L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede conan » 19 Avr 2009, 19:19

En même temps, il ne semble pas que les sans-papiers aient gêné l'assemblée, selon le témoignage retranscris par FRED ils se tenaient tranquillou au fond de la salle.
J'y vois hélas la limite bien connue du syndicalisme traditionnel : le corporatisme, qui est au syndicalisme ce que l'autoritarisme "de classe" est au communisme : du poison.
Comment lutter contre, sinon par une perspective politique globale ?
Par exemple, si l'on souhaite une société anarchiste où serait enfin aboli le tout-bagnole, comment faire front commun avec des ouvriers syndiqués du pneu ou de la tôle bagnolesque, sans bâtir ensemble une société alternative avec la garantie pour chacun de travailler moins et d'avoir un poste utile à la société (énergies alternatives...)
L'anarcho-syndicalisme doit porter ce combat de dépassement du corporatisme ! Or on se pose parfois des questions sur cette nécessaire vocation chez ceux qui pourraient s'en revendiquer. C'est une des failles (sans doute dépassable, à condition d'être très clair dessus) du fédéralisme.
Autre bon exemple : étant prof dans le secondaire, j'ai un gros souci avec le syndicat majo en ce moment, le SNES, qui croit voir dans la masterisation un avantage substantiel et ne se félicite donc dans le "recul" de Darcos de reporter cette réforme d'un an, que du temps ainsi laissé pour l'organiser..; en cogestion.
C'est une honte pour les enseignants toujours en lutte dans l'enseignement primaire, et les courageux étudiants qui sont encore mobilisés. Et qui demeurent quant à eux, et à juste titre, contre cette masterisation puante.
Pfff, il en reste du boulot.
conan
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 21 Avr 2009, 13:27

Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires, toujours mobilisé-e-s !

La 3ème Coordination Nationale des Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires ayant réuni à Toulouse le lundi 20 avril 2009 des délégations de :

Lille 1, Lyon 1, Lyon 2, Paris 5, Paris 10, Paris Ehess, Rouen,

Toulouse 2 et Toulouse 3,

Appelle l’ensemble des chercheurs en formation (Master Recherche et Doctorant-e-s) et docteur-e-s précaires (post-doc, Ater, chercheurs-ses…d’emploi stable…) à participer pleinement à la mobilisation de l’enseignement supérieur et de la recherche toujours d’actualité :

Mise en place et participation à des Manifestations/actions spécifiques doc/post-doc

« Brassards verts » pour toutes et tous les chercheurs-ses en formation et docteur-e-s précaires dans toutes les manifestations (générales et spécifiques)

Lundi 27 avril : « Fuite des cerveaux ». Rassemblement des doc et post-doc dans les gares et les aéroports munis de valises

Participation et/ou initiation de rondes des obstiné-e-s dans toutes les villes universitaires les samedi après-midi et/ou soirées (samedi 25 Avril, samedi 2 Mai…).

Participation massive aux Manifestations générales :

Mardi 28 avril (Sainte Valérie - Pécresse) nouvelle JOURNEE NATIONALE de MANIFESTATIONS + appel européen à manifestations dans l'enseignement supérieur et la recherche à l'occasion des 10 ans du processus de Bologne (Manifestation Européenne à Louvain en Belgique et ailleurs...)

Vendredi 1er MAI (Fête Internationale des Travailleurs-ses) : GRANDES MANIFESTATIONS UNITAIRES partout sur le territoire !

Structuration de la mobilisation :

Participation massive aux AG de personnels universitaires, de personnels de la recherche et/ou d’étudiants sur nos campus

Implication des doctorant-e-s et post-doc dans la prochaine Coordination Nationale des Universités (CNU) qui aura lieu le mercredi 29 avril à Paris-Sorbonne (délégué-e-s élu-e-s dans les AG locales de personnels : 2 EC, 1 Doc/Post-Doc, 1 Biatos, 1 Etudiant)

Implication des doctorant-e-s et post-doc dans la prochaine Coordination Nationale des Délégués de Laboratoires en Lutte (CNLL) qui aura lieu le mardi 5 Mai à Paris Tolbiac (sous réserve), délégués élu-e-s dans les AG de labos ou de campus.

Nouvelle (4ème) Coordination Nationale des Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires à Paris le mercredi 6 mai 2009.

N.B. : La 3ème réunion de Coordination Nationale des Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires a repris et complété la Déclaration de la 2ème Coordination : les compte-rendus et nouvelles moutures de la déclaration suivront.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 21 Avr 2009, 19:51

Paris, le 16 avril 2009

Depuis plus de dix semaines, nous sommes quelques uns, personnels de bibliothèques universitaires, mobilisés aux côtés des enseignants chercheurs et des étudiants pour la défense du service public d’éducation et la préservation de nos métiers.
Partie intégrante de l’université, les Services communs de documentation (SCD) et les Services inter-établissements de coopération documentaire (SICD) sont fragilisés par l’application de la loi Libertés Responsabilités des Universités (LRU) ; plus globalement, comme l’ensemble des personnels des trois fonctions publiques, c’est la Révision Générale des Politiques Publiques qui nous atteint (RGPP).
Nous regrettons qu’à l’instar d’Anne-Marie Bertrand, directrice de l’ENSSIB, qui, dans son éditorial de mars 2009 (1), s’étonnait de l’apathie des professionnels des bibliothèques face aux réformes mises en œuvre par le gouvernement, vous, chefs de service et directeurs d’établissement, n’ayez encore pris publiquement position sur les
menaces que représentent ces réformes.
On peut d’ores et déjà déplorer la faible culture bibliothéconomique de nos universités.
Comment les bibliothèques universitaires pourront-elles s’affrmer dès lors que :
– les pouvoirs des directeurs seront réduits davantage encore ?
– le budget des bibliothèques globalisé ?
– les personnels précarisés ?
– les professionnels déqualifés ?
– des services sous-traités ?
– des postes supprimés ?
Dans ce contexte diffcile, la suppression de la Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifque (SDBIS) est un coup supplémentaire et révélateur porté à la profession.Mesdames et Messieurs les Directeurs de SCD et de SICD, nous vous demandons aujourd’hui de prendre position et de vous élever avec nous contre l’arbitraire d’une telle politique qui menace un service public de la documentation de qualité accessible à tous et qui, plus largement, méprise la culture et les intellectuels.

Les personnels des bibliothèques de la Coordination Nationale BIATOSS
Contact : biatoss@gmail.com

1. http://www.enssib.fr/npds/sections.php? ... s&secid=17
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Parpalhon » 22 Avr 2009, 23:30

ce qui est dommage c'est qu'on les voie pas souvent en AG les Biatoss ( quand y a des AG, nous à Pau depuis le déblocage y en a plus :cry: ) ... après le truc bien ce serai qu'ils aillent discuter avec les élèves dans les BU ( peut-être qu'ils le font déjà, je sais pas, vu que je vais jamais à la BU :lol: )

y a des gens sur le fofo qui sont dans des facs qui sont encore mobilisées ?? ( blocage ou autre )
Nous à Pau c'est mort de chez mort :cry: ça en est désespérant !! Comme si toutes ces semaines de blocage n'avaient servies à rien !
Bon courage à ceux qui continuent à lutter ! Vous tenez le bon bout ! :wink:
" Mort als estats visquin les terres ! "
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 23 Avr 2009, 23:17

CherEs camarades,

Mes camarades et moi même avons la joie d'accueillir la prochaine CNE en notre belle ville de Dijon. Nous incitons fortement toutes les sections à proposer à leurs AGs d'envoyer des mandatéEs à cette coord, même si pour des raisons financières, vous ne pouvez en envoyer qu'unE seulE.

En effet, depuis Orléans, les coordinations sont bien vides et n'ont plus aucun poids dans ce mouvement. Au profit des CNU qui n'accueillent pas toujours un public très progressiste. Nous devons reconstruire une vraie mobilisation étudiante, autonome des enseignants, quoique solidaire. Je sais bien, pour avoir été mandatée, que ces coordinations ne sont pas toujours très constructives, que certains groupes politiques usent de méthodes qui frisent le fascisme et pourrissent ainsi ces réunions, mais nous ne pouvons faire l'économie d'un regroupement de toutes les facs encore mobilisées. Pour notre part, nous tenterons de l'organiser au mieux, afin que tout se déroule dans les meilleures conditions possibles.

