Autogestion : théories, pratiques et critiques

Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 10 Fév 2018, 22:26

Bus autogérés et édification des masses

Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s’appropriant les outils de travail et en expérimentant l’autogestion. À Colonia, la compagnie d’autobus ABC coop s’inscrit dans une dynamique au poing résolument levé.

CQFD n°135 (septembre 2015)

Port d’entrée et de sortie pour l’Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s’y arrêtent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les Argentins fuient la tumultueuse mégapole de Buenos Aires, traversent le Rio de la Plata en ferry pour se mettre au vert le temps d’un week-end.

Dans cette ambiance nonchalante de vacances, le visiteur ne peut qu’être interloqué par l’apparition de bus aux couleurs criardes, avec des grosses étoiles rouges ou jaunes peintes sur les côtés et des inscriptions en grosses lettres : « gestion ouvrière » ou encore « entreprise récupérée », collées au nom de la compagnie : ABC coop. Pour CQFD, mon pote Gustavo (un gars du coin) et moi-même (éternel gringo) avons pris le bus depuis le centre historique gentrifié et policé jusqu’au siège social d’ABC coop dans un quartier populaire périphérique, pour y rencontrer Luis Rivas, président de la coopérative et zélateur de la gestión obrera.

... http://cqfd-journal.org/Bus-autogeres-e ... cation-des
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 20 Fév 2018, 02:52

Une entreprise sans patron, c’est aussi ça l’autogestion

Fougères (35) jeudi 22 février 2018

Dans le cadre du cycle d’Alternative Libertaire sur l’autogestion, nous organisons une projection sur les Fralibs, salariéEs d’Unilever, menacéEs d’une fermeture d’usine. Ils et elles ont, par la lutte syndicale, imposé un autre rapport de force, ont repris leur usine et l’autogèrent !

Exemple récent d’une lutte victorieuse et porteuse d’espoir !

Image

http://www.alternativelibertaire.org/?F ... utogestion
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 07 Mar 2018, 00:30

Rencontres sur le Kurdistan révolutionnaire & le communalisme

Le 9, 10 et 11 mars 2018 à Bure

Le week-end du 9, 10 & 11 mars nous sommes heureux-euses de vous inviter, à Bure, à un week-end de solidarité avec le Kurdistan révolutionnaire et de réflexion autour des théories et pratiques du « communalisme ».

Invitation, programme et infos pratiques ci-dessous !

Depuis 2015 et la résistance des forces armées kurdes aux assauts de Daech à Kobané au Rojava (Syrie), la situation dans les différentes régions du Kurdistan a acquis une visibilité internationale nouvelle. Des centaines d’internationalistes (militant-e-s de gauche, anarchistes… ou pas) sont parti-e-s rejoindre les différents bataillons internationaux ou les projets de la société civile qui se développent au Rojava. Depuis 2012, dans le nord de la Syrie, se développe une expérience de transformation sociale de grande ampleur basée notamment sur les communes locales, le développement de coopératives et un modèle féministe, multi-ethnique et multi-confessionnel…

Depuis le 20 janvier 2018, le Rojava est à nouveau attaqué, cette fois directement par l’armée de l’Etat turc (accompagnée de brigades islamistes supplétives), où Erdogan bâtit depuis quelques années les fondations d’une dictature implacable. Le canton d’Afrin, enserré à l’extrême ouest entre le régime d’Assad et l’armée Turque, est à nouveau sous le feu des bombes. Partout en France et dans le monde des manifestations de soutien ont lieu.

Au-delà de l’actualité pressante et des dépêches d’information, l’histoire, les théories et les pratiques concrètes du mouvement de résistance kurde restent encore très mal connues et nous interpellent.

Comprendre et débattre

Ces rencontres veulent donc d’abord permettre à tous et toutes d’aborder au mieux la situation au Kurdistan et se forger des clés de compréhension pour apporter une solidarité consciente. Quelle est l’histoire des différents Kurdistan ? Comment s’organisent les luttes menées pour la libération des peuples kurdes et quelles ont été leur évolution ? Comment le comprendre dans la situation géopolitique du Moyen-Orient, et dans le contexte de la révolution et de la guerre civile syrienne ? Que peut-on comprendre des processus de transformation sociale en cours au Rojava, et des autres expériences d’autogestion au Kurdistan irakien (Basûr), et Kurdistan de Turquie (Bakûr) ? Comment et sur quelles bases les soutenir ?

