Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Olé » 24 Mai 2009, 21:57

CARNUS a écrit:Oui mais pour le coup, si tu savais ce que réprésente un marché en Haute-Provence, c'est un moyen de com. fantastique,
car les gens arrivent souvent assez tôt (il a fait 33 °C aujourd'hui) d'ailleurs, je suis encore à poil, enfin presque !

et ce n'est que pour l'appéro, après ils vont manger où ils veulent (arf!)

Salutations Anarchistes à toi Léo !


a ok oui en effet j'me rends surement pas trop compte.
salutation à toi aussi.
( ps: C'est qui Léo? Moi c Olé! :mrgreen: :wink: )
Olé
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 25 Mai 2009, 14:12

Réponses écrites de Julien Coupat publiées dans "Le Monde"

Julien Coupat : "La prolongation de ma détention est une petite vengeance"

LE MONDE | 25.05.09 | 12h10 • Mis à jour le 25.05.09 | 12h33

Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour "terrorisme" avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris, il est soupçonné d'avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. (Il a demandé à ce que certains mots soient en italique).


Comment vivez-vous votre détention ?

Très bien merci. Tractions, course à pied, lecture.

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?

Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène.

Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

Les sabotages sur les caténaires SNCF en France ont été revendiqués en Allemagne. Qu'en dites-vous?

Au moment de notre arrestation, la police française est déjà en possession du communiqué qui revendique, outre les sabotages qu'elle voudrait nous attribuer, d'autres attaques survenues simultanément en Allemagne. Ce tract présente de nombreux inconvénients : il est posté depuis Hanovre, rédigé en allemand et envoyé à des journaux d'outre-Rhin exclusivement, mais surtout il ne cadre pas avec la fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l'attaque au cœur de l'Etat en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires. On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public.

Il est vrai que le sabotage des lignes de train y perd beaucoup de son aura de mystère : il s'agissait simplement de protester contre le transport vers l'Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultraradioactifs et de dénoncer au passage la grande arnaque de "la crise". Le communiqué se conclut par un très SNCF "nous remercions les voyageurs des trains concernés de leur compréhension". Quel tact, tout de même, chez ces "terroristes"!

Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de "mouvance anarcho-autonome" et d'"ultragauche"?

Laissez-moi reprendre d'un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d'une période de gel historique dont l'acte fondateur fut l'accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d'"éviter une guerre civile". Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale.

Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.

Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.

Cette analyse sommaire du théâtre des opérations a dû s'imposer assez tôt puisque les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les "anarcho-autonomes". On leur prêtait, pour commencer, l'organisation des émeutes spontanées, qui ont, dans tant de villes, salué le "triomphe électoral" du nouveau président.

Avec cette fable des "anarcho-autonomes", on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l'intérieur s'est docilement employée, d'arrestations ciblées en rafles médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l'y incarcérer. Or celle de "casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l'intention du nouveau pouvoir de s'attaquer à l'ennemi, en tant que tel, sans attendre qu'il s'exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression.

Il importe peu, finalement, qu'il ne se trouve personne en France pour se reconnaître "anarcho-autonome" ni que l'ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920 et qui n'a, par la suite, jamais produit autre chose que d'inoffensifs volumes de marxologie. Au reste, la récente fortune du terme "ultragauche" qui a permis à certains journalistes pressés de cataloguer sans coup férir les émeutiers grecs de décembre dernier doit beaucoup au fait que nul ne sache ce que fut l'ultragauche, ni même qu'elle ait jamais existé.

A ce point, et en prévision des débordements qui ne peuvent que se systématiser face aux provocations d'une oligarchie mondiale et française aux abois, l'utilité policière de ces catégories ne devrait bientôt plus souffrir de débats. On ne saurait prédire, cependant, lequel d'"anarcho-autonome" ou d'"ultragauche" emportera finalement les faveurs du Spectacle, afin de reléguer dans l'inexplicable une révolte que tout justifie.

La police vous considère comme le chef d'un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu'en pensez-vous?

Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d'un régime sur le point de basculer dans le néant.

Que signifie pour vous le mot terrorisme?

Rien ne permet d'expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d'avoir orchestré, au su de la DST, la vague d'attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. Rien ne permet d'expliquer non plus la soudaine transmutation du "terroriste" en héros à la Libération, en partenaire fréquentable pour les accords d'Evian, en policier irakien ou en "taliban modéré" de nos jours, au gré des derniers revirements de la doctrine stratégique américaine.

Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d'avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s'exécutera avec promptitude. Qui n'étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – "terroristes" devenus l'un premier ministre d'Israël, l'autre président de l'Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.

Le flou qui entoure la qualification de "terrorisme", l'impossibilité manifeste de le définir ne tiennent pas à quelque provisoire lacune de la législation française : ils sont au principe de cette chose que l'on peut, elle, très bien définir : l'antiterrorisme dont ils forment plutôt la condition de fonctionnement. L'antiterrorisme est une technique de gouvernement qui plonge ses racines dans le vieil art de la contre-insurrection, de la guerre dite "psychologique", pour rester poli.

L'antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n'est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste. Il s'agit, par tout un luxe de provocations, d'infiltrations, de surveillance, d'intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l'"action psychologique", de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d'anéantir la "menace subversive" en associant, au sein de la population, l'ennemi intérieur, l'ennemi politique à l'affect de la terreur.

L'essentiel, dans la guerre moderne, est cette "bataille des cœurs et des esprits" où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l'ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l'exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l'humilier publiquement, inciter les plus vils à l'accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. "La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l'arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu'une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l'effort de guerre de la façon la plus discrète possible", conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l'armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose.

Une fois n'est pas coutume, dans notre cas, l'antiterrorisme a fait un four. On n'est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée "raisonnable" est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l'échec; comme est compréhensible l'acharnement un peu mesquin des "services", depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques, ou à filocher le moindre de nos camarades. Combien cette logique de représailles a d'emprise sur l'institution policière, et sur le petit cœur des juges, voilà ce qu'auront eu le mérite de révéler, ces derniers temps, les arrestations cadencées des "proches de Julien Coupat".

Il faut dire que certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d'autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur], d'autres encore la crédibilité qu'ils n'ont jamais eue et qu'ils n'auront jamais, comme Michèle Alliot-Marie.

Vous êtes issu d'un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…

"Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (Hegel).

Pourquoi Tarnac?

Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l'expliquer, je le crains.

Vous définissez-vous comme un intellectuel? Un philosophe ?

La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d'Héraclite comme échappée d'un monde révolu. A l'heure de l'intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier "l'intellectuel", sinon l'étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l'aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?

Etes-vous l'auteur du livre L'insurrection qui vient ?

C'est l'aspect le plus formidable de cette procédure : un livre versé intégralement au dossier d'instruction, des interrogatoires où l'on essaie de vous faire dire que vous vivez comme il est écrit dans L'insurrection qui vient, que vous manifestez comme le préconise L'insurrection qui vient, que vous sabotez des lignes de train pour commémorer le coup d'Etat bolchevique d'octobre 1917, puisqu'il est mentionné dans L'insurrection qui vient, un éditeur convoqué par les services antiterroristes.

De mémoire française, il ne s'était pas vu depuis bien longtemps que le pouvoir prenne peur à cause d'un livre. On avait plutôt coutume de considérer que, tant que les gauchistes étaient occupés à écrire, au moins ils ne faisaient pas la révolution. Les temps changent, assurément. Le sérieux historique revient.

Ce qui fonde l'accusation de terrorisme, nous concernant, c'est le soupçon de la coïncidence d'une pensée et d'une vie; ce qui fait l'association de malfaiteurs, c'est le soupçon que cette coïncidence ne serait pas laissée à l'héroïsme individuel, mais serait l'objet d'une attention commune. Négativement, cela signifie que l'on ne suspecte aucun de ceux qui signent de leur nom tant de farouches critiques du système en place de mettre en pratique la moindre de leurs fermes résolutions; l'injure est de taille. Malheureusement, je ne suis pas l'auteur de L'insurrection qui vient – et toute cette affaire devrait plutôt achever de nous convaincre du caractère essentiellement policier de la fonction auteur.

J'en suis, en revanche, un lecteur. Le relisant, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai mieux compris la hargne hystérique que l'on met, en haut lieu, à en pourchasser les auteurs présumés. Le scandale de ce livre, c'est que tout ce qui y figure est rigoureusement, catastrophiquement vrai, et ne cesse de s'avérer chaque jour un peu plus. Car ce qui s'avère, sous les dehors d'une "crise économique", d'un "effondrement de la confiance", d'un "rejet massif des classes dirigeantes", c'est bien la fin d'une civilisation, l'implosion d'un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l'ordre politique, la religion ou l'organisation des entreprises. Il y a, à tous les échelons du présent, une gigantesque perte de maîtrise à quoi aucun maraboutage policier n'offrira de remède.