En outre, nous arrivons aujourd'hui à un tournant de cette mobilisation. Elle faiblit (quelque peu) au niveau national, mais rien n'est joué, le mois de mai, avec son cortège d'examen sera le moment crucial de notre mouvement. Par ailleurs, il nous faudra également tirer le bilan du contre sommet de Louvain et réfléchir ensemble des suites à donner au 1er Mai.

Nous avons créé une adresse mail pour l'organisation de cette coordination : cne.dijon@laposte.net .

Chaque comité de mobilisation devra nous envoyer un mail suivant la procédure habituelle :
- Etat des lieux de la mobilisation locale
- Type de mandat
- Nom des mandatéEs et orgas s'il y a lieu.

En espérant vivement vous voir les 2 et 3 Mai.

SEULE LA LUTTE PAIE!


viewtopic.php?f=9&t=1774

1500 personnes en manif à Lyon le 23 avril !

La manif lyonnaise réunissant 1500 personnes, étudiants et enseignants chercheurs venus de Lyon 1, Lyon 2, et dans une moindre mesure de Lyon 3, de l'IUFM, des ENS, et d'autres lieux encore, a fait la démonstration cejeudi que notre mouvement se poursuit obstinément ! C'est presque autant qu'avant les vacances alors même qu'il ne s'agissait pas d'une journée nationale d'action. (Les manifs hebdomadaires à Lyon ont réunis le plus souvent 2000 personnes, 4 à 5000 pour les plus grosses).
Les oreilles de la caravane UMP qui se trouvait par hasard sur le chemin de notre manif ont d'ailleurs chauffé en conséquence. (Ce qui n'autorise en rien ce parti à pratiquer la désinformation la plus grossière, comme relevé par la presse locale, Lyon Capitale [1], Rue89 [2]et même par le Figaro [3]!)
Malgré le passage en force du décret enseignant-chercheur, nous maintenons la pression sur toutes nos revendications, pour l'emploi, la formation des enseignants, la recherche, et contre la LRU !

Prochains rende-vous à Lyon : Mardi 28 avril, 14H aux Terreaux dans le cadre de la journée nationale à l'appel de la CNU et de l'intersyndicale et vendredi 1er mai (10H place Jean Jaurès, cortège enseignement supérieur devant la Résidence Delessert)

Bernard Teissier Secrétaire académique adjoint SNASUB-FSU Lyon
------
[1] http://www.lyoncapitale.fr/index.php?me ... ticle=7690
[2] http://www.rue89.com/2009/04/23/lump-fa ... a-caravane
[3] http://www.lefigaro.fr/politique/2009/0 ... ssage-.php
Nico37
 
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 25 Avr 2009, 10:55

Refus de présider jury de bac (UFC, .pdf)

Texte voté par l’UFR d’histoire de Paris-1 :

Le baccalauréat concerne chaque année des centaines de milliers de lycéens. Ce diplôme bicentenaire, par son caractère national, demeure juste et équitable. Mobilisant l’ensemble de la communauté éducative, il consacre les connaissances et les compétences acquises dans l’enseignement secondaire. Plus encore, il ouvre aux candidats l’accès à des études supérieures. C’est pourquoi dès ses origines, ce diplôme fut conçu comme le premier grade universitaire ; c’est la raison pour laquelle tout jury de baccalauréat doit être présidé par un enseignant de l’Université. Cette charge, bien que non rémunérée, est assumée avec responsabilité par nombre d’entre nous parce qu’elle permet d’entretenir un lien fort et original entre l’Education Nationale et le monde de l’Université.
Dans un contexte de réformes iniques portant atteinte à l’ensemble de la communauté éducative, de la maternelle à l’Université, nous nous opposons avec force à la dévalorisation dramatique des diplômes universitaires induite par les réformes en cours, du baccalauréat jusqu’au master. Après plus de dix semaines de conflit, notre détermination demeure intacte et nous ne céderons sur rien. Nous exigeons le retrait des décrets portés par les Ministres de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur. Un retrait pur et simple, qui ne soit pas assorti de fausses promesses ni de manœuvres dilatoires.
Si tel n’était pas le cas, nous refuserons collectivement de présider aux jurys de la prochaine session du baccalauréat.


Communiqué de Presse de la coordination de l'Université de Toulon :

qui présidera les jurys de bac ?

Le baccalauréat concerne chaque année des centaines de milliers delycéens. Ce diplôme bicentenaire, par son caractère national, demeurejuste et équitable. Mobilisant l’ensemble de la communauté éducative,il consacre les connaissances et les compétences acquises dansl’enseignement secondaire. Plus encore, il ouvre aux candidats l’accèsà des études supérieures. C’est pourquoi dès ses origines, ce diplômefut conçu comme le premier grade universitaire ; c’est la raison pourlaquelle tout jury de baccalauréat doit être présidé par un enseignantde l’Université. Cette charge, bien que non rémunérée, est assuméeavec responsabilité par nombre d’entre nous parce qu’elle permetd’entretenir un lien fort et original entre l’Education Nationale etle monde de l’Université.

Dans un contexte de réformes iniques portant atteinte à l’ensemble dela communauté éducative, de la maternelle à l’Université, nous nousopposons avec force à la dévalorisation dramatique des diplômesuniversitaires induite par les réformes en cours, du baccalauréatjusqu’au master. Après plus de dix semaines de conflit, notredétermination demeure intacte et nous ne cèderons sur rien. Nousexigeons le retrait des décrets portés par les Ministres del’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur. Un retrait puret simple, qui ne soit pas assorti de fausses promesses ni demanœuvres dilatoires.

Si tel n’était pas le cas, nous refuserons collectivement de présideraux jurys de la prochaine session du baccalauréat. C’est pourquoi, enconscience, nous refusons aujourd'hui que nos noms servent àconstituer ces jurys.

Lettre adressée au Recteur de l'Académie de Nice sous couvert du Président de l'Université de Toulon, liste des premiers signataires (.pdf)


Communiqué du comité de mobilisation de l'Université de Rouen concernant les jurys de BAC

A l'Université de Rouen, près de 250 enseignants-chercheurs ont signé une lettre-pétition pour refuser que leurs noms soient transmis au recteur pour la présidence des jurys de baccalauréat tant que les revendications portées par le mouvement ne trouveront pas de réponse satisfaisante.

Aujourd'hui mardi 7 avril 2009, le Président de l'Université de Rouen nous a déclaré qu'il ne transmettrait aucun nom au titre de notre établissement (le principal contingent de notre académie). Indice de l’inquiétude suscitée par notre refus, le recteur aurait demandé au Ministre Xavier Darcos quelle disposition adopter pour la constitution des jurys de BAC.

Nous proposons donc aux différentes universités d'adopter cette modalité d'action.
Pour les académies où ces jurys ne sont pas encore constitués, il s’agit de s’adresser au président de l’Université afin d’exiger qu’il n’y ait pas de transmission des noms des présidents de jury au rectorat.
Pour celles où les jurys sont déjà constitués, il s’agit de signifier par lettre collective au recteur l’opposition des enseignants chercheurs à ces nominations (la démission étant en effet de peu d’effet car le démissionnaire peut alors être relevé par le vice-président du jury).

Pétition proposée à tous les enseignants-chercheurs de l’université de Rouen.

