Anarchisme

Re: Chroniques et présentations livres

Messagede bipbip » 24 Déc 2015, 15:45

Affinités NON électives

Un livre de René Berthier

Une coédition les éditions du Monde Libertaire et les éditions Libertaires


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L’histoire nous a habitués à ne voir dans les rapports entre anarchistes et marxistes qu’une opposition irréductible entre deux courants du mouvement ouvrier que tout sépare. Cette opposition ne saurait être sous-estimée, et encore moins occultée. Mais à plus d’un siècle de distance il serait temps d’aborder les choses d’un point de vue dépassioné.

L’élaboration théorique de penseurs comme Proudhon, Marx ou Bakounine doit être restituée dans le lent mouvement de travail qui, au 19eme siècle, tente de mettre en place un instrument d’analyse permettant de comprendre les mécanismes de la société capitaliste.

Ces convergences ne sauraient occulter le fait que les régimes politiques se réclamant de l’héritage de Marx ont fait couler beaucoup de sang ouvrirer.

Il faudra bien un jour rendre des comptes et ne pas se contenter de dire: "Kronstadt? Oui, c’était une erreur...

http://www.federation-anarchiste.org/?g ... kngrupr9v1
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Chroniques et présentations livres

Messagede bipbip » 19 Avr 2016, 23:01

"À bas les chefs !
Écrits libertaires (1847-1863)",
de Joseph Déjacque

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Présentation de l'éditeur : « Ce livre n’est point écrit avec de l’encre, c’est de l’acier tourné en in-8° et chargé de fulminate d’idées. C’est un projectile autoricide que je jette à mille exemplaires sur le pavé des civilisés. » Toute sa vie, balloté par la misère et l’exil, Déjacque n’a cessé d’écrire. Ouvrier colleur de son état, « poète des misérables », comme le surnomme son ami Gustave Lefrançais, « tapageur acharné », il s’arme de sa plume contre les réactionnaires de tout poil.
En 1848 à Paris, il chante la gloire des insurgés de Juin, ce qui lui vaut la condamnation et l’exil. À Londres, puis Jersey, où il côtoie les proscrits, il s’attire les foudres des républicains dont il fustige le modérantisme et l’opportunisme.
En 1858, à New York, il fonde son propre journal, Le Libertaire, dont il est à la fois le rédacteur, le gérant, le plieur, le porteur et l’actionnaire. On le retrouve enfin à La Nouvelle-Orléans, « ville de commerce et d’esclavage, au moral aussi sale que ses rues », appelant à la vendetta contre les planteurs esclavagistes...

Ennemi déclaré des Jésuites et de l’État, il hait l’autorité, d’ou qu’elle vienne. Aux rois, aux bourgeois, aux exploiteurs, lui, « infime prolétaire », lance cet avertissement : « Dent pour dent ! » Mais derrière la violence verbale, cet artificier des mots se révèle un sublime rêveur. La quête du bonheur, de l’harmonie, du socialisme l’anime, ce dont témoigne son texte le plus audacieux, L’Humanisphère. Sous-titré « utopie anarchique », il nous rappelle que pour Déjacque, l’utopie n’est pas un vain mot mais un acte : écrire, c’est combattre. Ce recueil rend hommage à l’œuvre, injustement méconnue, de Joseph Déjacque. Passé le choc de la première lecture, restent admiration et tendresse pour ce « volontaire de la Révolution » qui n’a jamais baissé pavillon.

Thomas Bouchet est enseignant-chercheur en histoire du XIXe siècle à l’université de Bourgogne, il travaille en particulier sur les premiers socialismes.
Derniers livres parus  : Les Fruits défendus. Socialismes et sensualité du xixe siècle à nos jours (2014) ; Quand les socialistes inventaient l’avenir. Presse, théories et expériences 1825-1860 (en codirection, 2015).
Editions La Fabrique, 336 pages, 15 euros.

> Feuilleter quelques pages du livre (pdf) : http://www.lafabrique.fr/spip/IMG/pdf_A ... s_Ba_T.pdf

http://utoplib.blogspot.fr/2016/04/vien ... re_18.html
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Re: Chroniques et présentations livres

Messagede bipbip » 23 Avr 2016, 12:50

Les anarchistes contre le mur

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Les anarchistes, toujours contre le mur !