Ensuite, ces rencontres souhaitent modestement contribuer à ouvrir un espace de débat en France sur la théorie et les pratiques politiques portées par le mouvement de résistance kurde – appelées « confédéralisme démocratique » -, influencées entre autre par les idées théorisées et pratiquées au cours des dernières décennies sous les noms de « municipalisme libertaire » ou « communalisme » (Murray Bookchin) : en quoi les formes d’organisation aux Kurdistan résonnent-elles avec d’autres formes politiques dans le monde ? En quoi cela peut-il résonner avec des luttes et des initiatives menés en France en termes d’inspirations, de désirs, de critiques ?

En 2016 et 2017, deux rencontres internationales sur « l’écologie sociale » ont eu lieu (à Lyon, et Bilbao), pour confronter la pensée de l’anarchiste américain Murray Bookchin (ayant inspiré le projet au Rojava et autres…) aux expériences de luttes et de projets sociaux en Europe. Il semble intéressant de continuer de faire vivre cet espace de débat politique entre différentes expériences, initiatives et collectifs.

Nous voulons aussi partager des beaux moments ensemble autour de bonne bouffe, de concerts de musique acoustique, d’expo photos, de films, de lectures de textes et d’enregistrements audio, etc !

Enfin, dans le cadre de l’attaque turque en cours sur le Rojava il apparaît plus que nécessaire d’apporter notre soutien à celles et ceux qui vivent et se battent là-bas contre toutes les formes de fascisme et d’oppression, et l’invention d’autres mondes !

Nous vous espérons nombreux-euses ! À bientôt !

Des hiboux de Bure, des membres du collectif Initiatives pour un Confédéralisme Démocratique, des membres du collectif La Graine.


PRÉ-PROGRAMME (sera actualisé au fur et à mesure)

En continu :
Exposition photo sur le campement de Maxmûr (kurdistan Irakien), tables d’infos, etc.

VENDREDI :
Présentation du week-end
19h Projection du film Une autre montagne, du collectif Ozho Naayé
– Diffusion d’extraits sonores
– Soirée

SAMEDI :
– Matinée –
10h : Discussion en non-mixité sur le mouvement des femmes kurdes
11h30 : Contexte historique et géopolitique de la situation au Kurdistan et au Moyen-Orient
13h30 : Repas
– Après-midi –
15h : Présentations thématiques
– Expériences révolutionnaires au Rojava (kurdistan syrien) et à Maxmûr (campement de réfugiés au kurdistan irakien) : projection du film Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien (2017, Chris Den Hond et Mireille Court), et discussion à partir de témoignages, de récits de voyages, etc.
17h – Présentation en mixité sur le mouvement des femmes kurdes
– Soirée
20h CANTINE
21h Concert acoustique de musique kurde, danses & soirée

DIMANCHE
– Matinée –
11h : Discussion sur l’autonomie démocratique et la guerre civile au Bakûr
13H30 : CANTINE
– Après-midi –
15h : Trajectoires communales au 21ème siècle : entre « confédéralisme démocratique » au Kurdistan, autonomies des mondes au Chiapas et autres expériences communales et/ou de territoires en luttes en Europe (Barcelone, Catalogne, Gorleben et le Wendland (lutte antinucléaire en Allemagne) etc)…
Discussion en assemblée, puis ensuite ateliers thématiques en petits groupes : plus d’infos sur le contenu bientôt.
PAUSE
18h30 Restitution en grand groupe, & quelles suites donner à ces rencontres ?
– Soirée –
– Rangements
– A priori pas de cantine prévue, merci de penser en mode « auberge espagnole », etc.


INFOS PRATIQUES & LOGISTIQUES

Site des rencontres : Elles se déroulent à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire à Bure, 2 rue de l’Eglise. Les infos pratiques pour se rendre à Bure sont ici.

Hébergement : merci d’écrire à logistiquedodobure at riseup.net pour préciser quand et à combien vous arrivez.

Cantine : les repas seront servis sur la base du prix libre ; c’est chouette de pouvoir aider l’équipe cantine dans la préparation des divers repas.

C’est chouette d’arriver un peu en avance (ou rester un peu après) pour donner un coup de main pour la préparation, le rangement, etc !