Les présidents d’université sont ou seront très prochainement sollicités pour transmettre au rectorat les noms des futurs présidents des jurys de baccalauréat pour la session 2009, présidents qui, rappelons-le, sont obligatoirement choisis parmi les maîtres de conférences et professeurs d’Université.
La pétition suivante a pour objet d’empêcher la constitution de ces jurys. En effet, une fois le jury constitué par le recteur, il n’est pas nécessaire que le président soit physiquement présent car le vice-président peut le remplacer. Un boycott au mois de juin n’aurait donc aucun effet tandis qu’un refus de participation au mois de mars est une arme de plus dans la grève administrative que nous poursuivons.
Le texte de la pétition est copié ci-dessous pour envoi à vos listes de diffusion afin de susciter de semblables actions dans les autres universités. N’oubliez pas d’insister sur la nécessité d’agir maintenant et suivant une procédure qui empêche la transmission au recteur du nom des présidents de jurys.
Pour Rouen, vous pouvez le signer et le faire signer à l’adresse suivante : jurybacrouen@gmail.com. Merci d’indiquer dans le corps du courriel vos prénom, nom, fonction et UFR.
Il sera transmis à notre président d’Université à la fin de la semaine prochaine.


LETTRE AU PRÉSIDENT DE L’UNIVERSITÉ DE ROUEN
Nous, enseignants-chercheurs, refusons de présider les jurys de bac !

Le baccalauréat est un grade universitaire, c’est pourquoi les jurys sont OBLIGATOIREMENT présidés par un professeur des universités ou un maître de conférences nommé par le recteur sur proposition des présidents d’université. (Décret n° 93-1092 du 15 septembre 1993)
Cette année, nous refusons que vous transmettiez au recteur nos noms pour présider les jurys de baccalauréat de la session 2009. Aucun jury ne doit être constitué tant que les revendications rappelées ci-dessous n’ont pas été satisfaites.


Parce que les collèges et les lycées sont, comme les établissements du 1er degré, directement menacés par le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants :

- ce projet affaiblit le contenu disciplinaire des concours
- l’année de stage en alternance – payée ! - à l’issue du concours disparaît. Cela signifie la suppression de fait de la formation pédagogique des enseignants du secondaire et du primaire – ce qui permet à l’Etat d’économiser aux dépens des futurs enseignants et de leurs élèves chaque année plus de 10 000 postes de fonctionnaires.
- ce projet encourage le développement de la précarité au lieu de se solder par une revalorisation réelle du métier d’enseignant. En effet, tout indique que les concours disparaîtront progressivement pour laisser la place à l’inscription sur une liste d’aptitude, réservoir où les proviseurs des établissements devenus autonomes pourront piocher librement, pour recruter soit des contractuels soit des vacataires.. La masterisation de la formation des enseignants est une arme de destruction massive dirigée contre les fonctionnaires.

Parce que le gouvernement s’acharne à vouloir mettre en place ces nouveaux concours dès 2010.

Parce que la suppression des postes dans le supérieur met en danger les formations dispensées, et que la “promesse” faite par François Fillon de mettre à disposition des universités des postes d’agrégés du secondaire revient à déshabiller le secondaire.

Parce qu’il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est mis en place de la maternelle à l’université. Or le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé car les écoles, les collèges, les lycées et les universités ne sont pas des entreprises, l’enseignement et la recherche ne sont pas des marchandises.

Parce que, en réécrivant le décret fixant le statut des enseignants-chercheurs, le gouvernement vise à faire des économies au détriment de la recherche, dans une logique de rentabilité aussi inadaptée que délétère.

Parce que ce décret ouvre la porte à un “enseigner plus pour gagner autant”, parce qu’il vise à scinder la communauté universitaire et à réduire le lien entre enseignement et recherche, fondateur de l’université.

Parce qu’aucune réponse n’est apportée à des sujets aussi capitaux que le démantèlement des organismes publics de recherche, le contrat doctoral unique, la précarisation de masse des jeunes chercheurs, la pénurie des postes statutaires, les nouvelles règles budgétaires, la précarisation et l’individualisation autoritaire des carrières des agents administratifs et techniques, les inégalités induites par l’application du plan campus.

Parce que le gouvernement refuse de nous entendre et que sa seule réponse à nos revendications se résume à une opération de communication.

Depuis le 2 février, les universités sont en grève pour s’opposer à la destruction du système éducatif français et défendre l’avenir de nos enfants.
C’est pourquoi nous refusons que vous transmettiez nos noms au recteur afin qu’il procède à la constitution des jurys de baccalauréat.

Liste des signataires au 14 avril 2009 (par ordre alphabétique, 253 noms) :
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 25 Avr 2009, 11:19

Communiqué des organisations syndicales et associations de l'enseignement supérieur et de la recherche
Défendons l'emploi et battons nous contre la précarité

Les syndicats et associations de l'enseignement supérieur et de la recherche soussignés rappellent que la défense de l'emploi est l'une de leurs principales revendications. Le gouvernement fait le choix de supprimer des emplois de fonctionnaires et de développer massivement l'emploi précaire pour occuper des fonctions techniques, administratives et de recherche. Cela crée dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche une situation de l'emploi scandaleuse. Il y a actuellement, dans les laboratoires et services des organismes et des universités, des milliers de travailleurs précaires qui pour la plupart d'entre eux exercent des fonctions ou apportent des compétences qui correspondent à un besoin pérenne.

Les organisations soussignées réfutent ce choix de société qui maltraite les salariés et les jeunes diplômés et fragilise le service public. Le gouvernement a dû concéder une brèche dans le dogme des suppressions d'emplois en annonçant le gel des suppressions d'emplois pour 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, (pour 2009 les postes restent supprimés mais des crédits sont mis en place !). Les luttes ont également permis que les chaires d'excellence ne consomment plus deux postes pour un : il faut maintenant que dans tous les organismes cela conduise à la mise au concours de 130 postes de fonctionnaires. Ils rappellent leur exigence que soit restitué au budget et mis aux concours de recrutement l'ensemble des emplois supprimés en 2009 tant dans les organismes de recherche que dans les universités, que soient annulées définitivement toutes les suppressions d'emplois déjà prévues pour les années 2010 et 2011 (pour les organismes comme pour l'enseignement supérieur), et leur exigence d'un plan de création d'emplois statutaires pour résorber la précarité et développer les missions de l'université et de la recherche publique.

Les organisations appellent les personnels à créer des comités locaux de défense des salariés précaires. Elles les appellent à défendre pied à pied tous les CDD et poser la question de leur devenir en fin de contrat. Chaque fin de contrat doit être considérée comme un licenciement abusif dès lors que l'employeur prévoit de recruter à nouveau en CDD pour poursuivre le travail du salarié en fin de contrat. Tous les moyens de mobilisation pour défendre concrètement les personnels face à leur employeur (organisme ou université) et face à l'entité (agence, Service de formation continue, d'enseignement du français aux étrangers, etc.) qui finance leur emploi doivent être mis en œuvre. Ces moyens incluent de la part de chaque directeur d'unité, d'UFR, chef de service, président de centre ou d'université, une demande officielle d'ouverture d'emploi de titulaire pour chaque "poste" de CDD ayant vocation à perdurer.

Les organisations exigent le maintien des organismes de recherche dans leur rôle d'opérateur de recherche avec le retour dans ceux-ci des fonctions de programmation et d'évaluation, avec des contrats d'objectifs qui incluent des campagnes de créations d'emplois chercheurs et ITA et une augmentation du soutien de base.

Dès la semaine prochaine, ils appellent les personnels et les étudiants à participer nombreux aux initiatives du 28 avril, en convergence avec les personnels de la Santé, et aux manifestations unitaires organisées le 1er mai par toutes les confédérations syndicales dans l'ensemble du pays.

Elles appellent à faire des 14 et 15 mai deux journées de lutte pour la défense de l'emploi avec manifestations, opérations labo morts et blocage des services administratifs.

