels dans ses actions les plus manifestes, ses prises de liberté, ses innovations, et évidemment sa reconnaissance assumée de la violence du système pour ses franges les plus engagées. Mais cela ne l’empêche pas aussi d’être également structurée à proportion de celles des personnels, avec ses contradictions et ses inerties. On en discutera en d’autres lieux.

[26] Début avril 2009, une « action » tout à faite unique a eu lieu au Mirail : plusieurs centaines d’étudiants, au sortir d’un AG effervescente, sont allés non pas séquestrer ou demandé la démission du Président de l’Université, mais sont allés purement et simplement le déposer, et l’ont exclu du bâtiment. Ce furent les quelques heures d’une « Commune libre du Mirail » objet la nuit suivante d’interminables débats sur sa signification et ses objectifs (notamment, trouver des dossiers attestant de transactions de la direction de l’université avec des groupes immobiliers et bancaires privés) : dès que certains ont maintenu le caractère non pas symbolique mais concret de cette Commune, l’essentiel des leaders des organisations habituelles a fait marche arrière, voyant bien qu’eux aussi, en tant qu’ils jouent aussi la logique de la représentation et de la délégation, étaient les prochains sur la liste des « experts » à déposer. La quarantaine d’étudiants encore présents le lendemain a évacué le bâtiment sous le risque – fictif ? – d’une intervention policière. Sur cela et en général, voir le proto-tract-manifeste Appel à Gâteau et à Tarte du « Comité 227 » de l’université du Mirail, reproduit dans la revue Chimères, n° 70, septembre 2009, disponible sur le site du POOLP (« Personnels Obstinément Opposés à la Loi Pécresse ») <http://www.auboutduweb.com/poolp/index.php>.

[27] D’où cet antagonisme globalement constitutif des conflits universitaires, entre les majorités agissantes respectives des étudiants et des personnels, antagonisme politique et non générationnel « irréductible » entre « le moment unitaire, qui échoit à l’organisation politique de la classe, et les moments d’autogouvernement, les conseils, les groupes en fusion. J’insiste sur ce mot : irréductible ; parce qu’entre les deux moments il ne peut y avoir qu’une tension permanente. Le Parti [le syndicat] tentera toujours, dans la mesure où il veut se considérer "au service" du mouvement, de le réduire à son propre schéma d’interprétation et de développement ; les moments d’autogouvernement tenteront toujours de projeter leur vivante partialité sur le complexe contradictoire du tissu social. », J.-P Sartre, Situations VIII « Autour de 68 », Masses, spontanéité, parti, entretien avec Il Manifesto, 1969, Paris, Gallimard, 1972, p. 282. Voir aussi H. Marcuse, La fin de l’utopie, 1967, Paris, Seuil, 1968, p. 44-55 sur la nature et les formes de l’opposition étudiante, dont on voit que les mobiles et les cibles n’ont quasiment pas changé depuis 40 ans. Cet antagonisme est proprement politique et exprime un rapport qualitativement différent à la logique cogestionnaire, et ne se réduit pas à un simple déphasage entre des jeunes (plus ou moins excités) et des moins jeunes (plus ou moins installés et assagis) : en particulier les syndicats étudiants… sont plus syndicats qu’étudiantts.

[28] Remarque sur les lignes radicales-révolutionnaires minoritaires (ou : 5ème mot d’ordre). On sait massive la profonde hétérogénéité de la mobilisation et de ses formes au niveau national : si cette minorité chez les personnels a ici ou là un poids réel, ses lignes sont dans l’ensemble politiquement très faibles. Cette situation minoritaire est aussi en l’état au principe de sa propre persistance : l’épuisement provoqué dans la durée par la défense des lignes minoritaires conduit à laisser vacantes certaines positions, dans le cadre institutionnel et dans le cadre du conflit lui-même. Symbole parlant : la composition des « tribunes » des assemblées générales, la plupart du temps dévolus aux militants syndicalistes qui en ont l’habitude et notamment dans la durée : la patience et l’énergie requises sont le fruit d’une longue pratique. Beaucoup leur laissent la place à cause de l’envers de cette habitude : le confort de laisser les autres faire (principe majeur de toute bureaucratisation, c’est-à-dire de toute captation structurelle des leviers de pouvoir par un petit groupe de « professionnels » faisant office de « bureau » – la bureaucratie, c’est le pouvoir de l’oligarchie du bureau) à leur place parce qu’ils ne sont pas « prêts », par appréhension et par intérêt, à prendre le risque de la huée et à dépenser cette énergie et à ne plus déléguer. Même les minoritaires actifs tombent dans cet écueil : condamner les « manipulations » syndicales de la tribune est un sport traditionnel. Mais rien n’empêche, lors du vote de la tribune (l’élection de ses membres) qui a lieu à chaque début d’AG, de se présenter à la place des habitués : exercice extrêmement pesant. Conclusion : que tous celles et ceux qui condamnent sans mettre la main à la pâte, soit assument la bonne conscience confortable qu’ils se donnent à ce moment là, soit passent à l’acte. Il n’y a pas de combat sensé sans volonté de victoire. Mais au-delà ce plan de la « responsabilité », cette situation possède une objectivité très nette : l’institution universitaire est gérée aussi en temps de crise par ceux qui la co-gèrent en temps normal (jusqu’ici du moins, les directions était encore composées d’élu-e-s EC puisés dans les appareils syndicaux dominants). Il était donc inimaginable que les appareils syndicaux engagés ne mènent la grève à l’encontre de ce cadre co-gestionnaire qui est le leur.

[29] H. Marcuse, La fin de l’utopie, p. 35-36

[30] Le texte collectif L’insurrection qui vient (Paris, La Fabrique, 2007) a suscité un nombre incalculable de références au cours de cette grève, chez les étudiants en particulier : le fait qu’il déplace radicalement le débat sur le terrain de l’action, dans un idiome novateur par rapport à l’extrême-gauche habituelle, l’explique aisément en ces temps de misère politique de la gauche.

