Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-1799

Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede bipbip » 18 Aoû 2018, 14:34

17 juillet 1791 Fusillade du Champ de Mars L’Assemblée tire sur le peuple

1) petit retour en arrière et cadrage pour piger : en 1791, l’Assemblée en place est celle qui est née de la transformation des Etats généraux en Constituante Elle est « révolutionnaire » mais au sens libéral. Elle est favorable à une monarchie constitutionnelle.

2) Même si elle s’appuie sur les mouvements populaires qui ont pu l’aider face aux contre révolutionnaires, elle craint le peuple

3) Elle se refuse également à toute politique sociale que réclament les classes populaires qui manquent tjrs de pain (pas de retombées de la révolution pour cela..)

4) Il y a donc des tensions entre l’Assemblée et le peuple. Des émeutes populaires frumentaires continuent, réclamant encore et toujours la taxation du pain (donc la fixation d'un prix maximum )

5) Face à cela, les députés libéraux se sont armés. Déjà ils ont exclus les pauvres des urnes en instaurant le suffrage censitaire (oct 1789) Seuls 60% des hommes en âge de voter ont le droit de vote (et pas les femmes)

6) Ensuite ils ont voté la loi martiale en oct 1789 qui permet de disperser un attroupement par la force après trois sommations Et après avoir brandi le drapeau rouge qui annonce qu’on va tirer (et oui, le drapeau rouge vient de là, les sans culotte l’ont ensuite détourné)

7) A l’assemblée seule une minorité jacobine (derrière Robespierre) est favorable à la politique sociale et au suffrage universel (masculin)

8) En juin 1791 comme je vous l’ai raconté, le roi s’enfuit mais se fait arrêter à Varennes Voilà qui entame profondément sa popularité jusque-là pourtant intacte. Nombreux demandent sa déchéance

9) Certains n’osent envisager qu’une régence, d’autres vont plus loin et pensent que le temps de la république est venu

10) début juillet, dans les sociétés populaires, les clubs, les sections (assemblée électorale locale) radicaux, on demande la république des pétitions circulent en ce sens. Mais l’Assemblée ne l’entend pas de cette oreille. Elle veut garder et la monarchie, et Louis XVI

11) Face aux protestations des radicaux, elle répond par la force.
X arrestations, dispersion d’attroupement début juillet

12) Les Cordeliers (radicaux, Danton) organisent pour le 17 juillet sur le Champ de Mars la signature d’une pétition républicaine Ils choisissent le Champ de mars car c’est là que l’année précédente avait été célébrée la fête de la Fédération

13) Le 16 juillet, l’Assemblée met officiellement hors de cause le roi et le rétablit dans toutes ses fonctions. Craignant l’opposition de la rue, elle fait fermer les accès à la Bastille

14) Le 17 au matin, est affichée l’interdiction de tout rassemblement pour la journée… Robespierre prend peur et retire la pétition du club des Jacobins

15) Mais le rassemblement a quand même lieu au Champ de Mars
300 vers 11 h, ils sont des milliers l’après-midi (20 000 !)
Une pétition qui ne cite pas le mot de République mais en porte l’idée est signée sur l’autel de la patrie dans une ambiance festive et pacifique

16) Vers 15 heures, deux cavaliers de la garde nationale sont la cible de jets de pierre par des individus participant au rassemblement

17) La tension monte au Champ de Mars, la garde nationale apporte des canons. (pas à eau, des vrais canons…)

18) Les autorités municipales de Paris proclament alors la loi martiale. Or, sans même que les sommations réglementaires aient été faites, les forces de l’ordre tirent sur le peuple assemblé

19) La garde nationale ouvre un feu nourri, la foule proche du talus par où est entrée la garde nationale fuit à la fois vers la Seine où l’attend la cavalerie (ils se sont fait nassés en gros)

20) On relèvera des 10n de morts. Les historiens penchent vers une 50 n de morts.

