Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Flo » 02 Juin 2012, 13:41

Très beau texte d'Isabelle Stengers, je ne savais pas où le poster.

Le droit à la paresse, une revendication cruciale

Plus que jamais, peut-être, le droit à la paresse de Lafargue est d’actualité [1]. En cette époque où la compétitivité est l’impératif catégorique au nom duquel des entreprises, des villes, des régions, des pays, des continents sont dressés les uns contre les autres, où l’emploi à créer ou à sauvegarder fait des entrepreneurs des anges sauveurs, à séduire par tous les moyens, la revendication d’un tel droit sonne comme une véritable trahison, un appel à la démobilisation, presque un blasphème.

Lafargue faisait communiquer droit à la paresse et réduction généralisée du temps de travail. Reprendre ce thème aujourd’hui est logique, et sa reprise est d’autant plus nécessaire que, on nous le dit, si nos modes de production ne changent pas, c’est l’avenir même des habitants de cette terre qui est compromis. Il n’est plus possible, comme cela se disait jadis, de constater le caractère défavorable des rapports de force aujourd’hui, et de supputer leur modification dans un siècle, ou de jouer avec les cycles de Kondratieff, cette merveille de la pseudoscience économique, cette grandiose perspective de régularité fabriquée à partir des quelques décennies les plus « explosives » de l’histoire humaine au cours desquelles partait en fumée ce qui, charbon puis pétrole, constitue le legs de l’histoire de la planète. Mais voilà, le temps est plutôt à l’ardente obligation d’allonger le temps de la vie dite active [2], et la logique, comme aussi les menaces qui pèsent sur l’avenir, se heurtent à la terrible objection : « cela diminuerait ‘encore’ la compétitivité de nos industries ». Aujourd’hui, la diminution du temps de travail n’est plus une revendication « réformiste », mais une perspective quasi-révolutionnaire, et se pose, par rapport à elle, la question de la transition.

C’est ainsi que je voudrais situer en tout cas la version extrêmement minimaliste que je vais donner ici au « droit à la paresse » - le réamorçage d’une lutte choisissant son terrain là où ceux qui nous gouvernent, ceux qui se présentent comme « nos responsables », prenant acte des nécessités (« injustes mais nécessaires ») auxquelles nous, de manière infantile, cherchons à échapper, ont encore quelques minables degrés de liberté – puisque le reste a été cédé aux « lois du marché » et à leurs porte-paroles européens et internationaux. Il s’agit des politiques dites actives de l’emploi visant à parer à la grande menace constituée par les chômeurs et autres allocataires sociaux qui tombent dans le piège de la paresse, qui se lèvent tard et vivotent [3].

Je pourrais parler ici en tant que philosophe, puisque la paresse, que l’on identifie, lorsqu’il s’agit des chômeurs, au piège de la paresse, au piège du chômage, à l’isolement social etc. etc., cette paresse, donc, ou ce loisir, a été dès le départ défini par les philosophes comme condition de la philosophie. Celui qui était philosophe ne devait pas se préoccuper de gagner sa vie : pour penser la vie, selon les anciens, il ne faut pas prendre le temps de la gagner. Cependant, je n’ai pas la moindre intention de plaider ici que les chômeurs que l’on pourchasse aujourd’hui comme « mauvais chômeurs » sont parmi nous aujourd’hui ceux qui pensent, s’activent, inventent d’autres manières de vivre. Je ne veux pas ouvrir la boite noire que constitue la « paresse » qu’on leur reproche, et donner des idées aux vérificateurs qui évalueraient qui « mérite » d’être paresseux. Celui-là ? Ah oui, c’est un philosophe !, pardon d’avoir posé la question… Celui-ci ? Mais c’est un rentier, pas de problème, on ne parle pas du piège de la rente ! Mais si c’est un chômeur, alors là, il faudra le défendre contre lui-même, lui demander de prouver que sa paresse est « méritante ».
C’est pourquoi je ne me livrerai pas ici à un éloge de ceux qui, jugés « paresseux » selon les critères administratifs, s’activent, pensent, contribuent peut-être à la fabrique d’un avenir digne d’être vécu. Il y en a, mais tous n’ont pas cette chance. Certains en ont marre, tout simplement. Le point qui m’importe est que tous sont susceptibles de sanction, indistinctement, et je veux conserver cette indistinction.

De ce point de vue, je parle aussi à partir d’un événement qui a compté dans ma vie, une remise en question radicale du jugement d’expertise portant sur des gens qu’il fallait aider malgré eux, persécuter pour leur propre bien : les consommateurs de drogues illicites. Lorsque, au début des années 90’, j’ai été amenée à m’intéresser à cette question, non seulement les thérapeutes définissaient les drogués comme des « suicidés de la société », qu’il fallait protéger contre eux-mêmes, mais certains consommateurs « repentis » défendaient les lois qui les avaient forcés à reprendre le droit chemin, sans quoi ils seraient morts. Et je peux encore me souvenir de l’impression de joie profonde que j’ai ressentie lors d’un colloque qui posait le problème de la politique répressive des drogues. Comme souvent, ce colloque a été envahi par les intéressés, mais ce n’étaient plus cette fois des repentis nous accusant d’être irresponsables, mais les membres d’un type nouveau d’association : acte de naissance du mouvement d’auto-support des usagers non repentis des drogues. L’intrusion de ces non repentis a fait la différence, sinon du point de vue des lois, en tout cas du point de vue des intervenants sociaux et des thérapeutes. Certes, ceux qui se sont engagés dans cette lutte était une infime minorité, mais ils ont changé le regard porté sur tous les autres. L’un des résultats a été l’ouverture d’une politique de « réduction des risques ».

Entre le discours des anciens experts en drogue et celui des personnes « responsables », qui « savent » la nécessité de défendre les chômeurs contre eux-mêmes, contre l’inactivité où ils se complaisent et qui fait d’eux des épaves démotivées, la coïncidence est presque parfaite. Les associations d’usagers non repentis ont réussi à faire rire des premiers en montrant que la prohibition elle-même avait des conséquences délétères, bien plus dangereuses que celles des drogues consommées. Et si nous disions que le chômage expose à des risques, certes, mais que, au lieu de penser « réduction de ces risques », la règlementation actuelle les intensifie ? Et si nous disions que la manière dont les chômeurs sont interdits de toute autre activité que celle de recherche d’emploi, la prohibition portant sur les possibilités de s’associer, coopérer, s’organiser pour vivre et non pas seulement survivre (quitte à ce qu’ils le fassent clandestinement), démultipliaient ces « risques du chômage » ? Il ne s’agit évidemment pas de renoncer à aider ceux qui affirment le besoin d’une telle aide, mais de lutter contre la grande complainte de « l’isolement du chômeur », un isolement qui lui est bel et bien imposé.

Lorsque j’entends ceux et celles qui tiennent à propos des pièges du chômage des discours savants et compatissants, j’entends les psys spécialistes des drogues d’hier, et les dames d’œuvre du temps jadis, qui entreprenaient de « moraliser » les malheureux ouvriers.