[31] Cf. par exemple Jacques Rancière, La haine de la démocratie, Paris, La Fabrique, 2007.

[32] Idéologie et appareils idéologiques d’État, p. 118. Pour une ample mise en perspective qui tranche avec la prose actuelle sur la « crise de l’université », d’un lavasse et d’une indigence à laisser pantois, voir Yves Citton, « Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes », RILI (Revue internationale des livres et des idées), mai-juin 2009, n° 11, p. 22-28 (http://www.revuedeslivres.net), Editions Amsterdam <http://www.editionsamsterdam.fr).
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Nico37
 
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 30 Aoû 2009, 16:49

http://www.emancipating-education-for-all.org/content/semaine-daction-nov-2009

"Le fait que des groupes, dans plus de 20 pays et sur les 5 continents, se joignent au "Jour International d'Action" en novembre et à la "Semaine d'Action Mondiale" en avril dernier montre où en est la lutte au niveau international.
Il revient à chaque groupe de décider de la façon dont il voudra manifester son mécontement durant la semaine d'action. Quelle soit petite ou grande, le plus important est de se coordonner ensemble."

"des militants de divers pays s'accordent pour appeler à une autre "Semaine d'Action Mondiale" cette année : le 5 novembre 2009 (le "Warm-up day of united action" (sic)) + du 9 au 18 novembre 2009.
"
"Le 17 novembre le "Jour International de l'Etudiant"."


Sinon. Je ne comprends pas le fond.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 01 Sep 2009, 19:34

L’agenda de sinistre de Valérie Pécresse

Cette retranscription de agenda permet à la communauté scientifique de s’informer des activités de ministre de Pécresse. Mais pas que cela… La stratégie du collectif n’est généralement pas celle des pétitions, des grandes lettres, … Non pas vraiment. Par contre, ce que nous appelons le « parasitage » des politiques qui consiste à les interpeler le plus possible lors de leurs activités se montrent finalement payant en les mettant à défaut (voir Un entretien pris à la volée de Valérie Pécresse avec les scandaleuses réponses de Pécresse) ou leur nuisent simplement par une pression sur leur mobilité et leur image (voir la rubrique « Les parasitages de Pécresse »)
Il n’est pas fou de penser que la coïncidence entre le début de la mise en place de cette stratégie et le fait que l’agenda officiel ait vu son annonce se réduire en durée (par période de 15j au début, l’agenda n’est pas parfois plus annoncé que pour 2 à 3 jours parfois) et en anticipation minimaliste (du vendredi pour le lundi suivant) n’en soit pas une finalement.

Saisissez-vous de ses rendez-vous et déplacements pour venir interpeler la ministre et lui exposer votre point de vue sur sa politique.

A voir également pour augmenter les possibilités : l’agenda sur le fil qui regroupe les informations sur son agenda non ministériel (non officiel)

Note du 21 avril : le ministère ne délivre plus les agendas complets de Pécresse. Souvent en retard avant et maintenant systématiquement annoncés après le début de la semaine depuis quelques temps, très lacunaires, … les agendas sont vides d’infos. A quand l’arrêt de la publication par le ministère ? (Antonin, membre de PAPERA)


Semaine du 31 août au 6 septembre

Lundi 31

15h00 Réunion sur la rentrée étudiante avec les cinq organisations représentatives (UNEF, FAGE, UNI, PDE, Confédération étudiante) suivie d’un point presse
18h15 Invitée de France Info

Mardi 01

14h45 Entretien avec Richard Descoings, Directeur de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris
16h30 Inauguration de logements étudiants et visite de la Tour de l’Illustration - Bobigny

Mercredi 02

10h00 Conseil des Ministres - Elysée
12h00 Installation du Conseil pour le développement des Sciences humaines et sociales
17h00 Entretien avec Monique Canto-Sperber, Directrice de l’Ecole normale supérieure de Paris
18h15 Entretien avec Claire Bazy-Malaurie, Présidente de Chambre à la Cour des comptes, et Présidente du Comité de suivi de la mise en œuvre de la loi sur l’autonomie
19h15 Entretien avec Benoist Apparu, Secrétaire d’État au Logement et à l’urbanisme

Jeudi 03

15h00 Rencontre avec les élus et les porteurs du projet Condorcet-Paris-Aubervilliers retenu dans le cadre de l’opération campus
18h00 Entretien avec Michel de Rosen, Directeur général délégué d’Eutelsat

Vendredi 04

15h30 Déplacement à l’université de Bretagne Sud sur le thème du campus numérique- Lorient
17h30 Rencontre avec les membres de l’équipage de l’expédition Tara, et échange autour des grands défis de recherche en matière de biodiversité – Port de Lorient

Semaine du 24 au 30 août

Mardi 25

10h00 Conseil des Ministres - Elysée

Mercredi 26

10h30 Entretien avec Monique Sassier, Médiatrice de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
18h30 Entretien avec Dr Jacques SERVIER, Président du groupe de Recherche SERVIER

Jeudi 27

11h30 Inauguration d’une résidence étudiante créée dans le cadre de la transformation de bâtiments militaires en logements étudiants - Résidence de la Citadelle – Boulevard de Gaulle - Arras
15h45 Entretien avec Jean-Claude Colliard, Président de l’Université Paris 1
18h00 Entretien avec les membres de la Conférence des Présidents d’Universités, les Présidents d’Université, les Directeurs des établissements de l’Enseignement supérieur et Didier Houssin, Directeur Général de la Santé, au sujet du virus A/ H1N1

Semaine du 27 juillet au 2 août

Lundi 27

18h30 Entretien avec Bernard SAINT-GIRONS, Délégué interministériel à l’orientation

Mardi 28

10h00 Remise du rapport de l’Académie des Sciences sur l’évaluation

Mercredi 29

10h00 Conseil des ministres – Elysée
14h30 Entretien avec Henri LACHMANN, chargé d’une mission sur l’apprentissage

