L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 09 Mai 2009, 12:27

10ème réunion coordination nationale à Marne-la-Vallée, le mercredi 13 mai

Un rappel concernant la préparation de la 10e CNU : toutes les informations concernant la répression du mouvement sous toutes ses formes (intimidations diverses – en particulier concernant les examens -, retenues sur salaire, violences, etc) sont à envoyer par mail à l’adresse suivante :
repression.cnu10@gmail.com.


Les bibliothèques universitaires sont directement touchées par la loi LRU et participent au mouvement de contestation des universités depuis le début.

Avec la disparition de la sous-direction des bibliothèques, la remise en cause des compétences professionnelles des personnels toutes catégories confondues, l'extension des horaires d'ouverture et la mission de formation dans le plan « Réussite en licence » sans personnel supplémentaire, l'externalisation des tâches, les fusions de corps et l'incertitude qui pèse sur notre métier et nos statuts il est temps que nous fassions entendre notre colère et que Valérie Pécresse nous écoute.

C'est pourquoi il nous semble intéressant d'organiser une journée pour les Bibliothèques universitaires. Par exemple nous pourrions nous retrouver à la mi-juin (pourquoi pas le vendredi 17 juin) devant le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche pour un piquet de grève et pour obtenir un rendez-vous avec notre ministre. Le but étant de rassembler un maximum de personnel de bibliothèque à Paris et d'être le plus visible possible.

Qu'en pensez-vous ? Si cette idée vous intéresse, pourriez-vous la relayer et nous aider à préparer cette journée ?

En vous remerciant par avance pour vos réponses, cordialement,

Alicia Benson
Delphine Boussiron (delphine.boussiron(at)univ-avignon.fr)
Catherine Sissung SCD d'Avignon
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 10 Mai 2009, 14:01

Texte critique sur les militants autonomes rennais par
Hugo de sud étudiant et Alex non encarté
mercredi 6 mai 2009 (21h25)


Nous sommes aujourd’hui à la fin d’un mouvement, qui a été historiquement long dans les universités françaises et notamment au sein de notre université Rennes 2 la rouge.

Il est temps de faire le bilan de celui-ci et de mettre en lumière certaines pratiques que nous considérons, nous qui avons été grévistes et avons embrasser les revendications portées par ce mouvement, comme contraires à l’idée que nous nous faisons d’une lutte.

Nous ne choquerons personne en affirmant qu’à Rennes 2 la mouvance dite autonome a pris une ampleur importante notamment en cette fin de mouvement, ampleur que nous jugeons inquiétante et c’est en réaction à cet état de fait que nous voulons dénoncer leurs agissements, leurs idées, leurs conceptions de la démocratie et les rapports qu’ils entretiennent avec les autres tendances grévistes qui ne s’inscrivent pas dans leur consensus idéologique.

Nous tenons, pour prévenir toutes dérives caricaturales, à signaler que : la mouvance dite autonome aussi bien au niveau local qu’au niveau national ne constitue en rien un groupe monolithique, homogène politiquement.

Ainsi, nous tenons à préciser que la critique que nous allons développer ici, ne doit pas être considérée comme quelque chose s’inscrivant dans l’hystérie collective orchestrée par un gouvernement qui veut présenter la « mouvance autonome » comme des ennemis de l’intérieur nostalgique de la stratégie « d ’Action Directe » et qui en vient à enfermer arbitrairement des hommes et des femmes ont nom « d’un délit d’intention », de manière préventive.

Aussi, nous tenons à affirmer ici notre solidarité pleine et entière vis à vis de tous les inculpés de Tarnac et de manière plus large de tous ceux qui vu leur liberté spolié à cause des lois Anti-terroristes:Nous exigeons ici leur libération immédiate et dénonçons un gouvernement qui n’arrivant plus à légitimer sa politique de classe par le pouvoir des mots est tenté de l’imposer par la force.

Ceci étant dit,il nous faut revenir sur le mouvement universitaire à Rennes 2.