De fait, les chômeurs sont loin d’être les seuls dont les experts entendent faire le bien malgré eux [4]. Aujourd’hui, même dans les universités, censées être le lieu où des personnes triées et sélectionnées bénéficiaient du temps de penser, de comprendre quelles questions devaient être posées et non d’accepter des questions toutes faites, nous devons apprendre et comprendre combien nous étions irresponsables, savoir nous montrer compétitifs, choisir des créneaux porteurs, nous mobiliser en fonction des critères d’évaluation [5] qui détermineront notre « excellence ». « La fête », nous dit-on, « est finie ». Je ne sais pas de quelle fête il s’agissait, mais je me souviens, en revanche, de cette décennie imaginative, il y a trente ans, qui a été assassinée. Dans les années ’70, ce qu’on appelle néo-libéralisme aurait semblé inconcevable. Les sociologues s’interrogeaient gravement sur la « société des loisirs » à venir. Le collectif des Adrets, quant à lui, évaluait en 1977 à 2h de travail par jour, ou une semaine par mois, ou une année sur quatre, le temps de travail « lié », nécessaire au fonctionnement d’une société qui, cela allait sans dire, serait débarrassée des gaspillages et de la surconsommation, c’est-à-dire d’une société qui se réinventerait hors capitalisme. Quelque chose était en train de bouger, et fait partie de ces temps là, l’idée d’une université « démocratisée », acceptant le défi de s’ouvrir à ceux que le mot d’ordre d’excellence définit aujourd’hui comme un handicap car la compétition se joue au niveau des « gagnants » - attirer des étudiants ambitieux venus du monde entier à l’Ecole Solvay, pas à l’Institut des Sciences du Travail ! Ce quelque chose qui bougeait, et qui était de l’ordre du droit à la paresse, a été éradiqué, et je me demande si on ne peut pas aussi considérer l’offensive néolibérale comme une véritable attaque-sorcière, attaque sur les esprits, entreprenant méchamment, obstinément, aveuglément, de tuer le sens du possible qui était en train de germer.

Je viens de relire le célèbre pamphlet écrit en 1915 par Rosa Luxemburg sous le pseudonyme de Junius [6]. En prison, elle reprend le mot « socialisme et barbarie » énoncé par Engels, et cela avec une intensité dramatique nouvelle, puisqu’elle écrit pendant la guerre 14-18, à un moment où le goût de qu’on peut appeler la barbarie s’impose avec de nouvelles tonalités. J’ai été frappée par l’actualité des passages où elle dénonce la guerre acceptée par les sociaux-démocrates, la grande trahison. Si on remplace « guerre » au sens de sang, de tranchées et d’obus par « guerre économique » au sens de désespoir, d’humiliation et de licenciement, on peut parler en effet de grande trahison, de guerre que tous nos gouvernants, sociaux-démocrates inclus, ont acceptée comme horizon unique [7]. Et quand on lit que « des millions de prolétaires tombent au champ de la honte, du fratricide, de l’automutilation, avec aux lèvres leurs chants d’esclaves », ce ne sont plus les mitrailleuses auxquelles on pense, mais les gentils conseils des gentils agents d’insertion et de responsabilisation. Compétitivité est bel et bien le doux euphémisme consensuel pour une guerre qui défait toutes les solidarités, toutes les possibilités de penser, imaginer, et le chant d’esclaves, nous le connaissons bien, c’est celui de la motivation, du savoir se recycler tout au long d’une vie, de maintenir ou faire fructifier son capital d’attractivité, de donner les signaux adéquats, c’est la supplique pour un « job », n’importe lequel [8]. Et bien sûr, comme dans toute guerre, ce qui résonne aussi, c’est : à bas les déserteurs. C’est-à-dire les « mauvais » chômeurs, ceux qui ne cherchent pas « vraiment » du travail.

Lorsque, dans les années 90’, j’ai entendu des syndicalistes protester que les chômeurs n’étaient pas des paresseux, qu’ils cherchaient « vraiment » du travail, j’ai senti quelque chose de ce que Rosa Luxembourg nomme « champ de la honte », et cela m’a déterminée à m’engager politiquement, contre ce poison qui nous envahissait. On savait bien que le sous-emploi faisait désormais partie de la stratégie patronale – ah, les dégraissages, les rationalisations – mais on acceptait la légitimité de l’accusation qui porterait sur le « mauvais » chômeur, qui « profite du système ». Et on acceptait, ce faisant, de mettre les chômeurs dans une catégorie sous surveillance, de suspects, toujours coupables en puissance. Pas de pitié pour les brebis galeuses. Cette incohérence criante, quasi schizophrénique, entre la production systématique de sous emploi et l’impératif pour le chômeur de « tout faire » pour trouver un travail, impératif annonciateur des mesures d’activation et de persécutions qui croissent et embellissent aujourd’hui [9], a fait que lorsque j’ai lu Rosa Luxembourg, il me semblait qu’elle parlait d’aujourd’hui. Et ce n’est pas pour dénoncer que je propose cette connexion, mais pour apprendre à l’habiter, c’est-à-dire à résister, non pas seulement à l’ennemi, mais au poison de la mobilisation qui nous est instillé.

Car c’est bien à une mobilisation, avec son corrélat, surtout ne pas penser, que sont soumis les chômeurs censés rivaliser férocement pour un emploi plus qu’hypothétique [10]. Ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont pas sont d’ailleurs pareillement mobilisés, les premiers par la cause sacrée de la compétitivité [11], les seconds, sous la surveillance d’une armée de « petites mains », par l’impératif d’avoir à manifester leur motivation à se vendre à n’importe quel prix, à se rendre désirable, à séduire. Bref à se prostituer, non en échange d’un travail certes – mille candidatures motivées pour dix postes – mais pour démontrer, encore et toujours, qu’ils restent mobilisés.

Il est peu étonnant alors que certains puissent chercher à éviter cette servitude vide, et peut-être le directeur de l’ONEM reçoit-il des lettres du genre : « Monsieur le Directeur, je vous fais cette lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps … » Il n’aura pas le temps de lire, évidemment. Mais ma question ne se pose pas à lui, elle se pose à toutes celles, tous ceux, qui n’ont pas renoncé à lutter : est-il vraiment utopique de penser que ceux qui ont un travail pourraient défendre, non seulement les droits de ceux qui n’en ont pas et en cherchent, ceux qu’on appelle les bons chômeurs, mais aussi les réfractaires, les déserteurs, les insoumis, les objecteurs, y compris les objecteurs de croissance certes, mais aussi tous ceux qui objectent passivement, paresseusement.

Pour moi, si la réponse est qu’il s’agit d’une utopie parce que, soyons réalistes, les travailleurs ne sont pas prêts à soutenir ceux qui paressent – « Ils se lèvent tôt, eux » – elle signifie que le poison du ressentiment a agi [12]. Celui, ou celle, qui se veut réaliste peut bien croire penser encore en termes de lutte, mais il a déjà renoncé à ce qui a pu faire la force de cette lutte. L’ennemi a gagné car la réponse n’est autre que cela : le ressentiment a déjà capturé l’imagination, la puissance de penser, la force de créer. Lutter contre l’opposition entre les bons et les mauvais chômeurs, c’est lutter contre la puissance invasive du ressentiment qui nous rattrape et nous infecte si l’on n’y prend garde, si l’on n’invente pas comment s’en protéger, contre le ressentiment qui fait que l’on ne lutte plus que sur la défensive, dos au mur. Et que l’on sera une masse de manœuvre docile, prête à entonner un chant d’esclave dès que nos maîtres nous annonceront que « l’emploi est menacé » - sauvez nos emplois, nous ne voulons pas savoir si la planète va en crever.