Plus d’infos bientôt !

Contacts : burekurdistan@riseup.net

https://vmc.camp/2018/02/05/bure-rencon ... t-11-mars/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 18 Mar 2018, 19:03

Projection-débat « Prochain arrêt : Utopia »

Documentaire de Apostolos Karakasis - Grèce - 1h31

Paris lundi 19 et 22 mars 2018
à 20h30, Cinéma Saint André des Arts, 30 rue Saint André des Arts

Projections avec débat en région parisienne:
• 19 mars 20h30 : Cinéma Saint André des Arts : En présence de : Makis Anagnostou, coopérateur au sein de l'usine Viome et Marco Gastine, producteur.
• 22 mars 18h30 : Cinéma Saint André des Arts : En présence de : Makis Anagnostou, coopérateur au sein de l'usine Viome et Marco Gastine, producteur.

Image

Lors de la fermeture de l'usine grecque de matériaux de construction, Vio.Me, à Thessalonique, 70 employés courent le risque de ne plus jamais trouver de travail. Ils décident alors d'occuper l'usine et de la faire fonctionner eux-mêmes.

Sur les ruines de l'économie la plus ravagée d'Europe, une utopie égalitaire est en train de naître. Mais un an après l'occupation, des conflits internes surgissent.

La coopérative des travailleurs de Vio.Me décide d'orienter la production en fabriquant des savons, des détergents naturels, respectueux de l'environnement pour porter le message « d'un mode de vie radicalement différent. »

La chaine de solidarité s'étend à toute l'Europe où les produits Vio.Me sont diffusés par des collectifs, des syndicats, des coopératives … Depuis 4 ans, l'aventure continue !

https://paris.demosphere.eu/rv/60848
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 05 Avr 2018, 15:57

En Italie, la Zad de Mondeggi cultive le bien commun

Depuis quatre ans, les occupants de la ferme de Mondeggi, près de Florence, expérimentent l’autogestion et la défense du territoire comme « bien commun ». Les auteurs de cette tribune y voient des parallèles avec Notre-Dame-des-Landes.

Clara Lesbros est étudiante à l’École nationale supérieure d’architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée. Mathias Rollot est architecte, enseignant-chercheur dans cette même école. Cette tribune est née du voyage réalisé par les étudiants du Master « transformation » de l’école en février 2018.

En toute proche périphérie de Florence, Mondeggi Bene Comune est un territoire appartenant depuis les années soixante à la métropole florentine. 200 hectares, dont 22 hectares de vigne, douze mille oliviers et six bâtisses historiques du XVIIIe siècle réparties sur quelques collines typiques de la Toscane : le site est immense et magnifique à la fois. Hélas, sa mauvaise gestion a entraîné au fil des décennies des dettes publiques importantes, et une liquidation de la société de gestion. Le lieu, abandonné, s’est sérieusement dégradé, jusqu’à ce que les pouvoirs publics décident de le vendre au plus offrant — des multinationales de l’alcool ou de l’hôtellerie, dont le projet est de transformer la zone en un parc rentable. C’était sans compter sur l’action citoyenne locale, qui refuse la marchandisation du paysage souhaitée par les institutions publiques.

À Mondeggi, personne n’utilise le mot de Zad. Pour autant, c’est bien de « zone à défendre » qu’il est question. Sur ce territoire tout proche de Florence, l’occupation illégale qui dure depuis 2014 n’a rien d’un acte gratuit. La lutte est politique : Mondeggi est un « bien commun » qu’il est hors de question de laisser aux intérêts privés, à la spéculation immobilière et au tourisme de luxe. De cette idée fondamentale du territoire comme « bien commun » est né le nom Mondeggi Bene Comune.

... https://reporterre.net/En-Italie-la-Zad ... ien-commun
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 10 Avr 2018, 01:31

« Lorsque nous avons décidé de remettre l’usine en marche à notre propre compte, une écrasante majorité des travailleurEs y a été favorable »

Entretien. Nous avons rencontré Makis Anagnostou (membre du collectif des travailleurs de Vio.Me) et Marco Gastine (producteur du film Prochain Arrêt : Utopia) pour discuter avec eux de l’expérience de Vio.Me, une usine qui était menacée de fermeture par la crise grecque et que les travailleurEs, regroupés en collectif, on reprise en main.

