L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede fu hsang » 20 Fév 2009, 11:55

ils se sont pas fait expulser cette nuit ???je crois moi
fu hsang
 
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 20 Fév 2009, 14:04

RABAJOI! :mrgreen:
mais si, j'ai pas dit le contraire.. :wink:
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede fu hsang » 20 Fév 2009, 14:07

ok j avais pas compris alors .... :wink:
un peu premier degre moi :D
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 20 Fév 2009, 14:43

lol. Et sinan, vous avez entendu ce que la ''porte parole'' de l'ag a dit, et ce qui a été rapporté dans les médias?
il a été rapporté qu'il etait demandé le retrait du decret et des embauches de profs... :lol: :mrgreen: :) :confus: :| :evil:
Modifié en dernier par Vilaine bureaucrate le 21 Fév 2009, 08:04, modifié 1 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 21 Fév 2009, 08:03

La coordination nationale des universités, réunie vendredi à l'université Paris-X à Nanterre, a appelé à trois nouvelles journées de manifestations, les 26 février, 5 mars et 10 mars, et demandé pour la première fois "l'abrogation de la loi LRU" de 2007 sur l'autonomie.

Les 26 février et 5 mars, la coordination appelle le monde universitaire et de la recherche à des manifestations partout en France, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le 10 mars, elle appelle à une manifestation nationale à Paris, à laquelle sont conviés les enseignants du primaire et du secondaire.

La coordination a aussi appelé à reconduire la grève "illimitée" en cours dans les universités et au "retrait" de trois réformes : celle sur le statut des enseignants-chercheurs, celle de la formation des enseignants des écoles aux lycées, et "le contrat doctoral unique".

Le 5 mars, si cette triple demande de retrait n'a pas été entendue, la coordination appellera les universitaires à "la démission de l'ensemble des charges administratives non électives, à l'obstruction dans le cadre des mandats électifs et au refus de participer aux jurys (bac, BTS, Capes, agrégation, session de printemps...)", selon le texte d'une motion.

Enfin, la coordination a voté pour la première fois la demande d'abroger la loi LRU sur l'autonomie des universités d'août 2007.

"Tout le monde éducatif est attaqué par les réformes. Nous demandons l'abrogation de la LRU, nous avons besoin d'une nouvelle loi avec un cadre juridique assurant l'indépendance des universitaires et assurant le service public", dit le texte de cette motion.

"Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation des universitaires et de véritables négociations", ajoute-t-il.

Plusieurs aspects de la loi LRU sont d'ores et déjà entrés en vigueur et 20 des 83 universités françaises sont passées à l'autonomie au 1er janvier 2009.

"Nous avons un mouvement qui s'approfondit dans un processus de consensus de plus en plus précis", a commenté à l'AFP Donna Kesselman, maître de conférences à Paris-X Nanterre.

La coordination, qui se réunissait pour la quatrième fois, a dit représenter 65 universités, 15 autres établissements et 18 associations et syndicats. Sa prochaine réunion est prévue le vendredi 6 mars à l'université Paris-XII.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 21 Fév 2009, 22:08

Communiqué du matin

La journée de manifestations du 19 février a rassemblé 50 000 enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS, ITA, précaires, post-doctorants, doctorants, étudiants, et des personnels de l’Education Nationale dans toute la France. Aujourd’hui, le 20 février 2009, la 4ème Coordination nationale des universités se tient à Nanterre.
Elle exprime son exaspération face au mépris sans précédent manifesté par le gouvernement et par le président de la République vis-à-vis de son mouvement et de ses revendications, vis-à-vis de l’ensemble de la communauté universitaire.
Elle constate que les revendications posées par les Coordinations précédentes n’ont pas été satisfaites et que les réformes contestées n’ont pas été retirées.
En conséquence, elle maintient le mot d’ordre de grève, reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier : « L’Université et la Recherche s’arrêtent ».

Motion 1 : « De la maternelle au supérieur »
Les délégués à la Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 constatent qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes, précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux.
La coordination appelle à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».
Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de mobilisation sur ce mot d’ordre début mars.
Dans cette perspective, elle mandate une délégation pour prendre contact avec les organisations syndicales et l’Intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle appelle nos collègues à aller discuter dans les écoles, collèges et lycées. Elle appelle les IUFM à rejoindre massivement le mouvement et à le relayer auprès des maîtres formateurs. Elle mandate une délégation à la coordination parents-enseignants du 14 mars à Montpellier.

Motion 2 : “Pour une nouvelle loi”
La coordination nationale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de véritables négociations.

Motion 3
La 4ème Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 reprend à son compte les motions votées dans les Coordinations précédentes, avec l’ensemble des revendications qu’elles contiennent, et l’appel du CNRS voté le 12 février. Nous continuons à exiger :

le retrait de la réforme du mode d’allocation des moyens (dit modèle SYMPA)
la résorption totale de la précarité et l’augmentation des salaires des personnels (revalorisation du point d’indice et intégration des primes dans les salaires)
le réinvestissement de l’Etat dans les CROUS et dans l’aide sociale aux étudiants
la fin du processus d’externalisation des tâches, et le maintien de la filière bibliothèque.