Une nouvelle de Melville raconte l’histoire d’un réfractaire, Bartleby, un véritable héros du droit à la paresse, car, clerc chez un notaire, il opposait un ferme et poli « je préfèrerais ne pas » à toutes les tâches que lui proposait son patron. Ce qui m’intéresse dans cette histoire est que le notaire, intrigué d’abord, obsédé ensuite, est prêt à tout, même à lui céder sa charge de notaire, s’il voulait seulement rentrer dans le rang. Cela se termine très mal, par une vilénie lâche qui fait que Bartleby aboutira en prison, où il « préfèrera ne pas manger ». Je pense ici à ce que vivent ceux qui sont censés « aider » les sans travail à en retrouver, à qui on demande de repérer et sanctionner les « mauvais chômeurs », de « faire du chiffre », d’exclure, la mort dans l’âme d’abord, jusqu’à ce que la mort s’empare de leur âme. Le point commun avec le notaire de Melville, c’est que celui-ci, à un moment donné, semble prêt à laisser Bartleby vivre comme il l’entend, mais les clients, qui se voient eux aussi opposer un refus poli du réfractaire, s’étonnent, s’indignent, font pression. Rien à voir, peut-être, avec les pressions que subissent les « accompagnateurs-contrôleurs ». Sauf que dans les deux cas, l’affaire n’est pas de bonne volonté ou de bonnes intentions. Ce n’est pas ainsi que l’on se protège du ressentiment « qu’il travaille comme tout le monde ! » L’affaire est d’imagination pratique, d’invention des moyens collectifs de résister à la pression. L’indifférence au sort des chômeurs qui ne réussissent pas à prouver qu’ils ne sont pas « mauvais » laisse isolés, exposés au devenir-bourreaux, des travailleurs qui ont à choisir entre l’anesthésie et la menace sur leur emploi. Cela ne devrait-il pas faire penser ?

Deleuze a écrit que la différence entre la gauche et la droite, si elle n’est pas une simple position d’un curseur sur un cadran, un peu plus ou un peu moins, c’est que la droite se satisfait parfaitement de ce que les gens obéissent, à quoi qu’ils obéissent, alors que la gauche a besoin, vitalement besoin, que les gens pensent, c’est-à-dire soient capables du mouvement qui permet d’échapper aux problèmes tout faits, de créer leurs propres manières de poser les problèmes [13]. C’est dans cette perspective-là que le droit à la « paresse », le droit d’être réfractaire et insoumis aux opérations de mobilisation et d’activation, appartient à une tradition de lutte qui, dans le passé, a inventé notre monde, et qui, dans l’avenir sera vitale si cet avenir engage la question du travail et de la production.

Il ne s’agit donc pas de faire l’éloge de la paresse comme choix individuel, c’est-à-dire, par exemple, de soutenir une « bonne solution » comme l’allocation universelle, qui permettrait aux paresseux ou aux vaincus de la vie de vivoter misérablement aux marges de la « société active » - et qu’ils ne viennent pas se plaindre s’ils n’y arrivent pas, ils ont fait ce choix. Vae victis. Le modèle néolibéral du choix individuel [14] n’a rien à voir avec les luttes qui inventent, qui mettent l’imagination en mouvement, qui créent des liens là où l’ennemi rêve concurrence et rivalité des intérêts. Un droit n’est pas attribué, il s’invente et se conquiert, et la conquête du droit d’être réfractaire à la mobilisation n’est pas la résignation à une société « à deux vitesses » comme on le disait autrefois. Si elle est obtenue par la lutte, elle peut être un site de création de nouveaux liens entre ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont pas.

Et c’est surtout, même s’il s’agit d’un objectif somme toute mineur face à ce qui nous attend, l’invention d’une reprise, en un point où elle pourrait être faisable, du mouvement d’invention qui est la légitime fierté du mouvement ouvrier, créer des droits dont ceux qui luttent ne profiteront peut-être pas, mais des droits solidaires, créer un monde où une solidarité existe, qui échappe au chacun pour soi sur lequel compte l’ennemi. Que l’on ne dise pas qu’il s’agit de réformisme, de l’acceptation de renoncer à la juste lutte pour le plein emploi avec réduction générale du temps de travail. Le refus de la traque des « mauvais » chômeurs, des « paresseux » traduirait bien plutôt la réappropriation de l’histoire d’une inventivité solidaire, d’un refus de la soumission qui est ce que l’ennemi n’a cessé de propager au cours de ces trente dernières années. Il traduirait la mise en échec de l’opération d’éradication qui a entrepris de nous séparer de cette histoire.

Lutter contre le devoir sacré de trouver un emploi, n’importe lequel, ou plutôt de faire comme si, à force de mérite, ceux qui « le veulent vraiment » pouvaient en trouver, c’est une revendication qui crée de l’imagination pour tous, même pour ceux qui restent soumis à cette injonction. Et c’est une revendication qui, comme toutes celles qui ne sont pas réformistes, fait épreuve, met à l’épreuve ce qui nous attache à l’ordre établi.

Les bons esprits parleront du fait qu’il n’y a pas de droit sans devoir, d’autres de la menace du travail au noir et de l’écroulement corrélatif de notre sécurité sociale, d’autres encore du caractère central de la valeur du travail dans notre société, de la menace de l’exclusion. Comme si les chômeurs « paresseux » devaient être sacrifiés pour que « notre » monde ne s’écroule pas, ne se désintègre pas, ne sombre pas dans une noire pagaille. Comme s’il n’y avait pas de très bonnes raisons de refuser le forçage de l’insertion dans ce monde. Comme si la « valeur du travail » pouvait être évaluée, dans ce monde où ceux qui, ni rentiers, ni pensionnés, n’en ont pas sont condamnés à « ne rien faire qui puisse leur apporter un quelconque avantage, financier ou matériel ». Quant aux réalistes, ils diront « ça n’ira pas, parce que les ouvriers n’accepteront jamais qu’on paie des gens pour ne rien faire et ne même pas chercher à faire quelque chose », et ils ratifieront par là le fait que l’histoire de l’invention ouvrière est terminée, qu’il faut désormais prendre acte de ce qui condamne toute invention : le ressentiment de ceux qui sont humiliés, mis sous pression, affectés par la peur de perdre ce qui fait leur vie, contre ceux qui essaient de vivre autrement. Tous ceux là, bons esprits ou réalistes, nous disent que le capitalisme a gagné. Ce qui veut dire que le genre d’avenir dont Daniel Tanuro nous rappelait qu’il nous pend au nez, un avenir de ravages sociaux et écologiques, et de barbarie pleinement déployés, nous avons perdu les imaginations de lutte et de création qui nous permettraient de lui échapper.

Lutter pour le droit à la paresse, aujourd’hui, c’est retrouver la capacité de ne pas faire cause commune avec l’ennemi, de ne pas céder au ressentiment qui nous est inoculé, de ne pas accepter les chants d’esclaves qu’il exige de nous. C’est oser (re)prendre l’initiative là où la barbarie semble avoir gagné.

Isabelle Stengers

Intervention le 23 Novembre 2011, à Bruxelles, lors du centenaire de la mort de Laura et Paul Lafargue


Notes :

[1] Le droit à la paresse.Réfutation du droit au travail de 1848, Paul Lafargue, 1883

[2] Voir par exemple : Comme Maryvonne à Brest, va falloir pointer à Pôle emploi à 80 piges mais aussi : Les grèves de l’automne 2010. Réémergence et perspectives de recomposition d’un antagonisme de classe .

[3] Sur ces politiques d’activation voir : Dette et austérité, le modèle allemand du plein emploi précaire

[4] Voir Savants, experts, journalistes, de nouveaux prêtres pour un nouveau troupeau ? Le cas de l’intermittence. .

[5] Sur ces questions du "savoir" et de son évaluation : Le carrosse du commun et la citrouille individuelle : Qui sait ? Muriel Combes.

[6] La crise de la social-démocratie ; Socialisme ou Barbarie ?, Rosa Luxembourg.

[7] Voir entre autres : Trois critiques des années Mitterrand.

