Attentats et « état d’urgence »

Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Pïérô » 26 Déc 2015, 02:16

Improvisation, ratés, brutalité : plus d’un mois dans une France en état d’urgence
Qui sont-ils, ces assignés et ces perquisitionnés que la police dit liés au terrorisme depuis le début de l’état d’urgence, décrété au lendemain des attentats du 13 novembre ?
Au fond, la question qui a donné naissance à notre Observatoire de l’état d’urgence, installé sur Le Monde.fr depuis le 23 novembre, est assez simple. Que se cache-t-il derrière les bilans chiffrés communiqués par le ministre de l’intérieur et même par le premier ministre pour afficher leur réactivité après les attentats du 13 novembre ? Tant de perquisitions, tant d’assignations à résidence, tant d’armes saisies, tant de drogue confisquée... Tiens, de la drogue ! On pensait pourtant que les mesures liées à l’état d’urgence n’étaient destinées qu’à lutter contre le terrorisme.
Rapidement, les témoignages spontanés, la lecture attentive de la presse régionale, qui assure un suivi détaillé du sujet, nous ont permis de déceler des points communs, une ambiance générale, un contexte : l’improvisation, l’exagération dans la communication, la brutalité de certaines opérations. Les récits que nous avons recueillis ne prétendent pour autant ni à l’exhaustivité, ni à la représentativité. Ils racontent simplement le quotidien d’un état d’urgence inédit dans son ampleur.
... http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015 ... -durgence/


Les bonnes pratiques des services de renseignement
D’un passage à tabac en 2014 à une assignation à résidence en 2015, où comment les petites mains du renseignement participent à l’intimidation de personnes impliquées dans des mouvements sociaux.
... https://paris-luttes.info/les-bonnes-pr ... vices-4607


Projet de loi constitutionnelle : l’état de droit par-dessus bords.

Pas de trêve pour les constitutionnalistes et les défenseurs des libertés : ce 23 décembre 2015, un projet de loi constitutionnelle dite « de protection de la Nation » a été présenté en conseil des ministres. La loi suprême est décidément maniée avec la plus grande légèreté : d’abord le Premier ministre recommande sans frémir le contournement du contrôle de constitutionnalité de la loi du 20 novembre 2015 prorogeant l’état d’urgence, maintenant le gouvernement veut modifier la loi fondamentale toutes affaires cessantes. A l’exact inverse de ce qu’exigerait la protection de la Nation, il choisit d’ébranler les équilibres de la constitution et de restreindre les garanties dont elle entoure les atteintes aux libertés.
Prétendant garantir l’immuabilité des conditions d’ouverture de l’état d’urgence ce projet dissimule mal la volonté première de surmonter l’inconstitutionnalité des mesures exceptionnelles qui viendront s’ajouter à celles que la loi de 1955 autorise déjà. Le conseil d’État n’a pourtant pas cillé, donnant acte au gouvernement que la révision constitutionnelle permettrait « au législateur de prévoir des mesures renforcées », donc toujours plus attentatoires aux libertés : l’aveu qu’il ne pourrait en être ainsi dans le cadre constitutionnel actuel est explicite. Contrôles d’identité administratifs sans limites, extension des visites des véhicules ne seront que la face émergée de l’iceberg. Les saisies administratives, la retenue administrative le temps d’une mesure mais aussi, puisque c’est déjà une mesure de police des étrangers en situation irrégulière, la rétention administrative, autre nom de l’enfermement préventif, pourraient trouver un fondement constitutionnel.
Ainsi la constitutionnalisation ne se borne-t-elle pas à consolider l’assise de l’état d’urgence. Elle vise encore moins à encadrer ce régime exceptionnel. Elle annonce au contraire une véritable fuite en avant, confiant des pouvoirs exorbitants à l’exécutif sur la base d’un risque vraisemblable de trouble à l’ordre public, même non terroriste et même non illégal, fondé sur un simple soupçon. Le nouvel article 36-1 de la constitution ouvrira la spirale de l’exception : celle qui conduit à abandonner aux mains des préfets et du ministre de l’intérieur la large panoplie des mesures de police administrative.
Les décisions rendues par le conseil d’Etat et le conseil constitutionnel sur les assignations à résidence laissent peu d’espoir quant à la capacité des juridictions administratives à nous protéger de l’arbitraire : dès que le « péril imminent » du terrorisme est brandi toutes les mesures de police administrative sont mécaniquement considérées comme nécessaires et proportionnées au trouble à l’ordre public
Pour défendre l’inacceptable, l’argumentaire se veut implacable : c’est « pour combattre efficacement le terrorisme » qu’il faudrait permettre au législateur de doter l’État de ces pouvoirs exorbitants et les soustraire au contrôle du juge judiciaire. La présentation est caricaturale : elle fantasme une autorité judiciaire impuissante et ignore à dessein les pouvoirs hautement dérogatoires que lui accorde le droit pénal antiterroriste. Surtout, elle occulte les dérives et les abus que contiennent en germe des mesures préventives prises sans contrôle juridictionnel préalable et fondées non sur une infraction déterminée ou déterminable mais sur le critère dangereusement flou d’un « comportement suspect ».
Exclusivement concentré sur un projet politicien de recomposition de sa majorité dont il veut saisir l’opportunité, l’exécutif choisit enfin, à l’issue d’un suspens pitoyable que la constitution ne mérite pas, de donner des gages à l’autre bord et ce, par la plus honteuse des dispositions, celle qui rompt définitivement le principe d’égalité républicaine en réservant un sort particulier aux bi-nationaux.
Le gouvernement doit sortir de l’état de sidération qui le conduit à brader l’Etat de droit : introduire l’état d’urgence dans la constitution, c’est assurément « saper les fondements de la démocratie » au prétexte de la défendre et oublier l’avertissement donné, dès le 6 septembre 1978, par la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui enjoignait les États à ne « pas prendre, au nom de la lutte contre...le terrorisme, n’importe quelle mesure jugée par eux appropriée »

http://www.syndicat-magistrature.org/Pr ... lle-l.html
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Pïérô » 27 Déc 2015, 13:17