Nous avons ainsi constaté que dans cette lutte et notamment dans sa séquence finale ,qui a été pour la majorité des grévistes profondément détestable, une tendance lourde nous est apparue chez eux et c’est cette tendance lourde que nous souhaitons dénoncer dans ce texte. Étant donné que ces militants semblent incapables de la moindre auto-critique, de la moindre remise en question et qu’ils font payer cher politiquement à ceux qui oseraient remettre leurs trop nombreuses certitudes en cause, nous avons décidé de prendre nos responsabilités.

De plus, nous savons que les militants autonomes ne sont pas une spécificité politique de Rennes 2 et que d’autres facultés française sont confrontées également à des militants politiques se revendiquant de cette même mouvance. Aussi, nous souhaitons parler seulement de ce dont nous avons été témoins ici à Rennes 2 au cours de ce mouvement, évitant de facto tout amalgame et généralisation abusive avec ce qui aurait pu se passer dans d’autres universités en lutte.

Voilà ce que nous souhaitons dénoncer ici et que nous n’admettrons jamais dans une lutte étudiante à Rennes 2 :

1)Leur stratégie politique jusqu’au boutiste et minoritaire : Celle-ci se matérialise par la logique de minorité agissante qui tend à opposer systématiquement la radicalité au nombre alors que c’est bien la réunion de ces deux termes qui à un moment donné peut permettre de créer les conditions d’un renversement du rapport de force en faveur de ceux qui luttent.

Une stratégie dogmatique dans ses formes qui confond compromis et compromission, qui considère le pragmatisme comme une insulte politique et qui en vient ainsi à ériger des méthodes de lutte tel le blocage total de l ’université en loi systématique qu’il faudrait appliquer indépendamment des conditions et des circonstances, dans lesquelles elles sont censées s’inscrire, au nom d’une soit disant pureté idéologique. Le blocage total entre leurs mains n’est plus un moyen privilégié parmi un champs des possibles mais bien une fin qui se suffit à elle même et que rien ne saurait remettre en cause.

Dans cette façon d’appréhender la lutte, la grève avec blocage devient non plus une méthode pour tenter de renverser le rapport de force mais bien un état dans lequel il faudrait se complaire ndéfiniment, quoiqu’il puisse en coûter au mouvement, à ses méthodes de lutte, à son image et à ceux qui le portent.

Dans cette même logique, l’assemblée générale, pourtant véritable vitrine de l’idée que nous nous faisons d’une démocratie authentique, c’est à dire une démocratie directe où il ne saurait y avoir de séparation entre le moment du débat et celui de la prise collective de décisions, en vient à être dévoyée lorsque la question du nombre à l’intérieur de celle-ci n’est même plus posée. Et c’est ce désintérêt total pour l’assise numérique qui conduit ceux que nous dénonçons ici à pousser pour le blocage total de l’université alors même que nos assemblées générales sont devenues désertes. C’est ainsi que nos assemblées générales n’ayant plus aucune représentativité deviennent le symbole même d’une lutte isolée de sa base prétendant pouvoir se substituer aux étudiants et les mobiliser malgré eux.

2)Leur mépris total pour tous ceux qui peuvent à un moment donné penser différemment d’eux quant au fond et à la forme que doit revêtir le mouvement.

Nous entendons par là leur stigmatisation maladive de tout ce qui peut s’inscrire politiquement en dehors de leur strict consensus : d’abord partis ou syndicats quels qu’ils soient ; grévistes refusant de se reconnaître dans leurs certitudes et étudiant non grévistes qu’on ne prend même pas la peine d’essayer de convaincre, persuadés qu’ils sont que ces derniers sont incurables politiquement. C’est une attitude profondément intolérante que nous dénonçons ici, et qui selon nous est aux antipodes des valeurs censées être l’essence de tout mouvement social étudiant : la solidarité, l’altruisme, le respect minimum de celui qui ne pense pas forcément comme nous.

Nous pensons que l’emploi quasi compulsif de termes tels que traitre, jaune, renégat... envers ces mêmes personnes tend à créer un climat malsain, de tension permanente, et à remettre en cause l’unité nécessaire qu’on se doit d’essayer de préserver quand cela est possible entre les différentes tendances des grévistes.