[8] Une autre chanson a été entonnée par la grève des chômeurs, voir par exemple : Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs ! .

[9] En Belgique, où cette intervention a été prononcée voir par exemple : Belgique : Les chômeurs braqués par le gouvernement et également un contre point : Les désirs ne chôment pas.

[10] Voir par exemple : Ne manquons pas les CDD de 10 minutes du « train pour l’emploi »

[11] C’est évidemment aussi le cas à Pôle emploi, voir Pôle Emploi : La violence et l’ennui

[12] C’est bien sur un tel ressort que se fonde la gouvernmantalité néolibérale lorsqu’elle joue de la concurrence des victimes pour opposer "ceux qui en ont" (et en souffrent) à "ceux qui n’en ont pas" (et sont suspectés d’en jouir), à gauche (voir un tract rédigé alors que Lionel Jospin alors premier ministre déclarait "« préférer une société de travail à l’assistance » : À gauche poubelle, précaires rebelles) et à droite (voir : Abjecte sarkophagie travailliste : « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible »)

[13] Voir L’Abécédaire de Gilles Deleuze - Pierre-André Boutang (1996), une série d’entretiens filmés Partie 1, Partie 2

[14] Le gouvernement des individus - Université ouverte 2008-2009..


http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6116
"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Flo » 02 Juin 2012, 14:07

Plans sociaux : 36 entreprises en danger selon Ayrault
1er juin 2012

Interrogée ce vendredi au micro de RMC et BFMTV, Jean-Marc Ayrault a estimé à 36 le nombre d’entreprises menacées par des plans sociaux en France. « Nous avons mis en place un outil (...) pour suivre chaque situation (...) avec une cellule qui ne fait que ça au ministère du Redressement productif et de l'Industrie », a indiqué le Premier ministre. Arnaud Montebourg a précisé de son côté que 45 000 emplois étaient de ce fait sur la sellette.

Pour faire face à cette situation, le dispositif mis en place prévoit que « dans chaque territoire, chaque préfet désigne une personne, très compétente (...) qui sera chargée sur le terrain d'aider à trouver des solutions, en mettant autour de la table, pas seulement l'administration, mais aussi les collectivités territoriales, principalement les régions », ainsi que les représentants des banques, des entreprises, des chambres de commerce et les [url]salariés. Le gouvernement espère ainsi impliquer les acteurs locaux dans chaque dossier, sans pour autant le faire passer par Paris.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/06 ... rault.html[/url]
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Béatrice » 10 Juil 2012, 08:32

Face aux plans sociaux à venir , la patronne du Medef Laurence Parisot invoque la possible mise en place d'une rupture conventionnelle
collective pour en faciliter le processus . le gouvernement Ayrault n'y semble pas hostile !


Les plans sociaux à l'amiable de Mme Parisot
Mardi, 10 Juillet 2012 02:12

Pour faire face à la vague de plans sociaux (en fait, les faciliter), la patronne des patrons suggère de mettre en place une rupture conventionnelle collective qui permettrait de «pacifier» les licenciements. Curieusement, le gouvernement ne semble pas tout à fait opposé à cette idée.

Laurence Parisot a-t-elle décidé de faire dans la provocation ? Ce lundi, lors de la conférence sociale qui a réuni les syndicats et le gouvernement, la patronne des patrons s'est fixé pour objectif de "pacifier la question des licenciements". Et pour ce faire, elle a dégainé la semaine dernière l'idée d'une "rupture conventionnelle collective" sur le modèle de la rupture individuelle à l'amiable créée en 2008.

Alors qu'une avalanche de plans sociaux s'abat sur les salariés de groupes français, Laurence Parisot suggère d’"étendre la philosophie du refus du conflit, celle de la rupture conventionnelle" qui permet à un patron et un salarié de se séparer à l'amiable. "Aujourd'hui, un plan de sauvegarde de l'emploi se déroule selon un processus compliqué, coûteux, ­anxiogène du fait de son degré constant d'incertitude et qui ne facilite en rien l'adaptation des entreprises ni des salariés si, in fine, ils doivent aller travailler ailleurs, a justifié la présidente du Medef. Il faut repenser les choses à partir d'une philosophie différente, celle de la "déconflictualisation" qui est notamment à l'origine de la rupture conventionnelle. Il faut à la fois pacifier les relations, réduire les délais, sécuriser les licenciements."

Vers plus de flexibilité (pour les salariés) et de sécurité (pour les employeurs)

Actuellement, lorsqu'une entreprise signe plus de dix ruptures conventionnelles dans un certain laps de temps, elles sont quasi-systématiquement requalifiées par le juge en plan social. Pour le Medef, il s'agirait donc d'autoriser les ruptures conventionnelles multiples et d'améliorer ainsi la sécurité juridique des entreprises. "Juridiquement, un plan de sauvegarde de l'emploi une fois arrêté n'éteint pas le droit des salariés à saisir la justice pour contester à la fois la validité du PSE et le bien fondé du motif économique de leur licenciement. Pendant des années après la signature du PSE, elles vivent donc avec le spectre d'une procédure judiciaire, le pire étant bien entendu la possibilité de voir le plan de sauvegarde de l'emploi annulé par le juge", explique Maître Christine Sévère, associée spécialisée en droit social chez Salans.

La rupture conventionnelle permettrait donc de limiter les contentieux individuels, sans forcément abroger la phase essentielle du PSE pendant laquelle les syndicats négocient le reclassement des salariés. Cela pourrait même présenter certains avantages : "Actuellement, une entreprise qui licencie craint d'avoir à verser de nouvelles indemnités en justice. Sans cette épée de Damoclès sur la tête, elle pourrait augmenter l'enveloppe financière qui accompagne les licenciements collectifs, faire gagner du temps à tout le monde et offrir plus de visibilité financière aux salariés", conclut Christine Sévère.

Sauf qu'à l'inverse des ruptures à l'amiable, dont l'essence même est un double consentement du salarié et de l'employeur, le motif économique du licenciement, lui, n'est pas partagé...

L'initiative d'ailleurs irrite au plus haut point les partenaires sociaux, parmi lesquels la CGT qui réclame, justement, la remise à plat du dispositif de rupture conventionnelle individuelle, à l'origine selon elle de nombreux abus (835.500 ont été homologuées depuis août 2008 et représentent désormais 13% des ruptures de CDI). "Je ne sais pas si Laurence Parisot a bien compris le sens du vote des citoyens : l'heure n'est pas à l'amplification des mesures de l'ancienne majorité", ironise d'ailleurs Bernard Thibault dans les colonnes du Figaro. "L'heure n'est pas à la flexibilité", tranche de son côté Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, qui refuse par principe la "déjudiciarisation" des plans sociaux.

Le gouvernement en quête de compromis

Assez curieusement, le gouvernement, lui, n'a pas rejeté l'idée de Laurence Parisot. Dans son discours d'ouverture, François Hollande a même évoqué vouloir "aider les entreprises à traverser des périodes de baisse d'activité sans recourir à des licenciements".

Très déterminé à durcir les sanctions contre les licenciements abusifs, Michel Sapin, qui planche sur un projet de loi d'ici la fin de l'année, estime en effet qu'il faut durcir les plans sociaux "pour ceux dont le seul objectif est de gagner encore plus d'argent", mais qu'il va également falloir "quelque chose de plus sûr pour le salarié, comme pour le chef d'entreprise".