Déchéance de nationalité : Quand le gouvernement s’installe sur le terrain de la droite extrême
Contre toute attente, et contre toute l’histoire et les valeurs des républicains de gauche, le gouvernement 
a décidé de permettre la déchéance de nationalité des binationaux nés en France, créant ainsi deux catégories de citoyens aux droits distincts. La droite et l’extrême droite applaudissent, la gauche suffoque.
Nombreux sont ceux qui, à gauche, auront ressenti les annonces du premier ministre hier comme un violent uppercut dans le foie. Ainsi, la possibilité de déchéance de nationalité sera fi nalement élargie dans la Constitution à l’ensemble des Français ayant la (mal)chance de posséder deux nationalités. Quatre millions de Français (et eux seuls) pourraient donc demain faire l’objet d’une sanction spécifi que à leur statut. Le chef de l’État et le gouvernement socialiste en ont décidé ainsi. « L’effi cacité, ici – et tout le monde l’aura compris –, n’est pas l’enjeu premier », a d’emblée expliqué Manuel Valls. « C’est une mesure à caractère hautement symbolique. » Oui, mais de quoi ? Politiquement en tout cas, le symbole est absolument désastreux : non seulement le dernier à avoir voulu inscrire dans la loi une extension de la déchéance de nationalité était Nicolas Sarkozy en 2010, pour les binationaux ayant acquis après leur naissance la nationalité française (provoquant alors une levée de boucliers de toute la gauche, Valls compris – lire page 6) ; mais avant cela personne n’avait osé toucher à la nationalité depuis les drames de la Seconde Guerre mondiale, quand le ministre de la Justice du gouvernement de Vichy, Raphaël Alibert, déclarait que « les étrangers ne doivent pas oublier que la qualité de Français se mérite ». Seul le Front national osait encore s’y attaquer.
... http://www.humanite.fr/decheance-de-nat ... eme-593927


Contre la constitutionnalisation de la frénésie sécuritaire

Par un collectif de juristes universitaires

Depuis les attaques meurtrières du 13 novembre, discours et politiques purement sécuritaires ne cessent de prospérer. Le 16 novembre, dans la foulée des premières interpellations et perquisitions, le Ministre de l’intérieur annonçait : « Que chacun l’entende distinctement : ce n’est qu’un début. La riposte de la République sera d’ampleur. Elle sera totale ». Depuis lors, la surenchère n’a pas cessé. Après la rhétorique guerrière brandie par le président François Hollande contre l’organisation Etat islamique, le « redoublement des frappes militaires » françaises en Syrie, plus de 2 500 perquisitions et 350 assignations à résidence, voilà maintenant l’annonce d’une réforme constitutionnelle. Il s’agirait de graver dans la Constitution le recours à l’état d’urgence mais aussi la déchéance de nationalité contre les Français possédant deux nationalités définitivement condamnés pour un délit ou crime constituant un acte de terrorisme ou une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. En quoi cette modification de la Constitution envisagée dans l’urgence, sans réflexion véritable, est-elle à même de dissoudre la « menace terroriste » ? N’est-elle pas plutôt un énième coup porté à l’état de droit et aux libertés fondamentales que la Constitution est précisément censée garantir ?


A l’examen, les réformes annoncées apparaissent clairement inutiles au regard de la lutte antiterroriste, leur objectif officiel. En revanche, elles sont hautement liberticides et, concernant la déchéance de nationalité, ouvertement ségrégationnistes.

la mise au ban du juge

En matière de lutte antiterroriste, la législation est déjà largement dérogatoire au droit commun. Depuis maintenant trois décennies - on n’a pas attendu l’état d’urgence pour cela –, la lutte antiterroriste, en érigeant la sécurité comme « notre bien » le plus cher et le « premier de nos droits », justifie de multiples atteintes aux libertés. L’empilement des lois offre aux juges et aux forces de police des pouvoirs d’enquête et d’intervention exorbitants (saisies, perquisitions de nuit, écoutes téléphoniques, géolocalisation…). L’infraction d’« association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » permet aux juges et aux policiers d’agir en amont de tout passage à l’acte. Les agents des services de renseignement qui travaillent en dehors de tout contrôle judiciaire ont déjà en droit et en fait un rôle pivot dans la lutte antiterroriste. Les droits de la défense ont déjà été largement sacrifiés au nom de la prévention du terrorisme. D’un point de vue opérationnel, l’état d’urgence n’a donc pas ouvert la voie à des mesures de lutte contre le terrorisme qui n’auraient pu être adoptées sans lui et, d’ailleurs, il n’a semble-t-il permis aucun résultat tangible.

En revanche, l’éviction de l’autorité judiciaire et le pouvoir conféré au ministre de l’intérieur et aux préfets d’ordonner des assignations à résidence et des perquisitions sont redoutables pour la liberté individuelle. Avec l’aval du président de la République, les associations ou groupements de fait contestataires peuvent être dissous ! Pour s’en tenir aux perquisitions, celles-ci peuvent intervenir de jour comme de nuit, en tout lieu, sur le seul fondement qu’il existe « des raisons sérieuses de penser que ce lieu est fréquenté par une personne dont le comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ». « Raison sérieuse de penser », « lieu fréquenté », « comportement » « menace pour la sécurité publique », bien trop de notions floues dans une règle qui attribue un pouvoir aussi grave à l’exécutif agissant seul et qui dépasse la lutte antiterroriste. Nos dirigeants pensent-ils sincèrement que l’efficacité de la lutte antiterroriste passe par la mise au ban du juge au profit des préfets et de la police, dans un Etat d’urgence plus proche de l’Etat policier que de l’Etat de droit ?

Pourquoi, alors, constitutionnaliser l’état d’urgence ? L’exercice, s’il affiche l’intention du gouvernement de préserver l’état de droit, ne permet aucunement de le garantir mais, bien au contraire, d’y déroger sans imposer aucune nouvelle limitation au pouvoir exécutif. Le projet de loi constitutionnelle, qui prévoit d’ajouter à la constitution un article 36-1 sur l’état d’urgence, reprend la solution législative actuelle qui confie au Parlement le pouvoir de proroger l’état d’urgence au-delà d’une période de douze jours ouverte par décret. Mais, une fois l’état d’urgence officiellement levé, le texte institue une période pour le moins étrange pendant laquelle les autorités administratives pourront décider de faire survivre les mesures prises pendant l’état d’urgence et, sur habilitation législative, adopter de nouvelles mesures générales (interdiction de réunions, fermeture de lieux publics…) si « demeure un risque d’acte de terrorisme ». En somme, à la seule condition que la menace terroriste perdure, l’état d’urgence perdurera… Qui ne devine que c’est à un Etat d’urgence permanent qu’on nous destine ?

la déchéance de nationalité une idée grave et dangereuse

Pratiquement, la constitutionnalisation de l’état d’urgence avaliserait, au nom de l’impératif sécuritaire, les atteintes aux libertés individuelles en évinçant le juge judiciaire, pourtant gardien de la liberté individuelle d’après l’article 66 de la Constitution. En effet, d’après la réforme, les mesures restrictives de liberté autorisées par la nécessité de prévenir tout acte de terrorisme seront soumises à la seule vigilance du juge administratif qui ne peut être saisi qu’a posteriori. En pratique, rien n’indique que les personnes qui ont subi et qui vont subir des atteintes à leurs libertés s’en référeront à la justice administrative… Surtout, le mal aura déjà été fait ; or, la liste des mesures prises au nom de l’état d’urgence et constitutives de graves atteintes aux libertés individuelles ne cesse de s’allonger sans que le contrôle exercé en référé par le juge administratif n’offre de réelle garantie pour les libertés. Comment justifier l’assignation à résidence de plusieurs dizaines de militants écologistes n’ayant commis aucune infraction ? Comment justifier l’arrêté préfectoral interdisant la circulation aux abords d’une route empruntée par les migrants du camp de Calais et autorisant, dans cette « zone de protection », les contrôles d’identité inconditionnels et obligatoires ? Comme il se devait, le nouveau régime des perquisitions administratives a conduit à des erreurs et/ou des dérives graves, des citoyens sans lien aucun avec le terrorisme perquisitionnés brutalement chez eux, en famille.