Semaine du 20 au 26 juillet

Lundi 20

08h15 Invitée sur France Info
12h00 Conférence de presse : présentation des mesures prévues dans le cadre du plan de relance en faveur du développement du numérique à l’université « Wifi, Podcast, Environnement numérique de travail pour tous »
13h00 Rencontre avec les Présidents des Universités autonomes

Mardi 21

10h00 Réunion avec les élus locaux et les porteurs du projet « Université de Grenoble » retenu dans le cadre de l’Opération Campus
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
13h00 Entretien avec les parlementaires de l’Office parlementaire d’Évaluation des Choix scientifiques et techniques (OPECST) sur la Stratégie nationale de Recherche et d’innovation
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Entretien avec Stéphane MARTIN, Président-directeur général de l’établissement public du musée du quai Branly

Mercredi 22

08h15 Entretien avec Michel MERCIER, Ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire
10h00 Conseil des ministres – Elysée
18h45 Entretien avec Jean WEISSENBACH, Directeur du Génoscope et Médaille d’Or du Centre national de Recherche scientifique (CNRS) et Eric KARSENTY, directeur d’unité à l’ European Molecular Biology Laboratory (EMBL)

Jeudi 23

10h00 Signature des contrats quadriennaux des établissements de la « vague C »
11h45 Entretien avec Axel KAHN, Président de l’Université Paris V 14h30 Entretien avec Eric CHENUT, Président de Droit au Savoir, sur la situation des étudiants handicapés
15h00 Entretien avec André SYROTA, Président de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM)
16h00 Entretien avec Pierre Tapie, Président de la Conférence des Grandes Ecoles
17h00 Entretien avec Yannick D’ESCATHA, Président du Centre national d’études spatiales (CNES)

Vendredi 24

11h00 Signatures des partenariats publics-privés avec les Universités Paris IV et Paris VII
15h00 Entretien avec Bernard BIGOT, Administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique (CEA)

Semaine du 13 au 19 juillet

Lundi 13

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Entretien avec Philippe AGHION, professeur d’Economie à Harvard

Mardi 14

10h00 Défilé du 14 juillet - Paris

Mercredi 15

15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h15 Intervention devant le Conseil national de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (CNESER)
17h30 Entretien avec Chantal CASES, directrice de l’Institut national d’Etudes démographiques (INED)
18h30 Entretien avec le bureau de la Conférence des présidents d’université
20h00 Réunion avec les élus du plateau de Saclay dans le cadre de l’opération Campus – Gif-sur-Yvette

Jeudi 16

10h00 Visite du laboratoire P4 Jean Mérieux sur le thème de la recherche sur le virus H1N1 - Lyon (Point de presse à 11h50)
18h00 Entretien avec Stéphane TASSEL, secrétaire général du SNESUP-FSU

Vendredi 17

14h30 Remise du rapport de la commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, avec Luc CHATEL, ministre de l’Education nationale
16h00 Entretien avec Jean-Michel FOURGOUS, Député-maire d’Elancourt

Semaine du 6 au 12 juillet

Lundi 06

18h00 Entretien avec Ji ZHU, ministre de l’Education de la République populaire de Chine.
18h45 Entretien avec Marie-Claude MAUREL, Directrice de recherche au CNRS, Directrice du CEFRES (centre français de recherche en sciences sociales) à Prague

Mardi 07

10h00 Conseil des ministres - Elysée
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
13h30 Entretiens successifs avec les syndicats (FSU, SGEN, Autonomes, UNSA), avec Luc CHATEL, ministre de l’Education nationale et porte-parole du Gouvernement – Ministère de l’Education nationale
18h00 Remise de l’Ordre national du Mérite à Ronan STEPHAN, Président de l’Université de Technologie de Compiègne
19h30 Bureau politique de l’UMP – Assemblée nationale

Mercredi 08

09h30 Intervention devant la Conférence mondiale de l’Enseignement supérieur – Siège de l’UNESCO
12h45 Entretien avec les chefs de groupe de la Stratégie nationale de Recherche et d’innovation (SNRI)
14h00 Point de presse sur l’état d’avancement des travaux et présentation des premières orientations de la Stratégie nationale de Recherche et d’Innovation
15h00 Examen de la motion de censure déposée par le parti socialiste- Assemblée nationale
15h45 Entretien avec les membres de la commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, et Luc CHATEL, ministre de l’Education nationale – Ministère de l’Education nationale
18h30 Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Alice DAUTRY, Directrice générale de l’Institut Pasteur

Jeudi 09

10h00 Entretien avec Martin HIRSCH, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, haut commissaire à la Jeunesse
20h00 Dîner avec des chefs d’entreprise

Vendredi 10

10h30 Réunion avec les Présidents des universités accédant à l’autonomie au 1er janvier 2010

Semaine du 29 juin au 5 juillet

Lundi 29

11h30 Entretien avec Michel PEBEREAU, Président du Conseil d’administration de BNP Paribas
16h15 Clôture de la séance publique de l’Académie des sciences morales et politiques - Académie des Sciences morales et politiques, 23 Quai Conti à Paris
17h30 Remise du Prix Claude Lévi-Strauss - Académie des Sciences morales et politiques, 23 Quai Conti à Paris

Mardi 30

10h00 Déplacement avec le Président de la République en région parisienne sur le thème du Grand Paris
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Remise des Prix Irène Joliot Curie pour la promotion de la place des femmes dans la recherche et la technologie en France (« Femme scientifique de l’année », « Jeune femme scientifique », « Parcours femme entreprise » et « Mentorat »), en présence de Louis Gallois, Président de l’exécutif d’EADS – ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche
18h00 Pose de la première pierre d’une nouvelle résidence « Etudiants et Jeunes Travailleurs » – Vélizy-Villacoublay
20h00 Réunion avec les associations porteuses d’enjeux participant à la Stratégie Nationale de la Recherche et d’Innovation