Tandis que depuis bientôt soixante-dix ans que les Palestiniens ont été expulsé de leur pays en 1948 (et en 1967), ils n’ont toujours pas reçu les dédommagements prévus par les organisations internationales après la création de la ligne verte devant soi-disant marquer les frontières entre Israël et ses voisins... Pour synthétiser, après les accords de Camp David ; après la guerre du Liban et le terrible épisode de Sabra et Chatilla, entraînant les troubles permanents entre Palestiniens et Israéliens en Cisjordanie et dans la région de Gaza ; après la première Intifada, la ‘guerre des pierres’ en 1987 et l’enlisement de la situation entre l’Etat militaire israélien et l’Autorité palestinienne ; après le début de la colonisation de la région par l’Etat d’Israël ; après la seconde Intifada d’octobre 2000, il aura encore fallu attendre 2001, pour que d’immenses manifestations soient organisées à Tel Aviv et en Palestine, insufflées par le mouvement de solidarité international avec le vague espoir d’arriver à un compromis…
Mais, suite à la destruction du camp de réfugiés palestiniens de Jénine en 2002, les violences redoublent contre les Palestiniens. Ceux qui vivent encore en Israël sont victimes d’un apartheid tandis que les colons israéliens commencent à construire une ‘barrière de sécurité’ (ne respectant que 20 % de la fameuse ligne verte) entre les deux peuples, les coupant de tout contact, empêchant les Palestiniens d’aller travailler en Israël - pour des salaires de misère.
Pendant ce temps, les colons israéliens occupent leurs terres situées de l’autre côté de la ‘frontière’, détruisent leurs maisons, leurs oliviers et leur confisquent leurs sources d’eau potable.

Il faudra encore attendre 2003 pour voir la création des Anarchistes contre le Mur, en réaction à la construction de ce qui est devenu effectivement un véritable mur; à l’image de celui de Berlin.
La lutte contre le mur s’intensifiera en décembre 2003, quand Gil Na’amati - un Israélien faisant partie du mouvement - se fera tirer dessus à balles réelles par les militaires israéliens, ce qui provoquera une vive réaction, tant en Palestine qu’en Israël.
C’est à partir de février 2005 que les militants des Anarchistes contre le Mur décident de se rendre tous les vendredis dans les villages limitrophes de la ligne de démarcation, à Bil’in, Nil’in, Ma’asra et beit Ummar. Les militaires israéliens classent ces villages détruits par les colons israéliens en ‘zone militaire’. En 2009, un millier de personnes (Israéliens et Palestiens) défilent à Tel Aviv contre la guerre de Gaza. Dénoncés comme ‘traîtres et fauteurs de troubles’, 700 Palestiniens sont arrêtés. Depuis, les militants des Anarchistes contre le Mur manifestent leur soutien au peuple palestinien tous les vendredis dans les villages cisjordaniens situés le long du mur.

Les Editions libertaires ont rassemblé dix textes de sensibilités différentes de ces militants dans un petit recueil qui témoigne de manière crue et sans fard de leur révolte contre un état militaire et colonialiste, de leurs motivations, de leurs doutes et de leurs contradictions, mais surtout de leurs espoirs.
L’ouvrage s’ouvre sur un avant-propos d’André Bernard et Pierre Sommermeyer, et une préface de Ilan Shatif qui nous explique le pourquoi de cette édition française, avant de laisser la parole à Uri Gordon et Ohal Grietzer qui ont rassemblé lesdits textes.
Pour bien nous mettre dans le contexte, le fascicule présente plusieurs déclarations et discours qui ont jalonné l’existence du mouvement, avant de céder la place aux commentaires des militants.

Le premier est celui de Leenee Rothschild, qui raconte, sans fioriture aucune, l’histoire du petit village de Nabi Saleh (région de Ramallah) dont les 500 résidents protestent tous les vendredis contre l’occupation et les colons qui leur volent leur source d’eau potable. Leenee raconte le jour où la police militaire tire à balles réelles, tandis que Uday, un Palestinien est arrêté avec deux militants israéliens. Deux poids, deux mesures : Uday écopera de 8 mois de prison, tandis que les deux israéliens seront relâchés.
Plus tard, Mustafa Tanimi, un autre Palestinien, sera blessé à la tête par une lacrymo lancée à bout portant par un militaire et mourra de la suite de ses blessures. La description des funérailles est poignante.
Petite consolation, deux ans plus tard, un groupe obstiné de femmes palestiniennes réussira à atteindre pour la première fois la source volée par les colons, dans le village de Leehee Rothschild.

Le second texte de Kobi Snitz constate que, si le Mur est terminé, la partition de la Cisjordanie sera permanente et irréversible, tandis qu’aucun parti israélien ne soutient la lutte contre sa construction. Il constate amèrement que, même dans la lutte aux côté des Palestiniens, les Israéliens restent des privilégiés et que ce sont les Palestiniens qui prennent le plus de risques.