Vouloir inscrire la déchéance de nationalité dans le texte constitutionnel est tout aussi grave. Ici, le passage par la voie constitutionnelle vise à poser des exceptions permanentes à un ensemble de normes que notre histoire avait hissées au niveau suprême. Le plus important concerne le principe d’égalité. En effet, selon une jurisprudence bien établie du Conseil constitutionnel, si le principe d’égalité autorise le législateur à traiter différemment deux catégories distinctes de personnes, ce principe exige que la différence de traitement ainsi caractérisée « soit en rapport avec l’objet de la loi qui l’établit ». En l’espèce, le projet de réforme introduit une différence de traitement – une inégalité manifeste - entre les Français « mononationaux » et les Français binationaux. Cette division des Français en deux catégories, si elle avait été opérée par un projet de loi ordinaire, aurait ainsi dû être examinée par le Conseil à l’aune de l’objectif du texte, à savoir la lutte contre le terrorisme. Le Conseil constitutionnel aurait ainsi eu à répondre à la question saugrenue de savoir en quoi l’efficacité de la lutte antiterroriste justifie de sanctionner spécifiquement, par la déchéance de nationalité, les binationaux ! Ceux-ci seraient-ils plus à même de perpétrer des actes terroristes que les « Français de souche » ? Saugrenue, la question n’est évidemment pas neutre mais révèle, au contraire, une volonté de stigmatiser encore et toujours, et cette fois au niveau même de la Constitution, une catégorie précise de Français, ceux dont l’histoire est en partie liée aux anciennes colonies françaises.

Gouverner par la peur

Au surplus, en constitutionnalisant une mesure de sanction, la réforme vient altérer la fonction même de la Constitution qui est censée organiser l’Etat et garantir les droits et libertés des citoyens et aucunement édicter, elle-même, des mesures punitives.

Et ici encore la constitutionnalisation envisagée est parfaitement inutile au regard des fins qui lui sont officiellement assignées. D’une part, la déchéance, tout comme la perte de nationalité prévue par notre code civil, épargne les terroristes franco-français. D’autre part, si l’objectif est d’expulser du territoire français ceux qui deviendraient alors parfaitement étrangers, les autorités restent contraintes par leurs engagements internationaux relatifs aux droits fondamentaux. A tout le moins, en effet, la Cour européenne des droits de l’homme, comme d’autres organes internationaux, interdit d’expulser des étrangers même condamnés pour terrorisme vers tout État, y compris le leur, où ils risquent d’être soumis à des actes de torture et traitements inhumains ou dégradants.

Au bout du compte, en constitutionnalisant la déchéance de nationalité pour certains Français, cette réforme n’a donc que l’effet symbolique de faire apparaître dans la Constitution deux catégories de Français en stigmatisant ceux qui possèdent, pour des raisons tenant en partie à la colonisation, une autre nationalité, et qui seraient seuls visés par une sanction qui en contrepoint glorifierait l’identité nationale. Et si on reconnaît qu’il y a deux catégories de Français, c’est bien que le peuple français n’est plus un et indivisible, encore un mythe républicain qui passe à l’as.

Le gouvernement par la peur et la division montre aujourd’hui clairement ses limites. Il faut rétablir les bases d’un Etat de droit digne de ce nom. Il est temps de répondre au terrorisme par la raison, la préservation des libertés et la construction de la paix. Nous en appelons aux gouvernants pour que, prenant appui sur les travaux sociologiques, historiques et philosophiques, ils s’interrogent sur les causes profondes du terrorisme et envisagent des voies nécessairement complexes, certainement étroites, mais qui permettent d’espérer une autre société, fondée sur l’égalité des individus, tournée vers l’émancipation collective.

Laurence Dubin, Université Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis ; Karine Parrot, Université de Cergy-Pontoise ; Jean Matringe, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Julie Alix, Université Lille 2 ; Pascal Beauvais, Université de Nanterre Paris Ouest la Défense ; Cyril Brami, Université du Maine ; Gilles J. Guglielmi, Université Paris II, Panthéon-Assas ; Nathalie Ferré, Université Paris 13 ; Marie-Laure Basilien-Gainche, Université Jean-Moulin Lyon 3 ; Hugues Hellio, Université d’Artois ; Laurence Sinopoli, Université Paris-Ouest, Nanterre-La Défense ; Etienne Pataut, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Catherine Haguenau-Moizard, Université de Strasbourg ; Claire Saas, Université de Nantes ; Manuela Grévy, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Mireille Poirier, Université de Bordeaux ; Charlotte Girard, Université Paris-Ouest, Nanterre-La Défense ; Charalambos Apostolidis, Université de Bourgogne France-Comté ; Isabelle Meyrat, Université de Cergy-Pontoise ; Denis Mazeaud, Université Paris II, Panthéon-Assas ; Bérangère Taxil, Université d’Angers ; Marie Caffin-Moi, Université de Cergy Pontoise ; Carlos Herrera, Université de Cergy-Pontoise ; Cyril Wolmark, Université Paris Ouest Nanterre-La Defense ; Diane Roman, Université de Tours ; Pierre Brunet, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Nicolas Kada, Université de Grenoble ; Thomas Perroud, Université d’Aix-Marseille ; Christine Lazerges, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Bernadette Aubert, Université de Poitiers ; Valérie Mutelet, Université d’Artois ; Rafaelle Maison, Université Paris Sud ; Thibaut Fleury Graff, Université Rennes I ; François Julien-Laferrière, Université Paris Sud ; Damien ROETS, Université de Limoges ; Camille Viennot, Université Paris Ouest Nanterre-La Defense ; Niki Aloupi, Université de Strasbourg ; Aurore Chaigneau, Université de Picardie Jules Verne ; Stéphanie Hennette Vauchez, Université Paris Ouest Nanterre-La Defense ; Eric millard, Université Paris Ouest Nanterre-La Denfense ; Sohie Robin-Olivier, Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1 ; Philippe Guez, Université de la Polynésie française ; Laurence Leturmy, Université de Poitiers ; Marjolaine Roccati, Université Paris Ouest Nanterre

http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Blackwater » 27 Déc 2015, 20:14

Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s

À bas l’état d’urgence, sa constitutionnalisation et la déchéance de nationalité !