Lors des dernières semaines de mouvement, la dichotomie politique n’était plus tellement grévistes/anti-grévistes que grévistes s’inscrivant dans leur consensus et grévistes qui dénonçaient celui-ci en tant que tel et refusaient ainsi d’y prendre part.

A ce titre, nous déplorons et dénonçons sans réserve le spectacle méprisable qui a pu être donné par ce qui a été malhonnêtement appelé débrayage mais qui, dans de nombreuses situations , n’ont été rien d’autre que de la gaminerie systématique. Ces prétendus débrayages ont été largement orchestrés par les autonomes. Il est clair que dans ces situations données l’étudiant en cours n’est plus un gréviste potentiel qu’on doit tenter de rallier à notre cause, mais plutôt une figure de l’ennemi à qui il convient de nuire, en tant qu’élément irrécupérable. Nous sommes atterrés en pensant à l’empreinte désastreuse que les dernières semaines de mouvement laisseront dans la mémoire collective des étudiants de Rennes 2, et en premier lieu de tous ceux qui se sont appropriés à un moment donné les objectifs de notre lutte légitime.

3)Leur idéologie anticapitaliste pétrie de contradictions, et leurs vaines incantations qui traduisent leur incapacité à s’appuyer sur une réalité donnée pour lui en substituer une autre s’inscrivant en rupture avec l’ordre social et politique établi.

Un slogan tel que « Tous au chômage », qui est apparu le 1er mai sur la façade d’une agence pôle emploi et qui est défendu par la plupart d’entre eux est symptomatique d’une pensée en porte-à-faux total avec l’une des revendications historiques du mouvement ouvrier, en l’occurrence la défense sans relâche du droit au travail des travailleurs. On est en droit de s’étonner de ce discours anti-travail primaire lorsque l’on sait que ce sont ces mêmes personnes qui sont les premières à embrasser, à défendre publiquement et à citer en exemple, à juste titre d’ailleurs, les stratégies de séquestration mises en place par les travailleurs qui refusent de voir leurs patrons les tuer économiquement et socialement au nom de la loi du profit.

Ces mêmes personnes prétendent vouloir défendre les intérêts des travailleurs et des travailleuses mais dans le même temps, au vu de leurs dires, on en viendrait presque à penser qu’un plan de licenciement équivaut à leurs yeux à une libération des travailleurs concernés, dont ces derniers devraient se réjouir plutôt que de lutter pour la sauvegarde de leur emploi.

Ils en viennent de par leur rejet total de toute idée de revendications transitoires, tel qu’interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, à s’assoir sur les intérêts immédiats de ceux qu’ils sont censés défendre.

Ainsi cette posture maximaliste, qui se veut pourtant ultra révolutionnaire, contient bel et bien des relents réactionnaires en contribuant au maintien du statu quo et en occultant toute perspective d’amélioration concrète et immédiate du quotidien des travailleurs. La même dénonciation peut être faîte concernant le rapport qu’ils entretiennent pour la plupart avec l’idée d’augmenter les salaires. Pour eux, l’équation est simple : augmenter les salaires c’est nourrir et assurer la pérennisation du salariat. Cette idée peut elle porter un autre nom que celui d’un funeste pari sur la souffrance toujours plus grande des travailleurs, qui permettrait ainsi l’avènement rapide d’un processus révolutionnaire?

Si nous ne pouvons pas considérer, nous qui écrivons, que la revendication des salaires doit être la revendication suprême, indépassable, il est clair que la question d’une redistribution plus égalitaire des richesses crées collectivement par les travailleurs reste la priorité hier comme aujourd’hui, notamment dans un contexte de crise sociale profonde.

L’ambition de toute personne aspirant à un changement radical de la société est bien de réussir à faire le lien entre des revendications immédiates partant d’une réalité sociale donnée, et des revendications maximalistes portant l’idée d’une rupture de transcendance sociale, c’est à dire l’idée d’une rupture nécessaire avec la société capitaliste. En somme faut-il voir dans le déni complet des intérêts de classe des salariés, de la part des militants de la dite mouvance autonome à Rennes 2, un mépris de classe, une haine condescendante pour ces prétendus esclaves du salariat incapables d’embrasser leurs certitudes ? Partant de là, eux qui affirment défendre des positions plus anticapitalistes, plus révolutionnaires que tout le monde, comment se fait-il qu’ils en viennent à défendre, sans jamais se l’avouer, des énoncés politiques, comme nous venons de le voir, qui sont ordinairement l’apanage du MEDEF et de la droite sarkozyste, c’est à dire les ennemis politiques du mouvement social, des travailleurs et de la jeunesse révoltée ?