Semaine du 22 au 28 juin

Lundi 22

14h30 Intervention du Président de la République devant le Congrès – Versailles
18h00 Entretien avec Eric DE LABARRE, Secrétaire général de l’Enseignement catholique et Fernand GIRARD, Délégué général du Secrétariat général de l’Enseignement catholique (SGEC).
21h30 Discussion de la proposition de loi portant sur la première année de médecine – Assemblée nationale

Mardi 23

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
13h15 Entretien avec des chercheurs
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h00 Audition par la Commission des finances sur l’exécution budgétaire 2008 – Assemblée nationale

Mercredi 24

09h30 Ouverture de la rencontre parlementaire sur « l’Enseignement supérieur privé associatif au service de l’enseignement supérieur en France » - Assemblée nationale
11h00 Conseil des ministres - Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h15 Audition par la Commission des lois sur la loi Bioéthique – Assemblée nationale
18h00 Questions orales avec débat sur le Crédit impôt recherche (CIR) - Sénat

Jeudi 25

10h30 Signature d’une convention avec l’Association française des banques (AFB) en présence de Michel PEBEREAU, Président d’honneur de l’AFB et Président de BNP Paribas – Université de Cergy-Pontoise
12h15 Entretien avec Philippe POULETTY, Président de France Biotech
13h00 Déjeuner avec des lauréats du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes
15h00 Questions au Gouvernement - Sénat
16h00 Entretien avec Jean-François BERNARDIN, Président de l’Assemblée des Chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI)
17h00 Remise des prix du « Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes »

Vendredi 26

10h00 Inauguration des nouveaux bâtiments de l’Institut national de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) – Versailles-Satory
12h30 Inauguration au ministère de la salle Elie Cohen, ancien président de l’université Paris-Dauphine, et ancien conseiller pour l’enseignement supérieur auprès du directeur des relations européennes et internationales et de la coopération

Semaine du 15 au 21 juin

Mardi 16

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
13h00 Entretien avec le jury du Prix Claude Levi Strauss
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Visite du Salon « Planète PME » à l’occasion de la Journée nationale Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises CGPME – Palais des Congrès

Mercredi 17

10h00 Conseil des ministres - Elysée
13h00 Entretien avec Yannick D’ESCATHA, Président du Centre national d’Etudes spatiales (CNES), en présence de Claude BIRRAUX et de Pierre LASBORDES, respectivement Président et Vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) – Salon du Bourget
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
18h00 Clôture de la « Rencontre universités entreprises » au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM)

Jeudi 18

Matinée Visite du Salon de l’Aéronautique et de l’Espace – Paris Le Bourget
12h30 Rencontre avec le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS) - Salon du Bourget

Samedi 20

17h30 Clôture du Forum « Sciences, recherche et société » organisé par Le Monde et La Recherche – Collège de France

Semaine du 8 au 14 juin

Lundi 08

10h15 Inauguration d’une extension de l’Université de Technologie de Troyes
11h30 Inauguration du Campus étudiant des Comtes de Champagne - Troyes
17h00 Entretien avec Jean François ROUBAUD, Président de la Confédération générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME)
18h00 Entretien avec Gilles BOETSCH, Président du bureau du conseil scientifique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Rémy MOSSERI, Président des conseils scientifiques des départements MPPU (mathématiques, physique, planète, univers) du CNRS, et Philippe WALTER, Président du bureau de la Conférence des présidents du Comité national

Mardi 09

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h15 Réunion des recteurs
17h00 Remise du rapport annuel de Bernard THOMAS, médiateur de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur
19h00 Remise de la Légion d’Honneur à Jacques TITS, mathématicien et membre de l’Académie des Sciences, Prix Abel 2008

Mercredi 10

10h00 Conseil des ministres - Elysée
12h00 Entretien avec Yazid SABEG, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Entretien avec Sylvie FAUCHEUX, Présidente de l’Université de Versailles – Saint Quentin-en-Yvelines
17h45 Remise du 40e Prix Galien - Ministère de la Santé et des Sports

Jeudi 11

09h00 Inauguration de l’Institut de chimie séparative de Marcoule (ICSM) - Gard
14h30 Déplacement à l’université d’Avignon pour le lancement de la Commission « Culture et Université », présidée par Emmanuel ETHIS, Président de l’université d’Avignon

Samedi 13

11h00 Invitée du « rendez-vous des politiques » sur France Culture.

Semaine du 1 au 7 juin

Mardi 02

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
Mercredi 03

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h45 Entretien avec les porteurs du projet Campus « Lorraine »
18h30 Réunion du bureau de la Conférence des présidents d’université (CPU)

Jeudi 04

08h30 Invitée politique de Radio Classique
09h00 Réunion mensuelle avec les représentants des organismes de recherche
10h00 Audition par la Commission des Affaires culturelles du Sénat sur la situation dans les universités
12h00 Réunion avec les Ambassadeurs des pays d’origine des étudiants étrangers en France
17h00 Entretien avec Jean François ROUBAUD, Président de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME)
18h00 Entretien avec Géraud LASFARGUES, Président de l’Académie nationale de médecine et Jacques Louis BINET, Secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine

Semaine du 25 au 31 mai

Lundi 25

15h00 Entretien avec Bernard Saint-Girons, délégué interministériel à l’Orientation
15h30 Réunion avec les présidents des universités autonomes
17h00 Entretien avec Frédéric MARTEL, sociologue et écrivain

Mardi 26

10h00 Inauguration de laboratoires du Collège de France – Paris
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale

Mercredi 27

10h30 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
16h30 Entretien avec les porteurs du projet de campus « Université de Montpellier- Sud de France

Jeudi 28

08h30 Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information (AJSPI)
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat
16h30 Remise du prix du Concours étudiant de l’invention humanitaire

Vendredi 29

09h00 Conseil Compétitivité – Bruxelles

Semaine du 18 au 24 mai

Lundi 18

14h30 Entretien avec François FONDARD, Président de l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), et une délégation de l’UNAF
15h30 Entretiens successifs avec les responsables des organisations représentatives étudiantes : UNEF, FAGE, UNI, PDE et Confédération étudiante.
19h00 Entretien avec Bruno JOUVENCE, Président de la fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP Supérieur)

Mardi 19

08h30 Invitée politique de Laurent Bazin sur I>Télé
10h00 Signature de la convention double diplôme entre Paris XI et Polytechnique.
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h30 Entretien avec le Docteur Jacques SERVIER, Président des laboratoires SERVIER
20h00 Réunion avec les membres du Comité de pilotage de la Stratégie nationale de Recherche et d’Innovation (SNRI).