Paris le 23 avril 2009

CGT : SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP
FSU : SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP
CFDT : SGEN-CFDT Recherche EPST
SUD : SUD-Recherche-EPST, SUD EDUCATION, SUD-Etudiants
SLR
SLU
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 26 Avr 2009, 22:52

Au Journal officiel de la République française n° 97 du 25 avril 2009

- Décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 modifiant le décret n°84-431 du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux
enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences et portant diverses dispositions relatives aux enseignants-chercheurs
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552216

- Décret n° 2009-461 du 23 avril 2009 modifiant le décret n°92-70 du 16 janvier 1992 relatif au Conseil national des universités
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552350

- Décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552397

- Décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 relatif aux doctorants contractuels des établissements publics d'enseignement supérieur ou de recherche

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552499

- Arrêté du 23 avril 2009 fixant le montant de la rémunération du doctorant contractuel
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552594

- Arrêté du 19 mars 2009 fixant les taux de promotion dans certains corps de fonctionnaires relevant du ministre de l'enseignement supérieur et de la
recherche
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552554

- Arrêté du 30 mars 2009 fixant les nombres d'emplois offerts à la mutation, au détachement et au recrutement par concours des professeurs des
universités et des maîtres de conférences jusqu'au 31 décembre 2009
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTex ... 0020552584

Communiqué

La coordination nationale des personnels BIATOSS et ITA réunie samedi 25 avril 2009 à la Bourse du Travail de Saint-Denis, rappelle ses exigences :
- l’abrogation de la RGPP, du Pacte Recherche et de la loi LRU qui mettent en place l’arbitraire, la précarité (CDD et CDI prévus)
- le retrait du projet de « loi sur la mobilité » des fonctionnaires
- le maintien de la fonction publique d’état l’alignement des droits des personnels non-titulaires sur les droits des titulaires (congés, primes, ancienneté, grilles de salaires, évolution de carrières, etc.) dans l’attente d’une intégration des personnels contractuels sur des emplois statutaires d’Etat,
- le maintien et la restitution de tous les postes dont BIATOSS et ITA supprimés au budget 2009 et l’annulation de toutes les suppressions prévues aux budgets 2010/2011 avec la mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires de la fonction publique d’Etat pour toutes les catégories de personnels ;
- la fin du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques qui menace les personnels BIATOSS et ITA.
- la reconnaissance pour ces personnels de leurs qualifications et l’abandon de l’évaluation individuelle basée sur la performance et le résultat, contre - - ----- - l’individualisation des salaires et des carrières,
- l’intégration des personnels précaires sur des emplois statutaires d’Etat (et notamment contre les CDD et les vacations à répétition),
- l’augmentation uniforme de 300 euros des salaires, aucun salaire en dessous de 1500 euros net
- le retrait des mesures qui visent à la suppression de la filière « bibliothèques »
- la fin du démantèlement des EPST et des UMR (unité mixte de recherche)
- le maintien de l’action sociale en direction de tous les personnels

Elle soutient également les revendications de l’intersyndicale de l’administration centrale :
- Abrogation du décret de restructuration de l’administration centrale du MESR
- Abrogation de l’arrêté de création du pôle de contractualisation
- Maintien d’une direction de l’évaluation et de la prospective indépendante
- Arrêt du démantèlement de l’administration centrale des MESR/MEN et maintien des missions des postes.

Plus largement, elle refuse le modèle d’éducation et de recherche imposé par le gouvernement dont l’un des objectifs est la casse du service public, la remise en cause des acquis sociaux et la dégradation des conditions de travail de tous les salariés.

Elle constate également qu’après 11 semaines de mobilisation, non seulement le gouvernement n’a répondu que par le mensonge et par le mépris, mais pire encore accélère le processus d’individualisation des carrières et des rémunérations, en liant les primes, promotions et l’avancement de carrière à l’entretien professionnel.

En conséquence, la coordination appelle à poursuivre, amplifier et élargir la mobilisation en cours de les universités et s’associe à toutes les initiatives proposées par la CNU. Consciente que ces attaques s’intègrent dans une politique d’ensemble qui vise tous les salariés, elle appelle les organisations syndicales à tout mettre en œuvre pour construire une riposte à la hauteur des enjeux.

Calendrier La coordination nationale invite les personnels BIATOSS et ITA à participer aux actions proposées par la CNU, dont les manifestations du 28 avril et du 1er mai 2009.

De plus, elle soutient la proposition de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche d’organiser les 14 et 15 mai deux journées de lutte pour la défense de l’emploi, et souhaite qu’à cette occasion soit mis en avant l’ensemble des revendications spécifique au personnels BIATOSS avec un élargissement de l’appel à la grève aux personnels de la culture.

Prochaine coordination : Samedi 16 mai 2009 (lieu à confirmer)

Contact: biatoss@gmail.com (à utiliser aussi pour l'inscription au Groupe)
Blog: http://biatossenlutte.wordpress.com


La colère des labos

Par Daniel Steinmetz, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique CGT.

Les personnels des laboratoires de recherche sont partie prenante de la grande colère qui secoue l’université française depuis maintenant plus de trois mois. L’entreprise de déréglementation que met en oeuvre le gouvernement touche les organismes de recherche, CNRS, INSERM, INRA, etc., au même titre qu’elle touche les universités.

Le gouvernement a abandonné toute volonté de contraindre les entreprises à développer une réelle recherche industrielle. Le crédit d’impôt-recherche, prétendument conçu pour inciter les entreprises à investir dans la recherche, ne se résume qu’à un cadeau fiscal de plus, dont le montant a augmenté considérablement, pour atteindre près de 3,8 milliards d’euros, soit autant que la subvention publique cumulée du CNRS, de l’INSERM et de l’INRA. Prenant acte de l’insuffisance de l’effort du secteur privé, le gouvernement demande de plus en plus à la recherche publique de se substituer à lui. C’est le discours officiel de Sarkozy, qui veut privilégier l’innovation au détriment de la recherche fondamentale. Cela veut dire tailler à la hache dans toutes les recherches présumées non rentables, même si elles font avancer le front de la connaissance.

Pour cela, il faut casser le système, briser toutes les velléités de liberté de recherche fondamentale. Pour assurer le contrôle de la recherche et de l’enseignement supérieur, les forces du capital et l’État en modifient les financements, l’organisation et le statut des personnels.

La mise sous tutelle de la recherche a commencé en 2005 avec le pacte pour la recherche. Avec la création de l’Agence nationale pour la recherche et de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’État a marginalisé les organismes de recherche en s’assurant la maîtrise des programmes de recherche et en décidant de la vie et de la mort des laboratoires selon des critères non scientifiques. La suite du processus a été la mise en place de la LRU, qui transforme les universités en entités autonomes du seul point de vue de la gestion, mais concurrentes entre elles. L’articulation du pacte pour la recherche et de la LRU reconstruit le paysage scientifique national. L’opération « Campus » sépare les universités en deux catégories : une douzaine d’universités de prestige dédiées à la recherche et préparant les étudiants de la licence au doctorat, et les universités généralistes s’arrêtant à la licence. Ces campus associent sur un site géographique les universités et des laboratoires d’organismes de recherche. La création de chaque campus a été déterminée aussi par l’environnement économique régional. Le contenu des programmes de recherche et les enseignements menés sur ces campus dépendront des entreprises régionales bâilleuses de fonds. La recherche de niveau international sera concentrée dans les campus, les autres universités se contenteront de « niches de spécialité scientifiques ». Mais pour contraindre les personnels à travailler sur les objectifs définis par le patronat et le pouvoir, il faut en finir avec le statut de fonctionnaire d’État qui autorise une certaine autonomie. D’où le transfert des postes de fonctionnaires vers les universités, la généralisation des contrats précaires qui fragilisent les personnels et la mise en place du salaire différencié avec prime sur objectifs. Ainsi, les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche sont comme tous les salariés confrontés à l’autoritarisme, à la déqualification du travail et au gâchis des compétences.

C’est contre cette politique que luttent actuellement les personnels. Ils exigent l’abrogation de la LRU et du pacte pour la recherche, l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche, la suppression des agences gouvernementales ANR, AERES, la restitution des postes supprimés en 2009 dans les organismes de recherche et les universités. La résorption des emplois précaires nécessite un plan d’intégration en utilisant notamment les crédits de l’ANR, qui servent actuellement à payer près de 7 000 CDD. Il faut offrir des débouchés aux jeunes diplômés. C’est notamment autour de la revendication d’un plan pluriannuel de création de postes de titulaires (évalué à 5 000 par an) que se fait l’unité syndicale.