Ce n'est pas en nous transperçant de peines de prison, de surveillance tatillonne, de contrôles judiciaires, et d'interdictions de communiquer au motif que nous serions les auteurs de ce constat lucide, que l'on fera s'évanouir ce qui est constaté. Le propre des vérités est d'échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent. Gouvernants, il ne vous aura servi de rien de nous assigner en justice, tout au contraire.

Vous lisez "Surveiller et punir" de Michel Foucault. Cette analyse vous paraît-elle encore pertinente?

La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n'est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l'ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l'existence dite "normale". Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

Envisagée sous cet angle imprenable, ce n'est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l'effet d'une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d'une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d'autre des barbelés et à cause d'eux.

Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes.

Toute l'indignation vertueuse qui entoure la noirceur des geôles françaises et leurs suicides à répétition, toute la grossière contre-propagande de l'administration pénitentiaire qui met en scène pour les caméras des matons dévoués au bien-être du détenu et des directeurs de tôle soucieux du "sens de la peine", bref : tout ce débat sur l'horreur de l'incarcération et la nécessaire humanisation de la détention est vieux comme la prison. Il fait même partie de son efficace, permettant de combiner la terreur qu'elle doit inspirer avec son hypocrite statut de châtiment "civilisé". Le petit système d'espionnage, d'humiliation et de ravage que l'Etat français dispose plus fanatiquement qu'aucun autre en Europe autour du détenu n'est même pas scandaleux. L'Etat le paie chaque jour au centuple dans ses banlieues, et ce n'est de toute évidence qu'un début : la vengeance est l'hygiène de la plèbe.

Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu'il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N'importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n'importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n'importe quel flic sait ce qu'il faut d'illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l'on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire.

Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n'est pas à ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c'est la justice elle-même, il n'est donc pas question pour mes camarades et moi de "clamer notre innocence", ainsi que la presse s'est rituellement laissée aller à l'écrire, mais de mettre en déroute l'hasardeuse offensive politique que constitue toute cette infecte procédure. Voilà quelques-unes des conclusions auxquelles l'esprit est porté à relire Surveiller et punir depuis la Santé. On ne saurait trop suggérer, au vu de ce que les Foucaliens font, depuis vingt ans, des travaux de Foucault, de les expédier en pension, quelque temps, par ici.

Comment analysez-vous ce qui vous arrive?

Détrompez-vous : ce qui nous arrive, à mes camarades et à moi, vous arrive aussi bien. C'est d'ailleurs, ici, la première mystification du pouvoir : neuf personnes seraient poursuivies dans le cadre d'une procédure judiciaire "d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", et devraient se sentir particulièrement concernées par cette grave accusation. Mais il n'y a pas d'"affaire de Tarnac" pas plus que d'"affaire Coupat", ou d'"affaire Hazan" [éditeur de L'insurrection qui vient]. Ce qu'il y a, c'est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu'il se sent réellement menacé. Le Prince n'a plus d'autre soutien que la peur qu'il inspire quand sa vue n'excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.

Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur.

La révolte a des conditions, elle n'a pas de cause. Combien faut-il de ministères de l'Identité nationale, de licenciements à la mode Continental, de rafles de sans-papiers ou d'opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues, ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac, pour décider qu'un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n'a aucun titre à exister et mérite seulement d'être mis à bas ? C'est une affaire de sensibilité.

La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.

Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage.

Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_elem ... 456,0.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede georges » 25 Mai 2009, 16:28

Julien Coupat va être de nouveau entendu par le juge d'instruction le 27 mai
LE MONDE | 25.05.09 | 14h05 • Mis à jour le 25.05.09 | 14h20

Une nouvelle fois, l'avocate Irène Terrel va déposer une demande de remise en liberté pour Julien Coupat, incarcéré à la prison de la Santé depuis le 15 novembre 2008.

Quatre précédentes demandes ont déjà été rejetées. Celle-ci sera déposée après une nouvelle audition du principal suspect des sabotages de caténaires de la SNCF dans le bureau du juge d'instruction, Thierry Fragnoli, mercredi 27 mai.

Julien Coupat, qui aura 35 ans le 4 juin, est le dernier d'un groupe de neuf personnes interpellées le 11 novembre 2008 qui reste en détention provisoire. Les autres, mises en examen notamment pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme", ont été remises en liberté et placées sous contrôle judiciaire.

Pourquoi cette différence ? Parce que la justice soupçonne Julien Coupat d'être le "chef" d'un groupe à visée terroriste.