Mercredi 20

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Entretien avec Leona AGLUKKAQ, ministre canadienne de la Santé
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale

Semaine du 11 au 17 mai

Lundi 11

10h15 Déplacement à Marseille dans le cadre de l’Opération Campus
18h30 Remise du rapport de la commission MARESCAUX sur la réforme des Centres hospitaliers et universitaires au Président de la République – Elysée

Mardi 12

15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Entretien avec Manuel VALLS, Président de la Communauté d’Agglomération d’Evry Centre Essonne, et Richard MESSINA, Président de l’Université d’Evry Val d’Essonne au sujet du Pôle Universitaire d’Evry Centre Essonne

Mercredi 13

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Entretien avec Hervé De CHARRETTE, Ancien Ministre, Député du Maine-et-Loire
13h00 Déjeuner avec les Présidents des 20 universités autonomes
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h40 Inauguration des « Rendez-vous Carnot », en présence d’Alain DUPREY, Directeur général de l’Association des Instituts Carnot (AiCarnot) – Palais des Congrès de Versailles

Jeudi 14

10h00 Entretien avec Jacques PROST, Directeur de l’ École Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris (ESCPI Paris Tech), Alain FUCHS, Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris (ENSCP ParisTech) et Claude Huriet, Président de l’Institut Curie
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat
16h15 Clôture du Colloque consacré à la 4e Année polaire internationale – Sénat

Vendredi 15

19h15 Entretien avec Roger GENET, Directeur général du CEMAGREF

Semaine du 4 au 10 mai

Lundi 04

11h00 Réunion informelle des ministres européens en charge de la recherche - Prague

Mardi 05

10h00 Présentation du « plan nano-Innov », le plan de développement des nanotechnologies
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
19h30 Entretien avec Yazid SABEG, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances

Mercredi 06

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h00 Réunion avec les porteurs du projet du campus « Université de Bordeaux »
18h30 Réunion avec le bureau de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)

Jeudi 07

08h30 Réunion mensuelle avec les représentants des organismes de recherche
09h50 Questions orales sans débat – Assemblée nationale

Semaine du 27 avril au 3 mai

Lundi 27

14h30
Séance plénière du Comité des stages et de la professionnalisation en présence d’Eric WOERTH, ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, André SANTINI, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique et Martin HIRSCH, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et Haut commissaire à la Jeunesse
17h00 Entretien avec Jean-Claude COLLIARD, président de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne

Mardi 28

09h00 Sommet Franco-espagnol – Madrid (Espagne)
16h30 Conférence ministérielle organisée dans le cadre du processus de Bologne - Louvain (Belgique)

Mercredi 29

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
15h30 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h00 Discours du Président de la République sur le Grand Paris – Cité de l’architecture et du patrimoine
18h00 Remise des insignes de Grand Officier de la Légion d’honneur à Simone VEIL par le Président de la République - Palais de l’Elysée

Jeudi 30

12h30 Entretien avec Andreï FOURSENKO, ministre de l’Education et de la Science de la Fédération de Russie
17h00 Entretien avec Claudie HAIGNERE, présidente de la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Semaine du 20 au 26 avril

Lundi 20

15h00 Obsèques de Maurice DRUON - Hôtel des Invalides

Mardi 21

15h00 Entretien avec Alain BENTOLILA, Professeur à l’université Paris Descartes

Mercredi 22

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
15h30 Entretien avec Bertrand DELANOE, maire de Paris – Mairie de Paris
19h30 Signature d’une convention de coopération avec Hany Mahfouz HELAL, ministre égyptien de l’Enseignement supérieur et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

Dimanche 26

18h30 Invitée du Grand jury RTL - Le Figaro - LCI

Semaine du 15 au 18 avril

Mercredi 15

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
Du jeudi 16 avril au samedi 18 avril 2009 : déplacement aux Etats-Unis
Programme du déplacement

Jeudi 16 avril

Université de Berkeley
Entretien avec Robert Birgeneau, chancelier de UC Berkeley
Présentation des 41 recherches du CITRIS (Center for Information Technology Research in the Interest of Society) et rencontre avec des étudiants français
Visite du Lawrence Berkeley National Laboratory
Visite de la Molecular Foundry, nouveau laboratoire dédié aux recherches sur les nanomatériaux
Visite du NCEM (Centre National de Microscopie Electronique), avec le microscope électronique le plus puissant au monde
Visite du JBEI (Joint Bioscience Energy Institute), un laboratoire pour lever le verrou de la transformation de la biomasse cellulosique en biofuel
Rencontre avec des universitaires et des chercheurs français

Vendredi 17 avril

Université de Stanford
Présentation du GCEP (Global Climate and Energy Project)
Visite de la structure de recherche interdisciplinaire dans les domaines de la biologie et la médecine BIO-X.
Présentation de Voiture automatique « Junior » capable de se déplacer seule en milieu urbain
Visite de Carlab, laboratoire interdisciplinaire regroupant des chercheurs de différents départements de Standford, en ingénierie et en sciences sociales, des étudiants et des chercheurs d’entreprises privées
Visite du Laboratoire de Hewlett Packard « HP Labs »
Rencontre avec Stanely William, directeur du Quantum Science Research (QSR)

Semaine du 6 au 12 avril

Lundi 06

12h00 Entretien avec Jacques GLOWINSKI, Professeur Honoraire au Collège de France, chargé de mission sur le campus de Saclay
15h00 Entretien avec Jean-Paul JACOB, Président de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP)
17h00 Rencontre avec le Club des Ambassadeurs