21) Le soir même, le club des Cordeliers est fermé et des canons sont postés devant son entrée

22) La presse est aussi visée : le Père Duchesne d’Hébert, l’Ami du peuple de Marat sont interdits, leurs auteurs poursuivis nombreux sont arrêtés, se cachent. Il faudra attendre une amnistie en sept 1791 pour que les poursuites cessent

23) Dans l’immédiat, la fusillade provoque une scission dans la classe politique entre les révolutionnaires libéraux et les radicaux On date aussi du 17 juillet la naissance des sans culotte, militant-es radicalisé-es républicain-es, démocrates, favorables à la taxation du pain

24)voilà qui ouvre le chemin à la prise des Tuileries du 10 aout 1792, puis à la victoire des Montagnards après l’insurrection de juin 1793...

Mathilde Larrere

https://twitter.com/LarrereMathilde/sta ... 0938885121
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Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 23:07

Lire pour comprendre #2 - Les jacobins noirs : Toussaint Louverture et la révolution de Saint-Domingue, James, 2008

Les Jacobins noirs est l’ouvrage majeur de James, dont on doit la dernière édition en français aux éditions Amsterdam (2008). On y apprend comment les chaînes de l’esclavage furent brisées à Saint-Domingue par des bataillons puissamment organisés de femmes et d’hommes analphabètes et n’ayant, pour beaucoup, jamais connu rien d’autre que la condition
servile. Ceux-ci, affrontent tour à tour les armées des plus grandes puissances mondiales du monde civilisé de l’époque, la France, l’Espagne et l’Angleterre, jouant des contradictions commerciales, politiques et diplomatiques les opposant entre elles ainsi qu’aux jeunes États-Unis d’Amérique voisins. Leur avancée inexorable est accueillie d’abord avec crainte, puis avec enthousiasme par l’aile radicale et plébéienne de la révolution française ; les deux révolutions renforçant réciproquement leurs traits distinctifs de révolutions populaires, à vocation internationale.

... https://rebellyon.info/Lire-pour-compre ... oirs-18452
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Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede bipbip » 04 Jan 2019, 18:31

Sophie Wahnich sur la Révolution française

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

"Société populaire, réinvention, acte I"
- RDV le vendredi 11 Janvier 2019 à la Parole errante 9, rue François Debergue M°Croix de chavaux

Pour entamer son cycle de rencontres, le Club des Gilets jaunes de Montreuil accueillera l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich qui reviendra sur l’histoire des sociétés populaires au cours de la Révolution française (sections, communes, clubs, etc).

Il s’agira par là d’arracher cette histoire insurrectionnelle à la contre-révolution libérale et nationaliste qui l’a tronquée, démoralisée et capturée en la mettant au service du grand récit de l’ordre. L’occasion de réveiller les imaginaires, de travailler les écarts avec la situation présente, et peut-être de concevoir des formes de traduction entre hier et aujourd’hui.

L’exposé de Sophie Wahnich devrait graviter autour des questions suivantes : quelles étaient les dynamiques et les tensions qui travaillaient ces sociétés populaires ? Comment le pouvoir en leur sein a-t-il été confisqué par quelques-uns ? De quelle manière les femmes ont-elles fait irruption sur la scène publique ? Que recouvrirent les termes d’« étranger » et de « français », au gré des évènements et des positionnements ? Quel rôle a joué la déclaration des droits dans l’action populaire ? Comment l’usage nécessaire de la violence a-t-elle été tout à la fois encouragée et limitée ?

En deçà du contenu des discussions, l’enjeu de ce club est de parvenir à tenir dans la durée une double exigence :

1° Affirmer et vérifier la capacité de n’importe qui à prendre part à la formulation des problèmes et à l’expérimentation des solutions.
2° Tenir ensemble, à distance de toute exercice scolaire, l’intelligence du moment politique présent, et les logiques d’organisation et d’action collectives.

Ce qui appelle tout un chacun.e à la plus grande attention pour que cette double exigence soit respectée et maintenue vivante.