... https://www.anti-k.org/2018/04/09/lorsq ... favorable/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 12 Avr 2018, 14:48

Autogestion et communs. De quoi parle-t-on ? Quelles divergences ou convergences ?

Séance de réflexion ouverte à toutes et tous

Jeudi 12 avril 2018
19h, Au Maltais Rouge, 40, rue de Malte 75011 PARIS

Co-organisée par Le réseau (AAAEF), Alternatives & Autogestion, l’Association Autogestion, ATS, l’OMOS, l’Union syndicale Solidaires.

Développer un logiciel libre, créer une coopérative, reprendre une entreprise, animer une AMAP, lutter pour la gestion publique de l’eau, monter un magasin social, développer des budgets participatifs. Ces nombreuses initiatives montrent l’aspiration à l’autonomie et la prise en mains collective de notre destin, comme a pu le montrer le succès d’un film comme « Demain ». Cette revendication fait également écho à des luttes et initiatives mythiques, comme celle des Lip, du Larzac ou encore la lutte pour l’eau de Cochabamba en Bolivie.

Toutes ces pratiques renvoient à deux idées : celle que des richesses matérielles ou immatérielles doivent être accessibles à toutes et tous et qu’il faut donc les gérer de façon collective et démocratique. Doit-on alors parler d’autogestion et/ou de communs ?

L’autogestion

Inventée par les communistes yougoslaves à la fin des années 1940 pour marquer leur rupture avec le stalinisme, le terme « autogestion » a très rapidement été adopté par une partie de la gauche française dans les années 1960 et 1970 puis abandonné pour être repris plus tardivement par les gauches latino-américaines. Ce terme recouvre des réalités diverses, allant des réformes introduites par en haut par le parti communiste yougoslave à des expériences autonomes de gestion de lieux ou d’appropriation d’entreprises par les travailleurs dans un contexte capitaliste. Ainsi, l’autogestion est « à la fois un moyen de luttes frayant un chemin et un moyen de réorganisation de la société. Elle est également une culture irriguant la conscience collective » (Henri Lefebvre 1966). Cette définition peut donc, en particulier, fonder un projet politique : l’ autogestion à tous les niveaux comme système politique.

Les Communs

Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009, démontre que certains biens peuvent être gérés en commun de façon efficace à la condition que les différentes parties prenantes définissent ensemble des règles d’utilisation et d’exploitation comprises par tous. D’autres auteurs, tels Benjamin Coriat, utiliseront le terme de « communs » soulignant l’importance des mécanismes de délibération démocratique et d’articulation des droits autour des ressources à gérer. Pierre Dardot et Christian Laval, dans leur livre Commun, Essai sur la révolution au XXIe siècle, ont utilisé le terme au singulier pour en faire un horizon politique.

Chacun de ces deux termes ne recouvre pas toujours les mêmes concepts. Le point commun qui nous intéresse est la recherche d’un approfondissement de la démocratie et d’une relativisation plus ou moins forte du droit de propriété.

Dès lors, est-ce que tout commun est en soi de l’autogestion ? Quelles sont les convergences ou divergences entre le projet de l’autogestion généralisée et l’horizon politique du commun ?

Après une présentation succincte de ces deux notions par Catherine Samary et Benoît Borrits, nous vous invitons à partager votre vision des communs et de l’autogestion et à réfléchir sur ce qui peut les rapprocher.

https://autogestion.asso.fr/12-avril-au ... vergences/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 20 Avr 2018, 07:46

Le succès d’une coopérative qui aide les paysans à acquérir leur autonomie technologique et à ne pas se surendetter

Machines, engrais, semences… L’intensification agricole s’est accompagnée d’un endettement et d’une dépendance croissants du monde paysan. Pour les membres de l’Atelier Paysan, cette spirale n’est pas une fatalité : la coopérative, qui compte aujourd’hui 14 salariés, organise des dizaines de formations à l’auto-construction, à l’amélioration d’outils ou de machines, et à la réparation d’équipements. De quoi réduire les emprunts auprès des banques, concevoir des outils économes et adaptés et, in fine, remettre un peu d’autonomie au cœur des pratiques agricoles. Reportage.

