Déclaration commune pour une solidarité ouvrière, écologiste et anticoloniale contre les élites régionalistes et les multinationales ! Nos poings sur la table contre Produits forestiers Résolu – nous exigeons le respect de l’environnement et des emplois de qualité. Nous ne négocierons pas avec des voleurs!
SAGUENAY // Nous sommes des travailleurs et des travailleuses, nous sommes des Innu-e-s dont le territoire ancestral n’a jamais été cédé, nous sommes des femmes, nous sommes des immigrants et immigrantes, nous sommes des retraité-e-s, nous sommes des sans-emplois. Nous unissons nos voix pour affirmer haut et fort notre dissidence à toutes les élites du Saguenay-Lac-St-Jean, aux dirigeants syndicaux et aux affairistes – les « régionalistes » aux intérêts trop évidents qui prétendent parler en notre nom – qui se font les relais de Résolu dans sa bataille contre Greenpeace. Leur chauvinisme stupéfiant nous fait honte. Nous voulons défendre notre environnement, défendre notre qualité de vie et nos emplois, défendre nos droits, défendre l’auto-détermination et la cohabitation libre des peuples et défendre notre liberté de vivre où l’on choisit de le faire. Nous n’avons pas à porter la responsabilité des choix des grandes entreprises multimillionnaires. Nous nous insurgeons contre le faux choix qui nous est donné entre la préservation de notre environnement et le maintien d’emplois. Puisqu’il s’agit de drames humains par centaines – que les bourgeois qui préfèrent une marge de profits de quelques dizaines de milliers $ de plus portent l’odieux de leur geste!
Le « consensus régional » que les élites cherchent à nous faire avaler nous ramène aux miroirs fétichisés des postes de traite – il n’y a rien à offrir aux travailleurs et travailleuses. Les régionalistes tentent de détourner notre attention des vrais problèmes en menant de si basses guéguerres idéologiques pour nous diviser et nous amener à nous résigner face à l’état misérable des choses. La crise financière aggrave des conditions de régions périphériques déjà assujettissantes. Comme à toutes les crises économiques depuis la colonisation de la région, une couche privilégiée de « nationaux » se fait collaboratrice de la domination des grandes multinationales – leur main mise sur les « ressources », sur le territoire ancestral des Innu-e-s et sur une main-d’œuvre prise au piège. Nous refusons d’être les moutons de multinationales qui bafouent systématiquement leurs obligations et la dignité la plus élémentaire aux gens qui habitent ce territoire et aux gens qui travaillent pour elles.
De notre dissidence, nous affirmons qu’il est fini le temps des courbettes et de l’à-plat-ventrisme. Nous dénonçons sans concession l’ensemble des « leaders » qui se prêtent au rôle de valets du Grand Capital. Alors qu’ils prétendent défendre des emplois (toujours dans le court terme), nous les accusons d’avoir historiquement bloqué tout le potentiel d’emplois de la région, en plus d’avoir bloqué toute véritable consultation démocratique des communautés. Le tout sur des terres volées aux Autochtones, les grands et grandes oublié-e-s de cette histoire. Le mépris n’a qu’un temps. Nous exhortons nos dirigeants syndicaux à changer de camp et à prendre en considération la voix d’une part sans cesse croissante de leurs membres de la base. Nous les exhortons de cesser de se prêter au jeu du cannibalisme social qui nous impose de faux choix alors que ce sont les grandes multinationales qui choisissent de couper.
Il y a au Saguenay-Lac-St-Jean des milliers de voix que les affairistes ne peuvent faire taire. Nous ne nous laissons plus dépouiller sans nous défendre. Greenpeace a raison de dénoncer Produits forestiers Résolu. Mais encore, il est temps de mener des luttes combattives et offensives contre les multinationales qui abusent du pouvoir de l’argent. Pour les élites régionales qui ne veulent pas entendre raison, nous serons sans équivoque : qu’ils s’en aillent tous!
Nous serons partout! À bas la kleptocratie!
Collectif anarchiste Emma GoldmanCosignataires :
Étienne Provencher-Rousseau, Citoyen d’abord, Saguenay
Marielle Couture, Rédactrice en chef webzine Mauvaise Herbe, Sainte-Rose-du-Nord
Samuel Dubois, Concierge, Montréal
Alicia Renald, Secrétaire, Chicoutimi
Stéphane Turcotte, Sommelier
Sabrina Gauvreau, Citoyenne, Saguenay
Samuel Lamarre, Travailleur, Saguenay
François Jamois, Musicien, Lac-Bouchette
Simon A. Tremblay, Travailleur, Saguenay
Emma Bouchard-Lechasseur, Travailleuse, Alma
Francis Boucher, Étudiant, Chicoutimi
Jarek Castonguay-Cusson, Voyageur, Cuernavaca (Mexique)
Étienne Leclerc, Vendeur-conseiller, Martinville
Marc Beauchamp, Enseignant, Montréal
Catherine Lincourt, Montréal
Steeve Girard, Travailleur, Québec
Amélie Cordeau, Citoyenne du monde, Saint-Hyacinthe
Michel Fournier, La Minerve (Laurentides)
Christina Thibeault, Commis Comptable, Chibougamau
Carl Ouellette, Étudiant en ingénierie, Chicoutimi
Janie Breton, Citoyenne, Québec
Lynda Forgues, Québec
Maxim Fortin, Québec
Marie-Ève Lavoie, Étudiante techniques de travail social, Chicoutimi
François Fortin, B. Sc. Urbanisme M. Aménagement du territoire et développement régional (ATDR), Les Escoumins
Lise-Andrée Francoeur, Travailleuse autonome, Verdun
Patrick Dubé, Travailleur et poète, Val-David
Claudia Theriault, Chicoutimi
Nicolas Migneault, Étudiant, Chicoutimi
Maxime Beaulieu, Humain du monde, Chicoutimi
Benoît Allard, Étudiant, St-Prime
Gilbert Talbot, Chicoutimi-Nord
Marie-Claude Paris-Tanguay, Citoyenne avertie, Roberval
- Démontrez votre soutien et appui à cette déclaration commune via le compte facebook « Collectif Emma Goldman » ou bien via l’adresse courriel
declarationCEG@riseup.net (inscrivez votre nom, ville et titre ou organisme/groupe et ville). C’est un enjeu qui dépasse les limites bien arbitraires de la région et nous refusons le chauvinisme. L’appui des gens de toute provenance et de toute origine est bienvenu! Les auteur-e-s tiennent à préciser qu’un appui à cette déclaration ne constitue en aucune manière un appui au Collectif Emma Goldman, ses idées et ses activités. Vous avez jusqu’au 31 mars pour nous transmettre cet appui. -