Roy Wagner nous fait pénétrer dans Tel Aviv, la plus belle ville du monde… entourée de militaires ! Il nous fait voyager de l’autre côté du miroir touristique et bourgeois, dans le quartier de la gare routière, dont la vieille population arabe, juive-yéménite et caucasienne a été expulsée, tandis que les Philippins ont fini par fuir les derniers vestiges sur la colline, laissant la place aux derniers arrivants, les Soudanais et les Erythréens qui y vivent dans des conditions de misère. Roy nous parle de ces jeunes israéliens qui oublient un peu vite, une fois leur service militaire effectué, leur position d’oppresseur des Palestiniens. Il milite avec les Anarchistes contre le Mur et travaille dans une ONG, « Peut-être encore une façon pour moi de ne pas parler de l’occupation à ma propre communauté », conclue-t-il.

Tali Shapiro, dans un registre de sincérité confondante, se pose la question de l’image que renvoient les militants Anarchistes contre le mur qui, à force de défendre leurs convictions, isolés des leurs, sont devenus petit-à-petit des loups solitaires et auto-suffisants. Les mâles ashkénazes sont les plus machistes, vouent un culte au héros, tandis que les femmes et les gays sont discriminés, tout comme que les Mizrahi, les russophones, les handicapés et les personnes âgées. Pour Tali, au final, les militants des Anarchistes contre le Mur devraient se poser des questions, car selon elle, « le privé aussi EST politique ».

Pour Sarah Assouline, juive canadienne immigrée en Israël (qui vit dans une bulle), aujourd’hui, ce sont les assassins qui sont des héros ! Elle a découvert l’autre face d’Israël en commençant à participer aux manifestations hebdomadaires des Anarchistes contre le Mur, « pour obliger les gens à prendre conscience qu’il y a bien occupation, nettoyage ethnique (80 % des Israéliens a soutenu le massacre de Gaza), et que les Palestiniens existent ! Mais on dirait que le monde n’a pas encore assez bu de sang palestinien » éructe-t-elle.

Iris Arieli se penche sur les situations d’urgence que vivent les Anarchistes contre le mur et leur négligence du soutien post-traumatique lorsqu’ils rentrent d’actions violentes et qu’ils souffrent de dissociation, d’évitement et de flash-backs. Ils finissent épuisés de l’intérieur et ont une image négative d’eux-mêmes. « Il faut prendre le temps de prendre soin de soi malgré l’urgence de l’action », est sa conclusion.

Uri Ayalon revient sur la naissance des Anarchistes contre le Mur et le rôle non négligeable qu’ont joué des journalistes engagés et courageux qui n’ont pas hésité, au risque de perdre leur job, à les faire connaître, sinon reconnaître - car pour ce dernier, « Dans le combat pour la vérité, une caméra est une arme efficace », avant d’avertir : « Aujourd’hui, Plus personne ne pourra dire.. ‘Je ne savais pas’ »...

Yossi Bartal se demande comment, en tant que militant anarchiste et queer, combattre un Etat d’occupation, après le recul enregistré après la seconde Intifada, la reprise du contrôle religieux, nationaliste et militariste. Le retour en arrière, les violences homophobes contre la Gay Pride de Tel Aviv, et la même ségrégation qui sévit en Palestine... Cependant, il convient : « Ce n’est pas notre combat de changer et contester la culture palestinienne avec ses éléments patriarcaux, militaristes et homophobes, mais celui de nos camarades palestiniens auxquels nous devons offrir notre solidarité ».

Ruth Edmond se penche sur la difficulté de garder ses amis et de bons rapports avec sa famille quand on est un militant radical. On s’en éloigne progressivement. Elle se souvient de l’assassinat de Mustaa Tanimi, tandis qu’une amie lui dit « Tu ne vas tout de même pas y aller ? Mais comment aurait-elle réagi si un juif avait été tué ? ». Ruth pense qu’il faut continuer à parler à ses amis à se famille, « afin qu’ils n’enfouissent pas leur tête dans le sable ».

Enfin, Chen Misgav, durant une manifestation à Nabi Saleh, décide de garder son insigne arc-en-ciel (gay et queer) et de continuer à l’arborer. Il y fait une rencontre qui va changer sa vision du monde : il se lie d’amitié avec un jeune Palestinien de Ramallah. Durant le week-end qu’il passe pour la première fois en terre palestinienne, il visite le siège de l’Autorité palestinienne interdite aux juifs par la loi, et même la tombe de Yasser Arafat, « J’espère que beaucoup d’Israéliens auront l’occasion de faire connaissance des habitants d’une ville de l’autre côté de la frontière, où par temps clair, on peut voir Tel-Aviv ». Nous l’espérons également !...