Mercredi 23 Décembre, le « projet de loi constitutionnelle de protection de la nation » à été présenté et approuvé en conseil des ministres. Il s’agit clairement pour le gouvernement de banaliser un peu plus le racisme étatique et l’acharnement envers les militants du mouvement social. Mais également, comme en atteste le nom du projet de loi, de faire passer ses détracteur/trices pour des ennemi-e-s de la nation dans une logique clairement néo-conservatrice.

L’article 1 du projet de réforme propose de constitutionnaliser les conditions de déclenchement de l’état d’urgence. Il s’agit de faciliter la mise en place de pratiques racistes et/ou visant à juguler les luttes. Comme par exemple l’assignation à résidence sur simple « prédiction d’un comportement de nature à troubler l’ordre public ». La liste des comportements réprimés est très longue. Par exemple, un jeune musulman de 21 ans a été assigné à résidence et perquisitionné après que des voisins l’aient signalé comme suspect pour avoir… rasé sa barbe. Ce qui constitue une manifestation évidente de l’islamophobie d’État.

Par ailleurs les militant-e-s ont été particulièrement touché-e-s par la répression. 317 des manifestant-e-s du 29 novembre ont ainsi été interpellé-e-s puis gardé-e-s à vue. Et plus de 2 700 perquisitions ont semé la terreur, en particulier dans les quartiers populaires. Christiane Taubira propose d’aller encore plus loin en autorisant les perquisitions de nuit en-dehors de l’état d’urgence.

L’article 2 inscrit la déchéance de nationalité pour les binationaux né-e-s en France dans la révision de la constitution. Revendiquée depuis toujours par le Front National et à plusieurs reprises par la droite, son objectif est clair : créer une nouvelle sous-catégorie de résident-e-s sur le territoire Français pour diviser un peu plus les exploité-e-s entre elleux. C’est une mesure proprement raciste et nous devons la combattre comme telle.

Nous nous opposons en bloc à l’état d’urgence, à sa constitutionnalisation, à son éventuelle prorogation, à la déchéance de nationalité et à la dernière mesure proposée par la ministre de la justice. Il est nécessaire que les organisations du mouvement social construisent la riposte face à cette offensive sécuritaire et raciste. Et cette riposte ne peut se faire que dans la rue !

http://www.solidaires-etudiant.org/blog ... tionalite/
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 29 Déc 2015, 04:19

Déchéance de nationalité : la gauche se fracture
La décision de François Hollande d’étendre la déchéance de nationalité à tous les binationaux, y compris ceux nés en France, ne cesse de creuser une véritable fracture à gauche. Y compris dans des cercles proches du président de la République, pour lesquels cette mesure va à l’encontre de toutes leurs valeurs.
Comme l’a rappelé l’avocat Jean-Pierre Mignard, ami de longue date de M. Hollande et président de la Haute Autorité éthique du PS, « la déchéance de la nationalité française a une longue et mauvaise histoire ». « La déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France : rétablissement régressif des Français de souche, et du droit du sang », a-t-il ajouté sur Twitter.
... http://www.lemonde.fr/politique/article ... CIM5mCe.99


Malaise
Déchéance de nationalité : une extension à réactions
A gauche, des commentaires amers, voire acides, fusent, depuis la volte-face du Président concernant les binationaux nés français. Sélection.
... http://www.liberation.fr/france/2015/12 ... ns_1422959



Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière :
Contre l’extension de la déchéance de nationalité, contre l’état d’urgence

Le gouvernement a décidé de maintenir, dans le projet de réforme de la Constitution, la possibilité de déchoir de leur nationalité les « binationaux » même nés français après une condamnation pour terrorisme.

Le terrorisme de l’extrême-droite obscurantiste est une monstruosité qui a toujours été condamné par le mouvement ouvrier. Surtout on se demande en quoi, la menace de déchéance de nationalité, comme la peine de mort revendiqué par le FN, ferait en quoi que ce soit reculer des obscurantistes fanatisés, comme ceux de Daesh ou d’Al-Qaïda, qui meurent en kamikazes lors de leurs attentats.

Cette mesure n’aura aucune efficacité face à Daesh ou Al-Qaïda, mais rien ne dit qu’elle ne sera pas aussi utilisée contre des gens qui n’ont rien à voir avec ces fanatiques obscurantistes. Elle pourrait être utilisée contre des sympathisants du PKK, organisation considérée comme terroriste par l’Union Européenne, contre des anciens militants de l’extrême-gauche italienne qui se sont réfugiés en France après les « années de plomb » en Italie ou d’autres militants révolutionnaires. On a bien vu l’état d’urgence être utilisé pour réprimer des militants écologistes et libertaires.

Surtout, cette extension de la déchéance de nationalité, institutionnalise une discrimination entre « vrais Français », qui ne disposent pas d’autres nationalités, et « Français pas vraiment Français » pour ceux qui disposent aussi d’une autre nationalité. En clair, dès lors que l’on ne sera pas « Français né de parents français », on disposera avec cette mesure d’une sorte de « sous-nationalité » et donc de « sous-citoyenneté ».

Nous devons nous opposer à cette mesure scandaleuse, et plus largement nous opposer à l’ensemble des mesures liberticides prises au nom de l’état d’urgence et refuser tout repli nationaliste. Cette extension de la déchéance de la nationalité était annoncée dès le 14 novembre par Hollande, ce qui n’a pas empêché l’ensemble des députés, à quelques exceptions près, de voter la prolongation de l’état d’urgence. Et si aujourd’hui certains PS, PCF ou EELV s’indignent de l’extension de la déchéance de nationalité, ils avaient hier aussi voté cette prolongation de l’état d’urgence.

Face au projet d’apartheid mondial, sur des bases nationales, religieuses ou sexuelles des réactionnaires, qu’il s’agisse des obscurantistes ou des nationalistes, l’égalité et la liberté sont la meilleure des réponses !

https://communismeouvrier.wordpress.com ... -durgence/
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede digger » 29 Déc 2015, 16:17

Un dialogue entre l’équipe de lundimatin et le collectif d’activistes américains CrimethInc
Bonjour, France, et bienvenue dans l’équipe de la Guerre contre la Terreur ! ....
https://lundi.am/Du-11-Septembre-au-13-Novembre-Quelques-lecons-d-Amerique
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 31 Déc 2015, 03:42

Giorgio Agamben : « De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité »
Pour le philosophe italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence n’est pas un bouclier qui protège la démocratie. Il a, au contraire, selon lui, toujours accompagné les dictatures.
On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie.
Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire.
... http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... IdriQbs.99


Pétition
Pour nous, c’est définitivement non !

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.

Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.