La coordination nationale des universités appelle à intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les revendications de la Coordination étudiante du 14-15 février. Elle soutient les « désobéissants » qui refusent dans les écoles de mettre en place le soutien individualisé, et demande l’arrêt immédiat des sanctions contre les enseignants du primaire.
Dans l’immédiat, la coordination nationale exige le retrait des trois réformes contestées (projet de réforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés, et un plan pluriannuel de création d’emplois .

Motion 4 : Solidarité avec les étudiants
La Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 déclare son soutien au mouvement des étudiants et à leurs revendications telles qu’exprimées dans la plateforme de leur première coordination nationale de Rennes.
Elle mandate une délégation pour prendre contact avec le comité d’organisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 février (université d’ Angers).

Calendrier national

24 février : multiplier les actions en direction du public.
26 février : journée nationale de manifestations.
5 mars : journée nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas satisfaites à cette date, nous appelons à la démission de toutes les charges administratives non électives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printemps…) et à pratiquer l’obstruction dans le cadre des mandats électifs.
6 mars : Prochaine AG de la Coordination nationale à Paris 12 (peut-être avec Marne-La-Vallée).
7 mars ? : Rassemblement de la maternelle à l’université
10 mars : Grande manifestation nationale “de la maternelle à l’université” à Paris.
12 mars : Appel à soutenir et à participer à la coordination nationale des laboratoires.
19 mars : Appel à la journée de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.

Et aussi

Développer la grève active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux publics, voir leur occupation.
Boycott des expertises AERES et ANR, boycott des audits des Universités pour le passage à l’autonomie. Envoi d’une lettre de la coordination.
Blocage des conseils centraux qui prévoient de remonter les maquettes.
Participation aux Journées en mars à Bruxelles en relation avec la stratégie de Lisbonne et de Bologne.
Voter le principe d’une caisse de grève avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et le secondaire.
Appel aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des grévistes.
Délégation à la coordination étudiante à Angers.

Universités et établissements représentés

Universités : Angers / Antilles-Guyane / Avignon / Artois / Aix-Marseille I / Aix-Marseille III / Bordeaux I / Bordeaux II / Bordeaux III / Bourgogne / Brest Bretagne Sud Bretagne occidentale Caen Cergy Clermont II Compiègne Evry Franche-Comté Grenoble 1 Haute Bretagne Le Havre Le Mans Lille 1 Lille 3 Limoges Littoral Lyon 1 Marne-la-Vallée Metz Montpellier II Montpellier III Mulhouse-Colmar (Haute Alsace) Nancy 1 Nancy 2 Nantes Orléans Paris 1 Paris 3 Paris 4 Paris 5 Paris 6 Paris 7 Paris 8 Paris 9 Paris 10 Paris 11 Paris 12 Paris 13 Pau Picardie Poitiers Reims Rennes 1 Rennes 2 Rouen Saint-Etienne Strasbourg Toulon Toulouse 2 Toulouse 3 Tours Valenciennes Versailles Saint Quentin
Autres établissements et organismes CNAM Ecole française de Rome EHESS ENS Cachan ENS LSH ENS Paris ENS Lyon IEP Paris IEP Rennes IEP Toulouse INALCO IUFM Paris IUT Troyes Museum Observatoire de Paris

Syndicats, associations et sociétés savantes
APMESU ASES Défense de l’université FERC-CGT FO Intersyndicale Intersyndicale de l’administration centrale Papera Reconstruire l’école SF études 18ème SFLG SFS SLR SLU SMF SNCS-FSU SNESup-FSU Sud Education Sud Recherche


Les étudiants de l'ENS enterrent symboliquement la recherche et l'enseignement supérieur

Mercredi 18 février, 14h58
Karine PERRET

Cercueil, fleurs, marche funèbre du Chopin: une soixantaine d'étudiants de l'Ecole normale supérieure ont symboliquement enterré mercredi à Paris l'enseignement supérieur et la recherche, pour marquer leur opposition aux réformes gouvernementales dans l'enseignement.

Dans la cour de la prestigieuse école de la rue d'Ulm, près du Panthéon (Ve arr.), les "proches" sont réunis : sur des bancs, des femmes, voilées de noir, paquets de mouchoirs à la main, miment des sanglots; les autres, costumes sombres, feignent de se recueillir, debout, tête baissée.

Au total, une soixantaine d'élèves, accompagnés de quelques professeurs, assistent, dans un jour morne et gris, à la procession accompagnant l'arrivée du cercueil, symbolisant la sort funeste réservé selon eux à la recherche.