... https://autogestion.asso.fr/le-succes-d ... rendetter/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 22 Avr 2018, 11:37

Services publics et autogestion

Apéro-débat d'Alternative libertaire

Paris mercredi 25 avril 2018
à 19h30, Au Lieu-Dit (6 rue Sorbier, Paris 20e)

En s’attaquant à la SNCF, Macron poursuit la politique de destruction des services publics menée depuis des années par les gouvernements successifs. C’est cette politique qui a mené à la privatisation de France Télécom et à la transformation de la Poste, avec des conséquences désastreuses pour (presque !) tout le monde. C’est cette politique qui, partout en Europe, soumet l’ensemble des activités à la concurrence et permet aux capitalistes de se gaver sur le dos de la population.

Dans les services publics qui ne sont pas encore privatisés, les suppressions de postes et les « réformes » (à l’hôpital, à Pôle emploi, dans l’éducation) tirent vers le bas les conditions de travail ainsi que la qualité du service et dénaturent complètement le travail au quotidien.

Alors comment résister au rouleau compresseur libéral et comment repenser, aujourd’hui, des services publics libérés de la loi du fric et des pressions de l’Etat ? Comment imaginer une autre gestion de ces services, par et pour l’ensemble de la population ?

Image

https://www.alternativelibertaire.org/? ... utogestion
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 26 Avr 2018, 23:44

Un ouvrage collectif : « Kurdistan, autogestion, révolution

Image

Quels peuvent être les apports des expériences menées au Kurdistan syrien pour les mouvements révolutionnaires d’autres continents ? Quelles en sont les limites et les critiques qu’on peut en faire ? Un livre condense quatre ans d’action et de réflexion libertaires.

Le mouvement révolutionnaire kurde, après avoir brisé les reins de l’État islamique en Syrie, a subi un revers à Afrîn, face aux troupes d’occupation turques et à leurs supplétifs islamistes.

Il s’agit d’un revers militaire, pas d’un revers politique.

Car le projet de société porté par la gauche kurde au Moyen-Orient continue de faire référence : un « confédéralisme démocratique » aux accents nettement autogestionnaires, en rupture avec le jacobinisme et l’État-nation, pour l’égalité hommes-femmes, pour l’invention d’une économie sociale et écologique…

Quels peuvent être les apports des expériences menées au Kurdistan syrien pour les mouvements révolutionnaires d’autres continents ? Quelles en sont les limites et les critiques qu’on peut en faire ?

Ce sont les questions abordées dans ce livre, à la lumière d’une compilation d’articles parus dans le mensuel Alternative libertaire ou sur le blog Kurdistan-autogestion-revolution.com. Ils sont le fruit d’analyses, d’entretiens réalisés avec des camarades kurdes exilés en France, de témoignages de militants d’AL partis au Kurdistan pour observer ou pour combattre.

• Collectif, Kurdistan Autogestion Révolution, éd. Alternative libertaire, 2018, 196 pages + 18 pages de cartes et de photos.
9 euros

http://www.alternativelibertaire.org/?U ... revolution
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 02 Mai 2018, 13:22

Expérimenter l’alternative en milieu rural comme contre-culture

Voici quelques réflexions et résonances qui font suite au séminaire critique sur la métropole – « Fragmenter l’urbain »(*) – qui a eu lieu du 20 au 22 avril 2018 à Dijon à l’initiative du groupe « Politiques urbaines » du Quartier Libre des Lentillères.
Par Léo Coutellec

Peut-on penser le rural ni comme le lieu de la désertion (« fuyez jeunes gens, l’avenir est ailleurs ») ni comme l’arrière-court récréative de la métropolisation (cette « urbanité rurale » couplée aux ambitions d’expansion d’un péri-urbain sans limites) ? Autrement dit, l’avenir de la ruralité, pour reprendre les mots de la novlangue du marketing territorial, ne se résume-t-il qu’au choix kafkaïen entre une ruralité-sans-vie (la Beauce, à ce titre, en est l’emblème malheureux)(1) et une ruralité-sans-rural ? Si l’on s’intéresse aux nombreuses et diverses alternatives sociales et écologiques qui essaiment en milieu rural (fermes collectives, lieux de vie, association…), et aux expérimentations qui visent à créer une relation urbain-rural qui ne soit pas sur le mode de l’assimilation, il est possible de comprendre que le devenir rural de nos territoires emprunte, en partie, une autre voie. Une voie à plusieurs voix, plusieurs visages, plusieurs noms – ici c’est une ZAD, là c’est un éco-hameau coopératif, là-bas c’est une ferme collective – nous proposons de l’appeler la voie agri-culturelle dans le sens où ce qui s’y invente n’est pas simplement de l’ordre de l’« innovation socio-technique » mais relève plus profondément d’un changement culturel, voire d’une contre-culture au sens d’idées et de pratiques contre-hégémoniques.