A l’initiative de :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Apel-Egalité, Altertour, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association femmes solidaires comité Saint-Denis, Association France Palestine solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Attac, Cadac, CADTM France, Cedetim, CGT Police Paris, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Cercle Condorcet de Paris, Clamart-Citoyenne, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif féministes pour l’égalité, Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Mémorial 98, Collectif national des Faucheurs volontaires, Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif Stop le contrôle au faciès, Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le Respect des Libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Confédération générale du travail (CGT), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emancipation Tendance intersyndicale, Emmaüs international, Espace franco-algérien, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes égalité, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Halte OPGM07, Ipam, Justice et libertés Strasbourg , La Cimade, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Liberpensula Frakcio de Sat, Ligue des droits de l’Homme, Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Négajoule!, Osez le féminisme !, Planning familial, Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Powerfoule, Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseaux citoyens Saint-Etienne, Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau Immigration Développement Démocratie – IDD, Revue Ecole émancipée, Revue Inprecor, Revue Regard, Romeurope 94, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat national des journalistes (SNJ), SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Unef, Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale solidaires.


http://www.nousnecederonspas.org/
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 02 Jan 2016, 02:32

Une Constitution sécuritaire

L’extrême droite le revendique, le gouvernement socialiste veut l’écrire dans la Constitution : état d’urgence permanent et déchéance de la nationalité.

La CNT ne s’est jamais trop leurrée sur l’État de droit et la Constitution de la V éme République. L’État reste celui des dominants. Mais banaliser l’état d’urgence, c’est pérenniser une situation d’exception. Inscrire dans la constitution « la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français », c’est rompre avec le principe d’égalité, censé être le fondement de cette Constitution : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits »

Les gouvernants qui perpétuent la politique du pire :

Le 16 juillet 1940, l’État français promulguait une loi relative à la « procédure de déchéance de la qualité de français. Les résistants et les juifs en furent les premières victimes.

La déchéance de la nationalité aura pour conséquence d’inscrire dans la loi l’idée d’une privation de droits sur des motifs arbitraires. On ne sera plus seulement jugé pour des délits mais frappé-e-s d’interdit en raison de sa naissance.

Ces socialistes revendiquaient hier, le droit de vote pour les « étranger-éres » aux élections locales et aujourd’hui par ces mesures, ne font que le lit des idées les plus réactionnaires, racistes et xénophobes.

Nos malheurs viendraient de l’Étranger... ? Ce refrain est ancien. Rappelons-nous que la Commune et sa République Universelle boutaient déjà ce vieil adage, étranger-eres et parisien-nes votant et luttant ensemble sur les barricades. L’immigration c’est le groupe Manoukian luttant contre le nazisme, les Républicain-es espagnol-es libérant Paris, les femmes et les hommes sans-papiers qui assurent les tâches les plus ingrates de la société...

Nos malheurs viennent de l’État et du patronat, toujours prêts à raviver la figure de l’Étranger pour mieux nous diviser. Notre ennemi, c’est notre maître (la classe bourgeoise et le patronat), voilà un mot d’ordre toujours vrai.

L’état d’urgence contre les libertés publiques :

L’état d’urgence, ce sont « des mesures placées sous le plein contrôle du juge administratif », autrement dit les pleins pouvoirs aux préfets et à la police. Depuis le 13 novembre 2015, ce sont 360 assignations à résidence, 2898 perquisitions, des grèves auto-censurées, des manifestations interdites, des couvre-feux et des convocations dans les commissariats de dizaines de militant-es du mouvement social, des gardes-à-vue « préventives ». Les assignations à résidence pendant la cop21 ont déjà prouvé que l’État n’a aucun scrupule à utiliser ces lois pour empêcher toute contestation sociale. L’état d’urgence, c’est la répression tous azimuts, bien au-delà de la « guerre contre le terrorisme ».

Après le changement de constitution, des lois encore plus liberticides seront adoptées pour réduire nos libertés de réunion, de manifestation, d’organisation et d’expression. Les conséquences seront comparables voir pire que celles que subit la population espagnole avec la Loi « Mordaza » ou les opérations policières « Pandora ».

Ces attaques sont graves, car elles privent finalement l’ensemble des travailleuses et des travailleurs des libertés publiques !

La CNT exige :

-Le retrait de l’Etat d’urgence ;

-L’abandon de toutes poursuites judiciaires envers l’ensemble des militants et des militantes ;

-L’abandon de la proposition d’inscrire dans la constitution « la déchéance de la nationalité » et revendique la régularisation de tous-tes les sans papiers sans condition ;

En France comme ailleurs, imposons le rapport de force, contre les lois imposées par la bourgeoisie et le patronat !

La CNT.

http://www.cnt-f.org/une-constitution-securitaire.html
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Pïérô » 02 Jan 2016, 13:16

Paris, ce samedi 2 janvier 2016

Réunion de préparation d'un banquet contre l'État d'urgence

RDV le samedi 2 janvier à 18h au CICP.
Toutes les discussions de fond et propositions pour remplir cette journée y sont les bienvenues !

L'idée d'un grand rassemblement festif contre l'Etat d'urgence est née de l'envie de poursuivre un élan commun, visible et offensif et de lier deux temporalités : à court terme, créer les conditions d'un mouvement large contre l'Etat d'urgence, notamment dans l'éventualité d'une expulsion de la ZAD ; et sur le long terme, continuer à construire nos luttes, densifier nos relations, faire des ponts avec d'autres populations touchées par l'Etat d'urgence.

Le 28 novembre dernier, les convois des territoires en lutte se retrouvaient devant le château de Versailles pour un banquet, malgré l'interdiction préfectorale et la création d'une "Zone de Sécurité Prioritaire" sur le plateau de Saclay. Sur place, plusieurs centaines de personnes reliées par la volonté commune de dénoncer la mascarade de la COP21. La réussite de cette journée aura prouvé qu'il n'y a pas d'interdiction qui tienne lorsqu'on est nombreux-ses et organisé-e-s.

L'état d'urgence a vite été détourné des objectifs annoncés pour servir à museler toute voix discordante, empêcher toute contestation sociale.
L'opération a consisté à instrumentaliser l'émotion causée par les attaques du 13 novembre, en nous sommant de choisir notre camp. Au choix : "l'unité nationale", les bombardements en Syrie et la guerre à un terrorisme dont les contours restent bien flous, ou le risque de finir dans les petites fiches de l'antiterrorisme pour celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette union sacrée. Désormais, et pour un temps indéterminé, toute activité politique qui n'est pas encadrée directement par l'Etat se trouve exposée à une féroce répression. Nous en avons fait l'amère expérience ces dernières semaines :

58 personnes ont été convoquées par la police pour avoir manifesté le 22 novembre en soutien aux migrants ; l'université Paris 7 a été fermée pour empêcher que des étudiants y apportent une parole critique sur la COP 21 ; une trentaine de militants ont été assignés à résidence pour leur volonté présumée de participer à la contestation de la COP21 et des lieux d'organisation ont été perquisitionnés. La marche pour le climat du 29 novembre a été interdite et 317 personnes placées en garde à vue pour avoir bravé l'interdiction. Le 4 décembre à Nantes, une manifestation contre l'état d'urgence est attaquée par la police qui blesse plusieurs personnes dont une grièvement. Sans compter, les centaines de personnes assignées à résidence - toujours sur la base des "notes blanches" du ministère de l'intérieur - sur le simple soupcon de "radicalisme".