"Hier, à l'heure où blanchit la montagne Sainte-Geneviève, elle est partie" (la recherche), lance, dans un discours d'adieu, un étudiant, parodiant le poème de Victor Hugo dédié à sa fille défunte Léopoldine ("Demain, dès l'aube").

L'assemblée pleure une "victime des décrets et de la LRU", ajoute-t-il, faisant référence d'une part au décret controversé sur le statut des enseignants-chercheurs, l'un des sujets du conflit actuel mené par les universitaires, et d'autre part la loi sur l'autonomie des universités de la ministre Valérie Pécresse.

"O rage, ô désespoir, ô Pécresse ennemie !", renchérit une étudiante, parodiant cette fois Pierre Corneille.

A la fin de l'homélie, le cercueil est déposé dans le bassin au milieu de la cour. Une femme jette un bouquet de fleurs. Rideau.

Prend alors la parole Morgan Labar, étudiant de première année en Histoire de l'art: "voilà ce qui arrivera si on ne se mobilise pas maintenant". Il invite l'assemblée à une "lutte collective" pour que vivent "l'enseignement supérieur et la recherche".

"Pécresse, démission", "Retrait !", "De quoi ? De la LRU !", entonne alors la foule.

Venue les encourager, Houda Ayoub, professeur de langue et littérature arabes, se demande "à quelle sauce vont être mangés" ses élèves, citant deux réformes - statut des enseignants-chercheurs, réforme de la formation des enseignants- qui l'"inquiètent".

Cette dernière, notamment, "répond à des soucis économiques mais néglige l'aspect scientifique et pédagogique", estime-t-elle alors que l'enseignement et la recherche sont un débouché traditionnel des normaliens.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 22 Fév 2009, 23:00

GRÈCE GÉNÉRALE
« Des preuves d'amour il y en a dans les poches du patronat »

Note de conjoncture politique sur le mouvement des universités

Troisième version - Actualisation :
http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article49
Date : 22.02.09 -- 19 h 37
Auteur : JV [Mcf Droit Paris I / CGT Sup']
______________________________________

1. Croissance du mouvement universitaire

La conjoncture est bonne. Même si certains enseignants-chercheurs commencent à fatiguer un peu, après deux, trois voire quatre semaines de grèves suivant les configurations locales, et qu'ils espèrent légitimement un prompte retrait des projets gouvernementaux pour remettre les universités en marche, d'autres aspects plus essentiels du mouvements montrent que la détermination de tous est intacte et que, surtout, le mouvement dans son ensemble, continue de croître.

1.1) Tout d'abord l'entrée en masse des étudiants dans la mobilisation à compter de leur coordination nationale de Rennes le week-end dernier (14-15 février) a profondément modifié le mouvement universitaire cette semaine. D'une part, la mobilisation étudiante produit un effet relais, notamment dans les manifestations, lorsque les enseignants s'essoufflent ; d'autre part cela induit un élargissement des revendications qui contribue à faire monter la pression sur le gouvernement. Les étudiants demandaient à la coordination nationale des universités un ralliement à leur revendication centrale : « abrogation de la LRU ». Ils ont obtenu satisfaction, avant-hier, lors de la quatrième coordination nationale : http://www.shesp.lautre.net

1.2) Ensuite, la météorologie médiatique s'est nettement améliorée, depuis le week-end dernier aussi, avec l'édito (13 février) du journal Le Monde (qui exerce une certaine influence sur les autres médias) sur la « Faute lourde » de Nicolas Sarkozy insultant le monde de l'enseignement et de la recherche. On peut y voir soit un effet des campagnes de désabonnements lancés dans le monde universitaire soit un sursaut de lucidité du journal face à l'ampleur prise par le mouvement.
Quoiqu'il en soit, sa ligne éditoriale s'est retournée à 180° et, même si le nombre d'articles consacrés au mouvement reste faible, ils ne sont plus systématiquement opposés au mouvement universitaire comme cela était le cas avant. Le nombre de dépêches AFP par jour a sensiblement augmenté. Les radios commencent aussi à évoluer.

1.3) Les manifestations partout en France, jeudi 19 février, ont donné un bon indicateur de la croissance du mouvement même en tenant compte de l'effet relais étudiants / enseignants évoqué précédemment.
Les journalistes qui font leur travail correctement ne s'y sont pas trompés : en tenant compte de l'impact des vacances scolaires dans deux zones sur trois et en comparant l'ampleur des manifestations non pas à la manifestation nationale du 10 février (Le Figaro) mais aux manifestations antérieures similaires, c'est-à-dire locales, ils observent une croissance spectaculaire du nombre de manifestants (Libération, France Info, AFP).