Sur ce chemin, quelles consistances prennent par exemple les alternatives alimentaires ?

Sont-elles la reproduction de schémas anciens, le symptôme d’un retour aux traditions et aux « vraies valeurs » des campagnes ? Le « bio » se confondant alors avec l’authentique, le circuit-court avec le repli sur soi, le vrai avec le traditionnel, … Ou sont-elles des extensions de la pensée urbaine, une façon de la sauver de ses maux les plus tenaces (gentrification, exclusion, déshumanisation), se construisant alors sur des « innovations » qui visent à retrouver du sens dans l’acte de se nourrir mais sans vouloir changer les éléments structurels qui soutiennent la société de consommation ? Bref, « retour à la terre » version Vichy ou « retour à la terre » version consommation 2.0 ? Ces deux tendances cohabitent et parfois se renforcent, par exemple lorsque le marketing territorial s’appui sur des « traditions culinaires » pour promouvoir l’économie « foodtech » ! Au-delà de ces déterminations, émerge tranquillement une contre-culture, bien implantée en « milieu rural », qui cherche à construire un axe d’existence concrète dont la possibilité tient à une volonté, parfois très combative…, d’expérimenter d’autres mondes dont le territoire ne s’inscrit plus dans le cadre d’une métropolisation des esprits. Si le territoire des alternatives n’est plus indexé sur les catégories de l’urbanisme, cela ne dilue pas pour autant toute géographie, toute aspérité, toute hétérogénéité des habitats. Evidemment, il y a quelque chose comme du rural, il y a quelque chose comme de l’urbain mais ce qu’il y a à défaire c’est le mode de pensée qui organise leurs relations, dont la métropolisation est peut être aujourd’hui la figure dominante. Et il se peut que l’une des manières de lutter contre celle-ci soit précisément de ne plus utiliser ses catégories pour dessiner les territoires d’existences et leurs liens. A ce titre, nous pourrions par exemple proposer l’idée que la surface d’affection d’un projet alimentaire territorial ne soit déterminée ni par le champ métropolitain ni par le champ rural mais par le maillage des initiatives déjà existantes qui oeuvrent dans le sens d’un projet alimentaire en rupture avec le productivisme et le consumérisme ; en d’autres termes par une exercice de cartographie autonome qui se nourrit de savoirs et de pratiques impliqués, non pas pour les représenter mais pour les explorer et en découvrir l’énergie créative(3), dans le cadre d’une épistémologie non-positiviste permettant le croisement et la composition de savoirs et de pratiques hétérogènes(4).

Ici la terre, nous parlons depuis le rural.

Se nourrir en milieu rural sans dépendre des supermarchés n’est pas une tâche simple tellement la consommation a là aussi été fortement déconnectée de la production. Et retrouver un peu d’autonomie alimentaire exige bien plus que des solutions techniques (ex. : plateforme internet de commande de paniers) ou des catalogues de méthodes ancestrales qui se confondent parfois avec une idéologie survivaliste (tribu ou oasis de survie pour amortir le choc de la catastrophe écologique annoncée). Ce que révèlent les alternatives alimentaires en milieu rural qui empruntent la voie agri-culturelle, c’est la volonté d’inventer une contre-culture qui soit une critique radicale à la fois du consumérisme et du conservatisme. L’un des signes de cet aspect est la multiplication des collectifs où la présence de paysans, « néo-paysans » dit-on parfois(5), ou de porteurs de projets ruraux est importante ; et la multiplication des initiatives qui visent à concevoir une relation entre paysans et citoyens qui ne soit plus indexée sur l’idéologie de la consommation (les AMAP en sont de bons exemples). Alors, il ne s’agit plus seulement de consommer la campagne, de retrouver un peu de vert pour mieux respirer, en d’autres termes d’assimiler ou d’aspirer le rural dans sa péri-urbanisation, mais bien de retisser des existences pleines sur un territoire en reprenant en main la question de la production, et en inventant une autre culture du partage des ressources. En rupture avec les prévisions sur la dissociation entre rural et agriculture, voilà un trait saillant de l’alternative alimentaire, elle passe par une ré-appropriation de la question agricole et, en conséquence, de la question fondamentale de la propriété foncière et des modes d’organisation qui permettent de faire ensemble. S’inventent progressivement et modestement au sein de multiples collectifs de nouvelles façons de gérer des communs agricoles et alimentaires. Achat et gestion collectifs de bâtiments et de terres par la création de Groupement Foncier Agricole citoyen, habitat groupé, mutualisation et fabrication d’outils de production adaptés à une activité agricole sur petites surfaces et nourricières, mutualisation du financement et des risques liés à l’investissement, création de coopératives alimentaires auto-gérées, …, sont autant d’expérimentations concrètes qui initient ce qui pourrait bien être une contre-culture.