Enfin, nous tenons à dénoncer sans aucune réserve les analogies historiques pornographique qui tendent à confondre des agences ANPE avec des camps de concentration nazi. L’inscription « le travail rend libre » n’a pas sa place dans ses lieux.

Ainsi, nous invitons chacun à juger par soit même de la légitimé de notre critique et d’en tirer les pleines conséquences.

Quant à nous, nous nous désolidarisons totalement et définitivement de ces militants dit autonomes tant qu’ils n’auront pas fait leur autocritique suffisante et rompu définitivement avec leur contradictions idéologiques qui les amènent à embrasser des énoncés politiques profondément réactionnaires, avec leur mépris de l’autre, de celui qui refuse de s’inscrire dans leur strict consensus,avec leur mépris de classe qui insultent la dignité des travailleurs et des travailleuses, avec leur stratégie de lutte qui tend à ériger des méthodes tel que le blocage totale en dogme inflexible, en loi systématique à n’importe quel prix, qui sacrifie l’unité et le nombre au nom d’une radicalité aveugle qui se suffit à elle même.

Si l’échec du mouvement peut s’expliquer par de nombreux facteurs qu’ils ne faut en aucun cas minorer( stratégie de pourrissement d’un gouvernement inflexible, la pression des examens, la lassitude de la lutte...)les dernières semaines réellement rebutantes de mouvement à Rennes 2 en ont été l’expression la plus incontestable de ce que nous dénonçons ici.

En faisant cette critique, qui est elle même bien sur critiquable, nous espérons que puisse se créer un débat et espérons prévenir les dérives du même type dans les mouvements à l’avenir ici à Rennes 2 la rouge. Laisser ces militants accaparer une lutte à un moment donné et la conduire à sa perte n’est pas une fatalité.

Si rien n’est fait politiquement contre ces militants,nous craignions qu’a terme ces dérives qui ne sont en aucun cas une fatalité puissent porter de tels préjudice que la possible construction d’un mouvement, d’une lutte à Rennes 2 la rouge,ayant une véritable assise numérique, essayant d’articuler nombre et radicalité, puisse être remis en cause en tant que tel.

Hugo militant de sud étudiant et Alexandre étudiant gréviste de Rennes 2 non encarté.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede FRED » 10 Mai 2009, 14:36

Texte critique sur les militants autonomes rennais par
Hugo de sud étudiant et Alex non encarté
mercredi 6 mai 2009 (21h25)


C'est les toto qui privatiserais les faculté? Ou Pacresse et le gouvernement?
Bon je n'apprécie pas trop cette volte face un peut lâche pour le coup, se n'est pas les autonome qui sont responsables de l'état de précarité des université, qui je le rappel sont maintenue avec le minimum de moyen enfin de les cédé au privé.

C'est pas très bien de faire ça les gars (je parle de la lettre.).
* « Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 10 Mai 2009, 14:58

Donc, si j'ai bien saisi la teneur de cette lettre, Sud Etudiant Rennes est dans la même situation qu'à Bordeaux : envahit par le NPA, et le "non-encarté" kiffe Besancenot ?

Je sens que je suis pas très loin de la réalité.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede L'autre facteur » 10 Mai 2009, 17:08

Je ne crois pas, au vue des références faites dans ce texte (démocratie directe etc...) qu'il s'agir du NPA. Pour ma part je le trouve intéressant ce texte. Il faut être capable d'avoir un regard sur les luttes que l'on même. c'est même une nécessité impérieuse quand elles perdent comme c'est le cas pour le mouvement étudiant. De plus je trouve le texte assez mesuré. Enfin, le mouvement est fini à Rennes 2, comme à Montpellier 3, donc ça ne me parait pas être un problème de revenir dessus et d'être critique sur des comportements politiques.
Et j'avoue qu'au moins sur la première partie de l'argumentaire, il s'est passé la même chose à Montpellier. Occupation de la fac à moins de 100 en vase clos (de jour et de nuit) avec refus de sortir en manif (pour débattre entre soi à la fac) etc....
Enfin voila, c'est juste pour dire qu'il faut s'interroger sur les stratégies.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede conan » 10 Mai 2009, 19:31

"Ainsi, nous invitons chacun à juger par soit même de la légitimé de notre critique et d’en tirer les pleines conséquences."