Patrick Schindler

Les anarchistes contre le mur
Editions libertaires
134 pages – 13 €
En vente à Publico (145 rue Amelot 75011 Paris ou sur la librairie en ligne http://librairie-publico.com/)

http://monde-libertaire.fr/?article=Les ... re_le_mur_!
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 27 Aoû 2016, 14:49

Daniel Guerin - L'anarchisme dans la révolution espagnole

Document PDF : L'Anarrchisme_Guerin.pdf >> lire L'anarchisme dans la révolution espagnole_p41-51
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 16 Juil 2017, 16:24

Alternative Libertaire

Qui sont les anarchistes ?

Qui sont les anarchistes ?
Introduction historique
Les libertaires en chiffres...
En France aujourd'hui...
Estimations progressistes
Diversité, différence, curiosité...
Noir, rouge et vert
Quand l'idéal type est "Personne"...
Kultur über alles
Des agents de la transformation sociale
L'hymne à la vie
Ce qu'ils sont et ce qu'ils ne sont pas
Différents courants anarchistes
LA TENDANCE COMMUNISTE LIBERTAIRE
LA TENDANCE INDIVIDUALISTE
L’anarchie et la non-violence
Convergences et divergences
Utopie ?
L’anarchisme
La fin et les moyens : projets de société future et pratiques dans le présent

lire en ligne : https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... narchistes
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 27 Juil 2017, 20:18

L’ANARCHIE

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« Le mot anarchie vient du grec et signifie, à proprement parler, sans gouvernement » rappelle Errico Malatesta (1853-1932). Précision nécessaire car le terme est constamment dévoyé, associé au désordre et à la confusion, pour entretenir à dessein le préjugé que les gouvernements sont indispensables à la vie sociale. Ce fut, au temps de la monarchie, aussi le sort réservé au mot république. Il suffirait donc de persuader l’opinion que le gouvernement n’est non seulement inutile mais extrêmement nuisible pour que l’anarchie, de fait, signifie pour tous : ordre naturel, harmonie des besoins et des intérêts de tous, liberté totale dans la solidarité totale.

L’État est l’ensemble des institutions politiques, législatives, judiciaires, militaires, financières, etc, qui enlèvent au peuple la gestion de ses propres affaires, la détermination de sa propre conduite, le soin de sa propre sécurité pour les confier à un petit nombre. C’est une réalité abstraite qui s’incarne dans le gouvernement. On voudrait nous imposer une vision abstraite du gouvernement : un être moral doté de certains attributs (la raison, la justice, l’équité), indépendant des personnes qui le composent, qui survivrait toujours aux coups que ceux-ci lui portent et aux erreurs qu’ils commettent. Mais le gouvernement, c’est bien l’ensemble des gouvernants.
S’il existait des hommes dont la bonté et le savoir étaient infinis, si le pouvoir gouvernemental allait aux meilleurs d’entre eux, leurs capacités ne seraient-elles pas paralysées ? Ne gaspilleraient-ils pas leur énergie à se maintenir au pouvoir, à contenter leurs amis, à tenir en échec les mécontents et mater les rebelles ?
Si les gouvernants s’imposent à la suite d’une guerre ou d’une révolution, quelle garantie avons-nous que l’intérêt commun les anime ? S’ils sont choisis par une classe ou un parti, ne feront-ils pas triompher les intérêts de cette classe ou de ce parti ? Élus au suffrage universel parce qu’ils ont su mieux que les autres manipuler la population ?