Au sein de ces alternatives, le rural n’est donc pas compris comme un dortoir, ni seulement comme un garde-manger pour nourrir les villes en voie de métropolisation.

Le rural est un espace de possibles pour faire société autrement, pour expérimenter des modes de vie en rupture avec la société de consommation qui disloque les existences sur l’autel du marché. Le choix de vie en milieu rural n’est pas un retour à la terre, c’est un recours à la terre pour inventer d’autres modes de production, d’échanges, de relations. C’est ouvrir des lieux où les gens peuvent de nouveau se rencontrer et faire ensemble.

Mais cette contre-culture alternative qui s’y invente ne se confond pas avec un entre-soi confortable ou un localisme identitaire, comme certains voudraient le faire croire en semant la confusion sur la portée politique de ces initiatives(6).

Elle est largement motivée par un souci d’ouverture et de partage avec les habitants du territoire qui se concrétise par la mise en place de lieux ou de moyens permettant la rencontre entre mondes (y compris avec ce qui s’invente en ville). Ici, ce sera la création d’un café associatif dans un village où le dernier bistrot a fermé ses portes depuis de nombreuses années, là ce sera la reprise in extremis de l’épicerie en la transformant en coopérative, là-bas ce sera la participation de membres du collectif au conseil municipal ou au comité des fêtes. Le souci d’un rapport bienveillant aux « autres » est central – rapport avec cette dame qui est née dans le village et qui habitait la maison dans laquelle aujourd’hui se loge une brasserie artisanale, avec ce vieux monsieur qui regrette que « les jeunes gens » aient perdu le sens des « vrais valeurs », avec cet agriculteur pour qui l’agriculture biologique est une niche pour privilégiés… Une attention qui est partie intégrante de cette contre-culture qui cherche à rallier la radicalité du constat et de la visée existentielle des actions à la prise de conscience que le monde ne peut se recomposer que sur l’intensité des relations que l’on sera capable de créer entre nous et sur le respect de l’hétérogénéité qui nous traversent. Ici construire des communs, ce n’est pas construire des contours qui bornent, c’est intensifier l’épaisseur des frontières qui nous lient.

Léo C.

(1) Voir : Gatien Elie. La plaine. Récits de travailleurs du productivisme agricole, Editions Amsterdam, 2018

(2) Sophie Divry, La condition pavillonnaire, Editions Noir sur Blanc, 2014

(3) G. Deleuze & F. Guattari, Rhizome, Les éditions de minuit, 1976

(4) B.D. Sousa Santos Epistémologie du sud. Mouvements citoyens et polémique sur les sciences, Desclée de Brouwer, 2016

(5) G. D’Allens & L. Leclair. Les néo-paysans, Seuil, 2016

(6) Voir à ce propos : Carles, Z. « Contre-révolutions écologiques », Revue du Crieur, n°8, Octobre 2017, pp.44-61

(*) https://fragmentation.noblogs.org


https://dijoncter.info/?experimenter-l- ... ulture-197
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 16:30

Argentine : Blocage, entraide et féminisme

paru dans CQFD n°144 (juin 2016)

Héritière du mouvement piquetero, la Fédération d’organisations de base (FOB) repense, depuis 10 ans, syndicalisme et entraide mutuelle dans une perspective féministe. Reportage à Rosario.