Mardi 07

16h15 Réunion des Recteurs en présence de Yazid SABEG, Commissaire chargé de la Diversité et de l’Egalité des chances

Mercredi 08

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Entretien avec Hervé de CHARETTE, Ancien Ministre, Député du Maine et Loire
15h00 Questions au Gouvernement
17h30 Entretien avec Monique PELLETIER, ancien ministre, Présidente du Conseil national Handicap, accompagnée du Docteur Roger SALBREUX, Secrétaire Général du Conseil national Handicap

Semaine du 30 mars au 5 avril

Lundi 30

Lundi 30 09h45 Entretien avec l’Union Nationale des Syndicats Autonomes – Education (UNSA-éducation) aux cotés de Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale sur la réforme de la formation des maîtres- Ministère de l’Education nationale
15h00 Entretien avec la Fédération nationale de syndicats autonomes de l’enseignement supérieur et de la recherche (FNSAESR) aux cotés de Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale sur la réforme de la formation des maîtres- Ministère de l’Education nationale
18h00 Entretien avec les organisations syndicales de l’enseignement supérieur et de la recherche

Mardi 31

10h00 Point d’étape sur la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation (SNRI), en présence de Luc CHATEL, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation
11h30 Entretien avec trois directeurs de laboratoire : Yves LAZSLO, Bruno CHAUDRET et Yves Langevin
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
17h00 Entretien avec Jean-Yves LE GALL, président-directeur général d’Arianespace
17h45 Entretien avec André SYROTA, directeur général de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale(INSERM)

Mercredi 01

09h00 Entretien avec Luc FERRY, ancien ministre
10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
17h00 Entretien avec Patrice DEBRE, ambassadeur chargé de la lutte contre le Sida
17h30 Entretien avec Alice DAUTRY, directrice générale de l’Institut Pasteur
18h30 Réunion avec le bureau de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)

Jeudi 02

08h30 Réunion mensuelle avec les représentants des organismes de recherche
09h30 Entretien avec des présidents de conseil scientifique d’organisme de recherche, et des dirigeants d’établissement public à caractère scientifique et technologique
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat
16h30 Signature des conventions du plan de relance avec les organismes de recherche, en présence de Patrick DEVEDJIAN, ministre en charge de la mise en œuvre du plan de relance
17h30 Entretien avec Roger GENET, directeur général du CEMAGREF, Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement
18h00 Entretien sur la mission « Lanceurs », avec Yannick d’ESCATHA, président du Centre national d’études spatiales (CNES), Bernard BIGOT, haut commissaire à l’énergie atomique, et Laurent COLLET-BILLON, délégué général pour l’armement

Semaine du 23 au 29 mars

Lundi 23

07h40 Invitée des « 4 vérités » sur France 2
15h00 Présentation du nouveau décret sur le statut des enseignants chercheurs en Comité Technique Paritaire Universitaire (CTPU)

Mardi 24

10h00 Ouverture de la conférence sur les grandes infrastructures de recherche, organisée dans le cadre de la Présidence Tchèque de l’Union Européenne – Prague
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Mercredi 25

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
16h00 Séance de questions cribles – Assemblée Nationale

Vendredi 27

10h30 Entretien avec la Fédération syndicale unitaire (FSU) aux cotés de Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale sur la réforme de la formation des maîtres- Ministère de l’Education nationale
12h15 Entretien avec le Syndicat général de l’Éducation nationale – Confédération française démocratique du travail (SGEN-CFDT) aux cotés de Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale sur la réforme de la formation des maîtres- Ministère de l’Education nationale

Semaine du 16 au 22 mars

Lundi 16

13h00 Déjeuner avec l’Association nationale des docteurs ès sciences (ANDès), en présence de Claire POINSOT, présidente, et de Pascal DEGIOVANNI, vice-président

Mardi 17

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée Nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
16h15 Entretien avec le Syndicat National du Personnel Technique de l’Enseignement Supérieur e

Mercredi 18

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Jeudi 19

9h30 Question orale avec débat sur l’application de la loi du 10 août 2007 sur l’autonomie des universités – Sénat
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Semaine du 9 au 15 mars

Mardi 10

09h30 Réunion avec les recteurs et les vice-recteurs
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée Nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
17h00 Entretien avec André Rossinot, ancien Ministre, Maire de Nancy, Président de la Communauté Urbaine de Nancy

Mercredi 11

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Jeudi 12

08h30 Réunion mensuelle avec les représentants des organismes de recherche
13h00 Déjeuner avec des parlementaires
15h00 Réunion avec le bureau de l’Assemblée des Instituts Universitaires de Technologie (ADIUT)
18h30 Remise des insignes d’officier de l’Ordre National du Mérite à Mercedes ERRA, présidente de BETC Euro RSCG

Semaine du 2 au 8 mars

Lundi 02

19h00 Dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France

Mardi 03

10h00 Entretien avec Albert FERT, prix Nobel de Physique 2007, et Yves LASZLO, Professeur à l’école Polytechnique
11h00 Rencontre avec des dirigeants d’organisme de recherche et des présidents de conseil scientifique
12h00 Entretien avec le bureau de la Conférence des présidents d’université sur le décret régissant le statut des enseignants-chercheurs
14h00 Rencontre avec les organisations syndicales représentatives sur le décret régissant le statut des enseignants-chercheurs
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Vendredi 06

09h30 Renncontre avec les organisations syndicales représentatives sur le décret régissant le statut des enseignants-chercheurs

Semaine du 23 février au 1 mars

Lundi 23

16h30 Entretien avec Louis VOGEL, président de l’université Panthéon Assas
17h00 Entretien avec Yazid SABEG, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances

Mardi 24

11h00 Conférence de presse de présentation des projets de la seconde vague de l’Opération Campus
13h00 Réunion avec le comité d’évaluation de l’Opération Campus
20h00 Diner avec les représentants des sociétés savantes