1.4) La quatrième coordination nationale des universités, vendredi 20 février, a été, à tous égards, l'une des plus réussies des quatre rencontres organisées depuis le 22 janvier. L'organisation logistique assurée par le comité de Nanterre était impeccable. La qualité des débats - collectivement beaucoup mieux maîtrisés que par le passé - très supérieure à celle des précédentes rencontres. Les communiqué, motions et calendrier votés par la coordination nationale sont mieux que jamais adaptés à la conjoncture du moment. Ils reconduisent évidemment la grève reconductible, totale et illimitée dans l'ensemble du monde de l'université et de la recherche. Ils impulsent et organisent les convergences de la maternelle au supérieur. Ils confirment la parfaite et harmonieuse articulation entre la coordination nationale et les syndicats organisés en intersyndicale. Ils exigent l'abrogation de la loi LRU comme préalable à une reconstruction sur ce champ de ruines que le gouvernement actuel a créé.

2. Le recul annoncé du gouvernement

Cette croissance du mouvement universitaire prolonge celle des trois semaines précédentes et explique la stratégie de recul du gouvernement amorcée après le Conseil des Ministres du mercredi 11 février. Le Canard Enchaîné (18.02.09), nous apprend que la ministre Valérie Pécresse s'est vue signifier le vendredi 13 février par le Secrétaire Général de l'Elysée la nouvelle position du Président de la République : retrait du projet de statut sur les enseignants-chercheurs. Le Premier Ministre la lui a confirmée quelques heures plus tard. Dans le sillage du Chef de l'Etat et du Premier Ministre, une large partie des députés
du Groupe UMP considèrent depuis lors qu'il y a urgence à retirer ce décret. Valérie Pécresse a ensuite « perdu » son Directeur-ajoint de Cabinet en charge de l'évaluation, Jean-Philippe de Saint-Martin ex-Secrétaire général de l'Agence nationale de la recherche (ANR) dont la nomination fut annoncée en mai 2007 (Les Echos, 24 mai 2007) et effective à compter du 7 juillet 2007 et qui avait donc préparé la LRU.
Ce genre de démission (JO 17 février 2009) de conseiller ministériel « sur sa demande », peut parfaitement, dans les traditions gouvernementales, être décidée par l'Elysée et Matignon sans l'accord de l'intéressé ni même de la ministre concernée.

D'autre part, la Direction de l'UMP avait annoncé le 7 février l'annulation de l'ensemble des rencontres publiques de Valérie Pécresse face Roger Karoutchi par crainte des interpellations universitaires / étudiantes durant ces rencontres. Une seule rencontre sur les huit initialement prévues a pu avoir lieu. Une émission de face à face Pécresse / Karoutchi est certes programmée le 7 mars pour diffusion publique le 13 mars sur France 3 Paris Ile-de-France (AFP hier) mais Valérie Pécresse, considère elle-même avoir déjà perdu la primaire interne à l'UMP pour la candidature aux élections régionales : « /Si les militants votent dans ce climat, je suis foutue. Mais si je recule(sur le décret) je suis aussi foutue. » (/Canard Enchaîné/ 18.02.09).

Dans cette situation d'isolement au sein de sa majorité, Valérie craint donc en cas de « retrait sec » du décret enseignant-chercheur, de devoir défaire l'ensemble de sa loi et par suite de voir sa carrière politique ressembler à celle de Devaquet après le retrait de son projet universitaires en novembre 1986 : une disparition définitive de la scène politique. Cette situation d'isolement de la Ministre qui lutte maintenant pour sa survie politique explique sa résistance à annoncer purement et simplement un / des retrait(s) de projets en cours. Combien de temps tiendra-t-elle ? La réponse tenant à la fois de sa psychologie
personnelle, des relations internes à son Cabinet nécessairement opaque et aux faibles soutiens qu'elle peut trouver à l'extérieur... est difficile à faire, même en estimation.

3. Le dernier espoir de Pécresse : les propositions Fasquelle

Cependant, une chose est certaine aujourd'hui : ses marges de manoeuvre sont très étroites et, en ce qui concerne le statut des enseignants-chercheurs, elle ne dispose plus d'autre voie de passage que celle que le député Daniel Fasquelle (Doyen de la Faculté de droit à L'Université du Littoral Côte d'Opale -- ULCO, Boulogne) a tenté d'ouvrir, depuis plusieurs semaines, sous la forme de propositions rendue à la Ministre et à la médiatrice ce lundi 16 février (texte
diffusé publiquement mercredi 15 février). L'un des enjeux intermédiaires et actuels pour le mouvement universitaire est donc de faire obstacle aux propositions Fasquelles pour enlever tout espoir d'échappatoire à Valérie Pécresse..