Et bien soit, je juge toute critique légitime ; mais je tire aussi les pleines conséquences de ce qui est dit... :lol:

Et perso, je trouve aussi que ça fouette le NPA.
conan
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 10 Mai 2009, 19:54

conan a écrit:"Ainsi, nous invitons chacun à juger par soit même de la légitimé de notre critique et d’en tirer les pleines conséquences."
Et bien soit, je juge toute critique légitime ; mais je tire aussi les pleines conséquences de ce qui est dit... :lol:
Et perso, je trouve aussi que ça fouette le NPA.

Je partage l'avis de l'autre facteur et je miserais plus sur AL...
Tours a connu une situation similaire et c'est le moment de discuter de stratégie pour gagner pendant que c'est pas totalement refroidi et les intéressés pas partis dans la nature...

Vous pouvez, si vous le souhaitez, signer cette lettre en envoyant un mail à lettreouverte.europeennes(at)gmail.com
(en indiquant votre nom, prénom, profession, lieu d'exercice).

Merci à toutes et tous.

Amitiés,

Sarah Hatchuel Université du Havre

Lettre ouverte aux candidats aux élections européennes

Madame, Monsieur,

Voici plus d'un an et demi que les chercheurs sont mobilisés pour sauver la recherche française dangereusement menacée, notamment par le démantèlement des Établissements Publics à caractère Scientifique et Technologique. Depuis plus de quatorze semaines, l?université française est à son tour secouée par la plus grave crise qu'elle ait traversée depuis des décennies. D'innombrables pétitions, articles, motions, explications, requêtes, argumentaires en tout genre ont été écrits, envoyés et publiés pour dénoncer les projets du gouvernement visant à briser le pacte républicain autour de l'Université et de la recherche et à livrer celles-ci aux lois de la concurrence interne, de la privatisation des moyens, de la précarité des emplois, de la mise sous tutelle des chercheurs, de la dénaturation des concours nationaux de recrutement des enseignants, etc. Des dizaines de manifestations, de rondes d'obstinés, d'actions de sensibilisation, de cours délocalisés, d'actions de toute sorte ont été organisés dans tout l'hexagone. Au bout de toutes ces semaines de protestation argumentée et légitime, aucune réponse crédible n'a été apportée par le ministre de l'Éducation Nationale ni la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le mensonge, le déni de la réalité, l'obstination idéologique, sans parler de trop nombreux cas de répression policière et de chantage administratif ont été les seules réactions enregistrées. Aujourd'hui, la question de la validation du semestre se pose et l'on essaie de faire reprendre les cours aux enseignants en lutte pour donner un semblant de validité à des examens et des diplômes qui seront, de toute façon, en grande partie vidés de toute légitimité dans de nombreux départements d'universités.

Cela a assez duré. Au-delà des nombreuses lâchetés, des arrangements, des compromissions et de la lassitude qui finissent par miner le mouvement ce qui est le résultat espéré par la stratégie de pourrissement menée par le gouvernement ? l?une des raisons majeures de cette situation invraisemblable est le désintérêt de la classe politique pour cette question universitaire et de la recherche, trop aisément rejetée comme n'étant que « corporatiste ». Or, elle ne l'est pas : nous nous battons pour des principes républicains, pour la défense de la fonction publique, pour la qualité de l?enseignement et de la recherche en France, pour la formation de la jeunesse de demain.
Notre combat s'inscrit au coeur de la question des orientations que notre pays s'apprête à suivre.

Il est plus que temps que les responsables politiques fassent de cette question une priorité. Il faut faire obstacle à cette politique de destruction de l'enseignement et de la recherche qui risque, si elle est menée à son terme, de faire régresser la France de façon radicale pour de nombreuses années à venir.