Ce matin, Manuel nous conduit une nouvelle fois sur les routes cahoteuses du quartier Cabin 9, à la périphérie de Rosario, où nous avons rendez-vous avec des membres de la Fédération d’organisations de base (FOB).

... http://cqfd-journal.org/Argentine-Blocage-entraide-et
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 19 Mai 2018, 19:50

L’émancipation kurde face aux pouvoirs syriens

Le Rojava1 est parfois accusé, depuis l’éclatement de la contestation populaire en 2011 et la guerre civile qui s’ensuivit, de complicité avec le régime de Bachar el-Assad. Pour comprendre la place des Kurdes en Syrie, et plus largement dans la région, il importe de revenir sur une histoire particulièrement complexe : c’est à cette seule lumière qu’il devient possible de démêler les relations des révolutionnaires kurdes avec le pouvoir syrien, l’État turc voisin et les rebelles majoritairement arabes

... https://www.revue-ballast.fr/lemancipat ... s-syriens/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Pïérô » 20 Mai 2018, 02:42

Du Rojava à la Zad, l’autogestion en partage

Au Kurdistan syrien, différentes populations s'essayent à construire un projet politique inédit, bousculant les appartenances ethniques ou religieuses pour fonder un confédéralisme démocratique d’inspiration libertaire. Du Rojava à Notre-Dame-des-Landes, comment émancipe-t-on un territoire ?

Depuis les débuts de la révolution syrienne et surtout, depuis l’événement fondateur de la bataille de Kobané à la fin de l’année 2014 ; les Kurdes de Syrie ont su profiter de l’affaiblissement du régime d’Assad et de leur engagement aux côtés des Occidentaux contre l’Etat islamique pour libérer de toute tutelle un large territoire qui s’étend, au nord de la Syrie, le long de la frontière turque jusqu’à l’Irak.

Dans cette zone en guerre, cernée de toute part par des armées ennemies, les différentes populations kurdes, arabes, musulmanes et chrétiennes s’essayent à construire, sous l’égide des Forces démocratiques syriennes, un projet politique inédit, bousculant les appartenances ethniques ou religieuses pour fonder un confédéralisme démocratique d’inspiration libertaire.

A quelques 4000 km de là, 300 personnes occupent depuis une dizaine d’années des terres destinées à accueillir le nouvel aéroport international de la métropole nantaise. Encerclés par les forces de l’ordre, ces militants revendiquent eux aussi, au-delà du projet d’aménagement contesté et abandonné, une expérimentation politique qui laisse la part belle à la démocratie directe et au démantèlement des institutions autoritaires, celles de l’Etat comme du système capitaliste.

Les combattants pro-kurdes du Rojava soutiennent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes depuis la Syrie
Les combattants pro-kurdes du Rojava soutiennent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes depuis la Syrie• Crédits : Photo partagée par les réseaux sociaux antifa, soutiens du Rojava

Si les deux situations ne sauraient se confondre, nombre de processus et de revendications sont pourtant communs. De l’occupation légitime - ou non - de la terre à la création d’une société autonome, de la contestation de l’ordre établi à l’invention de nouvelles pratiques institutionnelles, le Rojava comme la Zad semblent des lieux originaux de l’expérimentation politique, économique ou sociale la plus contemporaine.

Nous explorons ce matin la question de l’émancipation d’un territoire et de la capacité de populations à s’autonomiser.

Emission à écouter : https://www.franceculture.fr/emissions/ ... 7-mai-2018
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Emiko » 05 Juin 2018, 10:14

L'auto-gestion au final réellement compliquée à mettre en place ou du moins à la faire perdurer dans le temps sans encombre. Il est évident que des tensions et intentions négatives naissent. C'est humain. Tu souhaitais une proposition de bouquin. En voici une : Éloge de la fuite de Henri Laborit. Ce livre m'a absolument marqué. Il évoque les stratégies de la volonté humaine de domination de son point de vue scientifique. Il explore tous les comportements de nos vies sociale et par conséquent les réactions différentes des uns et des autres. Ce livre relate, pour être simple, de la façon selon laquelle nous pouvons et ne devons pas devenir des moutons, formatés, insérer dans un moule.
« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. »
Ni poule , ni coq ! Rédacteur spécialisé dans la santé des animaux. :ambulance:
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