Les personnels exigent de la ministre l’ouverture de négociation sur l’ensemble du contentieux revendicatif. Il faut qu’elle se débouche les oreilles et entende notre colère.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 28 Avr 2009, 09:01

Les communiqués récents de la Présidence de l'Université de Lyon 2 font l'impasse sur l'essentiel. A vouloir centrer l'attention de la communauté universitaire sur les provocations aux auteurs obscurs (tags homophobes ou dégradations de matériels) ou sur les seules modalités de lutte décidées par l'assemblée générale des étudiants (blocages), ces communiqués restent silencieux quant aux provocations gouvernementales, dont la dernière en date consiste non seulement à passer en force le décret sur la modulation des services des enseignants-chercheurs (ainsi que le décret CNU), mais aussi à faire étudier des maquettes de mastérisation (17 sur 100 attendues dont un nombre certain provenant des instituts catholiques), après avoir annoncé le report de la réforme d'un an.
A l'intérieur même de notre Université, une petite minorité de collègues, agacée par l'ampleur de la lutte contre les réformes qu'ils n'ont pas le courage de soutenir publiquement, multiplie les provocations, en incitant leurs étudiants à venir en cours, même au moment des assemblées générales (qu'ils dénoncent ensuite comme étant non démocratiques), et en organisant des contrôles d'absences et des évaluations de connaissances, malgré les consignes écrites de la Présidence. Ce sont ces comportements-là qui contribuent à monter la tension et à créer des divisions entre étudiants et
collègues.
La dernière assemblée générale des enseignants-chercheurs qui a reconduit la grève jusqu'au mardi 28 avril 2009 a clairement réitéré notre détermination à sauver l'Université française : nous refusons de voir l'activité universitaire minée par l'individualisation des services (et autres primes au mérite), l'autoritarisme présidentiel, la privatisation rampante et la concurrence de tous contre tous. La grève reste l'arme la plus efficace contre la casse programmée du service public de l'enseignement supérieur, même si nous savons à quel point cette grève est coûteuse, pour nos étudiants comme pour nous. Si nous rentrons dans la 11e semaine de grève, à qui la faute sinon à une ministre qui refuse tout dialogue digne de ce nom avec les principaux acteurs du mouvement ?
Nous appelons l'ensemble du personnel, BIATOSS, enseignants et enseignants-chercheurs à ne pas se laisser duper par des questions
subsidiaires et à boycotter le scrutin de lundi prochain. Aujourd'hui, comme hier, la seule vraie question est comment faire ensemble pour faire reculer le gouvernement et mettre en échec son offensive contre l'Université. Nous aurions préféré que la Présidence mette aux voix sa réponse à cette question.
Pour une Autre Université ; SNASUB-FSU ; SNESUP-FSU


Cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s,

La consultation organisée aujourd?hui par la présidence auprès de l'ensemble de la communauté universitaire a donné les résultats
suivants :

4242 votants (14,90 % du corps électoral) dont 3999 exprimés :

- OUI pour la levée du blocage : 3230 (80,77 % des suffrages exprimés)

- NON à la levée du blocage : 769 (19,23 %)

Ces résultats, qui sont bien au-delà des taux de participation habituels, montrent la réelle mobilisation de la communauté et
marquent clairement sa volonté de voir cesser un blocage qui a conduit ces derniers jours à des débordements, culminant avec l'invasion du CEVU vendredi. Cette dérive a pris un tour inacceptable aujourd'hui lorsque des étudiants et des individus cagoulés ont tenté d?envahir le bureau de vote du campus des Berges du Rhône de façon extrêmement violente ce qui a obligé à le fermer peu après 15 heures. Les urnes et les listes d'émargement ont heureusement été sauvegardées.

La présidence condamne avec la plus grande fermeté ces actes de violence inqualifiables qui visent à empêcher le libre exercice de la démocratie et qui donnent une image dégradante de l?université. Elle portera plainte contre les auteurs de ces actes. Elle a décidé la fermeture administrative des deux campus pour la journée de mardi, en signe de protestation contre ces agissements. Cette fermeture concerne l'ensemble des personnels et des étudiants.

Un communiqué précisera demain le détail des résultats du scrutin et les modalités de la réouverture de l'université.

L'équipe présidentielle.


Echauffourées lors du vote à l'université Lyon-II : 5 étudiants interpellés

Cinq étudiants ont été interpellés et placés en garde à vue lundi après-midi à Lyon à la suite d'échauffourées survenues à l'occasion du vote à bulletin secret sur la levée du blocage, organisé par l'université Lyon-II, a-t-on appris de source policière.

Ces cinq personnes ont été interpellées vers 18H00 "dans le cadre de débordements et d'actes de violences volontaires sur d'autres étudiants, ainsi que sur des vigiles privés", engagés par la présidence de l'université pour assurer la sécurité des bureaux de vote, a précisé la police, ajoutant qu'il n'y a pas eu de blessés.

L'un des cinq étudiants est également interpellé pour "outrage" à un commissaire de police, souligne-t-on.

Selon un communiqué de l'UNEF, des "débordements ont eu lieu en début d'après midi", lorsqu'un "petit groupe d'étudiants est entré de force et avec violence dans le bureau de vote sur le campus des berges du Rhône".

"Ceci à entraîné une réaction violente et disproportionnée des vigiles (...) qui ont notamment lancé des bombes lacrymogènes sur les étudiants et des affrontements ont eu lieu durant une quinzaine de minutes", assure le syndicat étudiant qui "dénonce toutes formes de violences".

Selon l'UNEF, "les forces de police ont encerclé l'université et les étudiants et des enseignants (...) sont sortis tous ensemble de l'université, encadrés par la police", qui a ensuite procédé aux interpellations.

La présidence de l'Université Lumière avait organisé lundi un vote à bulletin secret sur la levée ou non du blocage en place depuis plusieurs semaines sur les deux campus.

Les étudiants grévistes avaient annoncé qu'ils boycotteraient le scrutin.

Les résultats du vote n'étaient pas connus dans la soirée.

Deux des trois universités lyonnaises sont bloquées, au moins partiellement, depuis plusieurs semaines, en réaction à la loi Pécresse de réforme de l'enseignement supérieur.


Communiqué de la FSE :

Deux militants de la FSE Lyon arrêtés !
Plus que jamais, tous unis contre la répression !


Depuis plus de trois mois la mobilisation des étudiants et des personnels enseignants et non enseignants se poursuit, notamment pour exiger l'abrogation de la LRU. Face à cela, les présidents d'université et la ministre Valérie Pécresse ne répondent que par une répression de plus en plus féroce cumulé à un chantage sur les examens.

Aujourd'hui, ce sont quatre étudiants (dont deux militants de la FSE) qui viennent de se faire arrêter à l'université de Lyon 2 sous ordre de la présidence. Leur seul crime : combattre avec détermination pour l'abrogation de la LRU ! Les étudiants qui tentaient de s'interposer se sont vus violemment réprimé par les forces de l'ordre usant de tasers et gaz lacrymogènes. Ce nouveau cas de répression s'inscrit dans une volonté du gouvernement de faire taire toute forme de contestation dans « ses » universités. Déjà, deux militants de la FSE Pau ont été interpellé et un militant de la FSE Toulouse a été victime d'un tir de flash ball dans l'œil par les forces de l'ordre durant la manifestation unitaire du 19 mars.

La Fédération Syndicale Étudiante ne reculera pas face aux intimidations de la police et du ministère. Nous continuerons le combat pour une fac critique et populaire !

La FSE appelle tous les étudiants, les personnels et les militants attachés au respect des libertés démocratiques à soutenir nos camarades notamment en signant la pétition en solidarité avec nos camarades réprimés ( http://www.luttes-etudiantes.com/phpPet ... petition=2 ).