Cet état "d'exception", en passe d'être constitutionnalisé est d'une ampleur historique. Près de 3000 perquisitions administratives souvent brutales et rarement fructueuses ont déjà eu lieu et on saute sur l'occasion pour demander plus de flashball, de caméras, de vigiles. Maintenant l'arbitraire administratif et policier ne se cantonne plus aux quartiers populaires mais s'assume sur l'ensemble du territoire français. C'est à peine s'ils s'embarrassent d'y mettre les formes du droit républicain. Aussi, ce n'est pas à une lutte contre le terrorisme que nous assistons, mais plutôt à une opération politique d'une ampleur inquiétante. La police ne protège pas tant la population des terroristes, qu'elle frappe l'opposition politique et plus généralement tout ce qui dévie de l'ordre national.
Si l'on prend acte de cette condition qui nous est faite, il faut au minimum exiger la levée de l'état d'urgence, au vu des dégâts - et non des "abus" - qu'il a déjà provoqué, et de ceux qu'il permettra à l'avenir.

Au moment où le gouvernement veut relancer le projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes et où le mouvement anti-aéroport risque de payer les conséquences très concrètes de l'état d'urgence, il est crucial de nous retrouver et de nous renforcer. Pour contraster avec cette atmosphère anxiogène, il est important de se réunir, discuter, échanger, se réapproprier les espaces afin d'opposer à leurs intimidations, notre détermination à construire ensemble.
En ce sens le banquet du 28 novembre à Versailles, la résistance collective sur la place de la République le lendemain ou encore les cantines de soutien aux luttes de territoires sur les places de Stalingrad et République montrent le chemin à suivre.

C'est pourquoi nous appelons à un grand rassemblement festif contre l'état d'urgence le 16 janvier 2016 place Ménilmontant (parvis du métro) à partir de 13 heures autour d'un banquet, de banderoles et de prises de paroles.

Investir une place paraît être le geste juste pour faire entendre une voix dissonante au milieu de l'unanimisme asphyxiant de "l'unité nationale", adresser un message déterminé en prévision d'une tentative d'expulsion de la ZAD, et nous réapproprier la ville. Le message envoyé à ceux qui tentent de nous gouverner : "vos intimidations ne font que renforcer notre détermination à nous soustraire de vos bons soins".

Nous appelons à ce que des initiatives similaires se multiplient et grandissent dans les semaines et mois à venir.

Dors et déjà, nous souhaitons faire écho à l'appel de la coordination anti-aéroport pour une grande journée de mobilisation contre le projet d'aéroport ou encore l'appel du comité ZAD Rennes pour une manifestation/carnaval le 6 février.

Quelques réunions ont déjà eu lieu, l'appel ci-dessus en est sorti.
(prochaine réunion le samedi 2 janvier à 18h au CICP).

Mail-list : banquetcontreletatdurgence@lists.riseup.net

http://paris.demosphere.eu/rv/44111



Bordeaux, vendredi 8 janvier 2016

Etat d'urgence - Acte II - Nos droits, ça [p]urge !!!!

Image

« la police partout, la justice nulle part »…c'est permis, c'est légal, et bientôt constitutionnel ?

Appel à la convergence de toutes les énergies constructives, individu-e-s, collectifs, associations, pour créer une alerte coopérative, révéler les formes de notre opposition à l'état d'urgence.

Ne restons pas seules-s avec comme unique alternative « tu es » ou « tu te tais » !

On dé-clic au Samovar, on libère nos idées, on se remue les méninges pour alerter sur un état d'urgence qui s'instaure durablement, se constitutionalise, un état d'urgence qui criminalise les idées, les pensées, les appartenances,…un état d'urgence qui présume coupables, nie la diversité, divise jusqu'aux libertés publiques…un état dangereux dans lequel on s'épie, se méfie, se désigne, se dénonce, s'autocensure, un état dangereux qui simplifie les raisons sérieuses de penser que notre comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics, un état d'urgence qui crée du silence, celui du fascisme ordinaire.

Nous ne sommes pas majoritaires, mais comment ne pas rester silencieux ?

S'interroger ensemble, garder le contact avec la beauté des différences

Au Samovar - 18 rue Camille Sauvageau - Bordeaux
Entrez libres ! Le vendredi 8 janvier 2016 - 20h

La solidarité reste notre meilleure arme.

http://clap33.over-blog.com/2015/12/bor ... -urge.html
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 03 Jan 2016, 13:36

Déchéance de nationalité: quand la gauche trouvait la mesure “nauséabonde” et “dangereuse”
En 2010, Nicolas Sarkozy avait proposé la déchéance de nationalité pour toute personne essayant de “porter atteinte à la vie d’un gendarme ou d’un policier ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique”. La gauche n’avait alors pas de mots assez durs pour qualifier la proposition: “nauséabond” pour Manuel Valls, “inutile et dangereux” pour Ségolène Royal et “inacceptable” pour François Hollande.
... http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/de ... la-gauche/


État d'urgence, libertés pourquoi il ne faut pas céder !
C'est comme une chape de plomb qui s'est abattue sur la France depuis les attentats du 13 novembre. Le visage du pays a profondément changé. La France est sous état d'urgence et s'apprête à modifier dans ce contexte pourtant extrêmement lourd ce qui est son essence : sa Constitution. Un président de la République, issu d'un parti se réclamant de la gauche, envisage même très sérieusement d'étendre la déchéance de nationalité à des binationaux nés français. Le refus d'un pacte social et la remise en cause de notre politique étrangère semblent jeter les bases d'une grave dérive. Mais, concrètement, est-ce efficace ? Quels peuvent être les risques ?
... http://www.humanite.fr/etat-durgence-li ... der-594253
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 07 Jan 2016, 10:30

La boîte de Pandore de la nationalité et son contenu raciste
« Une personne née française qui détient une autre nationalité peut être déchue de la nationalité française lorsqu’elle est condamnée pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ». Tels sont les quelques mots du projet de loi constitutionnelle qui ouvrent la boite de Pandore.
... http://www.contretemps.eu/interventions ... nu-raciste