En réalité, la proposition du Medef présente certains avantages pour le gouvernement. Récemment, le ministre du Travail a épongé un flot de critiques en évoquant la création d'une autorisation judiciaire de licenciements, qui mettrait sur les épaules du juge la responsabilité des plans sociaux. Or, la rupture conventionnelle individuelle dans sa forme actuelle nécessite une autorisation de l'Inspection du travail. Si elle était généralisée aux licenciements collectifs, ce pourrait être une manière de réinstaurer l'autorisation administrative de licenciement tout en simplifiant la tâche des entreprises... Le fameux donnant-donnant cher à Jean-Marc Ayrault !

(Source : L'Expansion)


NDLR : En attendant, c'est l'Unedic qui paie. En 2010 où près de 255.000 ruptures conventionnelles ont été homologuées, le coût pour l'assurance chômage s'est élevé à 1,3 milliard d'euros. En 2011, il y en a eu près de 290.000...


http://www.actuchomage.org/201207102154 ... risot.html
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede digger » 10 Juil 2012, 18:32

le gouvernement Ayrault n'y semble pas hostile !

ça doit être ça qu'il appelle la concertation sociale. Ceci dit Ayrault est un grand enfumeur et le 1er ministre ne doit pas être bien différent du maire de Nantes. Il sait se constituer une "cour" (copains-copains) et la manipuler comme il veut.
je vous parie qu'il va mettre d'accord syndicats (les gros) et patronat
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Béatrice » 17 Juil 2012, 10:01

Crise financière, plans sociaux : les innocents trinquent toujours à la place des coupables

Les erreurs commises en toute impunité par les voyous et/ou les incompétents qui nous dirigent, ce sont les salariés et les braves gens qui les paient au prix fort.

Prenons l’exemple criant de PSA. La vulgate patronale, relayée par des médias complaisants, nous serine que sacrifier directement des milliers de salariés ainsi que leurs familles, puis indirectement les tissus économiques afférents (sous-traitants, commerces, services…), c’est malheureusement inévitable, there is no alternative : à cause de la crise, le marché automobile chute, PSA perd de l’argent, le coût du travail en France est trop élevé, etc, etc.

Scrutons ces mensonges de plus près.

Coût du travail ? « Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France, donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive », a déclaré hier sur RTL Philippe Varin, grand patron du constructeur licencieur. C’EST FAUX, lui rétorque Samuel Laurent, l’un des Décodeurs du Monde.fr...

« Lorsque, en 2010, monsieur Philippe Varin avait quadruplé son salaire en le portant à 3,25 millions d’euros, la question du coût du travail le préoccupait moins qu’aujourd’hui », a réagi Bruno Le Roux, député de Seine-Saint-Denis.

Au nom du "coût du travail" — toujours trop élevé pour les salariés, mais jamais assez pour ceux qui les mènent au casse-pipe — qui entraverait notre sacro-sainte "compétitivité", on pratique le chantage à l’emploi et sa précarisation, le dumping social et la course au low-cost dans une course frénétique au nivelage par le bas complètement suicidaire. Parce que ce n’est pas en s’alignant sur l’esclavagisme chinois ou la misère roumaine que nous nous en sortirons mais, au contraire, en misant sur l’innovation et la qualité via des produits et des services à haute valeur ajoutée. Parce qu’au contraire, des salaires décents et une protection sociale forte sont le ciment d’une société stable et harmonieuse dont le monde devrait s’inspirer.

La filière automobile mal en point ? Nous passerons sur les milliards d’argent public engloutis afin de maintenir ce secteur sous perfusion : de la "Jupette" à la "Balladurette" en passant par les primes à la casse, les diverses aides publiques dont les exonérations de TVA puis, très récemment, le cumul simultané de deux dispositifs pourtant antagonistes (aides au chômage partiel financées par l’Etat et l’Unedic + heures supplémentaires défiscalisées). Nous passerons également sur l’hypocrisie — comparable à celle opérée vis-à-vis du tabac — de tenir en vie un secteur ô combien polluant et mortifère, mais tellement lucratif avec ses automobilistes vaches-à-lait, copieusement taxés par l’Etat et sommés de payer encore pour faire tourner artificiellement des secteurs parallèles : radars, gilets jaunes puis éthylotests obligatoires et, bientôt, le contrôle technique annuel...

Selon le journaliste Michel Holtz, chez Peugeot-Citroën, le compte à rebours de la catastrophe industrielle remonte à plus de vingt ans : les mauvais choix stratégiques d’hier ont conduit au désastre d’aujourd’hui.

Et qui paie ces mauvais choix stratégiques élaborés par des cravateux inaptes mais grassement rémunérés ? Les salariés. Et qui paie l’absence totale de stratégie en général, le manque de vision de nos politiques, le court-termisme effréné de nos industriels et de la finance ? La collectivité toute entière, alors qu’il est indispensable d’engager dès à présent une courageuse reconversion écologique de la plupart de nos activités qui sont de plus en plus polluantes, malsaines et dont la valeur sociale est de plus en plus nulle. Oser engager ce virage magistral aujourd’hui serait même une issue salutaire à la crise économique que nous traversons. Mais qui le souhaite ? Scier la branche et obéir à la doxa, c’est tout ce que nos dirigeants savent faire.

La crise, toujours la crise... Mais qui en est à l’origine ? Les subprimes américains, produits d’un système économique totalement asservi au culte du Veau d’or, qui récompense une poignée de nuisibles chargés d’appauvrir des milliards d’innocents. Une finance folle qui, elle, ne manque pas d’imagination et d’innovation pour générer des profits aussi immédiats que dangereusement déconnectés de la réalité, quitte à tout foutre en l’air sans en assumer les conséquences. Des banquiers sans scrupules, incapables de voir ce qu’il se passe dans leurs propres établissements (en France, Daniel Bouton et l’affaire Kerviel) et reconnaissent, de fait, leur grave incompétence, mais qu’on remercie avec des stock-options et de luxueuses retraites-chapeaux tandis que le salarié fautif, lui, est viré sans ménagement, et le voleur de poules aussitôt expédié en prison.

Des politiques complices — toujours les mêmes en place depuis des décennies, accrochés à leurs prébendes —, aveugles et incapables d’agir pour l’intérêt général, qui nous ressortent les mêmes recettes éculées, profitent du système au lieu de le réguler et, parfois, osent même pointer les soi-disant privilèges d’un peuple régulièrement accusé d’irresponsabilité (quand ce n’est pas de fraude) alors qu’ils font partie des 10% les plus riches et, côté abus, malversations ou corruption, ne sont pas en reste...

Enfin des économistes, perroquets d’une idéologie faillie et prédicateurs à la noix, autant de nuls grassement payés dont l’omniprésence dans les médias n’est même pas remise en cause.

Voilà où nous en sommes : menés par des élites incompétentes qui sèment le désastre en toute impunité, toujours en poste ou congédiées avec les honneurs. Et pendant de temps, des millions de salariés doivent se sacrifier pour elles, et des millions de chômeurs ont été déjà sacrifiés à cause d’elles. On se prend à rêver de piques, de fourches et de guillotine.

SH


A lire avec les liens et les illustrations :
http://www.bastamag.net/article2484.html
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede sebiseb » 29 Aoû 2012, 09:44

Comment vont-ils organisés la mise au pas général des salariés tout en maintenant le niveau de rétributions des actionnaires et des patrons ?
Hollande et Ayrault tendent la main aux patrons

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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Béatrice » 10 Jan 2013, 00:00

Le patronat revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises. Ce qui indigne le Syndicat des Avocats de France dont voici le communiqué de presse, adressé à la veille de la reprise des dernières discussions.

Négociations sur la «réforme du marché du travail» : le SAF dénonce le plan du Medef

Le patronat revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises. Ce qui indigne le Syndicat des Avocats de France dont voici le communiqué de presse, adressé à la veille de la reprise des dernières discussions.