Nous en appelons donc solennellement à la représentation politique de ce pays au moment où se présentent de nouvelles élections pour le parlement européen. Nous engageons les partis qui présentent des candidats à se prononcer clairement et à se battre haut et fort et sans relâche, à nos côtés, jusqu'à obtention de l'abrogation des décrets incriminés. Nous attendons qu'ils dénoncent avec nous la L.R.U. et remettent explicitement en cause la stratégie de Lisbonne qui est la base, à l'échelle européenne, du démantèlement programmé de l'Université. En aucun cas nous ne donnerons nos voix aux partis en lice qui n'auront pas apporté leur soutien public et effectif à nos revendications. Le temps presse.

Le 7 mai 2009, Pierre Dubois (P.U, Tours) Sarah Hatchuel (P.U, Le Havre) Monica Michlin (MCF, Paris IV-Sorbonne) Nathalie Vienne-Guérrin (P.U., Montpellier)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Parpalhon » 11 Mai 2009, 10:22

Nico37 a écrit:
conan a écrit:Et perso, je trouve aussi que ça fouette le NPA.

Je partage l'avis de l'autre facteur et je miserais plus sur AL...

j'ai du raté une étape, j'y comprends rien .... en tout cas à la fac de Pau dans le seul syndicat (FSE) qui ai lutté contre les réformes y avait un mec du NPA et un mec de l'AL et je pense pas qu'ils aient participé à la chute du mouvement ...
Les seuls à avoir trahi la lutte sont les profs, et certains égocentriques, qui le mouvement terminé se sont empressés de créer une section de Sud pour faire obstacle à la FSE ...
" Mort als estats visquin les terres ! "
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Courrier de Claude Marie Vadrot chargé de cours à Paris 8

Messagede CARNUS » 12 Mai 2009, 17:45

je n'ai pas trouvé de Topic où mettre ce message, donc j'en ai fait un nouveau (arf!) :
___________________________________________________________________

par Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8

> Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l'Université de
Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l'Education Nationale, dans une opposition
difficile à Valérie Pécresse, j'ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l'origine de la
protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département
de Géographie (où j'enseigne depuis 20 ans), dans l'espace du Jardin des Plantes (Muséum National
d'Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce «cours hors les
murs», de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d'être solidaire avec la grogne actuelle mais sans
les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j'ai eu la surprise de me voir interpeller dés
l'entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue
Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
« Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
Je suis chargé de vous signifier que l'accès du Jardin des Plantes vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s'agit pas d'une manifestation, mais d'un cours en plein air, sans la moindre pancarte.
- C'est non ! »
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l'entrée, le lieu du
rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l'entrée du
Muséum. Un cours qui porte sur l'histoire du Muséum, l'histoire de la protection de la nature, sur
Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du
jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide
de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de
sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m'interdisent à
nouveau l'entrée.

Evidemment, je finis pas me fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la
présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par
arriver. D'abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog.
Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et
gestes. D'autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau,
président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d'un
scandale.

Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je
pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation,
finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j'ai pu entendre autrefois,
comme journaliste, en Union soviétique?:
"Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux
autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants"
Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J'entre donc avec l'horrible certitude que, d'ordre du directeur et probablement du
ministère de l'Education Nationale, je viens de faire l'objet d'une « interdiction politique ». Pour la
première fois de mon existence, en France.

Je n'ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin
des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d'un glissement angoissant
de notre société.

Rétrospectivement, j'ai eu peur, très peur...

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8 souhaite diffuser largement ce message.
CARNUS
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 12 Mai 2009, 18:28

Lundi de cette semaine, référendum à Bordeaux 3

Choix entre deux motions, la motion A, proposée par la présidence, en collaboration avec le comité de mobilisation, qui était un compromis entre blocage et non-blocage. En gros, les lundis et jeudis cours normaux, mardis et jeudis, cours hors les murs, et les mercredis réservés aux AG (personnels et étudiantes). Pour les examens, ils seraient soient organisés en juin, soit en septembre. Les cours s'arrêteraient le 13 juin. La motion B, qui proposait la seule reprise normale des cours. La motion A l'a remporté à 57%.