L'enquête, menée par le juge, continue. Plusieurs interpellations ont eu lieu ces derniers jours : celle de Tessa Polak, à Paris, le 28 avril, puis de trois autres personnes, à Rouen, le 18 mai, présentées comme des "proches" de Julien Coupat.

Placées 96 heures en garde à vue sous le régime de l'antiterrorisme, ces quatre personnes ont pour point commun de connaître les "neuf de Tarnac" et de leur avoir prêté des véhicules. Les Rouennais, deux hommes et une femme, ont également été interrogés sur leur présence à Thessalonique, en Grèce, en septembre 2008, lors d'une manifestation à laquelle a participé Julien Coupat. Tessa Polak et les Rouennais ont été relâchés sans aucune charge retenue contre eux.

Le 18 mai, toujours, à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), quatre personnes, membres d'un comité de soutien, ont été interpellées et interrogées pour avoir diffusé un tract sur lequel figurait un détail sur une résidence secondaire de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur.

Dans un entretien au Monde, Julien Coupat qualifie de "pathétique allégation" les accusations de direction d'un groupe à visée terroriste qui pèsent sur lui. Et il affirme, comme il l'a dit au juge, qu'il n'est pas l'auteur du livre L'Insurrection qui vient.

Isabelle Mandraud

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_elem ... 658,0.html
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 25 Mai 2009, 19:09

Merci Georges, le lien complet avec les réponses interactives :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... -32280229-[NL_Titresdujour]-20090525-[zonea]&ens_id=1164748

et ce matin, une centaine de participants (tes) à l'appéro, à Forcalquier (arf!)

Denis.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Dorhinel » 25 Mai 2009, 19:46

Les commentaires sur le site du Monde sont terrifiants. Je pensais que les lecteurs sont un minimum instruits : EH BEN NON. On a, en pagaille, des "C'est l'URSS et Pol Pot mélangés !", des "Il aime la violence c'est trop horrible", "Il a aucune proposition concrète !"

C'est désolant. En tout cas, le texte en lui-même est de qualité, notamment le deuxième paragraphe (oui, bon, hein). Par contre, il précise qu'il lit... C'est dangereux : lire, c'est du terrorisme intellectuel !


Soutien total.


(Et, Carnus, désolé de pas avoir été là... Un de ces jours, j'y arriverai)
Dorhinel
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Olé » 25 Mai 2009, 20:24

pas mal cent personnes pour un apero diffé le matin même.

Sinon vrt intéressante l'itv de julien coupat. J'aime bcp le fond évidemment, le cynisme, et la prose.
Il ne se met pas en victime, je pense que c'est finement joué.
Olé
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede 'Spleen'Libertad » 25 Mai 2009, 20:29

Quel réparti, quel réflexion. Merci d'avoir mi en ligne son itw du monde. Il résume tout parfaitement, j'aimerais coller ce texte sur tous les murs gris de ce monde sinistre !
'Spleen'Libertad
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede conan » 25 Mai 2009, 21:10

Bravo Julien ! Le "pouvoir" est ridiculisé. Avec une sérénité, un aplomb, un humour... ce texte est vivifiant, salavateur.
On sent en lui la force d'esprit que procure le constat de l'évidence, la force qu'éprouve toute personne qui a su jeter à bas les oripeaux étouffants dont la société l'a affublée.
On sent aussi quelqu'un qui a beaucoup réfléchi, quelqu'un qui a du coeur aussi. Des mots ciselés, et qui font mouche !
En comparaison de ce qui émane de cette sympathique personnalité, le spectacle policier, judiciaire et politicard n'apparaît plus que pour ce qu'il est : la dernière sarabande d'un vieux monde aigri, hystérique, névrosé... et aux abois. Les Sarko, les Fillon, les MAM, les juges, les agents cagoulés, les journaleux ne sont plus que les acteurs d'un manège, s'agrippant désespérément à la barre raide de chevaux de bois qui ne font plus peur à personne, psalmodiant des vocables obsolètes, auxquels de moins en moins de gens prêtent attention...
Ce qui me fait le plus plaisir à la lecture de tout cela... n'est pas tant ce qui est dit - on pense tous pareil - même si c'est bien dit - et que ce qui est bien dit est toujours plaisant ; non, c'est tout simplement le sentiment qu'à l'évidence Julien va bien, qu'il est en pleine possession de son esprit, de sa lucidité, de son humour, et que le pouvoir, face à tout cela, a déjà perdu, même s'il s'acharne de toutes ses forces !
La conclusion est en forme d'espoir. Le pouvoir n'est qu'une pitrerie ! Ce texte est réjouissant, c'est un clin d'oeil au dehors, une invitation à la liberté que donne la lucidité, à la réjouissance que procure l'horizon immense des possibles ! Le vieux monde est déjà mort, c'est nous qui sommes en vie ! Et cette certitude, aucun de ses tristes sicaires ne pourra jamais nous l'enlever. :)
La solidarité est plus forte que tous les murs. :pote:
conan
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 25 Mai 2009, 21:46

Et n'oublions pas qu'il a dû recevoir pas mal de lettres, dont la tienne, conan !