Mercredi 25

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
12h30 Déjeuner avec les animateurs des groupes de travail et des chercheurs du comité de pilotage de la Stratégie nationale de recherche et d’innovation (SNRI)

Vendredi 27

08h30 Rencontre avec le bureau de la Conférence des présidents d’université, en présence de Claire Bazy-Malaurie, médiatrice sur le décret régissant le statut des enseignants-chercheurs
10h00 Rencontre avec les organisations syndicales représentatives siégeant au comité technique paritaire, en présence de Claire Bazy-Malaurie, médiatrice sur le décret régissant le statut des enseignants-chercheurs

Semaine du 16 au 22 février

Lundi 16

17h00 Entretien avec Jean-Daniel TORDJMAN, Ambassadeur aux pôles de compétitivité
18h00 Entretien avec Gilbert BEREZIAT, Délégué Général de Paris Universitas, sur le thème de l’Opération Campus

Mardi 17

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée Nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
16h30 Entretien avec Jean SALENCON, Président de l’Académie des Sciences et Alain CARPENTIER, Vice-président de l’Académie des Sciences

Mercredi 18

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Jeudi 19

09h30 Réunion sur le projet « Université de Toulouse » retenu dans le cadre de l’Opération campus, avec une délégation d’élus locaux
12h00 Entretien avec Bernard KOUCHNER, Ministre des Affaires Etrangères
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat

Vendredi 20

09h30 Remise du rapport d’évaluation externe de l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA)

Semaine du 9 au 15 février

Lundi 09

07h45 Invitée de « La matinale » de Canal +

Mardi 10

09h00 Audition à l’Académie des Sciences
11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée Nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
18h30 Remise du prix Alexandre Varenne récompensant des journalistes scientifiques – Fondation Alexandre Varenne, Paris

Mercredi 11

15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
16h00 Lancement de la mission de médiation auprès de la communauté universitaire de Claire BAZY-MALAURIE, Président de Chambre à la Cour des comptes, spécialistes des questions universitaires, sur le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs : définition de la méthode et du calendrier de travail

Jeudi 12

08h30 Réunion mensuelle avec les organismes de recherche
14h30 Lancement de la seconde phase du chantier « Vie étudiante », avec Martin HIRSCH, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse, et les représentants des organisations étudiantes et de la conférence des présidents d’université

Vendredi 13

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Signature du contrat d’objectifs et de moyens d’Oséo, avec Christine LAGARDE, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi – Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

Dimanche 15

14h20 Invitée de Forum Radio J

Semaine du 2 au 8 février

Lundi 02

11h00 Présentation des projets retenus dans le cadre du Plan de relance, à l’occasion du Comité Interministériel d’Aménagement et de Compétitivité des Territoires, sous la présidence de François FILLON, Premier ministre – Lyon

Mardi 03

08h20 Invitée de Jean-Pierre ELKABBACH sur Europe 1
09h30 Questions orales sans débat – Assemblée nationale
10h00 Conférence de presse de présentation du volet « Enseignement supérieur et Recherche » du Plan de relance
11h30 Réunion du groupe UMP- Assemblée nationale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
18h30 Entretien avec François WEIL, Directeur du centre d’études nord-américaines

Mercredi 04

10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h45 Entretien avec une délégation d’élus des villes moyennes au sujet des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM)
18h30 Réunion avec la Conférence des présidents d’université (CPU)

Jeudi 05

11h00 Inauguration de l’Université de Strasbourg, et participation à une table ronde avec des étudiants de l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) –Université de Strasbourg
19h05 Invitée du « Grand Journal » sur Canal +

Vendredi 06

10h00 Ouverture du colloque sur les « Simplifications administratives dans la Recherche »
12h00 Entretien avec une délégation de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA)
18h00 Entretien avec Guliano BERETTA, Président d’Eutelsat et Yves BLANC, Directeur Général d’Eutelsat

Semaine du 26 janvier au 1 février

Lundi 26

13h00 Déjeuner avec les membres du Comité de suivi de la loi LRU
15h00 Entretien avec Monique CANTO-SPERBER, directrice de l’Ecole normale supérieure
16h00 Entretien avec des enseignants juristes
17h00 Entretien avec Richard DESCOINGS, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, en charge d’une mission sur la réforme du lycée
18h00 Entretien avec Jean-Pierre RAFFARIN et une délégation d’élus de la Vienne sur l’université de Poitiers

Mardi 27

08h15 Invitée politique de Christophe BARBIER sur LCI
11h30 Réunion Groupe UMP – Assemblée Nationale
12h45 Entretien avec les organisations syndicales représentées au Comité technique paritaire de l’administration centrale
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale
16h45 Déplacement avec Patrick DEVEDJIAN, ministre en charge de la mise en œuvre du Plan de Relance, au Synchrotron « Soleil » pour la présentation du plan de relance consacré aux très grandes infrastructures de recherche- Saint-Aubin (Essonne)

Mercredi 28

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
13h00 Déjeuner avec des enseignants-chercheurs
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Entretien avec Michel DESTOT, Président de l’Association des Maires des Grandes Villes de France
19h00 Vœux de la ministre – Muséum d’Histoire Naturelle

Jeudi 29

09h30 Entretien avec Martial-Olivier KOEHRET, Président du Syndicat des médecins généralistes

Vendredi 30

11h30 Entretien avec l’association Qualité de la Science Française
18h00 Entretien avec Daniel CANEPA, Préfet de la région Ile-de-France

Semaine du 19 au 25 janvier

Lundi 19

15h00 Entretien avec Jean-Louis BEFFA, Président du conseil d’administration de Saint-Gobain

Mardi 20

11h30 Réunion du groupe UMP – Assemblée Nationale
12h30 Entretien avec Jacques STERN, Président de l’Agence Nationale de la Recherche
12h30
Déjeuner avec François de Mazières, Président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, et un groupe d’architectes (Jean-Marie DUTHILLEUL, Jacques FERRIER, Manuelle GAUTRAND, Philippe GAZEAU, Florence LIPSKY, Dominique LYON, Jean NOUVEL, Christian de PORTZAMPARC, Bernard REICHEN, Nasrine SERAJI, et Jean-Philippe VASSAL) sur l’Opération Campus
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Mercredi 21