Ce n’est pas de sécurisation de l’emploi dont il est question à chaque ligne du projet d’accord national interprofessionnel élaboré par le MEDEF. La sécurisation n’y est conçue qu’au profit des entreprises pour les prémunir de toute obligation de transparence et de justification, et se constituer une véritable immunité judiciaire.

La revendication n’est pas neuve : elle a déjà servi de fil rouge à l’ensemble des positions patronales des 15 dernières années et a connu déjà plusieurs succès, avec le mécanisme de la rupture conventionnelle obtenue des partenaires sociaux puis du législateur en 2008, ou la pratique des plans de départs volontaires qui se répand, elle aussi, sans contrôle judiciaire possible.

Mais le MEDEF n’entend pas s’en contenter et réclame désormais le droit :

• de museler les représentants du personnel en leur imposant la confidentialité sur les informations qu’ils reçoivent, et des délais préfix pour entendre leur expert et rendre leur avis;

• de subordonner le maintien du CDI à la réalisation d’un projet, transformant ainsi le CDI en CDD;

• de licencier sans avoir à justifier d’un motif économique le salarié qui aura refusé une modification de son poste ou de son lieu de travail dans le cadre d’une réorganisation, et de s’exonérer par là même de toute mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et des règles encadrant le licenciement économique;

• de licencier sans contrôle les salariés refusant les modifications de leur rémunération ou de leur temps de travail issues des accords dits «de maintien dans l’emploi», en se libérant là aussi de toutes les règles propres au licenciement pour motif économique;

• lorsque l’obligation de mettre en œuvre un plan de sauvegarde de l’emploi n’aura pu être contournée, de s’affranchir par accord collectif de toutes les règles encadrant sa présentation, ou de se prémunir de tout contrôle judiciaire sur ce plan par le jeu d’une homologation de l’administration du travail pouvant être simplement implicite;

• de se prémunir de toute contestation quant à la validité ou la justification de leurs décisions, en tous domaines, en cas de violation des règles de procédure et de formalisme édictées par le code du travail pour encadrer le pouvoir de décision des employeurs (exit la requalification de nombre de CDD pour absence de motif, exit la requalification des temps partiels pour absence de fixation de l’horaire, exit la nullité des licenciements économiques pour défaut de plan social, exit les garanties procédurales conventionnelles spécifiques, etc…);

• de compenser a posteriori l’indigence de la motivation des lettres de licenciement;

• de plafonner le risque financier des litiges par une barémisation des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse;

• d’échapper encore et enfin à tout contrôle judiciaire et risque de sanction par des délais de prescription exceptionnellement brefs.

Il ne s’agit là que d’une brève synthèse des réformes réclamées par le MEDEF pour aboutir à une destruction majeure du droit des salariés au respect de leur contrat de travail et de leur droit à l’emploi, quitte à bafouer ouvertement les principes fondamentaux de la réparation intégrale des préjudices et de l’obligation de motivation des licenciements.

Rien n’arrête le MEDEF dans ses prétentions à remettre en cause 40 ans d’évolutions législatives et surtout jurisprudentielles, résultat de combats judiciaires auxquels les avocats du SAF ont largement contribué, en s’assurant qu’à l’avenir les Juges seront bien empêchés de venir rétablir les droits des salariés.

En guise de contreparties, le MEDEF ne propose aux syndicats que des mesures qui ont en réalité l’objectif de créer un véritable statut de la précarité, pour mieux développer ce marché du travail précaire qui désespère tant les salariés.

La véritable sécurité pour le salarié, c’est celle de conserver son emploi, ou d’en retrouver un, pérenne et digne, dans des délais très brefs, et non celle consistant à obtenir des droits sociaux maintenus en cas de perte d’emploi en contrepartie de la possibilité de perdre plus facilement celui-ci.

Il paraît illusoire d’obtenir des droits nouveaux potentiels pour les salariés les plus précaires si cela se fait en contrepartie d’une précarisation générale de l’ensemble des salariés. Quant au prétendu contrôle par la négociation collective dans les entreprises, il se limite, en l’état actuel de la représentation des salariés et du rapport de force dans la majorité des entreprises, à un vœu que l’on peut partager mais qui ne sera d’aucune efficacité immédiate et ne bénéficiera pas d’une contribution loyale des entreprises au dialogue social dès lors que les employeurs se sauront à l’abri de tout contrôle effectif de leurs agissements.

Le MEDEF, qui pourfendait l’autorisation administrative de licenciement dont il a obtenu la suppression en 1986, préconise désormais l’homologation des PSE par l’administration du travail pour mieux mépriser les intérêts des salariés et le rôle des représentants du personnel, ce qui ne peut qu’alarmer lorsque l’on sait le peu de moyens dont dispose l’administration du travail, et les statistiques relatives à l’homologation des ruptures conventionnelles.

C’est dire s’il est temps de s’indigner et de résister.
Les avocats du SAF ne peuvent que dénoncer avec force les desseins d’un patronat qui se revendique tout-puissant et seul Juge dans son Etat. De telles perspectives de réforme doivent être très fermement bannies. Les entreprises sont des sujets de droit qui ne peuvent prétendre échapper à la démocratie du contrôle judiciaire et à l’exigence de la transparence.

Paris, le 9 janvier 2013
Le Syndicat des Avocats de France


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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede niouze » 10 Jan 2013, 02:04

sur la rupture " a l'amiable" y a un article pas mal du monde diplo http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/MOUZON/48603

sinon la parisot elle me fait toujours marrer quand elle pourfend le systeme français trop "strict"; pourquoi sa me fait marrer béh parceque j'ai travailler dans sa boite de sondage (l'ifop) avant qu'elle devienne la patronne des patrons , un jours faudrait que je mettent par écrit comment sa ce passait la dedans , comment on etait préssurer pour un salaire de misere (qui parfois souvent n'atteignait même pas le smic horaire) , comment on nous offrait gracieusement 2€ de panier repas, comment on était plus précaire que des intérimaires (par le biais de contrat "d'intermitent" même pas du spectacle )....
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Béatrice » 16 Jan 2013, 19:25

Le Parti socialiste aux ordres du Medef

Laurence Parisot a demandé au Parlement de «respecter à la lettre» l'accord sur l'emploi signé vendredi. Et la direction «socialiste» de s'exécuter, exigeant de ses députés une discipline stricte sur ce vote.

A l'issue de l'accord régressif approuvé le 11 janvier au soir par trois syndicats collabos (CFDT, CFTC et CFE-CGC), bel et bien «historique» car particulièrement défavorable aux salariés et donnant un aval anticipé aux réformes structurelles du marché du travail demandées par la Troïka — baisse des salaires en cas de menace sur l'emploi, prédominance de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements… —, la patronne des patrons, qui se frotte les mains et prépare son troisième mandat à la tête du Medef en faisant modifier ses statuts, a redemandé, ce matin sur France Info, aux députés et sénateurs de «voter en l'état» et «respecter à la lettre» ce texte scélérat, «pour l'intérêt de notre économie». «Il faudra ensuite suivre les décrets d'application. Nous resterons vigilants», a-t-elle averti.

La direction du PS au garde-à-vous

Madame, vos désirs sont des ordres et la vraie présidente de la France, c'est vous ! Ni une ni deux, Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et fidèle de François Hollande, s'est porté garant d'une retranscription «précise, fidèle, loyale» de l'accord sur la sécurisation de l'emploi des employeurs, dont il «ne pense pas que ce soit un accord de renoncement social ou de précarisation»... Plus aveugle on ne fait pas. (Et on apprend au passage que le texte devrait être défendu par Jean-Marc Ayrault himself.) En conséquence, il a exhorté ses troupes à filer droit. Un verrouillage peu apprécié par des élus socialistes encore un peu lucides, indignés non seulement par ce texte de 24 pages «pas acceptable» qui contient «de nombreuses régressions sociales que les quelques avancées ne peuvent en aucun cas justifier», mais surtout par le rôle de députés godillots et de moutons de panurge qu'on veut régulièrement leur faire jouer.