Vers l’état d’urgence permanent ?
Projet de réforme du Code pénal : l’étau policier se resserre
Contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. Voilà ce qui fait le lit des justifications du gouvernement et du Parti Socialiste pour faire passer ses réformes et avancer dans la mise en place d’un État toujours plus policier. Alors que le débat sur la déchéance de nationalité pour les « terroristes » bat son plein, avec toutes ses circonvolutions — pour les bi-nationaux uniquement ou pour les nationaux également —, un nouveau projet de réforme pénale vient d’être envoyé au Conseil d’État. L’objectif est de transposer les mesures exceptionnelles de l’état d’urgence dans le cadre législatif usuel alors que ce dernier prendra fin le 26 février prochain. Une manière d’élargir, non seulement la période des restrictions et du climat de non-droit de l’état d’urgence, mais également les visées de cet arsenal juridique hautement répressif, applicable à toute population « portant atteindre à l’ordre public ».
... http://www.revolutionpermanente.fr/Proj ... e-resserre


Saint-Etienne
120 PERSONNES SE SONT RENCONTRÉES À LA BOURSE DU TRAVAIL.
Pour les libertés et la démocratie, pour vivre ensemble : Sortir de l’état d’urgence !
"Face à l’état d’urgence, nous ne céderons pas !" : 13 associations et syndicats (la CGT, la FSU, Solidaires, La Confédération Paysanne, RESF, la Ligue des Droits de l’Homme, les Réseaux citoyens de St-Etienne, Al Qalam, les Faucheurs volontaires, les Jeunes et étudiants communistes, BDS St-Etienne, l’Organisation de Solidarité Etudiante, la CIMADE) invitaient à une réunion publique à la Bourse du travail mercredi soir 16 décembre. 120 personnes s’y sont rencontrées.
... http://reseauxcitoyens-st-etienne.org/a ... ticle=3186
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 08 Jan 2016, 03:05

Terrorisme : Aucune explication, vraiment ?

Pour le premier ministre Manuel Valls « aucune excuse sociale, sociologique et culturelle » ne doit être cherchée au terrorisme . Sous-entendu : expliquer c’est excuser. Une rhétorique utile pour mettre sous le tapis les vraies questions et imposer une fuite en avant guerrière.

Les portraits des terroristes ou de ceux et celles parti-e-s en Syrie dressés ces dernières semaines dans la presse, montrent qu’il n’y a pas un seul facteur expliquant ces parcours. Certains et certaines sont d’anciens délinquants ou délinquantes, passé-e-s ou non par la prison. D’autres encore vivent des situations de grande précarité et d’exclusion sociale, alors qu’il y a aussi des personnes considérées comme « intégrées » parmi les terroristes.

Malgré ces différences, ce qui interpelle en lisant les biographies de ces gangsters c’est d’abord le parcours chaotique de la majorité d’entre eux et elles. Les parcours dits de « radicalisation » se mêlent bien souvent à des parcours de délinquance et de marginalisation, ou encore s’inscrivent dans des trajectoires de précarisation favorables à l’aventurisme de toute sorte. Un melting-pot de tout ce que produit la société capitaliste française comme fragilités sociales ou exclusions.

Mais les conditions sociales ne suffisent pas à expliquer les parcours qui mènent à la violence terroriste. Elles ne sont qu’un terreau sur lequel poussent les graines du terrorisme, dont la croissance dépend des expériences concrètes dans lesquelles sont plongés les individus.

Les expériences de déshumanisation

Quelles ont les expériences réelles entraînant des individus à commettre de tels actes ? C’est tout d’abord les guerres menées par le gouvernement français dans un certain nombre de pays et la rhétorique du choc des civilisations qui trouve un écho certain chez des personnes fragilisées, qui partent et se construisent dans l’expérience de la guerre.

C’est ensuite l’endoctrinement religieux par des rencontres qui, comme tout phénomène sectaire, promet la lumière en échange d’une soumission totale. L’idéologie religieuse est un ferment puissant dans un contexte de stigmatisation. Mais, alors que l’attention se focalise sur cette dimension il n’est pas inutile de souligner que la radicalisation religieuse ne mène pas nécessairement au terrorisme et que celui-ci peut s’en passer. Cette radicalisation n’est bien souvent qu’un prétexte secondaire dans les parcours terroristes.

Enfin, un autre élément important, et non des moindre, est le produit même des politiques sécuritaires. En effet, une part non négligeable des parcours de radicalisation se sont construits en lien avec l’expérience de la prison, qui est avant tout une expérience de déshumanisation dans laquelle le djihadisme devient une voie de revalorisation. Même s’il est relativement discret, le prosélytisme d’un islamisme radical et guerrier remplit une fonction sociale en prison. Les personnes dites « radicalisées » en prison sont souvent celles qui se retrouvent désaffiliées dans un univers carcéral organisé selon une hiérarchie « professionnelle » et reposant sur une échelle de la virilité. Dans cette univers, les prisonniers qui se « radicalisent » sont souvent ceux qui se retrouvent exclus de l’ordre carcéral : trop timides, ne faisant pas partie de bonnes bandes (car habitant en dehors des grandes périphéries urbaines).

Dès lors, on imagine bien que les « solutions » proposées par les politiciens, c’est-à-dire plus de guerre et plus de prison sont des solutions de pompiers pyromanes et ne reviendront qu’à renforcer le cercle vicieux.

Tristan (AL Toulouse)

http://alternativelibertaire.org/?Terro ... xplication
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 09 Jan 2016, 16:34

L’inquiétude des magistrats sur le renforcement des mesures antiterroristes

Un projet de loi prévoit d’élargir les pouvoirs du parquet, de la police et des préfets d’ici le début du mois de février…

Perquisitions nocturnes à domicile, interdiction des manifestations, mise en place de zones de protection, voire assignations à résidence. Voilà à quel régime spécial sont soumis les Français jusqu’au 26 février en vertu de l’état d’urgence promulgué par François Hollande après les attentats de novembre. Dans les faits, certaines mesures pourraient pourtant perdurer. Un projet de loi sur la lutte antiterroriste est prévu au début du mois de février. Il prévoit notamment de renforcer les pouvoirs du parquet, de la police et des préfets.

... http://www.20minutes.fr/societe/1760803 ... erroristes
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 13 Jan 2016, 02:29

Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace n°54 - janvier 2016
Contre la haine et la mort, Proclamons la vie !

Les attentats terroristes commis par des tueurs au service de Daech le 13 novembre à Paris ont suscité une légitime émotion dans la population. Ils ont aussi provoqué des réactions politiques particulièrement indignes ou dangereuses. Profitant de l’émotion, le gouvernement a enclenché une inquiétante marche vers un régime autoritaire et belliciste en nous intimant l’ordre de choisir entre les terroristes et lui !