ça aussi c'est la solidarité (arf!)

Denis.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 25 Mai 2009, 23:42

Dorhinell a écrit:Les commentaires sur le site du Monde sont terrifiants. Je pensais que les lecteurs sont un minimum instruits : EH BEN NON. On a, en pagaille, des "C'est l'URSS et Pol Pot mélangés !", des "Il aime la violence c'est trop horrible", "Il a aucune proposition concrète !"
C'est désolant. En tout cas, le texte en lui-même est de qualité, notamment le deuxième paragraphe (oui, bon, hein). Par contre, il précise qu'il lit... C'est dangereux : lire, c'est du terrorisme intellectuel !
Soutien total.
(Et, Carnus, désolé de pas avoir été là... Un de ces jours, j'y arriverai)

C'est à désespérer de toute forme possible de civilisation !
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede 'Spleen'Libertad » 25 Mai 2009, 23:54

Très bien résumé conan. Puis-je savoir à quelle adresse on peut lui envoyer une lettre ?

J'en ai trouvé un bon : " Consternant. Que tant de lecteurs puissent trouver géniale cette prose délirante et nihiliste me dépasse. Il y a dans ce texte un refus de la démocratie, de la finitude et de l'imperfection, qui rappelle les utopies meurtrières du 20ème siècle. La sympathie pour le rebelle a ses limites. "
Y'a des vainqueurs sur le site du Monde :france: Même pas le courage de commenter ce qu'il met... c'est lui qui est consternant.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede RickRoll » 26 Mai 2009, 00:15

C'est bien écrit, il fait un super parallèle entre sa situation et les jeunes de banlieue...
Bon, ça parle pas assez de lutte des classes et de grève générale à mon goût, mais bon, on peut pas tout lui demander à ce monsieur ^^.
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Olé » 26 Mai 2009, 09:00

'Spleen'Libertad a écrit:
J'en ai trouvé un bon : " Consternant. Que tant de lecteurs puissent trouver géniale cette prose délirante et nihiliste me dépasse. Il y a dans ce texte un refus de la démocratie, de la finitude et de l'imperfection, qui rappelle les utopies meurtrières du 20ème siècle. La sympathie pour le rebelle a ses limites. "


Oue ba le genre de mec qui la joue philosophe ou penseur de la démocratie, lol "délirante et nihiliste" avec le parallèle sur les régimes meurtriers du 20ème siècle, il a du mal lire Camus et l'homme révolté, il devrait le relire pour comprendre mieux.
Olé
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 26 Mai 2009, 13:33

Antiterrorisme : cinq gardes à vue pour une photo potache
Par Chloé Leprince | Rue89 | 21/05/2009 | 13H58

Des éditeurs du Sud-Est ont été interrogés par la police au sujet d'une photo « menaçante » pour un ponte de l'antiterrorisme.

Le 18 mai, on annonçait coup sur coup que « trois proches de Julien Coupat » avaient été interpellés près de Rouen, puis que « quatre éditeurs avaient été mis en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Marseille ».

Les quatre éditeurs en question sont des indépendants installés dans la région de Forcalquier, dans le Sud-Est, mais le site Bibilobs rappelait aussitôt qu'Eric Hazan, patron de La Fabrique (qui publie « L'Insurrection qui vient ») avait lui aussi été entendu comme témoin dans le dossier Coupat.

Forcément, sept arrestations le même jour à deux extrémités opposées de la France dans des milieux réputés proches de l'extrême gauche, l'affaire semblait médiatiquement rentable.