Face à la répression, la solidarité est notre arme !
Nico37
 
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Répression du mouvement étudiant - Lyon

Messagede Berckman » 28 Avr 2009, 20:10

http://rebellyon.info/article6296.html

5 personnes arrêtées, sur ciblage politique.
Berckman
 

Re: Répression du mouvement étudiant - Lyon

Messagede Wilo » 28 Avr 2009, 20:18

comment ne pas avoir envie de résister face à ce genre d'évènement :evil:
Wilo
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 28 Avr 2009, 21:29

Texte tiré du site internet de Bordeaux 3 (sur la partie accessible aux étudiant.e.s

appel du président
À la communauté universitaire de Bordeaux 3
Diffusé le 22 avril 2009



Depuis le 2 février, l’université Michel de Montaigne Bordeaux 3 connaît une mobilisation sans précédent dans son histoire, unissant étudiants et enseignants dans un même refus des réformes imposées à la hussarde par le gouvernement. Depuis le 9 mars, tous les cours sont suspendus. Malgré des reculs sur de nombreux points, et notamment sur la question du statut des enseignants-chercheurs, il demeure encore des aspects difficilement acceptables et j’ai demandé hier encore aux représentants du ministère de clarifier des positions qui ne le sont toujours pas suffisamment.

La situation inédite dans laquelle se trouve de ce fait aujourd’hui l’université Bordeaux 3 interpelle chacun d’entre nous, quelle que soit sa place. Il n’est plus possible de la laisser en l’état et il me revient donc de prendre aujourd’hui des initiatives.

Il me paraît d’abord nécessaire, dans ce contexte, que notre communauté se retrouve pour débattre. J’invite ainsi tous les étudiants, tous les personnels, administratifs comme enseignants, à venir dès lundi 27 avril au matin à l’université prendre en main leur avenir, à court et à long terme. Des ateliers, des assemblées générales dans les UFR et dans l’ensemble de l’université seront organisés jusqu’au 30 avril pour mieux comprendre les enjeux de notre système universitaire, analyser la situation actuelle et envisager le futur notamment dans le cadre de la préparation du contrat quadriennal 2011-2014.

Ensuite, la formation est, avec la recherche, la raison d’être d’un établissement d’enseignement supérieur. Nous le savons tous, l’université Bordeaux 3 reprendra donc ses cours. Quelle que soit l’intensité de la mobilisation qui a su montrer toute son efficacité et qui nous a permis d’obtenir d’ores et déjà beaucoup plus que ce que d’aucuns imaginaient en février dernier, nul ne peut envisager sérieusement que les enseignements demeurent suspendus encore pendant des semaines. Dans cet esprit, j’ai proposé aux trois Conseils vendredi dernier un calendrier de reprise qui intègre des actions de mobilisation contre les projets de réforme du gouvernement. Il devra être validé par le Conseil des Études et de la Vie Universitaire puis par le Conseil d’administration les 28 et 29 avril prochains.

Contrairement à ce que l’on a pu entendre ça et là, ces cours ne seront pas une simple mascarade destinée à tromper qui que ce soit. Ce serait faire injure au sens du service public qui nous anime tous que de laisser penser une telle chose. Je crois en effet en l’engagement de chacun, enseignant, administratif, étudiant, pour trouver les moyens pédagogiques et techniques adaptés à cette période exceptionnelle et sauver notre année universitaire. En effet, les discussions que j’ai eues ces derniers jours avec le Rectorat et le Ministère me permettent aujourd’hui d’affirmer catégoriquement qu’aucun diplôme ne sera délivré sans organisation de cours effectifs et sans examens de second semestre. Il est donc de ma responsabilité de tout mettre en œuvre pour éviter une telle situation aux conséquences désastreuses pour les étudiants.

Durant ces cinq semaines de cours, je m’engage personnellement à organiser des débats, des conférences, qui permettront de rendre visible notre détermination commune à défendre les missions de l’Université. Du 4 mai au 5 juin, il s’agira pour nous, non pas de reproduire à l’identique le fonctionnement des formations tel qu’il était prévu initialement, mais bien de laisser place à de nouvelles initiatives pédagogiques et de redonner vie à notre campus.

J’ai conscience que la mise en œuvre de cette proposition prochainement soumise au vote des conseils exige de chacun un pas vers l’autre. Ce n’est qu’à ce prix que nous retrouverons une véritable cohésion dont je suis et serai le garant. Nous sortirons tous grandis de cette épreuve si nous faisons la démonstration, dans l’adversité, de notre capacité intacte à nous mobiliser ensemble pour notre avenir.



Patrice BRUN,
Président de l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3


Pour info, Patrice BRUN est syndiqué au SNES-SUP; d'autre part les instits des écoles primaires de la rive droite appellent à la grève illimitée à partir du 4 mai.

Quel avenir pour notre université ?
Débats ouverts à toute la communauté de Bordeaux 3
Semaine du 27 au 30 avril 2009



Le président Patrice Brun invite l'ensemble de la communauté universitaire à participer massivement dès lundi matin 9h00 à la semaine de réflexions et de débats sur le thème "Quel avenir pour notre université ?".
Lisez le message du Président

Des ateliers, des assemblées générales dans l'ensemble de l'université seront organisés du lundi 27 et jusqu'au jeudi 30 avril pour mieux comprendre les enjeux de notre système universitaire, analyser la situation actuelle et envisager le futur notamment dans le cadre de la préparation du contrat quadriennal 2011-2014.
Consultez le programme de la semaine

Étudiants, personnels, administratifs comme enseignants, venez débattre et prendre en main votre avenir et celui de votre université, à court et à long terme !


Source : toujours la partie étudiante du site de l'université
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 29 Avr 2009, 14:39

Dépêches de l'Education du Mercredi 29 avril 2009

La Coordination nationale des universités vote la poursuite de la grève


La coordination nationale des universités, réunie mercredi à l'université Paris IV, a voté "la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires", pour "s'opposer aux réformes du gouvernement", et a assuré que le mouvement n'était pas "près de s'arrêter".

Dans un communiqué, la coordination, qui dit réunir les délégués représentant 64 établissements, indique avoir "voté la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires" entamée le 2 février.

"Le mouvement du monde de l'enseignement supérieur et de la recherche n'est ni minoritaire, ni près de s'arrêter", avertit-elle.

Selon elle, "à ce jour, 49 universités (sur 83 au total, ndlr) retiennent les notes du premier semestre; 51 universités sont en grève totale ou partielle; 44 universités sont bloquées; 14 universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat".

"La communauté universitaire continue avec force et détermination à s'opposer aux réformes du gouvernement", dit-elle, assurant répondre "au mépris, aux déclarations mensongères, aux manoeuvres en trompe-l'oeil et aux choix délibérés de passage en force" de celui-ci.

Il s'agit de la neuvième réunion de la coordination en treize semaines de conflit.

Le 2 février, la coordination avait appelé à un "mouvement de grève totale, reconductible et illimitée" pour protester contre le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.


« Sauvons les concours de recrutement des enseignants ! » - Motion signée par des membres des jurys de CAPES d’allemand, anglais, espagnol, histoire-géographie, italien, lettres classiques


Nous, membres de différents jurys de CAPES de la session 2009, tenons à exprimer solennellement notre consternation devant la façon dont est géré le dossier de la réforme du CAPES et notre opposition aux mesures préconisées pour les « nouveaux » CAPES.

C’est à partir de notre expérience de membres de ces jurys, constitués d’enseignants du secondaire, des classes préparatoires, des universités, des IUFM et de membres des corps d’inspection nommés pour une période de quatre ans, que nous considérons que ces mesures, si elles étaient appliquées, entraîneraient une très grave dégradation de la formation et du recrutement des enseignants et, à terme, une remise en cause des concours nationaux et une précarisation des personnels enseignants.

Ces mesures conduisent en effet à un affaiblissement inacceptable des contenus disciplinaires des concours sous couvert de « professionnalisation », alors même que l’année de stage de formation en alternance rémunérée existant actuellement est supprimée dans le projet ministériel. Et les « stages » prévus pendant les deux années des « masters enseignement » ne sont nullement à même de compenser les effets néfastes de cette suppression – ou de sa réduction à une décharge symbolique lors de la première année d’exercice.