Cet espoir c'est l'acceptation par les universitaires d'une évaluation-(modulation ?) des enseignants-chercheurs sous contrôle des CNU. Sur cette option « évaluation-(modulation ?)-CNU » convergent aujourd'hui la Ministre, une partie (probablement petite) du groupe parlementaire UMP, une partie (nettement décroissante) de la Conférence des Doyens de Droit, une partie de la Conférence des Présidents d'Université, et probablement une partie des collègues élus aux CNU au moins pour ce qui concerne le renforcement des pouvoirs du CNU qui en résulterait. Or, la mise en oeuvre d'une telle option ne peut pas se passer du classement des revues tel que réalisé par l'AERES : c'est en effet la seule solution concrète pour produire une évaluation de 60 000 enseignants-chercheurs sans croissance vertigineuse (et impensable dans le contexte budgétaire actuel) du budget du CNU : une quantification sociométrique de la valeur de chaque publication scientifique pour aboutir à une notation objectiviste de chaque chercheur et enseignant-chercheur qui affectera ensuite ses conditions de travail.

Les juristes (section 01, 02 et 03 du CNU) sont parvenus à s'opposer au principe même de la bibliométrie. Les politistes (Section 04 du CNU) à faire retirer le classement A, B, C même si cela n'apparaît pas encore sur le site de l'AERES. Les risques de la bibliométrie sur les autres sciences sont également importants et inquiètent notamment les mathématiciens, mais aussi les astrophysiciens. De nombreuses critiques se sont exprimées également dans d'autres disciplines. Plusieurs projets de texte sont en préparation pour signature par les revues critiquant le classement voire demandant leur retrait du classement.

En ce qui concerne plus spécifiquement les sciences humaines et sociales, une évaluation sociométrique de nos travaux articulée à un système de décision centralisé sur nos activités produira un laminage intellectuel de la production scientifique : le filtre technocratique de l'AERES (un conseil scientifique mandarinal = sans MCF ni Chargés de Recherche ; des "groupes de travail" non élus mais nommés par l'administration ; des critères d'évaluation inexistants laissant place à tous les manipulations clientélistes...) associé aux inévitables dominances paradigmatiques, idéologiques ou clientélistes qui structurent le fonctionnement des sections du CNU conduira inéluctablement à laminer les formes de pensées décalées, marginales, dissidentes... mais surtout les formes de pensées nouvelles, émergentes, qui font tout l'intérêt de la recherche scientifique. Ce sera une formidable machinerie à produire de la pensée unique et du conservatisme intellectuel... quels que soient les pensées uniques et les conservatismes de chaque époque et de chaque discipline.

Il est donc urgent, à titre d'objectif intermédiaire, d'ouvrir deux débats essentiels : veut-on (et si oui, sous quelles conditions ?) d'une évaluation par les CNU ? Peut-on accepter le classement actuel des revues scientifiques par l'AERES et son usage probable dans l'évaluation des enseignants-chercheurs ?

4. Le problème Darcos

La suspension de la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés est également un enjeu intermédiaire majeur de la mobilisation avec une forte probabilité de victoire à court terme. En effet, le très petit nombre d'universités ayant accepté de renvoyer les « maquettes » (projets de diplômes) au Ministère a contraint les autorités à repousser pour la deuxième fois la date limite de remise des documents, cette fois-ci jusqu'au 31 mars. Il n'y a évidemment aucune raison pour que les universités ayant refusé ce jeu de dupes en février l'acceptent en mars. Et le calendrier universitaire avançant... la probabilité d'une rentrée universitaire en septembre 2009 dans les conditions espérées par le ministère est proche de zéro.

Cette réforme vise à démanteler les concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et deuxième cycles et à produire une masse d'enseignants diplômés mais non recrutés qui seront alors employables tant par le secteur privé que sur des contrats à durée déterminée dans le secteur public. Ce mode de production d'enseignants diplômés précaires ou chômeurs devrait peser à long terme sur les négociations relatives au maintient du pouvoir d'achat des grilles indiciaires en ce qui concerne les enseignants statutaires actuels. Ce pourquoi, la mobilisation des enseignants des premiers et deuxième cycles, si elle peine à s'amorcer durant ces périodes de congés, devrait démarrer au retour des vacances notamment à partir du 2 mars et surtout du 9 mars.
En attendant la pétition demandant la démission de Xavier Darcos, qui est à l'origine de cette réforme et de propos outranciers révélant sa conception mercantile de l'Education Nationale bat des records de popularité en réunissant près de 10 000 signatures en moins d'une semaine.

A la date échéance du 5 mars, la coordination nationale appelle à la démission de toutes les charges administratives non électives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printemps...) et à pratiquer l'obstruction dans le cadre des mandats électifs. La prochaine rencontre de la coordination nationale fixée au 6 mars à l'Université Paris 12 permettra alors de tirer les conclusions qui s'imposeront.