L'arme du 49ter ?

Cet accord sera donc transcrit en terme législatif puis soumis aux partenaires sociaux signataires avant de passer au Conseil d'Etat, puis atterrir au Conseil des ministres fin février-début mars. Ensuite, le Parlement l'examinera en procédure accélérée pour une promulgation d'ici fin mai. Afin d'aller plus vite et éviter les discordes, oseront-ils recourir au 49ter (soit l'alinéa 3 de l'article 49 de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un projet de loi sans le soumettre au vote, l'Assemblée ne pouvant s'opposer que par une motion de censure) ?

Jour après jour, les «socialistes» tombent le masque devant le patronat, la Troïka et la finance. Jour après jour, on se met à les détester autant que leurs prédécesseurs.


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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede altersocial » 27 Jan 2013, 12:31

Nine a écrit:Le Parti socialiste aux ordres du Medef

Laurence Parisot a demandé au Parlement de «respecter à la lettre» l'accord sur l'emploi signé vendredi. Et la direction «socialiste» de s'exécuter, exigeant de ses députés une discipline stricte sur ce vote.




http://www.actuchomage.org/


Il serait intéressant un jour qu'on mette cette attaque dans une perspective globale d'offensive patronale, l'accord sur l'emploi intervient par exemple quelques mois après d'autres accords dans le monde qui attaquaient les droits des travailleurs, comme au Mexique

:arrow: Mexico Reforms Federal Labor Law | México Reforma la Ley Federal del Trabajo

Ce n'est pas du néolibéralisme, mais c'est typique de ce que le capital peut se permettre aujourd'hui, comme tendance, à l'échelon mondiale, contre les travailleurs.

A Mexico comme à Paris ...

Image

... réforme du travail = abus patronal :mexi:
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede Béatrice » 27 Jan 2013, 14:16

Le Parti socialiste aux ordres du Medef, suite ( viewtopic.php?f=72&p=83743#p83289 ) :

Et une des conséquences directes de l'accord signé le 11 janvier 2013 par les partenaires "dits" sociaux : CFDT, CFTC, CFE-CGC :

Et c'est au cours de cette renégociation, qui sent le mercaptan à plein nez, que devront en décembre être discutés les droits rechargeables promis, partout vendus comme une «avancée» soi-disant arrachée au patronat par nos syndicats collabos (CFDT, CFTC et CFE-CGC), toujours prêts à signer n'importe quoi dans les bureaux du Medef dans l'espoir d'une éventuelle promotion...


(extrait de l'article : Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi : «Un pur effet d'aubaine» )

http://www.actuchomage.org/201301232399 ... ipeau.html
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede bipbip » 30 Nov 2017, 16:56

Bisbilles chez les Dalton

Disputes au sommet du Medef pour savoir qui remplacera Gattaz

Le mandat de Pierre Gattaz se termine bientôt : en juillet 2018, celui ci devra avoir quitté la présidence du Medef, qu’il laissera à l’un des trois grands successeurs qui se proposent à la tête de la centrale patronale.

Querelles d’appareils pour la direction du MEDEF

Le Medef se la joue comme ses copains des Républicains : la succession de Pierre Gattaz ressemble fort aux élections à la tête des Républicains, avec magouilles et tricheries publiques. Cette année, le principal problème est que Jean-Dominique Sénard, autoproclamé favori pour l’élection, devrait avoir, au moment du scrutin, 65 ans révolus, ce qui serait anti statutaire pour le Médef, dont le président doit avoir moins de 65 ans le jour de l’élection. C’est pourquoi le patron du groupe Michelin a commencé à rendre public ses problèmes pour rester dans la course à la tête du Medef, dans une interview au Figaro qui a particulièrement déplu aux autres candidats comme à Gattaz lui-même.

En effet, dans l’interview, le patron de Michelin explique que si pour l’instant il ne peut pas être candidat à la direction du Medef, d’autres solutions pourraient se trouver, même s’il ne s’engage pas sur cette voie. Entre autres, la solution a été évoquée de faire l’élection début mars, ce que Pierre Gattaz a refusé d’un trait, d’un tweet ravageur. L’autre solution serait de faire le scrutin en mars tout en laissant la prise de fonction en juillet -une sorte d’élection à l’américaine- ce qui, selon des experts serait impossible car immédiatement cassé par la justice. Quoiqu’il en soit, le favori de l’élection est dans l’impasse, et cela ne déplaît à pas à ses concurrents.

Derrière les conflits, des visions différenciées de la politique patronale

Derrières les déceptions séniles de Jean-Dominique Sénard, il y a les ambitions d’un certain nombre de grands patrons qui rêveraient de remplacer Gattaz-fils. Parmi eux, deux figures s’entrechoquent : celle d’Alexandre Saubot, président de l’UIMM, la puissante fédération patronale de la métallurgie (automobile, aviation, sidérurgie…), mais aussi celles de Geoffroy Roux de Bézieux, une sorte d’entrepreneur digne de la « start-up nation » dont parle sans cesse Macron.

Derrière cette élection, ce qui est en jeu, c’est la ligne et la stratégie que souhaite adopter le grand patronat pour les cinq années à venir. Derrière le sourire déconcertant de Gattaz, on pourrait penser que ces politiques ne peuvent avoir qu’une traduction. Evidemment, pour tous et toutes il s’agit de penser à la façon de casser le Code du travail et de reprendre tous les acquis des salariés. Cependant, tous ne s’accordent pas ni sur la façon ni sur les interlocuteurs à privilégier. Face à une ligne « dure » qu’a incarnée Pierre Gattaz, soutenu par les fédérations des assurances, des banques et des nouvelles technologies (Syntec), que Geoffroy Roux de Bézieux cherche à plus incarner, s’oppose une ligne dite « sociale », incarnée par les secteurs plus stratégiques de l’industrie française, avec en pointe l’UIMM (métallurgie), ainsi que les fédérations de la Chimie.

Une des principales lignes d’achoppement entre les deux lignes est l’attitude à adopter face aux syndicats. Evidemment, tous sont d’accord pour réprimer tout syndicalisme combatif, tout syndicalisme lutte de classe. Ceci étant posé, les désaccords émergent : là où les syndicats sont moins puissants (banques, nouvelles technologies, etc.), certains patrons aimeraient tout simplement attaquer frontalement les syndicats, dans la droite ligne de la campagne Fillon. Dans d’autres secteurs, où les concentrations ouvrières sont plus importantes et les syndicats plus puissants, les grands « capitaines d’industries » voient l’utilité, démontrée par la politique des directions syndicales en ce début de rentrée, d’avoir des syndicats forts capables de faire rentrer les salariés dans les usines au cas-où ils commenceraient à s’opposer à leur patrons, prêts à s’asseoir autour de la table pour jouer le jeu du dialogue social.