En préparation de la venue de Sophie Wahnich, une séance d’arpentage se déroulera vendredi 4 Janvier, à 19h30 à la librairie Michèle Firk (9, rue François Debergue) à Montreuil.
Elle consistera à lire et échanger par petits groupes sur des extraits du livre « L’intelligence politique de la révolution française » de Sophie Wahnich (Éditions Textuel), puis à partager ce que les uns et les autres ont compris lors d’un échange en plénière.
Manière de mettre au travail en amont la pensée de Sophie Wahnich tout autant que de mettre chacun en situation de réfléchir, de s’exprimer et de construire un espace commun.

https://paris-luttes.info/1ere-seance-d ... euil-11403
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Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede bipbip » 25 Fév 2019, 14:43

1791 : Des citoyennes révolutionnaires

La révolution française n’a pas apporté de changement significatif pour la condition des femmes, malgré le fait que de nombreuses femmes se soient investies dans ce processus révolutionnaire. Des femmes, à l’image d’Olympe de Gouge et de bien d’autres, ont néanmoins tenté de faire avancer la cause des femmes dans un contexte politique dominé par les hommes de la bourgeoisie.

Sous l’Ancien régime, les femmes n’avaient pas accès à la majorité juridique, elles passaient de la tutelle du père à celle du mari. Leur place était cantonnée à la sphère privée, aujourd’hui encore lieu privilégié de la domination masculine. L’idée de «sexe faible» ou «inférieur» était largement acceptée, ancrée même. La plupart d’entre elles étaient privées d’éducation, beaucoup des femmes du peuple travaillaient, mais beaucoup d’autres abandonnées par leur mari ou leurrés par des séducteurs, se retrouvaient dans la misère.

A l’automne 1791, date de la signature de la constitution par Louis XVI, des possibilités pour un changement en profondeur semblent s’ouvrir, et suscitent l’enthousiasme de nombreux hommes et de nombreuses femmes. C’est dans ce contexte qu’Olympe de Gouge rédige La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, vraisemblablement entre les 10 et 13 septembre 1791.

Cette brochure est certainement une des expressions théoriques du féminisme les plus abouties, parmi les multiples écrits de femme, parus entre 1789 et 1790. Elle pose l’égalité des droits entre les hommes et les femmes : «La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit», elle exige la participation des femmes au suffrage universel (art. 6), et y associe leur participation effective à la vie politique : droit de regard sur le budget, obligation de participer aux dépenses publiques, accès aux fonctions officielles (art. 13, 14, 15). De même, l’auteur pointe de manière audacieuse l’oppression spécifique dont sont victimes les femmes, et accuse clairement la domination masculine. Art. 4 : «[…] l’exercice des droits naturels de la femme n’a de borne que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison». L’apostrophe n’en est pas moins claire «Homme, es-tu capable d’être juste? […] Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe? […]». Le postambule quant à lui s’adresse aux femmes : «déployez toute l’énergie de votre caractère», elle y appelle son «sexe» à l’éveil et à la solidarité.

... https://histoiresdeluttesdefemmes.home. ... ionnaires/
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Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede bipbip » 05 Mai 2019, 18:00

27-28 avril 1789 : les émeutes prérévolutionnaires à Paris

Si la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 demeure l’événement symbolique retenu comme point de départ de la Révolution française, quelques semaines plus tôt les habitant·e·s des faubourgs s’étaient déjà soulevé·e·s. Une des principales raisons de ce soulèvement réside notamment dans le fait que quelques riches industriels se soient plaints publiquement de ce que les patrons d’aujourd’hui nomment « coût du travail ». Retour sur ces journées d’avril et « l’affaire Réveillon », du nom du manufacturier qui vit ses propriétés pillées et incendiées.

... https://paris-luttes.info/27-28-avril-1 ... utes-12065
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Re: Révolution bourgeoise & luttes de classe en France,1789-

Messagede Pïérô » 31 Aoû 2019, 20:05

Printemps 1789 : quand la presse officielle du royaume occulte le début de la Révolution

Mai 1789, les états généraux s'ouvrent dans un contexte social tendu. Depuis le début de l'année 1789, les émeutes se succèdent ; quelques jours plus tôt, les 27 et 28 avril, « l'affaire Réveillon » faisait des centaines de morts faubourg Saint-Antoine. Une actualité révolutionnaire en décalage avec les nouvelles officielles publiées dans La Gazette.

...https://www.retronews.fr/politique/chro ... IAve_I4I_k
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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