Sauf que le ballon se dégonfle d'emblée : les quatre éditeurs n'ont pas été placés sous les régime de l'anti-terrorisme, qui permet notamment d'étendre la garde à vue à 96 heures. Le seul lien avec Julien Coupat ou Tarnac est la proximité des quatre éditeurs avec un « Comité de sabotage de l'antiterrorisme », mouvement très informel mis en place pour soutenir les personnes arrêtées en novembre 2008 à Tarnac et qui organisait une journée de débats sur l'antiterrorisme à Forcalquier, le 8 mai dernier. De l'image d'un tract à la « menace »

En réalité, c'est pour retrouver une photo et surtout son auteur que le coup de filet de Forcalquier a eu lieu, lundi matin. Cette photo, Rue89 se l'est procurée : elle montre deux doigts tenant un bout de tract du « comité de sabotage de l'antiterrorisme » pour le coincer sous un interphone.

Sur cet interphone, trois noms, dont celui de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur. Dans les médias, on a pu lire que les quatre éditeurs étaient inquiétés pour l'avoir « menacé ». Ou encore qu'ils avaient diffusé l'adresse du patron du renseignement.

Lundi, sur le coup de midi, Philippe Dieudonné, de la Ligue des droits de l'homme à Marseille, apprend que les quatre de Forcalquier ont été emmenés dans les locaux de la police judiciaire, à Marseille. Trois coups de fil et le voilà qui part en délégation sur place avec Andrée Reversat, élue verte au conseil régional PACA, qui milite aussi à la LDH, et Bruno Chiambretto, qu'il connait moins. Pour la police, « ça ne semblait pas représenter l'affaire du siècle »

Tous trois veulent des explications, savoir de quoi on soupçonne les éditeurs, savoir ce qu'ils risquent. Le directeur de la police judiciaire les reçoit « assez longuement, dans un climat de dialogue », raconte Philippe Dieudonné : « Il nous a confirmé que ce n'était pas pour du terrorisme qu'on les entendait, mais pour trouver l'auteur de la photo, et que leur ordinateurs étaient passés au peigne fin. Il nous a affirmé que ce n'était pas un tract qu'on leur reprochait mais une photo qu'ils s'étaient échangés entre eux et que quelqu'un avait peut-être fini par imprimer. Ça ne semblait pas représenter l'affaire du siècle à leurs yeux. »

A l'issue de l'entrevue, le directeur de la police judiciaire demande à Bruno Chiambretto de rester. Mardi soir, lorsque les quatre éditeurs interpellés la veille finissent par sortir, « libres, sans convocation et avec leurs ordinateurs sous le bras », Chiambretto est toujours à l'intérieur. Il aurait reconnu avoir pris la photo à l'origine de la procédure enclenchée par le parquet de Digne.

Bruno Chiambretto est sorti de garde à vue mercredi en début de soirée. Libre lui aussi, sans davantage de poursuites, là où les autorités avaient pourtant
obtenu ce qu'elles voulaient. Intimidation ? Volonté de grossir le trait pour laisser penser qu'un vaste coup de filet dans le milieu de Julien Coupat a eu lieu lundi ? Opportunité idéale pour fouiller dans quatre ordinateurs plus un iPhone (celui de Chiambretto, avec lequel il aurait en fait pris le fameux cliché) ?

Dans les cercles militants du grand Sud-Est, ces trois hypothèses circulent bon train. Du côté du parquet de Digne-les-Bains, personne n'était joignable
jusqu'à la publication de cet article, comme à la police judiciaire de Marseille, où le commissaire d'astreinte en ce jeudi de l'Ascension ne pouvait « rien nous dire » sur le dossier.

Bruno Chiambretto, pour sa part, a refusé de donner davantage de précisions à Rue89 « avant la conférence de presse qui aura lieu vendredi, sous le contrôle
de notre avocat ».
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Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 26 Mai 2009, 19:32

Bonne nouvelle :

"Lundi 25 mai, Juan a été libéré ! C’est le juge d’instruction Edmond Brunaud qui l’a décidé, et on ne sait pas encore si le parquet va faire appel (si Juan aura à passer devant la chambre de l’instruction). Le juge a placé Juan sous contrôle judiciaire, et la liste est longue. Interdiction de voir tous les co-mis en examen, de quitter la région parisienne. Assignation à résidence, obligation de travailler, de pointer une fois par semaine au commissariat et de se rendre régulièrement à des rendez-vous "insertion".

Cela faisait 11 mois que Juan était emprisonné, accusé d’une tentative d’incendie d’une bagnole de flics pendant les élections présidentielles.

Liberté pour toutes et tous !"

Denis.

ourf! Georges l'avait déjà placé dans le topic "bien le bonjour Isa", ce message peut donc être auto-détruit dans cinq minutes .....
Modifié en dernier par CARNUS le 26 Mai 2009, 20:16, modifié 1 fois.
CARNUS
 

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