5. Conclusion

La conjoncture pour atteindre l'objectif de la coordination nationale des universités d'abrogation de la LRU n'a donc jamais été aussi bonne depuis deux ans. On peut entendre cette demande d'abrogation de différentes manières : pas forcément au sens juridique du terme, une loi pouvant parfaitement être de facto abrogée en étant tout simplement vidée de son contenu et impossible à mettre en oeuvre. A cette fin, l'enjeu central pour le mouvement universitaire est maintenant de durer et de continuer à croître en favorisant les convergences étudiants / enseignants et les convergences de la maternelle au supérieur. La semaine qui vient sera difficile : deux zones sont encore en vacances scolaires et l'essoufflement chez certains enseignants-chercheurs devrait s'accentuer. Il faut donc encore une fois « densifier » la grève active en développant les programmes de conférences publiques intra muros mais surtout, mardi 24 février, hors de l'université. Les manifestations de jeudi 26 février aideront également à passer cette semaine difficile. A partir de la semaine suivante, une seule zone restera en congés et la dynamique des mobilisations intersyndicales en vue de la grande journée nationale du 19 mars favorisera de nouveau le mouvement universitaire comme cela s'est passé en amont de la précédente journée nationale du 29 janvier. La grande manifestation nationale « De la maternelle à l'université » à Paris le 10 sera un point d'orgue intermédiaire.
Modifié en dernier par Nico37 le 24 Fév 2009, 14:17, modifié 2 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede kuhing » 24 Fév 2009, 09:16

Vilaine bureaucrate a écrit:moi je la trouve super! :v:
Pour mardi; heureusement c'est une journée d'action, j'espere que ça va se finir en occupation d'un lieu, et non pas en balade!

merci Nico de ce post.
t'as un lien?


Bon bin on va mettre cet appel de la coordination dans le P'tit Noir 6
kuhing
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 24 Fév 2009, 14:33

Misère de l'éditorialisme

Treize universitaires répondent aux « grandes plumes » de la presse française, qui souvent «n'ont pas hésité à jouer d'un ressentiment anti-intellectuel et anti-fonctionnaires pour tenter de discréditer le mouvement, au mépris de la réalité»

Depuis le début de leur mobilisation, les enseignants-chercheurs ont eu à faire face à un adversaire redoutable et plutôt inattendu : les « grandes plumes » de la presse française. Plusieurs d'entre elles n'ont pas hésité à jouer d'un ressentiment anti-intellectuel et anti-fonctionnaires pour tenter de discréditer le mouvement, au mépris de la réalité. C'est Christophe Barbier pour qui cette mobilisation est injustifiée, contrairement à celle des ouvriers dans l'automobile selon lui, et ne traduit rien d'autre qu'un refus des enseignants-chercheurs « qu'on mette le nez dans leur tambouille, dans leur cuisine, dans l'organisation de leur emploi du temps », auxquels il finit même par crier, faute d'argument sans doute : « Lénine est mort » (LCI, 3 février 2009).



C'est encore Franz-Olivier Giesbert qui fustige « l'idéologie du père peinard » et le « conservatisme » qui anime les universitaires, qui ne recule pas devant les accusations les plus infâmantes, comme celle de refuser ces réformes par « confort » et pour mieux se parer « d'oripeaux prétendument révolutionnaires » (Le Point n° 1899, 5 février 2009). C'est enfin Sylvie Pierre-Brossolette qui avance sans l'ombre d'une hésitation que les chercheurs ne sont jamais évalués et qu'elle connaît bien le problème... puisqu'elle vit avec un enseignant-chercheur ! (France 2, 5 février 2009). A quoi elle ajoute même qu'après 40 ans, « c'est génétique » (sic), un chercheur ne produit plus grand chose d'intéressant (France Info, 9 février 2009).

Qu'importe à ces brillants esprits les démonstrations par A+B du contraire par l'ensemble de la communauté universitaire et de la recherche. Qu'importe si face à eux ils trouvent aussi bien des Prix Nobel que les laboratoires de l'Ecole Polytechnique ou encore des membres de l'Institut Universitaire de France pour leur dire qu'ils se trompent lourdement. Il s'agit avant tout pour ces signatures de la presse d'accréditer la thèse selon laquelle les enseignants-chercheurs ne seraient que des privilégiés figés dans leur posture corporatiste, refusant l'évaluation de leur travail et tout contrôle de leur activité, au mépris de « l'avenir de nos enfants » (Franz-Olivier Giesbert encore, manifestement très inspiré...) alors qu'ils sont payés par le contribuable.



Comment expliquer un tel dévoiement de l'exercice de l'éditorial ? Au-delà d'une posture qui prolonge le mépris affiché par le pouvoir non seulement pour les enseignants-chercheurs mais plus globalement pour l'ensemble de la communauté éducative depuis plusieurs mois, ce déchaînement d'accusations qui fleurent bon le poujadisme s'explique peut-être aussi par la structure même du conflit autour du décret sur le statut des enseignants-chercheurs. Pièce d'un plan d'ensemble esquissé dans la loi sur la « liberté et la responsabilité des universités » (LRU, dite aussi « loi sur l'autonomie »), il est le reflet d'une stratégie de « modernisation » élaborée depuis plusieurs années dans des cercles politiques et technocratiques restreints, sans véritable concertation avec le monde de la recherche et de l'université, et sans débat démocratique élargi, alors même que le sujet concerne l'ensemble de la communauté nationale et relève d'un choix de société sur lequel chaque citoyen devrait avoir son mot à dire.