Les théoriciens de l’autoritarisme présentent le gouvernement comme le modérateur des antagonismes naturels des intérêts et des passions, qui assignerait droits et devoirs de chacun. Théorie inventée pour justifier les faits, défendre le privilège et le faire accepter par ses victimes car tout au long de l’histoire, le gouvernement reste synonyme soit de la domination brutale, violente et arbitraire d’un petit nombre, c’est-à-dire à l’origine du pouvoir politique, soit de la domination économique de ceux qui ont accaparé par la ruse, la force ou l’héritage, les moyens d’existence, et donc à l’origine de la propriété.
Dans quelques sociétés primitives et peu populeuses, les pouvoirs politiques et économiques ont pu être réunis mais, la plupart du temps, la classe privilégiée des exploiteurs se développe à l’ombre du pouvoir, c’est-à-dire du gouvernement, finissant toujours par le soumettre et en faire un gendarme à son service. Puis, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, la classe capitaliste place des membres du gouvernement issus d’elle-même. Le suffrage universel est un leurre destiné à tromper le peuple, une concession accordée pour éviter qu’il ne pense à s’émanciper, lui donnant l’espoir vain d’arriver un jour au pouvoir. Le rôle du gouvernement est toujours de défendre les oppresseurs et les exploiteurs. S’il met parfois en place des réformes trompeuses, des services publics, c’est pour feindre d’être le gardien du droit de tous, pour faire accepter les privilèges d’un petit nombre.
Pourtant, Errico Malatesta pense que l’humanité n’est pas condamné « à se débattre à tout jamais entre la tyrannie des vainqueurs et la révolte des vaincus » car la loi qui la gouverne est la solidarité.

L’homme est animé par deux instincts fondamentaux : celui de sa propre conservation et celui de la conservation de l’espèce. Dans la nature, les êtres vivants peuvent améliorer leur existence soit par la lutte individuelle contre les éléments et les autres individus, soit par l’appui mutuel, la coopération. Force est de constater que la coopération est devenue chez les hommes l’unique moyen de progrès et la lutte sera toujours inapte à favoriser le bien-être des individus. La solidarité est le seul état que permette à l’homme de déployer toute sa nature, le concours de chacun au bien de tous et de tous à celui de chacun. Errico Malatesta constate que dans l’histoire, le principe du chacun pour soi complique et paralyse la guerre de tous contre la nature, pour un plus grand bien-être de l’humanité, les hommes cherchant à préserver leurs privilèges ou à en conquérir tandis que les autres voudraient se révolter contre l’injustice.
Les masses opprimées ne se sont jamais résignées complètement à l’oppression et à la misère. Elles commencent à comprendre qu’elles ne pourront s’émanciper que grâce à l’union, grâce à la solidarité de tous les opprimés, à condition de posséder les moyens de production, la terre et les instruments de travail, donc avec l’abolition de la propriété individuelle.

Il répond à quelques objections qui sont régulièrement faites aux anarchistes, notamment de la part des autoritaires.
La nature et le rôle du gouvernement ne changeraient pas si les conditions sociales étaient changées car l’organe et la fonction sont inséparables.
L’action sociale n’est ni la négation ni le complément de l’initiative individuelle : elle est la résultante des initiatives, des pensées et des actions de tous les individus qui composent la société.
Il s’agit de donner les mêmes droits et les mêmes moyens d’action à tous, d’en finir avec la seule initiative d’un petit nombre qui entraîne nécessairement l’oppression de tous les autres.
Pour comprendre comment une société peut vivre sans gouvernement, il suffit d’observer qu’en réalité, la plus grande partie de la vie sociale s’accomplit aujourd’hui hors des limites d’intervention du gouvernement.
Si le peuple avait la possibilité de penser par lui-même à la production et à l’alimentation, il ne se laisserait pas mourir de faim en attendant qu’un gouvernement ait fait des lois dans ces domaines.
Quand l’intérêt de tous sera l’intérêt de chacun (et il le sera nécessairement si la propriété individuelle n’existe pas), tous agiront.
Errico Malatesta refuse de donner une solution officielle à tous les problèmes qui se présenteront dans la société future car ce serait se déclarer gouvernement et prescrire un code universel pour tous les hommes à la façon des législateurs de la religion.

Texte d’une grande clarté et d’une immense portée.


L’ANARCHIE
Errico Malatesta
114 pages – 5 euros
Éditions Lux – Collection « Instinct de liberté » – Montréal – Août 2012.
Première publication en 1902.

Le texte intégral est aussi disponible ici :
http://kropot.free.fr/Malatesta-Anarchi ... archie.htm

La collection « Instinct de liberté », dirigée par Marie-Ève Lamy et Sylvain Beaudet, propose des textes susceptibles d’approfondir la réflexion quant à l’avènement d’une société nouvelle, sensible aux principes libertaires.

https://bibliothequefahrenheit.blogspot ... .html#more
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 18 Aoû 2017, 15:09

L’ENTRAIDE, UN FACTEUR DE L’ÉVOLUTION

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Afin de démontrer que l’entraide est un facteur essentiel de la survie des sociétés humaines et pour contredire le discours dominant prônant l’individualisme et la concurrence entre tous, Pierre Kropotkine (1842-1921) recense les différents regroupements de personnes existant.