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
16h30 Entretien avec Jean-Claude REGI, Président de la Fédération des Médecins de France

Jeudi 22

08h30 Réunion mensuelle avec les représentants des Organismes de Recherche
11h00 Entretien avec la délégation de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat

Vendredi 23

11h00 Entretien avec Jean-Charles NAOURI, Président directeur général du groupe
Casino 13h00 Déjeuner avec les présidents des 20 premières universités autonomes (depuis le 1er janvier 2009)

Semaine du 12 au 18 janvier

Lundi 12

14h30 Réunion avec les présidents des universités parisiennes
16h00 Entretien avec une délégation de la Fédération nationale des syndicats autonomes de l’enseignement supérieur et de la recherche

Mardi 13

Déplacement à Londres : Visite du King’s College, Visite d’un bâtiment universitaire construit en partenariat public-privé, dispositif utilisé dans le cadre de l’Opération Campus. Entretien avec John DENHAM, Ministre britannique de l’Innovation, des Universités et des Savoirs, et John BEDDINGTON, Conseiller pour la Science du Gouvernement britannique, ainsi qu’une délégation de Vice-chancellors d’Universités britanniques

Mercredi 14

10h00 Conseil des Ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Entretien avec Dominique MARANINCHI, Président de l’Institut national du Cancer
13h00 Déjeuner avec Christian STREIFF, Président directeur général de PSA
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée nationale
17h00 Entretien avec Jean-Paul FITOUSSI, Président de l’Observatoire Français des conjonctures économiques
19h00 Bureau politique de l’UMP

Jeudi 15

09h15 Ouverture de l’année mondiale de l’astronomie à l’UNESCO – Siège de l’UNESCO, Paris VII
10h00 Intervention devant la Conférence permanente du Conseil National des Universités (CPCNU) sur les modifications apportées au décret qui régit le statut des enseignants-chercheurs
11h45 Point de presse suite à l’intervention devant la Conférence permanente du Conseil National des Universités (CPCNU)
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat

Vendredi 16

09h30 Déplacement à Lyon sur le thème de l’Opération Campus, table-ronde organisée avec les porteurs du projet lyonnais
Semaine du 5 au 11 janvier

Lundi 05

11h30 Entretien avec Axel KAHN, Président de l’université Paris V
17h00 Entretien avec Gabriel DE BROGLIE, Chancelier de l’Institut de France
17h30 Entretien avec Jacques MARESCAUX, Professeur des Universités en chirurgie digestive, Chargé de présider une commission sur la réforme des Centres hospitaliers universitaires (CHU), à la demande du Président de la République

Mardi 06

10h00 Entretien avec une délégation de la Fédération syndicale unitaire (FSU)
11h00 Réunion des recteurs d’académie
13h00 Déjeuner avec les recteurs d’académie
15h00 Questions au Gouvernement – Assemblée Nationale

Mercredi 07

09h00 Petit déjeuner avec les membres du gouvernement - Ministère de l’intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales, place Beauvau, Paris 8
10h00 Conseil des ministres – Palais de l’Elysée
12h00 Réception des vœux aux parlementaires et aux conseillers de Paris - Palais de l’Elysée
15h00 Entretien avec Stéphane FOUKS, Directeur général de Havas
15h30 Entretien avec Philippe MEYER, Professeur émérite à l’université Paris V
16h30 Signature du contrat d’objectifs et de moyens d’Oséo avec Christine LAGARDE, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Luc CHATEL, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation, Porte-parole du Gouvernement et Hervé NOVELLI, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises - Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi
18h30 Réunion avec le bureau de la Conférence des Présidents d’université (CPU)

Jeudi 08

08h30 Entretien avec Jacques LEGENDRE, Sénateur du Nord et Président de la Commission des Affaires culturelles du Sénat
15h00 Questions au Gouvernement – Sénat

Vendredi 09

11h00 Déplacement à Strasbourg à l’occasion des vœux du Président de la République aux personnels de Santé, et inauguration du nouvel hôpital civil
15h30 Entretien avec une délégation du SGEN-CFDT
16h30 Entretien avec une délégation du SNPREES-FO
17h30 Entretien avec une délégation de l’UNSA
Nico37
 
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Rennes: bonne rentrée mr le président de l'Université !!

Messagede georges » 02 Sep 2009, 17:27

1er septembre 2009
Le président de l'université de Rennes 2, Marc Gontard, a reçu en début d'après-midi le contenu d'un seau de lisier sur la tête alors qu'il accueillait des étudiants en première année, a-t-on appris auprès de l'université. M. Gontard s'exprimait à une tribune lorsque trois personnes cagoulées qui s'étaient regroupées sur un balcon surplombant la scène lui ont jeté le contenu d'un seau de lisier sur la tête, avant de prendre la fuite en jetant des tracts revendiquant la mise en place d'une "université populaire".

"C'est une déclaration de guerre contre Rennes 2 et contre l'université en général. Cette agression a été perpétrée par ce groupe que tout le monde connaît qui squatte l'université depuis deux ou trois années", a dit à l'AFP M. Gontard qui a fait part de son intention de porter plainte. Rennes 2 est traditionnellement l'un des bastions de la contestation étudiante en France.

M. Gontard, 63 ans, spécialiste de la littérature du 20ème siècle, avait été confronté à un fort mouvement revendicatif lors du dernier mouvement étudiant. "Dans toute ma carrière, je n'ai jamais vu une telle accumulation de mouvements avec des blocages aussi longs et une telle violence", avait-il dit.

(Source : AFP)
Modifié en dernier par georges le 02 Sep 2009, 17:48, modifié 1 fois.
georges
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 02 Sep 2009, 17:39

Ho ben merde alors ! :lol: :lol: :lol: :lol:
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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