La précipitation qui a caractérisé la gestion de ce dossier, les incessants bricolages qui se succèdent depuis l’annonce de la réforme, les tergiversations, les annonces sans suite, les « mesures transitoires », les incertitudes maintenues sur les modalités des épreuves et les programmes du concours, ont créé un tel climat de confusion et de chaos qu’il est urgent et impérieux de reprendre totalement le dossier pour qu’émerge un projet intellectuellement et professionnellement cohérent.

Dans cette perspective nous prenons acte de l’annonce du ministre concernant le maintien en l’état pour 2010 du CAPES actuel que nous entendons comme le maintien de l’intégralité de ses modalités actuelles, y compris pour les dates du concours et les conditions d’inscription. Cependant, comme l’ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, nous pensons que toute refonte des concours doit être arrêtée à l’issue d’une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants et l’abandon de toute « mesure transitoire » et de toute mise en place progressive de la « mastérisation ».

Nous ne sommes évidemment pas hostiles par principe à toute refonte des concours ni à l’ambition affichée d’élévation du niveau de recrutement des enseignants. C’est dans cette optique que nous tenons à rappeler quelques principes qui sont, selon nous, essentiels pour toute réforme à venir des CAPES :
le recrutement de tous les enseignants doit se faire par concours nationaux avec un programme national, des épreuves nationales et un jury national unique pour l’admissibilité et l’admission pour toutes les épreuves, associant, comme c’est le cas actuellement, des enseignants des universités, du second degré, des classes préparatoires et des membres des corps d’inspection
les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires stagiaires (de la fonction publique d’État) et pour assurer une véritable formation pédagogique et professionnelle l’année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit être maintenue
l’évaluation du niveau de maîtrise des disciplines doit rester le fondement du recrutement. En conséquence les épreuves, écrites et orales, doivent être disciplinaires et les jurys doivent être composés de spécialistes de la discipline
Un lien thématique, quand il existe, doit être maintenu entre les programmes du CAPES et ceux des agrégations afin d’éviter notamment que la préparation à l’agrégation ne soit réservée qu’à un petit nombre « d’établissements d’élite ».

En tant que membres de jury de CAPES soucieux de l’intérêt des candidats, des futurs enseignants et des élèves, notre responsabilité est en tout premier lieu d’assurer, dans les meilleures conditions d’équité possibles, un concours d’un niveau scientifique élevé, fondement de la légitimité scientifique et professionnelle des lauréats et de la qualité du service public d’enseignement. Mais il est également de notre responsabilité de ne pas nous taire devant ce que nous considérons comme un gâchis et un désordre qui ne peuvent à terme qu’entraîner une dégradation du niveau de recrutement des enseignants et donc de l’enseignement de nos disciplines.

Signataires :
la majorité des membres du jury du CAPES externe d’Allemand
soixante quatre membres du jury du CAPES externe d’Anglais
l’unanimité du jury du CAPES externe d’Espagnol
la majorité des membres du jury du CAPES externe d’Histoire-Géographie
l’unanimité moins deux abstentions du jury du CAPES externe d’Italien
la majorité du jury du CAPES externe de Lettres classiques



Motion du jury du CAPES et du CAFEP externe de lettres classiques (23 avril 2009)

La motion suivante a été adoptée le 23 avril par le jury du CAPES/CAFEP externe de Lettres classiques à une majorité de 27 voix pour, 4 contre et 4 abstentions (35 membres au total)

Sauvons les concours de recrutement des enseignants !

Nous, membres du jury de CAPES/CAFEP de lettres classiques de la session 2009, tenons à exprimer solennellement notre consternation devant la façon dont est géré le dossier de la réforme du CAPES et notre opposition aux mesures préconisées pour les « nouveaux » CAPES. C’est à partir de notre expérience de membres de ces jurys, constitués d’enseignants du secondaire, des classes préparatoires, des universités, des IUFM et de membres des corps d’inspection nommés pour une période de quatre ans, que nous considérons que ces mesures, si elles étaient appliquées entraîneraient une très grave dégradation de la formation et du recrutement des enseignants et, à terme, une remise en cause des concours nationaux et une précarisation des personnels enseignants.

Ces mesures conduisent en effet à un affaiblissement inacceptable des contenus disciplinaires des concours sous couvert de « professionnalisation », alors même que l’année de stage de formation en alternance rémunérée existant actuellement est supprimée dans le projet ministériel. Et les « stages » prévus pendant les deux années des « masters enseignement », facultatifs, ne sont nullement à même de compenser les effets néfastes de cette suppression - ou de sa réduction à une décharge symbolique lors de la première année d’exercice.

La précipitation qui a caractérisé la gestion de ce dossier, les incessants bricolages qui se succèdent depuis l’annonce de la réforme, les tergiversations, les annonces sans suite, les « mesures transitoires », les incertitudes maintenues sur les modalités des épreuves et les programmes du concours, ont créé un tel climat de confusion et de chaos qu’il est urgent et impérieux de reprendre totalement le dossier pour qu’émerge un projet disciplinairement et professionnellement cohérent.

Dans cette perspective nous prenons acte de l’annonce du ministre concernant le maintien en l’état pour 2010 du CAPES actuel que nous entendons comme le maintien de l’intégralité de ses modalités actuelles, y compris pour les dates du concours et les conditions d’inscription. Cependant, comme l’ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, nous pensons que toute refonte des concours doit être arrêtée à l’issue d’une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants et l’abandon de toute « mesure transitoire » et de toute mise en place progressive de la « mastérisation ».

Nous ne sommes évidemment pas hostiles par principe à toute refonte des concours ni à l’ambition affichée d’élévation du niveau de recrutement des enseignants. C’est dans cette optique que nous tenons à rappeler quelques principes qui sont, selon nous, essentiels pour toute réforme à venir des CAPES :
le recrutement doit se faire par concours nationaux, avec un programme national, des épreuves nationales et un jury national unique pour l’admissibilité et l’admission pour toutes les épreuves, associant, comme c’est le cas actuellement, des enseignants des universités, du second degré, des classes préparatoires et des membres des corps d’inspection
les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires-stagiaires, de la fonction publique d’Etat, et pour assurer une véritable formation pédagogique et professionnelle, l’année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit être maintenue
l’évaluation du niveau de maîtrise des disciplines doit rester le fondement du recrutement. En conséquence les épreuves, écrites et orales, doivent être disciplinaires et les jurys doivent être composés de spécialistes de la discipline
Un lien thématique, quand il existe, doit être maintenu entre les programmes du CAPES et ceux des agrégations afin d’éviter notamment que la préparation à l’agrégation ne soit réservée qu’à un petit nombre « d’établissements d’élite ».

En tant que membres de jury de CAPES soucieux de l’intérêt des candidats, notre responsabilité est en tout premier lieu d’assurer, dans les meilleures conditions d’équité possibles, un concours d’un niveau scientifique élevé, fondement de la légitimité scientifique et professionnelle des lauréats et de la qualité de notre enseignement. Mais il est également de notre responsabilité de ne pas nous taire devant ce que considérons comme un gâchis et un désordre qui ne peuvent à terme qu’entraîner une dégradation du niveau de recrutement des enseignants, et donc de l’enseignement de nos disciplines. Ce texte a été adopté par la majorité des membres du jury du CAPES de Lettres Classiques.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 30 Avr 2009, 10:20

Bilan de la mobilisation site par site mis à jour par la 9eme coordination nationale des universités le mercredi 29 avril 2009 (.pdf)

Suite à l'occupation du Ministère ce matin, une délégation de la CNU est actuellement reçue au Ministère.

Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 29 avril 2009 (matin).

Hier, mardi 28 avril 2009, trois mois après les premières manifestations, 20.000 personnes ont encore exprimé dans la rue leur opposition aux réformes du gouvernement qui découlent de la loi LRU et du pacte sur la recherche. Face au mépris, aux déclarations mensongères, aux manoeuvres en trompe-l'oeil et aux choix délibérés de passage en force, les délégués représentant 64 établissements réunis en Coordination Nationale des Universités le 29 avril 2009 en Sorbonne ont voté la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires.