La seule stratégie pour « vendre » à l'opinion ce projet de « modernisation » du système d'enseignement et de recherche a finalement été de l'assommer à coup de classements internationaux, tel celui de Shanghaï, ou d'antiennes du type « nous entrons dans la société de la connaissance et de l'innovation » sans jamais interroger ni la pertinence de tels intitulés ni leur portée réelle. Que reste-t-il donc à faire dès lors que les principaux intéressés, chercheurs et universitaires, donnent de la voix et se font entendre malgré le dogmatisme gouvernemental et le verrouillage de sa communication ? Tenter de construire, à la hâte, un soutien populiste aux « réformes » du gouvernement en livrant à l'opinion les clichés les plus éculés sur des intellectuels improductifs et des fonctionnaires privilégiés. Succès garanti en temps de crise ! La teneur générale des commentaires lus sur les sites Internet à la suite des articles des éditorialistes précités ne laisse aucun doute. La stratégie de stigmatisation marche sans doute au-delà de leurs espérances.

Sur quels éléments auraient donc dû se fonder les commentaires de ces plumes allègres ? Comment auraient-ils pu exercer leur art avec la déontologie que l'on est en droit d'attendre d'une presse prétendument sérieuse ? Il leur aurait d'abord fallu ne pas délibérément ignorer que l'évaluation existe à l'université et dans la recherche ; et surtout que les enseignants-chercheurs n'y sont pas opposés puisqu'ils la connaissent bien et la pratiquent couramment. Comment se fait-il qu'ils ne soient pas entendus ? Il leur aurait fallu ensuite ne pas délibérément ignorer les nombreuses voix qui se sont élevées depuis des semaines pour inciter à une véritable réflexion sur les conditions dans lesquelles s'effectue l'évaluation, en termes de compétences disciplinaires et de condition de travail pour les évaluateurs, mais aussi sur la pertinence des modèles quantitatifs dit « bibliométriques » qui sont actuellement imposés plus par idéologie que par respect pour la recherche. Pourquoi la réalité est-elle à ce point occultée ? Il leur aurait enfin fallu ne pas délibérément ignorer non plus les propositions de réformes émanant de la communauté universitaire elle-même. Une réflexion engagée depuis des années, notamment lors des états généraux de la recherche de 2004, a en effet donné lieu à de nombreuses propositions... de réforme. Là encore, pourquoi sont-elles ignorées ? Est-ce afin de ne pas ternir l'image de bonne volonté réformatrice du gouvernement ? Bref, le mépris pour les faits, l'ignorance délibérée et la manipulation grossière de la réalité semblent servir de viatique journalistique à ces « leaders d'opinion ». Ils tiennent ainsi à distance des lecteurs qui, souvent inconscients des enjeux, se laissent emporter par cette rhétorique simpliste et démagogique. Le tour est ainsi joué.

C'est finalement le discours du Président de la République sur la recherche, le 22 janvier 2009, qui donne la clef de la stratégie choisie par le pouvoir pour imposer ses réformes à l'université et à la recherche françaises : le déni de leur valeur et de leur utilité sociale, à travers le sarcasme, le mépris et l'intimidation. Il est dès lors regrettable que des sources d'information vers lesquelles se tourne le public soient plus occupées à emboîter le pas à cette trahison de l'avenir qu'à simplement faire leur travail : livrer les faits et les données permettant à chacun de se faire son opinion.



Signataires :

Laure BLEVIS, maître de conférences de sociologie (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense)
Laurent BOUVET, professeur de science politique (Université de Nice Sophia-Antipolis)
Martin CAMPOS PINTO, chargé de recherches en mathématiques (IRMA-CNRS, Université de Strasbourg)
André CARTAPANIS, professeur de sciences économiques (IEP d'Aix-en-Provence)
Michèle CLEMENT, professeur de littérature française (Université Lyon II-Lumière)
Vincent DENIS, maître de conférences d'histoire (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
Jean-François DUNYACH, maître de conférences d'histoire (Université Paris IV-Sorbonne)
Laure NEUMAYER, maître de conférences de science politique (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
Carlos PIMENTEL, professeur de droit public (Université Versailles-Saint-Quentin)
Olivier RICHOMME, maître de conférences de civilisation américaine (Université Lyon II-Lumière)
Antoine ROGER, professeur de science politique (IEP de Bordeaux)
Violaine ROUSSEL, maître de conférences de science politique (Université Paris VIII-Saint-Denis)
Frédéric ZALEWSKI, maître de conférences de science politique (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede willio » 24 Fév 2009, 15:56