Dès le XVe siècle, en Angleterre, meilleur exemple de la politique industrielle des États modernes, le Parlement commence la destruction des guildes, associations de personnes poursuivant un but commun qui s’étaient considérablement développées au Moyen Âge. Il entreprit bientôt, avec le roi, de réglementer chaque métier et les techniques même de fabrication, fixant le nombre d’apprentis et celui de fils dans chaque mètre d’étoffe, avec plus ou moins de succès. En 1799, suivant l’exemple de la Convention révolutionnaire française, il considéra toute association comme un attentat contre la souveraineté de l’État, achevant ainsi son œuvre de destruction. C’est ainsi que la tendance à l’entraide eut à frayer son chemin. Pendant tout le XVIIIe siècle, les unions d’ouvriers furent continuellement reconstituées. Au XIXe siècle, les grèves furent interdites et réprimées jusqu’à ce que le droit de s’associer fut conquis et qu’un quart des ouvriers, soit 1 500 000, soit syndiqué.
Bien que la grève soit un sacrifice déchirant, avec risque de fusillade, il y en a chaque année des milliers. Les plus longues et les plus terribles sont en général des « grèves de sympathie ». Elles sont toujours l’occasion d’importantes démonstrations de soutien mutuel.

À l’origine, le mouvement des associations coopératives avait essentiellement un caractère d’entraide, même si maintenant se sont plutôt des compagnies d’actionnaires individualistes. Ses plus ardents promoteurs demeurent persuadés que la coopération amènera l’humanité à un état de plus parfaite harmonie dans ses relations économiques. La coopération reste importante en Angleterre, en Hollande, au Danemark et en Allemagne où on comptait 31 473 associations de production et de consommation sur le Rhin moyen vers 1890 mais c’est en Russie qu’elle reste un développement naturel, un héritage du Moyen Âge. Les artels (ou guildes), coopératives spontanées, forment la substance même de la vie paysanne. L’histoire de la formation de la Russie et de la colonisation de la Sibérie, est une histoire des artels pour la chasse et le commerce continués par des communes villageoises. Par exemple, le fleuve Oural appartient à l’ensemble des Cosaques qui partagent entre leurs villages, sans aucune ingérence des autorités, les lieux de pêche. De même, les esnafs de Serbie ont entièrement conservé leur caractère du Moyen âge, réglant les métiers et l’entraide en cas de maladie ; les amkaris du Caucase exercent en plus une influence considérable dans la vie municipale ; les friendly societies anglaises et les clubs Odd Fellows, organisés dans les villes et les villages pour payer le médecin, les enterrements.

L’association des bateaux de sauvetage en Angleterre, entretient trois cents bateaux le long des côtes. Leurs équipages sont composés de volontaires, prêts à sacrifier leur vie pour porter secours à des gens qui leur sont étrangers. C’est le fond de la psychologie humaine, ils « ne peuvent y tenir », explique l’auteur, d’entendre appeler au secours et de ne pas y répondre. Les sophismes du cerveau ne peuvent résister au sentiment d’entraide, parce que ce sentiment a été nourri par des milliers d’années de vie humaine sociale et des centaines de milliers d’années de vie pré-humaine en sociétés.
Parmi les mineurs et les marins, les occupations communes et le contact de chaque jour les uns avec les autres, créent un sentiment de solidarité en même temps que les dangers environnants entretiennent le courage et l’audace. Dans les villes au contraire, l’absence d’intérêts communs produit l’indifférence.

Il énumère ensuite les innombrables société, clubs et unions pour les plaisirs de la vie, pour l’étude, pour les recherches, pour l’éducation… L’Alliance des Cyclistes ou le Touring Club en France, forment une sorte de « franc-maçonnerie pour l’aide mutuelle ». Elles ne modifient certainement pas les stratifications économiques de la société mais elles contribuent à niveler les distinctions sociales et, unies en fédérations nationales et internationales, elles aident au développement des rapports amicaux à travers le monde.

Pendant près de trois siècles on empêcha les hommes de se tendre la main, même dans des buts littéraires, artistiques ou d’éducation. Des sociétés ne pouvaient se former que sous la protection de l’État ou de l’Église, ou comme confréries secrètes, à la façon de la franc-maçonnerie. Maintenant que la résistance est brisée, elles essaiment dans toutes les directions.

Tandis que le Christianisme primitif, comme toutes les autres religions, était un appel aux grands sentiments humains d’entraide et de sympathie, l’Église chrétienne a aidé l’État à détruire toutes les institutions d’entraide et de soutien mutuel. Au lieu de l’entraide, elle a prêché la charité qui prend un caractère d’inspiration divine et implique une certaine supériorité de celui qui donne sur celui qui reçoit.