Le mouvement du monde de l'enseignement supérieur et de la recherche n'est ni minoritaire, ni près de s'arrêter. A ce jour, 49 universités retiennent les notes du premier semestre ; 51 universités sont en grève totale ou partielle ; 44 universités sont bloquées ; 14 universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat.

La CNU se félicite de la convergence des luttes en cours pour la défense des services publics notamment les services de santé.

La communauté universitaire continue avec force et détermination à s'opposer aux réformes du gouvernement.

***


Les délégués de la communauté universitaire et de la recherche représentant 64 établissements, réunis le 29 avril 2009 à la Sorbonne pour la neuvième réunion de la Coordination des Universités née le 22 janvier 2009 réaffirment leur solidarité et leur opposition déterminée aux projets du gouvernement.

Persistant dans son refus de réelles négociations, le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a fait passer en force, pendant les vacances de printemps, les décrets sur le statut des enseignants-chercheurs, le CNU et le contrat doctoral unique. Il a d'ores et déjà annoncé qu'il ferait de même pour la réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés. Le ministère s'est même opposé à la demande clairement formulée par la CPU concernant ce dernier point, au mépris des règles qu'il avait lui-même fixées concernant l'évaluation des maquettes par l'AERES. Ce déni des principes démocratiques nous renforce dans notre détermination.

Partout en Europe où ont été mises en place des réformes similaires dans le cadre du processus de Bologne (Italie, Grèce, Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Espagne…), ces dernières ont eu pour conséquence, à très court terme, des hausses massives de frais d'inscription, la précarisation des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, la disparition d'emplois techniques et administratifs, ainsi qu'une concurrence délétère entre les individus, les équipes et les établissements.

Nous réaffirmons que la crise actuelle que traversent l'université et la recherche tire son origine du Pacte pour la Recherche, de la loi LRU et de la Révision Générale des Politiques publiques. Pour cette raison, nous restons attachés à la plateforme de revendications dont tous les points sont liés et que nous avons maintes fois rappelée :
- Abrogation de la loi LRU et du pacte pour la Recherche.
- Retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés qui menace à très court terme le système public d'éducation
- Retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le CNU
- Retrait du contrat doctoral unique
- Rétablissement des postes supprimés en 2009, mise en place d'un plan pluriannuel de création d'emplois statutaires concernant l'ensemble de la communauté universitaire et résorption de la précarité.
- Opposition aux principes de dotation budgétaires (système SYMPA), qui mettent dès à présent en danger les filières technologiques universitaires (IUT, IUP, IUFM, etc…).
- Arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche et réaffirmation de leur rôle d'opérateur de recherche
- Opposition aux mesures qui conduisent à la précarisation des étudiants (démantèlement du CROUS, augmentation prévisible des frais d'inscription, etc…)

Nous appelons à continuer la grève, à intensifier le mouvement et à :
- ne faire remonter aucune maquette de master de formation des enseignants actant la réforme actuelle et refuser de les appliquer si elles sont imposées par le ministère
- appeler au refus du vote des compétences élargies par les conseils d'administration des universités
- faire voter par les conseils centraux des motions contre l'application de la modulation de service et refuser le cas échéant les évaluations personnelles prévues dans ce cadre.
- Refuser la mise en place des entretiens professionnels d'évaluation des personnels BIATOSS.
- Mettre un terme aux processus d'externalisation et de précarisation des personnels, notamment BIATOSS.
- Refuser les chaires d'excellence

En défendant les universités et les organismes de recherche, nous ne défendons pas seulement les universitaires mais un idéal démocratique et laïc opposé à celui du gouvernement (droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s'engager dans des études qui n'ont aucune rentabilité immédiate mais qui sont d'une valeur essentielle pour la société, liberté de la recherche et de l'enseignement). Nous refusons la logique de mise en concurrence des universités et des membres de la communauté universitaire, scientifique et éducative, implicite dans ces décrets, et nous réaffirmons les valeurs de coopération et de solidarité dont la recherche et l'enseignement se nourrissent.

Face à la menace que ce gouvernement fait peser sur ces principes fondateurs, nous appelons l'ensemble de la communauté universitaire, scientifique et éducative, ainsi que tous les citoyens, à défendre ces valeurs sans concession et à les promouvoir.

L'université française doit continuer à être le cadre de la démocratisation du savoir pour la formation de citoyens libres et responsables.

La CNU se félicite de l'unité réalisée dans la rue le 28 avec les collègues de la santé et des convergences à venir le 1er mai avec l'ensemble des secteurs

L'université et la recherche sont en lutte depuis trois mois ; aujourd'hui elles sont plus que jamais en résistance.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 02 Mai 2009, 11:30

Valérie Pécresse exclut la validation automatique des semestres 03.05.09 | 12h20

PARIS (Reuters) - Valérie Pécresse s'interdit la validation automatique des semestres dans les universités dont les cours sont perturbés depuis le début de l'année par le mouvement de protestation contre les réformes gouvernementales et où les sessions d'examens sont menacées.

Dans une interview au Journal du Dimanche, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche estime "qu'il est temps pour tout le monde de rattraper les cours".

Le fonctionnement d'une vingtaine de facultés est affecté par la fronde universitaire, soit quelque 400.000 étudiants qui ne sont pas assurés de pouvoir passer leurs examens.

"C'est un véritable désastre", déplore Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française, dans le JDD.

"D'habitude, tout se calme aux vacances de Pâques parce que les syndicats étudiants ont l'intelligence d'arrêter pour sauver les diplômes. Là, il semble y avoir une sorte de dynamique infernale qui échappe à tout le monde", estime l'historienne.

Valérie Pécresse souligne qu'elle est "garante de la qualité des diplômes".

"Il n'est pas question de valider automatiquement des semestres alors que les enseignements n'auraient pas été délivrés normalement", dit-elle.

"Si on s'y met dès maintenant, on pourra passer les examens avant l'été". Hélène Carrère d'Encausse suggère que le travail se poursuive durant l'été.

Le gouvernement estime que les craintes des enseignants-chercheurs et des étudiants n'ont plus lieu d'être après les gestes qu'il a consentis sur les trois principaux sujets de crispation.

Le décret contesté sur le statut des enseignants-chercheurs a été réécrit, les suppressions de postes à l'université sont annulées pour les deux ans qui viennent et le gouvernement s'est engagé à améliorer la formation des enseignants.

Sophie Louet


La mise en oeuvre du Processus de Bologne en france et en Allemagne
Karin Serbanescu-Lestrade (1) (27/06/2007)


Le système européen d'enseignement supérieur s'est construit, étape par étape, après la seconde guerre mondiale. Dans un premier temps, cette thèse aborde la création de l'Espace Européen de l'Enseignement Supérieur dans une perspective historique, en se centrant sur les deux pays initiateurs, la France et l'Allemagne. L'évolution de la reconnaissance des diplômes étrangers vers une harmonisation européenne est ensuite développée. Dans un deuxième temps, la mise en oeuvre du Processus de Bologne dans des universités et des Instituts technologiques (Institut Universitaire de Technologie et Fachhohschule) en France et en Allemagne, est analysée, à partir des opinions et des représentations recueillis auprès de responsables d'établissements d'enseignement supérieur, acteurs de cette réforme.

(1) : Centre de recherche éducation et formation (CREF) Université de Paris X - Nanterre

OLOGNE.PDF(3 MB)


Dans le IIe colloque du cercle lyonnais du Club de l'Horloge, "Quelle Université pour la France ? Guérir du socialisme" - 23 octobre 1983 (Lyon) (publié en 1984) apparaît le squelette des réformes universitaires de la dernière décennie...
Analyse à effectuer pour montrer l'ancienneté du "néolibéralisme" et ses racines idéologiques.

Par contre, je ne l'ai pas trouvé en ligne ni sur le site du Club de l'Horloge (ni ailleurs)...
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