J'ai des échos de l'UFR de géographie, apparemment, ils auront plus de sorties sur le terrain, ce qui n'était pas prévu, leur emploi du temps a été également totalement modifié mais est acceptable. Des échos plus globaux sont plus négatifs, pas mal d'étudiants commencent à râler du fait que la motion A n'est pas respectée, la reprise ressemblant plus à une reprise habituelle des cours qu'à la reprise attendue (la motion A s'intitulait "l'université autrement"), qui est sensée être une reprise "alternative". A voir demain lors de l'AG ce que ça va donner...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 12 Mai 2009, 19:08

Dijon débloquée.
Vôtée tout à l'heure en ag.
L'unef avait d'ailleurs demandé à ses membres de voter le déblocage.
Olé
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede kuhing » 12 Mai 2009, 19:26

Léo a écrit:Dijon débloquée.
Vôtée tout à l'heure en ag.
L'unef avait d'ailleurs demandé à ses membres de voter le déblocage.


L'Unef fait vraiment ce qu'elle veut. :siffle:

Fier d'avoir été à l'Unef et d'avoir participé à son congrès de réunification !
:v:

NB : :france:

Et dire que j'aurais pu devenir député socialiste :cry:
kuhing
 

Re: Courrier de Claude Marie Vadrot chargé de cours à Paris 8

Messagede Dorhinel » 12 Mai 2009, 20:34

Eh bah... Vous pensez que si Monsieur Vadrot avait eu sa carte à l'UMP, il aurait pu parler de politique à ses élèves ?

La France s'éloigne de la liberté à grands pas... Et discrètement, puisque cette lettre ne sera jamais diffusée que par Internet ou des publications peu lues.
Dorhinel
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede conan » 12 Mai 2009, 21:00

Après l'amphi J, à Poitiers c'est le mouvement qui s'achève aussi... :cry:
En même temps c'est pas plus mal, les étudiants encore en lutte étaient fatigués à tenir tout seuls.
J'ai le plus grand respect pour eux !
conan
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Mai 2009, 22:57

Communiqué de la présidence de Lille 3 : http://www.univ-lille3.fr/fr/actualites/?actu=2660

"Une AG tenue ce lundi 11 mai a adopté le principe de la non-tenue des examens, à l'exception des épreuves du SEAD.
Pour éviter tous débordements, j'ai décidé que la session d'examens est suspendue - hors SEAD -

Jean-Claude Dupas président de l'université"


Résolution du conseil d'administration de l'Université Paris 1 réuni le 11 mai 2009

« Le conseil d'administration de l'Université Paris 1, confirme son attachement à la validation du second semestre de l'année universitaire dans les conditions qui ne laisseront aucun doute sur la qualité des diplômes décernés par l'Université.

A cet effet il arrête les orientations suivantes :

- Les examens prévus par les règlements de contrôle des connaissances auront lieu.

- En cas d'impossibilité de recueillir certaines notes, notamment du fait de l'interruption du contrôle continu, les UFR devront organiser, parcours par parcours, en concertation avec les enseignants concernés, des épreuves de substitution. La nomenclature des notes à saisir par unité d'enseignement, telle que décrite dans la modélisation Apogée en conformité avec les arrêtés d'habilitation des diplômes, devra être respectée.

- Les différentes épreuves porteront sur un programme et selon des protocoles qui seront communiqués aux étudiants par chaque responsable de matière.

- Les UFR qui l'estimeront nécessaire pourront (en concertation avec les enseignants concernés) décaler les épreuves par rapport au calendrier initialement prévu de manière notamment à permettre des conditions de révision satisfaisantes. Toutefois ces épreuves ne devront pas être organisées au-delà de la période habituelle des examens qui s'achève à la fin du mois de juin.

- la possibilité de s'inscrire à l'examen terminal reste ouverte à tous les étudiants qui n'ont pas pu obtenir de notes de contrôle continu au cours de second semestre.

- Une attention particulière sera portée à la situation des étudiants étrangers en mobilité individuelle et en programmes d'échange. En cas de nécessité, des épreuves de substitution pourront être organisées.
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