Alexandre Saubot, de l’UIMM, et Jean-Dominique Sénard, de Michelin, sont de cette deuxième ligne. Pour eux, un des enjeux de la réussite de la révolution macronienne, est de réussir à soutenir, ou construire, des syndicats de collaborations capable de soutenir, dans la classe ouvrière, leurs offensive. L’enjeu pour eux est donc de soutenir et de jouer le jeu des concertations lancées par Macron, qui, de leur point de vue, portent pour l’instant leur fruit. Cependant, si pour l’instant cette ligne semble primer dans la succession de Pierre Gattaz, l’élection est loin d’être jouée, et l’évolution sociale de la fin d’année, avec notamment la question de la réforme du chômage et de la formation professionnelle, où les partenaires sociaux jouent un rôle important, pourraient changer la donne, si les tendances à la lutte de classe s’approfondissent.


http://www.revolutionpermanente.fr/Disp ... era-Gattaz
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede bipbip » 28 Déc 2017, 17:16

Digne successeur de Pierre Gattaz

Christian Nibourel, un patron multirécidiviste, bientôt à la tête du Medef ?

C'est l'un des prétendants les plus sérieux pour succéder à Pierre Gattaz à la tête du syndicat des patrons, mais voilà, Christian Nibourel est entaché par de multiples condamnations en justice pour sa gestion de Accenture France. Entre les heures supplémentaires non-payées et le non-respect de la durée minimale de repos hebdomadaire, on n'en attendait pas moins de quelqu'un qui souhaite devenir patron des patrons.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Chri ... e-du-Medef
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede bipbip » 12 Mai 2018, 14:00

Patronat. Le Medef fait converger ses luttes avec Macron

La campagne pour la présidence du Medef est officiellement lancée depuis vendredi. Les sept candidats en lice dessinent une même ligne politique : accompagner les mesures du gouvernement pour dynamiter la protection sociale.

La pléthore de candidatures est trompeuse. Derrière le foisonnement des postulants à prendre la succession de Pierre Gattaz le 3 juillet, et dont la liste a été validée vendredi dernier par le conseil statutaire du Medef, les sept concurrents, six hommes et une seule femme (neuf sont officiellement déclarés, mais deux se sont en fait déjà ralliés à un autre prétendant), défendent une ligne commune : « accompagner » les mesures furieusement libérales d’Emmanuel Macron. Séduit par l’ex-banquier d’affaires, croisé à la commission Attali, Geoffroy Roux de Bézieux, favori du scrutin, issu du secteur des services, a le sourire : « Nous ne sommes plus face à un gouvernement dogmatique et anti-entreprises, comme au début du quinquennat Hollande. Nous devons donc accompagner les décisions. » Face à lui, son principal rival, l’industriel Alexandre Saubot, abonde : « Il y a un élan, une envie de réussite et notre responsabilité, c’est d’accompagner ce regain de confiance. »

... https://www.humanite.fr/patronat-le-med ... ron-655097
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Re: Medef et néolibéraux déclarent la guerre aux salariés

Messagede bipbip » 12 Juin 2018, 21:58

Bisbilles chez les Dalton

Disputes au sommet du Medef pour savoir qui remplacera Gattaz

Le mandat de Pierre Gattaz se termine bientôt : en juillet 2018, celui ci devra avoir quitté la présidence du Medef, qu’il laissera à l’un des trois grands successeurs qui se proposent à la tête de la centrale patronale.

Querelles d’appareils pour la direction du MEDEF

Le Medef se la joue comme ses copains des Républicains : la succession de Pierre Gattaz ressemble fort aux élections à la tête des Républicains, avec magouilles et tricheries publiques. Cette année, le principal problème est que Jean-Dominique Sénard, autoproclamé favori pour l’élection, devrait avoir, au moment du scrutin, 65 ans révolus, ce qui serait anti statutaire pour le Médef, dont le président doit avoir moins de 65 ans le jour de l’élection. C’est pourquoi le patron du groupe Michelin a commencé à rendre public ses problèmes pour rester dans la course à la tête du Medef, dans une interview au Figaro qui a particulièrement déplu aux autres candidats comme à Gattaz lui-même.

En effet, dans l’interview, le patron de Michelin explique que si pour l’instant il ne peut pas être candidat à la direction du Medef, d’autres solutions pourraient se trouver, même s’il ne s’engage pas sur cette voie. Entre autres, la solution a été évoquée de faire l’élection début mars, ce que Pierre Gattaz a refusé d’un trait, d’un tweet ravageur. L’autre solution serait de faire le scrutin en mars tout en laissant la prise de fonction en juillet -une sorte d’élection à l’américaine- ce qui, selon des experts serait impossible car immédiatement cassé par la justice. Quoiqu’il en soit, le favori de l’élection est dans l’impasse, et cela ne déplaît à pas à ses concurrents.

Derrière les conflits, des visions différenciées de la politique patronale

Derrières les déceptions séniles de Jean-Dominique Sénard, il y a les ambitions d’un certain nombre de grands patrons qui rêveraient de remplacer Gattaz-fils. Parmi eux, deux figures s’entrechoquent : celle d’Alexandre Saubot, président de l’UIMM, la puissante fédération patronale de la métallurgie (automobile, aviation, sidérurgie…), mais aussi celles de Geoffroy Roux de Bézieux, une sorte d’entrepreneur digne de la « start-up nation » dont parle sans cesse Macron.

Derrière cette élection, ce qui est en jeu, c’est la ligne et la stratégie que souhaite adopter le grand patronat pour les cinq années à venir. Derrière le sourire déconcertant de Gattaz, on pourrait penser que ces politiques ne peuvent avoir qu’une traduction. Evidemment, pour tous et toutes il s’agit de penser à la façon de casser le Code du travail et de reprendre tous les acquis des salariés. Cependant, tous ne s’accordent pas ni sur la façon ni sur les interlocuteurs à privilégier. Face à une ligne « dure » qu’a incarnée Pierre Gattaz, soutenu par les fédérations des assurances, des banques et des nouvelles technologies (Syntec), que Geoffroy Roux de Bézieux cherche à plus incarner, s’oppose une ligne dite « sociale », incarnée par les secteurs plus stratégiques de l’industrie française, avec en pointe l’UIMM (métallurgie), ainsi que les fédérations de la Chimie.

Une des principales lignes d’achoppement entre les deux lignes est l’attitude à adopter face aux syndicats. Evidemment, tous sont d’accord pour réprimer tout syndicalisme combatif, tout syndicalisme lutte de classe. Ceci étant posé, les désaccords émergent : là où les syndicats sont moins puissants (banques, nouvelles technologies, etc.), certains patrons aimeraient tout simplement attaquer frontalement les syndicats, dans la droite ligne de la campagne Fillon. Dans d’autres secteurs, où les concentrations ouvrières sont plus importantes et les syndicats plus puissants, les grands « capitaines d’industries » voient l’utilité, démontrée par la politique des directions syndicales en ce début de rentrée, d’avoir des syndicats forts capables de faire rentrer les salariés dans les usines au cas-où ils commenceraient à s’opposer à leur patrons, prêts à s’asseoir autour de la table pour jouer le jeu du dialogue social.

Alexandre Saubot, de l’UIMM, et Jean-Dominique Sénard, de Michelin, sont de cette deuxième ligne. Pour eux, un des enjeux de la réussite de la révolution macronienne, est de réussir à soutenir, ou construire, des syndicats de collaborations capable de soutenir, dans la classe ouvrière, leurs offensive. L’enjeu pour eux est donc de soutenir et de jouer le jeu des concertations lancées par Macron, qui, de leur point de vue, portent pour l’instant leur fruit. Cependant, si pour l’instant cette ligne semble primer dans la succession de Pierre Gattaz, l’élection est loin d’être jouée, et l’évolution sociale de la fin d’année, avec notamment la question de la réforme du chômage et de la formation professionnelle, où les partenaires sociaux jouent un rôle important, pourraient changer la donne, si les tendances à la lutte de classe s’approfondissent.


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