La conclusion de l’ouvrage est celle de la version intégrale du texte. Étrange objet éditorial donc, qui donne surtout de lire la version intégral, ce que nous ne manquerons pas de faire prochainement.
Pierre Kropotkine rappelle que dans le monde animal, la grande majorité des espèces vivent en sociétés et trouvent dans l’association leur meilleur arme pour la « lutte pour la vie » comprise dans le sens large de Darwin c’est-à-dire une lutte contre toutes les conditions naturelles défavorables à l’espèce et non comme une lutte pour les simples moyens d’existence. Les espèces les plus nombreuses sont celles dans lesquels la lutte individuelle a été réduite à ses plus étroites limites. Les espèces non sociables sont condamnées à dépérir.
Les tribus et les clans humains primitifs ont développé un grand nombre d’institutions sociales puis, ils se sont développés sur la base de la possession et la défense en commun d’un territoire, sous la juridiction de l’assemblée, reliés en fédération de villages. Les cités furent constitués sur un double réseau d’unités territoriales combinées avec les guildes.
Bien que le développement de l’État sur le modèle de la Rome impériale ait violemment mis fin à toutes les institutions d’entraide du Moyen âge, la tendance à l’entraide réapparu et s’affirma dans une infinité d’associations.

Instauré comme principe moral par le bouddhisme primitif, les premiers chrétiens, les écrits de quelques docteurs musulmans, aux premiers temps de la Réforme, puis par les philosophes du XVIIIe siècle, les idées de vengeance et de « juste rétribution » sont affirmées de plus en plus vigoureusement. Donner plus que l’on attend de recevoir de ses voisins est proclamé comme un principe supérieur à la simple notion d’équivalence, d’équité ou de justice, comme un appel à ne faire qu’un avec tous les êtres humains. La pratique de l’entraide est la source positive du progrès moral de l’homme.

Cet ouvrage ne nous aura que mis en appétit de sa version intégrale.


L’ENTRAIDE, UN FACTEUR DE L’ÉVOLUTION
Pierre Kropotkine
Introduction d’Isabelle Pivert
66 pages – 7 euros.
Éditions du Sextant – Collection « Les increvables » – Paris – janvier 2010
Chapitre extrait de L’Entraide, publié pour la première fois en 1906
www.editionsdusextant.fr

http://bibliothequefahrenheit.blogspot. ... .html#more
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 19 Aoû 2017, 19:24

Une toute petite histoire de l’anarchisme
Marianne Enckell

PDF : https://lookaside.fbsbx.com/file/marian ... UbQfdrijaw
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 20 Aoû 2017, 14:23

Michel Bakounine

Dieu et l’État

Première édition Genève 1882

L’idée déiste et la constitution des religions
Lois naturelles et principe d’autorité
Justification divine de l’autorité terrestre
La nouvelle Église : l’École
Idéalisme et matérialisme
Et Dieu dans tout ça ?
Science et gouvernement de la science
Matérialité de l’esprit de l’homme et création de dieux
Constitution du christianisme
La religiosité et la Révolution Française
Après la Révolution Française

PDF : https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... -et-l-etat
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 23 Aoû 2017, 14:15