Pff, quelle merde ce mouvement.
Aujourd'hui AG étudiantes et personnels à Grenoble, à peine 1000 personnes.
On a bien vu la différence entre les révolutionnaires et les autres. Une motion pour créer une assemblée des grévistes (visant à se réapproprier les luttes) au lieu du comité de grève (qui rassemble les élu-e-s syndicaux-ales et les élues des AG d'UFR pour décider des suites du mouvement) a été rejetée... Aussi des gens qui se font huer quand ils dénoncent les méthodes staliniennes de prises de décisions des syndicats. Bref, assez démoralisant.
Ya un mec qui a dit "attention à la radicalisation du mouvement, c'est ce que le pouvoir attend. Le pouvoir ne cedera que par le nombre et pas par la radicalité". Quelqu'un lui a quand même fait remarquer que ça bouge en Guadeloupe depuis que des barricades ont été érigées. Avant, la mobilisation était importante en nombre mais manquait de percutant.

Donc je pense qu'il faut vraiment se passer des moutons qui croient pouvoir changer les choses en s'accrochant un pin's "en grève". Qu'ils continuent de "lutter" avec leurs dirigean-te-s, organisons nous hors de ces AG.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede fu hsang » 24 Fév 2009, 16:00

huhu^^ grenoble quoi ,
le mieux c est de faire un comite de mob clandestin qui passe outre les decisions de l ag ...
pendant le cpe on en avait rien a foutre des ag ...et c est la qu on est allé le plus loin (sur grenoble)...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede willio » 24 Fév 2009, 16:11

fu hsang a écrit:le mieux c est de faire un comite de mob clandestin qui passe outre les decisions de l ag ...


Oui, yen a déjà un. Mais il faut y amener du monde quoi.

Pour l'instant ça donne des grosses (enfin maintenant plus trop) manifs plan-plan et des petites sauvages plus énervées... Si on pouvait combiner les deux bons aspects, ça serait cool...
Mais les gens veulent-ils vraiment que ça change ou pas ? Parce que là, on décide la grève et tout le monde va en cours. :shock:

Il y a un manque évident d'explications aussi. L'autogestion c'est pas facile à expliquer et à comprendre quand on est formaté-e. A la sortie de l'AG j'entendais un groupe qui parlait et disait qu'il n'avait rien compris au "truc de mandats révocables dans la motion proposée par les anars"...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 24 Fév 2009, 16:26

fu hsang a écrit:le mieux c est de faire un comite de mob clandestin qui passe outre les decisions de l ag ...


Tout à fait, on ne peut rien espérer des AG, et encore moins des comité de mobilisation. Autant il est bon d'y aller pour s'informer et voir si ça se radicalise, et alors, tenter de d'appuyer et d'accentuer la radicalisation. Sinon oui, comité officieux.
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede willio » 24 Fév 2009, 16:33

Pourquoi encore moins des comités de mob ? En général c'est plus radical non ?
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede fu hsang » 24 Fév 2009, 16:35

héhé le probleme des mobilisations etudiantes c est leur inefficacite ^_-donc tu peux te cantonner dans ton role d etudiant et la ça va pas tres loin ...(defense de la fac , blablabla ,)
ou alors je sais pas mais sur gre ça licencie sec la ,a schneider , a st microelectronique , a caterpillar aussi je crois etc etc , si ils ont besoin d aide pour bloquer leur boite t y vas ... bon ça fait avant garde sauf si t y vas simplement en leur proposant un coup de main , c est sur que si tu y vas avec les gros sabots de militant anarchiste ... comment dire ,tu te feras certainement refoule ,subtilite et discretion , voila les maitres mots de la subversion
quand au manif de l EN et de l ES ,elles depassereont jamais le stade de ce qu elles sont ,avant d etre un service public ,ce sont des fonctionnaires qui ont une certaine idee du systeme( a force de travailler dedans ,on calque la pensee dominante ) , les gens ça fait des annees qui bossent dedans pour promouvoir Ce systeme elitiste ...ils vont pas changer avec 3 manifs (d ailleur ils ont jamais bouge leur cul autre que pour eux )
tu vois je te l avais dis que ça servait a rien ces putain d ag , y a des bons textes qui tournent sur la nocivité des ag et leur paix sociale (surtout en milieu etudiant et fonctionnaire )
plus t en feras , plus tu verras qu elles se ressemblent toute ...donc occupé oui ag non , bloquer ça sert a rien sauf si c est pour occuper ,occuper ça sert a rien sauf si c est pour elargir ,elargier ça sert a rien sauf si c est pour s organiser et depasser la greve en produisant pour nous ...c est simple ^_-
ben la ton comite de mob sur gre ...il a pas l air (je te parle de l officiel ) et le clande ...pour l elargier faut etre sur des personnes avec qui t es !!!!
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