Ni État islamique…

Les populations du Proche et du Moyen-Orient ont de multiples et légitimes raisons de nourrir des ressentiments à l’égard des puissances occidentales (Europe et États-Unis). Celles-ci sont largement responsables de l’état de sous-développement de leur pays, confinés dans le rôle de fournisseurs de denrées agricoles et de matières premières, notamment le pétrole. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces puissances n’ont pas cessé de soutenir des régimes tyranniques à leur solde et d’apporter leur appui à l’État d’Israël, qui opprime le peuple palestinien et viole la légalité internationale depuis près d’un demi-siècle. D’une manière plus récente, leurs interventions sous des prétextes illégitimes, en Irak notamment, y sont responsables du chaos politique et de l’appauvrissement qui font des centaines de milliers de victimes. Après d’autres mouvements islamistes (Al Qaida, etc.), Daech se nourrit de ces ressentiments. Pourtant, ses actions sont indéfendables. Sa vision du monde moyenâgeuse assimile dans un même bloc de « croisés » ou d’« infidèles » les populations occidentales et leurs gouvernements, en faisant porter aux premières la responsabilité des politiques menées par les seconds. L’oppression et les massacres que subissent les populations des territoires occupés par Daech, sont ignobles. Cette tyrannie ne vaut pas mieux que les agissements des puissances occidentales auxquelles elle prétend s’opposer.

… ni Front National…

Le Front national et, plus largement, l’extrême droite cherchent à profiter de la réprobation suscitée par les attentats de Paris pour attiser leur haine viscérale de ceux qu’ils nomment « les immigrés » : les populations non originaires d’Europe, même établies en France de longue date et françaises dans leur immense majorité. Leur cible englobe également les réfugiés récemment arrivés depuis le Proche-Orient ou l’Afrique subsaharienne. Suspectés de toutes les intentions malfaisantes, y compris d’être les complices de Daech, alors même que nombre d’entre eux fuient les exactions de ces terroristes, les « immigrés » font l’objet d’une surenchère démagogique délirante : surveillance, enfermement, expulsions, voir même mise à mort… Tous les discours de haine les plus irrationnels sont bons pour se faire passer pour des défenseurs de la France attaquée. En ce sens, ces mouvements d’extrême droite sont l’exact pendant occidental de Daech.

… ni Sarkhollande !

Avec l’appui quasi unanime de la « classe politique », le gouvernement a réagi à ces attentats par des mesures de restriction des libertés publiques : décret d’état d’urgence, prolongement de cet état pendant trois mois, interdiction de manifestations sur la voie publique (dont celle prévue à Paris dans le cadre de la COP 21), multiplication des interpellations et des gardes à vue, larges possibilités offertes aux préfets de s’en prendre à toute personne simple soupçonnable de pouvoir s’opposer aux mesures gouvernementales, etc. Jamais depuis la guerre d’Algérie et les émeutes de 2005, les libertés publiques ne se sont trouvées aussi restreintes en France. Destinées à rassurer les populations, ces mesures seront tout simplement inefficaces pour lutter contre les risques de très probables nouveaux attentats. D’ailleurs, elles ont surtout servi contre les militant-e-s écologistes. Elles permettent aussi à nos gouvernants, d’hier et d’aujourd’hui, de s’exonérer de toute responsabilité dans les processus qui ont conduit à la situation actuelle. Elles cherchent à faire taire toutes les critiques et contestations, pourtant de plus en plus nombreuses, envers leurs politiques néolibérales (austérité salariale et budgétaire, dérèglement du droit du travail, subventions massives au patronat) et leurs effets sociaux désastreux (hausse du chômage et de la précarité, aggravation des inégalités sociales dans tous les domaines). Ces mesures finissent aussi par justifier l’arbitraire policier, les dérives racistes de plus en plus fréquentes et violentes, les agressions contre les mosquées ou commerces tenus par des musulmans ou prétendus tels.

Alors quoi ?

Nous exigeons :

- le rétablissement des libertés publiques sur tout le territoire français et pour toutes les populations qui y vivent ;

- des poursuites judiciaires contre tous ceux et celles qui se rendent coupables de paroles et d’actes visant à semer ou aggraver la haine xénophobe envers « les immigrés » et les réfugiés ;

- la suspension des relations diplomatiques et commerciales de la France avec les monarchies du Golfe, qui soutiennent financièrement Daech ; ainsi qu’avec l’État d’Israël tant qu’il ne se soumettra pas aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et qu’il ne reconnaîtra pas le droit à l’existence d’un État palestinien ;

- la fin de la collaboration de la France et de l’UE avec la Turquie, qui réprime et « emprisonne » les migrant-e-s sur son sol pour le compte de l’UE, et peut donc tranquillement continuer sa politique de contre-insurrection en assassinant des civils et pourchassant les membres du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), seule organisation à faire reculer DAECH en Syrie.

Nous proposons :

- pour éviter que la méfiance et la peur ne s’installent, la constitution de collectifs, sur les lieux de travail et de vie, pour discuter et combattre tous ces problèmes ;

- l’établissement de coordinations locales et nationales pour lutter contre la xénophobie, le racisme, le FN et consorts ;

- le soutien aux luttes des progressistes et révolutionnaires de Syrie, d’Irak, de Turquie ou d’ailleurs.

http://alsace.alternativelibertaire.org ... article770



Grenoble, mercredi 13 janvier

Fête de rue contre l’état d’urgence

Rendez-vous devant la gare de Grenoble à 18h.

À la suite de la première manifestation du 9 décembre et au rassemblement du 15 décembre (lors duquel trois personnes ont été interpellées et pour lequel deux d’entre elles passeront en jugement en mars prochain), continuons à nous retrouver dans la rue, à y signifier notre refus du monde qui s’impose à nous à travers l’état d’urgence, à affirmer que l’on préfère des rues joyeuses et bruyantes à des villes sous contrôle policier.

Venez avec de quoi faire du bruit et de quoi s’amuser...

http://grenoble.indymedia.org/2016-01-0 ... e-l-etat-d

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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede luco » 13 Jan 2016, 21:10

Votre débilité n'a plus de limites.

On adorerait voir comment Makhno aurait "traité" la question de salopards ayant pris les armes contre ses partisans...

Ou les communards...

Ou la colonne de fer...

Ou les kurdes du Rojava...

Curés. Blaireaux.
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 14 Jan 2016, 16:21

État d’urgence colonial
Cet article est paru sur le site de l’association Survie, qui se bat contre la Françafrique d’hier et d’aujourd’hui, et revient sur l’historique de l’état d’urgence.
... https://mars-infos.org/etat-d-urgence-colonial-638


Discussion sur l’état d’urgence et ses racines
L’état d’urgence et son histoire, projet de déchéance de nationalité pour les personnes nées françaises, interventions néo-coloniales : discussion des membres de Survie Toulouse avec Mathieu Rigouste.
à écouter : http://www.canalsud.net/?Discussion-sur ... urgence-et
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