Lucien van der Walt

Cartographie de l'anarchisme révolutionaire

LISTE DES SIGLES
AVANT-PROPOS
LA COHÉRENCE DE LA GRANDE TRADITION ANARCHISTE
LES FONDEMENTS ÉCONOMIQUES DU CONTRE-POUVOIR ANARCHISTE
LES FONDEMENTS SOCIAUX DU CONTRE-POUVOIR ANARCHISTE
HISTOIRE DE L’ANARCHISME EN CINQ VAGUES
DÉFINIR L’ANARCHISME, L’ANARCHO-SYNDICALISME ET LE SYNDICALISME RÉVOLUTIONNAIRE
LA PREMIÈRE VAGUE (1868-1894): L’ESSOR DU GRAND MOUVEMENT ANARCHISTE À L’ÈRE DE L’EXPANSION ÉTATIQUE CAPITALISTE
LA RÉPONSE BAKOUNINISTE: LES «PILOTES INVISIBLES» DIRIGENT L’ORGANISATION SECRÈTE RÉVOLUTIONNAIRE
LA DEUXIÈME VAGUE (1895-1923): CONSOLIDATION DU SYNDICALISME ANARCHISTE ET RÉVOLUTIONNAIRE ET DES ORGANISATIONS SPÉCIFIQUES ANARCHISTES EN TEMPS DE GUERRE ET D’ASSAUTS DE LA RÉACTION
LA RÉPONSE PLATEFORMISTE: L’UNION GÉNÉRALE ÉCHAFAUDE UNE PLATE-FORME ORGANISATIONNELLE
LA TROISIÈME VAGUE (1923-1949): LES RÉVOLUTIONS ANARCHISTES CONTRE L’IMPÉRIALISME, LE FASCISME ET LE BOLCHEVISME
LA RÉPONSE DURRUTISTE ET NÉOMAKHNOVISTE: LA JUNTE RÉVOLUTIONNAIRE LANCE UN APPEL À UNE NOUVELLE RÉVOLUTION
LA QUATRIÈME VAGUE (1950-1989): ACTIONS D’ARRIÈRE-GARDE SUR FOND DE GUERRE FROIDE ET DE DÉCOLONISATION DES CONTINENTS AFRICAIN ET ASIATIQUE
LA RÉPONSE FONTENISTE: UNE AVANT-GARDE VOUÉE À DISPARAÎTRE FAIT PROGRESSER LE COMMUNISME LIBERTAIRE
LA CINQUIÈME VAGUE (DE 1990 À NOS JOURS): RÉSURGENCE DU MOUVEMENT ANARCHISTE À L’ÈRE DE L’EFFONDREMENT DU BLOC SOVIÉTIQUE ET DE L’HÉGÉMONIE NÉOLIBÉRALE
LA RÉPONSE ESPECIFISTA: LE «MOTEUR» ANARCHISTE QUI MÈNE LE POUVOIR POPULAIRE VERS UNE RUPTURE RÉVOLUTIONNAIRE
CONCLUSION: LE RÔLE DE L’ORGANISATION ANARCHISTE SPÉCIFIQUE AU SEIN D’UN «FRONT DES CLASSES OPPRIMÉES»
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

à lire en ligne : https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... lutionaire
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Re: Anarchisme

Messagede bipbip » 25 Aoû 2017, 15:35

Daniel Guérin

L'anarchisme

Avant-propos
Première partie : les idées-forces de l’anarchisme
Questions de vocabulaire
Une révolte viscérale
L’horreur de l’État
Sus à la démocratie bourgeoise
Critique du socialisme «autoritaire»
Les sources d’énergie : l’individu
Les sources d’énergie : les masses
Deuxième partie : à la recherche de la société future
L’anarchisme n’est pas utopique
Nécessité de l’organisation
L’autogestion
Les bases de l’échange
La concurrence
Unité et planification
Socialisation intégrale ?
Syndicalisme ouvrier
Les communes
Un mot litigieux : «l’État»
Comment gérer les services publics ?
Fédéralisme
Internationalisme
Décolonisation
Troisième partie : l’anarchisme dans la pratique révolutionnaire
Chapitre I. de 1880 à 1914
L’anarchisme s’isole du mouvement ouvrier
Les social-démocrates vitupèrent les anarchistes
Les anarchistes dans les syndicats
Chapitre II. L’anarchisme dans la révolution russe
Une révolution libertaire
Une révolution «autoritaire»
Le rôle des anarchistes
La «Makhnovtchina»
Cronstadt
L’anarchisme mort et vivant
III Chapitre III L’anarchisme dans les conseils d’usine italiens
Chapitre IV L’anarchisme dans la révolution espagnole
Le mirage soviétique
La tradition anarchiste en Espagne
Bagage doctrinal
Une révolution «apolitique»
Les anarchistes au gouvernement
Les succès de l’autogestion
L’autogestion sapée
En matière de conclusion
Postface
Bibliographie sommaire

à lire en ligne : https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... anarchisme

PDF : https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... chisme.pdf
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Re: Anarchisme

Messagede Pïérô » 05 Sep 2017, 00:40

La responsabilité anarchiste

Thomas- Miami Autonomy & Solidarity (MAS)

En tant qu'anarchistes, comment notre façon de voir l'organisation nous différencie-t-elle des autres? Ou plus précisément, comment notre façon de voir l'individualité diffère-t-elle de la fréquente et trompeuse idée que l'anarchisme est « l'absence de toute responsabilité ». Cet article présentera les traits distinctifs de la responsabilité anarchiste. Assimiler cette pratique collective de responsabilité à nos habitudes est essentiel parce qu'elle rend nos organisations plus efficaces et parce qu'elle est le présage de la société à laquelle nous aspirons.

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